Hop, chapitre 11 ! Cette fois-ci, les réflexions et les réactions de James quant à la lycanthropie de Remus ! J'attends vos avis !
P.S. : D'ailleurs, je ne pense pas que ce soit évident mais vous remarquerez qu'au début, James ne pense pas à Remus en tant que Remus, justement. Il utilise lui, il... en italique. Il considère à ce moment Remus comme ce dernier considère son "loup intérieur", c'est à dire comme un animal sanguinaire et monstrueux. Et il change d'avis au fur et à mesure du cheminement de ses pensées. Enfin voilà, je voulais juste préciser, au cas où ! :)
Fox (la Beta) : Vous avez faillit l'avoir en retard parce que... j'ai une vie.
Chapitre 10 : Introspection et révélation
06 Novembre 1972, dortoir des Seconde Année de Gryffondor. 21h41.
Malgré l'air déterminé qu'il affichait, James était à peu près certain que Sirius et Peter pouvaient parfaitement voir à quel point il était nerveux.
Ils avaient l'air fin, plantés devant la porte de leur dortoir, sans pour autant avoir le courage de toucher la poignée de la porte. Heureusement qu'on ne pouvait pas les voir, les fameux Maraudeurs qui avaient peur de parler à l'un des leur !
D'ailleurs, à ce propos... James déglutit. Il devait les avoir entendu monter avant même qu'ils n'aient atteint le palier, grâce à... ça.
Un loup-garou. Il avait partagé son dortoir pendant plus d'un an avec un...
Il inspira un bon moment, autant pour se calmer que pour se donner du courage, et sans même vérifier que ses deux amis le suivaient, il ouvrit la porte en grand, entrant avant de perdre tout le courage qu'il avait réussi à rassembler.
Il se sentit un peu ridicule en voyant que son lit était vide, et alors qu'il se détendait en pensant que la confrontation était encore repoussée, il le vit.
Recroquevillé contre la vitre, il regardait le ciel nuageux, mais l'évidente tension qui émanait de lui autant que la crispation de ses mâchoires confirmaient ce que James savait déjà. Il était parfaitement conscient de leur présence.
Pour être honnête, il hésitait encore quant à l'attitude à adopter. Son père lui avait toujours parlé des loups-garous comme de bêtes sauvages et agressives, et totalement incontrôlables, dont il fallait à tout prix se tenir éloigné, et James faisait confiance à son père. Il avait très souvent raison, à propos de ce genre de choses. Par exemple, il l'avait mis en garde depuis tout petit à propos des familles au sang prétendument "pur", et par extension des Serpentard. Et sérieusement, quand il voyait Servilus, il ne pouvait qu'être d'accord !
Alors... Pourquoi avait-il ce pincement au cœur en le voyant, en voyant ses mains dont il essayait vainement de réprimer le tremblement, tout aussi conscient qu'eux de ce qui allait se passer ? Pourquoi éprouvait-il ce besoin de poser une main sur son épaule, de lui assurer que personne ne lui ferait le moindre mal, parce qu'ils seraient là pour le soutenir ?
Pourquoi... Pourquoi éprouvait-il ce genre d'émotions ?
Pourquoi se sentait-il coupable de le blesser ?
Pourquoi éprouvait-il de la honte à l'idée de blesser un animal ?
Pourquoi l'air résigné qu'il affichait en se tournant finalement vers eux le touchait à ce point ?
Son père lui avait dit que les loups-garous étaient extrêmement doués pour tromper leur entourage, pour dissimuler leur véritable nature. Il avait envie d'y croire, de toutes ses forces. La situation serait tellement plus simple, et la réaction tellement plus évidente...
Une lettre à son père, et tout serait réglé ! Pourquoi ne l'avait-il pas fait au moment même où il avait compris, d'ailleurs ? Quelques mots et ce serait terminé, il n'aurait plus à se torturer l'esprit !
Papa, j'ai découvert que Remus est un...
Le gentil, le doux Remus, toujours prêt à aider les plus jeunes, qu'ils soient à Gryffondor ou non.
Remus n'est pas gentil, Remus n'est pas doux, Remus est un...
Remus qui essayait toujours de calmer la situation, qui avait toujours des remords quand ils faisaient une blague.
Il devrait aimer blesser les gens, pourtant, vu que Remus est un...
Remus qui avait l'air si maigre, si fragile, Remus qui flottait dans ses vieilles nippes rapiécées cent fois, qui utilisait jusqu'au dernier bout de parchemin, qui rationnait au maximum l'encre, le dentifrice, et même le savon, et qui pourtant n'hésitait jamais à leur prêter ses affaires.
Évidemment qu'il est pauvre, puisque Remus est un...
Remus qui, malgré ses protestations, finissaient toujours par les aider à exécuter leurs blagues, y ajoutant même sa touche personnelle, Remus qui n'avait pas son pareil pour dénicher des sorts amusants au fond de vieux bouquins poussiéreux.
