La promesse de John Le Rouge n'a pas faibli vu que ses abominables meurtres sont de plus en plus fréquents depuis la dernière victime durant les jours qui ont défilé, l'équipe se trouvant presque dépassée. Au total, cinq femmes furent sauvagement lacérées en deux semaines, une retenue assassine largement rattrapée, se disent-ils. Un détail a cependant changé celui du nom que le tueur en série inscrit à l'intérieur de cette figure de sang sans doute pour que son écriture soit comparée, un probable indice qui selon Jane est offert par John Le Rouge, détail déjà analysé par le mentaliste auparavant.

« -Si vous trouvez des preuves c'est qu'il le veut et non par négligence car celui-ci ne laisse jamais trace de ses empreintes ni aucun indice. Si par hasard vous en découvrez un, c'est que cette apparente négligence est faite sciemment et qu'il désire que vous la trouviez. John Le Rouge impose ses règles du jeu, nous les suivons. »

Sur ces cinq scènes de crimes, Lisbon demande alors à Brett Partridge de photographier le smiley dans lequel apparemment le tueur a écrit à l'aide de son index, son nom. L'enquêteur médical plaisante alors sur la façon dont le CBI procéderait.

-Avec ceci comme pièce à conviction, vous allez exiger que les suspects potentiels l'écrivent. Tant que vous y êtes, demandez- le-moi puisque je suis suspecté. affichant un sourire moqueur ce qui n'est pas le cas de la supérieure.

-Tiens ! C'est une bonne idée ! Demain, vous passerez au bureau californien d'investigation et ainsi nous pourrons comparer votre écriture à celle qui semble appartenir à John Le Rouge.

Le sourire moqueur s'efface.

-Non mais je blaguais, agent Lisbon.

-C'est drôle ça ! esquissant à son tour un sourire trompeur. En ce qui me concerne, je suis tout à fait sérieuse. Je vous attends à 9h00 tapante. Ne soyez pas en retard ! et s'éloigne, le regard défiant ainsi qu'un air satisfait d'avoir eu le dernier mot en appliquant son autorité.

Avant de partir, Jane rappelle à Partridge, comme si il était atteint d'étourderie, de faire parvenir la photo prise, au CBI, le réclamant sur un ton arrogant ce qui accroisse l'aversion de l'enquêteur médical à son égard, rajoutant en se tournant avant de quitter la pièce.

-Vous avez raison ! Nous sommes bien amenées à nous revoir à fréquence régulière.

Les yeux du suspect le bénissent de toute son antipathie.

-Pas dans les meilleures conditions, je le crains!

Le mentaliste le fixe pendant une brève seconde, cherchant à analyser le sens vague de cette réponse, suspectant à présent quiconque se montrant menaçant par l'attitude. Lorsque l'équipe sort après avoir interrogé quelques voisins habitant le même immeuble que la victime, Ornella Kerwac, deux absents ce soir-là, témoignage confirmé et deux autres qui n'ont rien entendu semble-t-il. De son côté, Jane aperçoit Laroche au loin, étant également sur cette affaire, signalant avec légèreté à ses collègues, Lisbon en particulier, son intention de les rejoindre plus tard ce qui n'échappe pas à celle-ci. Le motif de se diviser la fait réagir étrangement avec pacifisme.

-Qu'est-ce que vous allez faire ?

-Juste lui adresser mon bonjour. le disant d'une manière sournoisement détachée.

-Le virus de la politesse vous a contaminé ? ironisant.

-Je ne le voyais pas sous cet angle.

-Jane, ne plaisantez pas !

L'expression espiègle du consultant se referme.

-Je vais seulement prendre la température afin de voir si le dialogue peut être propice. Ne vous faites pas du mouron ! Je ne suis pas du genre à ce qu'un échange dérape surtout lorsqu'il reste cordial entre adulte intelligent.

-Si, je m'inquiète justement ! Vous ne devriez pas.

-Je vais vous décevoir à nouveau car j'ai envie d'en faire à ma mauvaise tête. puis court à petite foulée tandis que Teresa l'appelle.

-Jane ! et le regarde se rapprocher. Ne pouvant assister à la confrontation, celle-ci part, exaspérée.

Quand il arrive à la hauteur de Laroche, le mentaliste l'interpelle.

-Attendez !

L'agent ne réussissant pas à faire la sourde oreille, pris au dépourvu de cet assaut inattendu, y fait face.

-Oh ! Monsieur Jane ! l'exprimant avec neutralité sans pour autant afficher sa joie de le voir depuis la dernière fois lorsque le consultant lui avait dit qu'il savait qu'il était le complice de John Le Rouge. Pour tenter de le déstabiliser, son air malicieux qui se révèle sur les traits de son visage, lui serre la main comme si de rien n'était, geste qui surprend l'agent, répondant malgré ça mais avec mépris.

-Vous me serrez la main ? Moi qui penser que vous m'éviteriez comme la peste avec un peu de chance ! De vous avoir dans les pattes est un supplice.

-C'est l'hôpital qui se fiche de la charité ! Vous êtes pratiquement dans celles du CBI. Que cherchez-vous vraiment ?

-Je ne fais que mon travail, monsieur Jane. le fixant du regard.

-Lequel ? Celui d'agent ou en tant que serviteur de John Le Rouge afin de l'informer correctement de nos moindres mouvements, décisions ?

