Et ça y est, nous voilà déjà au chapitre 20 ! Je ne sais pas si vous l'avez remarqué mais mon rytme de parutiont est devenu bien plus rapide ces derniers mois ! Non parce qu'il m'avait fallut plus d'un an pour atteindre les 10 chapitres, alors que j'ai mis bien moins de temps entre le chapitre 10 et le chapitre 20. (OUi, oui je m'auto-félicite en effet ! *okjesors* )
Bon, revenons à nos moutons ! Alors, je vous préviens tout de suite, ce chapitre est un peu "spécial". Il est plein de révélation mais ne fait en vérité pas du tout avancer l'histoire principale. Enfin bref, vous verez bien par vous même...
Réponse aux reviews :
liberlycaride : Merci beaucoup ! :D J'espère qu'il t'a plu !
MokoniiNeah : Euh... Analyse cette phrase comme tu le veux ! ^^
Ha ha ! Carrément ? Bon ben je vais voir ce que j'ai en stock comme "fin à l'eau de rose au pays des bisounours" ! (Mais je te promet rien )
Rinne-chan : Je sais pas pourquoi mais je sentais que cette fin de chapitre allait te faire très plaisir ! (On se demande pourquoi hein ?)
Mokona-au-chocopyuh : T'inquiète pas, ce genre de chose ça fait du bien de le répèter ! (Ben c'est vrai quoi, il commençait vraiment à devenir collant le Ashura !)
Euh... j'espère quand même que tu n'as pas eut une mauvaise note à ton DS à cause moi ! ^^'
Assis tout deux sur le rebord de la fenêtre depuis bientôt une demi-heure, Kurogane et Fye regardaient silencieusement les étoiles. Après ce qui venait de se passer, aucun n'avait envie de rentrer tout de suite.
-Hé ? Lança soudain le ninja.
-Hmm, quoi ?
-J'me demandais, enfin c'est peut être pas mes affaires mais, il s'est passé quoi entre Ashura et toi pour que vous en arriviez là ? J'veux dire, tout les couples qui rompent ne finissent pas comme ça !
-Bien heureusement ! Déclara le blond en lui souriant.
Il laissa un petit temps avant de reprendre :
-La première fois que nous avons rencontré Ashura, on était que des gamins de 17 ans qui rentraient du lycée. Mais en vérité, je crois que l'abîme qui nous a entraîné vers le fond avait déjà commencé plusieurs mois plus tôt...
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Accoudé à ma table la tête entre les mains je poussai un soupir et jetai un regard blasé à ma classe. Au tableau la professeure d'histoire nous commentait de la façon la plus ennuyeuse possible la carte des États-Unis et autour de moi mes camarades discutaient et se chamaillaient sans lui prêter la moindre attention. Mon voisin de table jouait au Tetris sur son portable dans sa trousse tandis que je gribouillai avec application ma feuille de cours. En temps normal j'écoutai à peu près mais là on était juste avant la pause de midi et tout ce dont je rêvais était que la cloche sonne pour que je puisse sortir manger.
Me tournant vers la fenêtre je me mis à regretter amèrement que Yui et moi ne soyons pas tombés dans la même classe. En seconde ça avait été le cas et ça avait rendu mes journées bien plus supportables. Mon frère et ses blagues stupides me manquaient beaucoup cette année et alors que je me disais que ça serait super si nous retombions ensemble pour la terminale, la cloche sonna enfin. Je ramassai mes affaires et sorti en quatrième vitesse. Après avoir récupéré mon déjeuné dans mon casier, j'allai m'asseoir sur notre banc habituel en attendant que mon jumeau me rejoigne. Cela pouvait parfois mettre jusqu'à une demi-heure car Yui était extrêmement populaire et aussi très bavard. Alors que j'avais toujours plus ou moins été timide et renfermé, mon frère était joyeux, blagueur, exubérant et extraverti. Tout le lycée le connaissait et la moitié des filles lui courraient après. Il avait donc souvent du mal à traverser l'école rapidement, se faisant aborder tout les trois pas.
L'attendre ne me dérangeai pas car un peu de calme et de solitude de temps en temps me faisaient du bien et je sortis un livre pour m'occuper. Plongé dans ma lecture je ne vis pas le temps passer et ce qui me sembla être une poignée de seconde plus tard, mon jumeau me sauta dessus en criant qu'il était désolé de m'avoir fait attendre. Je lui rétorquai en riant que ça ne changeai pas beaucoup de d'habitude et il me tira la langue en s'installant correctement sur le banc.
Alors que nous étions en train de manger, notre petite bande d'amis nous rejoins bruyamment et l'un d'entre eux nous proposa d'aller boire un verre après les cours. Alors que j'allais décliner en prétextant un empêchement familial, Yui accepta sous mon regard étonné. Je ne comprenais pas pourquoi il avait dis oui alors que nous devions directement rentrer au Quartier Est pour bosser après les cours. Notre supérieur avait beau nous passer pas mal de choses, je trouvai que c'était une très mauvaise idée d'abuser de la semi-liberté qu'il nous laissait. Le jour ou il finirait par en avoir marre, nous aurions de sacrées représailles !
Mon frère sembla remarquer ma tension car juste avant de rentrer en cours il me murmura à l'oreille :
-T'inquiète pas, on y reste une petite demi-heure et on file, d'accord ?
J'acquiesçai pour lui faire plaisir mais restai malgré tout septique quant à savoir si c'était une bonne idée.
Finalement le reste de la journée se passa dans le même ton que la matinée et je réussis à me convaincre que pour quarante petites minutes, ils ne nous en feraient pas un fromage. Et puis, on aurait qu'à prétexter s'être fait punir et avoir été obligé de nettoyer la classe ou truc dans ce genre ! Il n'y avait pas de raison que je stresse. Enfin, je l'espérai.
