Bonjour à vous qui suivez,
J'aurais normalement dû finir de poster cette dernière partie la semaine dernière mais un imprévu m'en a empêché. Pour ceux qui apprécient, cela retarde la fin mais malheureusement pas pour longtemps puisque le chapitre final sera posté mercredi. Et oui, je sais. Pour l'instant, je vous laisse à l'avant-dernier acte, vous souhaitant une bonne lecture.
Le téléphone portable de Jane sonne, prêt à le prendre quand une voix féminine le met en garde, derrière lui.
-Si j'étais vous, monsieur Jane, je ne décrocherais pas ! celui-ci se retourne prudemment, baissant son pistolet et reconnait la femme menaçante. Lâchez-là ! désignant de la tête, l'arme, s'exécutant dans la seconde.
-Je vous imaginais mal dans ce rôle bien que vous servez également ses intérêts. le disant sur un timbre mi- insolent, mi- ferme.
-Taisez-vous ! répliquant autoritairement.
Kirkland la gronde gentiment comme un jeu.
-Doucement, Alexa ! Nous allons faire peur à notre invité. puis se place face au mentaliste, continuant de s'adresser à sa complice. Je ne voudrais pas déjà l'apeuré. pénétrant son regard brumeux dans celui de Patrick qui ne baisse pas la garde. le tueur sourit diaboliquement. Il vous en aura fallu du temps pour parvenir enfin jusqu'à moi.
-Comme on dit, mieux vaut tard que jamais !
Kirkland pousse un petit rire.
-Toujours effronté à ce que je vois !
-On est ce que l'on est. N'est-ce pas ? sous entendant la nature de l'impitoyable.
-Vous avez un tel don pour mépriser les gens. Ce n'est pas bien du tout. Regardez ce que vous m'avez obligé à accomplir comme acte punitif à votre égard ! la bouche de Jane forme à présent une ligne droite dure ainsi que son regard tellement haineux. Votre femme et votre fille ne méritait pas ça. s'exprimant posément, adoptant une attitude civilisée. Tout ce qui s'est produit était de votre faute.
La mâchoire du mentaliste se contracte, ses dents se serrent, grincent, son intérieur abrite maintenant une boule qui renferme une arme massive, celle de la vengeance destructive. Alexa Schultz se déplace, faisant le tour des deux hommes.
-Evite de te montrer cruel, tu vas le faire pleurer comme un bébé. employant un ton sans compassion, avec légèreté.
-Tu as raison. C'est un sujet sensible, épineux. le disant similairement.
-Je n'ai pas envie de pleurer comme un bébé, rassurez-vous. serrant toujours les dents.
-Vous avez grandi, alors ?
-On peut dire ça.
-Encaissez-vous les coups à présent, Patrick ? articulant son prénom.
-J'ai appris.
-Nous allons vous ça.
La complice repart derrière Jane et avec la crosse du pistolet, frappe à l'arrière du crâne d'un geste brute, franc, radical. Jane s'écroule sur le sol, inconscient, Kirkland ajoutant une remarque inconvenue.
-Echec et mat, Patrick !
Quand il reprend conscience, celui constate que ses bras sont ligotés, ramenés derrière une chaise ainsi que ses chevilles. Le mentaliste observe autour de lui. Le lieu dans lequel on l'a déplacé est lugubre, effroyable, les murs sont gris, sales aucune ouverture, le sol est poussiéreux, l'odeur qui y réside est incommodante. Cela ressemble à ses cauchemars. Sa tête s'incline légèrement en arrière, ses yeux sont alors éblouis par l'ampoule qui se balance. L'endroit est semblable en tout point de vue à la cellule de rétention du CBI mais en pire. Ses angoisses les plus profondes jaillissent, se justifient, l'enfer est ici. Jane tente de desserrer les liens mais n'y parvient pas tant ils sont solidement noués.
Au bureau californien d'investigation, les premières recherches entreprises pour le retrouver n'aboutissent guère, n'ayant aucune indication excepté la maison à laquelle a fait allusion Bret Stiles, ne se doutant à ce moment-là que Jane y est retenu en captivité. L'équipe est en plein désarroi, démunie quand le portable de Lisbon sonne. Celle-ci le prend, voyant sur l'écran que l'appel provient du téléphone cellulaire du consultant, s'empressant de répondre, morte d'angoisse.