-Ecoutez-moi ! se montrant une fois de plus intimidant. Si vous continuez à m'importunez, j'en référerais à votre directeur. Il se peut aussi que vu le comportement que vous adoptez qui est loin de faire l'unanimité, vous valle votre poste de consultant. Vous pourrez ainsi retourner à votre ancienne fonction qui consistait à jouer les faux médiums. Je pense également que votre place serait plus adaptée dans un cirque que dans un bureau d'investigation. Vous pourrez alors sortir votre boule de cristal, installé sous une tente à tenir ce rôle à merveille. Qu'en pensez-vous ?

Jane étire un sourire faux, lui répondant avec une amabilité hypocrite, mêlant une pincée d'humour.

-Malheureusement, enfiler le costume d'une diseuse de bonne aventure, jurerait, ayant une masculinité bien trop apparente. Quoique avec un turban, une perruque….

-Vous me faites perdre mon temps !

-Oh ! Excusez-moi ! le disant ironiquement, paré de son sourire. J'oubliais ! On ne doit pas le gaspiller.

-C'est exact !

-Qu'est-ce que vous devez vérifier ?

-Je ne comprends pas.

-Si, vous me comprenez !

-Je ne m'énerve pas étant d'un calme olympien mais votre insistance me tape, je le reconnais, prodigieusement sur les nerfs. Je crois qu'à force de traquer John Le Rouge depuis toutes ces années, vous a rendu paranoïaque, déboussolé.

-Déboussolé, ça c'est certain !

-Vous devriez arrêtez votre acharnement et garder un souvenir paisible de votre femme et de votre fille.

Son visage se durcit.

-Cela vous rassurez que j'abandonne ! Que John Le Rouge s'ancre dans la tête que jamais je n'abandonnerais même si je devais le suivre jusqu'en enfer ! Quant à ma famille, je trouve votre conseil déplacé venant d'un homme qui s'est lié à celui qui est responsable de leur mort. Vous mériteriez que je vous mette mon poing dans la figure.

Laroche esquivant le regard du mentaliste volontairement, lui murmure à voix basse, calmement.

-Allez reconsulter votre psy ! Vous en avez besoin, monsieur Jane. et l'affronte. Vous êtes quelqu'un de dangereusement instable. Il faudrait vous faire interner pendant un temps indéterminé.

Il sourit nerveusement.

-Comme ça, je ne serais plus une menace, n'est-ce pas ? Espérant aussi que je passe à l'acte en vous mettant mon poing dans la figure ?

-Si vous le dites ! Pour une fois aussi je vous donne raison. Vous ne le seriez plus pour un grand nombre de personne.

-Comme qui ?

-Certains qui ont collaboré avec le CBI, y travaillent, dirigent le bureau californien. insistant en le regardant dans les yeux suite à cette parole. Méditez là-dessus ! et part en direction de l'immeuble, le laissant pensif à propos de, diriger le CBI.

« -Gale Bertram ? »

Quand le mentaliste revient au bureau californien d'investigation, Lisbon s'empresse de lui demander comment fut la tournure de leur discussion.

-J'ai mal mesuré la température. J'aurais dû prévoir un vêtement chaud. le précisant avec une stupéfiante décontraction, inquiétant davantage la supérieure.

-Cela s'est passé si mal ?

-Pas au point de dire, pire mais Laroche ne s'est pas montré des plus coopérant et loquasse.

-Je vous l'avais dit pourtant ! rappelant sa mise en garde sur un ton partiellement mécontent.

-J'avais tort, vous aviez raison. roulant les yeux.

-On a l'impression que vous prenez ceci comme un amusement.

-En aucune sorte !

Elle se radoucie.

-Bon ! Alors qu'est-ce qui vous a dit ?

Le consultant exprime à ce moment son envie soudaine de boire un thé, se précipitant dans la salle de restauration, lui en proposant un ce qui l'exaspère encore.

-Non, Jane, je ne veux pas de votre thé ! répondant en le suivant.

Tranquillement, celui-ci prend la bouilloire, verse l'eau dedans, la remet sur son socle puis appuie sur le bouton afin de la chauffer. Au bout de quelques secondes, sous l'impatience de Lisbon qui trépigne, Jane fait infuser son sachet, le faisant nager et se retourne pour lui en informer.

-Ce que nous savons déjà et qu'il refuse d'avouer.

Teresa écarquille les yeux.

-Parce-que vous étiez convaincu que Laroche allait admettre son lien étroit avec John Le Rouge ?

-Non, bien sûr ! remuant la tête de droite à gauche, toujours en agitant son sachet que le mentaliste finit par jeter à la poubelle. Mais sa façon d'éviter cette évidence, le trahit.

-Vous ne pouvez pas le harceler afin qu'il vous révèle sa complicité ! Laroche est capable de se plaindre à Bertram, provoquant aussi votre mise à pied. Ne lui faites pas ce plaisir de le pousser à bout ! Comment ferions-nous sans vous ?

Le ravissant de l'entendre, Jane sourit avec bonheur, la taquinant toutefois ?

-Donc, vous ne pouvez pas vous passer de moi !

Cet air, son ton l'agace.

-Ne jouez pas sur les mots !

Il exagère, flatté, touché, l'amusant.

