Yo ! Vraiment désolée du retard, mais... Mais rien, en fait, j'ai pas d'excuse valable... -_-'

Donc en italique, c'est les pensées de Sirius. Et vous ne pouvez pas savoir comme j'ai eu du mal à rester IC, c'était horrible... J'ai cru que je n'y arriverais jamais, et même là, je ne suis pas sûre d'avoir réussi...

M'enfin, bonne lecture !


Chapitre 12 : Conviction et acceptation

Sirius avait une façon de raisonner qu'il trouvait personnellement d'extrêmement simple, et que d'aucun aurait qualifié de tordue.

Cela dit, avoir vécu douze longues années dans le manoir sinistre de la "Noble et Ancienne Famille des Black" -notez l'ironie...- aurait justifié cette bizarrerie auprès de n'importe quel psychomage.

Pendant toute son enfance, ses parents -des parents... pff, tu parles...- lui avaient rabâchés les oreilles quotidiennement avec leurs idées stupides et dépassées. N'ayant pas les moyens de lutter contre toute sa prétendue famille, il avait donc réagi en accord avec son caractère têtu, et avait rejeté en bloc tout ce qui émanait d'eux.

Les moldus étaient des animaux stupides et invasifs ? Il avait aussitôt harcelé son oncle Alphard et sa cousine Andromeda -les seules personnes normales de cette famille de tarés- jusqu'à ce qu'ils lui disent tout ce qu'il savaient sur le monde moldu.

Garder son sang parfaitement pur était la seule voie viable pour "restaurer la grandeur déclinante de la société sorcière" ? Il avait aussitôt décrété qu'il ne se marierait jamais avec un femme qu'il puisse retrouver dans l'énorme grimoire poussiéreux où étaient recensés tous les Sang-Pur de Grande Bretagne.

Serpentard était l'unique Maison digne de respect, la seule qui soit assez noble pour accueillir un Black ? Il s'était soudainement découvert une passion particulière pour le rouge, le doré -et même le jaune et le noir, tant qu'à faire.

C'est ainsi qu'il avait raisonné lorsqu'ils avaient fini par découvrir la vérité, entassés derrière un grimoire poussiéreux à la Bibliothèque. Pendant que James, blanc comme un linge, balbutiait des mots sans queue ni tête, Sirius s'était remémoré ce que ses parents lui avaient dit à propos des loups-garous.

Lors d'une énième leçon de magie destinée à lui apprendre à être un parfait petit héritier obéissant et sectaire, sa mère les lui avaient décrit comme "des animaux bestiaux et répugnants, incapables de se tenir en société, au sang aussi souillé que celui de n'importe quel sang-de-bourbe". Son père avait rajouté que "cela dit, maintenus en laisse avec une baguette de fer, ils peuvent faire d'excellents chiens de chasse".

En gros, des animaux dangereux et stupides, guidés par leurs instincts bestiaux. A utiliser si besoin, mais de loin de préférence, et à abattre ensuite.

Par conséquent, et en accord avec les convictions qu'il se forgeait depuis ses cinq ans, c'est à dire que ses parents disaient toujours le contraire de ce qu'Andro et Oncle Alphard pensaient, il avait aussitôt décidé que Remus était un chic type, timide mais toujours prêt à aider, comme il avait pu s'en rendre compte au cours de l'année qu'ils avaient passé à Poudlard. Et le fait qu'il soit un loup-garou ne changeait rien à la donne, comme le prouvait l'avis de ses parents. CQFD.

Cependant, il s'était heurté à un problème de taille en la personne de James. James qui s'était d'emblée montré hostile envers Remus, arguant qu'il était un loup-garou, et que c'était une justification plus que suffisante.

Pour la première fois depuis qu'ils se connaissaient, James avait émis le même avis que ses parents sur un sujet.

Il s'était retrouvé perdu, même si comme à son habitude il n'en avait rien montré, tenant son rôle de farceur insouciant, mais retournant sans cesse la même interrogation dans sa tête.

James avait-il tort ? James son presque frère, James le premier à l'avoir vu comme Sirius plus qu'en tant que Black ? James le blagueur, James le Gryffondor, James le Maraudeur ?

Et si, comme il aurait voulu le croire, il avait en effet raison ? Alors... Dans ce cas, ses parents auraient eu raison ?

Ses parents racistes et sectaires, ses parents qui eux le voyaient comme leur héritier plus que comme leur fils, ses parents qui ne cessaient de rabaisser Andro et Oncle Alphard, ses parents dont il n'avait jamais reçu un seul compliment ou un seul câlin, ses parents qui vivaient dans ce manoir sordide, qui puait la magie noire, et dont l'atmosphère le faisait frissonner, malgré les douze années qu'il y avait vécu ?

Totalement désemparé, il avait envoyé une lettre à sa cousine Andro par hibou express, lui expliquant toute la situation et la suppliant de l'aider. Il avait reçu sa réponse quelques jours plus tard (qu'il avait passé à lancé des regards de chiot battu à Remus pour se faire pardonner de l'éviter et de rester avec James), et, bien que laconique, celle-ci l'avait sidéré, et Sirius s'était retrouvé sans voix pour la première fois de sa jeune vie.

"Et si pour une fois, tu te faisais un avis par toi même, hmm ? Bises, cousin, je te vois à Noël ! (je vais présenter mon fiancé aux vieux, ça va être drôle !)"

A cet instant, Sirius s'était rendu compte qu'en effet, il n'avait jamais vraiment réfléchi par lui même. Il avait toujours adopté le point de vue diamétralement opposé à celui de ses parents, et et à son entrée à Poudlard, s'était rangé automatiquement à celui de James. La révélation l'avait choqué, et seul le fait qu'il était dans la Grande Salle lui avait permis de ravaler les larmes de honte qui lui brûlaient les paupières. Lui qui se vantait d'être l'un des seuls Black à savoir réfléchir par lui-même...

