Sur le lieu du crime, Lisbon pense avant tout à cette victime masculine, l'exécution significative de John Le Rouge à son grand dam. L'homme exécuté s'appelait Ron Worthwright, dentiste, âgé de 46 ans, divorcé. Son cadavre git à terre, recouvert d'un drap blanc afin de cacher l'épouvantable massacre ainsi que sa nudité, apparemment habitué à dormir nu.
« -Aurait-il eu une relation sexuelle juste avant sa mise à mort ? » s'interroge l'équipe.
D'après le mentaliste, ayant observé les moindres détails, non. La victime portait encore son alliance, signe d'un ex-mari toujours amoureux de son ex-épouse, refusant de tourner la page pour le moment. Un seul oreiller posé sur le lit, tube de somnifères placé en évidence sur la table de chevet, preuve de son insomnie à répétition, son état moral peu disposé à entamer n'importe quelle liaison. Cela se confirme lorsque Van Pelt informe Lisbon par téléphone quelques minutes plus tard suite à une demande de renseignements concernant la vie passé de cet ex-époux.
-Je vous écoute !
-Ron Worthwright a été marié durant douze ans et a divorcé il y a deux ans. Aucun enfant ensemble quant à son ex-femme, celle-ci s'est remarié il y a six mois. Elle vit à San Francisco maintenant. ajoutant. Je déteste annoncer ce genre de nouvelle.
-Je vous comprends ! puis regarde le mur sur lequel le smiley a été peint plus un message écrit sur une feuille qui fut enlevé.
Douze coups frappés
Sonne, sonne, sonne l'heure…
Serez-vous m'attraper ?
Teresa se dit en contemplant la macabre scène.
« -Mieux vaut que vous ne voyez pas cette horreur ! » Merci pour ces informations !
-A votre service, patron !
La supérieure donne ensuite la confirmation de ce que Jane avait bien analysé.
-Vous aviez raison.
-Elémentaire, ma chère Lisbon ! pensant en ciblant la victime du regard avec compassion.
« -Un pauvre innocent malheureux en amour, tué gratuitement. »
Quant à Teresa, celle-ci répond à la phrase du tueur en série dans sa tête.
« -Tu parles que l'on va t'avoir, salopard ! »
Lorsqu'ils reviennent au CBI, Lisbon décide de convoquer tous les suspects, que cela n'en déplaise à Bertram qui se montrera indigné indubitablement par sa façon d'agir mais à ce stade, elle s'en moque éperdument car les atrocités ont assez duré. Cela doit cesser ! Alors que Brett Partridge n'est pas au programme de cette future convocation, le mentaliste s'interpose.
-Vous devriez le faire venir afin qu'il soit interrogé comme les autres.
Teresa est intriguée malgré qu'elle ne soit pas réticente à cette idée.
-Pourquoi ?
-Je ne saurais définir si celui-ci m'a en horreur ou bien si il est méfiant vis-à-vis des soupçons précédents qui ont pesé sur lui.
Rigsby se range à son impression, le soutenant ainsi que Cho.
-Bon ! Je vais le convoquer également, n'étant pas convaincue à cent pour cent aussi. puis donne l'ordre suivant à Van Pelt. Convoquez-moi les suspects de la liste sans exception ! faisant allusion au directeur du bureau californien que Grace s'empresse, embarrassée, de demander.
-Même Gale Bertram ?
Sans faire preuve d'indulgence.
-Même lui ! Les uns comme les autres, ils sont tous suspectés d'être John Le Rouge. Alors pas de quartier ! Aucun favoritisme n'est possible ! Notre devoir est de mener cette enquête à son terme avec intégrité, impartialité. Nous sommes certainement sur le point de toucher enfin au but et démasquer celui qui se cache derrière. chacun acquiesce, Jane admiratif de l'aplomb, de la détermination de Lisbon qui veut attraper le diabolique qui sévit depuis presque seize ans déjà avant qu'il n'attrape celui qui fait partie intégrante de sa vie professionnelle mais également sentimentale. Le perdre serait un effondrement émotionnel dont sa capacité à remonter la pente serait insurmontable. Je veux les voir ici à 9h00.
