J'imagine qu'il est inutile de faire un quelconque commentaire sur les deux mois que j'ai mis à écrire ce chapitre... *Désolé* On passera aussi le fait que je ne trouve rien de mieux à faire que publier un dimanche soir à 23h30 ! (Je suis noctambule que voulez-vous !)
Bon, nous revoilà en plein milieu du combat Papillons Pourpres VS Fei-wan alors comme vous pouvez l'imaginer, il va y avoir du sang et de la baston !
Sinon dans la série des bonnes nouvelles, je me suis laissée emporter par l'inspiration en écrivant ce chapitre, ce qui fait que je n'ai pas été aussi loin que prévu donc finalement, il reste encore deux chapitres avant l'épilogue ! ^_^
Voilà, je vous laisse profiter de votre lecture !
Réponses aux reviews :
Yukihana17 : Merci beaucoup ! Je dois avouer que les scènes de combats sont ce que j'appréhende le plus à écrire, alors je suis contente qu'elles te plaisent.
Crisalys Nara : Aha, merci beaucoup de tes compliments ! Ca me fait très plaisir de voir que des gens ont assez de courage pour arriver en cour et quand même lire les 37 chapitres ! (Je dis ça parce que moi la plupart du temps j'ai la flemme ! ^_^' ) Quand à toutes tes questions, je crois bien qu'il va falloir que tu lises la suite pour le savoir ! ;)
Louise : Merci. En même temps, Kuro et la délicatesse, ça fait deux ! xD
Adossé au mur, Fye faisait tout pour étouffer le bruit de sa respiration. Leurs ennemis n'étaient pas loin, et manifestement ils étaient capable de les localiser au bruit. À quelques mètres de lui il entendait les gémissement de douleur de Kamui. L'adolescent s'était pris une balle dans le bras et il semblait beaucoup souffrir.
-Est-ce que tout le monde est à couvert ? Murmura Seishiro.
Un concert de réponses affirmatives lui répondit.
-Super, mais on fait quoi maintenant ? Demanda quelqu'un.
-Il faut continuer !
-Et Kamui ? Protesta Subaru.
-Laisse tomber frèro, intervint l'intéressé. Je peux pas continuer avec vous, je ne ferais que vous ralentir. Allez y sans moi !
Le blond perçut des bruits de pas et de tissu froissé à côté de lui.
-Il est hors de question que je te laisse ici tout seul ! Déclara fermement Subaru.
-Arrête de jouer aux idiots ! Ce mec nous a enlevé, séquestré. T'as faillit y passer à cause de lui ! Faut que t'aille là bas, et que tu te venges pour nous deux !
-Mais...
-J'ai deux bras tu sais, je peux encore me défendre tout seul ! Lui fit remarquer son jumeau.
Le Magicien grimaça. Il comprenait très bien le résonnement de Kamui, mais ça ne lui semblait pas une très bonne idée. Blessé et seul dans le noir à l'intérieur d'un bâtiment remplit d'ennemis, ses chances de survie étaient plutôt minces.
Il ouvrit la bouche pour le faire remarquer aux jumeaux lorsqu'un bruissement dans son dos attira son attention. Tendant l'oreille, il perçu clairement le son de quelqu'un en train de marcher juste derrière lui. L'adrénaline prit soudain le contrôle de son corps. Le sang battant à toute vitesse dans ses veines, il se releva d'un bond et assena au hasard un grand coup de coude devant lui. Par chance son bras heurta son ennemi qui s'écroula en arrière sous le coup de la surprise.
-Attention, ils nous attaquent ! Hurla le jeune homme pour prévenir ses amis.
Avant que le type n'ait eut la moindre chance de réagir, Fye pointa son arme vers l'endroit où il estimait que l'autre était tombé et fit feu. Le cri de douleur et d'agonie qui retentit lui apprit qu'il avait fait mouche.
Se doutant que ceux qui restaient n'allaient pas tarder à riposter, il s'empressa de plonger par terre, et de rejoindre le reste de son groupe à l'abri. Cela lui sauva la vie, car quelques secondes plus tard le couloir était bombardé de tirs.
-Vous allez bien ? Cria Amaterasu pour couvrir le vacarme. Tout le monde est encore là ?
Elle obtint quelques réponses mais elle ne fut pas capable d'identifier les différentes voix.
-Je pense que pour l'instant y a rien d'autre à faire que tirer à l'aveuglette ! Proposa Kurogane qui ne comptait pas rester coincé là plus longtemps.
Il détestait être inutile, hors c'était exactement ce qui lui arrivait en ce moment même. Son sabre n'était pas une arme de longue portée alors tant que leurs adversaires ne se rapprochaient pas, il ne pouvait rien faire de plus qu'attendre.
Ceux qui avaient des armes à feu, exécutèrent ses ordres. Cependant, les tirs ennemis ne semblait pas faiblir du tout et leurs réserves de cartouches commençaient à s'amenuiser.
-On arrive à rien comme ça ! S'écria Seishiro. On a besoin de lumière si on veut leur péter la gueule comme il faut !
-On est dans un sous-sol, il y a forcément des lampes quelques part !
-Dans ce cas, que quelqu'un trouve ce putain d'interrupteur !
