Bonjour,
Aujourd'hui, n'ayant pas pu poster ce chapitre hier comme prévu, vous aurez droit à deux afin de me faire pardonner. Hahahaha! Juju, je pense que le chapitre 7 te plaira quand tu le liras ainsi que certains qui lisent l'heure de grâce. Je vous souhaite un bon week-end et à lundi, je vous le promets.
Trois jours plus tard, Jane passe à l'improviste au domicile de Rober Kirkland en début de soirée ce qui prend au dépourvu l'homme en question sans que le mentaliste en éprouve une gêne quelconque, satisfait de le surprendre dans son contexte personnel. Malgré ça, il simule une expression navrée afin de mieux rendre crédible son personnage, ayant recours à cette stratégie régulièrement depuis des années, qui fonctionne assez souvent grâce à sa performance de simulateur convaincant. La porte tenue fermement entrebâillée, Kirkland trouve cette venue peu réjouissante, n'aimant guère par contre qu'on le surprenne, répondant sur un ton non accueillant.
-Qu'est-ce que vous venez faire ici, monsieur Jane ? Je ne vous ai pas convié à ce que je sache.
-Oh ! J'avais envie de me dégourdir les jambes, me disant qu'une promenade vers ces environs ne serait pas pour me déplaire. puis pointe son index en direction du ciel étoilé. Regardez ! L'étoile du berger. L'astronomie m'a toujours fascinée.
L'homme perd patience.
-Je ne pense pas que vous soyez venu frapper à ma porte afin de partager votre science en ma compagnie ? Qu'est-ce que vous voulez ?
Ses yeux se détachent de l'étoile pour que son visage fasse face à nouveau au sien.
-Non, bien évidemment ! Quoique ça pourrait vous intéresser ! Vous me semblez instruit, la tête bien pleine.
-Me flatter ne vous conduira nulle part y compris chez moi.
Le mentaliste pose une question directe insolemment, le pointant du doigt à son tour.
-Vous avez quelque chose à cacher ? Un vilain secret qui traînerait dans un fond de tiroir ?
Kirkland se montre incommodé par son culot tout en restant poli.
-Non, monsieur Jane ! Je n'ai rien à cacher. A mon tour de vous poser une question. Cela fait partie de vos méthodes de débouler au domicile des gens afin de les importuner ?
-Pas vraiment ! Du moins pas à cette heure. souriant malicieusement. Je m'octroie ce droit quand la situation l'exige.
-Qu'en dit le CBI ?
Désinvoltement, il répond avec franchise, prétention volontaire, les mains dans les poches, grimaçant comme un enfant qui ne reconnait pas avoir commis une bêtise.
-Vous savez ! Je ne suis qu'un consultant malgré ces années passées à résoudre les enquêtes grâce à mon concours. Ma conduite leur importe, je dirais même que ça leur facilite le boulot lorsque nous devons interroger des suspects.
-Comme je les plains !
Le mentaliste sourit à nouveau, répondant hypocritement, affichant un air faussement embarrassé.
-Vous ne devez pas ! De toute façon, je suis devenu indispensable même si j'admets que je suis insupportable par moment. lui disant comme si celui-ci faisait une confidence tandis que Kirkland ne desserre pas les dents.
-Insupportable ? Je veux bien vous croire.
Jane sourit narquoisement.
-Merci !
-Votre irrespect est également un défaut qui est insupportable.
-Pourquoi dites-vous ça ? réagissant innocemment.
-A votre avis !
-Ah ! Je sais. toujours le sourire aux lèvres, manière déstabilisante employée. Vous pensez que je me fous de vous. C'est ça ?
-Pas seulement de moi mais en général.
-Vous vous leurrez. Je vous assure.
L'homme élève la voix.
-Bon ! Maintenant ça suffit ! Vos balivernes ne m'intéressent en aucun point et je frise l'agacement rien qu'à vous écouter !
Avec décontraction, mains encore dans les poches, l'effronté persiste.
-Mais je ne vous ai pas touché mot du plus important.
Kirkland fait preuve d'ironie.