Nos amis nous emmenèrent dans un petit bar tout près du lycée et les deux majeurs du groupe se chargèrent d'aller faire les commandes. Mon jumeau et moi restèrent raisonnables et nous contentâmes de boissons peu alcoolisées puisqu'on allait bosser juste après. Ce fut une fin d'après-midi très agréable, nous rîmes beaucoup et toute la petite bande était bien éméchée quand nous ressortîmes du bar.
Nous y étions en vérité resté un peu plus d'une heure mais avoir bu nous avait bien détendu et avec Yui nous ne nous en faisions pas trop pour ça. Ce qui s'avéra être une grave erreur car nous nous prîmes une sacrée remonté en arrivant.
Notre gang actuel était le Dark Hopes, un petit clan mineur du Quartier Est spécialisé dans le racket, et le vol des gangs voisins. Il était constitué presque uniquement de gros bras peu futé et nous y avions échoué après la disparition de notre clan précédent. Par chance, nous étions intelligents et débrouillards pour nos âges et avions donc réussit à s'y faire respecter un minimum.
Notre supérieur le plus direct était hors de lui et il nous jura que si jamais on lui refaisait un coup comme ça, on se prendrait la peignée de notre vie.
Pas désolé pour un sou, mais le croyant quand il disait qu'il n'hésiterait pas à mettre ses menaces à exécution, nous nous tînmes, à carreau pendant quelques temps, histoire qu'il oublie ce petit incident.
La situation dégénéra véritablement un petit mois plus tard quand l'un de nos amis nous invita à venir fêter ses 18 ans chez lui. Cela se déroulait bien sûr le soir et coïncidait malheureusement avec nos horaires de travail. Mon frère décida tout de même qu'il voulait y aller et une semaine avant la fête il alla voir notre chef pour tenter de négocier.
-Tient, les garçons, qu'est-ce que vous voulez ? Nous demanda t-il en nous voyant arriver.
-En fait, vendredi prochain y a notre pote qui fait une grosse fête pour ses 18 ans et on se demandait si y avait pas moyen qu'on bosse pendant notre jour de repos pour pouvoir y aller, lui expliqua Yui.
-Vendredi ? Mais les mecs, vous savez bien que c'est un de nos meilleurs jours de la semaine, on peut pas se permettre de pas vous avoir !
-Oh aller quoi ! On te demande quasi jamais rien nous et je suis sûr que c'est pas le cas de tout le monde ! Insista t-il.
Notre supérieur soupira et se gratta le cou en réfléchissant.
-Bon ok mais alors vous bosserez pendant votre jour de congés deux semaines de suite !
-Super !
-Et, poursuivit-il, je veux quand même que vous restiez joignable en cas de problème, compris ?
-Ouaip, t'inquiètes ! Le rassura ma moitié avec un clin d'œil.
Je dois avouer que quand il avait réussit à le faire céder aussi facilement j'avais été soufflé. Moi j'étais certain de ne pas pouvoir arriver à faire de tels miracles !
Et une semaine plus tard, nous nous retrouvâmes donc à la fête des 18 ans de notre ami. Il y avait un monde fou devant la maison et l'on pouvait entendre la musique de l'autre bout de la rue. La première chose que je pensais d'ailleurs en arrivant fut que j'espérai qu'il avait prévenu les voisins et que la police n'allait pas débarquer.
L'intérieur était bondé et il fallait jouer des coudes pour se déplacer. Partout traînaient des verres et des bouteilles plus ou moins vides et la musique était à un tel volume que même en hurlant on arrivait pas à s'entendre. Les gens dansaient les uns sur les autres et tout les canapés de la pièce étaient occupés par des couples en train de s'embrasser, ou pire.
Très vite je me retrouvais avec à boire dans les mains et mon jumeau m'entraîna avec lui sur la piste. Je ne sais pas exactement combien de temps nous y restâmes mais je le perdis plusieurs fois de vue et mon verre ne se retrouva jamais vide. Finalement alors que je commençais à avoir mal au crane à cause de toutes les lumières qui clignotaient dans la pièce, il réapparut comme par magie et me tira jusqu'à une terrasse à l'extérieur. Nous nous laissâmes tomber assis par terre et nous appuyâmes l'un contre l'autre.
La tête me tournais un peu et à voir l'expression de mon frère il n'était pas dans un meilleur état que moi. Nous tenions plutôt bien l'alcool en temps normal mais j'avais bu tout ce qui m'était passé entre les mains sans vraiment me soucier de ce que c'était, et je me mis à soupçonner qu'il devait y avoir quelques mélanges douteux dans le lot.
Yui riait bêtement tout seul et je sentais les soubresauts de son épaule contre ma tête.
-Pfiou, je crois que là j'ai un poil abusé ! Me déclara t-il soudain, complètement mort de rire.
-Moi pareil ! Répondis-je en le rejoignant dans son fou rire.
Nous continuâmes à nous marrer jusqu'à ce que nous soyons interrompu par une sonnerie de portable. Ayant exactement le même, et ayant trouvé très drôle de mettre la même sonnerie, nous dûmes farfouiller tout les deux dans nos poches pour savoir qui sonnait. C'était celui de mon jumeau qui soupira et raccrocha en voyant le nom de l'appelant. J'allais lui demander qui c'était quand mon portable sonna à son tour. Je jurais en voyant qui était mon correspondant et m'apprêtais à décrocher mais ma moitié me fit non de la tête.
-Ils sont grands hein, j'crois que pour une fois ils vont réussir à se débrouiller tout seul !
