Salut à tous/toutes ! Cette fois-ci, je suis à l'heure !

Dans ce chapitre, j'ai essayé de rendre la panique de Remus, plus à l'idée d'être à nouveau abandonné d'ailleurs. Il a plus peur que ses amis le haïssent ou le vendent au Ministère que de la découvert de son secret à proprement dit.

Ensuite, je me suis attachée à faire une fin la plus mignonne et la plus attendrissante possible, dites-moi si l'effet est bien réussi ! :)

Sur ce, bonne lecture, et je vous donne rendez-vous en bas pour une requête un peu particulière...


Chapitre 13 : Explications et câlin

6 novembre 1972, dortoir des Seconde Année de Gryffondor. 21h47

Remus se fige brusquement quand Peter le serre dans ses bras, arrêtant même de respirer. Il craint, s'il fait le moindre mouvement, de briser totalement l'ambiance feutrée qui a remplacé l'atmosphère tendue du dortoir. Et quand Peter lâche cette phrase dans le silence total, faisant probablement référence à leur discussion, quelques jours auparavant, il se raidit encore plus, se demandant en quoi on peut l'admirer.

Surtout qu'ils savent visiblement... ce qu'il est...

A cette pensée, il se réveille de son espèce de transe, et frissonnant violemment, il recule jusqu'à buter contre le mur, brisant le charme. Les autres le regardent, l'air autant inquiets que craintifs, ne sachant visiblement pas s'ils peuvent s'approcher.

-Je- je suis désolé." Commence Remus d'une voix hachée. Il parle rapidement, certain qu'il commencera à pleurer ou à devenir hystérique au moment où il s'arrêtera. Au milieu de la panique qui noie ses pensées, il se dit confusément qu'il a rarement eu autant l'air d'un animal acculé, un comble quand on pense que c'est la nouvelle lune... "Je-je voulais pas, je- je vais demander à être changé de chambre- de dortoir, je- je vais partir, vous- vous me verrez plus, je vous jure, je- je suis désolé, mais me- me dénoncez pas, je vous en supplie ! Je- je suis pas- je veux pas- je-"

Peine perdue, il s'emmêle, et n'arrive plus à parler correctement. Les sanglots obstruent sa gorge, et il tremble maintenant de façon convulsive, ses dents claquent sans qu'il puisse les arrêter. Les images du livre de droit lui reviennent à l'esprit, et sa tête est envahie d'images sanglantes. Entre deux pleurs, il continue à balbutier des excuses incohérentes, sombrant dans l'une des crises de panique les plus monumentales de sa vie. Tout le stress de ces derniers temps, toute l'angoisse qu'il a ressenti en voyant ses seuls, ses tout premiers amis, s'éloigner de lui, tout ça finit par exploser, comme une bouteille de champagne qu'on aurait trop secoué.

Sous l'afflux intolérable de images qui l'envahissent, les billots, les haches d'argent, ses parents qui finissent par en avoir marre de leur monstre de fils, James qui appelle son père pour tout lui dire, Peter qui s'éloigne de lui, terrifié, Sirius qui le hait aussi, il se recroqueville contre le mur de pierre froide.

Il aurait pu rester là un bon moment, à paniquer et à hyperventiler, mais une main froide se pose soudainement sur son front, le ramenant légèrement à la réalité.

-Hey, c'est pas grave si tu ne veux pas en parler, tu sais ?

Sirius s'est agenouillé devant lui, un air soucieux -pour ne pas dire franchement inquiet - sur le visage. Derrière lui, Peter, qui n'a pas bougé depuis leur câlin avorté, hoche vigoureusement la tête, avant de lancer un regard accusateur à James qui, pétrifié à l'entrée du dortoir, finit par se reprendre.

-Euh, ouais ouais, c'est pas- euh, c'est pas grave, hein !

Remus, toujours recroquevillé au pied du mur, réussit à lâcher entre deux sanglots à la limite de l'hystérie une supplique qui achève définitivement les trois garçons.

-Je- je veux pas qu- qu'ils m- m'exécutent ! Je- j'veux pas !

Sirius, dans un élan de tendresse comme il en a rarement, le prend dans ses bras, et le serrant contre lui, il le berce comme un enfant, sous les yeux stupéfait de James et Peter. Le mouvement répétitif finit par le calmer, et ses hoquets s'espacent de plus en plus, jusqu'à s'arrêter complètement, remplacés par des reniflements.