-Jane ! Où êtes-vous ?
Au bout du fil, une voix de femme ébranlée, s'efforce de s'exprimer d'une façon cohérente.
-Agent Lisbon.
Le regard de Teresa est à la fois intrigué, affolé, répondant avec prudence.
-Oui.
-C'est Alexa Shultz. se présentant en sanglotant, traumatisée. Je suis retenue en otage dans la cave d'une maison. criant. J'ai peur ! les sanglots augmentant qui s'étranglent dans sa gorge.
Lisbon est paniquée mais se maîtrise.
-Attendez, attendez ! Qui vous retient en otage ?
-Je ne suis pas la seule.
-Essayez de vous calmer ! Dites-moi qui vous retient en otage, mademoiselle Schultz !
Rigsby, Cho, Van Pelt écoutent avec anxiété, demandant à voix basse ce qui se passe, Teresa ne pouvant répondre à cette seconde, faisant signe de la main. Au téléphone, la prisonnière renifle, sa voix tremblote, ayant l'air de s'essuyer le nez.
-Je ne sais pas. J'ai.. j'ai peur.
-Ecoutez-moi ! Concentrez-vous ! Qui était avec vous ?
Elle sanglote.
-Monsieur Jane. Il était avec moi.
Les yeux de Lisbon s'écarquillent, la peur s'intensifie.
-Où est-il maintenant ?
-L'homme l'a emmené. L'homme l'a emmené.
-Comment est cet homme ?
-Je ne l'ai pas très bien vu. puis pleure, terrorisée. Je ne veux pas mourir. Sauvez-moi !
Teresa essaye de l'apaiser.
-Ecoutez ma voix seulement. Pourriez-vous me signaler un détail de l'endroit où vous êtes ou bien l'extérieur que vous auriez pu entrevoir avec de la chance ?
-La cave est sombre, humide. Il y a juste une petite fenêtre grillagée.
-Regardez et dites-moi ce que vous voyez.
-Des grands arbres, du gravier. J'ai l'impression que c'est dans la nature.
Lisbon s'éveille à cette description, ayant la conviction qu'Alexa Schultz est retenue prisonnière dans la maison où Ray Haffner s'était réfugié.
-Tentez de minimiser votre terreur et écoutez. Je crois savoir, même certaine, où se situe l'endroit où vous vous trouvez. En attendant, pouvez-vous me dire si vous avez à votre disposition n'importe quoi qui serait susceptible de permettre de vous défendre ?
-Euh... ! Il me semble voir quelque chose de pointu.
-Etes-vous capable de l'atteindre ?
-Peut-être, je ne sais pas, possible. au bout de plusieurs secondes, celle-ci y réussit. Ça y est.
-Bien ! A l'instant où votre tortionnaire tentera de vous agresser, plantez-lui !
-Je ne suis pas sûre d'en être capable.
-Si vous voulez survivre, vous n'aurez pas le choix. N'oubliez pas ça !
-J'ai peur.
-Je sais. Nous allons faire tout notre possible pour arriver au plus vite. Ayez confiance !
-D'accord.
-Une dernière question. demandant d'une voix rassurante.
-Oui.
-Comment avez-vous eu le portable de Patrick Jane ?
-Il me l'a confié en douce avant d'être emmené afin que j'ai l'occasion de vous prévenir si je le pouvais.
Elle se dit alors que cela lui ressemble.
-Bien ! Nous allons rester en ligne. De cette façon nous serons en communication constante jusqu'à notre arrivée.
-D'accord. répondant toujours sur un ton apeuré.
Alexa Schultz repose le téléphone sur la table basse du salon, étire un sourire malfaisant, le piège est tendu. Ailleurs, Robert Kirkland entre dans la pièce où est retenu le mentaliste dont celui-ci, suit du regard les pas qui s'avancent en sa direction.
-Pas trop serré, Patrick ?
-Cela pourrait être pire. voulant sauver les apparences.
-Mais ça va le devenir. posant ses mains de chaque côté de la chaise. Votre agonie sera lente, douloureuse, insupportable. Quel beau spectacle ce sera ! et le fixe avec noirceur ce qui donnerait presque la nausée à Jane, employant un ton anormalement passif. Imaginez l'effet que ça aura sur celle qui vous est devenu très proche ! Pauvre Teresa Lisbon ! puis se redresse, le provoquant. Vous avez réellement un goût exquis en matière de femme. Mais vous le savez déjà.