-Ouai, t'a raison ! Et puis on est pas leur mère, z'ont qu'à pas se foutre dans la merde aussi ! Renchéris-je en appuyant sur le bouton rouge.
-C'est vrai, ça, non mais attends on...
Il fut coupé par son téléphone qui sonna à nouveau.
-Oh ! Tu te crois où, je parle là ! engueula t-il le pauvre appareil avant de le balancer dans les buissons devant nous.
-Non mais c'est vrai ça d'abord ! Vous ont pas apprit la politesse vos parents ?! M'exclamai-je avant de faire subir le même sort à mon portable.
-Viens laissons ses ingrats ! Me proposa Yui en se relevant avant de m'aider à faire de même.
Je saisis le bras qu'il me tendit et nous nous précipitâmes à l'intérieur en criant et riant.
Enfoncé dans les broussailles, le téléphone continuait vainement de sonner...
Lorsque j'émergeai des brumes du sommeil, la première chose que je remarquais fut qu'un poids sur mon torse était en train de m'écraser. Ouvrant les yeux je vis que le poids en question était un grand baraqué qui me ronflait tranquillement dessus. Son haleine empestait la clope et la vodka, et je le repoussait avec une grimace de dégoût. Il roula à côté de moi et une image de lui en train de m'embrasser me revint en tête. Horrifié je m'empressais de vérifier que tout mes habits étaient bien à leur place et poussais un soupir soulagé en m'apercevant que c'était effectivement le cas. Parfois l'alcool me désinhibait un peu trop à mon goût ! Je m'étais vraiment laissé bécoter par... ça ?! Mon frère allait avoir de mes nouvelles pour avoir oser me laisser faire !
Après m'être longuement étiré, je finis par m'asseoir en grinçant des dents à cause de la gueule de bois que je sentais poindre. Voulant me lever, je récoltait de très vives protestations de la part de la fille qui dormait au pied du canapé et dont je venais de marcher sur les cheveux. M'excusant vaguement, je l'enjambai et me dis que j'étais bien content de ne pas être le propriétaire des lieux en voyant l'état de la pièce. Des bouteilles et des verres parfois renversés ou brisés, jonchaient le sol. Il y avait des papiers en tout genre partout sur le sol et l'une des tables gisait en morceaux par terre. Je remarquai aussi au passage plusieurs flaques malodorantes de ce qui devait être du vomi. Sans compter bien sûr la cinquantaine de personnes qui roupillaient entassés sur le sol ou les fauteuils. J'essayais sans succès de repérer la tignasse blonde de mon frère parmi eux quand quelqu'un me fit sursauter en toquant à la porte vitrée. C'était justement celui que je cherchais et je me précipitai vers lui avec le sourire.
Il avait les traits tirés et paraissait nerveux. Inquiet, je le pris dans mes bras et la vue de la terrasse fit alors remonter mes souvenirs. Nous en train de rire, nos téléphones en train de sonner, et nous les balançant dans les buissons.
-Oh merde ! Murmurai-je en comprenant ce que nous avions fait.
Hier soir, un membres du gang nous avait appelé et, sous l'effet euphorisant de l'alcool, nous avions décidé de ne pas répondre et de le renvoyer balader. Maintenant qu'on était sobre, la gravité de ce qu'on avait fait nous apparaissait très clairement, et je sentis mon ventre se tordre en pensant à ce qu'on allait prendre en rentrant. Dans notre gang, l'insubordination était un des pires crimes que l'on pouvait commettre avec la trahison, et nos actes de la veille en était un exemple flagrant.
-Je les ait retrouvés dans les broussailles, ils n'ont rien ! Me dit mon jumeau en me montrant nos portables, qu'il tenait dans la main. On a une quinzaines d'appels manqués tout les deux et... Bordel de merde !
Il donna un violent coup dans le vide et serra les dents.
-On fait quoi ? Voulu-je savoir. Je veux dire, on rentre ou...
-J'en sais rien Fye, j'en sais rien !
Nous n'eûmes pas plus le temps de réfléchir à la question car la porte d'entrée s'ouvrit violemment et, sous les vives protestations des nombreux dormeurs, quelqu'un cria :
-FYE, YUI, ICI TOUT DE SUITE !
Mon cœur rata un battement et je m'agrippais au bras de Yui en comprenant que nous n'avions même pas le temps de déterminer la meilleure stratégie à suivre pour que les représailles soit le moins fortes possible. Ok, on avait fait les cons et c'était de notre faute, mais là vu avec qui on avait voulu jouer, on risquait de ne pas seulement être privée de sortie pour un mois !
-BOUGEZ VOUS ! Rugit celui qui était venu nous chercher.
Je ne savais même pas comment le gang avait pu apprendre ou se déroulait la fête mais j'étais bien trop inquiet pour penser à ce genre de détails.
Quelques minutes plus tard, nous nous retrouvâmes donc dans la voiture, en compagnie de notre patibulaire chauffeur. Ce dernier ne décrocha pas un mot de tout le trajet mais vu sa tête, le chef devait être dans une sacrée colère.
À peine arrivés, notre supérieur, se jeta sur nous et nous apprit que le BIG Boss voulait nous voir, maintenant. Le Big Boss était celui qui contrôlait le gang dans son ensemble et qui tirait toute les ficelles dans l'ombre. Nous ne l'avions rencontré que deux fois en tout, mais cela nous avait largement suffit. C'était un grand homme à la carrure de catcheur Américain et qui vous balançait des regards noir à tout bout de champs. Beaucoup racontaient qu'il était violent et aimait voir souffrir les gens, ennemis ou alliés.