-Ah ! Vous vous apprêtez à me parler d'un sujet important ! Alors ça change tout !
Sentant qu'il est prêt à claquer la porte au nez, Jane dégaine la liste de sa poche, la déplie rapidement et lui montre. L'expression se modifie puis plus calmement, l'invite à l'hospitalité.
-Entrez !
Assit sur le canapé en cuir noir en buffle, Kirkland lui propose de consommer une boisson. A l'aise, le mentaliste lui demande un thé ou une tisane ce qui fait enfin sourire l'homme par rapport aux goûts de son hôte.
-Vous ne buvez pas d'alcool ?
-Cela m'est arrivé mais pour être sincère, je préfère me faire du bien que du mal.
Il acquiesce.
-Bon raisonnement ! Vous êtes sage.
-Je me ménage.
Le suspect part ensuite dans la cuisine préparer du thé au jasmin, revenant quelques secondes plus tard en portant un plateau que celui-ci dépose sur la table basse du grand salon dont l'atmosphère n'est pas très chaleureuse, étant peut-être due à la faible luminosité des lampes, aménagées dans trois recoins, espacées ainsi que la peinture pâle de couleur capuccino qui rend la pièce légèrement sombre, une cheminé de taille moyenne encadrée de briques rouges trompe œil qui se situe à quelques mètres du milieu du salon sur lequel aucun cadre ou bibelot n'est exposé. Jane prend sa tasse après ce constat, faisant nager durant six secondes son sachet afin que les feuilles s'infusent correctement, la repose et boit une minime gorgée de thé très chaude une minute plus tard. Une fois avalée, il fait allusion à l'habitat.
-Vous vous plaisez ici ?
Assis en face sur un deuxième canapé deux places, Kirkland lui demande pourquoi, se montrant moins sur la défensive.
-Oh ! Comme ça ! Si je peux me permettre, sans vouloir vous vexer, je trouve cet intérieur peu lumineux.
-Vous ne me vexez pas. Cela va vous paraître assez cafardeux mais ceci est représentatif de ma personnalité, mon humeur même si elle est heureusement variable. Vous connaissant, vous avez déjà dû me juger lors de votre observation.
Le mentaliste répond d'une façon évasive.
-Plus ou moins, oui. Le défaut du métier !
Kirkland se relaxe soudainement, croise les jambes, les bras disposés au-dessus du canapé.
-Quel métier monsieur Jane ? Celui de consultant au CBI ou bien celui de médium ?
Il répond avec aisance.
-Un peu des deux, je dois l'avouer. Et plutôt faux médium car c'est ce que j'étais ni plus ni moins, n'en n'étant pas fier.
-Vous vous en repentissez à présent ?
-On peut dire ça !
-Bon point pour vous, monsieur Jane ! J'apprécie les gens qui reconnaissent leurs torts. Cela permet ainsi d'alléger le karma.
-Il parait, oui. repensant aux paroles de l'agent Ganaëlle à ce propos.
-Je pense finalement que vous détenez des qualités.
-C'est gentil de votre part. souriant avec politesse tout en buvant une seconde gorgée, levant sa tasse pour le remercier. Vous changez vite d'avis sur les gens.
-Lorsque j'arrive à percevoir le bon, oui.
-C'est tout à votre honneur !
-Bien ! Puisque nous avons brisé la glace autant que nous discutions de ce que vous avez brandi devant mes yeux qui en sont restés éblouis. Qu'est-ce que c'est ? désignant la liste en élevant la tête, avançant son menton.
-Prenez-le ! Vous verrez bien.
En le prenant, il s'enfonce à nouveau dans le canapé confortablement, recroise les jambes, détaille la fiche sans afficher la moindre expression déstabilisante comme si il était blasé.
-C'est la première fois que je vois ma tête en vedette parmi d'autres. Je suppose que vous me suspectez d'un méfait ?
Jane s'installe également, à son aise, cale son dos contre le dossier du canapé, croise aussi les jambes, positionnant seulement son bras droit au-dessus. D'une manière décontractée, souriant furtivement comme si celui-ci trouvait sa future réponse drôle, lui annonce de quoi il est suspecté.