L'expression du mentaliste se durcie, la haine dans ses yeux fulmine.
-Ne vous avisez pas à vous y attaquer !
-Ooh ! Serait-ce une menace ?
-Une promesse.
Kirkland rit.
-Une promesse ? Là où vous vous trouverez, vous mettra dans une position d'impuissance.
-Je ne compte pas y être envoyé.
-Ah ! Je vais alors mettre à l'épreuve votre combattivité. Remarquez ! Cela m'arrange. Vous voir vous débattre, vous défendre, stimulera davantage ma créativité. Il sort derrière lui la légendaire arme blanche, bout parfaitement aiguisé, se rapproche à nouveau et le place sur sa joue. Je vais m'appliquer à vous lacérer comme j'ai le don de le faire. Mais avec vous, la lacération sera davantage soignée. Vous allez être le chef-d'œuvre que je convoite tant depuis que vous m'avez offensé, humilié lors de votre passage télévisé en 2003. Votre femme était si terrifiée quand elle me vit. Juste le temps de se réfugier dans la chambre où votre fille dormait dans laquelle j'ai été supplié. Que croyait-elle ? Vous pouvez néanmoins vous consoler car votre épouse a obtenu un temps assez bref pour pouvoir s'horrifier de l'exécution de votre adorable ange. Patrick serre les dents afin de s'empêcher de ne pas s'écrouler de larmes en l'écoutant détailler le meurtre de sa famille malgré son regard bleu empli d'une vive montée d'émotion, mélangé à la révolte ainsi que ses lèvres tremblotantes. Le tortionnaire modifie son ton, s'exprimant d'une petite voix faussement compatissante, ironique. Ooh ! Je vous ai fait de la peine. Quelle sensibilité touchante ! Pauvre petit Patrick Jane si fragile, inconsolable ! Avez-vous pu, même partiellement, avec cette chère regrettée Lorelei, passer un moment agréable à Vegas ? Ainsi que cette charmante Lana Ganaëlle ? Vous êtes un tombeur. et se redresse, éloignant la lame de sa joue puis pose son pouce dessus. Alors ! Confidence pour confidence !
-Confidence pour confidence ? Vous n'en saurez jamais rien.
-Ah ! Pauvre Lorelei ! Ses sentiments qu'elle éprouvait à votre égard l'a perdu. Je l'avais malheureusement surestimé. Quelle déception de s'apercevoir que vous n'êtes plus l'unique dans le cœur d'une femme ! Malchanceuse petite brebis égarée du troupeau ! Encore une qui est morte par votre faute. la haine transpire sur le visage du mentaliste. C'est drôle ! Je repense à ce que Lorelei a dit. C'est étrange que vous ne soyez pas devenus les meilleurs amis du monde le jour où vous vous êtes serrés la main. Comme elle avait raison ! Il y a tant de points communs entre nous.
-Je ne suis pas comme vous.
-Non, bien sûr ! Vous n'êtes pas un tueur. Juste un manipulateur. et sourit, lui faisant comprendre qu'il n'est pas une bonne personne non plus, s'en réjouissant. Nous sommes de la même espèce.
-Sûrement pas ! rétorquant d'une manière rebelle, mettant en avant sa haine implacable.
-Si vous l'êtes. Vous trompez votre monde en vous jouant d'eux. Jane répond à nouveau qu'il n'est pas comme lui, réaction qui fait rire le Fameux John Le Rouge. Que vous êtes têtu ! C'est aussi, je le reconnais, une qualité comme votre obsession, obstination qui vous a inexorablement conduit jusqu'à moi. Mais à quel prix ? Vous allez le payer chèrement comme votre défunte famille. Que dieu est leur âme !
Jane ne se contrôle plus, la phrase de trop est prononcée.
-Je vous interdis de simuler votre diabolique, fausse empathie ainsi que votre putain de compassion indécente. Ne salissez pas leur pureté ! Vous n'êtes qu'une immonde saloperie d'âme noire, de bourreau qui prend son pied pour compenser son impuissance, son insécurité émotionnelle ! Vous exécutez lâchement, sadiquement des pauvres victimes innocentes car c'est la seule façon que vous avez pour ressentir de la jubilation, jouissance qui est liée à une frustration sexuelle ainsi qu'un déséquilibre psychologique. Vous ne représentez que la pourriture putride du monde !
