Bonjour,

Tout d'abord merci aux lecteurs silencieux de différents pays de lire cette troisième, dernière partie de fiction. ainsi que ta fidélité depuis le début, chère Juju. Je vous souhaite une bonne lecture pour ce chapitre 4 et vous dis à lundi. Le CBI est à présent plus soudé que jamais. Bon week-end.

En ce matin d'une nouvelle ère, l'équipe au complet débute la mission qui consiste à démasquer John Le Rouge, entreprenant des recherches ciblées, approfondissant chaque profil proposé qui ne sera pas une mince affaire à résoudre. Tout se joue à partir d'aujourd'hui, l'accomplissement de leur dur labeur ne dépend qu'eux, redoublant de prudence afin que personne ne puisse se rendre compte de ce qui se trame en secret. La discrétion est le maître mot à cet ordre du jour.

« -Que la chance soit avec vous ! »

Par ailleurs, Jane s'inquiète toutefois par rapport à ce que le tueur a clamé, être au courant de la liste qu'il possède. Comment l'a-t-il découvert ? Ne serait-il pas à l'origine de cette liste de suspects ? Son piège doit impérativement fonctionner afin de le faire tomber. Il se rappelle du dvd envoyé par celui-ci sur lequel John Le Rouge avertissait que ses meurtres recommenceraient de plus belle.

Quand refrappera-t-il?

Retour à cette fameuse liste. Parmi les sept prévus au départ, un nom fut déjà rayé, Reed Smith, ex-coéquipier de Mancini, assassiné par le tueur célèbre comme son collègue après avoir découvert que Gabe Mancini était un de ses complices, exécuté pour que l'agent n'en révèle rien. A présent, six restent en course, le mentaliste pensant au prochain qui pourra être éliminé de cette liste, espérant que cela arrive rapidement, pressé d'en finir et de se retrouver confronté à son ennemi juré. Chaque portrait ayant été agrandi, divisé, est alors exposé sur un grand tableau magnétique. Réunis autour de la table, l'analyse commence dans le quartier général qui n'a été qu'investi par l'équipe, ne craignant d'être dérangé durant cette première journée de ce week-end, choisi sciemment afin que personne ne puisse les surprendre, ne pouvant mettre à la vue de quiconque, cette exposition de photos vu le risque qu'ils encouraient par la suite. La discrétion étant de rigueur, la réunion fut fixée la veille, se faisant passer le mot afin de se rejoindre en fin de matinée secrètement, passant entre les filets de la vidéo de surveillance en la désactivant momentanément sans que le gardien s'en aperçoive. On peut faire confiance à l'habileté, connaissances techniques du talentueux mentaliste, le génie au bout des doigts, poursuivant d'ailleurs sur cette lignée concernant l'enquête non officielle que celui-ci s'est approprié avec le soutien de ces formidables agents, ses uniques, sincères alliés. Il se lève, s'avance vers le tableau, pointe le profil de Bret Stiles, récapitulant. Les traits de sa personnalité sont décortiqués bien qu'on les connaisse déjà. S'ajoute à cela, plusieurs méfaits commis dont certains graves à son actif. Commanditer un meurtre, accusé de fraude, commandant son petit monde en déléguant. Le gourou de visualise serait plus enclin à ordonner qu'à exécuter au lieu de se salir les mains. Du point de vue de Jane, il ne pourrait être incapable de faire du mal à une mouche. Probabilité d'être proche du tueur, preuve qu'il a obtenu.

Gale Bertram : Peu d'aspects négatifs de comparaisons avec John Le Rouge. Néanmoins, possibilité de le renseigner, complice potentiel afin de servir les intérêts du démoniaque, théorie personnelle du consultant.

