Hey, tout le monde ! Aujourd'hui, un chapitre qui me tient particulièrement à cœur, c'est celui de Peter. J'apprécie beaucoup Peter, pas le traître qui a vendu les Potter, mais le petit garçon élève à Poudlard, qui riait avec les Maraudeurs, et qui en était un à part entière.

Du coup, ce chapitre, je le dédicace à Europa Luce, qui elle, [déteste/méprise/autre verbe méchant] Peter. J'espère sincèrement que la lecture de ce chapitre te fera changer d'avis ! *air déterminé*

Je remercie sincèrement tous ceux qui suivent et lisent mon histoire, ainsi que ceux qui laissent des reviews ! Merci beaucoup ! *courbette*

Bonne lecture !


Chapitre 11 : Réflexion et compréhension

06 Novembre 1972, dortoir des Seconde Année de Gryffondor. 21h45.

Peter n'était pas un garçon courageux. Il en était parfaitement conscient, et il n'avait pas attendu que d'autres le fassent pour se demander ce que le Choixpeau avait bu pour l'envoyer à Gryffondor.

Depuis tout petit, il avait du faire face à cette douloureuse réalité, et il l'avait accepté vers l'âge de 7 ans, quand une implacable prise de conscience avait été imposée au petit garçon joufflu qu'il était alors. Dans la cour de l'école, un des enfants des classes supérieures s'était retourné vers lui, alors qu'il s'approchait pour voir s'il pouvait se joindre à leurs jeux, et lui avait lancé cette phrase. Une horrible phrase, directe et incontestable, qui l'avait frappé avec la force d'une gifle.

Casse toi, Pettigrew, tu gênes.

Il se souvenait encore de cet instant avec une netteté limpide, et encore aujourd'hui, il ne savait pas ce qui lui avait fait le plus mal, entre les mots ou le ton. Car il ne l'avait pas dit avec méchanceté, avec tristesse, ou avec le plaisir de blesser, non. Il l'avait dit avec une froide indifférence, du ton qu'on emploie pour dire qu'il faut faire la vaisselle, ou que la Terre tourne autour du Soleil. Comme une évidence, une vérité simple et banale, qu'il avait été stupide d'ignorer tout ce temps.

Peter Pettigrew gênait. Il n'embêtait pas, il n'ennuyait pas, il n'énervait pas, il n'apitoyait pas. Il gênait. Un carton au milieu du passage, ça gêne. Un tas de gravats, ça gêne. Un vieux meuble qu'on n'aime plus, ça gêne.

Et ce jour là, il avait appris qu'un Peter aussi, ça gêne.

Peter n'était pas courageux.

Au lieu de protester, de se défendre, où même d'insulter à son tour le garçon, il n'avait rien dit.

Il en avait eu envie, bien sûr. Il avait senti les larmes lui brûler les paupières, et il avait cru entendre un craquement, au milieu du bourdonnement sourd qui avait envahi ses oreilles. Peut-être était-ce son estime personnelle qui s'effondrait. Et il avait ensuite vu les regards. Tous les autres enfants du groupe qui le fixaient, attendant sa réaction, prêts à le mettre en charpie si elle ne leur plaisait pas. Il avait eu l'impression que ces regards lui trouaient la peau comme autant d'aiguilles, que même les élèves à l'autre bout de la cour, qui pourtant ne pouvaient pas avoir entendu la scène, le regardaient en attendant la rupture, le moment où il commencerait à pleurer.

Peter n'était pas courageux.

Alors Peter avait ravalé les mots qui se bousculaient sur ses lèvres, il avait fermé les poings et serré les dents, et il avait essayé de sauvegarder ce qu'il lui restait de fierté. Il avait tourné les talons, essayant de ne pas craquer quand il les avait entendu retourner jouer, non sans avoir l'avoir achevé.

"Pff... Trouillard..."

Les lambeaux d'estime qu'il gardait encore de lui même avaient disparus, emportés par les sanglots qu'il avait libérés sitôt à l'abri dans les toilettes, caché derrière la cloison d'une des cabines.

En plus d'être gênant, il avait appris qu'un Peter était lâche.

Il était lâche quand il se taisait en classe, n'osant pas prendre la parole alors qu'il connaissait parfaitement la réponse.

Il était lâche quand il assurait à ses parents que tout allait bien, qu'il avait plein d'amis à l'école, juste pour ne pas avoir à affronter la déception dans leurs yeux.

Il était lâche quand il faisait exprès de perdre les papiers d'autorisation pour les sorties scolaires, parce qu'il ne voulait pas rester avec les autres élèves toute une journée, sans rentrer le midi chez lui pour décompresser un peu.