Le visage de Robert Kirkland affiche alors une sévérité effrayante tout en conservant une attitude posée puis s'approche du mentaliste, s'adressant sur un ton rebutant.
-Vous savez analyser la personnalité avec une justesse impressionnante mais parviendrez-vous à analyser votre insoutenable souffrance qui va vous être infligée ?
Le teint de Jane devient livide, son regard reste figé. Le bras de l'insulté s'élance dans les airs pour prendre de l'élan et avec une infinie violence, l'assomme quasiment en portant un coup plus que brutal à sa figure. Celui-ci est sonné dans la seconde, basculant involontaire la tête en arrière vu la force magistrale du tortionnaire qui répète les coups trois fois de suite. Il ferme les yeux un instant, les rouvres peu après, la vison trouble, distinguant d'une manière floue un visage penché au-dessus du sien dont les traits lui paraissent inexacts dus aux coups brutaux portés à répétition. Comme dans une vision, ce visage semble être une apparition comparable à une hallucination. Est-ce causé par son état pitoyable ? Il ne sait pas, se trouvant dans l'incapacité de résonner à ce moment. Toutefois, ce que le mentaliste croit voir, sont deux hommes. Kirkland qui se tient face à lui puis un autre qui n'aurait pas dû être sous-estimé. Est-ce possible ? Le deuxième lui sourit, ayant l'impression qu'il jubile de le voir ainsi. Jane murmure inconsciemment avec faiblesse.
« -Haffner ? Ai-je rêvé ? »
La figure de la proie fait apparaître les premières ecchymoses. Sa lèvre inférieure est légèrement fendue, du sang s'écoule de son nez, tâchant sa chemise de quelques gouttes qui s'écrasent dessus. Par la pointe de la lame, le supplice commence. Kirkland pratique une entaille le long de la paume gauche du mentaliste qui tente difficilement de se débattre, le visage exprimant de l'effroi.
-Vous aurez beau vous agiter, Patrick, ça ne fera qu'empirer la douleur. Faites preuve de sagesse pour une fois ! Pas d'héroïsme inutile ! Regardez plutôt ! Jane serre les dents, soufflant, terrorisé. J'ai voulu vous mettre dans le bain. Cette pièce vous rappellera certainement celle de la dernière fois lorsque vous étiez aussi cloué sur une chaise. Vous voyez ! Je suis humain, cher Patrick Jane. puis d'une traite, le lacère, le torturé crie sa première douleur.
L'équipe arrive enfin après quarante minutes en ayant mis le turbo. Malheureusement, le portable du consultant s'est éteint, n'ayant plus suffisamment de batterie. Equipés, les agents reproduisent la même manière de procéder que la précédente intervention, inspectent les recoins de la maison tapie dans l'obscurité. Dans la cuisine, ils entendent une voix lointaine qui hurle, au secours. Rigsby enfonce la porte, l'équipe descend dans la cave et aperçoit une silhouette qui se confond avec des ombres sombres. Lisbon s'approche, découvrant Alexa Schultz menottée, apparemment maltraitée par rapport à un bleu qui encercle son œil ainsi qu'une balafre étendue sur sa joue qu'elle peut remarquer grâce au reflet de la lune qui éclaire la partie de ses blessures.
-Vous pouvez vous lever ?
-Je vais essayez. simulant sa faille résistance. A l'aide de Van Pelt, Teresa la relève puis Cho, Wayne prennent le relais, étant plus costauds. Peu de minute après, l'ayant installé sur le canapé, Lisbon demande si elle va bien, répondant, moyennement, le regard faussement hagard. Grace tend un verre d'eau que la complice boit à petites gorgées. Avec diplomatie, Lisbon la questionne.
- Depuis combien de temps êtes-vous retenu ici ?
-Tout a commencé ce matin. J'étais dans ma chambre, finissant de préparer quand j'ai senti une présence derrière moi. jouant d'ébranlement. Une main s'est posée sur ma gorge. posant la sienne pour mimer son traumatisme. J'ai cru qu'on allait m'étrangler ou…. puis respire. Tout s'est passé si vite. J'ai perdu conscience et lorsque je me suis réveillée, j'étais menottée dans cette cave lugubre.