-J'ai fait tout le tour des murs de la pièce, et il n'est pas là ! Déclara Subaru, de plus en plus paniqué.
Kurogane donna un coup de pied dans le mur, pour passer sa colère et poussa un cri de rage. Ils étaient coincés ici comme des crétins, sans moyen d'avancer, et pendant ce temps, Fei-wan avait tout loisir de se faire la malle ! Il fallait trouver une façon de progresser, coûte que coûte !
-Arrêtez ! Cessez le feu ! Ordonna Yuko. Ça ne sert à rien, on perd notre temps et nos balles !
-Attendez, j'ai une idée ! Je sais où est la lumière ! Déclara Subaru, comme frappé par une illumination. Attendez moi, je reviens !
Malgré le bruit des quelques coups de feu qui résonnaient encore, ils entendirent l'adolescent s'éloigner en courant vers les escaliers.
-Qu'est-ce qu'il fout, il est pas en train de se barrer quand même ?! S'offusqua Ryu-ô.
-Non, pas du tout ! Le coupa Fye.
Il venait de saisir, ce qu'avait compris le True Blood. Quand on y pensait son raisonnement était parfaitement logique pour un peu qu'on prenne la peine de réfléchir. Quand on entrait dans une pièce, est-ce qu'on attendait d'être arrivé au fond pour allumer la lumière ? Non, bien sûr que non ! Les interrupteurs se mettaient à côté de la porte. Et en l'occurrence, ici la porte se trouvait en haut des escaliers !
C'était plutôt malin de la part de leurs ennemis. Ils savaient que personne ne penserait à chercher un interrupteur en arrivant, se disant que de toute façon il y aurait forcément de la lumière en bas. Du coup, tout le monde se faisait avoir avant d'avoir eut le temps de comprendre.
-Je pense qu'il a vraiment trouvé l'interrupteur. Tenez vous prêt, ça devrait bientôt s'allumer.
Il n'eurent en effet pas besoin d'attendre plus de quelques secondes. Une ampoule nue qui pendait du plafond grésilla quelques secondes puis s' n'émettait qu'une faible lumière orange laissant penser qu'elle était en fin de vie, mais c'était largement suffisant pour qu'ils puissent distinguer leurs ennemis. La réciproque étant également vraie, ceux-ci leur tirèrent immédiatement dessus, les obligeants une nouvelle fois à se mettre à couvert.
-J'en ai compté cinq, les informa Kurogane. On est en supériorité numérique alors on devrait pouvoir s'en débrouiller maintenant qu'on a de la lumière !
-En effet, je doute qu'ils soient un réel problème maintenant qu'ils ne peuvent plus se cacher ! Confirma Seishiro en rechargeant son arme.
Le Black Brothers fit un signe discret à Kusanagi qui se plaça face à lui de l'autre côté de l'entrée du couloir. Le borgne fit un signe de tête et les deux hommes bondirent à découvert en canardant leurs ennemis. L'échange de tirs dura une trentaine de secondes avant qu'ils ne se remettent à l'abri.
-Plus que deux ! Souffla Seishiro.
Le ninja eut un grand sourire. Finalement sans leur petite combine ces types ne valaient pas grand chose.
-Kusanagi, ton visage ! S'exclama Shogo.
L'intéressé le regarda sans comprendre. Puis, fronçant les sourcils il porta lentement une main à sa tempe et la ramena couverte de sang. Le liquide avait coulé le long de sa joue et gouttait maintenant sur son torse. L'homme s'essuya sommairement avec sa manche et compressa la blessure pour stopper le sang.
-Ça va aller ? Voulu savoir Subaru qui avait fini par redescendre.
-Oui, c'est juste superficiel.
-Dans ce cas ne perdons pas plus de temps et débarrassons nous de ceux qui restent avant que d'autres n'arrivent ! Déclara Yuko en armant son pistolet.
-Avec grand plaisir ! S'exclama Seishiro.
La même technique ne pouvant marcher deux fois de suite, cette fois il passa son bras dans le couloir et tira à l'aveuglette pour s'assurer que les autres seraient obligés de se mettre à couvert. Tout en continuant à tirer il entra dans le corridor et avança tout en vidant son chargeur contre le mur en face. Arrivé au coin il se tourna brutalement et décocha une balle dans la tête à ses deux adversaires.
-La voie est libre ! Cria t-il à l'adresse de ses alliés.
S'accroupissant, il fit les poches des cadavres et récupéra les chargeurs de leurs armes pour compenser les balles qu'il venait de gaspiller.
-Écoutes Kamui, désolé...
-Faut que je reste là, je sais. C'est bon partez, je vais me débrouiller.
Subaru ouvrit la bouche pour protester mais son jumeau le prit de vitesse.
-On en a déjà parlé Subaru ! Ça va aller pour moi, je saigne presque plus.
-Oui mais...
-Hé vous faîtes quoi là bas ? Vous attendez que d'autres ennemis arrivent ? Les appela impatiemment le borgne resté au fond du couloir.
-Non, on cherche une solution pour Kamui ! Répondit Kusanagi.
Il y eut un moment de silence pendant lequel tout le monde chercha ce qu'ils pourraient faire pour que le blessé se retrouve en sécurité, mais rien ne leur vint à l'esprit. Ils étaient en territoire ennemi alors laisser seul quelqu'un qui ne pouvait même plus marcher c'était quasiment du suicide.