Aidé par Sirius, il s'assit sur son lit, aussitôt rejoint par James et Peter, qui s'installèrent à ses côtés. Sirius, lui, s'affale en face d'eux sur le sol, adossé au lit voisin. Peter, qui est d'eux quatre le seul avec suffisamment de tact et de self-control pour entamer la conversation, finit par se décider à prendre la parole.

-Personne ne t'exécutera Remus, parce que personne ne va te dénoncer au Ministère, ni ailleurs. Et si jamais un jour quelqu'un essayait de te faire du mal, il devrait avant nous passer sur le corps.

Remus relève brusquement la tête, et les fixe tour à tour avec un air totalement perdu.

-M-mais pou-pourquoi ? P-pourquoi v-vous voudriez m-me protéger ? Je- je suis un-un-

-On sait, Remus." Intervient James en voyant qu'il n'arrivait pas à prononcer le mot. Pourquoi tu crois qu'on t'a évité, ces derniers temps ?"

A ces mots, Remus blêmit, et parait sur le point de fondre à nouveau en larmes. Tendant le bras derrière lui, Peter met une taloche sur le crâne du jeune Potter. Interloqué -ce genre de comportement est totalement inédit venant du timide Peter- ce dernier lui jette un coup d'œil interrogateur.

-Ce que James veut dire, explique Sirius, c'est qu'on avait besoin de faire le point, tous les trois. Comprend nous, c'est la première fois qu'on était confronté à une situation de ce genre. Alors on ne savait pas trop quoi penser, il fallait... qu'on décide quoi faire, comment réagir.

James, ayant enfin compris qu'il ne s'est pas montré très délicat, avoue à son tour avec une moue gênée.

-Je... Au début, je voulais... je voulais pas te vois autrement que comme... ça. Je... je me suis comporté comme un crétin, et je-

-Comme un Serpentard," assène Peter, impitoyable. Et alors que James, malgré l'outrage, baisse la tête en reconnaissant ses torts, il continue avec un soupir résigné. "On s'est tous les trois comporté comme des Serpentard. On a été stupides de ne pas essayer de te parler, lâches pour t'avoir fui, et racistes en ayant peur de toi, sans chercher plus loin que ta... maladie."

Et là, à la surprise générale des trois Gryffondor, Remus se lève brusquement. Il a une tête bizarre, comme s'il ne savait pas trop s'il devait être en colère ou bien se remettre à pleurer.

-Vous ne comprenez pas !" Sa voix est rauque, et il a vraiment l'air frustré. "Ce n'est pas une 'maladie', ça ne se guérit pas ! Et il n'y a pas à chercher plus loin que- que ça, je suis... Je suis un animal, c'est tout !

-C'est pas vrai !"

C'est Sirius qui s'est redressé d'un bond, et il le regarde d'un air furieux, comme pour le mettre au défi de le contredire. Ce qu'il fait aussitôt.

-Si. Si, Sirius, c'est la pure vérité. (Peter tremble brièvement en entendant le ton, celui qu'il connaît si bien, celui qui énonce les vérités implacables.) Tu ne m'as jamais vu, dans... dans ces moments là, tu ne sais pas ce que je suis capable de faire. Je vous tuerais tous les trois sans hésiter si j'en avais l'occasion, et je- je suis sur que je (et sa voix se met à vaciller, alors il termine d'un coup, presque en hurlant) j'en tirerais un plaisir horrible ! Vous ne savez pas !

-Et toi alors ? Qu'est ce que tu en sais ?" Tout le monde se tourne vers Peter, qui a lancé cette phrase d'une petite voix. Quand il voit que personne n'a compris ce qu'il voulait dire, il essaye de s'expliquer. "J'ai beaucoup lu, quand j'ai appris l'existence du monde sorcier, et je... j'ai lu que dans ces... moments là, comme tu dis, le- la... victime, n'a plus aucune conscience d'elle même. Elle n'est même pas aux commandes, elle n'a ni contrôle, ni conscience de ce qu'elle fait ou essaye de faire. Alors comment tu peux affirmer que tu en retirerais du plaisir ?"

Comme s'ils assistaient à un match de Quidditch, James et Sirius se tournent à nouveau vers Remus, attendant sa répartie.

