Le lendemain matin, Van Pelt fait part des conclusions du graphologue suite à l'analyse de l'écriture des suspects, qui se sont succédés hier. Bertram, Kirkland, Stiles, Haffner enfermés en rétention, le shérif Mc Allister excepté Partridge qui y avait été déjà soumis et dont la comparaison s'était révélée négative.

-D'après ce qui a été déchiffré, aucune des écritures ne correspond à celle inscrite par John Le Rouge.

Lisbon fronce les sourcils.

-Comment est-ce possible ? Il y en a bien un parmi les cinq dont l'écriture pourrait s'en rapprocher.

-Pas la moindre, patron.

Jane interpellé par la négativité de cette réponse, se précipite à leur côté, pouvant croire que cette série de photos qui a été sélectionnée sur des soupçons sérieusement fondés, en ayant eu la conviction à son tour.

-Faites voir !

Il prend alors le dossier puis se dirige vers la table ronde sur laquelle celui-ci explore les feuilles afin d'examiner les écritures, les comparant pour s'assurer qu'aucune erreur n'a pu être commise. Malheureusement, le mentaliste ne trouve rien à redire. Rigsby s'en étonne à voix haute.

-T'es sûr ?

-J'aimerais clamer non mais je ne vois rien d'anormalement simulé.

Cho partage une supposition.

-C'est peut-être John Le Rouge qui a simulé la sienne en l'inscrivant sur le mur.

Jane relève la tête, esquissant un sourire grâce à cette réponse qui le satisfait.

-Pas bête ! Pas bête du tout ! Tu sais que je t'adore !

-Surtout ne te jette pas à mon cou !

-Je ne m'y risquerais pas mais le cœur y est. élargissant son sourire.

Grace trouve l'explication vraisemblable.

-C'est tout à fait probable ! Bravo !

L'expression de l'agent reste impassible.

-Une déduction qui m'est passé par l'esprit.

Wayne ajoute qu'il devrait déduire plus souvent, Kimball bras croisés, le regardant. Lisbon s'exprime ensuite à ce sujet quelques peu découragée.

-Il faut tout redémarrer à zéro, alors ?

Le consultant affiche un air malicieux.

-Pas nécessairement ! elle écarquille les yeux. On va les soumettre à nouveau à ce test en leur demandant cette fois-ci d'essayer de copier l'écriture de la photo.

Teresa étire un sourire qui indique son contentement face à cette idée qui la séduit.

-Je suis partante.

Van Pelt demande quand les suspects doivent être reconvoqués. Jane s'interpose.

-Pas tous !

Les agents sont frappés de surprise, Lisbon plus expressivement vu sa responsabilité de chef d'équipe.

-Pourquoi pas tous ?

-Ce n'est pas utile à mon avis.

-Vous avez une opinion arrêtée en ce qui concerne des suspects sérieux ?

-Oui.

Chacun le regarde, les yeux emplis de curiosité, Rigsby qui se met en premier sur les rangs.

-Qui ?

-Ah, ah !

-Allez, Jane !

-Bret Stiles, Ray Haffner, Robert Kirkland.

Van Pelt grimace légèrement.

-Comment on peut être certain que Gale Bertram, le shérif Mc Allister ou Brett Partridge ne représentent pas une menace si on les exempte de cette épreuve ?

-Tous ont un alibi solidement vérifié, non bancal et je n'ai pas senti en eux le germe du tueur.

Teresa répond sur un ton gentiment narquois.

-Donc c'est votre intuition qui prend les décisions ?

-En quelque sorte, oui.

-Bon ! On va voir ça ! lui accordant cette chance de prendre les directives. à ce moment, trois avocats dont un d'entre eux qui accompagnait le dirigeant de la secte dans la matinée d'hier, font irruption au CBI. Lisbon réagit, allant à leur rencontre, mécontente de ce comportement. Eh ! Qu'est-ce qui se passe ici ? Où vous croyez-vous ?

-Nous venons chercher monsieur Haffner et monsieur Bret Stiles.

