"Attrapez-le! Je le veux vivant!" s'exclamèrent au même temps deux voix profondes, tandis que les soldats se ruaient sur leur objectif.

Les cris de leurs chefs retentirent dans les lieux de la poursuite, l'un dans les vallées du Braginskland, l'autre au port de Kiel, une petite mais prospère ville portuaire de l'Empire.

Mais ce n'était pas facile.

Aussi bien le dragon que le pirate échappaient à leurs hommes. "Scheisse" pensèrent-ils "Il faut vraiment tout faire par soi-même. Verdamnt".


Gilbert mis pied à terre, tandis qu'il observait comment ses hommes étaient envoyés plusieurs mètres en arrière par la queue du dragon bleu, qui, malgré sa petite taille était redoutable.

Sa queue n'était pas recouverte de piques, et c'était heureux, sinon ses hommes seraient morts depuis longtemps, transpercées. Ses dents étaient pointues, le museau rond. Bleu clair avec des reflets carément blancs, ainsi que deux énormes yeux violets où Gilbert cru lire un sentiment qu'il connaissait bien, un sentiment commun à tous les êtres vivants. La peur.

Gilbert fronça les sourcils. Qu'est-ce qui lui prenait? Il ne devait surtout pas se laisser avoir. Il ne pouvait (ne devait) ressentir aucune compassion pour cet animal monstrueux qui avait fait tans de ravage dans l'Empire et qu'il devait capturer, par ordre de Braginski.

Il sorti lentement son épée, fit un signe à Natasha de le suivre. Il savait parfaitement que la fille Braginski lui serait utile. Elle maniait les poignards mieux que personne. Même lui se sentait un peu jaloux du talent que possédait cette princesse.

Il sentit les yeux de son "ami" Ivan sur son dos, le jugeant, un demi-sourire amusé sur le visage. L'héritier était toujours à cheval, il observait simplement, trouvait ça amusant. À sa droite, son frère Mat, aussi à cheval. Ivan évitait ainsi tout danger à son petit frère. Matvey se limitait donc à suivre Gilbert du regard, essayant d'oublier le dragon qui avait déjà décimé la moitié des hommes de l'albinos. Aucun mort, car si bien le dragon fouetait avec force les hommes, pour l'instant il n'avait mordu aucun. Mais les soldats étaient néanmoins bléssés, la force du dragon était colossale. Et puis, ils retombaient sur des rochers.

Un cri soudain se fit entendre, un cri de démon, qui faillit les laisser sourds. Une des ailes du dragons venait d'être transpercée par Natasha, qui évita à temps le feu qui sortit de la bouche de l'animal blessé.La fille attaqua de nouveau, tandis que Gilbert enfoncait son épée dans l'une des pattes du reptile. Rapidement, il s'éloigna de lui. Ça aurait été stupide de rester à la portée d'un dragon fou de rage et bléssé. Celui-ci ne tarda pas en effet à cracher du feu tandis qu'il se tortillait pour essayer de sortir de la cave où ils se trouvaient, mais blésé comme il était, il ne pouvait ni voler ni marcher.

Il remarqua que Natasha sortait à nouveau un poignard pour viser la poitrine de l'animal. Gilbert senti son sang se glacer. Il arrêta le bras de Natasha à temps. Les yeux rubis du capitaine croisèrent les deux saphirs de la princesse. Celle ci était furieuse.

"Pour qui te prends -tu?" crachat-elle. "Laches- moi tout de suite. Je dois l'achever".

Mais Gilbert ne fléchit pas pour autant.

"Il n'en est pas question" dit tranquillement Ivan derrière eux. "Père le veux vivant, da?"

C'était vrai. Le sieur Braginski avait était intransigeant sur ce point. "Surtout ne le tuez pas. J'en ai besoin, vivant et en assez bonne santé. Utilisez tous les hommes qu'il sera nécessaire".

Gilbert lâcha finalement la main de Natalia. C'était très louche que Dimitri Braginski demande un prisonnier. Généralement, pour le Roi, des qu'il y avait un obstacle, il valait mieux l'éliminer.

Il se retourna vers Ivan qui regardait le dragon avec curiosité. Celui ci avait renoncé à bouger, il se plaignait faiblement.

"Finalement, ce n'est pas si terrible que ça." conclut Ivan. "Par contre, quand père aura finit avec lui, sa peau ferra sans doute de bonnes bottes." dit-il avec un sourire de dément. Matvey trembla devant la cruauté dont son frère faisait preuve.

Puis Ivan se rapprocha du dragon et arracha l'un des poignards de l'aile de l'animal. Celui-ci rugit de douleur. Ivan sourit de plus belle.

Gilbert sentit son cœur se serrer. Il connaissait Ivan depuis 10 ans, le savait sans pitié envers ses ennemis et assez sadique. Mais il en pu s'empêcher de se sentir déçu. Déçu car l'héritier ressemblait peut-être plus à son père qu'il ne l'aurait voulu. Et puis il sentit aussi la colère monter en lui. Personne n'avait le droit à torturer un animal sans défense.

C'est alors que les yeux violets du dragon le fixèrent. Il déglutit. Ses yeux avaient un regard si...humain. Il ne put s'empêcher de penser qu'il semblait trop fragile, et qu'il soufrait. De nouveau, il sentit une colère sourde monter en lui. Il se dégoûtait. Il lâcha son épée, il avait chaud, très chaud.

"Nous devons réfléchir à comment nous allons le transporter" commença Ivan. "Il ne faut surtout pas l'abîmer plus qu'il ne l'est" dit-il, faussement inquiet.

Il ouvrit la bouche pour rajouter quelque chose mais Natasha poussa soudain une exclamation de surprise.