-Ici il y a une pièce vide ! Leur cria alors le Black Brothers. Si il se cache ici il devrait être en sécurité je pense.
Comme de toute façon personne n'avait rien de mieux à proposer, ils aidèrent tous l'adolescent à traverser le couloir jusqu'à la porte et l'y installèrent.
-Tu es sûr que... ? Demanda une dernière fois Subaru avant de fermer la porte.
-Certain frèro !
-A tout à l'heure.
Lentement et le plus silencieusement possible, le petit groupe repris sa marche.
XxX
Retenant à grand peine un couinement apeuré Sakura se jeta à plat ventre pour éviter les balles qui sifflaient autour d'elle. C'était elle qui avait fait le choix de venir jusqu'ici, mais maintenant qu'elle se retrouvait au milieu de la bataille elle n'était plus si certaine que son idée était bonne.
-Attention gamin, dégage de là ! Lui cria une voix non loin.
Afin de passer inaperçue, la jeune fille avait mis un grand sweat dont elle avait rabattu la capuche, de façon à passer pour un garçon. Obéissant à la voix elle se releva et se réfugia plus loin. Cela lui sauva probablement la vie car quelques secondes plus tard une dizaine de personnes en plein combat passèrent à l'endroit où elle se trouvait juste avant.
Se mêlant à la foule lors du discours de Yuko, la rousse avait pu apprendre leur plan. Elle savait donc que le groupe qu'elle avait besoin de rejoindre était celui de Yuko puisque c'était celui-là qui avait pour but de tuer Fei-wan. Cependant, malgré ses nombreux efforts, elle n'était pas parvenue à leur mettre la main dessus. Elle avait croisé plusieurs fois les unités de Sorata et de Fuma, mais jamais celle de Yuko. Cela lui avait permis de conclure qu'ils avaient donc sûrement quitté l'étage pour se lancer à la recherche de leur cible. Seulement tout les couloirs étaient les même et jusqu'à présent elle n'avait jamais réussi à atteindre les escaliers.
L'adolescente ne perdait pourtant pas espoir et continuait de sillonner l'endroit dans l'espoir de trouver un moyen de rejoindre les autres niveaux. C'est ainsi qu'elle se retrouva nez à nez avec un des sbires de Fei-wan. L'homme en la voyant dégaina son épée et se précipita vers elle. Paniquée, Sakura sortit son pistolet et le pointa vers l'ennemi. Ses mains tremblaient et elle n'arrivait pas à se convaincre de tirer. Il y avait une grande différence entre aller au stand de tir et abattre quelqu'un de sang froid. Fermant les yeux et se cramponnant de toute ses forces à l'arme, elle finit néanmoins par appuyer deux fois sur la détente.
À l'éclat de rire qui retentit, elle compris qu'elle avait raté sa cible. La rousse rouvrit précipitamment les yeux et recula d'un bond pour éviter l'attaque qu'elle savait imminente. Dans son empressement, elle s'emmêla les pieds et se sentit à sa grande horreur basculer en arrière. Elle s'écroula au sol avec un gémissement de douleur et sa tête heurta violemment le sol. Un voile lui tomba devant les yeux et sa vision se dédoubla. Complètement sonnée elle tenta à grand peine de s'asseoir mais son bras lâcha et elle retomba. Au même moment sa joue se mit à la brûler et il lui sembla entendre que sa capuche se déchirait. Elle comprit confusément qu'elle venait de justesse d'échapper à un coup d'épée et qu'un autre allait venir très bientôt, mais son corps refusait de lui répondre. Incapable de bouger et d'éviter quoi que ce soit elle était complètement à la merci de son ennemi.
Celui-ci leva son épée avec un grand sourire. Une seconde plus tard il se pliait en deux pour cracher du sang. Une main crispée sur la poitrine il se retourna juste à temps pour voir le visage de la personne qui venait de le transpercer. La lumière des ses yeux s'éteignit et il s'affaissa sur le carrelage.
Sakura qui commençait à reprendre ses esprit se releva sur les coudes. Levant les yeux elle fut très heureuse de voir que son sauveur n'était autre que Shogo. Ce dernier se pencha vers elle et demanda :
-Tout va bien petit ?
Son crâne lui faisait un mal de chien, elle ressentait une douleur cuisante dans tout le dos et sa joue blessée la lançait continuellement mais elle était toujours vivante et en un seul morceau alors elle hocha la tête. Il l'aida à se remettre debout et s'éloigna en lui conseillant de retrouver son unité au plus vite.
C'est alors que la jeune fille percuta. Shogo était sensé être dans le groupe de Yuko. S'il était là, alors les autres ne devaient pas être bien loin. Voilà qui était une bonne nouvelle !
-En fait, je les ai perdu ! Avoua t-elle en essayant de rendre sa voix plus grave. Je n'arrive pas à les retrouver, je ne peux pas plutôt venir avec vous ?
-Pas de problème, je me suis moi même greffé sur un groupe qui n'était pas le mien. Tu étais avec qui au départ ?