Ray Haffner : Agent de supervision du patron du CBI, aspirant à travailler désormais en tant que détective privé dans une agence d'enquêtes privées. Point important, membre de visualise. Jane fait part de ce que Bret Stiles lui avait raconté lors de leur dernière entrevue à propos du court séjour du tueur en série dans un temple de méditation, en décodé, une secte. Le lien qui les unit s'avère plus que troublant. Fut également un agent du FBI, travaillant dans la division du crime organisé, expert en écoute électronique, techniques de surveillance créatives. Des qualités suffisantes pour pirater le système informatique du bureau californien comme John Le Rouge l'avait fait auparavant. Suspect qui se démarque fortement des autres pour tous ces détails.

Shérif Thomas Mc Allister : Collaborant lors d'une affaire criminelle, complément apportés sur ses traits de caractère que le mentaliste avait en sa possession. Rien à ajouter.

Robert Kirkland : Ami du chef californien, Alexa Shultz, complice possible aussi du tueur, étant apparemment à sa poursuite depuis 2004.

Il n'y a pas si longtemps, deux mois environ, alors que les deux hommes s'étaient croisés dans le couloir du CBI, le consultant l'ayant involontairement bousculé, s'excusant, Kirkland s'était brièvement arrêté en lui demandant si il était Patrick Jane, celui-ci répondant oui. A ce moment ils se serrèrent la main, le mentaliste posa cette question, intrigué.

-Je vous connais ?

L'homme répondit énigmatiquement.

-Non. Mais moi si.

Contact assez déstabilisant qui vous amène à cogiter.

Pour terminer, Bret Partridge : Semble éprouver une admiration macabre envers le bourreau, déteste les médiums, parait avoir une forte aversion pour Jane, aucun respect également en ce qui concerne ses capacités d'observation, étant conscient de ce ressentiment certainement dû à l'appellation donnée lorsque le consultant lui répondit.

-Vous n'êtes qu'une goule ! présent alors sur une scène de crime qui s'était déroulée dans la maison de la victime de sexe féminin, retrouvant son corps dans la chambre dont le meurtrier avait voulu mettre sur le dos de John Le Rouge, son crime commis en l'imitant. Jane avait deviné, grâce à de petites erreurs, que le coupable n'était qu'un copieur. Etant en divergence d'opinion, l'insolent traita Partridge de ce nom.

Le suspect connait, cite la littérature classique comme Moby Dick, Charles Dickens, goûts partagés avec le tueur.

-Coïncidence ? soulève-t-il.

Surtout rancunier, ressentant de l'antipathie. Rigsby réagit.

-En insultant n'importe qui, tu peux t'en faire un ennemi.

Le mentaliste en convient.

-Très juste !

Lisbon marmonne, l'expression neutre.

-Cela ne serait pas la première fois !

Quelques secondes après, Cho se questionne.

-Pourquoi Reed Smith était sur la liste des suspects vu qu'il est mort ? Jane conclu que cette liste sur laquelle tous ceux qui ont été nommés doit dater de plus d'un an. La personne qui l'a transmis au chef du FBI devait être au courant de son décès ?

-La preuve vu que l'on a apposé une croix sur la photo.

-Justement ! Tu parles d'une délicatesse !

-La tâche est ingrate de toute façon !

Rigsby le questionne au sujet des six autres.

-Comment va-t-on procéder en ce qui les concerne ?

Le mentaliste regarde Lisbon d'une manière complice puis va se rasseoir, la supérieure les aiguillant par rapport à ça.

-Nous allons les interroger un par un afin de mettre en avant le motif de notre présence sans brusquerie. Nous devons maîtriser cette enquête tout en finesse, se montrer le plus diplomate possible en jouant la carte de la transparence mais aussi, les traits du visage se ferment, se retrouvant sous la contrainte d'ajouter ce qu'elle n'a jamais approuvé, celle de la manipulation. chaque agent est surpris de l'entendre dire ça, le remarquant. Je sais, c'est une tactique que j'ai toujours critiqué, n'étant pas une adepte de ce principe, jetant un rapide coup d'œil en direction du consultant qui affiche un air innocent, peu réjouie de ce genre de pratique mais vu les circonstances nous allons faire une entorse au règlement.