C'est donc avec une appréhension justifiée que nous nous rendîmes jusqu'à son bureau. Les gros bras à l'entrée nous laissèrent passer sans problèmes et nous fûmes accueillis par un :
-J'espère au moins que votre soirée valait la peine de vous mettre dans une merde pareille !
Aucun de nous n'osa répondre, ne sachant pas si il était sérieux. Il continua donc :
-Bon, j'imagine que vous savez pourquoi vous êtes là ?
-Oui... acquiesça timidement mon jumeau.
-Alors premièrement je tiens à dire que les excuses ''On était trop bourrés'', ou ''On a pas entendu à cause de la musique'', vous vous les gardez, vos raisons, je m'en tape complètement ! Tout ce que moi je vois, c'est qu'à cause de vos conneries, trois de mes hommes sont morts hier soir parce qu'ils n'ont jamais reçut le renfort qu'ils attendaient !
Nous nous entre-regardâmes avec mon frère et je me mordis nerveusement la lèvre. Des types étaient morts ? C'était vraiment la merde pour nous dans ce cas !
-Vous comprenez donc bien que je suis obligé de sévir !
Discrètement, je saisis la main de ma moitié et la serrais de toute mes forces.
-Mais en deux ans que vous êtes là, votre supérieur m'a toujours dit le plus grand bien de vous et puis vous êtes jeunes, et on a tous fait des conneries étant jeunes ! Alors disons que... je vais juste vous faire passer définitivement l'envie de désobéir !
Définitivement ? Qu'est-ce qu'il voulait dire exactement ?
-Ha ha ha ! Ne faîtes pas ces têtes là, si vous aviez deux ans de plus vous seriez déjà mort. Mais à vos âges, je pense qu'on peut encore aisément rectifier le tir !
J'écrasai maintenant la main de Yui dans la mienne et il me jeta le regard du ''T'inquiètes pas, tout va bien se passer !'' alors que je savais pertinemment qu'il n'en pensait pas un mot.
-Hmm, je me suis toujours demandé si toute les histoire qu'on raconte sur les jumeau sont vraies ! Nous déclara le Boss. Vous savez, celles qui disent par exemple que quand on en frappe un l'autre ressent aussi la douleur ?
Comprenant brusquement où il voulait en venir, j'eus un pas de recul tandis que mon jumeau murmurait :
-Oh non, pas ça...
L'homme en face de nous rit méchamment avant de lâcher un théâtral :
-Et si !
Il fit un signe de tête et les armoires à glaces postée au fond de la pièce et celle-ci se dirigèrent droit sur nous.
-Prenez moi celui de droite, il me fait plus envie !
Avant d'avoir réalisé que celui de droite c'était moi, j'avais décollé du sol et me retrouvais plaqué contre le mur. Mon frère était retenu par deux autres types et se débattait en lui criant d'arrêter, que c'était sa faute et que c'était lui qu'il fallait frapper. Le Boss secoua la tête en souriant et me colla un coup dans le ventre avant de se retourner et de demander :
-Et tu ne crois pas que tu souffriras bien plus en le regardant se faire frapper sans pouvoir l'aider ?
Mon double écarquilla les yeux et se débattit de plus belle tandis qu'il recommençait à frapper. Je faisais tout mon possible pour encaisser en silence et que Yui se sente le moins mal possible mais bientôt je ne pus plus retenir les gémissements de douleur. En arrière plan les hurlements de ma moitié s'intensifiaient de plus en plus et je lus alors dans les yeux du Big Boss qu'il prenait un plaisir non retenu a provoquer toute cette douleur.
Quand cela ce termina enfin, je crois que celui dans l'état le plus pitoyable était mon jumeau. Tombé à genoux par terre il pleurait à chaudes larme en répétant sans cesse : ''Pardon Fye, je suis tellement désolé !''.
Vu les blessures que j'avais, il fallut aller à l'hôpital et prétendre que je m'étais fait tabasser par des types qui voulaient me voler mon porte-feuille. Je mentis en prétendant que j'avais déjà porté plainte et restai une semaine et demie hospitalisé. Mon frère sécha tout les cours et resta tout le temps avec moi. Il s'en voulait à mort de ne pas avoir su me protéger et eût en vérité bien plus de mal que moi à se remettre. Me voir dans cet état lui rappelait constamment ce qui c'était passé et il me jurait 20 fois par jours que plus jamais il ne laisserait quelqu'un me refaire ça. J'eus beau lui expliquer que ça aurait tout aussi bien pu être lui et que de toute façon si il avait réussit à faire quelque chose on serait probablement mort tout les deux, il ne voulu rien entendre et continua de culpabiliser. Notre retour en cours ne fut pas des plus discret vu que j'étais couvert de plaies mais notre excuse parut satisfaire tout le monde.
En attendant, le Boss avait parfaitement réussit son coup et nous n'eûmes plus le moindre petit écart de conduite. On rentrait aux bonnes heures et on obéissait à tout ce qui nous était demandé. À tel point qu'il en profita pour nous refiler des missions de plus en plus dangereuses qu'on aurait jamais acceptées avant ça. Les risques qu'on prenait grandissaient de jours en jours et je savais pertinemment que cette histoire allait finir par se terminer mal pour nous.
Un jour de pluie, parut pourtant vouloir me faire mentir...
On était mardi, notre seul et unique jour de repos de la semaine. La journée de cours avait été longue et je fus plus qu'heureux d'entendre la dernière sonnerie.
