Hey ! C'est enfin les vacances et franchement je vais pas me plaindre de pouvoir faire une pose dans mes cours ! *okc'estmaviejesors*

Sinon à propos du chapitre, celui-ci est le plus triste et le plus déprimant de toute la fic' ! Il s'agit de la deuxième partie du flash-back sur le passé de Fye et Yui, alors je m'excuse d'avance pour ceux qui étaient de bonne humeur et qui tenaient à le rester !
Voilà, bonne lecture quand même !

Réponse aux reviews :

mokona-au-chocopyuh : Euh... disons qu'il est gentil quand il veut ! Sinon c'est une excelente question que tu pose là ! ;)

Lauraleen : Ouai c'est vrai que ce personnage est vraiment... étrange ! Et puis pour Fyounet qui est triste et que tu trouve bizarre, c'est expliqué dans le prochain chapitre ! :p (Mais tu devrais t'en souvenir puisque tu l'as déjà lu ! -non non ce n'est pas une accusation- )
Bref, encore désolé de t'avoir fait pleurer quand je t'ai passé ce passage, je n'aime pas savoir que tu étais triste à cause de moi ! (Même si vu ce qui se passait j'aurais du m'en douter !)
Moi aussi je t'aime petite patate cuite ! :D 3

Rinne-chan : Kuro ? Possessif ? Non mais pas du tout voyons ! Je comprends pas pourquoi tu dis ça ! XD
Oh oui, ces deux là sont trop mignons, je suis bien d'accord !
Et oui, au fond Ashura n'est pas qu'un gros salaud ! (Mais il l'est quand même un petit peu beaucoup !)
Ah ah ! Quant à Mokona, ne t'inquiète, je lui ait prévu un rôle dans les prochains chapitres ! ;)
Merci beaucoup ! :D


Après l'épisode du baiser, deux jours se passèrent sans que je puisse revoir Ashura à cause de nos horaires chez les Dark Hopes. Le soir du troisième jour, ce qui nous pendait au nez depuis le début avec Yui, arriva.

Cette nuit là, nous faisions parti d'un groupe chargé d'aller semer la pagaille chez nos voisins les Red Killers. Ceux-ci nous avaient fait une crasse quelques jours plus tôt et il s'agissait d'une vengeance de notre part.

Arrivé dans l'un des entrepôt où ils stockaient leur matériel, nous nous mîmes à tout saccager autour de nous. On renversait les étagères, fracassait les caisses, éventrait les sacs et brisait les vitres. Chacun de nous avait une batte de base-ball et s'en donnait à cœur joie. On prenait tout notre temps parce qu'on savait qu'un autre groupe avait attaqué ceux qui montaient la garde pour faire diversion. Notre petite entreprise terminée, nous nous faufilâmes jusqu'à l'entrepôt suivant pour recommencer.

Seulement, au bout d'à peine deux minutes, une vingtaines de Red Killers nous tombèrent dessus. Apparemment la diversion ne les avait pas tous attirés. Nos ennemis étaient très remonté de voir qu'on était en train de casser tout leur matos et ils se jetèrent sur nous sans la moindre somation. Ils étaient un peu plus nombreux mais bien moins organisés que nous et nous prenions le dessus quand leurs renforts arrivèrent.

-Putain de merde, c'est des connards de Seles ! Jura un de nos coéquipier.

En effet, certains des nouveaux arrivants portaient le phénix emblématique des Selesiens et ça ne surpris personne puisque les Killers étaient alliés avec eux. Je ne pus tout de même m'empêcher de sentir un frisson glacé dans mon dos. C'était complètement normal qu'ils s'entraident puisque les deux gangs avaient passé un pacte mais j'avais un mauvais pressentiment. Qui se dissipa rapidement quand je vis que nous dominions quand même. Il restait à peine cinq RK encore debout et ceux de Seles étaient moins d'une dizaine. Nous avions donc repris l'avantage du nombre et étions maintenant confiants quand à notre victoire prochaine.

Confiance qui disparut soudainement quand les deux types à côté de moi tombèrent raide morts, la gorge tranchée, sans que je vois rien venir. Aussitôt, mon frère et moi nous plaçâmes dos à dos, position que nous prenions toujours quand on commençait à se sentir en danger.

Très vite la situation dégénéra et nous nous mîmes à tirer dans le tas à l'aveugle. Ça ne donnait pas vraiment de résultat concluant puisque nos alliés continuaient à tomber comme des mouches. Arriva un moment ou nous ne fûmes plus que trois du même camps à être en vie : le chef d'expédition, Yui et moi.

-Rendez-vous, ça vaudra mieux ! Nous conseilla une voix dans l'ombre.

-C'est ça oui, rêve toujours ! Rétorqua mon jumeau en braquant son arme dans la direction de celui qui venait de parler.

-Comme vous voudrez, haussa des épaules notre interlocuteur.

Il y eut un petit flash argenté à moins d'un mètre de moi et mon voisin s'écroula dans un gargouillis. Reculant d'un pas, je me collait un peu plus à mon double tout en resserrant ma prise sur mon pistolet. Je sentis un flot d'adrénaline m'envahir et, à l'instant où je vis à nouveau le reflet étinceler sur la lame de mon adversaire, j'eus le réflexe salvateur de me servir de mon arme pour parer l'épée. Celle-ci continua de vouloir forcer le passage pendant quelques secondes avant de retomber subitement. Mon vis à vis, que j'identifiais alors, lâcha un : ''Fye ?!'' et je compris que nous allions avoir des ennuis. Et me demandait au passage comment il nous avait reconnu avec les bonnet et les lunettes de soleil.

-Fye, Yui, vous êtes chez les Dark Hopes ? Alors là, je dois avouer que je ne m'y attendais pas du tout ! Moi qui vous prenait pour de simples lycéens !

Je lançai un regard affolé à ma moitié qui se mordit les lèvres. Il voulut répondre à Ashura mais ce dernier reprit trop vite :

-Ils ont vraiment joués malin sur ce coup là ! Jamais je ne vous aurait soupçonné d'être en infiltration pour un gang.

-Hein ? M'étonnai-je. Mais de quoi tu parles ?

-Ça ne marchera plus avec moi ! Le coup du gamin naïf et ingénu ne prendra pas cette fois-ci ! S'énerva le brun.

Je compris alors qu'il était en train de s'imaginer qu'on ne l'avait abordé que pour pouvoir obtenir sa confiance et l'espionner pour le compte des Dark Hopes. Comme s'il avait lu dans mes pensées, mon frère expliqua :

-Attend, tu crois qu'on passe du temps avec toi juste pour nous rapprocher de toi avant de te trahir ? C'est stupide ! Aucune personne sensée sur Terre ne tenterait un coup pareil, c'est trop dangereux !

Le Selesien haussa les sourcils d'un air méprisant.