-Simplement d'être John Le Rouge.
Kirkland assit dans la même position que son invité, rit également.
-Vous êtes un marrant !
Le mentaliste en sourit plus longuement y répondant en le pointant du doigt.
-Vous devez l'être aussi.
L'homme remue sa tête de gauche à droite et décroise les jambes.
-Ah ! Monsieur Jane ! Mon humour n'est pas du goût de tout le monde. Je ne suis pas très doué.
-Oh ! Ne soyez pas si modeste !
Le climat devient détendu sans se montrer familier l'un envers l'autre cependant.
-Si, si, je vous assure. étirant un sourire poli à nouveau. Par contre, le vôtre doit valoir le détour quoiqu'un peu mordant, non ?
Jane baisse le regard, l'expression toujours joviale, mélangée à une note de timidité simulée.
-Je me défends vous savez.
Kirkland répond énigmatiquement comme si il faisait allusion à quelque chose de particulier, le fixant avec étrangeté.
-Mais j'en suis certain.
-Je voudrais vous poser une question.
-Allez-y ! lui accordant par un geste de la main cette permission.
-Lorsque nous nous sommes croisés la première fois au CBI, quand je vous ai serré la main, vous m'avez répondu que vous me connaissiez. Qu'avez-vous voulu dire exactement ?
-Cela tombe sous le sens !
-Je suis habituellement perspicace mais là, j'avoue ne pas avoir été en mesure de saisir l'exactitude du sens.
Kirkland le regarde à nouveau d'une façon énigmatique.
-C'était une manière de parler ! et se penche vers la table basse afin de prendre sa tasse de thé également. J'avais eu des échos vous concernant, m'étant renseigné à votre sujet. Vous êtes un personnage qui suscite l'intérêt, difficilement inoubliable. Suis-je dans l'erreur ? puis boit quelque gorgées, se délectant de l'arôme. Quel délicieux bouquet ! Ne trouvez-vous pas ?
Le mentaliste se sent un tantinet mal à l'aise ce qui le turlupine petitement toutefois, l'éventuel suspect le remarquant.
-Vous vous sentez bien ?
Celui-ci cligne des yeux, signe qu'il souhaiterait clarifier son esprit troublé.
-Oui, oui. Une seconde d'absence. Rien de grave !
-Faites attention ! Cela pourrait vous perdre.
Il sourit afin de montrer son assurance.
-Non. Aucune crainte de ce côté-là !
-A propos de cette liste. Expliquez-moi comment vous en êtes arrivé à conclure que ces six personnes dont moi inclus, ont pu se retrouver suspectés d'avoir comme identité celle d'un tueur en série aussi épouvantable que John Le Rouge ?
-Pour être franc, c'est quelqu'un qui l'a transmis au CBI.
-Quel en est son fondement ?
-Une enquête menée minutieusement, étudiant avec sérieux, preuves à l'appui, je suppose.
-Preuves à l'appui ? De quoi ?
-D'un passé douteux, mystérieux, des zones d'ombres découvertes, des indices probables qui ont conduit à cette sérieuse déduction, je présume.
Robert Kirkland joint le bout de ses doigts, les portent à proximité de la bouche, affichant un air pensif et le fixe une deuxième fois.
-Quel est votre opinion ?
-Si je suis ici est que je n'ai pas trouvé de raison d'en douter.
L'homme sourit.
-Vous me croyez coupable ?
Sa tasse à la main, Jane lui répond à l'aise de nouveau.
-Aucune certitude ne s'est encore imposée.
-Donc vous êtes en phase de réflexion ?
Il hoche la tête puis boit son thé, ne posant la tasse sur la soucoupe. Les doigts toujours joints, les regardant durant un bref instant, Kirkland révèle une expression de contentement, formulant une réponse qui amplifie le trouble ressenti par le consultant.
-C'est bon à savoir !
-Pourquoi ça ?
-J'aime bien me faire une idée par rapport à la manière dont les gens opèrent.
-Cela vous sert à quoi ? le demandant, intrigué.