-Notre chère Lisbon si indépendante, ne pourrez se dispenser de mes services ! Quel doux chant résonne dans mes oreilles ! avalant au passage quelques gorgées chaudes.

-Vous êtes vraiment insupportable à la longue !

Il devient plus modéré, remarquant sa manière vive de réagir qui d'habitude aurait été légèrement passive.

-Oh ! Voyons ! Je ne faisais que vous charrier.

-Oui mais c'est agaçant parfois et je ne suis pas d'humeur à y répondre !

-Bon ! Très bien ! Désolé ! Je vous trouve susceptible.

-Je suis un peu à cran. Nous avons cinq victimes sur les bras, tuées avec une extrême violence par John Le Rouge et vos gamineries me tapent royalement sur le système !

-Ah ! Vous êtes la deuxième à me le dire. prête à le laisser seul, toujours exaspérée, Jane fait allusion au directeur du CBI. Laroche m'a fait comprendre que si je continuais à le persécuter ainsi, je pourrais effectivement le regretter.

Elle revient sur ses pas.

-De quelle façon ? l'anxiété est palpable sur son minois.

-D'en référer à Bertram directement.

-Vous voyez, je vous l'avais dit !

-Je sais, je sais. le disant sereinement contrairement à Teresa.

-Je vous ordonne dorénavant de cesser tout ce qui serait susceptible d'être pris pour du harcèlement aggravé !

Il pose sa tasse, se défendant.

-Harcèlement aggravé ? Vous y allez fort ! Je ne conçois pas ma manière d'agir qui serait jugée comme du harcèlement.

-Vous, non ! Mais Laroche, oui.

Le mentaliste sourit, reprenant sa tasse afin de la faire se raviser sur son ordre.

-Enfin, je…

-Non, Jane ! répond-t-elle fermement. C'est moi qui commande, je suis votre chef que cela vous plaise ou non, point final !

Son expression se modifie, dévoilant un petit garçon blessé dû à son comportement adopté envers lui, s'inclinant.

-D'accord ! Je ne ferais rien qui vous contrarie.

-Vous avez intérêt à tenir cet engagement !

-Je vous le promets.

Celle-ci le blesse un peu plus encore, se montrant vexante, l'exprimant sur un timbre de voix assez dur.

-Vos promesses sont des paroles dans le vent ! puis quitte la salle, revenant dans le secteur des agents que la supérieure supervise, s'adressant à eux, s'étant tous rendus compte de son humeur irritable.

-Demain nous commencerons à interroger Brett Partridge que j'ai convoqué à 9h00, faisant partie de la liste des suspects afin de comparer son écriture à celle de John Le Rouge que celui-ci a inscrit sur le mur.

-Bien, patron !

Avant de regagner son bureau, elle jette un regard indifférent en direction de Jane qui se sent poignardé, déversant le reste de son thé dans l'évier, trouvant son goût amer.

Le lendemain à 8h55, l'enquêteur médical se présente en avance, le CBI ayant l'entier contrôle sur cette enquête, pouvant interroger ceux que le bureau californien juge d'être des suspects suite à la permission de Gale Bertram qui a donné son consentement lorsque celui-ci les chargea d'office sans se douter que la liste leur sert de marche à suivre. Dans la salle d'interrogatoire, sous les yeux attentifs du consultant, de Van Pelt, placés derrière la vitre teintée qui les sépare tandis que Lisbon, Cho font face à Partridge, l'interrogeant. Rigsby apporte la photographie prise sur les lieux du crime, reçu hier dans la soirée, avant de rejoindre ses collègues de l'autre côté pour assister à la série de question en tant qu'observateur également. Jane scrute l'écran, attendant de voir si l'écriture correspond. Son cœur palpite avec angoisse.

-Où êtiez-vous durant les nuits du 22, 24, 26, 30 octobre ainsi que le 2 novembre ?

-Chez moi comme tous les soirs. s'exprimant avec certitude.

-Quelqu'un peut en témoigner ?

-Qui voulez-vous qui témoigne de ma présence ? J'étais seul.

-Pas de coup de téléphone, de visite ?

-Juste le livreur de pizza. Je passe presque chaque soir, commande.

-Le nom de ceux qui vous livre. le demandant avec fermeté mais aussi posément.

Partridge se frotte la tempe, réfléchissant, également anxieux de ne pas s'en rappeler ce qui est le cas.

-En toute honnêteté, je n'en sais rien. Il faudrait que je regarde sur le prospectus que j'ai.

-D'accord ! Donnez-moi les clés de chez vous ! les réclamant le plus naturellement, stupéfiant le suspect qui se questionne, perdant de son assurance.

-Pourquoi ?

-Afin que l'on aille le chercher.

-Je pourrais y aller.

-Vous êtes suspecté de cinq meurtres. Tout présumé coupable ne peut être libéré lors d'un interrogatoire en cours.

-Vous plaisantez ?

Cho, impassible, lui répond, non.

-Vous me traitez comme un criminel alors que nous travaillons au sein du même bureau d'investigation ! se montrant à la limite de l'indignation.

Lisbon n'exprime aucune compassion, ni indulgence.

-C'est ça ! Sois vous me donnez les clés soit nous obtiendrons un mandat de perquisition afin de fouiller votre domicile. C'est comme vous voulez !