-Mais bien sur ! Vous espérez vraiment réussir à me faire avaler ça ? Je ne suis pas idiot vous savez ?!

-Non, je te jure que c'est vrai ! Intervins-je alors. Au départ, lorsque tu nous as invité pour la première fois, je lui ait demandé de refuser parce que le fait que tu sois chef d'un gang ennemi me faisait peur ! J'ai même simulé une migraine pour qu'on s'en aille plus vite tellement j'étais mal à l'aise !

Je vis dans son regard qu'il avait envie de me croire mais son bon sens et sa méfiance reprirent le dessus et il secoua la tête négativement.

-Mais réfléchis, insistai-je, tu es bien plus fort que nous deux réunis alors on avait pas la moindre chance de réussir à s'en prendre à toi ! En plus on s'est toujours vu en dehors du milieu et tu ne nous a jamais parlé de ton job, alors on ne pouvait pas non plus récolter d'infos ! Dans cette situation on avait aucun moyen de te porter préjudice, donc les Dark Hopes n'avaient aucune raison de nous faire faire ça !

L'argument fit mouche et il prit une expression pensive, bien que toujours courroucée.

-Je t'assure que cette rencontre était ce qu'elle a eut l'air d'être, renchérit mon jumeau. Je suis venu te voir parce que je me sentais mal de te laisser sous l'averse alors que j'avais un parapluie !

Ashura soupira et je vis sur son visage qu'il voulait nous laisser une chance. Il le confirma de vive voix quelques secondes plus tard :

-Parce que je ne peux pas croire que vous m'ayez berné aussi longtemps sans que je m'en rende compte, je vous laisse une chance ! Mais je vous préviens que vais immédiatement aller vérifier vos affirmations et que si vous m'avait menti ça se passera très TRES mal pour vous ! Menaça t-il d'un air sombre.

J'avais beau savoir que nous n'avions dis que la stricte vérité, une boule se forma dans mon estomac et je déglutis péniblement. La personne que j'avais devant moi n'était pas celle que je connaissais et côtoyais depuis plusieurs semaines et je me mis à prier pour ne pas être en train de voir son vrai visage. Au fond de moi je désirais plus que tout que l'homme agréable et drôle dont j'étais amoureux soit sa véritable personnalité.

Après ça il nous intima de venir jusqu'à son QG et nous n'eûmes pas d'autre choix que de le suivre. De toute façon tout le reste des Dark Hopes venu avec nous étaient morts ! Une fois là-bas, il nous amena dans une chambre d'où il nous prévint qu'il ne valait mieux pas sortir. En gros il nous enfermait en essayant de ne pas en avoir l'air. Le brun expliqua ensuite qu'il allait aller se renseigner sur la véracité de nos propos et que du coup nous n'avions plus qu'à attendre bien sagement qu'il revienne.

Juste avant de sortir de la pièce, il se dirigea droit sur moi et m'attira à lui. Mon double et moi avions beau avoir retiré lunettes et bonnets, nous étions habillés de la même façon et je me demandai alors comment il avait sût lequel j'étais puisque dans la situation présente, nous étions indifférenciable. Toujours est-il qu'il se pencha sur moi et me déclara :

-Je suis désolé de faire ça dans un moment aussi inopportun mais j'en meurt d'envie depuis tout à l'heure et si ce que j'apprends va dans le mauvais sens, je ne pourrais plus le faire après alors...

Ses mains se glissèrent à ma taille et dans mon dos et il m'embrassa. Surpris et incompréhensif devant son geste, je me laissais faire et fini même par répondre à son baiser. Quand il me lâcha, j'avais les joues rouges, le souffle court, et me sentait honteux de lui avoir permis de faire ça aussi facilement. Après tout, il avait avoué lui même qu'il nous tuerait peut être dans quelques heures alors je n'avais aucune raison de lui permettre de prendre son pied.

Un sourire satisfait aux lèvres, il nous dit : ''A tout à l'heure les garçons !'' et s'en alla en refermant la porte à clé derrière lui.

-Qu'est-ce qu'on fait ? Me demanda aussitôt Yui.

-Comment ça ? On est bien obligé d'attendre qu'il revienne, non ?

-Bien sur que non ! Il nous suffit de crocheter la serrure ou de briser une vitre pour être libres.

Je levai les yeux au ciel. Ça ce n'était pas suffisant pour nous libérer, et je ne manquait pas de le lui faire remarquer :

-Ah oui ? Et comment tu fais pour te débarrasser des gardes alors qu'ils ont prit nos armes ?

-Ben on a qu'à les assommer, lança t-il le plus sérieusement du monde.

-Mais tu vis chez les bisounours ou quoi ? On est à Seles là j'te signale ! Ces types n'hésiteront pas à tirer dès qu'ils nous verrons, alors si tu crois vraiment avoir le temps de les assommer avant qu'ils ne te tuent...

-Attends, c'est pas le problème ! On va trouver un moyen, m'assura ma moitié, confiant. Et puis t'as pas l'air de saisir, c'est notre chance ! Ce soir c'est la meilleure occasion de pouvoir nous sortir de là qu'on ait jamais eut ! Si on disparaît, les Dark Hopes nous croiront tués par Seles et on aura qu'à aller refaire notre vie dans un autre pays pour échapper à Ashura ! Réussir à s'enfuir d'ici voudra dire qu'on sera enfin libre !

Je compris alors pourquoi il insistait tellement. Mon double rêvait depuis toujours à ce qu'on réussisse à se sortir du milieu et qu'on parte refaire notre vie ailleurs. Même gamin à Valéria, c'était son seul but. Il m'avait promis qu'on y arriverait , et je le croyais. Mais ce n'était pas pour ce soir ! Vu la réputation du chef de Seles, il nous ferait traquer jusqu'à l'autre bout de la Terre, nous retrouverait et nous tuerait. Je ne voulais pas passer le restant de mes jours à fuir et je savais qu'on avait bien plus de chances de rester en vie en attendant ici qu'en voulant s'enfuir. Je tentai donc de le raisonner à contre cœur :

-Écoute, je... moi aussi je meurs d'envie de me barrer d'ici et de tirer un trait sur tout ça mais... là c'est trop dangereux ! On sera pourchassés où qu'on aille, tués si on baisse notre garde et je ne veux pas de cette vie là avec toi. Moi je veux qu'on puisse vivre normalement et sans avoir à fuir notre passé tout le restant de nos jours ! Et puis, on arrivera peut être même pas à ressortir d'ici vivants. Ce que tu propose est terriblement tentant mais bien trop dangereux !

Le visage de mon frère devint le plus sombre et le plus terrifiant que je ne lui ait jamais vu et il se précipita sur moi avant de me saisir par le col. Ses yeux étaient comme fous et il hurlait presque en parlant :

-Putain tu te rends pas compte que c'est peut être la seul et unique chance de se sortir de là qu'on aura de toute notre vie ?! Si on la laisse passer on aura plus aucun moyen de se barrer ! C'est ça que tu veux ? Tu préfères ne pas prendre de risque et continuer à vivre dans ce monde atroce plutôt que de faire un truc dangereux et d'être enfin libéré ?! J'ai raison, n'est-ce pas ?!