Gilbert voulut se retourner pour voir ce qui avait fait crier la fille, mais il ne le put. Une lumière intense l'aveugla quelques instants, puis il entendit quelques mots en une langue qui lui était familière mais dont il ne comprenait rien. Quand il rouvrit les yeux, le dragon avait disparu, et Matvey aussi.


Pendant ce temps dans l'Empire, Antonio se battait contre trois hommes du commodore. Mais ne pensez surtout pas que le sudiste était en difficultés. Bien au contraire, il s'amusait comme un petit fou. Quand les trois marins s'étaient lancés sur lui, il s'était contenté de les regarder sans bouger et, en arrêtant le premier coup, avait demandé, "C'est tout? C'est assez injuste. À 6 contre 1, vous n'avez aucune chance." Depuis, il se battait en rigolant, et en 5 minutes il s'était débarrassé de la moitié de ses opposants. Deux étaient morts, le troisième était tombé de la falaise. À oui, c'est que j'allais oublier. Il se battaient au bord d'une falaise.

Antonio rit de plus belle quand sa lame entra dans le coeur d'un quatrième adversaire au même temps qu'il évitait l'attaque d'un autre soldat. Il le tua sur le coup.

Un cour instant, Ludwig crut voir une lumière briller dans les yeux éméraude du brun: du plaisir. Il se sentit dégoûté. Puis les yeux verts le fixèrent, et il eu peur. Ce regard terriblement beau cachait quelque chose qu'il n'aimait pas . Du tout.

Puis soudain le capitaine parut s'ennuyer. Il poussa le quatrième soldat en arrière, profita de ce moment là pour lui couper une jambe. Le soldat tomba en hurlant dans une flaque de sang. Puis le capitaine Carreido blessa le dernier soldat au bras, l'immobilisa et il rapprocha lentement la lame à son cou.

Soudaint, il semblait de nouveau quelqu'un de normal et les mots qui suivirent désarmèrent Ludwig.

"Je suis désolé." expliqua -t-il. "Je ne voulais pas que cela finisse ainsi" dit-il doucement. "Contrairement à ce que vous semblez pensez, cher commodore; je n'aime pas tuer des gens innocents. Mais voyez-vous, il m'est fort désagréable qu'on essaye de m'attraper. Je suis un homme simple" continua le capitaine Carreido en baisant la voix, il chuchotait presque à l'oreille du soldat, mais regardait Ludwig. "et mon plus grand trésor, c'est la liberté. J'y tiens par dessus tout .Je n'apprécie pas qu'on me jette en prison pour me pendre après un an dans un cachot. Je me défends donc."

Ludwig serra les poings autour de son épée, il aurait bien voulu répondre, il n'en croyait pas un traître mot, malgré que son ennemi parut sincère; mais celui-ci ne semblait pas vouloir tuer le dernier soldat, et il devait protéger ses hommes.

"Je dois avouer cependant que je m'amuse quand je me bats. Je ne suis pas parfait. Mais ce que je fais, me défendre et piller quelques villages, ce n'est pas si grave. Surtout quand il y a des hommes qui ont fait bien pire, n'est-ce-pas commodore Ludwig? Abandonner sa famille, trahir son pays..."

Le blond ouvrit la bouche sous le choc.

"W-Wie? Wie weisst du das?" demanda-t-il.

"Oh Luddy, c'est que je te connais depuis longtemps déjà" expliqua le capitaine Carreido avec un sourire mauvais. "T'es presque de la famille ".

"Ce n'est pas vrai!" hurla le commodore, oubliant l'otage du sudiste. Mais celui-ci rit de nouveau, libérant son prisonnier. Il aida le soldat à la jambe coupée à se relever et tous les deux partirent sans demander leur reste.

Le vent devint de plus en plus fort.

Antonio recula quelques pas en arrière, souriant toujours. Il se trouvait au bord du précipice.

"Vois-tu Lud c'est un peu embêtant. Je devrais te tuer. Pas que je le veuille, mais parce que t'es mon ennemi. Seulement, je ne peux pas. Je l'ai promis..."

Ah oui. Avouez cela n'était peut-être pas très intelligent de la part d'Antonio, mais la tête de Ludwig en valait la peine. Le blond fut si surpris qu'il lâcha son épée.

"Nein..."

Antonio soupira. "Aaahh, les hommes sont attachés à certaines choses. Moi par exemple, je le suis à ma famille, à mes amis et à certaines valeurs. C'est mon point faible. Et un Carreido tiens toujours sa parole, Beilschmidt."

Ludwig sentit ses larmes couler.

"Quand Gilbert est mort, j'ai pleuré pendant des semai-"

"Tais-toi!" hurla-t-il. "J'ai perdu ma famille à cause des pirates! Je vous hai tous!" puis il attrapa son épée et se lança sur le sudiste, qui l'esquiva sans effort. Cependant, il ne souriait plus.

"C'est domage. Je te croyais plus intelligent. Mais il est clair que tu as cru tout ce qu'on t'a raconté. Gil lui ne se serait pas fait avoir"

C'en fut trop. Ludwig oublia qu'il avait une épée, il se rua sur le brun et lui donna un coup de poing. En plein visage.

Le sudiste ne s'y attendait pas, il commença à cracher du sang.

"Eh bien. Je vois que tu lui ressembles un peu" murmura-t-il. Puis il sauta .

Ludwig le vit tomber. Il souhaita qu'il se tue. Mais quelques minutes après, il le vit nager vers un bateau qui l'attendait à quelques mètres. Il resta là jusqu'à ce que le navire disparut à l'horizon.

Il entendait encore la voix du capitaine.

"Tu es presque de la famille".


Alors? Vous vous y attendiez? qu'en pensez vous? Un petit review, svp!