-J'y crois pas ! écœuré par cet ultimatum et également par le comportement impartial des agents, capitulant en sortant ses clés de sa poche, les posant sur la table, révolté.

-Les voilà !

La supérieure les donne à Kimball, ordonnant de les remettre à Rigsby, chargé de cette mission avec l'aide de Van Pelt.

-Bien, patron !

Lorsqu'il s'y rend, celui-ci transmet les ordres.

-Tiens ! Lisbon veut que toi et Grace vous vous rendiez chez Partridge. lui tendant l'adresse indiquée dans le dossier d'information.

Kimball les relaye alors, restant avec un Jane silencieux pendant que Teresa finit l'interrogatoire.

-Vous êtes assez adroit avec des scalpels. Vous avez une excellente connaissance pratique en ce qui concerne la médecine. Malheureusement pour vous, vous représentez un coupable idéal.

Cela lui déplait fortement.

-Eh ! Entendons-nous bien, agent Lisbon ! J'ai peut-être le parfait profil comme vous me l'avez déjà fait comprendre la dernière fois et même si vous renchérissez sur vos soupçons qui pèsent sur moi, je peux vous affirmer que je n'ai pas l'instinct dont vous m'accusez ! Je travaille avec le CBI depuis quelques années. Vous me connaissez ! se montrant convaincant.

Teresa le regarde impassiblement, répondant sur un ton posé cependant à nouveau.

-On ne connait jamais la véritable nature des gens en général.

L'enquêteur médical baisse la tête brièvement comme vaincu, déçu puis la relève, se défend, la défiant du regard.

-Je peux vous le prouver ! Comparez mon écriture à celle de John Le Rouge puisque j'ai été convoqué pour ça ! N'est-ce pas ?

-En effet ! ne baissant pas les yeux, imperturbable à priori.

Lisbon avance une feuille, ramène à côté de son bras droit la photographie et lui tend un stylo, lui reprenant subitement.

-Attendez ! puis fait signe à Cho de le remplacer durant un bref instant afin d'aller chercher un stylo d'encre rouge. lorsqu'elle revient, le suspect surveillé par un Kimball qui ne relâche pas sa garde, Teresa le pose sur le papier. Vous pouvez écrire maintenant ! restant debout.

L'ayant observé avec attention, Jane à la conviction que Brett Partridge est innocent ce qui le confirme lorsque celui-ci écrit sur la feuille, John Le Rouge qui sera toutefois transmis à un graphologue afin d'obtenir une confirmation définitive. L'enquêteur médical jubile lors de cette première comparaison dont il pourrait, selon Lisbon, déguiser sa propre écriture, remarque qui le fait sourire.

-Vous êtes de mauvaise foi !

-Peut-être mais nous devons tout envisager. Mais vu que la ressemblance à première vue n'est pas flagrante, je n'ai aucune raison de vous retenir ici. Vous êtes libre !

Le suspect se lève, affichant un air satisfait, la narguant presque.

-Merci, agent Lisbon ! Agent Cho !

Elle l'appelle.

-Oui.

-N'oubliez pas que nous vérifierons votre emploi du temps de ces cinq soirées !

-Je n'en doute pas ! et quitte la salle d'interrogatoire.

Teresa, sans attendre, demande à Kimball de faire parvenir l'écriture, accompagnée de la photo, au service de graphologie pour savoir si celle de Partridge est fidèle, non factice. Il s'exécute. Le mentaliste sort de la pièce afin de rejoindre Lisbon dans la salle, livrant ses conclusions.

-Ce n'est pas John Le Rouge !

Tout en rangeant, celle-ci lui répond sans élever le regard à sa hauteur.

-Il semblerait. Toutefois, mieux ne vaut jurer de rien !

Jane tente ensuite de crever l'abcès, cette distance que Teresa a mise entre eux deux depuis hier.

-Pourquoi vous m'ignorez ?

-Je ne vous ignore pas. et le regarde, maintenant ce qui est prétendu.

-Si. J'ai l'impression que vous me punissez des fautes de conduite que j'ai commises ainsi que par rapport à mes prises de risques irresponsables.

-Ah ! Vous en prenez conscience à présent.

-J'en ai toujours été conscient mais par fierté, je préfère jouer les insouciants.

-Vous n'avez pas besoin de le jouer, vous l'êtes ! puis quitte la salle sans se retourner, laissant le mentaliste dans le désarroi, se sentant incompris par celle qui avait appris à le percevoir tel qu'il est.

En fin de journée, la demande prioritaire qui est d'étudier les deux écritures, sont renvoyées au CBI. Van Pelt lui remet l'analyse finale du graphologue qui apporte confirmation. Aucune comparaison possible, écriture du suspect authentique, non imité. L'équipe peut alors envisager de l'exclure de la liste, Jane l'ayant déjà évincé. Lorsque Grace revient à son bureau, s'assoit, l'agent regarde Rigsby assit au sien, en fait de même, chacun timidement avec discrétion, se remémorant la matinée durant laquelle ils partirent en direction du domicile de Partridge, fouillèrent à l'intérieur, trouvant après plusieurs minutes le prospectus en question, le prenant sans découvrir par ailleurs quoique-ce soit qui aurait pu l'incriminer. A l'extérieur, regagnant la voiture, bouclant leur ceinture de sécurité, Wayne ne put contenir ce qu'il ressentait, étant libre d'exprimer ses sentiments qui n'ont jamais disparus, son statut de père célibataire lui permettant, ayant rompu avec la mère du petit Ben suite à une affaire à laquelle il avait dû se faire passer pour mort, celle-ci ne l'ayant pas supporté. Les paumes des mains moites posées sur le volant, Rigsby se prépara à déclarer ce que celui-ci éprouvait tandis que Van Pelt s'étonnait qu'il n'ait pas encore démarré, le voyant nerveux.