Van Pelt la regarde avec compassion ainsi que Teresa qui la questionne à propos de Jane.
-Mademoiselle Schultz. posant sa main réconfortante sur la sienne. Auriez-vous une idée de l'endroit où votre kidnappeur a pu emmener Patrick Jane ?
-Comment pourrais-je ?
Lisbon baisse la tête, un peu démoralisée puis la fausse victime exprime une réflexion.
-Attendez ! fixant la table basse. J'ai cru entendre le bruit d'un moteur de voiture.
La tête se relève.
-A-t-elle démarrée ?
La complice réfléchit.
-Oui. Oui, je crois.
-Dans quelle direction l'avez –vous entendu démarré ?
-J'ai eu l'impression que la voiture faisait marche arrière.
Teresa chuchote à elle-même.
« -Où a-t-il pu être emmené ? »
Cho fait alors remarquer qu'un peu plus loin sur la route, un vieux panneau indiquait le nom d'une ancienne usine.
-Jane a peut-être été conduit là-bas.
-Décidemment ! réagissant avec éveil, dynamisme.
Voyant que la supérieure est sur le point de donner les instructions concernant la marche à suivre, Alexa Schultz s'empresse de jouer la carte de la victime traumatisée qui implore une présence auprès d'elle, suppliant Lisbon de rester. Malgré que celle-ci soit poussée par une irrépréhensible envie de se rendre à l'usine, Teresa éprouvant de la pitié ainsi que de la compassion, se plie à ce souhait.
-Rigsby, Cho, Van Pelt, partez immédiatement! A trois vous vous en sortirez mieux.
-Vous voulez que je reste à votre place, patron ? propose Grace, sentant sa frustration.
-Non, non. Ça va aller. Appelez du renfort si nécessaire ! tous hochant la tête avant de partir.
Avant de quitter le salon, le regard de Van Pelt s'attarde brièvement sur les deux femmes et sort. La voiture démarre. Ne pouvant de toute façon laisser Alexa Schultz seule, Teresa ne peut contenir son inquiétude, angoisse qui s'accrues. Plus de trente-huit minutes plus tard, Cho téléphone à sa patronne afin de la prévenir que l'usine est vide. Le captant mal, celle-ci sort de la maison, fait le tour pour obtenir du réseau, la communication s'améliorant mais des parasites tenaces interfèrent.
-Parlez plus fort !
Le cellulaire capte alors beaucoup mieux puis du coin de l'œil, observe depuis l'extérieur, la simulatrice qui téléphone, adoptant un comportement plus vivace. Sur un ton calme, hypnotisée par la vue, elle ordonne d'appeler l'équipe de renfort afin de fouiller de fond en comble.
-Bien patron !
Ses pas marchent ensuite en direction de la porte.
-Tenez-moi au courant !
-Entendu !
Après avoir raccroché, l'ouvre sans faire de bruit et prononce son prénom, nom, ce qui fait sursauter la complice.
-Vous m'avez fait peur !
Teresa étire un sourire mesuré, peu crédule.
-Vous avez l'air de vous sentir mieux.
-C'est parce-que vous êtes avec moi, agent Lisbon. souriant d'une manière crispée.
-A qui téléphoniez-vous ?
Elle se sent piégée.
-Mais à personne. Enfin, euh !
-A personne ? Un peu long pour téléphoner à personne. Vous ne trouvez pas ? puis autoritairement. Donnez-le-moi !
-Tenez ! s'approchant dangereusement.
Teresa le prend, l'amie de Kirkland la braque de son arme caché, réclamant la sienne. Lisbon la tend à son tour, comprenant la manœuvre.
-Vous n'avez jamais été enlevée, n'est-ce pas ?
-Perspicace ! Non. En effet ! et pointe de l'index son cocard ainsi que la balafre. Que du faux ! ricanant.
Teresa garde son sang-froid.
-Je suppose que vous êtes proche de John Le Rouge ?
-Vous supposez bien. D'ailleurs, en ce moment, il se trouve avec votre cher collègue.
Lisbon est paniquée intérieurement, sa peur se faisant sentir.
-Où est-il ?
-Ne vous faites pas de soucis ! Je vais vous y conduire.