La rousse fit la grimace, Shogo n'était plus dans le groupe de Yuko. Sa bonne nouvelle ne l'était pas tant que ça au final. En plus maintenant il allait falloir qu'elle trouve un moyen de s'éclipser sans éveiller les soupçons.
-Hé, je te parle ! La rappela t-il à l'ordre.
-Pardon, vous disiez ?
-Je te demandais de qu'elle unité tu venais !
-Euh... de... celle de Fuma, répondit-elle au hasard.
-Désolé, j'les ai pas vu ! Mais si tu veux tu peux venir rejoindre Sorata avec moi.
Elle acquiesça sagement et continua de le suivre tout en cherchant comment s'échapper discrètement. Sakura réalisa soudain qu'elle ferait peut être mieux d'essayer de se renseigner discrètement pour voir si son interlocuteur savait où étaient Yuko et les autres.
-Alors vous aussi vous avez perdu votre groupe ? Demanda t-elle innocemment.
-Ouaip, on s'est retrouvé dans une mêlée et j'ai pas réussit à les suivre.
-Et vous n'avez pas essayé de les rejoindre ensuite ?
-Non, j'ai préférer protéger la porte du sous-sol pour leur laisser le temps de d'éloigner.
La rousse sourit de sa victoire. Elle savait enfin où son objectif se trouvait. Il lui fallait maintenant atteindre les sous-sols.
Alors qu'ils marchaient, ils distinguèrent bientôt de nombreux coups de feu de plus en plus proche. Shogo leva son arme et lui fit signe de faire de même. Il s'approchèrent discrètement et finirent pas arriver devant une grande porte à double battant. Les bruits de combat venaient clairement de juste derrière les panneaux de bois. Ils échangèrent un regard et l'homme lui fit signe qu'il allait ouvrir.
À peine le battant fut-il écarté qu'ils furent frappés de plein fouet par une cacophonie de cris, de coups de feu et de bruits de lames s'entrechoquant. Instinctivement, Sakura eut un léger mouvement de recul mais Shogo la poussant en avant d'une tape dans le dos.
-Bon au moins, on a bien retrouvé Sorata ! S'exclama t-il en désignant l'intéressé dans la foule.
La rousse allait répondre quelque chose mais elle fut interrompue par un maigrichon qui essayait de la poignarder. Laissant échapper un petit cri elle le repoussa violemment et tenta péniblement de lui échapper. Elle traversa la salle en courant, mais l'autre était tenace ne lâcha pas l'affaire. L'adolescente finit par se faire violence et se convainquit qu'au lieu de fuir, il fallait qu'elle riposte. Sans crier gare elle pila net et fit volte face en visant son ennemi avec son arme. L'homme s'arrêta à son tour et recula devant la menace du pistolet. Il hésita quelques instant, puis un sourire se dessina sur ses lèvres.
-En combat, si tu pointe quelqu'un avec ton arme tu ferais mieux de tirer ! Lui conseilla t-il.
-Et pourquoi ça ?
-Sinon, ton adversaire risque de faire ça, déclara t-il en sortant à son tour un flingue.
Sakura déglutit. Si elle n'appuyait pas sur la gâchette dans les cinq secondes, c'était elle qui allait y passer. Son cœur menaçant de sortir de sa poitrine elle pressa son index sur la détente. Du sang gicla à ses pieds et elle fut prise de nausée. Elle recula précipitamment et se retourna pour ne pas avoir à subir la vision du corps.
La jeune fille s'écarta prudemment de la mêlée et parvint à trouver un coin de la salle uniquement occupé par des alliés afin de reprendre son souffle. Elle était encore très perturbée par ce qui venait de se passer mais elle se força à garder la tête froide. En venant ici elle savait pertinemment qu'elle aurait à faire des choses désagréables de ce genre. Ce n'était pas le moment de flancher, elle avait un objectif à atteindre, et pour l'instant elle en était encore loin !
Se focaliser sur son but lui permit de retrouver ses esprits. Il fallait qu'elle sorte d'ici pour atteindre les sous-sols. La grande question étant de savoir où se trouvait l'entrée des dits sous-sols. Jetant un coup d'œil aux alentours elle chercha si il y avait une chance qu'un de ses alliés connaisse le plan du bâtiment. Malheureusement elle n'apercevait les visages que par bride et était incapable de reconnaître les trois quarts des gens.
Cependant elle remarqua un détail intéressant. La plupart des Papillons Pourpres étaient massés devant une des sorties de la pièce, comme s'ils voulaient empêcher leurs ennemis de passer par là. Sakura ne voyait qu'une seule explication à cette bizarrerie, c'était par là que le groupe de Yuko était parti et ils voulaient les empêcher de les suivre. Elle devait donc trouver un moyen de les convaincre de la laisser passer sans éveiller de soupçons.
Elle réfléchissait à une autre façon de faire que de foncer dans le tas quand son regard se posa sur une femme visiblement mal en point qu'on avait adossé au mur. Du sang avait coulé sur son visage à partir d'une plaie sur le haut du crâne et elle avait une grande coupure en travers de l'abdomen. Cela donna une idée à la jeune fille. Avec ce stratagème elle devrait parvenir à atteindre le couloir sans trop de problème.
