Comme demain je n'aurais probablement pas le temps d'écrire voilà le deuxième chapitre. Plus de persos. Quant aux pirates, c'est pour le prochain.

Bonne lecture :D


Il faisait nuit noire.

Si un humain avait eu l'idée de s'aventurer dans la montagne, il se serait perdu et probablement serait mort de froid en une demi-heure. Parce que dans le Gand Nord, la nuit était mortelle. Et la glace n'était pas le seul danger.

Depuis que Braginski était le maître de ces terres, les dragons avaient été exterminés, mais les Ussurs avaient profité pour descendre des sommets, quittant leurs caves sombres pour s'installer aux pieds des montagnes, plus près des villes, et des proies.

Les Ussurs sont de grands félins à raies mauves et bleus, avec de grands crocs qui surpassent de la mâchoire inférieure. Leurs trois yeux ne possèdent pas de paupières, comme les serpents du Désert ; ils perçoivent par conséquent plus facilement ce qui se passe autour, même quand ils dorment. Quant à leurs six pattes, elles leur permettent d'être aussi rapides que des chevaux et sont surmontées de griffes.

Matvey ferma son livre et soupira. Il devrait être en train de dormir, se dit-il. Le capitaine aimait se lever tôt. Et espérer que cet homme respecte son sommeil était aussi inutile que d'espérer que Natasha lui dise quelque chose de gentil.

Le capitaine était un étranger. Les rumeurs disaient qu'il venait de l'Empire, où il était recherché. Cependant, personne ne savait pourquoi.

Il était arrivé à Yawaly 20 ans après la prise de pouvoir de son père. Il avait demandé une audience avec Braginski, puis s'était enfermé dans le bureau avec lui. Trois heures plus tard il en sortait, un sourire moqueur aux lèvres. Il venait d'être accepté dans l'armé, malgré ses 13 ans. Il n'avait pas tardé à faire ses preuves. Il était rapide, fort, rusé ; il avait de l'ambition. À l'âge de 18 ans, il était déjà lieutenant. Et il y avait quelques mois, il venait d'être promu capitaine.

Et pourtant le Roi ne l'appréciait pas particulièrement. Il le trouvait trop orgueilleux, toujours à regarder les autres avec dédain. Ça agaçait le sieur Braginski. Mais il était efficace.

Lui ne l'avait vu qu'une fois. Ça lui avait suffi. Il était avec sa sœur Yekaterina quand le soldat était rentré dans la salle, suivit d'un cortège.

Il s'agissait de la suite du sultan. Le promis de sa sœur avança, il remarqua sa peau dorée, très impressionnante pour lui qui était si habitué aux teins pâles des nordiques. Le sultant portait un masque qui lui cachait les yeux, un masque qui ne disait rien qui vaille à Matvey. Il était là par obligation, son père étant en voyage, son frère soufrant, ce qui avait beaucoup inquiété sa sœur Natasha qui ne se séparait pas du chevet de l'héritier. Cependant le sultant, du nom de Sadik, fut très aimable : il souriait tout le temps et avait été favorablement impressionné par Yekaterina, à qui il proposa de faire un tour. Matvey lui observait très curieux les valets du prince. Le sultant habitait le Désert.

Le désert se trouvait à l'est, de l'autre côté de la Mer. Il s'agissait de la contrée la plus hostile, mais aussi la plus riche au monde. Les habitants vivaient sous le sable, dans des villes en verre.

Traverser la gigantesque masse d'eau était risqué, surtout parce que au beau milieu se trouvaient les Îles, infestées de Pirates. Mais les intérêts politiques étaient plus forts.

Quand le sultant disparu avec sa sœur dans le couloir, suivis de loin par quelques soldats, le capitaine le regarda d'haut en bas. Matvey était mal à laisse. Cet homme blanc comme la neige (trop blanc même) l'évaluait, ses yeux rouges semblaient le scruter et le garçon se sentit exposé. Gilbert eut un demi-sourire, qui laissa voir ses dents blanches, murmura un « gamin », plaça son casque sur ses cheveux argentés et se retourna.

Le cadet des Braginski ne lui connaissait que deux amis. Bien qu'en fait, il ne savait s'il pouvait affirmer que ces trois-là furent vraiment amis. Le premier était son propre frère, et chaque fois qu'il était seul avec Gilbert, ils finissaient par se battre à l'épée. Parfois ils allaient jusqu'à se blesser. L'autre, c'était ce jeune homme, Soren.

Il s'agissait d'un grand blond aux cheveux en pointe. Il était lui aussi arrogant et un peu impertinent, mais contrairement à Gilbert, toujours aimable et adorait rigoler. Il n'avait pas de famille mais s'était toujours très bien débrouillé.

« Tout le monde l'aime bien, dans la ville » conclut Matvey, avant de s'endormir. S'il était resté ne serait-ce que cinq minutes de plus, il aurait vu sortir de la ville un cavalier au galop. Un homme grand et fort, aux cheveux blonds en pointe. Le prince légitime de ce pays.

Son nom : Soren Köhler.


Alors? Un petit review?