Hey, tout le monde !

Aujourd'hui, le temps s'éclaircit pour Remus, qui va rencontrer Dumbledore et un jeu de Bavboules ! Ce chapitre-ci est donc plus léger que les précédents, même si ce n'est pas encore la franche rigolade. J'espère que vous aimerez toujours, et n'oubliez pas : l'auteure aime les reviews, elle y est complètement accro !


Quand c'était arrivé, il avait depuis longtemps abandonné l'idée même de voir Poudlard un jour. Ses parents avaient bien essayé de le rassurer, bâtissant des hypothèses auxquelles eux-mêmes ne croyaient pas, mais il leur avait rapidement fait comprendre qu'il n'était plus aussi naïf qu'autrefois. Il savait pertinemment qu'il ne pouvait attendre du monde sorcier que peur et dégoût. Il avait donc fini par se résigner, et avait cessé de pleurer.

Sa mère, moldue, semblait de plus en plus haïr le monde magique, ce monde qui avait détruit leurs vies et qui piétinait allègrement ce qui en restait. Ce jour-là, elle finissait de boucler leurs valises, alternant sanglots heurtés et insultes virulentes. Derrière elle, son père agitait méthodiquement sa baguette pour rétrécir et empaqueter quelques meubles, dans un état d'esprit guère plus léger que celui de sa femme.

Remus, interdit d'efforts trop importants à cause de la récente pleine lune, avait levé les yeux de l'énorme manuel de Défense Contre les Forces du Mal qu'il avait eu pour son anniversaire, quelques mois auparavant, avant d'y replonger aussi sec, se mordant les lèvres en songeant à la raison qui les poussait – encore – à déménager.

La veille, en fin d'après-midi, un vieil homme du village où ils s'étaient installés depuis quelques mois était venu frapper à la porte, avant de le mettre en joue avec son fusil de chasse dès qu'il avait ouvert. Il lui avait craché à la figure, avant de les prévenir qu'ils feraient mieux de « la boucler » car les balles étaient faites d'un alliage comprenant une bonne dose d'argent. Même si Remus savait pertinemment qu'il était impossible de viser correctement avec des balles en argent (le métal faisait dévier les tirs, surtout lorsqu'il était enchanté...), il avait eu affreusement peur.

Ses parents avaient considérablement pâlis, avant de supplier le vieillard de baisser son arme, arguant qu'ils partiraient dans les jours à venir, qu'ils pensaient le village entièrement moldu, mais que ses habitants n'entendraient plus jamais parler d'eux. Son père, profitant du fait qu'il était déstabilisé par ces supplications (peut-être pensait-il qu'ils seraient soulagés de se débarrasser du monstre, avait-il songé), lui avait sauté dessus pour essayer de le désarmer.

Sa mère et lui avaient cru que le monde s'effondrait lorsque la détonation avait retenti, et que Lyall Lupin s'était écroulé au sol en se tenant le bras.
Visiblement, le vieil aigri n'avait pas prévu que les choses se passeraient ainsi, et il était sorti en essayant de garder un visage rageur, sifflant que s'ils n'avaient pas vidé les lieux d'ici deux jours, le Service des Créatures Dangereuses du Ministère serait prévenu que des innocents n'étaient protégés d'une bête sanguinaire que par la porte branlante d'une simple cave. Il n'avait pas jugé bon de prendre en compte tous les sortilèges dont la « porte branlante » et la « simple cave » étaient bardés.

Malgré tout, le fait est que le lendemain matin, en dépit de toutes les paroles de réconforts de ses parents, il était partagé entre la honte de les forcer à fuir – encore une fois– et la terreur qu'ils puissent finir par en avoir assez de supporter le poids de sa monstruosité.

Un monstre.

Ça aussi, il s'y était résigné. Tout comme il s'était résigné aux regards dégoûtés, à la haine des enfants, aux pierres que lui lançaient parfois les petits sorciers, lorsque leurs parents les avaient informés de ce qu'il était réellement. Même les enfants moldus savaient instinctivement qu'il y avait un truc qui clochait, chez lui…

Il essayait donc désespérément de se replonger dans l'apprentissage des moyens de se défendre contre une sirène des fjords norvégiens, quand quelqu'un avait toqué à la porte, figeant les trois occupants de la maisonnette dans un silence tendu, que Remus supportait de plus en plus difficilement.