Une fois que sa petite mise en scène fut prête elle se dirigea en titubant vers le groupe compact qui bloquait la sortie. Avec beaucoup de peine elle réussit à traverser une partie du groupe, non sans écoper au passage d'une ou deux belles coupures.
-Hé qu'est-ce que tu fais, c'est pas par là ! L'intercepta un des types qui se tenait juste devant la porte.
Pour toute réponse elle releva à demi la tête et poussa un long gémissement de douleur en se cramponnant à son ventre. Elle vacilla quelques instant sur ses jambes et tomba à moitié sur son vis à vis. Pris par surprise il la retint avec difficulté et cria à celui à côté de lui :
-Ouvre la porte je vais le poser de l'autre côté avant qu'il se fasse descendre.
L'autre obéit en marmonnant qu'à son avis de toute façon il était déjà à moitié crevé. Les yeux fermés, la rousse sentit qu'on la traînait sur quelques mètres avant de l'allonger par terre. Elle attendit que la porte se referme pour rouvrir les yeux.
Son plan avait marché comme elle l'avait prévu et maintenant elle se retrouvait de l'autre côté. Il lui avait suffit de se faire deux petites coupures dans les mains et de se barbouiller de sang pour faire semblant d'être blessée et les convaincre de la laisser se mettre à l'abri.
Il ne lui restait plus qu'à chercher les fameux escaliers. La jeune fille commença à avancer dans le couloir en ouvrant prudemment les portes devant lesquelles elle passait. Au bout de quelques mètres, le couloir se séparait en deux branches. L'une d'elle se poursuivait sur trois mètres avant de tourner à nouveau et l'autre était un cul de sac dont toutes les fenêtres étaient barricadées et qui se terminait par une vieille porte en fer. Elle décida d'aller voir ce qu'il y avait derrière la porte en premier. Elle pourrait toujours revenir sur ses pas après.
À peine avait elle fait deux pas qu'elle entendit des rires. Terrifiée elle s'immobilisa et tendit l'oreille pour voir si les voix se rapprochaient d'elle. Il s'avéra rapidement que c'était le cas.
Sakura hésita quelques secondes et fit demi-tour pour aller se réfugier dans une des pièces vide qu'elle venait de dépasser. Elle referma la porte sans faire de bruit et se colla au battant pour écouter. Les arrivants s'arrêtèrent un petit moment à l'intersection puis partirent dans la direction opposée à celle où elle se trouvait.
Soulagée, la rousse poussa un soupir de soulagement et s'écarta de la porte. Son pied heurta violemment un meuble qui se trouvait juste à côté. Elle poussa un juron à mi-voix et agita le pied pour faire passer la douleur. Soudain, à sa grande horreur, elle entendit un objet en verre se briser juste à côté d'elle. Il était probablement en équilibre sur le meuble qu'elle venait de heurter.
Retenant son souffle elle pria de toute ses forces pour que le bruit soit passé inaperçu dans le couloir. Dieu fit la sourde oreille.
-Vous avez entendu ça ? Demanda quelqu'un d'une voix nasillarde.
-Non.
-De quoi ?
-Mais si ! Il y a eu un bruit de verre !
-Et... ?
-Attendez deux secondes, je vais juste vérifier.
Des pas vinrent dans la direction de Sakura. Elle recula prudemment contre le mur et dégaina son arme en tremblant. Ici elle était prise au piège. Même si elle tirait sur le type qui allait entrer, ses amis allaient venir et elle ne serait jamais de taille à tous les combattre.
-Pff, t'es parano mon pauvre ! Soupira un autre.
-Non, prudent c'est tout.
La poignée s'abaissa et la porte commença à s'ouvrir. L'adolescente leva les bras et visa la porte. Avec de la chance elle aurait le temps de s'enfuir avant que les autres n'arrivent. Avec beaucoup, beaucoup de chance...
-Tu nous fais surtout perdre du temps oui !
Le panneau de bois cessa sa progression.
-C'est quoi ton problème au juste mec ?! S'énerva voix nasillarde.
-Oh, mais j'ai aucun problème moi ! Tu nous empêche d'avancer parce que tu as entendu un bruit imaginaire, mais à part ça j'ai pas de problème !
La pression sur la poignée se relâcha.
-En fait tu me cherche, c'est ça ?
-Non, je dis juste ce que tout le monde pense, c'est tout !
-Toi j'te jure que...
-Stop ! Intervint fermement une troisième personne. Notre QG est en pleine attaque, le boss est peut être en danger, mais vous vous ne trouvez rien de mieux à faire que vous prendre le bec pour des broutilles ?!
Il y eut un long silence gêné au terme duquel celui à la voix nasillarde marmonna :
-Bon j'ai compris, je laisse tomber...
-C'est pas trop tôt !
La porte se referma en claquant et il s'éloignèrent une bonne fois pour toute.
Encore paralysée de peur, il fallut cinq bonnes minutes à la jeune fille pour retrouver l'usage de ses membres. Elle venait d'avoir la peur de sa vie. Ses jambes tremblaient tellement qu'il fallut qu'elle se laisse tomber par terre. En s'asseyant elle ressentit une douleur étrange dans la jambe et la main gauche. Comme elle ne comprenait pas d'où venait cette soudaine douleur elle toucha sa paume. Sous ses doigts elle sentit une dizaine de petits bouts de verres enfoncés dans sa peau. Avec une grimace elle s'employa à les retirer délicatement.