-A cerner véritablement la personnalité d'une personne.
-Je crois que vous n'avez pas trop de mal du moins c'est ce que je peux percevoir.
-Etiez-vous réellement un faux médium ?
-Vous en doutez ?
-Ma fois, certains êtres sont prédisposés pour ce don et le refuse, n'y croyant pas. Vous pourriez l'exploiter.
Jane étire un sourire amusé, se pointant du doigt.
-Moi ? Non. En aucune sorte ! Avoir de l'intuition est une chose mais obtenir des visions, entendre des voix de l'au-delà, je n'en suis jamais arrivé à ce point. Je ne possède aucun don de ce genre.
-Vous savez l'intuition est le premier pas vers la médiumnité. Il n'y a qu'à progresser pour l'acquérir définitivement.
-Vous m'encourager à découvrir cette particularité ?
-Vous vous sentiriez ainsi moins coupable de votre supercherie employée par le passé. Vous vous direz que finalement vous n'aviez pas tant escroqué ces gens vulnérables qui vous consultez afin de vous alléger d'un poids.
Le visage de Jane se referme, sentant davantage une sensation de mal être.
-Pourquoi me parler de ceci ? J'ai l'impression que vous jouez sur deux tableaux.
Kirkland prend sa tasse tranquillement, serein.
-Ce n'est qu'une impression.
-On se connait, n'est-ce pas ?
-J'ai peur de ne pas correctement saisir ce message.
-Je pense que si.
-Pour être clair, vous me demandez si je ne serais pas cet abominable John Le Rouge.
-C'est plutôt vous le médium.
-Et vous ?
Le regard du mentaliste s'intensifie.
-A cette seconde, je serais tenté de le penser.
-Alors vous pensez trop ! Tel que vous me voyez maintenant, je n'ai pas de similitude avec ce tueur. Je suis tout autre ce qui n'est pas pour me déplaire. Certes, j'ai des défauts comme tout le monde mais celui-ci n'en fait pas partie. Désolé si je vous ai induit en erreur. Ce n'était pas mon intention.
Jane semble se raviser, se décrispant.
-Autant pour moi, alors ! Je m'en excuse.
-Je ne vous en tiendrais pas rigueur malgré que je sois parfois quelque peu rancunier. Mais qu'importe ! Avez-vous d'autres questions ?
-Non.
-Bien ! Je ne veux pas vous mettre à la porte brutalement mais j'aimerais me reposer à présent. Il se fait tard. jetant un œil à l'heure qu'indique sa montre.
-Quelle heure est-il ?
-21h45
-En effet ! Je ne m'en rends pas bien compte vu que je suis un couche-tard. Jane se lève, se laisse raccompagner à la porte après avoir complimenté son thé au jasmin, le remerciant.
Les deux hommes se serrent la main, Kirkland ouvre la porte, le salue puis referme. Lorsqu'il monte dans sa voiture, la sensation n'a toutefois pas disparue. Que pressent celui-ci ?
Le lendemain au CBI, dans la matinée, chacun à son poste, travaillant officiellement sur d'autres dossiers, Teresa constate l'absence du consultant qui semble à son goût s'éterniser, déduisant qu'il a sûrement dû se réfugier dans son nid, situé au dernier étage du bâtiment, décidant de monter pour aller le voir. Quatre minutes plus tard, son intuition se confirme.
-Jane ! Je vous cherchais.
Allongé sur ce vieux lit d'appoint, son regard fixant le plafond, répond sans bouger, restant dans un état méditatif.
-Vous m'avez trouvé.
-Très drôle ! s'avançant face à lui les mains dans les poches de son pantalon.
-Mais je suis quelqu'un de drôle.
-Bon ! Jane ! Je n'ai pas envie de jouer. Qu'est-ce que vous faites ici depuis presque une heure ?
-Je réfléchis.
-A quoi, je vous prie ? lui demandant sur un ton ferme.
-A ce qui me tracasse.
-A ce qui vous tracasse ? Mais encore ?
Le mentaliste se relève brusquement, se met debout, se rhabillant de sa veste.