J'étais complètement remis de mes blessures depuis maintenant deux semaines et notre travail dans le gang m'épuisait de plus en plus. On rentrait à des heures très tardives et on se levait tôt le matin pour aller au lycée. Je n'avais presque aucune heures de libres dans mon emploi du temps et ne pouvait donc quasiment plus faire mes devoirs ou apprendre mes cours. Et pourtant on ne pouvait pas dire que ça ne m'intéressais pas. Mes notes chutaient allègrement et, ayant remarqué un phénomène similaire chez Yui, plusieurs prof nous avaient déjà convoqués pour savoir si il se passait quelque chose de grave en ce moment dans notre famille. Aujourd'hui, je me dépêchait donc de m'en aller avant que mon professeur de français, à qui j'avais rendu un devoir lamentable, ne me tombe dessus. Dehors il tombait des cordes et je dus patienter 10 minutes dans le hall avant que mon frère, qui bien sûr avait le parapluie, n'arrive.
Grâce à l'argent que nous nous faisions chez les Dark Hopes nous réussissions à nous payer un petit appartement un peu avant la bordure du Quartier Est. Au nom de notre oncle censé être encore en vie bien entendu, puisque nous n'étions pas encore majeurs.
Après avoir dit au revoir à tout le monde , nous sortîmes donc sous l'averse et commençâmes à rentrer. L'eau tambourinait sur la toile du parapluie et je fus bien heureux que nous ayons pensé à le prendre. Ce n'était d'ailleurs pas le cas de tout le monde et nous marchions depuis 10 minutes derrière un homme qui n'en avait pas. Il était grand, paraissait musclé et avait de longs cheveux qui lui descendaient sous les épaules. Il était trempé jusqu'au os et ses vêtements lui faisaient une seconde peau. Vu son état je n'aurais été que peu étonné qu'il attrape une pneumonie et mon double semblait penser la même chose puisqu'il me déclara :
-On peut quand même pas le laisser comme ça ! Il doit mourir de froid sous cette flotte.
-Ben oui mais... commençais-je, ne voyant pas où il voulait en venir.
-Partageons notre parapluie avec lui, ça loge largement !
Et, sans me laisser le temps d'exprimer mon scepticisme, il accéléra soudainement de façon a rattraper l'inconnu. Arrivé à sa hauteur il leva le bras pour pouvoir nous abriter tout les trois et, sous le regard interrogateur de l'homme, engagea la conversation :
-Bonjour ! On vous suit depuis un petit moment et on s'est dit que vous deviez vous les peler sous cette flotte. Vous n'avez même pas de manteau !
-Je n'avais pas regardé la météo.
-Et vous allez par où ? Non parce que tant qu'on va dans la même direction, vous pouvez rester sous notre parapluie si vous voulez.
Le brun le regarda, surpris. Je crois qu'il ne s'attendait pas à tant de gentillesse de notre part. En fait je ne sais pas du tout à quoi il s'attendait mais il avait sérieusement du se demander ce qu'on voulait en venant lui parler.
En fait, venant de mon jumeau, ce qui venait de se produire ne m'étonnais pas du tout. Il avait toujours été du genre à se montrer extrêmement serviable et gentil avec tout le monde. Il détestait les choses qu'il devait faire pour le clan et essayait de se rattraper en se montrer le plus gentil possible avec les personnes qu'il côtoyait en dehors du Milieu.
-Je vais par ici, nous déclara t-il en montrant notre chemin à nous aussi.
Et nous continuâmes donc de marcher tout les trois. Plus je le regardais et plus son visage m'étais familier mais je ne parvenais plus à me rappeler où je l'avais déjà vu. Yui, lui, ne paraissait pas troublé du tout et discutait tranquillement avec l'inconnu. Pour lui c'était tout à fait naturel d'aller aborder des gens qu'il ne connaissait ni d'Ève ni d'Adam alors que j'étais incapable de faire une chose pareille à cause de ma timidité.
Finalement nous arrivâmes plutôt rapidement devant chez nous où mon frère expliqua :
-Nous on est arrivé mais vous pouvez garder le parapluie si vous voulez. On en a d'autres !
-Vraiment ? Merci beaucoup dans ce cas ! Passez une bonne fin de journée, prit-il congé en faisant mine de s'éloigner.
-Attendez, le retint mon double. Comment vous vous appelez ?
-Ashura.
Il commença à partir mais sembla se raviser et demanda :
-Et vous ?
-Moi c'est Yui et mon frère c'est Fye !
-Alors merci et bonne journée, Yui et Fye !
Et il s'en alla définitivement cette fois-ci.
Au moment où il nous avait dis son nom, mon cœur avait raté un battement. Mon cerveau venait de faire la connexion, il s'agissait d'Ashura, chef de Seles, un des clan le plus ennemi avec le notre. Ma moitié avait lui aussi fait le rapprochement puisqu'il se tourna vers moi et lâcha :
-C'était le chef de Seles ? Bah putain !
Si faire sa rencontre dans ces circonstances nous avait surpris, nous ne pensions plus le revoir. Du moins pas en dehors du Quartier Est. Nous le croisâmes pourtant dans nos escalier le samedi suivant.
C'était le matin et nous venions d'aller faire les courses. Alors que nous remontions à notre appartement, nous le vîmes qui descendait les escaliers de notre immeuble. En nous apercevant il eut une sorte de sourire et nous interpella. Yui plaqua une expression joyeuse sur son visage et lui répondit à grands gestes. Une fois arrivé à sa hauteur, il voulu savoir :
-Ashura ? Qu'est-ce que vous faites là ?
-J'étais venu vous rendre le parapluie, vu que j'avais vu où vous habitiez.
-Ah, ben merci alors ! C'est super cool de votre part !
Le brun descendit quelques marches puis se retourna et proposa :
-Mais vu que vous êtes là, je pourrais peut être vous inviter à manger en guise de remerciements.
