Bonjour chers lecteurs,

J'espère que vous apprécierez ce chapitre dans lequel les premières approches avec les suspects débutent. Je l'ai pensé à ma façon, l'année dernière lors de la saison 5 pendant que j'écrivais cette finale. Cela n'a pas vraiment de rapport avec mais ça a inspiré mon imagination globalement. Bref! Plus ou moins intéressant à raconter. Je vous laisse à votre lecture et à jeudi si vous le voulez bien.

Le lundi dans la matinée, Van Pelt et Rigsby se présentent au shérif Mc Allister, surpris de leur venue inopportune.

-Tiens, tiens ! Le CBI ! Que venez-vous faire dans les parages ? Enquêter sur un meurtre dont je n'aurais pas été informé ?

Grâce prend la parole avec douceur.

-Nous aimerions vous parler si vous n'y voyez pas d'inconvénient.

-Non, pensez-vous ! Je n'ai que ça à faire ! répondant d'une manière ironique ce qui embarrasse les deux agents vu ce contact peu chaleureux et engageant.

-Malheureusement, même si on vous dérange, on ne peut pas proposer de repasser.

-Et bien alors prenez place !

Wayne timidement lui précise que l'intimité de son bureau serait mieux adaptée par rapport à ce qu'ils ont à lui exposer, cédant à leur demande.

-Par ici, je vous prie ! Vous connaissez de toute façon le chemin. Qu'est-ce qui vous amène ? s'asseyant en dernier, s'adosse contre le siège, poussant ses avants bras sur le bureau, les mains jointes.

Van Pelt s'exprime en premier.

-L'enquête actuelle que nous menons, nous a amené justement à vous.

Le shérif écarquille les yeux.

-J'ai peur de ne pas comprendre.

Rigsby, Grâce se regardent furtivement, se demandant de quelle façon le sujet va pouvoir être subtilement abordé. Instinctivement, elle tend la liste.

-Tenez !

Celui-ci l'étudie. Quelques secondes après, son visage s'est fermé, éprouvant une grande contrariété.

-Que voulez-vous que je fasse de ça ? reposant la liste d'un coup brusque.

-C'est ce que nous cherchons à savoir. Pour quelle raison vous vous êtes retrouvé listé parmi ces suspects.

-Attendez un instant ! De quoi me suspectons ? déplaçant son regard de droite à gauche, visant les deux agents. Vous me présentez une liste, le reprenant dans la main comme un mouchoir sale avant de la reposer, sans m'indiquer de quoi il s'agit au juste.

Wayne se lance, concentré.

-D'être John Le Rouge.

Mc Allister se décrispe tant cette réponse lui parait comique.

-Vous rigolez !

-Pas vraiment, non !

-Sur quoi est fondée cette accusation ? Mon nom a été tiré lors d'un tirage au sort ?

Van Pelt enchaîne.

-C'est bien que vous le preniez avec le sourire.

Il s'adosse à nouveau contre le dossier de son siège, levant à moitié les mains.

-Je ne vais pas pleuré. C'est si absurde ! Sans vouloir insulter vos compétences. D'où tenez-vous ce lot de connerie ?

-Malheureusement, c'est très sérieux. puis Grace fait appel à son imagination, inventant plus ou moins une théorie crédible, fière d'elle-même intérieurement. Nous pensons que John Le Rouge est à l'origine de ceci. le shérif la regarde, intrigué, se montrant cependant curieux, intéressé. Le tueur nous a prévenus en nous adressant un message, que ses règles allaient changer. Quelques temps plus tard, un informateur anonyme nous a transmis cette liste.

-Vous croyez qu'il est à l'origine de ça ?

-John Le Rouge aime jouer. C'est une piste que nous n'excluons pas.

Mc Allister se redresse.

-Ok ! Admettons ! A quoi servirait de sélectionner six personnes, prétendant qu'un parmi eux est un tueur en série ? C'est complètement loufoque !