Il nous aide car il prend plaisir à humilier les gens, et c'est normal : Remus est un...
Remus qui avait toujours une patience d'ange avec Peter, et qui arrivait mieux que personne – mieux encore que les professeurs eux-mêmes – à lui faire comprendre les cours, et qui, quel que soit le nombre d'échec, restait toujours calme et pédagogue. Même quand d'autres élèves venaient à leur tour lui demander de l'aide, même quand ils l'ensevelissaient sous les questions et lui ruinaient sa soirée. Même quand c'était à des aînés qu'il devait expliquer des choses – il semblait parfois avoir déjà appris le programme des sept années, et le comprendre mieux que les élèves de quinze ou seize ans qui le suivait. C'était à la fois effrayant et impressionnant. Et hilarant, il fallait bien l'avouer. Mais Remus ne se moquait jamais.
Comme s'il comprenait ce que c'était, d'avoir besoin d'aide et d'en avoir honte.
Oui, et il a raison d'avoir honte, parce que Remus est un...
Remus qui était des fois plus fort qu'eux quatre réunis, et des fois plus faible qu'un enfant. Remus qui était toujours le premier à sortir sa baguette quand quelqu'un traitait Peter « d'idiot pleurnichard » ou de « gros lard », quand un « Traître à ton sang » ou un « renégat » était lâché au passage de Sirius. Remus qui ne se moquait jamais de lui quand Lily lui mettait une claque ou l'insultait, qui au contraire essayait de lui donner des conseils pour qu'elle accepte de lui parler.
Remus qui pourtant, et malgré son talent en Défense, malgré tous les sorts qu'il connaissait, malgré son intelligence, malgré sa puissance magique, malgré son courage... Remus qui ne se défendait jamais quand c'était lui qu'on insultait, Remus qui, lorsqu'un « Sang-mêlé minable » ou un « chienchien pathétique » lui était lancé, se contentait de sourire tristement, et poser une main sur le bras de celui d'entre eux qui s'avançait pour le défendre, comme pour dire que ce n'était pas grave, qu'il ne valait pas la peine qu'on s'embête pour lui. Remus qui n'hésitait jamais à invoquer des boucliers devant eux lorsqu'ils étaient pris dans un duel, mais qui ne semblait jamais penser à le faire devant lui.
Il les mérite, les insultes ! Remus est un...
Remus qui rougissait toujours quand ils le surprenaient à parler tout seul, ayant subitement l'air honteux.
Souviens-toi de ce qu'avait dit Malefoy, l'année dernière ! Il avait raison, pour une fois ! Remus est taré, parce que Remus est un...
Remus qui les avait sauvés, ce jour-là.
Remus qui l'avait sauvé encore une fois, lorsqu'il avait tenté de toucher le tronc du Saule Cogneur et qu'il n'avait pas vu la banche qui volait vers lui. Remus qui s'était alors jeté sur lui, et qui l'avait plaqué au sol, lui évitant ainsi de se faire éborgner, et peut-être même tuer. Remus qui n'avait même pas semblé se rendre compte que c'était lui qui avait pris le coup, et qui n'avait même pas grimacé, alors que sa chemise déchirée laissait voir la longue déchirure sanglante que la branche avait tracé sur son épaule. Remus qui l'avait tiré violemment hors de portée du Saule, qui s'était ensuite agenouillé en face de lui pour être à son niveau, et qui l'avait palpé partout en lui demandant d'une voix complètement paniquée s'il était blessée. Remus qui l'avait regardé, et ses yeux semblaient être ceux d'un fou-
Ou d'un animal traqué : Remus est un...
-qui l'avait regardé, sans vraiment le voir, et qui semblait au bord de la crise de nerfs. Remus qui n'avait pas remarqué que Sirius chassait les autres élèves qui assistaient à la scène, et que Peter était allé chercher Madame Pomfresh. Remus qui avait refusé de le lâcher, ses doigts crispés sur sa chemise, et qui avait éclaté en sanglots à la limite de l'hystérie.
Remus qui n'avait même pas réagi quand l'infirmière était arrivée, quand elle les avait regardé d'un air désolé, quand elle avait ensuite jeté un coup d'œil étrangement compréhensif à l'arbre puis à Remus – elle était au courant ! Elle savait ! – et qu'elle avait marmonné « pauvre enfant... ». Remus qui ensuite s'était mis à marmonner une litanie d'excuse et de prières sans queue ni tête, et qui, toujours sans l'avoir lâché, avait fini par s'endormir sur lui, complètement épuisé par ce que Madame Pomfresh avait appelé "burn-out émotionnel". Aucun d'eux n'avait compris ce qui s'était passé, ni même pourquoi McGonagall en personne les avait engueulé, les traitant « d'irresponsables immatures », ou encore pourquoi elle avait semblé véritablement furieuse, bien plus que pour les autres élèves ayant tenté d'approché le Saule. Ou pourquoi elle avait parlé de Remus plus que de l'arbre, ou pourquoi elle semblait plus triste qu'inquiète de sa crise. Ou pourquoi elle n'avait pas contacté ses parents, ou qu'elle ne l'avait pas contraint à rester à l'Infirmerie.
