L'idée de Sirius en train d'aboyer vient de Polskabi. :)


Chapitre 14 : Vagues soupçons et piètre dissimulation

24 mai 1973, Château de Poudlard, Écosse.

Remus commençait à se poser des questions. Et depuis quelques semaine, ça semblait devenir une habitude. Après les dernières vacances, Sirius était rentré de chez son oncle Alphard (il avait refusé de retourner chez ses parents) dans un état d'hyperactivité effrayant; du moins de son point de vue. James l'avait suivi dans son nouveau délire après cinq minutes de délibérations chuchotées, alors qu'il s'étaient enfermés dans les toilettes des vestiaires du stade de Quidditch (quel besoin avaient-ils eu de s'enfermer dans les toilettes, il ne l'avait toujours pas compris). Une demi-heure après être descendu de la cuvette où ils s'étaient entassés, ils avaient pris Peter à part, et vingt minutes plus tard, il les suivait avec le même enthousiasme.

Et bien sûr, quand lui avait demandé quel projet loufoque et stupide ils avaient en tête, il n'avait eu en réponse qu'un sourire en tranche de citrouille et un "tu verras bien, Remussinoussounet !". Sirius avait toujours eu le chic pour trouver des surnoms stupides.

Et quand il avait été voir Peter, certain que ce dernier ne pourrait rien lui refuser, il s'était pris un rougissement, puis un "euh- je- en fait-, tu vois, je- enfin- non." et le Maraudeur avait détalé.

Et en plus, il avait la grippe. En mai. Qui avait la grippe fin mai ?

Ajoutés à cela le professeur de DCFM de cette année, qui vouait une haine viscérale à tous ceux de sa... condition, et le fond de son sac de cour qui venait de craquer, faisant tomber toutes ses affaires...

Il y avait vraiment des fois où il détestait sa vie.

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18 décembre 1974; Parc de Poudlard; Ecosse.

Remus jeta une pierre dans le lac avec un certain dépit (d'aucun auraient même dit avec un dépit certain.). Encore une fois, ses amis avaient disparu il ne savait trop où (là était toute l'astuce : s'il l'avait su, ça n'aurait pas été une disparition, mais une manœuvre d'évitement. Nuance légère, mais néanmoins capitale.)

Il baissa la tête juste à temps pour éviter sa pierre, que le calmar lui avait renvoyé en pleine figure, vexé de l'affront, et repris ses réflexions.

Mais au nom de Morgane, OU étaient-ils passés ?!

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21 décembre 1974; dortoir des Cinquième Année de Gryffondor.

-Sirius ?

-Oui, Remi ?

-... Ce sont des poils, sur ta figure ?

-La puberté, Remi, la puberté !

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07 janvier 1975; Infirmerie de Poudlard.

-Je veux qu'on m'explique.

-Rem', pourquoi te préoccuper de détails sans importance ?

-J'ai trouvé James en train de faire une espèce de parade nuptiale devant une biche. Une parade nuptiale. En pleine Forêt Interdite, et au mois de Janvier. Oh, et ai-je mentionné la biche ?

-Ouais, je reconnais que ça peut prêter à confusion...

-... Je ne veux même pas savoir ce qui était prévu ensuite.

-...

-...

-Putain Remus, l'image mentale !

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27 janvier 1975; Salle de bain du dortoir des Cinquième Année de Gryffondor.

-Bordel, qu'est ce que- ?

-Remus ! Je ne t'avais jamais entendu jurer !

-... Restons calme, restons calme...

-Remus ? Ça va ?

-Je ne le demanderais qu'une seule fois.

-Ah, tu veux parler de-

-Que font tous ces rongeurs dans la salle de bain ?

-Euh... C'est pour les tests de... sur... le cours de... Soins aux Créatures Magiques ?

-... J'ai la vague impression que tu te paies ma tête.

-Nooooon, j'oserais jamais !

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02 février 1975; Bibliothèque de Poudlard.

-Remuuuuuuuuus !

-Shhhhhht, Peter ! Mme Pince va nous virer, si tu cries !

-Mais Remus, il faut que tu nous aide !

-Ok, qu'est ce que vous avez encore fait !

-Mais rien, enfin !

-James...

-Il faut que tu amadoues Pomfresh pour nous, elle t'aime bien, toi ! Sinon, elle va encore nous engueuler...

-Oh Merlin qu'est ce qui s'est passé ?! Et... pourquoi Sirius n'a pas encore prononcé un seul mot ?

-Et bien...

-Il a eu un... euh... un...

-Un problème de potion, il a comme qui dirait... avalé, celle qu'il voulait donner à Servilo...

-Wouf !

-...

-Remus ?

-Tu vas bien ?

-Waf ?

-Sirius... a aboyé.

-Euh...

-Oui...