-John Le Rouge a toujours une idée bien précise. C'est ce que le CBI tente de déterminer. Nous ne disposons d'aucun élément actuellement ce qui complique notre tâche. Rigsby, l'écoutant, trouve que sa coéquipière se montre assez convaincante, s'en sortant plutôt bien. Vous savez tout comme nous qu'il contrôle, se manifestant quand on n'y est pas préparé.

Le shérif affiche un air concerné.

-Depuis quinze années pour le plus grand malheur de la Californie ! Vous avez une hypothèse ?

-Nous n'écartons pas le motif de la vengeance.

-Vengeance ? stupéfait, ne se sentant concerné cette fois-ci.

Wayne, spontanément, répond.

-Oui. Pour se venger d'un traître qui avait été dans le passé son complice.

-Si je comprends, parmi les six mentionnés, se cacherait un de ses complices ?

-C'est probable !

-Et je serais suspecté de l'être en fin de compte ?

-Si notre supposition s'avère exacte, oui. Rigsby se rattrape sans que l'on soupçonne une seconde d'hésitation. Du moins, on veut nous le faire croire.

-C'est un plan bougrement vicieux que vous m'exposez là !

Tous deux alors, doutent de leur crédibilité due à l'attitude apparemment suspicieuse de Thomas Mc Allister. Van Pelt posément, sauve la mise.

-John Le Rouge est très complexe dans sa manière de procéder, voyant ça comme un défi que nous devons relever. Je ne vais rien vous apprendre.

Le shérif acquiesce, semblant convaincu de cette explication vraisemblable.

-Qu'est-ce que vous préconisez ?

-Pour le moment pas grand-chose mais nous avons bon espoir de progresser dans les semaines à venir.

-Je vous le souhaite en tout cas. une légère inquiétude se révélant à ce moment sur son visage, tentant de la masquer.

-Nous vous recontacterons si besoin est.

-Je me tiendrais à votre disposition. Je ne veux pas être impoli mais j'ai du boulot même si ça ne se remarque pas.

Wayne se montre compréhensif, légèrement embarrassé, répondant cordialement, presque soulagé que cet entretien s'achève.

-Oh ! Evidemment ! On ne va pas vous retenir plus longtemps.

Tandis qu'ils se dirigent vers la porte, Grace en rajoute.

-Shérif Mc Allister!

-Oui, agent Van Pelt !

-Vu le tempérament imprévisible de John Le Rouge, nous avons oublié de vous signaler que nous pourrions craindre qu'il s'attaque aux suspects. C'est une hypothèse à étayer toutefois. Quoiqu'il en soit, au pire, nous envisagerions de vous mettre sous protection si cela était nécessaire.

Celui-ci réagit.

-Non mais une minute ! Vous m'annoncez que ce dégénéré irait jusqu'à tuer n'importe qui et je devrais rester calme ?

-Ne vous affolez pas ! Vous ne risquez aucun danger pour l'instant. De plus, nous vous imaginons mal dans le rôle du complice ou celui de John Le Rouge tout court. Malgré ça, il faut rester prudent.

-En tant que shérif, je le suis instinctivement. J'ai toujours obéi au devoir loyalement. Je ne me sens donc pas visé. Au pire, comme vous l'avez dit, je serais en mesure de me défendre en dernier recours. Si vraiment, ma sécurité s'avérerait être en danger, j'accepterais votre protection. J'espère que je n'en n'arriverais pas là ! sur un ton affirmatif, se justifiant. Je n'ai rien à me reprocher. Ma conscience est tranquille.

-Nous ne disons pas le conraire, shérif Mc Allister. et lui serre la main amicalement ainsi que Rigsby.

A l'extérieur, le coéquipier la félicite.

-Grace ! Tu as été impeccable.

-C'est vrai ? comme si elle en doutait.

-Ah, ouais ! Je t'assure !

-J'avoue, j'ai laissé mon imagination prendre le dessus. puis affiche une expression réjouie. Qu'est-ce que c'est libérateur !

-Tu m'as épaté !

-Tant mieux alors ! le disant un peu timidement. Tu crois qu'il nous a crus ?

Wayne se montre catégorique.

-A mon avis, oui. Moi en tout cas, je t'aurais cru.