-Tous ? s'étonne Van Pelt.
-Oui, tous.
-Ils ne pourront peut-être pas se libérer. le disant d'une manière réservée.
-Ça, c'est leur problème ! se montrant intraitable. Il y a douze victimes au total et je souhaiterais minimiser le nombre des prochaines si l'on a de la chance.
Elle charge ensuite Rigsby, Cho de se rendre chez visualise pour en avertir Bret Stiles. Le mentaliste déduit alors que lui et Lisbon seront chargés de leur côté d'aller voir Kirkland, s'y opposant spontanément, levant encore le doigt, assit sur le canapé.
-Si ça ne vous fait rien, je préférais que l'on échange. Je ne tiens pas à me retrouver face à lui vu que je l'ai été.
La supérieure ne montre aucune objection.
-D'accord ! et s'adresse à Wayne, Kimball, soupirant cependant au banal caprice du consultant. Vous et Cho iraient donc voir Kirkland quant à moi et Jane, iront chez visualise. puis se retourne en direction du mentaliste. Cela vous va comme ça ? s'exprimant légèrement agacée.
-Parfait ! baissant la tête afin de ne pas l'exaspérer davantage, répondant sur un timbre de voix timide.
-Bien ! Van Pelt, faites votre possible pour les rassembler au complet. A y réfléchir, convoquez-les à des heures différentes. Si l'un d'entre eux ou plusieurs ne peut pas venir à l'heure exigée, proposez en fin de journée, début de soirée.
Grace la regarde, déroutée tant ses ordres dont dictés d'une manière vive et surtout les voir convoquer le même jour ce qui semble difficile pour l'agent, faisant la remarque timidement.
-Vous prévoyez de les interroger tous en un seul jour ?
-C'est faisable si l'on n'a pas une treizième victime sur les bras. puis se radoucie à son égard, raisonnable. Faites ce qui est possible.
Van Pelt sourit d'une façon réservée à nouveau malgré son soulagement, volontaire toutefois.
-Je ferais tout mon possible.
Teresa sur le départ, fait signe à Jane.
-Allez ! On y va !
Celui-ci se lève rapidement se demandant si les rôles ne se sont pas inversés à ce moment, paraissant plus calme qu'elle ne l'est alors que cela devrait être plus ou moins le contraire. En partant à leur tour du CBI, juste avant, Wayne lance un coup d'œil discret à Grace, souriant, amoureux, ayant tous deux passés la nuit récemment ensemble ce qui se rajoute à leur bonheur. De son côté, le mentaliste ne s'embarrasse pas à exprimer ce qu'il pense de l'attitude énergique de Lisbon, remarque cependant qui n'a rien de désobligeant.
-Vous avez mangé du lion ce matin ?
-Pourquoi vous dites ça ? ne s'en rendant pas totalement compte.
-On dirait une vraie pile électrique.
-Par contre vous, rien ne se voit.
-C'est intérieur.
-Et bien moi, je ne peux pas intérioriser. C'est au-dessus de mes forces.
-Au moins votre réaction est saine alors que la mienne….
Teresa se retourne brusquement sur le parking, face à lui, anxieuse.
-Comment est la vôtre ?
-En sommeil.
-En sommeil ? s'étonnant de cette réponse.
-C'est la réaction la plus sournoise, dangereuse car quand elle se réveillera, ça sera dévastateur. Je ne pourrais rien contrôler.
Celle-ci lit alors dans ses yeux que sa réaction sera pire, mesurant les dégâts de sa rage. Lisbon lui prend la main, rappelant sa promesse.
-Ce que je vous ai promis après l'enterrement de Lana Ganaëlle ne défaillira pas. Je suis avec vous.