-Hier je suis allé faire un tour chez Robert Kirkland.
-Chez lui ?
-Oui.
-Vous ne manquez pas de culot !
-Je sais. Surtout que c'était en début de soirée.
-En plus ! étirant un léger sourire sans pour autant lui faire de remontrances malgré qu'elle ne partage pas la façon dont il s'y est pris.
-Vous ne m'en faites pas le reproche ?
-Non. Ce que nous avons entrepris n'est pas officiel donc je serais indulgente avec vous.
-Vous êtes trop bonne !
-Vous avez de la chance, oui.
Jane la regarde, le regard attendri, affichant une expression de gratitude mélangée à de la douceur.
-Oui. J'ai de la chance.
Lisbon enchaîne sans s'attarder.
-Comment s'est déroulée cette visite ? le disant d'une voix posée, dénotant également de la curiosité.
Face à celle-ci, il ne cache pas son ressenti.
-Très troublant.
Teresa fronce les sourcils, interrogative.
-Troublant ? Comment ça ?
L'expression du mentaliste devient anxieuse, le sentant inquiet, angoissé, un mélange de sentiments confus.
-Je ne saurais le décrire. L'impression que j'en ai eu m'a été désagréable et reste encore imprégnée en moi. Je n'arrive pas à m'en débarrasser.
-Est-ce par rapport à ce que Kirkland aurait pu vous dire ou son attitude qui vous aurait déplu ?
-Un peu des deux.
-Vous pouvez être plus précis ? se montrant davantage intriguée, soucieuse.
-La manière dont il s'est adressé à moi, de se maîtriser lors de notre échange vis-à-vis de la liste, sa gestuelle, de m'analyser, faire référence à mon passé de médium de pacotille.
-C'est lui qui vous a dit ça ?
-Non, non. souriant. C'est ce que j'étais.
-Ce passé est résolu.
-Pas si résolu que ça.
-Bon, d'accord ! Vous avez trompé la confiance de gens, abusant de leur crédulité, extorquant malhonnêtement leur argent, ce qui est inexcusable en effet.
Il fait preuve d'ironie.
-Merci de m'accabler !
-Vous savez très bien ce que je veux dire. Jane hoche la tête. Vous vous êtes racheté une conduite depuis.
-Oui mais on ne se lave jamais de ses pêchés.
-Je vous l'accorde ! Ce que vous avez fait est mal. Toutefois rien de comparable avec un monstre comme beaucoup le sont sur cette terre.
-Un ancien saint escroc, alors ? l'exprimant sur un ton humoristique bien qu'il le pense, ce qui amuse Teresa.
-Saint escroc ? Quelle originale invention de mot ! Vous m'étonnerez toujours.
-C'est ce qui maintient une relation au beau fixe ! esquissant un sourire avec espièglerie.
-Qui sait ? Le secret d'une entente durable.
Le mentaliste baisse la tête, la contrariété réapparait d'une façon flagrante. Lisbon prononce cette phrase avec appréhension, tant redoutée mais n'en n'étant qu'au stade de la spéculation.
-Vous pensez que Kirkland pourrait ête John Le Rouge ?
Sa tête se relève, son air révélateur de sa confusion.
-Je ne peux pas le certifier. Pour tout vous avouer, mon esprit est égaré. Il nous reste Haffner.
Elle acquiesce puis le met au défi avec diplomatie.
-Si à cet instant vous deviez en choisir quelques-uns parmi les suspects susceptibles d'être John Le Rouge, qui classeriez-vous du plus faible au plus fort?
-Ce que vous me demandez m'est impossible à départager.
-Tous ? rien qu'à son expression, Teresa devine que non. Dites-moi quand même !
-C'est encore trop tôt. J'ai besoin davantage de temps afin d'y songer même si j'ai ma petite idée.
-Bon ! Comme vous voudrez ! Quand vous serez prêt, faites- le nous savoir !
-Nous sommes une équipe.
Celle-ci sourit, contente de l'entendre et que cette notion ait été acquise progressivement malgré tout.
-Vous redescendez bientôt ?