Jane répond à ceci avec une pointe d'ironie sur un ton amical.

-Vous m'honorez !

Teresa esquisse un petit sourire polie.

-C'est parce-que nous n'avons pas d'autres alternatives.

-Cela ne vous oblige en rien à prendre exemple sur ma fâcheuse manie.

Elle fait alors étrangement preuve de souplesse d'esprit.

-Ma fois ! Ça peut être instructif, divertissant même si nous ne sommes pas initiés à cette discipline.

Cette réponse le fait sourire joyeusement.

-Je sens que vous n'allez pas être déçue ! Si vous voulez, je peux vous donner un cours accéléré ? s'adressant à tous, Lisbon refusant toutefois.

-Non, merci ! On se débrouillera sans vous.

Van Pelt se montre peu confiante.

-J'ai jamais fait ça.

-Ne vous en faites pas ! Ecoutez juste votre instinct ! Vous ferez ça très bien ! et anticipe la réaction du mentaliste, amusé. Je ne veux pas vous entendre! Nous nous passerons de tout commentaire de votre part. Lisbon en vient ensuite à répartir les groupes. Rigsby, Van Pelt, vous vous occuperez du shérif Mc Allister, Cho, moi et Jane de Brett Partridge.

Le consultant lève le doigt afin d'émettre une opposition.

-Euh ! Si je peux me permettre, je n'ai pas tellement envie de vous suivre.

-Puis-je savoir pourquoi ?

-Premièrement, on ne peut pas dire que ce soit le grand amour entre nous vu son antipathie probante. Je ne suis pas disposé à le supporter. Deuxièmement, j'avais idée de rendre une petite visite chez visualise si vous êtes d'accord.

-Que je le sois ou pas ne changera en rien votre décision, je suppose ?

-Bien vu ! la pointant de l'index.

-Donc, inutile de m'y opposer et je ne le ferais pas. par un geste, elle l'encourage. Allez-y ! puis celui-ci se lève, la remerciant.

-Merci, Lisbon !

S'étonnant de le voir sur le départ, cette réunion n'étant qu'une mise au point à propos de la stratégie à employer, lui demande où il va. Il écarquille les yeux, les roulants.

-Chez visualise.

-Maintenant ?

-L'avenir appartient à ceux qui démarre tôt !

-Nous aurions convenu de nous y attaquer en début de semaine prochaine.

-Ne changer rien à vos projets ! se montrant arrangeant. Ma visite n'est pas officielle. Ce n'est pas Patrick Jane consultant au CBI qui se rend là-bas, seulement un simple visiteur qui vient en ami.

Cet adjectif la fait sourire nerveusement, le trouvant excessif.

-En ami ?

-Oui, bon ! Pas ami au sens propre du terme plus dans l'esprit homme de paix.

-Bien évidemment ! le disant ironiquement.

Rigsby lui demande quel motif il va implorer. Jane, mains dans les poches, faussement modeste, joue les incertains.

-Oh ! J'improviserais.

Connaissant sa capacité à faire preuve d'une remarquable éloquence ainsi qu'à manipuler, l'équipe en sourit. Tandis qu'ils finissent sans lui, le mentaliste conduit jusqu'au centre, arrivant plus tard, confiant, s'armant de son éternel audace qui lui permet de dépasser le périmètre de l'accueil, gardé, qui rencontre chaque fois quelques difficultés vu la vigilance, méfiance constante des disciples employés au sein de la secte. Etant prévenu par l'inopinée venue du visiteur surprise, Bret Stiles reste serein comme il en a l'habitude, curieux de connaître la raison de sa présence, l'accueillant cordialement en se levant de son siège de seigneur. Le jeu commence.

-Patrick ! C'est un réel plaisir que de vous revoir !

-J'espère que ma visite ne vous importune pas au moins ?

-Bien sûr que non ! Je vous aurais déjà raccompagné sinon. le gourou lui propose de s'asseoir, employant un ton étrangement enjoué. Vous êtes venu me dire un petit bonjour en ce samedi ? Je pensais que vous réserviez vos week-ends à des occupations beaucoup plus distrayantes.