Le mentaliste la regarde avec une profonde reconnaissance, serre sa main tendrement, se disant à son insu que si il pouvait, ses lèvres embrasseraient les siennes tant l'évidence s'impose mais ne s'y risque pas en public vu le règlement mais aussi dû à la conjonction actuelle qui n'est pas favorisée. Jane, Teresa montent dans la voiture, direction visualise. Arrivant là-bas, Bret Stiles les accueille presque bras ouvert, son humeur plus que disposé à les voir.
-Patrick ! Agent Lisbon ! Comment allez-vous ? leur serrant la main. Vous avez pris l'habitude de venir au centre.
-Oui. C'est une promenade que nous nous imposons pour notre plus grande distraction. répond Teresa, ironiquement, étirant un sourire du même ordre ce qui amuse le gourou sans doute stimulé par son répondant, regardant le mentaliste.
-Vous avez de l'influence sur votre supérieure.
-Oh ! grimaçant. Elle n'a pas besoin d'être influencée. Elle s'en sort très bien toute seule. s'exprimant avec insolence.
-Bien évidemment ! le disant sur un ton de grand seigneur.
-Trêve de bavardage ! s'interpose Lisbon, manquant de patience, désirant ne pas s'attarder. Nous sommes venus vous voir afin de vous convoquer au CBI demain, à l'heure qui pourrait vous convenir.
-Pourquoi une convocation ? la regardant d'une manière intriguée.
Jane intervient, effrontément.
-Certainement en rapport avec la liste que je vous avais présenté lors de notre précédente entrevue. lui en informant toujours sur un timbre similaire.
Bret Stiles s'exclame d'une façon qui laisserait penser que celui-ci s'en indiffère, montrant que ceci ne le concerne décidément pas.
-Ah ! Ça ! Je croyais vous avoir convaincu pourtant. conservant son expression aimable ainsi qu'un sourire poli, le disant avec détachement, esprit.
La supérieure l'est moins.
-Non. Ce n'est pas le cas. Désolé !
Le gourou obtempère.
-Bon ! Je n'irais pas à l'encontre de la loi. Autant en être débarrassé, n'est-ce pas ?
-Tout à fait d'accord !
-10h00, ça vous conviendrez ?
-Oui. répondant sur un ton légèrement hésitant, ne sachant à cet instant à quelle heure Van Pelt a pu convoquer les suspects, Stiles le remarquant d'un œil satisfait, pénétrant.
-Il y aurait-il un éventuel problème, agent Lisbon ?
Celle-ci se rattrape avec diplomatie.
-Non. Toutefois si nous rencontrions un imprévu, nous vous contacterons. Pourrions-nous avoir votre numéro ?
Le gourou prend alors un stylo afin de noter celui de son portable puis lui tend.
-Voici !
-Merci !
-C'est tout ?
-C'est tout ! Nous vous attendons demain.
-Si tout va bien ! étirant un sourire narquois.
-Ne vous inquiétez pas ! non déstabilisée. Je pense que ça ira.
-Parfait ! et se serrent la main, le mentaliste s'étant tenu volontairement en retrait.
Avant de franchir la porte, le maître à bord, interpelle Jane qui se retourne, Lisbon déjà sorti.
-Prenez soin de votre collègue !
-Ce qui signifie ?
Il joue d'une manière naïve.
-Oh ! Rien. Juste qu'un changement crève les yeux.
-C'est une fausse impression, rassurez-vous ! le disant avec légèreté, d'un ton crédible.
Toutefois, Stiles n'est pas dupe.
-C'est sûrement ça !
Son pouvoir de déduction, de pénétrer dans la tête des gens, deviner ce qui est invisible à l'œil nu, relève du surnaturel. Le mentaliste frappé de stupéfaction, est plus qu'impressionné, n'en dévoilant cependant rien quand lui et Teresa repartent de visualise. En fin de journée, les convocations de chacun sont bien réparties. Celle du gourou, parfaitement calée, nullement nécessaire de modifier l'heure. Toutefois, Van Pelt prévient sa patronne de son échec.
-Je n'ai pas réussi à joindre Ray Haffner.