-Oui. Donnez-moi juste cinq minutes de plus.
-Permission accordée !
-Merci.
Lisbon le laisse alors seul, Jane se tourne en direction des carreaux où le jour perce à travers, le regard contemplatif, méditant sur ses interrogations qui paraissent à ce moment présent irrésolues.
Ce samedi, l'heure affichant 9h15 du matin, le mentaliste reçoit un coup de fil de la part de Teresa, le timbre de voix annonciateur d'une terrible nouvelle, se redressant immédiatement dans son lit.
-Nous nous trouvons au 4500 Truxel Road sur Arena boulevard, le domicile d'une certaine Shelley Lemkis. On a été averti il y a une heure environ de son homicide. Jane ! La promesse de John Le Rouge a été mise à exécution. Venez !
La supérieure se retourne face au mur sur lequel la figure ronde a été peinte, pouvant lire au-dessus, son nom ainsi qu'en dessous un message adressé personnellement au CBI mais particulièrement au mentaliste.
Chose promise, chose due
Les traits de son visage se figent dus à cette effroyable annonce, au bord de la suffocation de se retrouver confronté à ces insoutenables meurtres, conscient que le sadisme du tueur va redoubler, le provoquant amplement et ainsi du danger qui rode. Il ne peut qu'affronter.
-J'arrive !
Sur place, la vision horrible le chavire émotionnellement, se disant.
« -Ça ne finira jamais ! » observant le smiley dessiné, représentatif de la personnalité de John Le Rouge en tant que meurtrier sinistre, sanglant et pourquoi pas des difficultés sexuelles ce qui expliquerait ce plaisir jouissif à lacérer ces pauvres femmes afin d'assouvir sa soif criminelle, libérant sa frustration qui est de ne pas pouvoir combler une demande normale en tant qu'homme. Une supposition. Ses yeux fixant la tête ronde dont le sang a coulé, Jane se prononce.
-Il prend du plaisir à infliger une douleur physique à ses victimes, psychologique également aux enquêteurs qui les découvrent ce qui enchante sa cruauté.
Brett Partridge se tenant à proximité, y va de son commentaire non désobligeant cependant malgré que son ton décèle du mépris.
-Vous avez loupé votre vocation ! Vous auriez dû être psychanalyste !
-Je peux me considérer comme un comportementaliste.
-Ah ! Oui ! C'est vrai ! Cher mentaliste !
Jane lui fait face.
-Vous ne parvenez pas à m'apprécier.
-Si vous le dites ! Pour l'instant nous sommes sur une scène de crime. Cela serait mal venu de régler nos comptes ici. Ne croyez-vous pas ?
Celui-ci acquiesce, affichant un air agréablement surpris, l'enquêteur médical regagnant un peu de respect par sa conscience professionnelle, humaine curieusement pour lui, expliquant ensuite les blessures multiples, précisant l'âge de la victime qui avait 38 ans.
-Son mode opératoire reste fidèle mais cette fois-ci, la pointe de la lame a répété les lacérations plus profondément au niveau du bas ventre.
Le consultant ne désire pas s'approcher, étant déjà horrifié par la vue des draps déchirés, immaculés de sang.
-C'est pire ce que je ne pensais !
Lisbon, derrière réagit.
-John Le Rouge s'est beaucoup plus acharné que sur les précédentes. Vous avez vu le message ?
-C'est ce qui saute aux yeux comme le symbole. et fait allusion à ce qu'il avait prédit. Son sadisme s'est accru.
-Vous aviez raison.
-Parfois on aimerait avoir tort.
Brett Partridge contemple la méticulosité de la mise en scène comme captivé, s'exprimant sur un ton neutre toutefois.
-Il expose ses meurtres comme un chef-d'œuvre.
Rigsby, Cho relèvent le regard, trouvant sa remarque peu appropriée tandis que Van Pelt fait part de sa pensée.
-Vous pourriez montrer plus de considération envers la victime !
L'enquêteur médical sort de son état contemplatif, se retourne, se justifiant.
-Je fais uniquement une constatation.
