Je suis inspirée et la semaine qui vient j'ai des cours intensifs d'allemand, donc je publie ce chapitre et peut-être le prochain. J'espère que vous allez apprécier.
Braginski, Russie, Canada, Ucraine, Prusse, Denmark, Suède, Islande et Norvège.
Bonne lecture :D
« Il vous a échappé ? » demanda Braginski d'un ton glacial.
Les chasseurs étaient revenus au palais avec la mauvaise nouvelle. Le Roi n'avait pas été content. Pas du tout.
Gilbert haussa des épaules.
« Il a eu de l'aide » se limita-t-il à répondre. Ivan lui regardait la scène sans plus. Ils perdaient le temps. Matvey avait disparu aussi. Il était inquiet pour son petit frère, bien trop faible pour se débrouiller tout seul, encore moins pour faire face à un dragon. Il ne voulait qu'une chose, sortir le chercher. Il avait bien promis à sa mère qu'il prendrait soin de sa famille.
« Comment-ça de l'aide ? » demanda le Roi d'un ton froid.
« De la magie, votre Altesse. Quelqu'un a dut l'aider »
« C'est impossible ! Il n'y a plus de magiciens dans le Nord ! »
« Pas de dragons non plus en principe… » Dit Gilbert d'une voix neutre. Le Roi le fixa d'un regard terrible. Cet étranger serait-il en train de se moquer de lui par hasard ? Un rictus mauvais se dessina sur son visage.
« Faites très attention, Herr Beilschmidt. Personne ne se moque de moi sans payer les conséquences…»
« Avec tout mon respect, Votre Altesse, mais vous avez besoin de moi »répondit-il tranquillement.
Ivan sourit. Quel culot ! N'importe qui serait mort de peur en entendant la menace cachée dans les mots du Roi, mais pas Gilbert. Ou plutôt, s'il avait peur, l'albinos ne voulait pas le montrer. Ivan se demanda si c'était ça que l'on appelait le courage. Ou peut-être que Gilbert n'était qu'un idiot après tout.
Le regard du Roi s'obscurcit quelques secondes.
« Vous êtes un arrogant, capitaine Beilschmidt. Un jour vous allez le payer cher. Malheureusement vous avez raison. Je ne vous cacherais donc pas que j'ai bien envie de m'amuser à vous torturer, mais ce serait une perte de temps. »
Ivan haussa un sourcil. Il était vrai que Gilbert était le meilleur des soldats, mais de là à « avoir besoin de lui … ». Gilbert avait toujours bénéficié d'un certain statut. Il se demandait bien pour quelles raisons le Roi le supportait, mais n'avait jamais posé la question. La seule fois qu'il avait essayé, Gilbert lui avait répondu un aimable « Et ta sœur ? ». Il aurait bien pu insister d'avantage, mais Ivan n'était pas du type à tourner en rond autour d'une question qui lui semblait secondaire. Peut-être ne l'était-ce pas tant que ça.
« Je vous considère responsable de ce désastre. Vous allez me trouver ce dragon. Je veux aussi que vous récupériez mon fils. Et gare à vous si Matvey à une seule égratignure. Vous avez intérêt à réussir Gilbert. Sinon, il se pourrait bien que j'informe aux autorités de l'Empire de votre présence dans mes terres »
Gilbert pâlit. Bien qu'il fût difficile de le remarquer étant donné la couleur naturelle de sa peau, Ivan le connaissait depuis trop longtemps pour en être sûr.
Gilbert, quand à lui, serra les dents. Quel salaud. Maintenant que leur accord arrivait à leur fin, le Roi en profitait…
« Et vous savez que ces gens-là ne badinent pas avec les criminels. Trahison, aide aux pirates, tentative d'assassinat d'un membre de la famille royale… Vous ne pourriez pas quitter le Braginskland comme vous le vouliez. Quel dommage, n'est-ce-pas ? »
Ivan ouvrit les yeux surpris. Il savait que Gilbert été recherché, lui-même le leur avait confirmé, mais il ne s'attendait pas à ça. Dès qu'il verrait Soren, il lui raconterait.
« Vous vouliez partir dans un mois, si je ne me trompe ? Et bien vous ne partirez pas tant que vous mènerez à bien votre mission »
Gilbert foudroya du regard le Roi. Il était pris au piège. Il ne pouvait qu'obéir.
« Je me compromets de ramener l'animal et votre fils, votre Altesse. » répondit Gilbert d'un ton haineux tandis qu'il s'inclinait puis quittait la salle, laissant les Baginski seuls.
Soren regarda pour la énième fois son sac. Ça faisait au moins une heure qu'il préparait ses affaires. Celles-ci étaient éparpillées dans la chambre. Il n'arrivait pas à se décider.
Il poussa un cri de frustration et s'allongeât sur le lit, sentant bien qu'il allait devenir fou. Pourquoi ? Pourquoi lui ? Depuis trois mois, sa vie était devenue un enfer.
