Bonsoir tout le monde ! Ce chapitre a failli n'être posté que demain, ce qui aurait foutu le peu de réputation qu'il me reste en l'air...
Bwef !
Pour ce chapitre-ci, j'ai essayé d'écrire du point de vue du loup, et c'était chaud, mine de rien. Il ne fallait pas que ce soit trop littéraire, mais pas non plus trop idiot, je ne voulais pas le présenter comme un monstre sanguinaire mais il ne fallait pas non plus oublier que c'était un prédateur dangereux, tout ça... Ce fut ardu ! J'attends vos avis, dites moi si j'ai réussi mon coup !
Chapitre 16 : Toutes les nuits se finissent sur une aurore
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Les garçons regardèrent avec une sorte de fascination horrifiée leur ami se transformer en loup gigantesque.
Malgré tous les livres que Peter avait étudié sur les lycanthropes, rien n'aurait pu le préparer à un tel spectacle. Le bruit des os qu'il pouvait voir bouger et se réorganiser sous sa peau, les cris de douleur que Remus n'arrivait pas à retenir -même s'il était évident qu'il faisait tout pour... Pendant l'espace d'une seconde, il se demanda s'ils avaient bien fait de venir, si tout le projet "Animagus" n'était pas une énorme et dangereuse erreur. Et ensuite il vit le sang couler sur le plancher, et Remus s'écroula sur le sol avec un son qui tenait à la fois du sanglot et du gémissement animal, plus proche du loup que de l'adolescent, et il décida que rien ne pourrait l'empêcher d'aider Remus, le premier à l'avoir accepté sans le juger.
C'est James qui se réveilla le premier. Quand il vit l'animal monstrueux -Remus. Pas un animal, Remus- se redresser lentement et fixer ses yeux jaunes sur eux, il eut un long frisson, et quelques secondes plus tard un cerf majestueux se tenait sur le seuil de la pièce. Sa transformation eut pour effet de surprendre le loup-garou, et de secouer ses deux amis, qui se métamorphosèrent à leur tour. Le loup cligna des yeux, et ses deux autres proies avaient disparues, pour laisser place à un grand chien noir au museau fin et à un petit rat aux moustaches frémissantes.
Le loup était... désappointé. Et d'aussi loin qu'il se souvienne, c'était la première fois. Il avait toujours été en colère, furieux, et avec ce besoin dévorant, mordre, mordre, mordre, sang, mordre, mais jamais il n'avait été désappointé. Aussi ne réagit-il pas quand l'animal bizarre qui lui ressemblait (mais sa fourrure à lui était noire) vint le renifler.
Pourquoi y avait-il quelqu'un ? Il était toujours seul, normalement. Il hurlait de toutes ses forces, à chaque fois qu'il réussissait à sortir de la prison étrange où il était confiné, mais jamais, jamais personne ne lui avait répondu. Il était toujours seul.
Il n'aimait pas être tout seul. Il n'y avait personne pour chasser avec lui. D'ailleurs, il n'y avait même pas de proie non plus. Il y avait juste cette...cette odeur étrange, à chaque fois. Elle imprégnait sa fourrure, et c'était l'odeur d'une proie. Mais l'odeur venait de lui, et il n'arrivait pas à comprendre. Il n'était pas une proie, alors à qui l'odeur appartenait-elle ? Ça avait peut-être un rapport avec la cage sombre où il était enfermé la plupart du temps.
Il détestait sa prison. Des fois, il s'y endormait, sans le vouloir, et ne se réveillait pas avant longtemps. Et il n'y avait rien à mordre, dedans. Il n'aimait pas cette cage. Vraiment pas. Même quand il réussissait à sortir, il était tout seul. Ça l'énervait tellement ! Peut-être que c'était à cause de l'odeur bizarre qu'aucun autre loup ne venait ?
Alors il essayait de l'arracher de sa fourrure, de toutes ses forces. Il se mordait jusqu'à ce que l'odeur soit remplacée par celle du sang.
Mais même là, personne ne venait.
Alors il était encore plus en colère, et il y avait ce besoin, mordre, chasser, mordre, mordre, sang, et il continuait à mordre, et briser ses propres os, et le soulagement était tel quand il mordait et quand il sentait le sang dans sa gueule qu'il en oubliait presque la douleur et la solitude.
Presque.
Quand il commençait enfin à se calmer, quand il songeait seulement à profiter de sa liberté retrouvée (même s'il ne réussissait jamais à sortir de la petite pièce. C'était frustrant, mais cette prison était quand même plus grande que l'autre, alors il s'en accommodait. Un peu. Mais il essayait quand même de casser les murs. Il aurait bien aimé voir des arbres. Il ne savait pas ce que c'était, mais confusément, il sentait que c'était quelque chose d'agréable. Il n'y avait pas d'arbres, dans sa prison...), la douleur arrivait.
Il était habitué à la douleur, mais celle-ci était particulière. Il ne la ressentait qu'à deux occasions. Juste avant de réussir à sortir de sa cage, et juste avant d'y être enfermé à nouveau. C'était une douleur horrible, et il ne pouvait rien faire pour l'arrêter, c'était comme si on lui arrachait sa fourrure et qu'on le cassait dans tous les sens pour le transformer en quelque chose d'autre. Au fur et à mesure que la douleur grandissait, il pouvait sentir l'odeur devenir de plus en plus forte, et ensuite il s'endormait à nouveau. Tout devenait noir, et quand il réussissait à se réveiller, il était horriblement faible (et il détestait être faible, il n'était pas faible, il était un prédateur, pas une proie), et il était de retour dans la cage, la petite cage où il ne pouvait rien mordre, et l'odeur était partout.