-De quel droit, je vous prie ? celui-ci lui tend une autorisation du juge. C'est déloyal !

-Et de retenir notre client sans preuve concrète, vous ne pensez pas que ce soit déloyal !

-Votre client, comme vous dites, a contribué à la fuite d'un suspect présumé coupable sans oublier monsieur Stiles.

-Vous n'avez aucune charge retenue contre eux. Est-ce que je me trompe ?

-Non mais…..

-Donc vous ne pouvez les retenir plus longtemps en garde à vue. Veuillez nous conduire jusqu'à eux, agent Lisbon !

Celle-ci n'a pas le choix et obtempère sous la contrainte néanmoins. Quelques minutes plus tard, une décharge est signée sous les airs ravis des deux qui ne s'en cachent pas au point de toiser les agents, en particulier Ray Haffner. Quant au gourou de visualise, celui-ci serre la main de Jane avant de partir, le défiant d'un regard vif, sombre, étirant un sourire victorieux à son égard.

-A bientôt, qui sait ?

A côté de Teresa, le mentaliste se ravise, un changement justifié.

-Ce n'est pas la peine de les soumettre au test.

Elle le regarde, intriguée ainsi que peu réjouie.

-Pourquoi ça ?

Il fixe alors droit devant d'une façon méditative.

-Le résultat reviendrait au même. ressentant cette conviction intime.

-Alors que faisons-nous ? affichant une expression navrée.

-Convoquez Laroche !

-Laroche ?

-Oui.

-Sous quel motif, voyons ?

-Nous menons une enquête. tentant de se montrer convaincant.

-Vous croyez que cela donne le droit de convoquer n'importe qui, qui n'est pas suspecté même dans le cadre d'une enquête ?

-Ce n'est pas n'importe qui.

-Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire ! Nous savons l'un comme l'autre que Laroche est affilié à John Le Rouge mais quel prétexte suis-je supposer invoquer afin de le convaincre de se présenter au CBI ?

-Aucun. Dites simplement que c'est dans le cadre de l'enquête John Le Rouge et que nous avons de nouveaux éléments qui se sont ajoutés le concernant.

Teresa sourit, épatée par son culot ainsi que par son assurance de persuasion.

-Jane !

-Je dois m'entretenir avec lui.

Voyant sa détermination, la supérieure accepte. Quatre jours plus tard, l'agent Laroche se présente au bureau californien d'investigation pour se soumettre à l'interrogatoire en salle 3 sans avoir causé de complication lors de sa convocation à la surprise général de l'équipe. Bien que ce ne soit pas conforme à son statut de consultant, Jane mène l'interrogatoire qui est plutôt considérée comme une tentative d'échanges de bons procédés entre les deux hommes. Dans la pièce attenante, Lisbon, Cho, Rigsby, Van Pelt assistent au tête à tête, espérant que cette manœuvre apportera ses fruits. La confrontation commence.

-Vous êtes monté en grade, monsieur Jane ? le disant d'une manière méprisante.

Le mentaliste le regarde sereinement, jambes croisées.

-Je n'ai pas ce privilège.

-Aah ! Alors quelqu'un vous a octroyé cette faveur qui n'a rien avoir avec votre fonction. s'exprimant toujours sur un ton similaire.

-C'est ça.

-Je suppose que l'agent Lisbon est à l'origine de votre non officielle promotion ?

Il sourit sans répondre à cette question, se rapproche sournoisement en avançant sa chaise puis se referme.

-Comment avez-vous été convaincu pour servir les intérêts de John Le Rouge ?

Laroche lève les yeux au ciel.

-Encore John Le Rouge ! Pourquoi me persécutez-vous avec ce genre de question ?

-Vous n'approuvez pas, hein ? Voilà ce que ça fait quand on harcèle les gens.

-Ah ! Alors c'est pour vous venger que je me retrouve là. désignant la salle des yeux.

Le mentaliste sourit avec malice.