Au sous-sol, dans la cachette secrète, la paume de la main saigne à petite coulée, l'entaille étant peu profonde mais la blessure est douloureuse à supporter. La température du corps du mentaliste a grimpé, des sueurs gouttelettes sur son front, laissant balancer sa main blessée dans le vide, le sang s'égouttant sur le sol sale poussiéreux. Son cauchemar est devenu réalité. Jane est comateux mais malgré ça, il revoit non loin, Haffner, le contempler, ne sachant si sa présence est vraiment réelle.
-Alors Patrick ! Comment on se sent ?
Il gémit par un son plaintif.
-J'ai mal.
-Vous ne faites pas le malin ! Vous avez raison. Comme c'est jouissif de vous voir souffrir et encore ce n'est qu'un début, une mise en bouche. Ce qui vous attend est pire. puis lacère au niveau du pectoral gauche par-dessus le tissu de son gilet, provoquant une entaille plus profonde qui atteint la peau dont la blessure brûle suite au passage de la lame.
Le mentaliste crie, les larmes au bord des yeux tandis que Kirkland tire une poignée de boucle, maintenant la tête en arrière sadiquement.
-Souffrez, Patrick ! Souffrez ! Je vous mets juste en condition. Ce n'est qu'une purification de vos péchés. Et, oh, combien vous avez péché, offensé ! Il faut être acte de pénitence à présent.
-Vous êtes fou allié. Comprenez-vous le sens exact ? Vous blasphémez. le disant d'une voix défaillante.
-Non. Je rectifie le tir. Ce qui est dans l'ordre des choses s'imposent. Rien n'arrive jamais sans raison. Vous devriez le savoir depuis ces années. puis relâche les cheveux.
-Je ne l'ai jamais autant su qu'à cette seconde. Surtout depuis que vous me torturez. s'exprimant avec impertinence.
-Quel humour, Patrick ! se montrant ironique à nouveau.
Jane grimace dû à la douleur qu'il endure.
-Et encore ! Vous n'avez pas vu toute l'étendue de mon art.
Kirkland sourit, trouvant son répondant insolent, l'effrayant davantage en positionnant son visage à la hauteur du torturé.
-Vous, non plus, vous n'avez pas encore vu toute l'étendue de mon art. Vous êtes une telle inspiration ! articulant la dernière partie des deux phrases, le regard menaçant, cruel.
Une troisième entaille est réalisée sur la zone du genou, superficiellement cette fois, le saisissant toutefois. Ses cordes vocales poussent un cri moins strident que lors de la première torture mais tout aussi porteur.
Privée de son portable ainsi que de son pistolet, Lisbon reste sous la dominance d'Alexa Schultz, assises toutes deux sur le canapé sous l'œil attentif, aiguisé de la complice qui se tient face à une Teresa soumise, l'expression quelque peu anxieuse.
-Quand comptez-vous me menez à Jane ? le demandant sur un ton diplomatique.
-Quelle impatience ! étirant un sourire explicite. N'y a-t-il rien d'autre qui vous y relie excepté votre entente, complicité amicale, professionnelle ?
Elle répond d'une manière ferme sans faire transparaître ses émotions.
-Non !
Alexa Schultz sourcille, suspicieuse.
-Pour répondre à votre question, vous devez attendre. regardant sa montre. Encore vingt-huit minutes. John Le Rouge aime prendre son temps. Je ne vous apprends rien, agent Lisbon. Et vu son invité de marque… Ce face à face est un prestige l'un comme pour l'autre. Malheureusement, cela ne va pas durer, vous vous en doutez.
La panique, terreur de Teresa s'agrandissent, tentant alors de la raisonner.
-Mademoiselle Schultz. Ne devenez pas la complice d'un meurtre ! Vous pouvez encore sauver la mise. Laissez-moi vous aider ! Vous pouvez vous en sortir avec des circonstances atténuantes.
-Oh ! Mais ce ne sera pas utile. Merci toutefois pour votre proposition. la narguant. Une fois que vos exécutions auront été accomplies, nous serons déjà loin d'ici.
-Nos exécutions ? conservant la même expression sur son visage.
-Oh ! J'ai omis de vous en informer. D'abord Patrick Jane, ensuite vous. Vous aurez alors tout le loisir de vous observer en train d'agoniser l'un et l'autre avant de vous voir rendre votre dernier souffle.