-Oh ! Je dois vous avouer que j'ai peu de distractions dans ma vie. Néanmoins, venir chez visualise en est une. Je dirais même que je comparerais ça à une sortie culturelle très enrichissante.

Stiles le scrute suite à ces paroles, adoptant une attitude neutre, réaction calme.

-Sortie culturelle ? Je devrais sans doute envisager d'organiser une journée porte ouverte.

-Je ne pense pas que ça vous plairez que des étrangers s'infiltrent un peu partout.

-Mais je n'ai rien à cacher si c'est ce que vous insinuez . souriant, une arme de défense, dynamisé cependant par cette confrontation qu'il prend toujours pour un jeu quand celui-ci se retrouve face à Jane.

-C'est vous qui le dites ! le disant d'une manière effrontée.

-Que pourrais-je cacher que vous n'ayez pas découvert ?

-Oh ! Vous savez rien n'est jamais découvert intégralement. L'humain est très malin pour dissimuler ce qu'il y a de plus mystérieux, parfois inattendu, s'exprimant avec désinvolture, détachement, afin de ne pas éveiller de soupçons concernant sa motivation obscur. Vous en conviendrez, j'en suis certain ! Nous sommes doués à analyser le comportement d'individu secrètement rongé par la culpabilité quelle que soit sa nature.

Son regard affronte le sien, rivalise afin de tenter de déceler une émotion qui serait susceptible de le trahir ce qui est presque impossible tant Bret Stiles a appris à les contrôler, étant le cas à cette seconde. Ceci l'amuse toutefois.

-N'essayeriez-vous pas de me faire avouer un acte que je n'ai pas commis ?

Le mentaliste affiche un air malicieux, une naïveté simulée, étirant un sourire gracieux.

-Qu'allez-vous imaginer ! C'est histoire de discuter !

Le gourou sourit à son tour, comprenant son manège.

-Vous êtes un petit malin, Patrick !

Il acquiesce à sa remarque jovialement.

-J'admets que ce trait de ma personnalité qui fait partie intégrante de moi est un de mes points forts.

-Cela peut déplaire.

-Vous savez, il y a pire comme défaut.

Le fondateur de visualise le fixe énigmatiquement, déstabilisant partiellement Jane suite à la réponse formulée.

-Le pire des défauts qui n'est pas concevable en ce monde est la déshumanisation. Choisir de servir le mal au lieu du bien. Qu'en pensez-vous, Patrick ?

Son expression redevient sérieuse.

-Nous partageons la même opinion.

Stiles enchaîne sur la nature de sa visite, adoptant un comportement plus décontracté comme si de rien n'était, s'enfonçant dans son fauteuil, imperturbable.

-Dites-moi tout maintenant ! Votre politique n'est-elle pas non plus de jouer franc-jeu ?

Il hoche la tête et revient alors à la précédente discussion que celui-ci avait eu il y a plusieurs mois.

-Vous me le proposez si ouvertement ! D'accord ! Vous m'avez parlé de cette brève retraite spirituelle que John Le Rouge a faite, la façon dont il s'est présenté à vous et ce que vous m'avez dit avant mon départ concernant les quatre chefs du CBI qui se sont succédé.

-Oui. Je m'en souviens. lui répondant, attentif. Que voulez-vous me demander d'autre ?

Le mentaliste sort une copie de la liste des noms, gardée, la pose sur le bureau puis la pousse vers lui. Le gourou la regarde sans sourciller et éclate de rire.

-Vous blaguez, n'est-ce pas ?

-Pas du tout !

-Enfin, Patrick ! Vous voulez m'humiliez ?

Ses yeux l'observe, interrogateur.

-Vous humiliez ?

-N'est-ce pas humiliant de me retrouver sur une liste de suspects qui n'ont pas le charisme de John Le Rouge ?