Je savais qu'il disait vrai et mon coeur se serra. Jamais au grand jamais il ne m'avais crié dessus comme ça et, à la pensée que je l'avais déçu et qu'il m'en voudrait peut être jusqu'à la fin de ses jours, les larmes me montèrent aux yeux. Je reniflai un coup pour me retenir de sangloter et Yui sembla alors se rendre comte qu'il venait de me hurler dessus en me soulevant par le col. Il me lâcha immédiatement avec un air horrifié et ses yeux se remplirent à leur tour de larmes. Cette fois-ci en pleurs pour de bon, je me jetai dans ses bras et m'agrippait à lui de toutes mes forces.

-Oh, je suis tellement désolé, sanglotai-je.

-Non c'est moi qui le suis ! Je... je viens de t'agresser et de te crier dessus ! Éclata t-il en pleurs lui aussi. Je suis horrible, faire ça à mon propre jumeau...

Mes sanglots redoublèrent d'intensité et je balbutiai en continuant de détremper son T-shirt.

-Tu... tu ne m'a pas agressé ! C'est juste qu'avec tout à on a les nerfs à vifs. Ça aurait aussi bien put être moi qui t'aurai crié dessus alors arrête de t'en vouloir, ok ?

-... oui.

Nous continuâmes de pleurer l'un contre l'autre encore quelques minutes avant de nous calmer et de nous laisser choir, toujours enlacés, sur un des lits. Aucun de nous ne parlait, nous profitions juste de la présence de l'autre tout en nous promettant de ne plus jamais nous disputer comme ça.

L'adrénaline et la colère retombées, je sentis une nouvelle fois le stress m'envahir. Je savais qu'on avait rien à se reprocher mais je n'arrivais pas à m'empêcher d'avoir peur. Ashura avait dis qu'il allait vérifier ce qu'on avait dis mais je n'avais pas la moindre idée de comment il comptait s'y prendre et je n'arrêtai pas de me dire que si on lui mentait ou que ses sources n'étaient pas fiables, il nous tuerait pour rien. Cette pensée tournait en boucle dans ma tête et je me sentais de plus en plus mal au fur et à mesure que le temps passait.

Au bout d'une ou deux heures de silence, mon frère me murmura soudain :

-Merci...

N'ayant absolument rien fait, je lui jetai un regard interrogateur.

-Tu as raison, c'était stupide et dangereux ! On serait même probablement morts avant d'être sorti du bâtiment. Et je préfère cent fois t'avoir vivant à mes côtés dans le Milieu plutôt qu'on meure tout les deux par ma faute !

Sa petite déclaration me redonna un pâle sourire et je l'embrassai sur la joue en lui disant que tant qu'il serait avec moi, je pourrais tout surmonter.

Cela au le mérite de le refaire sourire lui aussi et il fourra sa tête dans mon cou avant de s'y endormir. Le sommeil ne tarda pas à me gagner aussi et je me laissai glisser avec délice dans les bras de Morphée.

XxX

Le lendemain, nous fûmes réveillés par le chef de Seles en personne qui entra dans la pièce et déclara en nous voyant endormis l'un contre l'autre :

-Et bien je dois avouer que je serais jaloux, si je ne savais pas que vous êtes jumeaux.

-Hein ?! Marmonna mon double, complètement à l'Ouest. Mais jaloux de quoi ?

Mécontent qu'il parle aussi fort alors que je voulais encore dormir, je poussai un grognement désapprobateur, me tournai dos à lui et enfonçai l'oreiller par dessus ma tête. J'avais toujours eût beaucoup de mal à me lever le matin !

-A ton avis ? Jaloux de vous voir dans cette position ! Avoue que ça pourrait prêter à confusion.

-Ah, ça ! S'exclama ma moitié que je sentis se lever.

Il fit une petite pause avant d'oser demander :

-Verdict ?

Sa question me ramena à la réalité et me réveilla instantanément. C'était Ashura avec qui on discutait depuis tout à l'heure. Et il était là pour nous dire si il nous croyait quand on lui affirmait ne pas être des agents doubles.

-Je sais que vous avez dis la vérité, évidemment ! Vous croyez vraiment que je vous aurait laissé dormir aussi longtemps dans le cas contraire ?

Un poids disparut de mon estomac et je poussai un soupir de soulagement en m'asseyant sur le lit.

-Mais attends, il est quelle heure là ? S'étonna mon frère.

-11 heures et demie, pourquoi ?

-Mais, tu viens juste de rentrer ?

-Non, il était 6 heures, mais vous étiez tellement mignons que j'ai préféré vous laisser dormir !

Ashura passa tout le reste de la mâtiné avec nous et redevint l'homme sympathique que l'on avait l'habitude de voir. Au bout d'une heure, il nous proposa d'aller manger tout les trois et nous acceptâmes sans résistances car nous voulions nous réconcilier le plus possible avec lui. Le début du repas se passa dans la bonne humeur mais l'ambiance retomba brusquement quand le brun lâcha un glacial : ''Bon parlons sérieusement maintenant''.

-Euh, bien sur ! De quoi s'agit-il ? S'enquit Yui.

-De votre avenir dans le Milieu.

-Qu'est-ce que tu veux dire, demandai-je, ne voyant pas ou il voulait en venir.

Il posa ses couverts sur la table, se mis au fond de son siège, croisa les bras et expliqua :

-Disons pour faire simple que pour l'instant, votre position est plutôt incertaine. Vous faites parti des Dark Hopes qui, je vous le dis à titre informatif, vous considèrent comme des pions à sacrifier en cas de besoin, et en même temps vous êtes très proche de moi, chef de Seles et par conséquent votre ennemi. Il va falloir que vous fassiez un choix, soit vous retournez dans votre gang et je vous considérerais comme les autre Hopes, soit vous rejoignez Seles... et nous pourront continuer à nous voir, ajouta t-il à mon attention, me faisant rougir.

J'échangeai un regard avec mon double et nous demandâmes à l'unisson si on pouvait sortir en parler. Il nous fit signe que oui et nous désigna la porte fenêtre par laquelle nous nous engouffrâmes. La décision qu'il nous demandait de prendre était très importante, et ne devait pas se faire à la légère. Pour ma part, je considérai que rien ne pourrait être pire que la façon dont on était traité dans notre gang actuel et que rejoindre Seles mettrait définitivement fin à ce cauchemar. Le monde des clans n'était pas tout rose et je le savais, mais je savais aussi qu'Ashura ne nous traiterait jamais de cette façon ! Et puis cela me permettrait dans le même temps de pouvoir me rapprocher énormément de lui. Mais d'un autre côté, je savais que mon choix était influencé par mon cœur et que celui de mon frère serais peut être différent. Si c'était le cas, je lui donnerai la priorité sans hésiter car après ce qui c'était passé hier soir, je voulais faire passer ce que lui voulait avant tout.