« -Qu'est-ce que tu as ? »

Son regard fixait le volant, les paumes glissèrent dessus, penchant la tête en arrière, respirant profondément. Il se tourna vers elle, prononçant des mots décousus sous l'air interrogatif de Grace. D'un coup, la parole se débloqua, sa déclaration devint plus que cohérente.

« -Je dois te le dire autrement je ne sais pas si j'en serais capable dans les jours à venir ou voire même les semaines. »

« -Wayne ! Dis-le moi ! »le brusquant gentiment ce qui le rendit encore plus nerveux mais se lança.

« -Je t'aime, Grace ! Je n'ai jamais cessé de t'aimer. Voilà ! »tapotant le volant avec sa paume gauche, éprouvant un grand soulagement.

Van Pelt le fixa, la stupéfaction se lisant sur son visage. Rigsby sentit soudainement une main se déposer sur sa joue, se tourna, remarquant les yeux noisettes en amande de sa belle, emplis d'une sincère émotion, dans lesquels on devinait que ce sentiment était partagé, lui prouvant en l'embrassant. Elle ajouta ensuite.

« -Je t'aime aussi, Wayne. » puis le baiser s'intensifie, réunis à nouveau pour de bon cette fois-ci.

A leur poste respectif, tous deux laissent paraître légèrement en y repensant, du rose aux joues, souriant furtivement, têtes baissées sans que quiconque ne s'en rende compte y compris Cho.

20h02, Lisbon enfermée dans son bureau, remplissant la paperasse habituelle, est interrompue par une série de frappement à la porte, regarde sa montre, s'étonnant que quelqu'une d'autre soit présent à cette heure, donnant malgré tout la permission d'entrer. La porte s'ouvre, est poussée, Jane apparait, prudent.

-Bonsoir. le disant avec timidité étrangement, se montrant plus expansif d'habitude mais vu l'attitude distante de Teresa, il sort la carte de la modération.

-Vous m'autorisez à entrer ?

-Je ne vous l'ai jamais interdit jusqu'à présent. répondant sur un ton un peu strict.

-Je peux m'asseoir ?

Ses sourcils se haussent, surprise de demander son autorisation.

-Vous avez perdu de votre spontanéité ?

-Disons que je choisis de marcher sur des œufs avec vous!

-Parce-que vous me craignez ?

Il s'assoit face à elle.

-Je dirais passablement refroidi. Lisbon émet un, ah ! sachant la raison et rebaisse la tête dans les papiers. Pourquoi m'en voulez-vous ?

Son visage se relève, jouant les ignorantes.

-De quoi vous en voudrais-je ?

-Je n'aime pas que vous jouez les indifférentes avec moi. affichant une expression de désolation. Libérez ce que vous avez sur le cœur ! Je déteste ce froid qui s'est glissé entre nous.

Lisbon se décide, posant son stylo.

-Bien ! Je déteste ça moi aussi, je vous rassure.

-Alors pourquoi ? Nos rapports ont toujours été francs.

-Francs ? Vous croyez ? ne partageant pas son avis. Vous avez la mémoire courte ! Vous oubliez vos petits coups en douce.

Le mentaliste acquiesce.

-Je l'admets ! Même si c'était pour la bonne cause.

-Ben voyons ! puis se lève, élevant le ton légèrement. Vous pensez également que ce serait pour la bonne cause, s'agissant de John Le Rouge ?

Il s'exclame.

-C'est ça ! levant son index droit en sa direction.

-Oui, je l'avoue ! lui répondant sur un timbre de voix vif.

Jane se lève à son tour, se place face à elle, modifiant son air malicieux en un plus sobre, la regardant avec considération.

-De quoi avez-vous peur ?

-Que vous preniez les devants et vous vous jetiez dans l'antre de John Le Rouge ! Je sais de quoi vous êtes capable ! celui-ci s'éveille, prenant conscience que les femmes de caractère comme l'était Lana Ganaëlle ainsi que Lisbon, ont pu le percer à jour d'une manière évidente. Nous sommes sans doute proches de l'attraper, n'ayant eu cette opportunité jusqu'à maintenant et vous seriez prêt, je suis sûre, à braver le danger, quitte à vous sacrifier si c'est pour le neutraliser radicalement.

Ses yeux pénètrent les siens, faisant preuve de sincérité.

-C'est vrai ! Rien que pour la satisfaction de le voir mourir, souffrir comme il l'a ressenti d'une façon jouissive lorsque John Le Rouge a assisté à l'agonie de ma femme et de ma fille. J'accomplirais une forme de délivrance pour leur âme, la mienne même si elle ne le sera jamais complètement. Teresa le regarde avec empathie, compassion, émue. Cependant, je souhaiterais éviter d'en arriver là. s'exprimant sur un timbre qui marque un humour spécial.