Celle-ci sourit, satisfaite de ce qui a été accompli. Marchant en direction de la voiture, Rigsby la contemple discrètement, son cœur palpite. Une fois s'être installés, Van Pelt avoue s'être partiellement inspiré de Jane, la façon dont celui-ci aurait pu s'y prendre, admettant également que ce n'est pas aussi évident.

-C'est plus facile de l'observer que de l'imiter.

Tout en démarrant, ceintures bouclées, Wayne la complimente à nouveau.

-Il est unique dans son genre c'est certain ! D'ailleurs, tu m'y as fait penser à un moment. T'es douée !

Elle le remercie, affichant une expression modeste, sourit puis ajoute.

-C'est pas facile de se mettre dans sa peau. répondant à tous les sens du terme.

-Ça !

De leur côté, Lisbon et Cho rendent visite à Brett Partridge en pleine occupation à ce moment-là, ne l'empêchant pas de relever la tête, s'adressant à eux sur un ton accueillant, l'humour se joignant.

-Le CBI ! Vous venez me tenir compagnie ? Cela ne serait pas de refus car comme vous pouvez le constater, les cadavres ne sont pas très causants.

Teresa s'avance, Kimball la suivant, répondant à égal.

-Ce serait assez de mauvais goût !

-Oh ! C'est vrai ! Il y en a qui sont destinés à travailler essentiellement sur le terrain et comme moi, à travailler plus souvent dans un cadre peu vivant. C'est le cas de le dire, vous ne trouvez pas ?

-Si vous voulez nous pouvons encourager les meurtriers à commettre davantage de crimes afin que ça vous donne l'opportunité d'être exposé au soleil de Sacramento ! Cela dit, ça augmenterait votre tâche qui est déjà assez pénible à supporter et vous contraindrez à passer plus de temps enfermé ici.

-Votre humeur est assez spécial, agent Lisbon. Je ne pense pas que vous soyez venus dans le but de faire de l'esprit comme votre consultant.

Cho en profite pour en faire la remarque.

-Vous ne l'appréciez pas, n'est-ce pas ?

L'enquêteur médical répond sans amertume malgré cette antipathie éprouvée.

-Je le trouve bien trop sûr de lui, son irrévérence constante à nous faire passer pour des idiots, nous faisant sentir sa supériorité. Oui, je l'apprécie modérément mais je travaille pour le CBI et non pour monsieur Patrick Jane. Si cela avait été le cas, ça ferait longtemps que j'aurais démissionné. De toute façon, tout n'est pas d'huile dans ce métier, n'est-ce pas ? le disant sur un ton qui décèle un éventuel sous-entendu.

Impassiblement, Kimball répond.

-Cela se discute!

-Bon ! Nous n'allons pas parlementer durant des heures. Pourquoi êtes-vous venus me voir ?

-Par rapport à une enquête que nous menons.

-Ah ! Et en quoi puis-je vous aider ? se montrant coopérant.

Lisbon se met en avant.

-Nous pourrions en parler ailleurs qu'ici ?

-Oui. Pas de problème ! Sortir à l'extérieur ça vous irait ? Je ne serais pas contre un bol d'air frais.

-On vous suit ! une fois dehors, Teresa débute de simples questions qui n'ont visiblement rien avoir avec la liste du moins indirectement. Celle-ci est la deuxième à employer une stratégie à laquelle le mentaliste aurait l'habitude, mettant ensuite sa diplomatie calculatrice en pratique. Vous affectionnez la littérature classique à ce que je sais.

Partridge se demandant où l'agent veut en venir, répond toutefois en jouant le jeu.

-Oui. Peu de gens lisent la grande littérature. Ils préfèrent les romans modernes.

-Vous aimez particulièrement Moby Dick, Charles Dickens si je ne m'abuse ?

-En autre ! étant cette fois-ci sur la défensive comme si cette question l'importunait ce qui s'entend dans le timbre de sa voix. tout en marchant à pas lent. Vous êtes venu uniquement dans le but de m'interroger à propos de mes préférences littéraires ?