-Bien sûr que non ! Ce serait de l'abus de pouvoir. Vous avez débarqué si souvent au CBI malgré que ce fut légitime vu que c'était par rapport à l'enquête que vous meniez. C'est maintenant à mon tour de trouver légitime de vous assaillir sans relâche de questions.

Laroche ne répond pas, acquiesçant ma fois intérieurement, retrouvant toutefois l'usage de la parole rapidement.

-Pourquoi pensez-vous que j'ai un lien quelconque avec ce tueur ?

-Parce-que je le sais. C'est tout !

-Un peu léger comme certitude, non ?

Jane sourit.

-Non.

-Je crains que vous perdiez votre temps.

-Alors pourquoi vous, êtes-vous présenté ?

-Par intégrité. il rit de cette réponse formulée. Qu'est-ce qui vous fait rire ?

-Votre culot.

-Mon culot ? Je ne comprends pas.

-Comment pouvez-vous prétendre que vous êtes intègre quand vous trahissez le système ?

-Vous vous leurrez, je pense.

-Au contraire ! Je suis lucide. puis se décontracte afin de le déstabiliser, calant son dos contre le dossier de la chaise. De toute façon, avec ou sans vous, je n'ai plus de doute concernant l'identité de John Le Rouge.

Derrière la vitre teintée, les yeux des agents sont braqués sur les écrans, se demandant si le mentaliste dit la vérité ou bluffe.

-Si vous….Laroche marque une seconde d'arrêt, n'avez plus ce doute, pour quelle raison m'avoir fait venir ?

-Pour que nous bouclions l'enquête.

-Vraiment ? affichant une expression méprisante à nouveau.

-Vraiment.

-Tant mieux pour le CBI !

-Vous savez, je ne vous en veux pas. A votre place, j'aurais fait la même chose. John Le Rouge est impitoyable lorsqu'il s'agit de le trahir.

-Nous avons pu le constater.

Sans prévenir, Cho rentre dans la salle, en alerte.

-Jane ! Il faut que tu viennes avec nous. On a du nouveau sur John Le Rouge.

Le consultant se lève immédiatement, ébranlé tandis que Kimball autorise Laroche à partir. Avant de quitter la pièce, Jane avertit l'agent, se montrant menaçant.

-Je n'en n'ai pas fini avec vous.

Dans le couloir, l'interrogé assiste au départ précipité de l'équipe, s'équipant de leur gilet par balle, en se munissant de leur arme de service.

-Vite, vite, le temps nous est compté ! celui-ci les pressant avec vivacité.

Quelques minutes plus tard, Laroche arrive dans le parking et se dirige en direction de sa voiture. A peu de mètre, cachés derrière des voitures, le consultant, Lisbon, Rigsby, Cho, Van Pelt observent. Teresa demande alors à Jane si il est certain que cela marche.

-On va le voir de suite.

Apparemment sa ruse fonctionne puisque le serviteur présumé du tueur prend son téléphone portable, compose un numéro, lui laissant un petit moment pour parler. Ils réussissent à capter juste.

-Le CBI est en route.

« -Bingo ! » se dit le mentaliste.

Sans crier gare, il se retrouve derrière Laroche et tape sur son épaule. L'agent se retourne, surpris de voir l'équipe au complet. Jane s'adresse à lui, pointant son cellulaire qu'il s'apprête à prendre.

-Vous permettez ?

Le téléphone est porté à son oreille, le cœur battant, entendant.

-Bien joué, Patrick ! la communication se coupe.

Le doute n'est plus d'actualité. Laroche est menotté par Rigsby puis remonté au quartier général du bureau californien. Le complice se retrouve au sous-sol en rétention pendant que Van Pelt vérifie la provenance du dernier appel téléphonique, composant le numéro mémorisé mais personne ne décroche. Elle effectue ensuite des recherches, n'obtenant aucun résultat, le numéro ne pouvant être tracé. Grace en informe sa patronne qui n'est pas étonnée.

-John Le Rouge prend ses précautions. Espérons que Laroche voudra bien parler !