Il était lâche quand il faisait semblant d'ignorer ce qui avait bien pu faire exploser le vase sur le guéridon, alors qu'au fond de lui, et sans même vouloir se l'avouer, il savait parfaitement que c'était lui qui l'avait fait.

Il était lâche quand il se réjouissait qu'un autre élève subisse les brimades, le déchargeant un peu du rôle de souffre-douleur qui lui avait peu à peu été attribué.

Il était lâche quand il se contentait de baisser la tête face aux « grands » du quartier, et qu'il taisait à sa mère que non, il ne l'avait pas perdu, l'argent de son déjeuner.

Et il avait été lâche, quand le professeur McGonagall était venu chez lui, le jour de ses onze ans, quand il avait refusé jusqu'au bout l'existence de la magie, juste pour ne pas quitter sa confortable routine. Il avait fallu qu'elle transforme le buffet en vache pour qu'il se rende à l'évidence.

De même, à leur première visite sur le Chemin de Traverse, le professeur – elle les avait accompagné, pour les guider – l'avait félicité pour son assiduité, voyant tous les livres qu'il avait supplié ses parents d'acheter.

La vérité, c'est qu'il voulait savoir tout ce qui pourrait se montrer dangereux dans ce monde étrange et effrayant où on le catapultait brusquement.

Peter n'était pas courageux.

Il les avait dévoré. En deux jours, il avait fini de lire tout ce qu'il avait pu trouver sur les créatures magiques, sur les accidents que les sorts ratés pouvaient entraîner, sur les potions qui pouvaient exploser, les maladies qui pouvaient se déclarer... Quand il était ressorti de sa lecture, il n'avait plus peur.

Il était terrifié.

Il avait espéré avoir rêvé, se réveiller le lendemain pour se rendre compte que rien n'était réel, que la magie n'existait pas.

Et pourtant, sans avoir pu trouver le moyen d'y échapper, il s'était retrouvé dans le train, devant la porte d'un compartiment. Il avait été chassé de tous les autres, et quand il avait vu ce garçon aux cheveux graisseux –Rogue, avait-il appris par la suite – le fusiller du regard, il avait encore une fois voulu tout abandonner, quitte à devoir se jeter par la fenêtre pour ça.

Puis il l'avait vu.

Assis contre la vitre, un garçon châtain semblait plongé dans un roman d'aventures, mais pour avoir souvent usé de cette technique, Peter avait rapidement compris en voyant ses yeux fixes que c'était un moyen d'échapper aux questions.

Et là, pour la première fois de sa jeune vie, Peter Pettigrew avait remisé sa lâcheté au placard, et il avait été courageux.

Il s'était avancé, avait tendu sa main, et s'était présenté en s'efforçant de réprimer les tremblements de sa voix, suivant l'étrange intuition qui lui disait que ce garçon était gentil.

Il avait cru avoir fait une erreur en prenant conscience du blanc qui avait suivi, et il avait eu envie de rire de soulagement
quand finalement sa main avait été serrée, et que le garçon s'était présenté à son tour.

Il s'était assis à côté de lui, alors qu'il prenait toujours soin de ne pas s'approcher des gens, et s'était senti... rassuré, en quelque sorte, par la présence silencieuse du garçon.

Quand Remus avait été envoyé à Gryffondor, Peter s'était résigné, comme à chaque déception. Et contre toute attente, alors qu'il pensait finir à Poufsouffle, le Choixpeau l'avait lui aussi dirigé vers les bancs de la maison rouge et or, après un charabia confus à propos de révélation et d'épanouissement psychique.

Il avait une nouvelle fois cru rêver quand, loin de le chasser négligemment, Remus l'avait accepté à ses côtés, lui parlant comme à un égal, le traitant avec égards, et pour la première fois, Peter s'était dit que peut-être, peut-être qu'il n'était pas juste gênant.

C'est pour ça qu'il avait fermé les yeux sur ses absences, sur ses capacités physiques au dessus de la moyenne... C'est pour ça qu'il s'était volontairement aveuglé, qu'il avait refusé de comprendre, même alors qu'il était probablement celui qui en savait le plus sur ce sujet, Remus mis à part. Il s'était montré lâche, encore une fois, refusant de prendre le risque de briser ce fragile bonheur qui lui avait été donné.

Jusqu'à ce que Sirius comprenne. Il avait commencé à se douter de quelque chose, à remarquer que les absences de leur ami étaient assez cycliques, que les cicatrices qu'il cachait sous des pulls, des manches longues et des pyjamas ressemblant presque à des scaphandre étaient étranges... Il avait fait part James de ces détails, et ils s'étaient tous deux mis à observer Remus avec d'avantage d'attention.

Peter n'était pas courageux.