Elle avait été si effrayée qu'elle en avait oublié l'objet en verre qui s'était éclaté sur le sol à côté d'elle. Cependant ce n'était pas les petites égratignures à sa main qui l'inquiétaient le plus. La douleur lancinante dans sa cuisse lui paraissait par contre de mauvais augure.
Elle effleura avec appréhension l'endroit qui lui faisait mal et sentit deux gros morceaux plantés dans sa jambes. Les petits avaient sûrement du être arrêtés par son pantalon. Vu comme elle avait mal, elle ne serait pas en état de marcher tant que les éclats seraient en place, mais elle craignait que les retirer ne provoque une hémorragie.
Sakura secoua la tête, elle n'avait pas le droit d'abandonner. Avant de venir elle s'était fait la promesse que quoi qu'il arrive elle parviendrait à son objectif. Elle allait retirer ses morceaux de verres et continuer à avancer.
La rousse se mordit la main pour ne pas crier et arracha les éclats d'un coup sec. Portant sa main aux blessures elle sentit que pas mal de sang coulait. Si elle ne voulait pas tomber dans les pommes il allait lui falloir un bandage, et pour le faire elle avait besoin de lumière. Elle se traîna en boitant jusqu'à la porte et l'ouvrit. La pièce fut éclairée d'une faible clarté suffisante pour qu'elle voit où le sang coulait.
Soulevant son pull elle arracha une large bande de son tee-shirt et fit deux tours avec par dessus sa jambe. Le bandage de fortune se colora immédiatement de rouge mais elle n'avait rien de mieux pour l'instant alors il allait falloir que ça suffise.
Puis, grimaça à chaque pas, elle parvint à sortir et atteindre la porte métallique. Celle-ci s'ouvrit en chuintant et elle put voir un escalier qui descendait. Tout en bas on apercevait un peu de lumière signe que des gens étaient passés par là récemment. Trouvant que c'était bon signe elle s'engagea dans les marches. Chaque mouvement de sa jambe la faisait gémir de douleur mais elle continua cependant d'avancer.
Elle espérait seulement que Yuko et les autres n'avaient pas décidé de courir parce que sinon elle ne les rattraperai jamais.
XxX
-Y a une grosse porte droit devant ! Annonça Ryu-ô, parti devant comme éclaireur. Elle est fermée !
-Oh mon dieu, une porte fermée ! Mais qu'allons nous faire ?! S'exclama Kurogane en prenant un faux air horrifié.
-Aha, très drôle ! Grinça l'adolescent.
Le reste du groupe arriva en effet devant une vieille porte en bois visiblement plutôt épaisse. Il s'avéra également au bout de quelques minutes qu'elle était bel et bien fermée à clé.
-C'est bon signe en fait que ce soit verrouillé ! S'ils essayent de nous ralentir ça doit vouloir dire qu'on est sur la bonne voie, fit remarquer Seishiro.
-C'est vrai, acquiesça Amaterasu. Mais en attendant ça ne nous dit pas comment on va l'ouvrir.
-Je crois que je peux le faire ! Intervint Fye.
-Ah oui ? Vraiment ? S'étonna la sous-dirigeante.
-Puisque je vous le dis ! Je ne vois pas ce que ça a de si surprenant !
Il y eut quelques échanges de regards gênés entre les membres du groupe. Le ninja finit par expliquer :
-C'est juste qu'on a un peu de mal à t'imaginer en train d'enfoncer une porte...
Le Magicien lui jeta un regard interloqué avant d'éclater de rire.
-Qu'est-ce que tu racontes ? Je n'ai aucune intention d'enfoncer la porte, je vais la crocheter !
Cette fois ce fut au tour du brun d'être surpris. Depuis quand son petit-ami s'était il reconvertit dans le cambriolage ? Et pourquoi n'était il pas au courant qu'il savait faire ça ?
-Ben quoi ? Demanda Fye devant les airs choqués de ses compagnons. Ça peut toujours servir !
Sans attendre qu'ils se remettent de leur étonnement, il s'approcha de la porte et s'accroupit devant la serrure pour la regarder de plus prêt. Il plongea la main dans sa poche et en ressortit deux fines tiges métalliques. Le jeune homme s'apprêtait à les insérer dans la serrure mais il fut interrompu par un raclement de gorge.
-Excuse moi, commença Kusanagi, mais sans vouloir te vexer, je pense sincèrement qu'il y a moyen d'aller plus vite !
-Comme tu voudras, moi je disais ça pour aider ! S'exclama t-il en haussant les épaules.
-Boss, Kurogane, vous m'aidez ? Appela le Black Brothers.
Les interpellé le rejoignirent tandis que le Magicien s'écartait de la porte. Voyant que son amant le fixait, il lui fit un grand sourire pour lui signifier qu'il n'était pas le moins du monde vexé. Et pour cause ! Vu l'épaisseur de la porte, il allait falloir un miracle pour qu'ils parviennent à l'enfoncer. Mais ça il comptait bien se garder de le dire car ça promettait d'être drôle. En plus avec un peu de chance ça leur ferait comprendre à tout les trois que parfois il vaut mieux être délicat plutôt que gros bourrin !