Le consultant non loin, prend la parole, employant un ton sombre.

-Il a intérêt.

Durant une heure, l'agent refuse de coopérer, chacun à tour de rôle, lassé par son mutisme. Lorsque Jane quitte la cellule, il ajoute sans agressivité.

-Tôt ou tard, vous serez obligé de nous livrer ce que vous savez. puis la porte est refermée.

19h15, Lisbon termine de remplir la paperasse, réalisant alors qu'elle n'a pas revu le mentaliste.

« -Est-il déjà rentré ? » et suit son intuition quelques minutes après en montant les marches qui conduisent plus haut, au refuge. Celle-ci frappe à la porte en fer, entendant.

-Entrez ! devinant l'identité de l'intruse.

Teresa pénètre dans le lieu plongé dans la pénombre de la nuit qui tombe, le distinguant allongé sur son vieux lit rouillé. Face à lui, elle s'inquiète de sa présence ici.

-Vous comptez rester coucher là ?

Répondant sans trop y songer.

-Peut-être.

-Vous attendez que Laroche se mette à parler au sujet de John Le Rouge ?

Il ne répond pas mais son silence est éloquent.

-Ce n'est pas bon pour votre santé mentale! quelque peu mécontente de le voir réagir ainsi.

-Je sais. s'exprimant calmement.

-Puis-je vous convaincre de rentrer chez vous afin que vous soyez reposé pour demain au cas où ?

-Non. répondant toujours sur le même ton.

Teresa soupire mais n'insiste pas.

-Bien ! Vous pouvez rester dormir là si vous le voulez.

La main de Jane attrape alors la sienne tendrement, la regardant, les yeux remplis de gratitude.

-Merci.

En sortant du refuge, redescendant à l'étage inférieur, celle-ci prévient un garde de la présence du mentaliste qui pourrait se prolonger tardivement et part, le cœur serré de le laisser dans cet état. Malheureusement, Lisbon est impuissante face à cela.

A 2h00 du matin, le garde réveille Jane qui émerge d'un sommeil léger.

-Quoi ?

-Le détenu de la cellule vous réclame.

Celui-ci se lève, cette fois-ci bien réveillé et descend à son tour, guidé jusqu'au sous-sol dans la zone de rétention. Le garde ouvre la porte, le mentaliste constatant que Laroche n'a pu trouver le repos, se disant.

« -Il a peut-être une conscience après tout ! » puis la porte se referme.

Dans la pièce, les deux forment un face à face, assis. Jane a eu raison d'écouter son instinct. Le lendemain matin, Teresa arrive tôt au CBI afin de monter voir le consultant qui n'est plus là. Celle-ci redescend et entend une voix matinale.

-Je suis ici, Lisbon !

Elle s'avance vers la salle de restauration, écarquillant les yeux, stupéfaite.

-Vous avez dormi là-haut ?

-Oui. répondant le plus normalement possible, secouant son sachet de thé dans la tasse. Vous désirez un café ?

-Non, merci. Je viens juste de prendre le mien. le regard toujours interrogatif.

-Vous n'êtes donc pas rentré chez vous ?

-Si. Je suis parti à 5h30 du matin afin d'être propre comme un sou neuf et suis revenu une demi-heure avant que vous n'arriviez.

-Vous n'avez pas dû dormir beaucoup.

Il écarquille les yeux à son tour puis soupire.

-Non. Je me sens un peu raplapla pour tout vous dire.

-Vous voulez prendre votre journée afin de vous reposer ?

-Non, Lisbon! répondant fermement étrangement avec réactivité ce qui la surprend. Je puiserais sur ce qui me reste d'énergie. et boit quelques gorgées, souriant furtivement une fois avalé.

-Bon ! Si vous n'êtes pas fatigué.. le mentaliste se déplace ensuite vers la pièce d'à côté et va s'asseoir sur son canapé, dégustant son thé. Teresa trouve son comportement changé, attitude distante, décidant de s'approcher de lui afin de s'en assurer. Est-ce que vous allez bien ?