A sa première heure de libre, il s'était précipité à la Bibliothèque, après avoir semé James et Peter dans les couloirs. Il avait tiré des étagères tous les livres qu'il avait pu trouver sur les loups-garous, et avait commencé à les potasser sous le regard suspicieux de Mme Pince.

Au fil de sa lecture, il avait vu des gravures, toutes plus horribles les unes que les autres, agrémentées de descriptions sanglantes et de mises en garde sinistres. Son caractère loyal et amical avait souffert en pensant à Remus, l'ami discret mais génial qu'il avait appris à connaître, et qui prenait un tout nouveau jour à la lumière de ces livres. Il était sur le point de se ranger pour la toute première fois de son existence à l'avis de ses parents, quand il s'était passé un truc qu'il avait définitivement classé dans son Top 3 des trucs les plus bizarres et les plus incompréhensibles auxquels il avait du faire face.

Dans un froufroutement de velours turquoise, Dumbledore - le Directeur Albus Dumbledore, putain !- avait surgi à côté de lui, une sucette jaune vif dans la main droite et un carnet bleu sombre dans l'autre. Il l'avait regardé avec un petit sourire, un pétillement sournois dans les yeux.

"Vous savez, Monsieur Black, on ne peut pas vraiment apprécier la beauté du gris si on ne regarde que le noir, sans prêter attention au blanc..."

Il avait ensuite lâché le petit livret sur la table avant d'agiter négligemment la main. Le tas de grimoires qu'il venait de lire avait disparu dans un jaillissement d'étincelles multicolores, et le Directeur était reparti en sifflotant joyeusement, laissant un Sirius éberlué, et bouche bée pour la deuxième fois de sa vie et de la journée. Baissant mécaniquement les yeux sur la couverture bleue nuit, il avait lu le titre, et celui ci l'avait à nouveau stupéfait.

Les loups-garous, criminels ou bien victimes ? Point de vue objectif sur l'une des plus grandes injustices sorcières. Par Sélène Wölf.

Haussant les épaules, il avait commencé à le lire distraitement, par simple curiosité, mais au bout de quelques pages, captivé, il avait cessé de faire attention à tout ce qui n'était pas ce petit livre fascinant et les informations tout aussi intéressantes qu'il recelait. Quand il l'avait enfin refermé, il s'était rendu compte avec stupeur que la nuit commençait à tomber, et qu'il avait manqué le dîner. Et les cours de l'après-midi, mais ça n'était pas le plus grave. Il était sorti en courant, ignorant le hoquet indigné de Pince, et ne s'était qu'à moitié étonné que Dumbledore l'attende devant les lourds panneaux de bois - sérieusement, il n'a vraiment rien d'autre à faire de ses journées, avec tous les titres qu'il cumule ? Aucun papier à signer, aucun ministre à conseiller ?

Bref, tout ça pour dire que le Directeur avait souri malicieusement, qu'il avait récupéré son livre d'un petit claquement de doigt -évidemment, quand on est le sorcier le plus puissant de son époque, pourquoi s'encombrer d'une baguette, hein ?- et, après avoir fourré un cupkake (probablement au citron) dans sa bouche, avait lâché une autre phrase sibylline -et sans même que le gâteau qu'il mâchonnait ne rende ses paroles incompréhensibles, ce type est juste trop fort.

"Il serait un peu injuste de condamner un jeune homme charmant pour treize nuits qu'il subit plus qu'il ne passe, n'est ce pas ?"

Et il était à nouveau parti, sa robe rouge vif -elle n'était pas bleue, tout à l'heure ?- scintillant derrière lui, pendant que les phénix dorés qui y étaient brodés volaient dans tous les sens -ce type est complètement barge. A partir d'aujourd'hui, c'est mon idole.

Dans les couloirs, Sirius avait continué à réfléchir. Si James avait tort sur ce sujet... Serait-il possible que ce soit aussi le cas pour celui des Serpentard ? Est-ce que là aussi, il devait se remettre en cause ? Il en était là de ses réflexions lorsqu'il avait croisé Snivellus. L'infâme petit crétin graisseux s'était permis de lui demander si ses amis avaient fini par l'abandonner en comprenant leur erreur de l'avoir approché, et seule l'intervention de Nott lui avait permis de ne pas finir à l'Infirmerie -Nan, définitivement pas. Les Serpentard sont bien des abrutis maléfiques. Snivellus en est la preuve vivante.

Revenu dans la Salle Commune des Gryffondor, il avait retrouvé James et Peter, le premier ne perdant même pas de temps à lui en vouloir pour son absence. A la place, il lui sauta dessus, et sans prêter attention à la réticence de Peter, il lui avait dit qu'ils devaient le confronter ce soir.

Sirius avait alors eu un sourire satisfait, qu'aucun des deux autres Gryffondor n'avait compris.

Ouais, en effet, il est grand temps de mettre les choses à plat...


Alors ? C'était pas trop nul ?

Note : Je recherche actuellement une bêta, pour cette fic. Il faudrait quelqu'un de doué en orthographe, et qui puisse tenir les délais (qui sont parfois franchement serrés) que lui laisse :) Il ne reste que deux ou trois chapitres avant la fin de la fic, de toute façon, alors ça ne sera pas très long, hein, donc si quelqu'un est intéressé(e)...

Avancée de l'écriture : Le 13e chapitre est encore une ébauche brumeuse, j'ai une vague idée pour le 14, et le 15 est pour ainsi dire complètement écrit (dans ma tête, donc faut quand même que je le tape...)

Prochain chapitre : ... J'ai pas encore de titre, désolée...

A dimanche prochain !