Après un compte à rebours les hommes donnèrent simultanément un grand coup d'épaule dans la porte. Ils s'écrasèrent violemment contre le battant de bois qui resta impassible. Ils retombèrent assit par terre avec un grondement de douleur et en se tenant leur épaule endolorie.
-Bon, si vous avez fini de faire les marioles, je peux m'y mettre maintenant ? Demanda Fye avec un sourire satisfait.
-C'est décidé, à partir d'aujourd'hui je te fais confiance à cent pour cent ! Gémit Kurogane en se relevant avec une grimace.
-J'espère bien ! Lança son petit-ami avec un clin d'œil.
Se ré-agenouillant devant la porte, il commença à se mettre au travail.
Pendant ce temps Seishiro, Kusanagi et le ninja tentèrent péniblement de reconstituer ce qui restait de leur ego. Avec beaucoup de peine, vu que leur prestation avait provoqué l'hilarité générale.
-C'est une chance pour vous que le ridicule ne tue pas ! Railla Yuko en pouffant de rire. Par contre pour le numéro des mecs virils, faudra repasser !
-Si on sort d'ici, je pars vivre en ermite. Loin. Très loin, marmonna Kusanagi.
-Moi aussi, soupira le borgne avec un regard dépité sur Subaru qui avait du mal à arrêter de rire.
Kurogane quant à lui hésitait entre disparaître sous terre ou tuer tout les témoins de son humiliation. Comme ni l'un ni l'autre n'étaient possible pour le moment, il se résigna à mourir de honte. Devant les gars de son unité, il aurait sûrement réussit à passer au dessus, mais là il y avait quand même la chef de son clan et son amant. Il allait probablement en entendre parler pendant des années. Si bien sûr ils survivaient...
-C'est ouvert ! Annonça fièrement le blond en se remettant debout.
-Parfait. Que tout le monde se mette en position de combat ! Ordonna Amaterasu. Même s'ils ont pris la précaution de fermer à clé, il est fort probable qu'on ait un comité d'accueil juste derrière. Vu tout le boucan qu'on a fait, ils doivent nous attendre de pied ferme, alors soyez prudents.
Tous s'exécutèrent et se mirent à couvert autour de la porte. Après avoir compté jusqu'à trois sur ses doigts, la sous-chef ouvrit en grand la porte. Ils attendirent quelques secondes voir si on leur tirait dessus, mais comme rien ne venait, Ryu-ô passa prudemment la tête à l'intérieur.
-C'est vide, y a personne, annonça t-il.
Peu à peu les autres regardèrent à leur tour et purent voir qu'en effet la pièce était vide. Il n'y avait pas de fenêtre puisqu'on était au sous-sol mais la salle était éclairée par une vieille lampe posée dans un coin de la pièce.
-C'est bizarre que la lumière soit allumée ! Fit remarquer Fye.
-Ils ont probablement oublié de l'éteindre en sortant...
-Mouai.
-Bon dépêchons nous de traverser tant qu'il n'y a personne ! Les pressa Seishiro en se dirigeant vers la porte au fond de la pièce.
Le reste du groupe le suivit. Soudain, alors qu'ils se trouvaient entre les deux entrées la porte devant eux s'ouvrit à la volée. Une vingtaines de types entrèrent et les braquèrent de leurs armes. Il y eu également du bruit dans leur dos et, se retournant, ils virent qu'un second groupe était arrivé par l'autre côté.
-Ils étaient probablement caché dans une des pièce qu'on a dépassé dans le couloir ! Siffla le chef des Black Brothers, visiblement énervé de ne pas avoir pensé à toutes les vérifier.
-Je ne suis pas sûre que ce soit le plus important pour le moment ! Rétorqua Yuko, plus concentrée à chercher comment ils allaient bien pouvoir se tirer de ce mauvais pas.
Les deux camps s'observèrent en chien de faïence pendant une longue minute sans que personne ne fasse le moindre geste. La tension était si palpable qu'ils avaient l'impression que bouger risquait de provoquer un bain de sang. Instinctivement le groupe de Papillons Pourpres s'était placé en cercle étant donné qu'il y avait des ennemis un peu partout.
Fye sentait ses mains trembler incontrôlablement sous le coup de l'adrénaline qui l'avait envahi. Ils étaient dix contre une trentaine d'ennemis, c'était quasiment du suicide. Pour ne rien arranger, il avait une boule dans la gorge à l'idée qu'il allait sûrement devoir tuer certains de ces gens. Depuis qu'ils étaient arrivé il était parvenu à se battre car il avait réussit à refouler ce genre de pensées au fond de son esprit mais elles avaient soudain décidé de revenir.
« Ok, déjà tu commences par te calmer et par respirer un bon coup ! » S'ordonna t-il.
Après tout, il y avait peut être moyen d'éviter la bataille. Si leurs adversaires avaient voulu les tuer, ils les auraient directement descendu en arrivant. S'ils ne l'avaient pas fait, il devait bien y avoir une raison ! La question c'était : laquelle ?