-Vous voulez dire qu'aucun ne pourrait l'être ? C'est ça ?

-Je n'ai pas dit ça. En tout cas, je vaux mieux que de me voir être suspecté d'être un machiavélique tueur en série. Tant que vous y êtes, accusez-moi de me servir de visualise comme une couverture qui couvrirait mes actions diaboliques. Vous croyez vraiment que je me salirais les mains ?

Jane le scrute à son tour.

-Visualise pourrait couvrir à la perfection vos œuvres meurtrières.

-Alors, là ! se montrant presque offusqué. Vous me sidérez ! Ce que vous pensez est offensant!

-Mais pas impossible, vous en convenez !

-Je reconnais que chaque tueur se sert toujours d'un alibi. En ce qui me concerne, j'ai bâti toute ma vie sur ce centre en y consacrant toute ma volonté, mon énergie afin d'offrir un lieu de quiétude qui permettrait d'épargner aux gens fatigués de ce monde de folie, de se recueillir dans une atmosphère apaisante, promettant un quotidien bien meilleur, supportable. Tous ceux qui nous ont rejoint ont trouvé le bonheur grâce à visualise. Vous pensez franchement que je me serais démené autant pour détruire cette osmose que j'ai construit, acquis pendant de nombreuse années ? Non, Patrick.

-Votre discours est très convaincant ! Toutefois, chaque meurtrier se cache derrière une deuxième face mais je ne vous vois pas dans le rôle d'un tueur en série et particulièrement celui de John Le Rouge. Le vôtre est bien plus crédible, vous allant comme un gant.

-Heureux de vous l'entendre dire !

-Vous savez, je ne suis pas complètement aveugle.

-Oh ! Je le sais ! Vous êtes quelqu'un d'unique, ayant une vive intelligence ainsi qu'une fine perspicacité, intuition. Très rare de nos jours !

Il se montre flatté.

-Merci ! puis Stiles pose la question ultime, comme prêt à des révélations.

-Vous revenez à la charge pour me demander qui est John Le Rouge parmi les suspects que vous m'avez présenté ?

L'air du mentaliste devient grave.

-Vous êtes prêt à me le dire ?

Le gourou le regarde fixement sans émettre un son, ce mutisme durant quelques secondes qui sont extrêmement angoissantes pour Jane, anxieux d'entendre un nom éventuel révélé. Le suspense semble interminable.

-Lorelei Martins.

-Que cache cette réponse ?

-Absolument rien ! Mais peut vous éclairer davantage sur John Le Rouge.

-Toute information est bonne à prendre ! se montrant disposé à entamer ce sujet.

-Comment la perceviez-vous lors de son vivant ? le mentaliste écarquille les yeux, n'échappant pas à son interlocuteur. Je lis les journaux comme tout le monde. Que croyez-vous ?

-Non, non. Ne vous méprenez pas ! C'est juste que vous voyant à l'abri des horreurs de la vie, je suis surpris de vous entendre dire ça.

-Il faut bien s'informer ! Etre déconnecté de choses matérielles, futiles est différent.

-C'est vrai ! acquiesçant.

-Alors ? Dites-moi !

-Résignée, fataliste, docile, aveuglée par sa confiance illimitée, obéissance qu'elle vouée à celui-ci, prête à n'importe quel sacrifice y compris sacrifier la sienne, le comprenant lorsque je me suis retrouvé en tête à tête après son arrestation au CBI suite à ce que Lorelei m'avait répondu, acceptant éventuellement la sentence que lui a inéluctablement réservé John Le Rouge.

Bret Stiles est séduit.

-Bonne analyse ! ajoutant. Cette attitude ne vous rappelle rien ? Obéir aveuglement sans se poser de questions, acceptant son sort, exécutant des ordres abominables, n'arrivant à discerner le bien du mal. Réfléchissez, Patrick !

-La manipulation mentale après l'enrôlement d'un individu facilement manipulable, cela va s'en dire, endoctrinant son esprit pour le réduire à la condition d'un pantin. Ces bons petits soldats sont regroupés en masse dans les sectes.