-Je ne veux qui vous arrive malheur. Nous tenons... je tiens à vous. l'expression de Lisbon et Jane se modifient, le consultant percevant dans sa rivière d'émeraude, ce tendre, profond attachement éprouvé à son égard qui a basculé vers des sentiments qui se dévoilent dans ses yeux qui ne peuvent dissimuler l'amour qu'elle ressent pour lui. Si vous commettez cette erreur, je ne vous le pardonnerais pas ! cherchant à ravaler ses larmes visibles qui débordent presque dans son regard.

Se tenant, le dos collé contre la porte, Patrick s'approche de Teresa, tend sa main droite qui se pose sur sa joue, la caressant du bout des doigts tendrement, séchant au passage une larme qui coule. Les mains encadrent ensuite son joli minois, se regardant avec intensité, émotion, le cœur de Lisbon s'accélère ainsi que celui du mentaliste qui franchit la ligne mais aussi celle d'un changement sentimental important non comparable à sa liaison entretenue avec Lana malgré ce rapprochement marquant. Ses lèvres embrassent alors la bouche de Teresa, un baiser doux, chaste, ne désirant aucune précipitation toutefois. Ils ferment leurs paupières, savourant ce délectable échange sentimental durant quelques secondes. Patrick la rassure, se déclarant d'une manière réservée.

-Je tiens à vous, Lisbon. après avoir libéré ses lèvres des siennes, l'étreinte relâchée, celui-ci ajoute. Je ne veux pas risquer de vous perdre.

Elle le fixe intensément, sous le choc de ce qui vient de se produire, n'imaginant un tel revirement de situation. Jane sort du bureau, désorienté comme Teresa, sachant indubitablement que leurs rapports ont pris un tournant décisif dans leurs futures relations. Sont-ils prêts, contrairement à Rigsby et Van Pelt ? En tout cas, l'équipe l'est, devant affronter six autres exécutions, signées John Le Rouge quelques jours plus tard, son nom toujours inscrit à l'intérieur, étant considéré comme un nouvel élément. Voudrait-il que le CBI se rapproche de lui au point de se démasquer à la clarté du jour si son écriture peinte au sang était identifiée ? Le maître du jeu ne divulgue que ce qu'il accepte de divulguer pour une raison précise. Qui sait ?

Jane face à ces horreurs, ne peut rester de marbre.

-Quelle barbarie !

De son côté, Brett Partridge, faisant son travail, blanchi de cette suspicion et après que le CBI ait vérifié ses alibis, celui observe néanmoins. Rigsby, Cho informent leur supérieure qu'ils n'ont rien trouvé bien évidemment, le tueur en série ne laissant jamais aucun indice.

-Cela m'aurait étonné ! le téléphone de Lisbon sonne, s'éclipsant temporairement de la chambre de la onzième victime en quelques jours seulement.

-Oui.

-Patron, j'ai trouvé des informations concernant les femmes qui ont été tuées par John Le Rouge. Je n'ai découvert aucune particularité qui pourrait les relier.

-Comme la plupart du temps !

-Désolé ! affichant un air navré.

-Merci, Van Pelt !

-A votre service, patron ! puis rejoint le reste de l'équipe, le mentaliste sentant sa contrariété, frustration qui se lisent sur son visage.

-Mauvaise nouvelle ?

-Votre sixième sens est bien aiguisé !

-Je peux le ressentir au timbre de votre voix. et tourne la tête en sa direction, étirant un sourire réservé, Teresa mal à l'aise d'affronter son regard, l'esquivant d'une façon naturelle, légèrement embarrassée, troublée par rapport à hier soir, ce baiser échangé dans l'intimité de son bureau sous une lumière tamisée.

-Cela ne vous surprend pas !

-John Le Rouge tue pour exprimer sa supériorité, le moi de l'ego afin d'obtenir comme on le sait, reconnaissance. Ce qu'il l'excite est de voir la souffrance naître dans le regard de ses victimes ainsi que leur mort, démunis de courage, volonté, combattivité. Le point commun qu'elles pourraient avoir est la faiblesse, vulnérabilité comme les disciples qu'il enrôle, facilitant son exécution. John Le Rouge les surprend par surprise, n'ayant pas alors le temps de se défendre. fixant le smiley dessiné sur le mur, pensant à ce moment à sa famille.

Peu après, les yeux de l'enquêteur médical ainsi que ceux de Jane se croisent, se défiant mutuellement. Ceci le rend inconfortable, sentiment indéfinissable, inexplicable. Lisbon le déconnecte de son état méditatif.

-Il n'y a plus rien à faire. On y va !

-Hein ?

-Vous vous sentez bien ?

-Oui. Excusez-moi ! J'étais dans la lune en train de rêvasser.

Elle le contemple, se questionne, se demandant si cette absence à avoir avec l'enquête en cours, étant impliqué personnellement.

-Vous êtes sûr que vous allez bien ?

-Oui. étirant un sourire furtif afin de sauver encore les apparences pour masquer ce qui le contrarie bizarrement.

Dehors, le consultant aperçoit tout en s'approchant de la voiture, Laroche qui rentre dans l'habitation, ne le lâchant du regard, l'agent jetant un œil rapide qui soutient le sien. Lorsque l'équipe arrive au CBI, Grace se dirige vers eux, s'adressant à sa supérieure au sujet des onze victimes.

