Et c'est au tour des germains de faire leur apparition.


Elle allait être en retard. Encore une fois.

Elisabetta courait aussi vite qu'elle le pouvait.

Le soleil se levait sur la capitale impériale et la fille faisait de son mieux pour essayer d'arriver au palais avant que le prince Vash ne se présente dans sa chambre pour l'inviter à petit déjeuner et qu'il y trouve à sa place un lit vide et une fenêtre grande ouverte.

Elle tourna le coin de la grande rue et se précipita vers le centre-ville, trébucha, se releva et bouscula sans faire exprès le pâtissier qui se disposait à ouvrir avec les premières lueurs de l'aube.

Un juron s'échappa de sa bouche, un gros mot qui n'était pas propre d'une fille de son rang, mais elle s'en moquait. En tombant, elle s'était cassé la chemise et s'était éraflé le bras. Et si le prince Vash n'allait peut-être pas le remarquer, elle ne doutait pas que Roderich lui, allait lui demander des explications. S'il elle voulait continuer à voir Feliks et Toris, il fallait vraiment qu'elle trouve un autre truc. Et vite.

Dix minutes plus tard, la fille aux cheveux châtains escaladait le mur puis se faufilait par la partie arrière du jardin. Elle évita la bibliothèque où, elle le savait, Ludwig était en train d'étudier le plan de la ville et se précipita le plus silencieusement possible vers sa chambre. Elle entra sans faire de bruit et souri, satisfaite, elle avait ré…

« T'es en retard, Lisa » entendit-elle.

Trop tard. Son ami Roderich était sur son lit, les bras croisés. Elle fit une moue. Le regard du seigneur Eldestein était désapprobateur et il semblait même un peu déçu.

La fille essaya de sourire mais Roderich ne bougea pas d'un pouce et elle ne put que s'excuser.

« J-je suis désolée Rod »

Eldestein soupira et lui tendit quelque chose. Il s'agissait d'une robe jaune au reflets verts en soie. Une merveille.

« Je savais que tu arriverais probablement sale et habillée en homme, alors je t'ai préparé ça pour ton rendez-vous de ce matin. »La fille le regarda surprise, elle s'attendait plutôt à une engueulade, bien qu'elle sache que d'habitude, Roderich n'aimait pas crier.

« Sérieusement Elisabetta, tu dois arrêter. C'est la dernière fois que je t'aide » commença Roderich pendant que la fille rentrait dans la salle de bain pour se changer.

«Mais Rod, ce sont mes amis ! » se plagna la jeune fille.

« Oui mais dans deux mois, tu seras mariée au prince Vash, et moi je ne serais plus ici. Tu as déjà un certain âge Lisa, tu ne peux pas continuer à t'échapper tous le soir pour traverser la ville et aller trainer je ne sais où avec deux hommes »

La fille sortie de la salle de bain et Roderich ne put s'empêcher de penser qu'elle avait l'air d'une reine, cette robe mettant en valeur ses yeux vert clair.

Il l'obligeât à se retourner pour lui brosser les cheveux, car ceux-ci étaient remplit de feuilles et de branches cassé.

« Oui, je sais bien, tu pars et tu me laisses toute seule ! » l'accusa Elisabetta, « tout ça parce que ton oncle insiste pour que tu épouse la princesse Lili, alors que je sais que toi tu… » Mais elle ne put finir sa phrase car Roderich la força à se retourner et la regarda droit dans les yeux.

« Tais-toi. Personne ne peut le savoir » murmura-t-il, ses yeux mauves semblaient soudain plus sombres.

La fille se senti rougir et se sépara avec force, puis lui lança un regard blessé.

Ah oui, elle, elle savait. Elle savait que Roderich aimait Vash, et vice versa. Elle le savait depuis longtemps déjà. Elle avait bien pleuré le jour où elle les avait surpris à s'embrasser, derrière la fontaine. Car Elisabetta était amoureuse de Roderich et cela depuis ses 12 ans. Ce jour-là, elle avait eu le cœur brisé, et même six ans plus tard, elle n'arrivait pas à s'en remettre.

Et pour son malheur, depuis deux semaines, elle était promise à Vash Zwingli et Roderich à la petite sœur de celui-ci, l'adorable Lili.

Quand elle l'avait appris, Elisabetta avait voulu mourir. Roderich ne l'aimerai jamais, et en plus, elle devrait supporter en silence être mariée à son amant. Elle ne pensa même pas au fait que ce mariage imposé était encore plus douloureux pour Roderich et Vash.

Elle ne supportait pas le prince. Il était froid et sec, avait un penchant pour les armes et était très avare, bien qu'il s'était toujours conduit admirablement avec Elisabetta.

« Allez Lisa, ne fait pas cette tête ! » lui avait dit son ami Feliks, le fils du boucher « Ça aurait put être totalement pire, c'est-à-dire, mon dieu, imagine être mariée à un Braginski ! » s'exclama le garçon avec une voix très féminine. Toris ne put s'empêcher de rigoler, mais voyant les larmes couler sur les joues de la noble, il s'était dépêché de la prendre dans ses bras.