Le gourou pose son index sur sa bouche qu'il tapote, disant seulement.

-Voilà ! rectifiant les dernières réflexions faites par Jane avec politesse malgré que le fondateur n'approuve pas cette appellation, fronçant légèrement les sourcils. Par contre, le mot secte ne fait pas partie de mon vocabulaire, quasiment inexistant à mon monde.

Le regard expressif du consultant réagit peu sévèrement à cette rectification qui pour sa part est fausse.

-Comme il vous plaira !

-Je sais ce que vous pensez.

-Ce que je pense n'a pas d'importance à présent.

Cette répons le rassure, l'étonne, n'insistant pas.

-Bien ! Donc poursuivons !

-A vous l'honneur !

-John Le Rouge exerce en pratique ce qui l'acquiert en théorie mais vous le savez déjà ! le mentaliste hoche la tête, haussant les épaules, l'air de dire.

« -Désolé ! Vous ne m'apprenez rien de nouveau ! »

Savez-vous par ailleurs de quelle façon ce genre d'adepte prêt à tout est recruté ?

-Je dirais en leur promettant le pouvoir pour les hommes en général vu que certains de ses complices sont plus ou moins haut placés. En ce qui concerne les femmes, en outre Lorelei Martins, il les hypnotise par son éloquence, charme qui serait plus cérébral malgré sa bonne impression vestimentaire qui peut très bien séduire également, rassuré, détecte leur vulnérabilité, les met en confiance, s'exprimant sur un ton réconfortant, soulève avec justesse leurs problèmes existentiels dont certains insurmontables les ont affaiblis parfois gravement, provoquant une fêlure émotionnelle, les atteignant profondément au point de ne pas pouvoir les affronter, combattre. Des âmes en perdition. Quand toutes ces données sont rassemblées, il peut alors avec habileté, facilité les enrôler, parvenant à avoir de l'ascendant sur ces esprits égarés, manipulant leurs émotions, éloignant petit à petit leur bonne conscience, incapable de raisonner, rendant lentement mais sûrement, leur cerveau inopérationel comme si les pauvres innocents avaient été lobotomisés. Les hommes se sentent aussi redevables donc se plient à ses volontés. Les femmes le sont également mais à la limite de l'ensorcèlement, passant à l'acte par un étrange, indéfinissable amour éprouvé afin de prouver fidélité, dévotion illimitée. Elles sont esclaves de sa soumission et le pire est qu'elles ne se rendent même pas compte, considérant cela comme une preuve d'amour, de loyauté. De toute façon, ils finissent exécutés, n'étant que des marionnettes articulées, jetables. Personne ne peut se soustraire à son emprise.

Bret Stiles est épaté.

-Waouh ! Vous êtes stupéfiant !

Jane joue les gênés, souriant comme un enfant timide.

-J'ai la chance d'avoir reçu de bons gênes. Vous devez ensuite développer ce qui vous a été donné. Ce n'est qu'une question d'apprentissage.

-Grâce surtout à votre acuité mentale.

Il sourit de la même manière, roulant des yeux.

-Attention ! Ma tête va enfler.

-Ne vous inquiétez pas ! Cela ne vous arrivera pas.

Alors ! Excepté votre analyse sans faille, quelle est la deuxième façon ?

-Vous mettez mon savoir à l'épreuve, là !

Le gourou ricane.

-C'est parce-que je ne m'en lasse pas. Allez ! Lancez-vous !

-Il les repère rien qu'en les observant, détaillant leur apparence. On apprend beaucoup extérieurement.

-Bien vu ! J'ai quelque chose pour vous, Patrick.

Jane le regarde avec des yeux d'enfant, intrigué cependant, à qui l'on a réservé un cadeau surprise.

-Qu'est-ce que c'est ?

-Ah ! Ah ! Patience !