Quand il avait eu 20 ans, sa tante lui avait révélé la vérité :
« Tu es l'héritier légitime » Soren-sans-nom était soudain, en quelques mots, mort pour laisser la place à Mathias Köhler, roi du Nord.
Et toutes les obligations et la responsabilité que ça entrainait étaient arrivées avec ce nom. La fierté d'appartenir à la royauté l'avait vite abandonné deux jours après, lorsque sa tante était morte.
La discussion qu'il avait eue avec son cousin Berwald avait détruit leur famille à jamais. Cela c'était passé 11 ans auparavant.
Il ne s'était pas souvent entendu avec Berwald Oxentiera, cependant, c'était quand-même son cousin. Ils avaient grandi ensemble, dans une petite ferme de la péninsule Scandinave. Ils se chamaillaient tout le temps, étant bien trop différents pour jouer ensemble. Mais ils s'aimaient bien malgré tout. Mathias avait en plus un côté protecteur, alors que Berwald n'avait pas du tout besoin d'être protégé. Bien au contraire. Grand comme une montagne, ce blond à lunettes inspirait plutôt du respect.
Berwald ne parlais pas beaucoup, était tranquile. Tout le contraire de Soren. Mais lui aussi avait fini par aimer son cousin.
Jusqu'à ce qu'il apprit que celui-ci était un Kohler.
Ce jour-là, ils se disputèrent à grands cris. Heureusement, personne ne pouvait les entendre, leur maison étant à plusieurs kilomètres du village.
Berwald était bien entendu jaloux, mais le problème n'était pas là. Non, le problème était que, selon lui, Soren devait tout faire pour récupérer le trône. Il fallait renverser le tyran, restaurer la dynastie, libérer le peuple du joug.
Sauf que Soren n'en avait aucune envie. Il était seul, il se retrouvait soudain à devoir défier Braginski alors qu'il n'avait pas un sou. Et son cousin prétendait qu'il participe à un complot ? N'avait pas d'appui. Dix-neuf ans que Braginski avait pris le pouvoir. Qui allait l'écouter lui, un pauvre garçon sans famille ?
Berwald lui dit qu'il le soutiendrait. Qu'il devait se battre. Que plus de personnes qu'il ne pouvait imaginé l'aideraient.
Devant le refus de Soren, Berwald s'énerva. Il le traita de lâche, de traître à son peuple. Il lui reprocha aussi beaucoup de choses, l'accusa de la mort de sa mère. Soren sentit la colère monter en lui. Personne ne l'insultait comme ça.
La discussion se finit par un affrontement corps à corps .Quand ils se calmèrent, Berwald avait un œil noir et la lèvre cassée. Ses lunettes étaient en mille morceaux. Mathias quant à lui crachat du sang, puis une douleur aigue lui indiqua qu'il s'était cassé le poignet. Sans dire un mot il quitta la maison. Il ne retourna jamais dans le Scandivan.
Un an plus tard, il s'installait dans la capitale. Il entra dans les écuiries royales.
C'est alors qu'il avait connu Ivan. Ce fut par hasard, le blond avait profité de sa journée libre pour aller se promener. C'était le printemps. Il alla aux alentours de la ville, on lui avait dit qu'il y avait un champ remplit de fleurs très agréable non loin. Soren était très curieux. Les fleurs n'étaient pas monnaie courante dans le Nord. Il en fut stupéfait. Ces fleurs étaient énormes. Tout un champ s'étendait à perte de vue. Leurs pétales étaient jaunes. Des tournesols….
Il remarqua alors que quelqu'un se promenait parmi les tiges. C'était un petit garçon d'une dizaine d'années. Il portait une écharpe malgré une température fraîche mais agréable, et ses yeux violets le fixèrent. Mathias se demandait bien ce qu'un garçon de son âge pouvait faire tout seul au milieu d'un champ de tournesols. Il avait l'air adorable.
Soudain Yékatérina, une adolescente de 15 ans qui à l'époque portait encore les cheveux longs, s'avança. Il ne l'avait pas remarqué. Elle surveillait son petit frère. Le jeune héritier se présenta rapidement « Soren. Enchanté, mademoiselle ».
Ce fut comme cela qu'il apprit que c'était des Braginski. Au début, il ne pensait plus les revoir, mais il commença à les croiser plus souvent. La capitale n'était finalement pas si grande que ça.
Quand Ivan eu 15 ans, ils commencèrent à devenir vraiment amis. C'était à cette époque qu'il avait connu Gilbert. Au début, Soren ne voulait pas se rapprocher de lui, parce qu'il était fils du tyran. Fils de celui qui avait massacré sa famille alors qu'il n'avait qu'un an. Puis il apprit à oublier son nom. Il n'avait jamais demandé à être un prince. Braginski n'était certes pas aimé, mais il s'amusait avec son fils, bien qu'avec le temps, il devait admettre que Ivan était devenu un homme un peu particulier ; et surtout avec Gilbert, malgré la différence d'âge.