-Pourquoi faites-vous ça ?
-Vous devriez demander depuis quand. puis grimace. C'est la première fois. Disons que je rends service à mon cher ami. Le pauvre n'a plus sa fidèle disciple sous le coude alors je sers de substitution bien que je ne sois pas une servante.
-Vous n'en n'aurez pas le temps. Mon équipe interviendra avant et elle doit déjà être en route.
-Je ne parierais pas dessus. Vous serez déjà morte.
La peur terrifiante que ressent Lisbon à ce moment, bloquerait presque sa respiration. Au sous-sol, le mentaliste est martyrisé aussi bien physiquement que psychologiquement, frappé par des coups d'une extrême violence ciblés entre le visage, pouvant remarquer un cercle violacé autour de l'œil droit, l'estomac, le privant de son souffle. Kirkland prend ensuite son téléphone portable et compose le numéro. Celui d'Alexa Schultz sonne, répond, détournant son regard durant une fraction de seconde qui permet à Teresa d'être réactive en ramenant son arme vers elle en un éclair.
-Où en es-tu ?
-Le coup de grâce va bientôt être porté.
-Bien ! Une personne qui est avec moi est impatiente de voir monsieur Jane. le disant en la fixant des yeux.
-Attends treize minutes encore ! Ensuite, amène notre chère Teresa Lisbon afin qu'elle puisse assister au spectacle. puis raccroche. Robert Kirkland s'approche du mentaliste, la figure tuméfiée, à la limite de l'inertie. Vous allez avoir de la compagnie, Patrick.
Sur le canapé, la main de Lisbon resserre la crosse du pistolet, priant que l'assistante du diable ne remarque à quoi celle-ci s'apprête, patientant cependant avant d'agir.
Alias John Le Rouge tend la pointe de son couteau en direction de la prestigieuse proie, la pose sur les liens, les sectionnant avec dextérité. Teresa étreint avec force l'arme, Alexa Schultz se tourne une brève seconde puis à cet instant, lui porte un coup au visage, le pistolet de la complice tombant à terre. Les rôles s'inversent. Debout, l'agent ordonne d'une voix autoritaire, dure, d'être conduite jusqu'à Jane. L'amie de Kirkland se relève difficilement, abrutie par le coup, n'opposant aucune résistance étant dans cette impossibilité.
Dans l'usine, après que le lieu ait été fouillé en profondeur par l'équipe de renfort à l'extérieur, sur le point de repartir, Van Pelt appelle sa chef mais n'obtient aucune réponse. Rigsby, Cho la regardent, intrigués par son expression confuse.
-Elle ne répond pas.
Kimball fait part de la précédente difficulté de réseau.
-Il y a peut-être un problème à ce niveau ?
Grace n'est pas convaincue.
-On ferait mieux d'y aller.
Wayne s'inquiète également.
-Le kidnappeur est peut-être revenu pour finir le travail ?
Ils se pressent alors vers la voiture, montent, Van Pelt conduit.
-Attachez vos ceintures ! Ça va secouer !
Au sous-sol, Robert Kirkland semble s'apprêter à passer à l'acte, tirant une grande fierté de ce qui se prépare à être concrétisé, éprouvant de la jubilation, faisant tourner dans sa main le couteau dont la lumière se réfléchit sur la lame, révélant son éclat. Le tueur armé fait le tour de la chaise, pose sa main gauche sur la gorge de Jane et chuchote à son oreille.
-L'heure froide a sonné, Patrick.
Haffner parait s'être évaporé.
« -Aurais-je halluciné ? Je ne suis pas en mesure de le contester. »
La lame glacée caresse, le mentaliste ferme les yeux, ses pensées se bousculent, se heurtent entre elles, les images de son passé défilent dans son esprit, voyant distinctement les visages d'Angela, de Charlotte, leur souriant, sa première rencontre avec Lisbon, leur baiser partagé récemment, son évolution au sein du CBI en tant que consultant, qu'humain, d'être devenu meilleur au contact de Rigsby, Cho, Van Pelt et essentiellement de Teresa. La lame se fait désirer sur sa gorge, il se résigne.