C'est pour ça qu'il avait désespérément essayé de les arrêter, de dire qu'il serait plus gentil pour Remus de respecter son secret, de dire que ce n'était sûrement pas une bonne idée... Et pour la première fois depuis qu'ils se connaissaient, James l'avait toisé comme il toisait les Serpentard, comme s'il était un insecte insignifiant.

"Franchement, Peter, des fois, je me demande ce que tu fous à Gryffondor."

Une énorme baffe. Entendre James, qu'il admirait comme il n'avait jamais admiré personne, lui dire ce que lui avait dit ce garçon, des années auparavant, lui avait fait l'effet d'une énorme baffe. Et quand Sirius, au lieu de reprendre James, au lieu de le rassurer et de le réconforter – comme Remus l'aurait fait... – avait pouffé en lui mettant une claque dans le dos, comme s'il ne venait pas de se faire insulter...

Peter n'était pas courageux.

Il avait serré les dents, baissé la tête, il avait essayé de sourire pour montrer qu'il s'en fichait – c'est pas vrai ! Ça fait mal, ça fait horriblement mal, pourquoi vous ne vous en rendez pas compte ? – et après avoir bégayé un besoin pressant, il avait tourné les talons, comme toujours.

Peter n'était pas courageux.

Il s'était recroquevillé sous sa couette, et avait fondu en larmes. Il ne savait pas combien de temps il avait passé à pleurer quand une main douce s'était posée sur sa tête, après en avoir retiré la couverture. Il avait cligné des yeux, et à travers le brouillard humide de ses pleurs, il avait aperçu le visage inquiet de Remus.

"Peter ? Peter, qu'est ce qui s'est passé ? Un Serpentard t'a agressé ? Tu es blessé ? Dis moi, Peter, dis moi ce que je dois faire pour t'aider !"

Entendre cette voix rassurante, entendre Remus qui, bien que visiblement malade, s'inquiétait pour lui et voulait l'aider...

Peter n'était pas courageux.

Il s'était jeté dans ses bras, et avait pleuré sur son épaule comme un enfant, n'osant même pas lui avouer ses doutes, ses peurs et ses craintes. N'osant même pas mentionner les paroles de James, et le rire moqueur de Sirius.

Peter n'était pas courageux.

A la place, il avait baragouiné une question tremblante, hoquetant et pleurant dans le giron de son ami.

"P-pourquoi ? Pourquoi j-j'suis p-pas c-courageux ? P-pou-pourquoi je-je suis ici ? Pou-pourquoi j-j'arrive p-pas à-à être- à être c-comme t-tout le mon-monde ?"

Remus s'était raidi, et Peter avait eu peur qu'il ne s'en aille, alors il avait resserré ses bras autour du torse de son ami, sanglotant de plus belle. Et là, dans le dortoir silencieux, troublé seulement par le son de ses hoquets larmoyants, la réponse avait résonné.

Sans se soucier de la morve et des larmes qui imbibaient sa chemise, Remus l'avait serré contre lui. Il n'avait pas fait, au contraire de James, de reproches sur son manque de fierté, il ne lui avait pas fait remarquer, comme Sirius, que ses pleurnicheries de fillette n'étaient pas viriles du tout. A la place, sa voix basse avait répondu à ses questions angoissées.

"Je ne sais pas si je suis le plus à même de juger si tu es courageux, Peter. Et encore moins si tu es comme tout le monde, ou même si c'est une bonne chose. Mais je suis sûr d'au moins un fait. Quels que soient les insultes, les coups, les reproches et les critiques, quel que soit le nombre de fois où tu échoues à lancer un sort, où ta potion explose dans son chaudron... Tu restes Peter. Tu n'essaies pas de changer ta façon d'être, tu n'essayes pas de dire ce que les gens veulent entendre. Tu serres les dents, et tu encaisses. Et ensuite, tu te relèves, et tu cherches un moyen de continuer à avancer, même si ça n'est pas celui que les autres auraient voulu te voir utiliser. Même si tu empruntes un chemin différent, tu refuses toujours de t'arrêter, même si on te traite de lâche, pour ça. Et c'est quelque chose que moi, je suis incapable de faire. Continuer sans me préoccuper des insultes... Je n'y arrive pas. Et pour ça, tu sais Peter, et bien, je t'admire."

Et il l'avait dit avec ce ton neutre, lui aussi, comme pour dire que la couette était rouge. Il avait dit "J'admire Peter" comme un autre avant lui avait dit "Peter est gênant", mais ça ne faisait pas mal, cette fois-ci, surtout que c'était un ami, c'était Remus qui l'avait dit. Stupéfait, il avait arrêté de pleurer d'un coup. Et Remus était resté là, assis sur son lit à côté de lui, à lui caresser les cheveux pour le calmer et même s'il n'avait rien dit, Peter avait eu la conviction qu'il savait ce qui l'avait mis dans cet état. Qu'il savait que James et Sirius étaient probablement les seules personnes qui pouvaient le faire se sentir si minable, malgré les remparts derrière lesquels il se protégeait depuis la douloureuse prise de conscience.