-Bien sûr que non ! C'est juste histoire de discuter.

-Je devine où vous voulez en venir.

-Où ça ? se disant qu'elle aurait dû développer sa stratégie plus en douceur, appréhendant la suite, son intuition lui criant.

« - Tu aurais dû ! »

-Vous vous interrogez sur mes similitudes avec John Le Rouge comme monsieur Jane. J'avoue que sa manière de procéder m'intrigue, le mystère me fascine également. Deux combinaisons qui se complètent admirablement. Je vous rassure que je n'ai rien d'autre en commun excepté les œuvres que j'ai lu.

Cho reprend la parole, prenant un malin plaisir à lui tendre la liste sur laquelle son nom est cité parmi les suspects.

-Nous avons ceci à vous montrer. Attendez-vous à être désagréablement surpris de ce que je m'apprête à vous glisser sous le nez. puis lui tend.

-Pourquoi ma photo est alignée à côté d'eux ? stupéfait de remarquer dessus, le directeur, Gale Bertram, l'agent Haffner, le shérif, ces trois plus particulièrement.

Lisbon explique en désignant du doigt un par un, le portrait de chacun sur la feuille.

-Parmi les six restants, comme vous pouvez le constater, une seule personne est coupable d'après des informations que nous avons jugé sérieuse, d'être soit un complice ou John Le Rouge. répétant ce que Van Pelt avait raconté plus tôt dans la matinée à Thomas Mc Allister, l'ayant mise au courant par téléphone juste avant que la supérieure et Kimball ne rendent visite à l'enquêteur médical afin que la théorie choisie reste fidèle à leurs histoires pour rester plausible aux oreilles de tous. Nous craignons aussi que John Le Rouge soit l'investigateur de cela, dans l'unique intention de se venger de son complice. Quand il s'agit de démarrer un jeu, ce qui est considéré comme tel par lui, nous ne sommes que des pions sur son échiquier.

Brett Partridge semble à cette seconde admiratif.

-Waouh ! Machiavélique comme plan ! Chaque fois, celui-ci fait preuve d'inventivité, se renouvelant perpétuellement.

Cho le dévisage.

-Vous admirez John Le Rouge ?

-Disons qu'on apprend beaucoup lorsque vous examinez les scènes de crimes sur lesquelles ont eu lieu les exécutions de ses victimes. Méthodique, consciencieux, ayant le sens du détail, de la mise en scène, perfectionniste, prévoyant. Jusqu'à présent, il n'a jamais laissé trace de ses empreintes, aucun oubli, tout est bien pensé, tueur organisé. C'est le premier dont l'identité n'est pas connue. On a l'impression qu'il n'est pas réel.

-Ses meurtres le sont.

-En effet ! Cho, Lisbon le fixent, paraissant porter un jugement à son encontre mais surtout pour le déstabiliser, le ressentant. Eh ! Qu'est-ce que vous allez imaginer ! Je suis observateur, c'est tout ! Mais vu mes connaissances en médecine, alors là, je représente le parfait candidat ! ironisant. John Le Rouge cible presque toujours les viscères. Vous vous dites alors que je suis le seul à pouvoir être capable de viser avec justesse.

Teresa se montre franche.

-Vous m'enlevez les mots de la bouche !

Il s'arrête suivi des deux agents et les regarde un par un dans les yeux.

-Soyons sérieux une minute ! Je serais incapable de commettre des meurtres aussi affreux. Cela me répugne !

-Pourtant quand c'est John Le Rouge, vous n'avez pas l'air de tourner de l'œil.

-C'est le métier qui le veut. Après tant d'années à être confronté aux scènes de crimes, vous êtes rodé !

Cho, le regard froid, flegmatique comme à son habitude.

-Mais pas insensible.

-Je n'ai pas dit ça. répondant sur un ton neutre, attitude, gestes, réaction, étant cependant assez décontracté. Vous savez, quand vous arrivez, affrontant un tel spectacle sanguinolent, c'est loin d'être réjouissant ! Je suis certain que c'est pareil pour vous.