Semblant avoir réfléchis lui aussi, mon jumeau dit :

-Pour moi, la meilleure chose à faire est de quitter les Dark Hopes ! Après ce qu'ils ont osé te faire, je ne vois pas pourquoi on resterait avec eux si on a la possibilité de s'en aller.

-Je pense la même chose, avouai-je.

-Et puis comme ça, tu pourras passer toute tes journées avec Ashura ! Me charia t-il avec un clin d'œil.

Je m'empourprai et marmonnai qu'il était bête en détournant la tête.

XxX

Et ainsi nous entrâmes chez Seles. Très peu de temps après, nous apprîmes l'assassinat de tout les Dark Hopes importants et soupçonnâmes fortement Ashura d'y être pour quelque chose. Mais aucun de nous n'osa rien dire.

Deux jours plus tard, naquit le Magicien Aux Milles Ombres. Dès le début nous avions expliqué au brun qu'il était hors de question que l'on montre nos visage quand on bossait pour le gang et il nous avait rétorqué que dans ce cas il vaudrait mieux porter des masques parce que lui n'avait pas eut de mal à nous reconnaître. Il nous en procura donc et, en nous voyant côte à côte avec, une idée germa dans son esprit. D'après lui, comme ça nous étions si indissociable qu'en attaquant quelqu'un des deux côté à la fois, ce dernier ne se rendrait même pas compte qu'on était deux. La stratégie nous parut bonne et, comme elle marchait bien, nous décidâmes de la garder. Le surnom nous vint plus tard, donné encore une fois par Ashura qui le trouva en nous voyant nous entraîner. Il resta lui aussi. L'inconvénient de cette technique était qu'elle nous empêchait de laisser savoir à qui que se soit qu'on était deux et on ne pouvait donc pas se promener dans le quartier en même temps avec mon jumeau.

L'autre problème qui se posa fut que les autres Selesiens supportèrent mal qu'on apparaisse de nul part et qu'on fasse directement parti des plus haut placé dans le gang. Pour éviter que ça finisse par devenir gênant pour nous, le brun nous demanda de faire le tatouage réservé à ceux en qui il avait placé sa confiance. En temps normal il nous l'aurait demandé plus tard mais selon lui, ça les calmerait et ils nous accepteraient mieux alors nous dîmes oui. Yui choisit la cheville et moi le dos. Je trouvais le motif très beau et ainsi, pour la première fois de ma vie, je deviendrais totalement unique. Car même si j'adorais mon frère, j'avais quand même envie de pouvoir me différencier de lui autrement que par le caractère. La surface du dessin étant étendue, j'eus assez mal, mais le résultat me satisfis beaucoup.

Les deux premier mois passés à Seles furent géniaux. Ashura se montra généreux et nous offrit un nouvel appartement et des horaires qui nous permettait de travailler nos cours car la fin de l'année et son BAC de français approchaient. Il nous donna aussi de nouvelles missions, beaucoup moins dangereuses et plus adaptées aux capacités du Magicien. Cette technique de combat nous permis de devenir beaucoup plus puissants et nous nous fîmes un nom dans le Milieu. Plus personne ne nous cherchait querelle chez les Selesiens et tout semblait aller pour le mieux.

Du côté affectif, Ashura se montrait extrêmement gentil et attentionné. Il m'emmena plusieurs fois au cinéma et au restaurant et devenait toujours très doux quand on était tout les deux. Il fut aussi d'une grande patiente car, malgré le fait que je l'aimais comme un fou, j'avais toujours refusé d'aller plus loin avec lui, ce qui le frustrait au plus haut point. De plus en plus souvent je voyais le désir emplir ses yeux quand il me regardait et je cédais finalement pour l'anniversaire de nos trois mois. À partir de là, notre relation toute mignonne perdura encore un mois et demi avant qu'il ne devienne affreusement jaloux et commence à m'interdire de voir mes amis, filles comme garçons. Croyant que ça lui passerait, je laissais faire mais cela ne fit que s'intensifier. À tel point qu'un jour il demanda à mon jumeau d'arrêter de me sauter au cou et de dormir dans la même chambre que moi. Mon double le prit affreusement mal et rétorqua en lui criant dessus qu'il n'avait pas le droit de lui interdire de m'approcher et que je n'étais pas à lui. Cela dégénéra en une dispute interminable au terme de laquelle les deux décidèrent de faire comme s'il ne c'était rien passé, même si je voyais au regard du brun qu'il vivait toujours notre proximité aussi mal.

Finalement, nous eûmes nos examens de fin d'année, passâmes en terminale et continuâmes à monter en puissance dans le Milieu. Le temps avait bien passé et nous étions à Seles depuis maintenant 10 mois. Nos 18 ans approchaient à grands pas. Le jour de notre majorité, nous fûmes autorisés par Ashura à organiser une fête, à laquelle les deux tiers du lycée se rendit. Le lendemain, quand nous rentrâmes au QG après avoir rangé et nettoyé la salle des fêtes, le dirigeant nous interpella pour nous dire quelqu'un avait appelé pour nous et que ça paraissait important. L'homme s'était présenté comme étant notaire et lui avait donné son numéro pour qu'on le rappelle dès que possible. Yui s'en chargea et, au fur et à mesure que la conversation avançait, je le voyait pâlir. Quand il raccrocha il était très mal et me dit d'une voix blanche :

-C'était le notaire de notre ville natale... Comme on vient de devenir majeur, on accès à l'héritage de nos parents et il voudrait qu'on vienne régler tout ça. Il a dit aussi que notre père avait laissé une lettre pour nous et qu'il devait nous la remettre en main propre.

Je compris alors pourquoi il ne se sentait pas bien et une boule se forma dans ma gorge. Même si ça faisait longtemps, repenser à la mort de nos parents n'était jamais très agréable. Surtout quand on se disait que sans cet accident on vivrait heureux tout les quatre, dans notre ancienne ville, et loin de tout ces problèmes. La seule chose que j'aurais regretté de cette vie aurait été de ne pas avoir rencontré Ashura.

Ce dernier avait d'ailleurs assisté à toute la scène et j'avais vu son visage se fermer quand mon frère avait expliqué qu'on devait aller là-bas. J'eus peur qu'il nous en empêche et que nous ne puissions jamais récupérer la fameuse enveloppe mais comme c'était quelque chose de vraiment important, il céda à contre cœur.

