Ce mardi matin, le réveil s'avère difficile, n'ayant réussi qu'à dormir durant deux heures seulement. Dur, dure, car la baisse de forme le handicap mais puise sa force dans la volonté de ne pas se laisser aller à l'abattement. A 8h40, le mentaliste arrive au CBI, le dossier tenu fermement afin de le partager avec l'équipe, les sollicitant pour un travail collectif, étant son indéfectible allié et envers qui sa confiance sera toujours inébranlable. Lisbon, rarement, fait son apparition cinq minutes plus tard, remarquant la présence de Jane, son expression soucieuse, impatiente, sa mine fatiguée par le manque constant de sommeil auquel celui-ci est abonné.
-Jane ! Déjà là ? puis désigne le dossier. Qu'est-ce que vous avez amené ?
-Verriez-vous un inconvénient à réunir tout le monde lorsque nous serons tous présents ?
La supérieure affiche un air interrogateur, méfiant.
-Pourquoi ça ?
-Je voudrais vous exposer des informations qui m'ont été remises.
-Quelles sortes d'informations ?
Le regard du consultant s'assombrit.
-Celles que j'attends depuis un peu plus de dix ans.
Lisbon reste immobile, son expression se fige, clignant des yeux quelques secondes après avoir repris conscience de la réalité, rattrapée par sa réactivité.
-Préparez-vous !
Quand Rigsby, Cho, Van Pelt complètent le groupe, Teresa les avertit d'une réunion ce qu'ils trouvent étrange, ne disposant d'aucune enquête en cours à débattre. Toutefois, les agents la suivent sans poser de question. Une fois tous assis autour de la table, Jane prend la parole, action inhabituelle du moins de cette manière, ayant placé le dossier au milieu.
-Vous vous demandez pourquoi j'ai réclamé que nous soyons rassemblés ? chacun le regarde, constatant que l'heure n'est pas à la plaisanterie, les angoissant légèrement. Son ton est sérieux. Hier, je me suis rendu au FBI, rencontrant celui qui fut mon chef. roulant des yeux ce qui signifie que le patron temporaire dont il fut sous les ordres, a eu le courage de le supporter ainsi que la chance d'avoir obtenu son estime, réciproquement. Nous nous sommes entretenus brièvement à propos de ceci, pointant du doigt la couverture marron qui abrite une liste de six suspects actuellement.
L'équipe écoute attentivement, Lisbon se doutant ce qui les relie. Risgby demande la raison pour laquelle ils sont suspectés. Le mentaliste fixe ses collègues un par un, l'air grave. Van Pelt le ressent.
-Attend ! Tu nous fais peur, là !
-Il y a de quoi.
Cho le questionne.
-Comment ça ?
IL se penche au-dessus de la grande table blanche, ouvre le dossier, dévoilant les photos des suspects potentiels que les agents contemplent. Lorsque Grace voit le nom du directeur du bureau californien, celle-ci écarquille les yeux, stupéfaite.
-Pourquoi Gale Bertram est fiché dessus ?
-Ceux que vous voyez sont suspectés d'être John Le Rouge. sans exception, l'équipe est foudroyée, choquée par cette nouvelle qui les cloue sur leur siège. Teresa demande comment le patron du bureau fédéral peut en avoir la conviction. La personne qui lui a transmis est de bonne foi.
-Il vous a dit qui c'était ?
Le mentaliste détourne un peu le regard du sien.
-Non mais je n'ai pas à en douter.
Le timbre de voix de Lisbon reste neutre sans protester.
-Bon !
Wayne détaille la fiche, réalisant à moitié, énumère les noms, s'attardant alors sur Bret Stiles, à nouveau sur le directeur du CBI, Ray Haffner, Bret Partridge.
-Comment une telle déduction a pu aboutir à ce raisonnement ? et relève la tête pour s'adresser à Jane. As-tu une vague idée concernant celui qui serait susceptible d'être John Le Rouge ?
Il grimace, signe de son manque de conviction.
-Pas pour l'instant, hélas ! Je creuse la question. puis fait preuve d'humour sarcastique à son égard. C'est d'ailleurs ce qui me vaut cette mine resplendissante de mort-vivant! un petit sourire s'esquisse sur leurs lèvres.
Cho prend la parole.
-Qu'est-ce qu'on fait ?
La supérieure impose sa décision, prenant ses responsabilités, étant aux commandes de l'équipe.
-J'espère que vous conviendrez tous qu'il semble impératif que l'on contribue à démasquer John Le Rouge qui sévit depuis bien trop longtemps. Nous disposons de cette liste, essayons d'en faire bon usage et de démêler le vrai du faux afin que nous puissions lever le voile sur son identité réelle dans l'espoir de le stopper une fois pour toute.
Tous acquiescent à ses dits, dissimulant leur anxiété de plonger dans l'univers du maître des horreurs. Quand le consultant, Teresa se retrouvent seuls, les autres ayant rejoint leur poste, celle-ci le regarde, anxieuse également.