« -Si je dois mourir maintenant, que l'exécution m'achève de suite. »
Des larmes ruissellent sur ses tempes, souffrant de sa condamnation mais néanmoins prêt à la fatalité.
-Vous n'êtes qu'un perdant.
Au moment où la lame s'apprête à lacérer, Lisbon fait une entrée fracassante dans la pièce de torture, tenant fermement Alexa Schultz, son arme pointé aussi sur la tempe de celle-ci.
-Lâchez votre couteau Kirkland ou je n'hésiterais pas à tirer !
Celui-ci ne se démonte pas étant indifférent au sort que l'agent réserverait à son amie.
-Vous pensez que votre menace m'arrêtera ? Ce qui est programmé doit être accomplit.
-Je ne le répéterais pas ! Eloignez-vous !
Il chuchote, s'adressant au mentaliste, inclinant un peu plus la tête en arrière.
-Regardez qui est là ! L'adorable, féroce, agent Lisbon. Quel tempérament ! et s'adresse à elle à son tour. Vous seriez prête à tuer pour celui que vous aimez ? le disant sur un ton affirmatif. Je n'en n'étais pas sûr au début mais vous êtes merveilleusement compatibles.
-Ne vous avisez surtout pas à ça ! désignant le couteau du regard.
Kikland sourit.
-Faites ce que vous avez à faire et je ferais ce que j'ai à faire.
Jane prononce faiblement.
-Teresa… la vision légèrement trouble.
Le tortionnaire murmure à nouveau au mentaliste.
-Aviez-vous prévu une telle mort ? Oh ! J'oubliais ! Vous n'êtes pas médium. Juste un usurpateur de la vie. s'exprimant sur un timbre charmeur, malsain, méprisant puis relève la tête en direction de Lisbon. Alors ! Qui de nous deux va procéder au premier sacrifice ?
La lame se repose, coupant peu superficiellement en signe d'avertissement.
-Non ! crie-t-elle, protestant.
-Non ? Et bien baisser votre arme. lui ordonnant avec un calme déstabilisant, dérangeant.
Teresa commence à baisser tandis que Jane l'en dissuade, puisant dans sa réserve de courage, s'exprimant sur un ton las dû à ses forces diminuées.
-Ne faites pas ça. sa tête est inclinée davantage, ses boucles tirées. Son arme est un peu plus baissée, le mentaliste insiste. Il me tuera de toute façon. Ne l'écoutez pas.
-Perspicace, Patrick !
Lisbon est tiraillée par son hésitation, sachant qu'en effet, Kirkland l'exécutera comme prévu. Le dilemme la terrorise. Le pistolet est finalement abaissé, détachant légèrement son emprise sur Alexa Schultz qui regarde l'arme et avec impulsivité tente de s'en emparer en essayant de lui arracher des mains. Teresa se débat, la repousse, la complice saute sur elle, la jetant à terre. Le pistolet est partagé entre les deux mains mais l'agent résiste avec volonté, force, reprend le dessus, brièvement toutefois. L'enragée la bloque au sol sous l'œil ravi de John Le Rouge qui maintient Jane sous l'impitoyable lame qui n'espère que trancher. L'arme se hisse en l'air par la complice, le bras de Lisbon tente de prendre l'avantage.
-Donnez-moi ce pistolet ! le disant sur un ton méchamment menaçant.
-Pas question ! la courageuse se défendant.
Au bout de quelques secondes, l'arme à feu est retournée vers Teresa qui ressent alors des sueurs froides. Alexa Schultz baisse le pistolet jusqu'à ce qu'il vise la battante, au niveau de la poitrine, Lisbon arrivant à l'éloigner petitement mais l'arme se rapproche à nouveau. Au dernier acte, elle réussit à la retourner, le doigt de l'amie de Kirkland est posé sur la détente, celle-ci presse, propulsant la balle en direction de l'estomac de la complice, le transperçant. Entendant le détonateur, le cœur du mentaliste fait une embardée, craignant le pire, terrifié tandis que le fameux tueur se demande si l'agent a été touché. Le poids du corps d'Alexa Schultz s'écroule, mortellement blessée. Teresa se dégage, se redresse, quelque peu assommée puis le cible avec son pistolet.
-Finalement, l'honneur revient aux dames ! ironisant avec dureté.
Ils se défient du regard qui signale l'ultime finalité.
A suivre...