Nous décidâmes d'y aller le week-end même et de faire l'aller-retour dans la journée du samedi. Comme lorsque nous avions 6 ans, le voyage me sembla passer vite et nous nous retrouvâmes bientôt au milieu du hall de gare bondé. Il fallut prendre un taxi pour se rendre au bureau du notaire et une fois là-bas, on nous expliqua pendant plus d'une heure tout ce dont nous avions hérité de nos parents et dont on devait décider le sort. Nous convînmes de vendre tout les effets leur appartenant puisque que nous n'en avions aucune utilité et qu'ils ne feraient que nous rappeler des souvenirs douloureux. Les quelques objets qui avaient une forte valeur sentimentale pour nous avait déjà été récupéré quand nous avions six ans, donc le reste ne nous intéressait pas. On nous fit ensuite signer tout un tas de paperasse avant d'enfin nous remettre ce qu'on était venu chercher avant tout : la lettre de notre père.

Nous ne l'ouvrîmes pas dans le bureau mais allâmes nous installer dans un parc avant de commencer à la lire :

''Fye,Yui, si vous lisez ceci, c'est que je suis mort avant vos 18 ans. Ça à du être très dur pour vous et votre mère, et quelle que soit la façon dont je vous ait quitté, je suis sincèrement désolé de vous avoir abandonné si tôt.

À l'époque où je vous écris, vous avez à peine 5 ans, alors j'ai du mal à imaginer ce à quoi vous devez ressembler aujourd'hui. En tout cas que je suis certain que vous êtes devenus deux garçons magnifiques. Vous êtes les choses les plus belles et les plus précieuses que j'ai au monde et je vous aime plus que tout. Alors j'espère que vous êtes resté persuadés de ça même après ma mort.

Mais je ne vous écris pas vraiment pour vous dire ça. Cette lettre a pour but de vous apprendre la vérité sur moi. Vous ne le savez probablement pas car notre mère et moi avons décidé de pas vous en parler avant que vous soyez assez âgés, mais j'ai un frère. Je ne suis pas fils unique comme vous l'avez toujours cru, et vous avez un oncle. Il s'appelle Akuma et habite très loin d'ici.

Si je ne vous en ait jamais parlé c'est parce que nous sommes brouillés depuis très longtemps à cause de ce qu'il est, et de ce qu'il fait. Mon frère est âgé de trois ans de plus que moi et il s'est toujours senti rejeté par les autres. Il est persuadé que personne ne l'aime et en veut à la Terre entière. Alors pour se venger de l'injustice qu'il est persuadé qu'on lui a fait, il est devenu membre d'un gang. Je crois même qu'avec le temps il en est maintenant le chef.

Quand j'ai appris dans quoi il trempait nous avons eut une énorme dispute et il a fini par me donner un coup de poing en me disant de le laisser tranquille et qu'il faisait ce qu'il voulait. Après ça, je ne lui ait plus jamais reparlé et j'ai très vite déménagé loin de là-bas. C'est grâce à ça que j'ai rencontré votre mère.

Si d'aventure, la curiosité vous pousse à le rechercher, sachez juste qu'il porte le même nom de famille que moi. Je suis incapable de pouvoir vous en dire plus, sans me sentir coupable. Je préférerais vraiment que vous ne l'approchiez jamais. Cet homme est manipulateur et profondément mauvais. Il risquerait d'essayer de vous pervertir et de vous faire devenir comme lui, ce que je ne veux pas. Alors allez le trouver si vous voulez mais je vous en supplie, ne le laissez pas vous entraîner dans son monde. Ce serait pour lui la plus ultime de victoire et pour moi la pire des défaites. Et sur ce plan là, je refuse de perdre face à lui !

Je suis assis à la table du salon et plus je vous regarde, plus je suis certain que des enfants aussi doux que vous ne pourront jamais plonger là-dedans ! Vous êtes bien trop intelligents et gentils pour vous laisser enfermer dans ce milieu si cruel. Je suis en train de me faire du soucis pour rien, jamais Akuma n'arrivera à vous faire devenir comme lui, jamais !

Mon dieu, vous êtes si mignon tout les deux. Vous venez de vous faire un câlin et là vous jouez à cache derrière les fauteuils. Oh, j'espère tellement ne jamais avoir à vous donner cette lettre, et pouvoir passer encore de longues années avec vous ! Mais on ne sait jamais...

Voilà, ce mot touche à sa fin, et je n'ai plus rien à dire.

Je vous demanderai juste de dire à votre mère que je l'aime et de l'embrasser pour moi.

Je vous aime les enfants, vous êtes la plus belle chose qui me soit jamais arrivé, ne l'oubliez jamais. ''

Les larmes roulaient en un flot ininterrompu sur mes joues et je sanglotai silencieusement. Cela faisait des années que je n'avais pas pleuré en pensant à mes parents mais cette lettre avait fait remonter toutes les émotions que je gardais enfouies en moi. Cela avait eut le même effet sur mon double car il était dans le même état que moi. J'avais l'impression de revivre leur mort une nouvelle fois et n'arrivai plus à me calmer. Toujours en larmes, nous leur rendîmes une longue visite au cimetière, au bout laquelle mes pleurs cessèrent enfin.

Le retour s'effectua par le dernier train et nous arrivâmes tard dans la soirée.

Cette nuit là, je ne parvint pas à m'endormir. Les mots de mon père nous disant qu'il savait qu'on était bien trop gentil pour plonger dans le Milieu résonnaient en boucle dans mon esprit et je me sentais atrocement coupable. On avait fait mentir tout ses espoirs et n'avions pas respecté sa volonté. Au final, on était bel et bien devenu comme notre oncle. Même peut être pire, en fait.

Dès le lendemain matin, ma moitié m'avoua lors du petit déjeuner, qu'il allait demander à Ashura de nous laisser quitter le gang. Lui aussi était tiraillé par la culpabilité et il refusait de continuer à être dans le Milieu après avoir lu ça. Pour moi aussi, ça allait devenir une torture de continuer à faire ça, mais je lui rappelai quand même que le dirigeant ne nous laisserait jamais partir. Il me rétorqua qu'il le convaincrait quelle que soit la façon qu'il devrait utiliser. Ça ne me rassura pas du tout de l'entendre dire ça, mais je savais que cette fois-ci, même moi je ne pourrais pas l'empêcher de faire ce qu'il voulait.

Il alla exposer sa requête au brun directement après être rentré au QG mais comme je m'en doutait, il la refusa en arguant que c'était des caprices de gosses et que tout le monde était passé par là. Ça ne suffit pas pour décourager mon jumeau qui revint à la charge une, voir plusieurs fois par jours pendant deux semaines. Le Selesien en avait plus que marre, il ne parlait plus du tout à Yui et s'en allait dès qu'il le voyait arriver.