Sachant que, même si lui ne le savais apparemment pas, cet homme était notre ennemi, l'idée ne m'enchantait pas plus que ça. Mais je me connaissais et savais très bien que je serais incapable de refuser. Je jetais donc un regard éloquent à mon frère pour qu'il comprenne que je ne voulais pas et il tenta donc d'esquiver poliment l'invitation :
-Pour ça ce n'est peut être pas la peine ! En plus vous n'allez quand même pas dépenser de l'argent pour nous juste parce qu'on vous à prêté un parapluie.
-Oh mais ça ne me dérange pas du tout ! J'aimerais vraiment pouvoir vous remercier correctement, insista t-il.
-Euh mais... osai-je commencer à intervenir.
-Vous n'allez quand même pas me dire non alors que je me suis déplacé jusqu'ici ? Allez, s'il vous plaît !
Évidement avec un argument pareil on ne pouvait pas vraiment refuser. Nous acceptâmes donc et nous éclipsâmes deux minutes dans notre appartement pour aller poser les courses.
-Oh bordel de merde ! On va se taper une bouffe avec le chef de Seles ! Putain c'est complètement dingue ! Jura mon frère encore sous le choc.
-Ouai, c'est sûr que si on m'avait dit ça, jamais je n'y aurais cru ! Renchéris-je.
Ashura nous emmena manger dans un café-bar à deux pas et se montra charmant. Il nous fit beaucoup rire, enfin surtout Yui en fait. Si au début du repas je n'arrivais pas à comprendre pourquoi il avait tant tenu à ce qu'on accepte de venir, je compris très vite que c'était parce qu'il en avait après mon jumeau. Nous avions beau avoir la même apparence je savais qu'au niveau de la conversation et du caractère, mon double était bien plus intéressant que moi et même si le brun essayait de faire attention à nous parler autant à tout les deux, il était bien plus souvent tourné vers ma moitié. Ce que je comprenais d'ailleurs très bien puisqu'à chaque fois qu'il entamait la conversation avec moi je répondais par onomatopées ou en marmonnant. Je ne sais pas si c'était le fait de savoir que c'était un homme puissant et dangereux ou l'aura qu'il dégageait mais je me renfermai sur moi encore plus que d'habitude. Mon jumeau lui par contre se montrait drôle, intéressant et éloquent, raison pour laquelle l'homme se rabattit tout naturellement vers lui.
Je parlais si peu que mon frère fini par s'inquiéter et par me demander si j'allais bien. Je prétextai une migraine et, comme je l'espérais même si c'était très égoïste de ma part, tout le monde déclara que dans ce cas il valait mieux rentrer. Le repas était déjà terminé de toute façon.
Arrivé à la maison, Yui alla directement me chercher une aspirine mais je la refusai en expliquant que je n'avait plus mal. Il me la donna quand même au cas où et commença alors à rentrer dans son portable le numéro d'Ashura que ce dernier lui avait donné avant de partir. En le voyant faire je fronçai les sourcils et m'exclamai :
-Mais qu'est-ce que tu fabriques ? Tu comptes quand même pas le revoir ?!
-Ben... je sais pas, mais en même temps s'il nous a filé son num' ... sous-entendit-il.
-C'est pas parce que quelqu'un te donne son numéro que tu dois obligatoirement le rappeler !
-De toute façon il a aussi prit les nôtres alors je pense que si quelqu'un appelle ça sera probablement lui, me déclara t-il le plus normalement du monde.
-Quoi ?! Tu lui a donné NOS numéros ?! M'écriai-je, outré.
-Mais non, en fait...
-En fait ?
-Bon ok, il a demandé les deux et je lui ait donné le tiens sans réfléchir, expliqua t-il, gêné. Mais je suis désolé mon frère chéri !
Il se jeta sur moi et me serra de toute ses forces dans ses bras. J'étais un peu fâché qu'il ait agit sans me demander la permission mais en même temps j'étais incapable de lui faire la tête plus de trente secondes sans me sentir coupable. Je répondis donc à son étreinte avant de me mettre à lui faire des guilis. Ça dégénéra très vite en bataille de chatouilles et nous finîmes tout deux par terre, à hurler de rire.
Comme mon frère l'avait prédis, le brun rappela quelques jours plus tard pour nous inviter à boire un verre. Malgré mes réticences, il accepta et nous nous revîmes donc.
Finalement, au fur et à mesure que nous le fréquentions je finis par presque en oublier qu'il était censé être notre ennemi. Je crois que le fait de ne le fréquenter qu'en dehors du Quartier Est de ne l'avoir vu là bas qu'une seule fois jouait beaucoup. Nous le voyions maintenant assez régulièrement et à chaque fois j'avais l'impression de lui trouver de nouvelles qualités. Il était sympathique, généreux, drôle et il se montrait vraiment extrêmement gentil avec nous. Et puis il dégageait quelque chose... d'envoûtant. Je ne saurais l'expliquer mais au bout de la quatrième ou cinquième entrevue, je me mis à perdre tout mes moyens dès qu'il se trouvait proche de moi ou qu'il me parlait. Mais je n'étais plus intimidé comme au début, j'étais troublé. Je rougissais de façon incontrôlable, je bafouillais et je sentais mon cœur s'affoler dans ma poitrine. Au bout de quelques semaines, je finis par me rendre compte que ce que je ressentais était de l'amour. J'avais bien sûr déjà eut des amourettes au collège et au lycée mais je n'étais jamais vraiment tombé amoureux. Pas à ce point là en tout cas ! Et bien entendu, il fallait que ça soit d'un homme bien plus âgé, intéressé par mon jumeau et chef de gang.