-Oui, en effet ! et s'adresse à Lisbon, désireux d'écourter cet entretien qui semble ne pas le sensibiliser.

-Je ne voudrais pas me montrer désobligeant mais j'ai du travail qui m'attend et pour être parfaitement franc, je ne me sens pas concerné par cette enquête en cours dont vous vous occupez. De toute manière, si vos allégations s'avéreraient concrètes, nul doute que vous parviendrez à démêler ce sac de nœuds. puis désinvolte, fait preuve d'humour. Si vous découvrez que je suis le complice ou John Le Rouge, vous connaissez déjà ma cachette.

La supérieure n'est toutefois pas réceptive.

-Vous ne deviez pas le prendre à la rigolade.

-Bon ! Très bien ! Excusez-moi ! De toute façon si John Le Rouge est à l'origine de cette liste, il se montrera malin comme à chaque fois. Vous aurez du mal à lui mettre la main dessus. le disant en les défiant du regard non arrogamment mais plutôt comme une mise en garde à laquelle le CBI devrait se méfier.

Teresa démontre sa détermination sans paraître déstabilisée, esquissant un sourire qui est annonciateur d'espoir.

-Le dicton dit, ne jamais dire jamais !

Brett Partridge semble alors décontenancé, se rattrapant néanmoins.

-Certainement ! ajoutant étrangement. Qui vivra, verra ! Ce n'est pas que je m'ennui mais j'aimerais retourner à mes occupations.

Lisbon ne le retient pas, adoptant un comportement relaxe, détachée.

-Oui, allez-y !

S'éloignant au milieu du pavé, celui-ci se tourne, élevant la voix.

-Tenez-moi au courant !

-Nous n'y manquerons pas !

Lorsqu'ils regagnent le véhicule, Teresa, Kimball partagent la même sensation, ressenti à propos de la réponse formulée de la part de l'enquêteur médical, qui vivra, verra. Cette expression les a glacé vu la situation, pensant au tueur en série. Le suspect se démarque également. Dans la soirée, l'équipe s'étant regroupée au complet, donne leur impression concernant ceux qui ont été approchés, Van Pelt, Rigsby, exprimant leur avis tour à tour, commençant par Wayne.

-A un moment donné, il a paru méfiant par rapport à ce que nous lui racontions mais Grace a fait du bon boulot. la regardant furtivement, le sourire au coin des lèvres ce qui n'échappe pas à Jane qui en déduit que l'agent est toujours amoureux d'elle, souriant également en y pensant.

Grace répond humblement, gênée.

-J'ai simplement dit ce qui me passait par l'esprit d'une manière sensée. En tout cas, concernant le shérif Mc Allister, je l'ai trouvé inquiet avant que nous ne quittions son bureau quand j'ai parlé de la possible théorie à propos de la liste. Il m'a semblé déstabilisé.

Lisbon demande si ils n'ont rien remarqué d'autre. Le mentaliste en profite alors pour émettre une opinion personnelle à cet instant, tranquillement.

-Ce n'est pas lui.

-Comment pouvez-vous vous montrer aussi affirmatif ? Tout élément même insignifiant à nos yeux doit être examiné progressivement.

-Ma façon de procéder est différente avec tout mon respect. Je peux sentir que Thomas Mc Allister n'est pas John Le Rouge.

Teresa fait preuve d'ironie.

-Ah ! Alors si vous le sentez, pas de doute !

-Ne le prenez pas mal !

-Je ne le prends pas mal. Même si il se peut que vous ayez raison, nous devons étudier consciencieusement chaque profil afin d'être sûr de ce que nous avançons. On ne peut pas juger en se servant uniquement de son intuition.

Celui-ci la contredit.

-Si on peut !

-Il y a des facteurs plus probants qui constituent 71% de réussite pour résoudre une enquête.

-Comme quoi ?

-La logique.

-La dialectique en somme ?

-Oui.

-Vous savez, même cela peut relever l'art de conduire au raisonnement comme aussi bien l'argumentation logique. articulant exprès l'adjectif. On fait toujours appel consciemment ou inconsciemment à l'intuition.