Son regard se lève en sa direction, répondant sereinement.

-Oui, pourquoi ?

-Je ne sais pas. Je vous trouve différent.

-Pourtant, je suis le même.

Les yeux de Lisbon le fixe avec suspicion.

-Ce n'est pas l'impression que vous donnez.

-Qu'est-ce que je donne comme impression ? lui posant la question comme un jeu.

Celle-ci le détaille.

-C'est indéfinissable.

-Aaah ! souriant malicieusement, presque satisfait qu'elle ne puisse pas le percevoir.

Teresa fronce les sourcils, employant un ton posé qui feint le désintéressement.

-Vous… avez pu parler à Laroche ?

Droit dans les yeux, il répond d'une manière persuasive.

-Non. Sa bouche reste scellée.

-Bon ! répondant avec méfiance tout en lui accordant le bénéfice du doute.

Il reboit, sans faire trembler sa tasse, son thé paisiblement.

-Je descends le voir. Peut-être que la nuit lui aura porté conseil ?

-Vous me direz ça !

Après avoir avancé de trois pas, elle se retourne.

-C'est bizarre que vous ne veniez pas avec moi. Vous ne voulez pas essayer de lui tirer les vers du nez ?

-Je préfère attendre. Ma méthode n'est pas de bousculer les suspects mais de les mettre en confiance. On obtient un meilleur résultat en laissant mûrir le fruit.

-Si vous le dites ! et part en direction du sous-sol.

-Bonne chance !

Teresa lève juste son bras, faisant signe de la main. Bien évidemment, celle-ci ne tente rien. Dans la matinée, alors que l'équipe est au complet, travaillant à leur bureau respectif, le mentaliste rentre sans frapper dans celui de la supérieure.

-Puis-je avoir votre autorisation pour que je prenne finalement ma journée ? J'ai un terrible coup de barre.

Elle se montre hésitante.

-Euh ! Si vous n'êtes pas d'accord, je me reposerais un peu sur le canapé.

-Ce n'est pas tellement le lieu approprié pour que vous vous reposiez. répondant sur un ton calme puis soupire, le prenant en pitié. Rentrez ! Si vraiment vous êtes à ce point fatigué, je vous l'accorde.

-Vous vous en sortirez avec Laroche ?

-Jane ! Malgré que vous soyez un élément indispensable, nous pouvons très bien mener l'interrogatoire sans vous. Autant que vous récupériez afin d'être d'attaque si vous désirez l'interroger à nouveau.

-Merci ! puis referme la porte, pressant le pas en direction de l'ascenseur.

Lisbon réagit, se demandant si le motif invoqué n'est pas une ruse car il est rare lorsque celui-ci réclame une autorisation d'une façon aussi polie.

« - Cela cache quelque chose ! »

Teresa sort du bureau, réussissant à rattraper Jane.

-Attendez !

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-Je regrette d'insister mais je trouve votre comportement louche. Et depuis quand vous demandez une autorisation pour vous absentez ?

-Je suis simplement fatigué. C'est tout !

-Jane, répondez-moi ! Me cachez-vous un détail dont vous refuseriez de me parler ?

Ses sourcils se haussent, simulant l'innocence.

-Non.

-C'est vrai ?

-Oui. C'est plutôt vous qui êtes bizarre.

-Quoi ? Bien sûr que non !

-Ah ! Bon !

Son index presse nerveusement sur le bouton, Lisbon sentant qu'il lui ment.

-Dites-moi ce qui se passe !

-Je suis juste fatigué. répondant sans la regarder.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrent mais la supérieure tire sur son bras.

-Vous mentez !