En parlant de mon double, je ne lui avais pas avoué mes sentiments à l'égard de notre ''ami''. En temps normal on se disait absolument tout mais là c'était différent, je ne voulais pas que cette révélation change notre relation. Yui se considérait comme Bi et avait déjà testé un ou deux garçon mais il m'avait avoué préférer les filles et je savais donc que de ce côté là, je n'avais quasiment rien à craindre. Seulement c'était LUI que convoitait le brun et puis... j'avais honte, terriblement honte. Comment pouvais-je me pâmer d'amour devant un homme dont j'avais peur et que je ne voulais même pas voir au début ? C'était d'un pathétique !
Alors je gardais tout ça pour moi et continuai à faire comme si de rien était.
Puis, un jour (mardi comme toujours), Ashura nous invita à aller en boite. On avait cour le lendemain mais de toute façon, vu l'état de nos notes, ça n'allait pas changer grand chose.
Il avait des entrées auprès du videur et nous n'eûmes même pas à faire la queue. Une fois à l'intérieur nous allâmes tout trois sur la piste de danse bondée. Tassés les un contre les autres, les gens tentaient laborieusement de danser et des filles indécemment habillées se déhanchaient de façon plus que provocante. Bientôt mes deux compagnons disparurent dans la foule et je me retrouvait seul. Après avoir repoussé plusieurs filles (et un garçon) qui se collaient un peu trop à moi à mon goût, je fini par décider d'aller prendre quelque chose à boire. Le barman me servis sans même me demander mon âge et je m'installai au bar avec ma consommation.
Très vite, une grande brune sur-maquillée, avec des talons aiguilles, une mini jupe, et un haut ultra décolleté vint s'asseoir sur le siège d'à côté.
-Salut toi, m'aguicha t-elle. T'es tout seul ?
-Non, je suis venu avec mon frère et un ami. Mais ils sont en train de danser là.
-Ah d'accord ! Et tu t'ennuies pas un peu tout seul ?
-Euh... hésitai-je tout en cherchant un réponse susceptible de la faire partir.
-Moi je peux te tenir compagnie tu sais, me déclara t-elle en me jetant un regard provocateur.
J'avalai une grande gorgée dans mon verre et me demandai comment la rembarrer sans la vexer quand mon double arriva et me sauta au cou.
-Oh c'est ton frère ? Demanda la greluche comme si ce n'était pas assez voyant.
-En effet, je suis son jumeau, répondit l'intéressé après avoir passé sa commande.
Je donnai un bout de mon tabouret à ma moitié qui entama la discussion avec la jeune fille qui elle était aux anges. Je ne put retenir un sourire en sachant parfaitement que si elle obtenait quelque chose de Yui ça n'irait pas plus loin que de simples baisers. La pauvre allait être bien déçue !
Mes réflexions furent bien vite interrompu par le retour d'un certain brun. Arrivé juste derrière moi, il me tendit la main :
-Fye ? Tu viens danser avec moi ?
Mon cœur loupa un battement et le temps autour de nous sembla s'arrêter. Je ne voyais plus rien d'autre que lui qui me souriait en me proposant sa main. Toujours dans cette sorte de bulle, je me levai et glissai mes doigts dans les siens.
Doucement, il m'entraîna au milieu des danseurs mais m'attira contre lui au lieu de s'agiter en tout sens comme les autres. Ses mains glissèrent sur ma taille et il se mis à tourner lentement au rythme d'un slow alors que la musique ne s'y prêtait pas le moins du monde. Mais je m'en fichait éperdument, comme je me fichait des gens qui nous regardaient bizarrement. Une fois la première surprise passée, j'entourai son cou de mes bras et me calai sur son pas. Je n'ait pas la moindre idée de combien de temps cela dura mais j'avais la sensation de vivre un rêve éveillé.
La petite bulle qui s'était formée autour de nous éclata lorsque quelqu'un me donna un coup de coude dans le dos et que je me retrouvai projeté contre le torse de mon cavalier. Aussitôt, la musique que je n'entendais presque plus jusqu'à présent, revint à son volume normal et le rêve se termina.
Me rendant alors compte que j'étais collé à Ashura, je voulu reculer mais il passa ses bras autour de moi et me maintint avec douceur contre lui. Je m'empourprai avec violence et ma fréquence cardiaque augmenta brusquement. Me caressant tendrement les cheveux, il continua un peu de danser puis laissa sa main venir effleurer ma joue. Ses doigts coururent lentement le long de ma mâchoire et je me sentis défaillir. Si je n'avais pas été appuyé contre lui, mes jambes auraient probablement cédée sous mon poids.
Nous restâmes ainsi jusqu'à ce que mon frère, suivis par la brune gloussante, n'arrive.
-Ben ça va pas Fye ? Me demanda t-il, inquiet de ne pas me voir bouger.
-Oh hein euh... c'est, je... Si ! Bafouillai-je complètement perdu, tandis que le brun me relâchait de son étreinte.
Je fis quelques pas en arrière et plaquai un sourire hésitant sur mes lèvres pour ne pas inquiéter Yui. Finalement nous repartîmes de la boite vers deux heures du matin, en plutôt bon état puisque personne n'avait bu plus de trois verres.
Notre ami nous raccompagna chez nous en voiture mais, contrairement à son habitude, il sorti lui aussi du véhicule. Il nous souhaita bonne nuit et me rappela soudain alors que j'allais passer la porte.
-Fye ? Je peux te parler ?
-Euh... oui, rougissais-je.
-Je voulais juste te dire que c'était un très beau moment qu'on a passé tout les deux tout à l'heure !
J'essayai de répondre mais aucun son ne sorti de ma bouche et je me contentai alors d'un hochement de tête.
-Les étoiles sont belles ce soir tu ne trouve pas ? Reprit-il en changeant de sujet.