Il se remit de sa surprise quand il vit un autre animal bizarre s'approcher lentement. Et il sut aussitôt que c'était une proie, même s'il y avait définitivement quelque chose d'étrange avec elle. L'animal s'arrêta quand il le vit retrousser les babines et grogner. Il y avait le besoin lancinant, comme toujours, mordre, mordre, sang, mordre, et c'était la première fois qu'il avait une vraie proie, et ça le rendit tellement euphorique qu'il était même prêt à accepter de laisser l'animal noir (ce n'était pas un loup, mais il lui ressemblait... C'était vraiment bizarre.) en profiter aussi. Mais la proie baissa sa tête (il y avait des sortes de cornes, dessus, et il se dit que ça pourrait faire très mal si elles le frappaient. Il fallait qu'il fasse attention.) à son niveau, et le regarda dans les yeux. Il ne sentait pas la peur, il avait juste l'air d'être curieux. Ensuite, celui-qui-n'était-pas-vraiment-un-loup lui donna un coup de langue sur le museau, lui tirant un glapissement surpris, un petit animal gris sortit sa tête de derrière l'un des sabots de celui-avec-les-cornes, et il sentit quelque chose d'étrange dans son poitrail. Tout à coup, il n'avait plus vraiment envie de mordre celui-avec-les-cornes (et ça, c'était encore plus bizarre), même si le besoin, mord, mord, chasse, mord était toujours là.
Il retourna brusquement ses crocs vers son flan, et les enfonça profondément dans sa chair. Mais avant qu'il n'ait pu sentir le sang emplir sa gorge, une brusque poussée le força à relever la tête, avant d'être renversé sur le sol. Pas-vraiment-un-loup avait les pattes (et elles étaient vraiment douces... Toutes molles et douces.) posés sur son flan, et le fixait d'un air... réprobateur ? Ensuite il lui donna un coup de patte sur le museau, comme pour le gronder de s'être mordu. Vraiment très bizarre.
Ensuite, petit-gris se glissa devant lui en agitant ses moustaches, et grandes-cornes le poussa gentiment de la patte, pour l'inciter à se relever. Il se redressa avec un grognement, curieux de voir ce qu'ils voulaient.
Et ce fut définitivement la chose la plus bizarre de toute sa vie. Pattes-molles commença à courir après lui, jusqu'à réussir à rouler au sol avec lui. Ils jouèrent (C'était une notion nouvelle, il n'avait jamais joué, avant.) à se battre gentiment pendant un moment, avant que petit-gris n'entre dans le jeu aussi. Pattes-molles et lui s'amusèrent à le pourchasser pendant un long moment, grandes-cornes intervenant toujours quand il s'emportait et essayait de le mordre.
Cette nuit avait été la plus (et la seule) amusante qu'il ait jamais passé. Et pour la première fois de sa vie, le besoin (mordre ? Jouer, amis ? mordre, jouer ?) s'était calmé, et s'il n'avait pas disparu, il était beaucoup plus faible. Il avait décidé qu'il aimait beaucoup Pattes-molles, petit-gris et grandes-cornes, et qu'il préférait jouer avec eux plutôt que de mordre -ce qui n'était pas peu dire, venant de lui.
Plusieurs heures après, la douleur familière se fit ressentir. Petit-gris, perché sur le dos de grandes-cornes, couina faiblement pendant que grandes-cornes se retirait dans un coin de la pièce. Pattes-molles resta à ses côtés, lui léchant la truffe en geignant doucement comme s'il voulait l'aider à supporter les craquements de ses os et les démangeaisons qui courraient dans sa fourrure.
Il sentit l'odeur se faire plus forte, comme à chaque fois, mais pour la première fois, elle était éclipsée par celle de ses nouveaux amis. Surtout celle de Pattes-molles, qui continuait à frotter sa truffe contre sa tête en gémissant. Et pour la première fois, il ne résista presque pas quand il commença à s'endormir.
Mais juste avant que tout ne devienne noir, il remarqua quelque chose qu'il n'avait jamais vu.
Il leva sa tête (qui n'était plus la sienne sans pour autant être totalement celle de l'autre, celui à qui appartenait l'odeur) vers un rayon de lumière qui passait au travers de la vitre sale, un rayon qui était beaucoup trop lumineux pour être lunaire.
Jusqu'ici, il avait toujours été aveuglé par le besoin de sang (mordre ?) et par son désespoir face à l'idée de retourner dans sa cage. L'odeur et celle du sang qui imprégnait sa truffe l'obnubilaient trop, et les cages sombres où il avait été enfermé depuis qu'il était né l'avaient toujours empêché de s'intéresser à cette lumière chaude.
Une lumière rassurante qui l'apaisa autant que l'avaient fait les trois animaux bizarres alors qu'il s'endormait.
Depuis dix ans qu'il vivait dans les ténèbres de ses prisons successives, le loup n'avait jamais vu le soleil.
Peut-être que la prochaine fois, il pourrait voir des arbres...
...
La fin était prévue comme ça avant même que le prologue ne soit écrit, vous savez ? C'est en écoutant "La Prière" (magnifique, je vous conseille de l'écouter au moins une fois!) chantée par Hughes Auffray que j'ai eu l'idée de cette fic, et je voulais absolument finir sur un truc de fluffy et mignon, un peu comme dans la chanson... Mais j'espère quand même ne pas avoir exagéré.
De la même façon, je voulais insister sur le lien particulier que j'imagine entre Remus et Sirius (vous remarquerez d'ailleurs que c'est le loup qui a le premier imaginé le surnom de Patmol. Ça veut bien dire ce que ça veut dire !) et le fait que si Remus ne parle du loup qu'avec crainte (en italique, tout ça...), le loup réagit de la même façon (et puis j'aime bien l'italique, aussi, ça fait classe.).
Demain ou après-demain, je publierai les remerciements et tout ça !
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