-Tu n'as jamais vu... Moi, moi j'en ai vu un, même si ça a été la pire chose qui me soit jamais arrivé. Moi je sais de quoi ces... ces choses sont capables. (Sa main serre convulsivement son épaule, ses doigts crispés sur le tissu de son pyjama, et ils ne peuvent que deviner pourquoi, même s'ils en ont malheureusement une idée assez précise.) Moi j'ai vu à quel point il était... il savourait la douleur qu'il m'infligeait, il... Tu ne sais pas, toi !

Un partout, le Souaffle au centre.

-Peut-être que justement, on ne sait pas. Commence alors Sirius d'une voix hésitante. On a pas de... d'à priori. On a perdu personne à cause de ça, et personne dans notre famille n'a été... atteint. Alors on peut se faire un avis impartial..."

Quand il voit la grimace amère et franchement dubitative de Remus, il essaye de trouver autre chose.

-Tu vas à la Cabane Hurlante, non ? Tu t'y enfermes, et tu ne ressors qu'au matin ? C'est pour ça que les rumeurs ne parlent des cris que depuis l'année dernière. Et le Saule Cogneur dissimule l'entrée d'un tunnel pour y aller ? (Remus hoche la tête nerveusement, et il a de nouveau l'air au bord des larmes. L'accumulation de stress, la peur et le sujet ont mis ses nerfs à vif, et ils à l'impression d'être un yo-yo émotionnel.) Un monstre ne ferait pas ça. Je... Moi aussi, j'ai lu des- enfin un livre sur le sujet, les autres n'était qu'un tissu de conneries, et je sais ce que... enfin, ce que tu fais... ce qui se passe tu es enfermé...

-Justement," reprend Remus, "pour s'infliger des trucs pareils... C'est bien la preuve que je suis un vulgaire animal, non ?" Son ton s'est fait suppliant, comme pour les implorer de cesser de le torturer, de s'évertuer à renverser ses convictions. "Je- je- je suis un monstre, c'est tout !"

La gifle résonne dans le dortoir. Remus frotte sa joue endolorie, stupéfait. Et à voir sa tête, Sirius est presque aussi étonné de son geste qu'il est furieux de ces paroles.

-Ne dis. Plus jamais. Ça." Il parle d'un ton glacial, même s'il halète, et tremble de colère.

-Et pourquoi ?! C'est de moi dont il s'agit, je- je sais de quoi je parle ! Je- vous n'avez jamais vu les murs de la Cabane, vous ne pouvez même pas imaginer à quel point il est- à quel point je suis violent ! Vous pouvez penser ce que vous voulez, ça ne change rien au fait que je suis un monstre !

-Tais toi !" Sirius se jette sur lui pour empoigner ses épaules, et il le secoue comme un prunier. A présent, sa voix n'est plus glaciale du tout, elle est juste désespérée, au moins autant que celle de Remus. "C'est pas vrai ! Tu es notre ami, putain, et tu peux penser ce que tu veux, ça ne change rien au fait qu'on te soutiendras toujours, tu m'entends ? Alors ferme la, tu n'es pas un monstre, tu ne le seras jamais ! Tu es le plus gentil d'entre nous, le plus compréhensif, c'est toujours toi qui nous empêche de lancer des sorts à Servilus, et Merlin sait qu'il les mérite, pourtant ! Tu n'es pas un monstre !"

Il a l'air d'être sur le point de pleurer, lui aussi, et c'est bien la première fois qu'ils le voient dans cet état. James se lève à son tour, suivi par Peter, et ils les rejoignent, jusqu'à ce que Remus se retrouve à leur face.

-C'est vrai, Remus. Tu n'es pas un monstre, et on te le répétera autant de fois qu'il le faudra, jusqu'à ce que tu y crois. Ce que tu es une nuit par mois n'as aucun rapport avec le type génial que tu es le reste du temps."

Remus les regarde à nouveau, n'ayant pas l'air d'y croire.

-C'est..." Il parle d'une toute petite voix, à tel point qu'ils doivent se rapprocher pour entendre. "C'est vrai ?"