Ses yeux s'emplissent de douceur, de sensibilité à son égard et lui caresse la joue tout en tenant l'une de ses mains. Van Pelt qui s'est absentée de son bureau, surprend ce geste de tendresse en traversant le couloir, s'immobilisant. L'agent perçoit alors que leurs rapports se sont modifiés, étirant un demi sourire, attendrie puis devient intriguée vu l'expression de sa patronne qui affiche l'inquiétude. Le mentaliste lâche la main de Teresa, achève la caresse sur sa joue et s'engouffre dans la cage de l'ascenseur sans ajouter de mot sous le regard alarmé de celle-ci qui redoute un événement mauvais. Quand elle marche vers le couloir, son regard croise celui de Grace dans l'attente.

-Ça va patron ?

Lisbon répond, désorientée.

-Oui, oui, ça va.

-C'est à cause de Jane ?

-Pourquoi vous me demandez ça ? feintant à son tour l'ignorance.

Van Pelt répond alors pudiquement d'une manière embarrassée.

-Et bien…. vous et Jane… enfin… j'ai l'impression que vos liens se sont resserrés, euh ! malgré que cela ne me regarde pas. baissant la tête.

-Nous parlions, c'est tout ! se montrant sur la défensive.

-Oh ! Bien sûr ! la mettant mal à l'aise. puis un silence s'interpose. Grace ajoute cependant avec compréhension. Vous savez c'est normal que vous soyez plus proches. Les années vous ont rapproché comme moi et Rig…

Celle-ci se tait, réalisant avec crainte qu'elle a dévoilé à moitié son secret. Teresa sourit indulgemment car cette fois-ci rien ne pourra intervenir en leur défaveur, posant sa main sur son épaule, l'ayant déjà deviné.

-Je suis heureuse pour vous et…

-Euh ! Ah?

-Ne vous inquiétez pas ! Vous ne risquez rien.

Van Pelt la regarde avec gratitude.

-Merci, patron.

-Bon ! Mettons-nous au boulot !

-D'accord... déstabilisée par la façon dont sa supérieure a réagi, fronçant les sourcils.

L'interrogatoire qui se déroule au cours de la journée avec Laroche, s'avère peu concluant. Toutefois, ayant récolté la preuve matérielle de son appartenance à John Le Rouge, celui-ci est emmené en détention à la prison carcéral de Sacramento jusqu'à nouvel ordre.

22 janvier 2014.

A ce jour, douze victimes de plus mutilées par le tueur en série soit au total vingt-quatre exécutés. La théorie du mentaliste s'est matérialisée, n'ayant plus de doute quant à sa connaissance bien assise vis-à-vis du plan bien établi de John Le Rouge comme si Jane était connecté à son esprit, pouvant ressentir ce qu'il projette d'accomplir. Sur le mur, une inscription significative qui marque la vingt-quatrième victime.

12+12=24

Qui sera la douzième qui complétera le tableau ?

En le voyant, le mentaliste a l'effroi pressentiment que ce sera lui, du moins, le tueur l'envisage. Son calcul est juste. Teresa va de son commentaire.

-Il prend maintenant un plaisir jouissif à écrire avec le sang des victimes, un message à notre attention. Comme c'est charmant ! le disant ironiquement ainsi que scandalisée par tant de sadisme, d'ignominie.

A côté, les yeux fixés face au mur, Jane ajoute.

-John Le Rouge veut que les personnes présentent sur le lieu du crime, voient ceci afin que la peur se décuple, l'angoisse submerge l'esprit, détruise la stabilité émotionnelle et prévienne du grand danger qui rode.

Celle-ci sait à quoi son analyse fait allusion, réagissant à sa manière.

-Il est hors de question d'en arriver à quarante-huit victimes ! et le regarde, lui faisant comprendre à son expression, qu'elle l'a déjà dit. Je sais, je me répète. puis soupire. Si on pouvait anticiper ses actes. Chaque fois, ça nous glisse entre les mains.

Le consultant répond alors avec conviction.

-Je pense que la roue va tourner.

Lisbon le regarde énigmatiquement.

-Comment ?

-C'est mon petit doigt qui me l'a dit ! faisant articuler son annulaire gauche sur lequel son alliance ne l'a jamais quitté. Est-ce significatif également ?