Il apprit petit à petit à oublier la dispute qu'il avait eue avec son cousin. Il ne savait d'ailleurs qu'une chose de lui, c'était qu'il avait migré au Sud. « Eh bien, tant mieux pour lui » pensa Soren, trop fier pour accepter que la façon dont ils s'étaient séparés lui faisait mal. Il le savait vivant et au moins, il le laisserait tranquille.
Mais il y avait 3 mois, tout avait basculé. Un jour, un garçon aux cheveux blonds presque blanc se présenta devant chez lui. Les yeux violets, il devait avoir une quinzaine d'années.
Il venait de la part de Berwald, et portait une lettre de son cousin à Soren. Celui-ci n'en revenait pas. On lui disait que le garçon était quelqu'un d'important. Il été apparenté à eux par le père de Berwald et lui priait de le protéger.
«…
Je sais que ça fait presque dix ans que je ne t'ai pas dirigé la parole, et que je n'ai probablement pas le droit de te demander quelque chose d'aussi égoïste, mais il faut que tu m'aides. J'ai des problèmes ici. On me cherche. Le garçon ne peut pas rester ici. Il se peut que quand tu reçoives cette missive, je sois déjà mort. Malgré notre dernière dispute, j'ai toujours su où tu étais et qui tu fréquentais. Je sais que tu es à la capitale, que tu travailles dans l'écurie du Roi. Je sais aussi que tu es ami d'Ivan Braginski et du capitaine de la garde. Je dois te demander de t'éloigner d'eux. Contrairement à toi, j'ai réuni des gens pour destituer ce tyran. Tu serais surpris du nombre de personnes qui veulent la fin de cet homme, même des gens des autres nations. Ce jour approche. Puisque tu as décidé de rester à l'écart, on agira à ta place pour te rendre le trône quand tu seras prêt. Je suis désolé, mais tu ne peux pas échapper à ton destin, Mathias. Entre temps, prend soin d'Émile Bondevik. Son frère Lukas ira le chercher dès qu'il pourra. J'espère qu'un jour tu deviendras un bon Roi. J'ai toujours eu du mal à te supporter, mais je te connais. Tu es fort et tu sauras diriger les Nordistes.
Au revoir, Mathias.
Berwald »
Soren avait eu du mal à lire cette lettre. Il se réalisa soudain qu'il pleurait et que ces mains tremblaient. Emile le regardait en silence.
La lettre n'était pas chargée de mots affectueux, mais venant de Berwald, c'était beaucoup.
Mort ? Comment ça ? Mais qu'est-ce qu'il avait encore fait ?
Il s'essuya rageusement les yeux, essayant de se calmer. Le garçon le fixait tranquilement.
« Ainsi…ton nom est Émile? »
« C'est correct, sa Majesté »
Soren écarquilla les yeux. Sa majesté ?
« Ne m'appelles pas comme ça gamin. Pas ici. Pour toi c'est Soren, ou Mathias, si tu le préfères.» répondit-il d'un ton sec. Trop même. Il se retourna pour brûler la lettree de son cousin, si quelqu'un trouvait ça, ils auraient de sérieux problèmes.
Il essaya de se calmer. Bon, il s'agissait de s'occuper du gamin le temps que ce Lukas revienne. Ça ne pouvait pas être si difficile que ça, non ?
Ça se produisit un mois plus tard. Ils étaient sortis se promener avant que le soleil ne se couche. Soudain Émile éprouva un malaise.
Soren l'aida à descendre du cheval, inquiet. Il toucha le front d'Émile, se surpris lorsqu'il vit qu'il était brulant.
« Mais tu es malade ! » lui reprocha-t-il. Cet inconscient. Pourquoi n'avait-il rien dit ?
Le plus jeune voulut s'excuser, mais il s'évanouit avant de réussir articuler quoi que ce soit.
Soren était désespéré. Il essaya de le réveiller mais le lâcha soudain, poussant un cri de douleur.
La peau de son ami brulait.
Il soupira, se rappelant de ce qui était arrivé ensuite. Ce fut une chance d'en être sorti indemne.
Les deux mois qui suivirent furent vraiment difficiles. Comment faire pour cacher ça ?
Mais son ami avait disparu. Il été parti deux soirs de suite le chercher, ne le trouvait pas. Il devait partir de la capitale, sauver Émile et retrouver Lukas avant qu'il ne soit trop tard.
DEUX MOIS AUPARAVANT
C'est alors que devant ses yeux le corps d'Émile commença à changer pour devenir celui d'une créature légendaire.
Putain Berwald. Il aurait pu l'avertir qu'il l'envoyait baby-sitter un dragon, non ?
Petite précision: Mathias, c'est le vrai nom de Soren. Il ne sera appelé comme ça que par ceux qui connaissent son secret.
Alors?Un review?