Je levai la tête vers le ciel et le trouvai en effet magnifique. C'était la nuit profonde et la lumière des astres ressortait sur le fond encre au dessus de nos tête. Je souris devant ce spectacle impressionnant et laissai échapper un :
-C'est superbe...
Ashura se rapprocha silencieusement de moi et je sentis sa main glisser sur ma nuque. J'eus un frisson incontrôlé et le regardai, surpris.
Depuis ce soir, je ne comprenais plus ce qu'il faisait. Alors qu'il en avait toujours eut après mon frère, voilà qu'il me draguait presque ouvertement. Est-ce que j'avais mal interprété ses intentions ?
Le brun coupa court à mes réflexions en franchissant les deux pas qui nous séparaient et en posant ses lèvres sur les miennes. Mon cœur explosa de bonheur et je tombais littéralement dans ses bras. Son baiser était incroyablement tendre et se prolongea quelques longues secondes avant qu'il ne rompe doucement le contact.
Encore tremblant et bien empourpré, je réussis à demander :
-Pourquoi ? Je... je croyais que tu voulais Yui...
Il eut un sourire amusé.
-Tu te trompes. Depuis le début, celui qui m'intéresse, c'est toi ! Tu es un peu renfermé, tu as du mal à t'ouvrir aux autres mais... ça te rends incroyablement désirable ! Tu n'imagine même pas à quel point ! Expliqua t-il pendant que sa main caressait mon cou et ma mâchoire.
Un sourire de soulagement apparu sur mon visage et il me déclara :
-Je préfère te voir avec ce beau sourire !
Je rougis à nouveau et baissai les yeux de gêne. Le brun m'ébouriffa gentiment les cheveux et me glissa à l'oreille :
-Tu devrais rentrer, ton frère va t'attendre.
-Euh... oui tu as raison.
-Bonne nuit, me murmura t-il en me volant un baiser.
Il fit un petit signe de main avant de monter dans sa voiture et de partir. Encore sous le choc, je titubai jusqu'à la porte de l'immeuble et me glissai à l'intérieur. Flottant sur un petit nuage de bonheur, montais quatre à quatre l'escalier menant à notre appartement et me laissai tomber dans le canapé avec un sourire béat.
-Ben c'est pas trop tôt ! S'exclama Yui en se jetant sur moi. Je me demandais combien de temps vous alliez encore mettre avant que l'un de vous ne fasse le premier pas !
Surpris, je tournai la tête dans sa direction.
-Comment tu ... ?
-Allons, tu croyais quoi ? Éclata t-il de rire. Tu pensais vraiment pouvoir me cacher que t'étais amoureux ? À moi, ton jumeau ?! En plus ça se voit comme le nez au milieu de la figure que t'es raide dingue de lui !
Rougissant violemment, j'enfonçai ma tête entre les coussins et m'excusai d'une petite vois :
-Pardon, je suis désolé ! Je sais que je j'aurais du te le dire mais... Je croyais que c'était toi qui l'intéressait !
-Mais qu'est-ce que tu es encore allé chercher là ? C'est pas du tout mon genre ! Et puis on a tout les deux un caractère trop fort pour être compatible. En simple amitié ça passe mais plus...
Relevant timidement la tête je lui fis mon regard de chat potté en demandant :
-T'es pas trop fâché alors ?
-Ha ha ha ! Comment je pourrais être en colère contre une bouille d'ange comme la tienne ? Rit-il en m'ébouriffant les cheveux avant de me coller un baiser sonore sur la joue.
J'eus un sourire de soulagement et me blottit plus confortablement contre mon jumeau. Malgré le fait qu'il était presque 3 heures du matin, aucun de nous n'avait envie de dormir et il attrapa la télécommande pour mettre la télé. Nous finîmes par tomber sur un programme débile que nous regardâmes une bonne heure avant de décider d'un commun accord d'aller nous coucher. Juste avant d'éteindre la lumière (nous dormions dans la même pièce) mon double lança d'un air un peu inquiet :
-Tu pense que ça ira vous deux ? Je veux dire, il est pas comme ceux d'avant pas vrai ?
-Bien sûr que non, t'inquiète pas !
Cela parut le satisfaire et il nous plongea dans le noir puis se glissa sous les draps. Je savais parfaitement ce qu'il avait voulu dire en me demandant ça, il parlait de mes ex ou anciens prétendants. Depuis longtemps on avait remarqué que j'attirais tout particulièrement les personnes jalouses et possessives, avec un caractère de domination et qui avaient plus tendance à me considérer comme un objet qu'autre chose. Je pense que le fait qu'il était écris sur mon visage que j'étais timide et conciliant devait pas mal jouer dans ce sens et je n'avais pas le souvenir que ça se soit bien passé avec un ou une de mes petits amis depuis mes 10 ans. Ma moitié avait donc pris l'habitude de s'inquiéter à chaque fois que je me mettais avec quelqu'un. Lui n'avait pas ce problème puisqu'il était très extravertis et n'avait aucun problème à envoyer promener les gens, contrairement à moi.
Mais cette fois serait différente, j'en étais intimement persuadé. Du moins, je l'espérait du plus profond de mon être...
Et oui, je suis désolé mais mon Flash-back était trop long pour que je le laisse en un seul chapitre !
Alors c'est vrai je suis d'accord, les retours sur le passé des personnages ne font pas avancer l'histoire mais dans le cas Fye je trouve quand même ça assez important pour me permettre de prendre 2 cahpitre là-dessus ! (Et puis avec toutes les allusions faites dessus pendant le reste de la fic' si je baclais ce passage ce serait un peu du foutage de gueule non ?)
Bon ben, reviews quand même ?