Elle aussi, elle savait pourquoi il avait réagi comme ça, même Dumbledore doit être au courant. Il protégeait sa tanière, il avait peur qu'on ne comprenne... Remus est un...
Remus qui disparaissait régulièrement, tous les mois, qui inventait pour ça des excuses bancales, que lui-même ne trouvait pas crédible.
Remus qui leur avait menti.
Remus qui ne leur avait pas fait confiance.
Remus qui les avait trahi...
Remus qui revenait trois jours plus tard, fatigué, boitant, courbaturé, recouvert de bandages.
Il se blesse lui-même ! Il est assoiffé de viande fraîche, de chair humaine ! Parce que Remus est un...
Remus qui les regardait toujours avec des yeux débordant d'affection quand il revenait et qu'ils faisaient semblant de rien, comme si tout était parfaitement normal. Remus qui les remerciait à chaque fois, sans qu'il ne sache trop pour quoi, même s'il en avait une vague intuition.
Il n'est pas reconnaissant ! Il veut juste endormir notre méfiance, c'est dans sa nature ! On le sait, maintenant, Remus est un...
Remus qui avait toujours un air extatique quand il mangeait de la viande saignante, et qui l'instant d'après rouvrait les yeux en sursautant, la repoussait sur le bord de son assiette en donnant l'impression d'avoir envie de vomir, et qui ne mangeait plus que des légumes pendant le reste du repas, même s'il était visible qu'il n'aimait pas vraiment cela.
Remus aime la viande saignante, et même crue, car Remus est un...
Remus qui avait juste eu l'air tellement incrédule, tellement fragile, quand il leur avait demandé s'ils voulaient vraiment être ses amis. Remus qui, pendant des semaines, avait eu l'air méfiant quand ils lui tendaient quelque chose, Remus qui avait mis un bon moment à ne plus se dérober quand ils le touchaient. Remus qui avait longtemps paru s'attendre à être frappé et pas serré dans leurs bras, insulté et pas complimenté, qui avait longtemps paru ne pas comprendre pourquoi ils restaient avec lui, pourquoi ils lui souriaient, ou pourquoi ils le défendaient.
Remus est un...
Remus qui avait l'air d'être malheureux comme les pierres en ce moment même. Remus qui les regardait avec un air résigné qu'il avait envie de chasser de son visage à tout jamais. Remus qui les regardait sans même essayer de se défendre, comme s'il trouvait tout à fait normal qu'ils le haïssent et qu'ils le chassent–et c'est sûrement le cas...
Remus qui malgré tout ce que son père pouvait dire, était tellement peu doué pour mentir et tromper qu'il pouvait deviner le chemin qu'avaient pris ses pensées rien qu'en le regardant. Remus qui se disait – et c'est tellement visible que c'en est triste, putain... – que leur amitié n'avait été qu'un oasis. Une trêve bienvenue et merveilleuse, un rêve fabuleux, mais que, comme tous les rêves, il avait une fin, et qu'elle était arrivée.
Remus est un...
Remus qui rentrait déjà la tête dans les épaules, se préparant à retourner à la réalité qui avait été la sienne avant qu'il ne les rencontre, et qui par ce geste espérait se protéger un tout petit peu.
Remus est un...
Le voir faire ça... Le voir reculer instinctivement face à eux, ça lui brisa le cœur, et ça le réveilla aussi sûrement qu'un seau d'eau froide en plein visage.
C'est à peu près à ce moment là que James comprit pleinement ce que son subconscient s'évertuait à lui dire depuis le début de l'histoire, et il eut envie de se cogner la tête contre un mur, de se punir comme aucun Elfe de maison ne s'était jamais puni.
James est un abruti.
Des fois, quoique les qu'en-dira-t-on et Lily puissent croire, James Potter savait admettre qu'il était le plus complet, le plus absolu et le plus grand connard idiot et irréfléchi et complètement stupide que la Terre ait jamais porté. C'était rare, mais ça lui arrivait quand même.
Remus est un...
Un quoi ? Un monstre ? Un animal ? Une bête ? Une créature ? Un loup-garou ?
Mais quel con, quel abruti, quel... Il ne trouvait pas de mot assez fort pour se décrire.
Remus est mon ami.
Donc, vous en pensez quoi ?
Avancée de l'écriture : 11 chapitres d'écrits et tapés.
Chapitre 11 : Réflexion et compréhension
A dimanche prochain !