-Vous croyez que nous avons des chances de l'attraper ?
-Si vous saviez comme je patiente depuis ces nombreuses années, souhaitant ce jour où je me retrouverais face à celui qui a détruit mon existence. Je veux du concret et je ferais tout pour.
-Si cela arrive, nous le remettrons à la justice afin qu'il soit jugé et purger une peine de prison à perpétuité pour qu'il ne soit plus une menace pour la société ainsi que pour vous.
Jane sourit poliment d'une façon modérée, crispée.
-Vous savez que ce ne sera pas une sentence suffisante vu l'atrocité de ses crimes perpétrée.
Son visage se ferme.
-Je sais ce que vous voulez mais cela ne vous rendra pas votre famille.
-Non mais je les aurais vengés, je me serais vengé pour avoir détruit ce que j'avais de plus cher.
Le regard envers Teresa change, lui déclarant qu'elle est également. Chassant son trouble, l'occultant, elle réagit.
-Soyez sûr que John Le Rouge sera punis mais pas par vous ! Si il le faut je vous en empêcherais.
Le mentaliste ricane nerveusement.
-Avec tout le respect, l'amitié, la tendresse que j'ai pour vous, je suis au regret de vous informer que vous échouerez.
Son expression devient autoritaire, étant contrariée par ce qu'il vient de lui dire.
-Vous vous rendez compte de la nature terrifiante de vos propos ?
-Oui. Je m'en rends compte. C'est ainsi !
-Jane…..
-J'accomplirais ce qui est juste.
-Mais ça ne l'est pas. C'est illégal ! le ton monte, parvenant aux oreilles d'une Van Pelt soucieuse, d'un Rigsby embarrassé et de Cho maîtrisant son ressenti afin que cela ne transparaisse sur son visage.
-Vous ne croyez pas que ses actes abominables, commis, ne sont pas illégaux ?
-Bien sûr qu'ils le sont ! Votre éternelle soif de vengeance vous aveugle, vous rendant inconscient des conséquences irrémédiables ! Vous voulez finir en prison ?
-J'y ai déjà séjourné même si le délai fut de courte durée. Ce ne sera pas le pire, l'ayant connu.
Les yeux de Lisbon sont remplis de compassion par rapport à l'allusion faite vis-à-vis de sa famille, révoltée cependant de son égoïsme.
-Quand il s'agit de John Le Rouge, vous déraisonnez, tout se centre autour lui, vous oubliez jusqu'à l'existence des gens qui vous entourent, tiennent à vous. Vous vous sacrifierez si c'était le prix à payer pour avoir sa peau sans songer au mal que vous provoqueriez ! C'est exaspérant !
-Je l'admets ! Je ne suis pas mesuré lorsque cela le concerne.
-Et bien vous devriez apprendre !
Il lève les yeux au ciel, insupportant son timbre moralisateur, ne voulant qu'en faire à sa tête à nouveau.
-Chasser son naturel, il reviendra au galop ! puis les baisse, affrontant son regard mécontent. Je suis dans l'incapacité de modifier ce défaut. C'est ancré en moi.
-Je ne désire pas de carnage ! Pouvez-vous le comprendre ?
Le ton se radoucit.
-Je le comprends. Je ne souhaite pas non plus que la situation à laquelle nous allons être confrontée bascule dans le tragique.
-Alors soyez raisonnable !
Il baisse la tête, ennuyé.
-Je ne peux pas vous le promettre, Lisbon.
La déception, la colère transpirent sur son joli minois.
-Si il arrive quoique-ce soit, je ne vous le pardonnerais pas !
Cet avertissement comporte un double sens, craignant de perdre l'un de ses fantastiques coéquipiers, peu permanente, sachant de quoi il serait capable lors d'un éventuel, probable affrontement avec John Le Rouge.
-C'est malheureusement un risque qui doit être pris, me concernant.
Sur un ton sec.
-Parfait ! Faites comme vous l'entendez ! Je vous aurais prévenu ! et rajoute, légèrement énervée. Je m'en lave les mains ! Excusez-moi, j'ai de la paperasse qui m'attend ! et s'éclipse dans son bureau en colère contre Jane, elle-même pour lui avoir parlé de cette manière qui est justifiée toutefois et s'appuie contre la porte, cachée des regards.
« -Comment le convaincre de ne pas commettre l'irréparable ? »
Elle ferme les yeux, respire profondément, libérant ses émotions qui font jaillir des sentiments enfouis qui ne peuvent plus être ignorés. L'évidence est naît.
Vous aurez devinez des sentiments en question, un début mais le plus important domine, logiquement pour l'instant...
Je vous donne rendez-vous jeudi pour le troisième chapitre et vous souhaite une belle journée.
P.S: Thank you Nic73 to follow, again,the last part. I hope that you like it.