-Évidemment que c'est vrai !" James a un sourire canaille, de ceux qui font rougir les filles de leur Année, et qu'il copie sur son père. "Et puis tu sais, on a la tête dure : les idées ont du mal à y rentrer, mais une fois que c'est fait, elle n'en sortent plus, alors c'est râpé pour nous faire changer encore d'avis !

-Ouep," renchérit Peter, "on s'en fiche, que tu sois un loup-garou !"

Bizarrement, il est le premier à avoir le courage de prononcer le mot, et bien que Remus ne se tende un instant, une expression d'intense soulagement s'étale sur son visage, avant qu'il ne finisse par craquer. Tombant à genoux au beau milieu du dortoir, il éclate en sanglots, et les remerciements hachés qu'il ne cesse de répéter rassurent ses amis (et Merlin ce mot est tellement réconfortant !). Puis Sirius décide que le moment sérieux (il rigole de son propre jeu de mot, s'attirant un regard interloqué de Peter, et fatigué de James, qui le connaît assez pour deviner le cheminement qu'ont pris ses pensées) a assez duré, et il se jette sur Remus, vite rejoint par les deux autres, pour un énorme câlin collectif.

La fatigue de la journée, décuplée par les émotions de la soirée, finit par les rattraper, et bientôt, les quatre garçons s'endorment en tas sur le sol, toujours habillés, Remus mis à part.

Une petite heure plus tard, quand le professeur McGonagall entrouvre la porte, elle ne peut retenir le sourire attendri qui étire ses lèvres. Elle comprend mieux ce que voulait dire Dumbledore, même si elle ne voit toujours pas comment il a pu savoir ce qui se passait, et comme à chaque fois ou presque, elle se range à son avis. La soirée a été riche en émotions, et les quatre garçons ne seront sûrement pas en état de suivre les cours demain. Elle laisse un papier (un mot de Dumbledore, en fait, qui leur explique qu'au vu des circonstances, ils sont dispensés pour la journée. Il y a joint un paquet de suçacides au cassis.)sur le sac le plus proche (celui de Remus, posé au pied de son lit.) et d'un coup de baguette, elle déplace une couverture jusqu'au tas d'étudiants qui ronfle paisiblement sur le tapis. Ensuite, elle reprend un air sévère et impassible, comme à son habitude, et elle referme doucement la porte, après avoir rajouté 20 points à Gryffondor pour "bel exemple de tolérance et d'ouverture d'esprit".

Il n'y a pas à dire, elle a rarement été plus fière de "ses" lionceaux...


Donc ! J'attends vos avis, comme d'habitude, et je vous demanderais aussi un truc : le prochain chapitre est intitulé "Vagues soupçons et piètre dissimulation".

En gros, de 1972 à 1975, le projet "Animagus", et les tentatives désespérées des trois Maraudeurs pour faire en sorte que Remus ne s'en aperçoive pas. Malheureusement pour eux, ils sont pas doués, heureusement pour eux, Remus ne l'est pas d'avantage :D !

Par conséquent, j'avais dans l'idée de faire du chapitre 14 (qui est prévu pour être une vaste blague, comparé aux précédents :) ) un chapitre participatif ! Donc si vous avez des idées, je vous invite à m'en faire part par review, elles apparaîtront dans le chapitre (je préciserai bien sûr qu'elle viennent de vous !).

Pour vous donner une idée du rendu, je vous met un extrait de ce que j'ai déjà écrit :


20 mars 1975, dortoir des Cinquième Année de Gryffondor.

-Hey, Peter, tu- c'est un chien ?

-Euh... Non ?

-Il y un chien, un grand chien, dans le dortoir.

-Grand, grand, c'est vite dit, hein.

-Sur le tapis. Il y a un grand chien noir sur le tapis du dortoir.

-En fait...

-Et il fout des poils partout.

-...C'est le printemps ?

-...

-...

-Il me renifle l'entrejambe l'entrejambe, là.

-... Ça, c'est pas normal.

-Pourquoi ? C'est un chien, tous les chiens font ça.

-... Oui, c'est un chien, ha ha, évidemment...

- ?


Voilà, donc, en espérant que vous ayez plein d'idées ! A dimanche prochain !

Avancée de l'écriture : 14 chapitres d'écrits et tapés, le 14e pouvant être modifié si vous avez des idées :). Le 15e et probablement dernier chapitre est commencé.

Chapitre 14 : Vagues soupçons et piètre dissimulation.