De mon côté j'essayais de lui faire comprendre que c'était très important pour nous mais il à chaque fois que je faisais mine de lui en parler, il m'embrassait pour me faire taire, et je ne pouvais jamais lui exposer mon point de vue sur la question. Un jour, je n'y tint plus et vint en pleine journée lui parler dans son bureau. Avant qu'il ne dise quoi que ce soit je lui expliquait tout. La mort de nos parents, l'histoire de notre oncle, l'enfer qu'on avait vécu et la lettre de notre père. J'espérais lui faire comprendre ce qu'on pouvait ressentir et à quel point il nous était devenu dur de travailler pour lui. J'ajoutais aussi que quitter Seles ne signifiait pas mettre un terme à notre relation et qu'on pourrait continuer à se voir comme au début, avant qu'il ne sache qui on était. Il déclara qu'il allait y réfléchir et me mis gentiment à la porte avec baiser.

Plutôt rassuré qu'il ne se soit pas mis en colère j'allais retrouver mon frère dans la petite pièce du QG qui nous appartenait, et nous nous avachîmes devant la télé, puisque nous n'avions pas de mission à accomplir. À peine une minute plus tard, Ashura débarqua fou de rage contre mon double :

-Dans mon bureau. Tout de suite ! Lui ordonna t-il.

-Déjà, je suis pas ton chien alors tu me parle correctement ! Répliqua l'autre.

-Dans mon bureau. S'il – te - plaît ! Cracha t-il, le visage déformé par la colère.

-Et on peut savoir pourquoi ?

Je ne dis rien mais il me parut alors évident que ça avait un rapport avec le fait que moi aussi j'avais fini par aller lui demander de partir. À tout les coups, il croyait que Yui m'avait demandé de le faire, et était donc en colère contre lui pour cette raison.

-DANS MON BUREAU !

J'eus un sursaut de peur et tentai de le calmer d'une petite voix :

-Ashura... ne t'énerve pas comme ça, s'il te plaît.

-OH TOI, TU TE LA... ! Commença t-il avant de se reprendre en voyant qu'il me parlait à moi. Fye... laisse nous discuter tout les deux, tu veux bien ? Cette histoire est entre lui et moi !

-Mais...

-Fye ! Me fit-il taire.

Penaud, je baissai la tête et obéit. S'en fut trop pour ma moitié qui s'énerva contre notre chef :

-Ne le traite pas comme ça ! Ce n'est pas ton objet et il fait ce qu'il veut alors laisse le parler si il en a envie !

-Alors arrête d'essayer de le monter contre moi ! Rétorqua Ashura, confirmant ce que je pensais à propos du but de sa venue.

-QUOI ?! Moi, je le monte contre toi ? C'est une blague là j'espère ! Tu l'oblige à faire tout ce que tu lui ordonne, tu l'empêche de voir ses amis, de ME voir et JE suis en train de le retourner contre toi ?! Cria mon jumeau qui tremblait tant il était énervé.

-S'il vous plaît, calmez vous tout les deux ! Les suppliai-je, en me sentant horriblement mal.

Les deux personnes que j'aimais plus que tout étaient train de s'entre-déchirer et j'étais obligé de les regarder sans rien pouvoir faire. J'avais encore une grosse envie de pleurer mais je refoulai mes larmes et me plaquai un air sérieux sur le visage pour qu'il comprennent que je ne plaisantais pas. Cela n'eus pas le moindre effet à part celui de les faire se décider à aller se disputer dans le bureau du brun pour ne pas que je les interrompe.

Mort de trouille, je dus attendre plus de deux heures avant qu'ils ne ressortent. Mon frère avait un œil tuméfié et la lèvre inférieure éclatée. Du sang coulait sur son menton et je put lire la honte et la colère dans son regard avant qu'il ne détourna la tête pour ne pas que je le voie. Je fit mine d'avancer vers lui, mais il s'enfuit en courant, me coupant dans mon élan.

Ashura choisit ce moment pour sortir à son tour. Ses jointures étaient encore rougies et il comprit à mon regard que j'avais vu l'état de mon frère. Il fit alors une tentative d'excuse :

-Je suis désolé. On ne devait pas en arriver là mais il a réussit à me mettre hors de moi et... c'est parti tout seul.

Je ne voulais pas en entendre plus et, tournant les talons, je couru le plus loin possible de lui. Où était passé l'homme gentil et drôle que j'avais connu ? Lui n'aurais jamais levé la main sur mon frère, il ne m'aurait jamais empêché de voir mes amis et il ne m'aurait non plus jamais parlé comme cet après midi, même s'il n'était pas allé jusqu'au bout de sa phrase. Je ne comprenais pas ce qui se passait en ce moment avec mon petit ami mais pourtant, je n'arrivais pas à l'aimer moins. Et je ne pouvais pas m'empêcher de m'en vouloir pour ça. Après tout il venait de frapper mon frère !

Finalement, pour la deuxième fois, le lendemain ils agirent comme si rien ne c'était passé. Yui ne dis plus un mot à propos de quitter le Milieu pendant plus de trois jours mais je sentais bien qu'il en avait toujours autant envie. Notre relation était plus fusionnelle que jamais malgré le regards mauvais que mon amant portait sur tout ça.

Quelques temps après cette histoire, nous reprîmes l'habitude de rentrer ensemble à la maison le soir et s'est donc ensemble que nous tombâmes sur un petit chaton abandonné dans une ruelle. Visiblement de couleur claire au départ, le pauvre animal était marronâtre et plein de boue. Il n'avait que la peau sur les os et je ne lui aurais pas donné plus de 2 mois. Apitoyé par ce spectacle désolant, mon frère s'accroupit auprès du félin et lui parla d'une voix douce :

-Tu es tout seul petit chat ? Ta maman n'est plus avec toi ?

Bien entendu il n'obtint aucune réponse, et le bébé couru se cacher derrière une poubelle.

-Moi aussi ma maman et mon papa sont parti tu sais... Mais je crois que j'aurais bien aimé qu'on vienne me chercher et qu'on s'occupe de moi au lieu de me laisser tout seul dans ce monde cruel.

C'était vrai qu'en y regardant de plus près, cet animal se retrouvait dans la situation qu'on avait vécu étant petit. Il n'avait plus personne qui s'occupait de lui et se retrouvait obligé de s'en sortir seul. Nous, on avait été recueillis par la mauvaise personne, et maintenant on se retrouvait à mener une vie de criminels. J'imagine bien qu'il n'est probablement pas possible qu'il arrive une chose semblable à un chat, mais cela ne m'empêcha pas d'avoir une irrésistible envie de tirer ce bébé apeuré de là.

Mon jumeau avait la même intention que moi puisqu'il tendit la main et appela le chaton :

-Si tu veux, on pourrait s'occuper de toi. Comme ça tu ne serais plus seul !

Étrangement le félin sembla réceptif à ses paroles et il s'approcha timidement. Posant précautionneusement une patte après l'autre sur le sol, il finit par se retrouver à seulement un mètre de ma moitié. Celui-ci tendit d'avantage ses bras, et saisit doucement le bébé. Il le cala contre son torse et se releva lentement.