-Sirius incapable de parler, obligé de garder son humour vaseux pour lui et de se taire pour s'épargner la honte la plus totale auprès des Serpentard et de toute la gente féminine de Poudlard. Oh Merlin c'est le meilleur jour de ma vie. Un rêve qui se réalise. Je peux mourir heureux.

-Wouf !

-Je crois qu'il est vexé, tu sais.

-... Remus, tu pourrais arrêter de rire ?

-Waf ! Grrrr...

-Pince arrive, Remus, tu devrais vraiment- Hé, Remus, respire ! Respire, tu vas suffoquer, là !

-Oh merde, il s'étouffe de rire ! Je savais même pas que c'était possible !

-Warf.

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12 février 1975; dortoir des Cinquième Année de Gryffondor.

-James...

-Je sens une certaine lassitude dans ta voix, Rem'.

-Oh, si peu... Deux questions : Pourquoi as tu un chapeau haut de forme, et pourquoi as tu... une queue ? C'est une queue, non ?

-Le chapeau, c'est dû à... un incident capillaire !

-Un quoi ?

-T'inquiète, je gère !

-Qu'on me donne une corde.

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20 mars 1975, dortoir des Cinquième Année de Gryffondor.

-Hey, Peter, tu- c'est un chien ?

-Euh... Non ?

-Il y un chien, un grand chien, dans le dortoir.

-Grand, grand, c'est vite dit, hein.

-Sur le tapis.

-En fait...

-Il fout des poils partout.

-...C'est le printemps ?

-...

-...

-Il me renifle l'entrejambe l'entrejambe, là.

-... Ça, c'est pas normal.

-Pourquoi ? C'est un chien, tous les chiens font ça.

-... Oui, c'est un chien, ha ha, évidemment...

- ?

.

30 mars 1975; dortoir des Cinquième Année de Gryffondor.

-...

-...

-...

-Je ne demanderai pas pourquoi Peter est présentement en train de ronger le pied de son lit. Je vais faire comme si de rien n'était, je ne poserai aucune question, et je vais aller à la Bibliothèque, pour faire ma dissertation de Potions. Voilà.

-Remus ?

-Tu es sûr que ça va ?

-Mais oui, ça va, pourquoi ça n'irait pas, hein ? Je n'ai rien vu, rien entendu, rien du tout !

.

-James...

-Hmm ?

-Je crois qu'il commence à avoir des soupçons, non ?

-Disons qu'il se doute qu'il y a un truc louche qui se trame.

-Pourtant, on a été discrets, non ?

-Euh...

.

05 avril 1975; dortoir des Cinquième Année de Gryffondor.

-ENFIN !

-Victoire !

-On a réussi !

-On est les meilleurs !

-On est les Maraudeurs !

-On est géniaux !

-Sublimes !

-Drôles !

-Intelligents !

-Doués !

-Et tellement modestes...

-Oh, Remus, quand est-ce que t'es entré ?

-Au début de votre envolée lyrique.

-Ah, euh...

-D'ailleurs, je peux savoir à quoi elle était due ?

-...

-...

-...

-Vous n'avez rien fait de grave, n'est ce pas ?

-...

-...

-...

-Ou d'illégal ?

-...

-...

-...

-Les gars...

-C'est pas ce que tu crois !

-On peut tout t'expliquer !

-On dirait un mari infidèle qui veut se justifier auprès de sa femme.

-...

-...

-...

-Les gars, je ne suis pas encore cocu, n'est ce pas ?

-...

-...

-...

-C'était de l'humour.

-...

-...

-...

-Booooon ! Si on me cherche, je vais me consoler dans les bras de mon amant !

-Remus ! Tu nous trompe ?

-Ouais. Avec Slughorn.

-Tu me dois dix gallions, James.

-Zut... J'étais sûr que c'était McGo...

-Vous avez parié sur le prof avec lequel je me vautrais dans le stupre et la luxure ?

-Waaaa, Rem', tu connais des mots vachement compliqués, n'empêche.

-La flatterie ne te mènera nulle part, Peter.

-Ça veut dire quoi en fait, stupre ?

-Dites, je veux pas casser l'ambiance, mais je suis le seul à qui l'image de Rem' et Slug donne envie de gerber ?

-...

-...

-Réflexion faite...

-C'est vrai que c'est dégueu.

-Je savais que j'aurais du me réfugier dans les bras de Mimi Geignarde, plutôt.

-...

-...

-Erk, c'est encore pire.

-Ouais, t'as pas totalement tort.

-Et sinon, c'est quoi que vous avez réussi ?

-...

-...

-...

-J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?

-...

-...

-Et donc, Rem', cette histoire passionnée avec Slug, comment ça a commencé ?


Et c'est ainsi que la sulfureuse histoire entre Remus et Slughorn fut révélée... Nan, sans blague, qu'est ce que vous en avez pensé ?

La semaine prochaine, la fic se terminera, avec le 15e et tout dernier chapitre, qui sera aussi celui justifiant le titre de la fic. Je vous dis donc à dimanche !