Sortant sa baguette de sa main libre, l'autre étant immobilisée et bandée jusqu'à l'épaule, son père s'était approché de la porte, ouvrant le battant brusquement, avant de brandir son arme contre le visiteur.

Quelle n'avait pas été sa surprise de voir sur le seuil de leur petit cottage perdu au fin fond de l'Irlande l'un des plus grands sorciers de l'époque !
Albus Dumbledore ne s'était pas formalisé de la baguette apposée contre sa gorge, et s'était contenté de les saluer gaiement, en priant sa mère de baisser son couteau de cuisine avec un regard étincelant de malice derrière ses lunettes en demi-lune. Il avait ensuite demandé poliment à entrer, chose que ses parents avaient fini par lui accorder au bout d'un quart d'heure de négociations et de promesses quant au fait que non, il n'était pas venu abattre leur fils.

A peine entré dans le salon, qui servait aussi de pièce à vivre, il s'était assis dans le canapé défoncé – l'un des seuls meubles encore présent dans la pièce –, juste à côté du plus jeune de la pièce, s'était servi dans l'assiette de pancakes posée sur la table, et avait sorti un jeu de Bavboules d'il ne savait trop où, avant de lui expliquer succinctement les règles et de commencer une partie, le tout sous le regard profondément étonné de ses parents. Alors que Remus essuyait sa figure d'un air dégoûté, ayant perdu la manche, le professeur l'avait regardé par-dessus ses lunettes en demi-lune, et ils s'étaient fixés pendant une bonne minute, alourdissant la tension ambiante.

Une bonne minute durant laquelle les yeux bleus avaient observé les yeux ambres.

Des yeux pétillants et pleins de malice, contre un regard triste et terne.

Le regard d'un vieil homme qui avait su garder son âme d'enfant, contre celui d'un petit garçon qu'on avait forcé à grandir trop vite.

Les yeux d'un homme qui ne cessait jamais de croire en l'humanité, contre ceux d'un enfant qui avait depuis longtemps cessé d'en espérer quoique ce soit.

Une bonne minute qui sembla à la fois infiniment longue et particulièrement courte, durant laquelle deux personnes, à priori diamétralement opposées, prirent toutes deux une importante décision, qui aurait une influence capitale dans le futur.

Albus Dumbledore, directeur de l'école de Magie et de Sorcellerie Poudlard, en observant ce garçon voûté sur son sofa, qui s'agrippait à son livre comme s'il projetait de s'en servir pour se protéger d'une attaque soudaine – ce qui d'ailleurs était peut-être le cas –, décida qu'il ferait tout ce qui serai en son pouvoir pour qu'il ait une véritable chance, loup-garou ou non.

Remus Lupin, onze ans et cinq mois, lycanthrope de son état, prit la ferme et irrévocable décision, en fixant ces yeux qui ne contenaient pas la moindre trace de pitié ou de dégoût, qu'il ferait tout ce qui serait en son pouvoir – aussi maigre et inexistant que soit ledit pouvoir – pour satisfaire cet homme et faire en sorte qu'il soit fier de lui.

Une sorte de lien étrange s'établit ainsi, et c'est pourquoi, bien qu'il fut empli d'une joie indescriptible et d'une surprise incommensurable, telle qu'il n'en n'avait jamais ressenti auparavant, Remus ne sursauta pas et ne se mit pas à bégayer lorsque le professeur Dumbledore sortit de sa robe une enveloppe cachetée du sceau de Poudlard, sur laquelle son nom s'étalait à l'encre verte.

-Remus, je suis venu te proposer, si tu le désires, une place à Poudlard...


Voilà, j'espère que vous avez apprécié ! Je vous dis à dimanche prochain pour la suite, si c'est le cas !

Chapitre 7 : Train et chapeau

Avancée de l'écriture : 8 chapitres d'écrits

P.S. Oh, et ai-je mentionné ma très chère EuropaLuce, sans les bons soins de laquelle ce chapitre n'aurait probablement jamais été tapé ? Ce qu'elle n'a pas elle-même tapé à l'ordinateur, elle m'a forcé à m'en charger, quand mon inénarrable et légendaire flemmardise me poussait au contraire...

P.P.S. : Revieeeews ? S'il vous plaîîîîîît ?