Celle-ci ne baisse pas sa garde sans se montrer pour autant agressive.
-Vous pourriez alors le penser dans votre tête. C'est un genre de propos qui met assez mal à l'aise.
-Qui ça ? Vous, agent Van Pelt ?
-Oui. Je crois ne pas être la seule.
-Désolé de m'être exprimé tout haut ! La prochaine fois, je préviendrais. puis s'éloigne mesurément du périmètre dans la chambre.
Grace murmure l'opinion qu'elle a sur Brett Partridge.
-Quelle arrogance ! Il est vraiment exécrable ce type.
Cho va dans son sens, minimisant cependant.
-Ouais ! Mais malheureusement il est compétent. Faut supporter sa bizarrerie. Comme l'a dit Jane, c'est une goule.
Wayne, près, pouffe de rire, l'avortant rapidement afin de ne pas perturber les agents présents et attirer l'attention sur son léger relâchement. Quelques minutes plus tard, le coroner transporte le corps hors de la maison. Les premières informations indiquent que Shelley Lemkis était célibataire, sans enfant, aucun signe distinctif qui aurait pu susciter l'intérêt de John Le Rouge.
« Rien ne déroge à la règle. » comme l'avait dit si justement Lorelei Martins, le mentaliste se remémorant cette phrase lors de leur confrontation dans l'usine désaffectée. Ne pouvant rester une minute de plus à l'intérieur, ses pas le chasse vers l'extérieur afin de respirer, incommodé par ce spectacle qui le rend malade, ressentant de la répulsion envers ces actes inhumains. Après avoir terminé, Lisbon le rejoint, consciente de ce que Jane éprouve.
-Vous tenez le coup ?
Fixant droit devant.
-A votre avis ?
-Je dirais que non.
-Bonne réponse ! puis descend les trois marches du porche de la maison, mains dans les poches, abattu. Nous détenons une liste de six suspects dont un parmi eux a commis cette ignominie et tant que nous n'aurons pas découvert la véritable identité de John Le Rouge, les meurtres augmenteront sans que l'on puisse changer le cours des destins de ces victimes. Il recommencera, encore et encore, le mentaliste se laisse dominer par sa révolte, jubilant de notre impuissance, incapacité à le stopper comme on le voudrait ce qui accroîtra son envie de tuer, de jouer avec nous. son ton s'élève, libérant sa lassitude. J'en ai marre de n'être qu'un pion, espérant qu'un jour enfin nous l'attraperons. Est-ce que ça arrivera ?
Teresa l'écoute, attristée de le voir ainsi, tentant de répondre avec positivité.
-Cela arrivera, Jane. J'en suis….
-Quand ? Vous pouvez me le dire ? Quand ?
Elle affiche un air navré, ne connaissant évidemment pas la réponse ce qu'il remarque.
-Vous voyez ! Vous non plus.
La supérieure prend peur, s'empressant de lui demander ce dont celle-ci craint.
-Vous n'allez pas abandonner après presque onze ans ?
Celui-ci dévoile sur son visage sa désorientation.
-Je ne sais plus, Lisbon.
-Vous ne pouvez pas ! N'oubliez pas que nous sommes une équipe et que nous vous soutenons. Vous n'avez pas le droit de nous laisser tomber! le disant autoritairement mais aussi anxieusement.
Le regard du mentaliste s'apaise.
-Je ne vous laisserais pas tomber. Je suis seulement démoralisé.
Teresa le fixe avec compassion, ajoutant.
-On est là, vous savez.
-Je sais. répondant d'une voix radoucie.
Brett Partridge sort à son tour, saluant respectueusement la supérieur, dépasse Jane puis se tourne.
-Nous allons être amené à nous revoir souvent et très bientôt. John Le Rouge est de retour ! l'exprimant naturellement, le regard vif, pénétrant, inquiétant le consultant. Cela sonne comme une promesse effrayante.
Dès le lendemain, le bureau californien d'investigation est chargé officiellement de l'enquête, ordre de Gale Bertram ce qui va permettre de travailler plus ou moins au grand jour sur la liste des suspects. Les voilà lancé !