-Réessayez à nouveau ! puis lève un œil vers la pendule qui indique 17h43. l'agent s'exécute mais au bout de quelques secondes, la huitième tentative s'avère vaine ce qui contrarie Lisbon, restant malgré tout positive. Nous verrons ça demain.
Grace affiche alors une expression embarrassée.
-Patron !
-Oui.
-Je dois vous informer que…
Celle-ci n'a pas le temps de l'avertir concernant sa courte conversation téléphonique avec le directeur du CBI qui déboule à ce moment, révolté de sa convocation, sous le regard effaré de l'équipe tandis que Jane arrive, tasse de thé à la main, d'un pas calme ce qui n'est le cas de Gale Bertram.
-Qu'est-ce que c'est que cette fantaisie, agent Lisbon ?
La supérieure ne se démonte pas.
-Je vous rappelle que vous faites partie de la liste des suspects.
Le mentaliste observe attentivement.
-Vous me prenez en traître en employant une telle méthode ! Je suis furieux contre vous !
-Monsieur. Avec tout le respect que je vous dois, je suis au regret de vous mettre au même rang que ceux qui sont suspectés également. Je suis seulement la procédure. C'est mon devoir.
Le ton monte.
-Nous étions pourtant d'accord à propos de cette maudite liste !
-Vu les meurtres commis par John Le Rouge qui ont redoublés et la liste que nous détenons, notre accord est résilié.
-Je suis outré d'une pareille attitude !
Jane s'impose effrontément, tenant sa tasse, après avoir bu quelques gorgées.
-Pourquoi vous réagissez ainsi ? Vous devriez plutôt relativiser, non ?
-Vous, taisez-vous ! C'est à l'agent Lisbon que je m'adresse.
-Ou agresse. roulant les yeux, insolent.
Bertram se tourne face à lui.
-Composer avec vous est un supplice continuel ! Je ne sais pas ce qui me retient de vous foutre à la porte!
-Sans doute dû au don que je possède pour résoudre les enquêtes et que vous ne trouverez pas un meilleur observateur que moi.
-Buvez votre thé tant qu'il est chaud !
-Ce que j'en dis.
Le directeur se tourne à nouveau vers la supérieure, baissant subitement le ton, conservant néanmoins son timbre mécontent.
-Nous reverrons ça plus tard ! Vous devrez me rendre des comptes !
-Je n'en doute pas, monsieur.
-Comme je ne peux pas faire autrement, même si je dirige le bureau californien, je me présenterais demain, ici.
Le consultant ajoute une dernière réflexion, insolemment encore.
-Alors ce n'était pas la peine d'en faire tout un drame puisque vous vous pliez aux exigences de la loi.
Bertram ne se tourne pas, choisissant pour cible, Lisbon.
-Je ne vous félicite pas ! et se retourne au moment de repartir, fixant le mentaliste d'une manière glaciale, s'adressant toujours à la supérieure. Il a fini par vous influencer, bravo ! puis quitte la pièce, la colère n'ayant pas désemplie.
Chacun se regarde, refroidi par cette réprimande, Van Pelt complétant tardivement sa phrase.
-C'est ce que je m'apprêtais à vous dire.
Teresa garde le contrôle, ne laissant presque rien paraître de sa grande contrariété.
-Maintenant, c'est fait !
-Patron, je suis… répondant sur un ton désolé.
-Ce n'est pas grave. De toute façon il aurait fallu affronter l'orage tôt ou tard. C'était couru d'avance. Que ceci ne nous perturbe pas surtout ! Nous avons une enquête à résoudre, des suspects à interroger demain alors ne nous laissons pas déstabiliser ni détourner de notre objectif. Compris ?
Tous acquiescent y compris Jane qui termine de boire son thé, sentant que Lisbon est fortement glacée suite à ces remontrances très vives mais n'en rajoute pas, préférant la laisser tranquille. Le lendemain, le défilé commence dans la matinée. Le premier à être convoqué dans la salle d'interrogatoire est le shérif Mc Allister tandis que dans celle d'à côté, Brett Partridge, interrogé par Teresa et Cho. Quant à l'autre suspect, Rigsby, Van Pelt s'en chargent. Pendant ce temps, le mentaliste assiste derrière la vitre teintée, à l'interrogatoire de l'enquêteur médical, d'une manière attentive, étudiant ses moindres paroles, gestes, le considérant comme un sérieux candidat au titre de coupable même présumé.