« Ne pleure pas Lisa. On trouvera une solution, tu verras »

Roderich soupira, il aimait beaucoup Elisabetta, mais elle pouvait être vraiment intraitable quand elle était de mauvaise humeur.

« Aller, viens. Les frères Zingwli nous attendent dans la bibliothèque. »Dit-il de façon amère.

Elisabetta se séchât les larmes qui menaçaient de tomber et le suivit, sentant qu'elle détestait Roderich. Elle les détestait tous. Un jour elle partirait loin. Elle en faisait la promesse.


Vash regardait par la fenêtre de la grande bibliothèque tandis que sa sœur admirait les gros volumes un peu poussiéreux qui avaient échappé aux incendies qui s'étaient produits dans l'empire trente ans auparavant. Quand les dragons avaient commencé à disparaitre, certains avaient échappé vers l'Empire. Mais l'Empire était une terre sans magie. Personne n'en avait jamais vu, et les habitants du pays se crurent attaqués. Ils attaquèrent ces « démons venus du Nord » et ceux-ci, qui jusque-là ne leurs avaient rien fait, se défendirent. De nombreuses villes furent réduites en cendres.

Ses yeux bleu-vert parcouraient les étagères quand un livre attitra son attention. Il était en cuir, pas particulièrement gros, et assez abîmé mais on y pouvait lire sans problèmes le titre.

LES ÎLES.

Lili attrapa le volume. Les Îles, l'ancienne terre des fées et des zulu. Le refuge des pirates.

Le domaine des Kirkland.

Elle glissa discrètement le livre dans sa poche, puis se retourna pour écouter la conversation qu'entretenait son frère avec le comodore Beilschmitd.

« En effet Majesté. Depuis cinq jours, les attaques pirates se sont multipliées, il ne se limitent pas à piller les terres du Sud, ils se rapprochent des côtes de l'Empire. » explica Ludwig de sa voix de militaire, ses cheveux blonds parfaitement peignés en arrière, ses yeux d'un bleu glacé parcourant la carte du Monde. Au Nord, le Braginskland, avec la péninsule Scandinave ; à l'est, séparé du continent par la Mer et les Îles, le Désert, et sous l'Empire, le grand Sud, la terre du soleil.

« Il semblerait que l'héritier du grand Vargas ait un besoin soudain de s'enrichir, plus qu'il ne l'est déjà. S'approcher des côtes de l'Empire est très téméraire » dit calmement le prince Vash.

« Que sa Majesté m'excuse, mais du temps de Kirkland les pirates attaquaient toutes les nations » exprima Beilschmidt. Pour le blond, ils étaient pareils : des escrocs, des canailles de la pire espèce, sans foi ni loi, des bandits. Ils méritaient pourir en prison, sans exception. Quelle différence y avait-il entre le brun du Sud et le pirate blond, disparu depuis deux ans ?

« Mais Carreido n'est pas des Îles, cher commodore. Ils se détestaient. C'est Carreido qui a tué Kirkland. Et Carreido a été élevé par Vargas. Il a, soi-disant, un code d'honneur à respecter.

Ludwig resserra la mâchoire, ses dents grincèrent. Un code d'honneur, mon œil ! Son grand frère était mort à cause de Rome Vragas, et Ludwig comptait bien le venger. Il finirait avec tous les pirates.

« Et en quoi cela nous aide-t-il ? »

« Parce que avec Carreido on peut TOUJOURS arriver à un accord. » exprima le prince. « Ce qui m'inquiète plus, ce sont ses plans. Cet homme ne fait jamais rien sans raison. Et mes informateurs sont formels : il se passe quelque chose dans le Braginskland. Mon père est allé parler avec Braginski, et j'ai reçu sa lettre se matin ; l'armée nordique se prépare. Je ne sais pas encore ce qui se passe, mais si nous devons affronter Dimitri Braginski, nous aurons besoin de tous nos effectifs. Ce sont les ordres du Roi. »

Ludwig aurai bien voulu protester. Il comprenait la menace du Nord. Mais, et les pirates?

« C'est pour ça, cher commodore, que je vous somme de découvrir au plus vite ce que cherche le capitaine Carreido . Vous avez une semaine, pas plus. » Ajouta-t-il de façon autoritaire, avant de quitter la bibliothèque pour se réunir avec sa promise dans le salon.

Lili le suivit, sans rien dire.


À plusieurs kilomètres de là, un homme qui devait avoir autour de 25 ans se réveillait. Il faisait une belle journée dans la côte est de l'Empire. Avec un sourire il s'habilla puis prit son petit déjeuner. Un thé avec des tartines. Puis il essaya de mettre un peu d'ordre à ses cheveux, mais c'était peine perdue. Il se regarda, ses yeux verts examinairent son visage, ses sourcils épais qu'il détestait. Il se voyait depuis deux ans, deux ans qu'il avait été trouvé par le colonel Jones; et il navait toujours l'impression que l'homme qu'il avait en face était un étranger.

Il n'était pas près de retrouver sa mémoire.

Il soupira, remarqua qu'il était déjà 11 heures.

« Shit » se dit-il.

Il allait être en retard.