Sans même s'en rendre compte, il s'était endormi, et le lendemain matin, il s'était réveillé serein, bordé soigneusement dans son lit. Alors qu'il s'habillait, James et Sirius étaient venus le voir, et ils s'étaient excusés, un air véritablement contrit sur le visage. Remus était très doué pour les faire se sentir coupable, quand il le voulait réellement.

Le soir même, il partait visiter sa grand-mère – miraculeusement ressuscitée – à l'hôpital, et James et Sirius découvraient le pot aux roses, grâce au calendrier lunaire que Sirius avait eu l'idée de vérifier.

Peter n'était peut-être pas courageux, mais toute règle à ses exceptions.

Il s'était planté devant la porte du dortoir, et avait déclaré d'une voix qu'il espérait ferme qu'il serait complètement stupide d'aller confronter Remus, sauf s'ils avaient envie de mourir dévorés.

Il avait intimé à ses jambes de cesser de flageoler en énonçant à voix haute ce qu'il se refusait à accepter depuis tout ce temps.

Si Remus était un loup-garou, avait-il rétorqué à Sirius, il était presque certain que Dumbledore était au courant, et s'il n'y avait eu aucun accident depuis plus d'un an, il n'y avait aucune raison qu'il y en ait un ce soir là, ce qui rendait inutile de courir dans le bureau du directeur.

Et quand James avait commencé a pester qu'ils s'étaient bien fait avoir, et que "putain quand mon père va l'apprendre!" Peter avait rassemblé tout le courage qu'il lui restait, et avait avancé qu'il faudrait peut-être parler avec Remus avant.

Il s'était recroquevillé sous le regard pensif de Sirius, et dégoûté de James. Car en effet, James détestait beaucoup de choses, la plupart ayant trait aux Serpentard, et les traîtres tenaient une bonne place dans la liste.

"Peter, il faudrait savoir. Tu es avec nous, ou tu es contre nous ?"

Peter n'était pas courageux.

Son accès de bravoure envolé, il n'avait pas osé demander quand exactement Remus avait cessé de faire partie du « nous » en question. Prétextant que « la nuit porte conseil », il les avait convaincu de reporter leurs plans au lendemain, et s'était réfugié dans son lit, désormais vidé de la moindre once de courage.

Il n'avait pas dormi de la nuit, repassant en boucle dans sa tête tout ce qu'il savait des loups-garous, terrifié de ce dont il se souvenait, des images sanglantes et des gravures horribles qui lui revenaient en mémoire. Au matin, il était terrorisé, et se jura de ne plus approcher Remus qu'en plein jour, et jamais à moins de cinq mètres. Au moins.

C'est avec cette résolution en tête qu'il avait accepté de suivre James et Sirius dans le dortoir pour aller parler à Remus.

C'est avec cette résolution en tête qu'il avait conseillé cette nuit, ayant lu que la nouvelle lune était la période pendant laquelle les loups-garous étaient les moins dangereux.

C'est avec cette résolution en tête qu'il avait posé son regard sur Remus.

Pourtant, quand il avait vu Remus, quand il avait vu la honte, la peur, la tristesse et le regret défiler sur son visage... Quand il avait vu ses lèvres tremblantes, ses yeux trop brillants, ses mains crispées et son teint pâle... Cette résolution lui avait tout à coup parue absurde, et les livres sur les loups-garous un tissu de bêtises.

Peter n'était pas courageux, mais comme nous avons déjà pu le constater, toute règle a ses exceptions.

Alors, quand James paraissait plongé dans ses pensées, et quand Sirius fixait Remus d'un air songeur, Peter avait fait ce qu'aucun des courageux Gryffondor qui l'entouraient ne semblait être capable de faire.

Et pour ça, tu sais Peter, et bien je t'admire.

Il s'avança, déterminé, sans se soucier des regards surpris qui se posaient sur lui, et il serra Remus, Remus le loup-garou, Remus le Gryffondor, Remus son ami dans ses bras.

« Moi aussi Remus. Moi aussi je t'admire. »

Peter n'était peut-être pas courageux, mais il était quand même un Gryffondor, quoiqu'on puisse en dire.


Et donc, j'attends vos avis, dites moi ce que vous avez pensé de mon Peter ! La semaine prochaine, on passera du PoV de Sirius !

Merci de votre passage (et de vos reviews ! :)

Avancée de l'écriture : 12 chapitres d'écrits et tapés, je planche sur le 13.

Chapitre 12 : Conviction et acceptation