-Pourquoi m'avoir convoqué à nouveau ? Je croyais que j'étais mis hors de cause.
Lisbon répond.
-Nous avons estimé que nous n'avions peut-être pas toutes les données en notre possession vous concernant.
-Je vous ai tout dit. Je n'ai rien de plus à vous raconter. Je ne vais quand même pas inventer afin que votre conscience professionnelle soit apaisée !
Kimball, flegmatique, répond à son tour.
-Pourquoi pas ?
Partridge tient tête.
-Je n'ai rien d'autre à vous révéler. Désolé !
Lisbon prend le relais.
-Que faisiez-vous il y a trois jours au soir ?
-Rien de spécial ! J'étais chez moi.
-Vous êtes casanier à ce que je vois. étirant un petit sourire sournois, méfiante.
-Et oui ! le regard agacé.
-Pas de pizza livré ? le disant avec dédain.
-Non. la défiant du regard.
Cho provoque quelque peu.
-En tant qu'enquêteur médical, vous êtes bien placé pour effacer les preuves, exécuter impitoyablement en visant avec perfection vu vos connaissances. Votre profession est une couverture idéale.
-Je ne dis pas le contraire et vous me l'avez déjà fait remarquer auparavant. Mais je ne suis pas celui que vous cherchez.
L'observant, le consultant a finalement la certitude que Brett Partridge n'est pas le tueur en série. Il sort alors de la pièce d'observation, se dirige dans la salle d'interrogatoire et le salue tout d'abord, oubliant son hostilité ressentie envers lui.
-Bonjour ! Toutes nos excuses pour vous avoir interrogé une seconde fois. J'avoue que je suis à l'origine de cette convocation car je désirais obtenir la vérité. C'est fait ! s'exprimant avec désinvolture.
Lisbon réagit avec mécontentement.
-Jane ! Nous n'avons pas terminé.
-Inutile ! Il est innocent.
-Mais de quoi je me mêle !
Le mentaliste la regarde, les yeux empli de conviction.
-Faites-moi confiance ! Ce n'est pas John Le Rouge.
Le sentant dans son regard, malgré que celle-ci soit contrariée par cette interruption, décide néanmoins de ne pas continuer.
-Vous pouvez partir. s'adressant au suspect qui est définitivement mis à l'écart.
-Ravi d'avoir cru en moi ! le disant d'une manière ironique.
Quelques secondes après, à l'intérieur de la salle, Teresa insiste au sujet de l'intervention de Jane, lui faisant comprendre que ceci lui a déplu.
-Vous n'avez pas à abréger ainsi un interrogatoire en cours !
-J'ai voulu vous évitez de gaspiller du temps pour rien.
-Un interrogatoire n'est jamais du temps perdu ! C'est un processus nécessaire, obligatoire au cas où vous l'auriez oublié !
-Autant gagner du temps !
-J'ai compris.
-Quoi ?
-C'est une course. Il faut vite démasquer le coupable au risque de bâcler l'interrogatoire des suspects, vous basant uniquement sur votre ressenti, analyse comportemental même si vous avez raison. Mais vous devez prendre en compte tous les éléments dont nous devons disposés lorsqu'on interroge des coupables présumés.
Il hoche la tête, acquiesçant puis ajoute.
-Je suis d'accord avec vous mais reconnaissez que mon intervention vous a fait gagner un temps précieux.
-Vous savez que parfois vous m'exaspérez !
Le mentaliste sourit malicieusement.
-C'est pour ça que vous m'aimez. le formulant au sens propre ce qui la déstabilise, n'étant pas dans le meilleur lieu approprié pour l'admettre, la laissant sans mot.