-Je ne désire pas épiloguer là-dessus. Je reconnais que vous n'avez pas tout à fait tort. Nous clorons ce débat par égalité. Je crois que nous avons plus urgent à traiter.

-Je suis amplement d'accord avec vous Lisbon. Retournons à nos moutons ! le disant avec une insolence mesurée, élégamment vu la sympathie, profonde affection ressenties envers celle-ci malgré son penchant pour la taquinerie à son égard.

-Bien ! Je prends votre avis en considération mais le shérif Mc Allister reste néanmoins un suspect. Rigsby, Van Pelt vous avez quelque chose à rajouter ?

-Non, patron ! répondant avec synchronisme, étirant tous deux un sourire timide, réservé. Wayne demande ensuite ce que cela a donné avec Brett Partridge.

Cho partage son impression.

-Ce type n'est pas net. Je l'ai trouvé fuyant à la fin. et oriente son regard en direction du mentaliste. Ce dont on a la certitude est que tu lui es antipathique depuis que tu l'as insulté.

Jane ne s'en désole pas.

-Partridge est rancunier, un peu crétin sur les bords, ayant une légère tendance à la fascination morbide sans doute due à son travail ainsi que solitaire. Bah ! Si je devais compter le nombre de gens que je me suis mis à dos. Par contre, il est un candidat idéal puisque celui-ci s'y connait en médecine. Lacérer les victimes serait un jeu d'enfant.

Lisbon soulève ce point.

-C'est ce qu'il nous a dit également, admettant aussi ses goûts similaires en matière de littérature avec John Le Rouge, soulignant que la ressemblance s'arrêtait là.

Kimball enchaîne.

-Brett Partridge a également exprimé sa répugnance par rapport aux actes meurtriers.

Le mentaliste réagit avec vivacité.

-Non, non, non, non ! Il est de mauvaise foi. Vu la façon d'expliquer de quelle manière procède John Le Rouge, étape par étape, j'ai pu ressentir une certaine admiration. Je ne pense pas que Partridge soit si répugné. C'est son métier. Il doit être rodé.

-C'est exactement ce qu'il a répondu.

-Tu vois !

La supérieure rajoute un détail qui ne leur a pas laissé de glace.

-Quand j'ai soumis l'éventualité que le CBI pourrait capturer John Le Rouge, il a fait bien sûr preuve de scepticisme. Ce sont ses mots suivants qui nous ont mis plus ou moins mal à l'aise, troublants je dirais.

-Lesquels ?

-Qui vivra, verra. Nous avons eu la sensation que c'était une sorte de mise en garde.

-C'est tout ?

-Comment ça c'est tout ! Vous parlez précédemment de se fonder sur notre intuition principalement. J'avoue qu'elle a pris de l'ascendant.

Jane emploie un ton victorieux.

-Aaaah ! Vous voyez !

-Oui, bon, je l'admets ! L'intuition est souvent une arme imparable mais en complément de différentes données.

-Si vous voulez ! puis la rejoint. Comme vous l'avez mentionné pour le shérif Mc Allister, j'en ferais autant cette fois-ci pour Partridge. C'est un suspect qui reste dans la course.

Rigsby parait alors légèrement ennuyé.

-Donc on n'en élimine aucun ?

Lisbon confirme.

-C'est ça ! Attendons de voir ce que la suite nous réserve. Si nous jugeons après mûre réflexion, nous basons sur des appuis solides, que ces deux n'ont rien avoir avec John Le Rouge, nous procéderons à l'élimination des premiers suspects.

-Ça risque d'être long !

-Oui mais la procédure l'est toujours. Il nous reste Ray Haffner et Robert Kirkland. Je propose de patienter un peu. Ils pourraient en référer à Bertram. Cela serait dommage que le directeur de notre bureau découvre notre petit secret. De plus, étant suspecté sur cette liste, restons prudent.

Van Pelt demande si celui-ci est vraiment suspecté. Le mentaliste répond catégoriquement.

-Pas comme tueur en série !

-Tu crois ?

-A 76%.