Bret Stiles se lève, se dirige vers son long, imposant meuble de rangement, ouvre un grand tiroir dans lequel sont rangés de multiples dossiers, en prend un, tous classés par ordre alphabétique, referme puis fièrement, s'avance vers le mentaliste, lui tend et va se rasseoir, impatient de voir la réaction de celui-ci qui consulte la première page, abasourdi.

-Lorelei a fréquenté visualise ?

-C'est un bien grand mot ! Disons qu'elle s'est portée volontaire pour participer à deux programmes qui étaient en plein développement.

-Lesquels ?

-Malheureusement, comme vous le savez, tout projet présent ou passé reste confidentiel. Ceci fait partie de notre clause de confidentialité.

-Il y a prescription depuis.

-Je suis d'accord avec vous mais je ne peux pas la briser.

-Racontez-moi tout !

-C'est un de mes serviables bras droit qui s'en est occupé. Pour être franc avec vous, elle lui a été confiée d'office vu le concept des programmes.

-Pourquoi ne me l'avez-vous pas dit lors de notre dernière entrevue ?

-A votre avis, Patrick ? Le moment n'était pas venu. Maintenant que John Le Rouge l'a tué, j'ai le droit de vous en informer.

-Est-ce sont là les nouvelles règles ?

-Je ne vois pas ce que vous voulez dire.

Le consultant étire un sourire crispé.

-Oh ! Si vous le savez !

Bret Stiles le regarde avec sincérité.

-Je vous jure que non.

-Comment s'appelait votre bras droit ?

-Son nom ne vous sera d'aucune utilité.

-Vous m'avez déjà dit la même chose précédemment.

-C'est pour cela que je vous le redis. Cela ne vous apportera aucun élément nouveau. Juste une pièce inclassable de plus qui vous induirait en erreur. Faites-moi confiance !

-Comme la dernière fois ?

-Je ne vous ai pas trompé.

Il acquiesce.

-Combien de temps Lorelei est restée ?

-Moins d'un mois. Elle est venue comme elle est repartie.

-Seule ?

-Si ils repartent, ce qui ne se produit pratiquement jamais sauf exception, c'est toujours seul.

-Votre bras droit est resté ?

-Bien sûr ! Que croyez-vous !

-Fait-il encore partie de visualise ?

-Tous font parties de visualise.

Le mentaliste perce à jour ce sous-entendu, décodant selon lui son sens.

-Ce qui signifie qui n'en fait plus partie.

Le gourou répond avec décontraction.

-Je n'ai pas dit ça.

-Mais moi je le dis.

-Comme bon vous semble !

Jane esquisse un sourire satisfait. Le téléphone sonne, mettant ainsi fin à cet entretien.

-Désole, Patrick ! Je dois interrompre cette stimulante conversation. les deux hommes se lèvent, se serrent la main, donnant à Jane le dossier. Gardez-le ! Cadeau !

-Merci ! ne pouvant qu'exprimer sa gratitude. Avant de partir, il lui demande d'éclaircir sa lanterne. Au fait ! Par rapport à la façon dont John Le Rouge recrutait des adeptes comme Lorelei Martins lorsque je vous ai répondu la deuxième fois, vous n'avez rien ajouté.

-Et ?

-Est-ce que visualise fut l'endroit où celui-ci la repéré ?

Bret Stiles répond vaguement d'une manière énigmatique.

-Il y a beaucoup de passage au centre. Même si nous les contrôlons, on ne peut jamais savoir réellement.

-Je vois ! comprenant que ce n'est pas impossible, celui-ci se montre raisonnable. Bon ! Je vous remercie à nouveau pour le temps que vous m'avez accordé.

-Toutefois, ce serait plus convenable que vous me préveniez malgré que vos visites inopinées s'avèrent divertissantes.

-Oh ! Alors peut-être que la prochaine sera meilleure encore. affichant une expression espiègle.

-Je n'en doute pas ! et le prend au mot comme un amusement.

-A la prochaine fois !

-A la prochaine fois ! répondant comme à une promesse, rangeant la liste dans sa poche.