Intelligent, ne voulant la mettre mal à l'aise, celui-ci s'éclipse. Teresa réagit alors, se demandant si il n'a pas usé de cette ruse, même sincère soit-elle, pour pouvoir échapper à son autorité. La supérieure se retourne, affichant un sourire modéré, convaincue.
-Belle tactique !
Jane agrandit le sien, amusé, lui faisant comprendre à son tour, différemment, qu'elle est perspicace. De leur côté, Van Pelt et Rigsby ont les alibis correspondant aux dates des meurtres, ne recueillant aucune déclaration particulièrement suspecte. Après avoir fini, ils en référent à Lisbon qui ordonne à Cho de les vérifier. Quelques minutes plus tard, il s'avère que le shérif Thomas Mc Allister est bien resté tardivement au bureau avec son équipe qui a donné confirmation. Ne pouvant le retenir, Teresa le libère tandis que le mentaliste accourt vers lui, posant l'ultime question en pénétrant son regard d'une façon hypnotique afin de tester son honnêteté et voir si le sien ne lui fera pas défaut.
-Etes-vous John Le Rouge ? lui prenant en même temps l'avant- bras pour sentir si son pouls s'accélère.
Il lui répond d'une manière affirmative sans nervosité, un peu indigné.
-Bien sûr que non !
-Je vous crois.
Constatant que le shérif dit la vérité.
-Vous pouvez partir !
-Très aimable à vous. remettant son chapeau puis s'éloigne.
Wayne, Grace attestent dans leur fort-intérieur que leur intuition était bonne alors que Lisbon lève les yeux au ciel, encore dépassée par la façon dont le consultant procède quoique efficace, également approuvé. La première fois qu'elle lui avait dit, « -Monsieur Jane, vous avez un don. » afin de débusquer le meurtrier du fils d'un juge en 2004, qui avait consenti à étouffer un délit alors qu'il avait débarqué au CBI au même moment, hagard afin de demander si le bureau californien d'investigation détenait des dossiers sur John Le Rouge suite à l'assassinat de sa famille en 2003. Teresa qui se le remémore, se dit à nouveau que c'est bien un don parapsychologique que le mentaliste détient, qui lui servira cette fois-ci à découvrir qui est véritablement le fameux tueur.
A 9h50, Bret Stiles arrive au siège, d'humeur charmante, saluant Lisbon, Jane, Van Pelt également qui vient informer à sa chef qu'il lui a été impossible encore de contacter Ray Haffner, détail en plus.
-D'après ce qu'on m'a dit, personne ne l'a vu depuis hier.
L'angoisse l'envahit, se questionnant. Etant dans l'incapacité actuelle d'engager quoique ce soit dû aux interrogatoires qui se sont succédé durant cette journée, Teresa répond seulement.
-Bon ! On verra ça plus tard ! se disant que mieux vaut ne pas s'alarmer et se force à la circonspection.
Le gourou ne peut s'empêcher de faire une réflexion, le sourire satisfait.
-Un suspect en fuite ?
-Cela ne vous regarde pas ! puis son esprit s'éveille. Ou plutôt si. Ray Haffner est bien un membre de visualise ?
Stiles se montre détaché.
-A ce que je sache !
-Veuillez me suivre, je vous prie ! l'ordonnant autoritairement.
Celui-ci exige cependant que Jane soit présent lors de l'interrogatoire ce qui la surprend ainsi que le sujet en question plus que disposé à s'y plier. Lisbon abdique.
-Si…. Ne complétant sa phrase, remarquant que le sollicité est déjà entré.
Lorsqu'elle s'assoit à côté de lui, Teresa murmure, esquissant furtivement un petit sourire ironique.
-Vous devez être content.
-Vous ne pouvez pas savoir à quel point !
-Oh ! J'en ai une vague idée.
Le gourou s'assoit ensuite en face, ayant au préalable demandé à son avocat venu l'accompagner, de l'attendre pour l'instant dans le couloir.
-Posez-moi toutes vos questions ! Je suis prêt.