Il le ramena chez nous tandis que je passait faire quelques courses pour avoir de quoi nourrir et s'occuper du chat. Quand je revint, il l'avait nettoyé, et je découvrit que le chaton était en vérité de couleur sable. Les deux étaient sur le canapé et l'animal blottit dans le cou de Yui ronronnait.

-Il est trop mimi n'est-ce pas ? Me demanda t-il avec un sourire tendre à l'égard de la boule de poil couchée contre lui.

J'acquiesçai, et nous fîmes manger notre nouvel ami. Il semblait avoir très faim puisqu'il dévora toute la nourriture servie dans sa gamelle avant d'aller gentiment se recoucher sur le canapé.

Mon frère et moi allâmes nous asseoir à ses cotés et nous mîmes à discuter tout en le caressant.

-Il faut lui trouver un nom tu ne crois pas ? Dis-je.

-Si, je suis d'accord. D'ailleurs j'ai déjà pensé à plusieurs choses ! On pourrait l'appeler Sunny par exemple !

-Hmm, c'est pas mal comme nom mais...

Je jetais un regard vers le ventre de l'animal et ne put retenir un sourire moqueur.

-... en fait c'est une femelle !

Mon jumeau fronça les sourcil et regarda de plus près à son tour. Voyant que j'avais raison, il éclata de rire. Puis, retrouvant son sérieux, il proposa :

-Alors comme nom de fille, qu'est-ce que tu dirais de Chi-i ?

-Oh ben... je trouve que ça lui va comme un gant ! Avouai-je.

-Moi aussi ! Gardons ce nom alors !

-Oui !

Ainsi, nous nous retrouvâmes avec une nouvelle colocataire. Elle était très mignonne et adorait ma moitié. Dès qu'il était à la maison elle était collée à lui et le suivait partout. Je trouvais ça trop mignon et ils me faisaient beaucoup sourire tout les deux.

Ma relation avec Yui continua de se resserrer encore et nous n'étions quasiment plus séparé, au grand désespoir d'Ashura qui avait de plus en plus de mal à se retrouver seul avec moi.

Et pourtant malgré notre rapprochement, quelques jours plus tard, je ne trouvai pas mon frère au moment de rentrer chez nous. Pensant qu'il était parti se promener, et comme il était assez grand pour retrouver le chemin tout seul, je ne m'en inquiétai pas trop et prit le chemin de l'appartement sans lui. D'habitude j'évitais de rentrer à pied quand j'étais seul mais ce soir là je n'avais pas envie de voir du monde et je le fis quand même. Empruntant de petites ruelles, je tombais par pur hasard sur ma moitié. Celui-ci était perché sur une petite maison à un étage et semblait attendre quelque chose. Perplexe, je le regardai quelques instant en me demandant ce qu'il faisait là, puis l'appelai :

-Yui ?! Mais qu'est-ce que tu fabriques ?

En m'entendant, ses yeux s'écarquillèrent, il se tourna vers moi et il forma un ''Pardon'' silencieux avec ses lèvres. Un coup de feu retentit. Son corps eût un soubresaut en arrière quand la balle le traversa puis commença à basculer dans le vide. L'action se déroulait au ralenti devant mes yeux horrifiés et je me précipitait sous lui pour le rattraper dans sa chute. En le réceptionnant, mes jambes se dérobèrent sous le choc et nous nous retrouvâmes à terre. Une grande tâche de sang s'étalait sur son torse et je mis immédiatement mes mains dessus pour essayer d'endiguer l'hémorragie. Je sentais le liquide chaud se répandre sous mes doigts et les larmes se mirent à couler sur mes joues.

Mon jumeau toussa plusieurs fois avant de réussir me dire :

-Arrêtes... ça sert à rien...

-Ne... ne dis pas ça ! Sanglotai-je. Tu... tu vas t'en sortir, on... on va appeler l'hôpital, ils vont te sauver, ils vont t'enlever cette balle, ils...

Ma voix et mes propres mots n'arrivaient pas à me convaincre. J'avais envie que tout ça ne soit qu'un cauchemar, que je me réveille dans mon lit et puisse aller me blottir dans les bras de mon double pour me rassurer. Mais tout cela était bel et bien réel et j'entendais le souffle de mon frère se faire de plus en plus faible.

-Fye... Fye... M'appela t-il en levant faiblement le bras.

-Oui, je suis là, je suis là, ne t'inquiète pas, voulu-je le rassurer alors que j'essayai en tremblant de composer le numéro des urgences sur mon téléphone.

-Fye... je t'aime...

-Moi aussi je t'aime ! Je t'en supplie, reste avec moi, ne part pas !

Un pâle sourire se dessina sur ses lèvres et il murmura dans un dernier souffle :

-Je dirais bonjour à papa et maman de ta part...

Ses yeux se fermèrent et sa respiration se tut.

-Non, non, NON ! Yui, réponds moi ! S'il te plaît, réponds ! Ne me laisse pas ! Je t'en prie ! le suppliai-je toujours en pleurant.

Il eut un sursaut et, les yeux entre-ouverts, il articula dans un filet de voix :

-Pardon pour tout, je t'aime...

Sa tête retomba mollement contre moi et son corps se détendit. Un : ''Service des urgences, quel est votre problème ?'' sorti de mon téléphone et je me mis à hurler. Je criai de toute mes forces, à m'en briser la voix.

Mon cœur explosa en morceau, mon corps se réduisit en cendre, mon esprit perdit la raison et la douleur emplit toutes les pores de ma peau. On venait de m'arracher la moitié de mon âme et de mon cœur. On avait retiré de mon corps la seule chose importante dans ma vie. Je sentais mon frère sans vie reposer contre moi et m'agrippai le plus fort possible à lui, comme si ça me permettrais de le faire revenir. Finalement ma voix s'éteint et je me mis à bercer mon jumeau pendant que je pleurais toute les larmes de mon corps.

''Monsieur, où êtes vous ? Qu'est-ce qui se passe ?'' s'inquiéta la personne à l'autre bout du fil.

Je sentis qu'on me prenait mon portable et entendis le ''bip'' caractéristique signifiant qu'on venait de raccrocher. Deux bras puissants me saisirent et une voix rassurante me murmura :

-Chut, calmes toi. Ça va aller, tout va bien se passer.

Je sentis le sol se mettre à tourner autour de moi, et ce fut le noir complet.

XxX

J'avais l'impression d'avoir un trou béant dans la poitrine et mes yeux me brûlaient atrocement. J'avais tant pleuré ses quatre derniers jours que verser la moindre larme était devenu une véritable torture pour mes yeux.

C'était Ashura qui m'avait trouvé en train de hurler dans la ruelle et il avait tenté de me soutenir tant bien que mal jusqu'à présent. Il s'était occupé de tout les préparatifs pour l'enterrement et avait prévenu pour moi ceux que je lui avait demandé.