Teresa intervient afin de le titiller.

-Et les 23% restant ?

-La vigilance. En revenant à Kirkland, si personne n'y voit d'inconvénient, j'aimerais m'entretenir avec lui.

Aucun agent s'y opposant, la supérieure accepte sans rechigner. Par ailleurs, elle souhaite savoir comment s'est déroulé son précédent entretien avec Bret Stiles. Jane gardant le meilleur pour terminer, va chercher le dossier qu'il pose quelques secondes plus tard au milieu de la table avant de se rasseoir. Un par un, l'épluche sommairement vu le maigre contenu dont ils disposent excepté l'essentiel qui les sidère littéralement. Toutefois, chacun commence à cerner le personnage surtout le consultant en se remémorant il y a deux jours en parcourant les informations sur Lorelei Martins, ce que celle-ci lui avait dit lors de leur tête à tête concernant l'emprise que John Le Rouge avait sur la jeune femme, le droit de vie, de mort sur sa personne qui l'importait peu.

« Si c'est ce qu'il veut ! » lui avait-elle répondu.

L'endoctrinement est la responsabilité majeure. Il en déduit alors que visualise est peut-être la clé vu ceux qui y sont liés. Van Pelt pose la question ce qui le conforte dans son idée.

-Brett Stiles a un lien avec John Le Rouge ?

Jane répond sans hésitation.

-Il le connait. puis révèle franchement ce que le gourou lui avait raconté à propos du premier contact entre eux, son bref séjour dans un autre centre ainsi que les petits détails supplémentaires.

Lisbon va de surprise en surprise.

-C'est maintenant que vous nous le dites !

-C'est simplement le bon moment. Ces quelques indices nous conduisent pour l'instant vers visualise. Comme ce n'est pas anodin, je vous en parle. Ne le prenez pas mal à nouveau !

-Non mais j'aimerais qu'aucune cachotterie ne soit faite afin que nous ayons tous les éléments en main qui nous permettrons de progresser à grand pas. Alors dorénavant tout ce dont vous disposerez comme information importante doit impérativement être partagée avec nous.

Jane s'incline.

-Promis, juré, craché !

Rigsby demande au consultant si Stiles pourrait décrire, contraint et forcé, l'aspect physique du tueur en série.

-Il aurait pu lorsque je lui ai présenté la liste mais cela ne l'a pas déstabilisé. Ce n'est pas le genre à trahir un secret comme celui-ci. De plus, aucune émotion ne transpire sur son visage, n'ayant aucun conflit intérieur, la tricherie de ses mots est indétectable. On le retrouve d'ailleurs chez les sociopathes. C'est un mur de brique. On peut difficilement voir à travers ou alors pas ce que l'on voudrait.

-Même toi ?

-Même moi. le reconnaissant avec honnêteté.

-Finalement, Bret Stiles pourrait être le témoin idéal et on ne peut rien en soutirer. C'est vraiment injuste ! affichant la déception.

-Avec ou sans Stiles, je fais la promesse solennelle que nous l'attraperons. le regard s'emplissant à ce moment de détermination ainsi que la volonté d'atteindre enfin ce but.

Wayne fait allusion à Laroche.

-Qu'est-ce qu'on fait le concernant ? Lui aussi doit savoir.

Lisbon prend la parole, fixant le mentaliste.

-Si vous n'y voyez pas d'objection, on s'occupe d'abord de Kirkland. et s'adresse à Jane. Toujours partant ?

-Plus que jamais !

-Bien !

Quand la réunion se finit, Teresa s'approche de lui comme préoccupée, murmurant.

-Vous croyez qu'après ce que vous avez dit à Laroche, celui-ci peut prendre la poudre d'escampette afin de se protéger ?

-Je ne pense pas. Sa fuite serait suspecte et il est coincé de toute manière quoiqu'il tente.

-On pourrait l'interroger ?

-Certainement pas ! C'est encore trop tôt.

Lisbon acquiesce en y réfléchissant tandis que le consultant se dit.

« -Si nous devons en arrivez là, je le ferais parler. »