-Bien ! Nous allons commencer par le commencement. Où étiez-vous le 22, 24, 26, 30 octobre y compris le 2, 15 novembre ?
-Pourquoi ces dates ? N'a-t-il pas eu douze victimes au compteur?
-En effet ! Durant celle-ci, John Le Rouge en a tué deux le même jour et ainsi de suite.
-Il est redevenu actif ! affichant son épatement.
En le voyant, le mentaliste montre sa détermination.
-Qui est-il ?
Bret Stiles ne répond pas, le fixant. Teresa fait preuve d'autorité, employant toutefois un ton neutre.
-Dois-je vous rappeler que vous êtes interrogé en tant que suspect dans cette enquête et que si vous refuser de coopérer, nous sommes dans le droit de vous garder en rétention durant vingt-quatre, quarante-huit heures. A moins que votre avocat n'intervienne en votre faveur. Cela dit, il ne pourra rien entreprendre d'ici là ! Nous avons tout pouvoir pour vous retenir. A vous de voir !
Il étire un sourire.
-Votre mise en garde est très convaincante ! Je ne tiens pas vraiment à rester enfermer dans un endroit déprimant malgré que je puisse le surmonter. Mais je n'ai pas envie d'en faire l'expérience.
-Parfait ! Répondez à la question, monsieur Stiles !
Son regard pénétrant, effrayant cible une deuxième fois celui de Jane qui se trouve dans l'attente de cette révélation.
-Cherchez la personne qui n'est pas présente !
Lisbon pense immédiatement à Haffner.
-Comme votre fidèle membre ?
Le gourou le laisse entendre sans que l'on puisse en douter. Toutefois, elle veut s'en assurer.
-Est-ce un aveu ?
-Je ne peux rien dire de plus.
Le consultant le regarde, tentant de déceler si c'est vrai, le cœur palpitant, les traits faciaux contractés. Cette fois-là, il est incapable de se prononcer, le gourou semblant impénétrable ainsi qu'à cause d'un début de colère qui fulmine intérieurement en songeant à la possibilité que John Le Rouge soit Ray Haffner. Face à ce dilemme, Teresa se lève brusquement tandis que Stiles et Jane rivalisent du regard pendant encore quelques secondes. Hors de la salle d'interrogatoire, celle-ci met l'équipe en alerte puis téléphone à Bertram, lui racontant ce que le maître de visualise a avoué. Le directeur accepte de délivrer un mandat d'amener, ne voulant courir le risque de négliger cette piste. Par ailleurs, il se réjouit presque de ce coup de théâtre par rapport à son statut de suspect.
-La convocation est toujours d'actualité ?
-Pas à cette seconde, monsieur! étant en effervescence, état d'alerte rouge. Pour l'instant nous sommes pressés même si je devine dans votre voix, un contentement. Ce n'est pas le moment!
Gale Bertram reprend un ton plus en adéquation avec son autre statut, sentant la panique dans la voix de l'agent.
-Foncez !
-Merci, monsieur ! et raccroche.
Quelques secondes plus tard, le mentaliste ressort de la salle, se dirige d'un pas vif en direction de ses collègues.
-Je sais où est Haffner.
-Stiles vous l'a dit ?
-Je pense que nous nous comprenons. le regard étrangement assombrit.
-Où est-il ?
-Il n'y a pas de temps à perdre !
La supérieure demande à un surveillant de mettre le gourou en rétention. Quand celui-ci est sur le point de l'amener, Bret Stiles se propose de les accompagner, se montrant à son tour convaincant.
-Je saurais comment le raisonner. Il a toute confiance en moi.
Jane fait pencher la balance.
-Ce n'est pas une mauvaise idée.
Teresa donne son accord.
-Venez avec nous !
Ayant convoqué Kirkland en fin d'après-midi, ils ne pensent à cette seconde si ce sera possible de poursuivre. Le plus urgent se trouve sur leur route. Le consultant reste maître de lui d'une manière inquiétante, le but n'a jamais été autant à leur portée.