La cérémonie était prévue pour dans quelques minutes et je me sentais si mal que je décidai d'envoyer un message à mon amant pour qu'il vienne me voir avant que je ne craque et me jette sous le premier camion.

Tout ce qui était arrivé était entièrement de ma faute et pour cette raison je n'avait pas le droit de mourir. Ça serait une punition bien trop douce pour mon crime ! Quelques heures après le drame, des hommes de Seles étaient retournés dans la ruelle et avaient trouvés un pistolet aux armes d'un des plus grand chef de gang du quartier Est : Fei-wan. C'était de cette façon qu'il faisait savoir qu'il était l'auteur d'un meurtre et quand on m'avait rapporté ce fait, j'avais compris que j'avais interrompu mon frère en pleine filature. Il suivait Fei-wan pour je ne sais quelle raison et, en l'appelant, je l'avais fait repérer et donc tuer. Tout était de ma faute !

Je sentis quelque chose se frotter contre ma jambe et tomba nez à nez avec Chi-i. Elle me regarda d'un air triste et miaula. La disparition de Yui l'avait elle aussi affecté, même si ce n'était qu'un chat. Je dois bien avouer que pour moi la voir était une sorte de réconfort. Elle me permettait de me souvenir d'à quel point mon frère était un garçon gentil et adorable avec les autres. Parce que c'était de cette façon que je voulais me rappeler de lui, et pas comme d'un membre de gang !

Un nouveau sanglot me secoua et je le ravalai en attrapant mon portable pour demander au brun de vite venir. J'allais dans la messagerie et cliquait sur le nom ''Ashura''. Nos anciennes conversations s'affichèrent à l'écran, et au moment de commencer à taper mon message, je me rendis compte que ce téléphone n'étais pas à moi. C'était celui de Yui. Nous avions les mêmes, et comme j'avais récupéré ses affaires, je m'étais trompé en le prenant dans la chambre. Les larmes se remirent à couler, me brûlant les yeux et je tombais à genoux par terre.

Pourquoi avait-il fallut que l'appelle ? Pourquoi ne l'avais-je pas tout simplement laissé tranquille ? Depuis qu'il n'était plus là, j'étais devenu un fantôme. Le monde était terne et gris, la vie inintéressante et inutile. Tout m'était insipide et la douleur me tordais l'estomac à chaque instant.

Je pris plusieurs longues inspiration et réussit à faire cesser mes pleurs. Mon regard revint alors glisser sur l'écran du portable et mes yeux s'écarquillèrent. Le dernier message envoyé par Ashura à mon jumeau fit se fissurer ce qui restait de stabilité dans mon univers et je lâchais l'objet comme s'il m'avait brûlé.

La mise en terre venait de se terminer et tout le monde quittait le cimetière après m'avoir adressé ses plus sincères condoléances. Nous nous retrouvâmes seuls avec mon petit ami et ce dernier m'attira à lui pour me prendre dans ses bras. Je résistai et me dégageai de son étreinte. Étonné, il me regarda en fronçant les sourcils.

-Fye ? Pourquoi tu...

-J'ai vu ton message, dis-je le plus vite possible.

-Hein ?

-J'ai vu le message que tu as envoyé à Yui le soir où il... il est... enfin ce soir-là.

Il ne dit rien et se contenta de me fixer en attendant la suite.

-Tu lui a écris que... que tu accepterais de revoir sa demande de nous en aller si il faisait quelque chose pour toi.

Toujours aucune réaction de sa part, son visage resta impassible.

-S'il te plaît, je t'en pries, dis moi que tu ne lui à pas demandé ça...

-Ça quoi ?

-Tu... tu ne lui a pas demandé de suivre Fei-wan, n'est-ce pas ?

Son expression s'assombrit considérablement et il répondit lentement :

-Je crois que nous savons tout les deux la réponse à cette question...

Autour de moi, le monde s'écroula et les dernière bases solides de ce en quoi je croyais tombèrent en morceaux. Il l'avait fait ! Il le lui avait demandé. Et je savais très bien ce que ça signifiait. Tout le monde considérait Fei-wan comme l'homme le plus puissant et le plus influant du quartier Est et il était de notoriété publique que quiconque tentait de s'en prendre à lui était condamné à mourir. En demandant à mon double de le suivre, il l'avait condamné et nous étions dans ce cas tout les deux aussi responsables. Même si au final j'étais celui qui avait permis à notre ennemi de finir le travail.

-Tu... ? Commençai-je en essayant de ne pas fondre à nouveau en larmes.

-Je n'avais pas le choix, m'expliqua t-il en s'avançant vers moi.

J'eus un mouvement de recul et la colère m'emplit soudain. Il avait voulu le tuer, il avait prémédité sa mort. Et il avait fait mine me réconforter comme si tout cela n'était qu'un terrible accident et qu'il était réellement désolé. À cet instant tout l'amour que je lui portait vola en éclat et je criais :

-Ne m'approche plus jamais !

Tournant les talons, je m'enfuis en courant vers un nouveau départ que Yui avait toujours tant attendu.

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Le regard obstinément plongé dans la contemplation du mur face à lui, Fye laissa sa voix s'éteindre dans un murmure. Durant tout son récit, il était resté froid et impassible, comme si ce n'était pas sa propre histoire qu'il venait de raconter. Il savait très bien qu'à l'instant ou il se laisserait submerger par ses émotions, il exploserait une nouvelle fois, et le brun n'avait pas à supporter ça aussi. Il avait déjà assez fait pour lui ce soir.

Sous le choc des révélations qu'il venait de lui faire, Kurogane le regardait hébété. Il savait que son ami n'avait pas eut un passé facile et qu'il c'était produit quelque chose de terrible avec son frère, mais jamais il n'aurait pu imaginer... ça. Il se fit la réflexion qu'Ashura avait finalement bien de la chance d'être déjà mort, parce que dans le cas contraire il aurait péri dans bien plus de souffrances.

Et puis il y avait quelque chose dans ce que venait de lui raconter le blond qui le troublait et dont il avait envie de lui faire part. Mais il vit bien en se tournant vers son voisin que ce dernier n'était pas prêt à en reparler. C'était la première fois qu'il voyait l'autre s'ouvrir à ce point et ne voulait pas prendre le risque de le faire refermer sa coquille. Alors à la place, il laissa son bras aller entourer les épaules du Magicien et le ramena contre lui de façon à ce que sa tête vienne se nicher dans son cou. Le jeune homme se laissa faire et poussa un soupir d'aise en se blottissant plus confortablement contre le ninja.

Fermant les yeux il murmura :

-Merci...


Bon ben voilà j'ai moi même réussis à m'auto-déprimer en lisant mon chapitre pour le corriger ! -'

Enfin, si ça peut vous rassurer, sachez quand même que le prochain chapitre sera beaucoup beaucoup plus joyeux ! Et j'imagine que vous serez tous d'accord avec moi pour dire que c'est pas trop tôt !