-Après vous avoir appelé, j'ai approfondi les recherches concernant toutes ces femmes. J'ai constaté qu'elles étaient toutes célibataires et il semblerait aussi qu'elles étaient solitaires.

-De la famille ?

-Apparemment plus de liens qui les rattachaient. J'ai essayé de contacter certaine d'entre elle mais je n'ai obtenu aucun résultat. Soit les informations étaient erronées soit les coordonnées ne correspondaient pas. Des homonymes.

Le mentaliste assit sur le canapé, déduit vite.

-Elles sont seules, facilement repérables, l'accès à leur domicile ne représente aucune difficulté pour s'y introduire… et se lève soudainement en pleine réflexion. Il sélectionne une catégorie de femme qui mène une vie solitaire, peu sociable. Rigsby l'interrompt.

-A quoi tu vois ça ?

-Elles paraissaient être attachées au cadre dans lequel les victimes vivaient, pressées certainement de retrouver leur chez soi chaque soir après le travail, le considérant comme un refuge afin de s'isoler du monde extérieur. Pour ce qu'il est beau de toute façon ! Malheureusement, il ne les a pas protégés du mal qui subsiste.

-Mais si tu dis que John Le Rouge les sélectionne, c'est qu'il les repères.

Jane esquisse un sourire satisfait grâce à Wayne.

-Tout juste !

Van Pelt donne son point de vue.

-Quelques-unes l'étaient concernant ses précédentes victimes.

-Que quelques-unes uniquement ! Cette fois-ci, ces femmes le sont toutes. Ce n'est pas un hasard.

-Cela peut nous mener où ? ne comprenant la logique du tueur.

-Cette manière de repérer ne vous rappelle rien ?

-Kimball se montre réactif dans la seconde.

-Russell Kerban.

-Exactement !

Lisbon est assez sceptique.

-Ça voudrait dire que John Le Rouge le copie ? Enfin ! Il n'a jamais copié personne, n'existant que par lui-même.

-Vous avez raison. C'est aussi d'ailleurs par cette faute naïvement commise que Russell Kerban fut éliminé et afin de ne pas révéler l'identité de celui en qui il croyait, en sa sincérité aveuglement.

-Si il s'avérait que votre supposition soit irréfutable, pourquoi s'amuser à procéder de cette façon qui d'ailleurs est assez comparable à la sienne ?

-Oui, c'est vrai. Mais là où il le copie est en rapport avec ces femmes, leur statut.

-Et….

-Elles sont insignifiantes à ses yeux. John Le Rouge aime les défis comme avec les victimes. La simplicité ne le stimule pas, optant pour la complication. les agents commencent à comprendre excepté la motivation de cette méthode. Jane leur explique. Ce n'est qu'un échauffement malgré onze victimes comptés à ce jour, je vous l'accorde ! Elles ne sont que des mises en bouche. La douzième sera significative.

Wayne pose cette question.

-Pourquoi la douzième ?

-Le cycle de l'heure.

Cho se montre décidément performant.

-Quand l'aiguille fait le tour du cadran complet, débute ensuite un nouveau.

Rigsby, saisit.

-Ah ! Comme, 12, 24, 48h...

-Bravo! Esprit efficace!

-On se défend, on se défend ! le disant pour deux, affichant une expression ravie.

Teresa prend la parole.

-Qu'est-ce ça représente concrètement ?

-Le nombre total des prochaines victimes que John Le Rouge prévoit de tuer. 12, 24, 48 sont des tranches compilées à un cycle.

-Vous pensez qu'il ira jusqu'à exécuter quarante-huit personnes ?

-Je le crains ! Du moins si il n'a pas ce qu'il veut à temps. C'est une sorte d'avertissement.

-Qu'est-ce qui vous le fait dire ? John Le Rouge l'aurait signalé vu qu'il était significatif comme vous le soulignez et qu'il envisage cette pourchasse comme un jeu.

-Cette fois, c'est à nous de deviner. Les règles se sont compliquées exprès. Etant au courant de la liste, il sent que l'on se rapproche de lui, même si ça l'amuse mais jusqu'à une certaine limite qui ne doit pas être dépassée.

-Comptant principalement sur vous pour trouver.

-Nous sommes des pions. Il décide à quel moment nous pouvons avancer comme maintenant. Ce cycle dont nous parlons me rappelle ce poème, la forêt des horloges. Lorsque je me suis retrouvé dans cette usine, John Le Rouge a fait référence au temps qui s'écoule quand il retenait Lana Ganaëlle. Je m'en rappelle encore. Tic, tac, tic, tac, le temps menace. C'est à peu près pareil.

Van Pelt demande qui d'après lui sera la prochaine, répondant.

-Tu devrais plutôt dire le prochain.

-Un homme ?

-Message qui prendra un sens évident pour John Le Rouge. Si celui-ci arrive à 24 voire au pire 48, les derniers seront des hommes.

Dans la tête de Lisbon, à cet instant, cette signification désigne son ultime proie, devinant intuitivement l'élu, cette pensée lui étant insupportable. Chacun se regarde, concluant à l'air grave du mentaliste qu'il serait désigné d'emblée comme la prestigieuse victime. Wayne prononce courageusement ceci.

-C'est toi qu'il veut ?

Jane hoche la tête, ajoutant.

-Comptant passer à l'acte. Aucune échappatoire est prévu cette fois, désirant à tout prix son heure de gloire.

Le 13 novembre, le CBI se rend sur le lieu d'un crime, commis par John Le Rouge, attestant que la douzième victime est bien de sexe masculin, se rappelant de sa discussion avec le mentaliste il y a six jours, en soirée. L'équipe, Lisbon surtout, est affligée. Elle veut éviter que le pire se produise après cette journée où Jane avait exposé le cycle de l'heure.

Le mentaliste, Teresa restent ce soir-là, tardivement au CBI, celle-ci devant faire un rapport de cette journée, paperasse oblige. Etant sur le point de terminer, Jane entre alors dans son bureau, portant deux tasses dans les mains, une de thé, l'autre de café, les posent puis s'assoit ensuite face à elle, patientant.

-C'est bouclé ! éprouvant une satisfaction libératrice qui se révèle sur son visage. Lisbon prend sa tasse, avale quelques gorgées caféinées, celui-ci en faisant autant avec son thé à la camomille, se désaltérant le palais, jambes croisées élégamment. Il pose sa tasse peu de seconde plus tard et s'adresse à Teresa, décontracté.

-Vous voulez que nous parlions d'aujourd'hui ?

Celle-ci le regarde, épatée de sa perspicacité, répondant comme si ce n'était pas le cas.

-Qu'est-ce qui vous dit que j'ai envie de parler ?

-Votre petit air préoccupé que vous ne réussissez pas à dissimuler.

-Quel observateur, dites-moi ! esquissant un sourire amusé avant de reboire quelques gorgées de café chaud, reposant la tasse peu après, reprenant une expression sérieuse. Ce que vous avez exposé m'inquiète, je ne le nie pas. Malgré ça, je me demande si il y aurait une infime chance que vous vous trompiez ?

Le mentaliste prend sa tasse à son tour, incline la tête sur la droite, écarquillant les yeux qui expriment.

« -J'en doute ! »

Lisbon comprend, baissant à moitié son regard.

-Bien sûr ! le disant sur un ton résigné.

-Je souhaiterais pourtant. laissant échapper un soupir.

-A quelle fréquence vous supposez que John Le Rouge tuera ce nombre de victime si ça arrive ?

Sa tasse tenue toujours dans sa main droite.

-Régulière, je pense. Mais de là à vous le prédire avec exactitude, désolé, je ne suis pas devin.

Ils sourient à cette remarque, tendus, submergés par une angoisse justifiée due à la réapparition du tueur en série, de la perpétration de ses meurtres.

-En toute circonstance, vous conservez une pincée d'humour. Comment faites-vous ?

-Comme l'a dit si justement le psychologue qui m'a suivi, Erwett Lundit, c'est une arme qui me permet de surmonter les épreuves. Un remède efficacement prouvé !

-Je devrais peut-être y être initiée.

-Vous voulez que je vous l'enseigne ? la regardant sensiblement.

Elle le fixe d'une façon similaire.

-Cela m'aiderait, qui sait ? puis boivent en même temps leur boisson chaude respective, se sentant à la limite confortable, la chaleur se diffusant dans l'ensemble de leur corps grâce à leur compagnie mais aussi à cette conversation ouverte. Plusieurs minutes plus tard, l'heure indiquant 20h32, ayant fini leur consommation, Jane et Lisbon se lèvent dans l'intention de partir. Avant de quitter le bureau, elle ajoute.

-Je ne veux pas qu'il vous arrive quoique-ce soit. se refusant à prononcer le mot, malheur.

-Moi non plus, je vous rassure ! adoptant une attitude souple pour ne pas dramatiser l'instant présent. il devient néanmoins gêné lorsque celui-ci tente d'aborder le sujet à propos du baiser échangé hier, baissant la tête. Je… Vous…. Concernant, vous savez…. . lui faisant comprendre.

Teresa se montre embarrassée également, arrivant cependant à coordonner une suite de mots cohérents, détournant brièvement le regard.

-Oui. Euh ! Je préférais éviter d'en discuter pour le moment. Il est évident, enfin je crois, que nous avons exprimé une éventuelle attirance réciproque. le regardant, incertaine, de crainte qu'il ne réponde qu'elle se trouve dans l'erreur.

-Je pense la même chose. le déclarant sans hésitation ce qui stupéfait merveilleusement celle-ci qui étire un sourire furtif, désirant rester prudente malgré ses aveux sincèrement affirmatif révélés à cette seconde. Voici ce que je propose. Afin de faciliter nos rapports, maintenons ce qui existe déjà entre nous.

Ceci la soulage, l'esprit étant quand même confus, déstabilisé, sentiment contradictoire avec ce que Teresa ressent mais raisonnable, reconnait que c'est la solution à appliquer, approuvant.

-C'est une bonne idée, Jane. puis l'embrasse sur la joue avec douceur, amour, pudiquement soit-il.

-Je le pense aussi. le regard aimant, respectueux, compréhensif, baisant tendrement sa main.

-Merci.

-Je vous remercie également. éprouvant cette confusion pareillement, quittant en premier le bureau, sachant indéniablement que leur amour ressenti est partagé.

Cela vous a plu?...