Comme il n'en avait aucune idée, il se reconcentra sur les sbires de Fei-wan en face de lui. Il croisa par hasard le regard de l'un d'entre eux et les deux hommes se toisèrent. Aucun d'entre eux ne voulait être celui qui baisserait les yeux le premier alors la confrontation dura un petit moment avant que le blond décide de laisser tomber.
Au même moment, Yuko prit l'initiative d'engager la conversation avec l'ennemi.
-On peut rester comme ça toute la journée, mais j'ai bien peur que ça ne soit pas très productif ni pour nous, ni pour vous ! Déclara t-elle à l'intention de celui qui paraissait être le chef du groupe.
-C'est vrai, reconnu t-il. On peut continuer à rester comme ça, ou alors vous pourriez décider spontanément de vous rendre !
-Ou de vous casser la gueule ! Ne put s'empêcher de rajouter Seishiro.
Sa remarque fit sourire son interlocuteur qui secoua la tête avec amusement.
-Sauf que si vous vous sentiez capable d'un tel exploit vous auriez déjà attaqué, non ? Fit-il remarquer avec jubilation.
Le borgne grimaça. Il avait touché dans le mille. Si eux non plus n'avaient pas bougé, c'est parce qu'ils savaient qu'engager le combat équivalait à signer leur arrêt de mort.
-Alors ? Insista l'homme.
Les membres du groupe se concertèrent du regard. Ils savaient qu'ils n'étaient pas de taille. Seulement ils savaient aussi que s'ils se rendaient, il y avait quatre-vingt-dix pour cent de chances qu'ils se fassent tuer juste après. Dans tout les cas ils étaient les grands perdants.
XxX
Fuma fit silencieusement signe à ses hommes de le suivre. Ils risquaient de tomber sur un groupe d'ennemis à chaque tournant, alors ils préféraient que ces derniers ne soient pas prévenu à l'avance de leur arrivée. Par chance, ils débouchèrent sur un nouveau couloir vide.
-Dites, vous trouvez pas ça louche vous ? Demanda une des femmes du groupe. Ça commence à faire vraiment longtemps qu'on est pas tombé sur quelqu'un. Je trouve pas ça normal !
-C'est vrai que c'est un peu louche, reconnu le châtain. Seulement, je n'arrive pas à comprendre quel intérêt ils pourraient bien avoir à nous laisser avancer dans le QG !
-On devrait peut être faire demi-tour ? Proposa quelqu'un. Ici on ne sert à rien alors que le groupe de Sorata a peut être besoin d'aide !
-Oui, rebroussons chemin ! Renchérit une autre voix.
Le chef d'unité observa le couloir devant lui en soupirant. Le corridor ressemblait à tout ceux qu'ils avaient traversé avant. Sombre, les fenêtres condamnées et parfaitement vide. Les autres avaient raison, tout ça ne les menait à rien du tout !
-D'accord, capitula t-il. On va jusqu'au bout de celui-là pour jeter un coup d'œil, et s'il n'y à rien, on revient sur nos pas !
-Ça marche ! Acquiesça la grande majorité du groupe.
Ils reprirent leur progression et, quelque mètres avant l'intersection, Fuma s'arrêta soudain. En s'approchant, il avait cru voir quelque chose briller en l'air. Plissant les yeux pour mieux voir, il fit un pas de plus en scrutant le vide devant lui. C'est alors qu'il aperçu le fil. Un long fil transparent qui traversait le couloir de part en part. Vu les circonstances, la présence de ce fil ne pouvait signifier qu'une chose : un piège.
Malheureusement, tout à son observation, le jeune homme n'avait pas remarqué que le reste du groupe avait continué sa progression. Avec horreur il vit distinctement le fil commencer à se tendre lorsque celui en tête arriva à son niveau.
-STOP ! N'avancez plus ! Arrêtez vous ! Hurla Fuma, pris de panique.
Ses efforts furent vint car la seconde suivante le fil était rompu. Il ouvrit la bouche pour leur crier de reculer et de se mettre à l'abri, mais sa voix fut couvert par l'explosion.
Des charges placées dans le sol et les murs au niveau de l'intersection se déclenchèrent. Une pluie de débris et de gravats s'abattit et le châtain fut projeté par le souffle de l'explosion. Sa tête heurta le sol avec force et tout l'air de ses poumons fut expulsé par la violence du choc. Sonné il resta une demi-minutes allongé par terre sans pouvoir bouger. Puis, retrouvant l'usage de son corps, il eut la présence d'esprit d'essayer de s'éloigner pour éviter d'être enseveli sous les morceaux de plafond qui continuaient à se décrocher.
C'est alors que la seconde bombe s'activa. Cette fois elle était placée à l'intérieur même du couloir à moins de trois mètres de Fuma. Ce dernier fut à nouveau plaqué au sol par l'explosion. Des éclats de bois giclèrent un peu partout et il sentit plusieurs lui écorcher le visage et le torse. La fumée et la poussière emplirent ses poumons, le faisant tousser. Désorienté et étourdi, il voulu ramper le plus loin possible, mais s'aperçut tout d'un coup que sa jambe gauche était coincée. Il eut beau tirer de toute ses forces, il lui fut impossible de la dégager. Il continuait néanmoins à s'acharner lorsqu'une grosse pierre s'écrasa sur son crâne. Tout devint noir et il tomba comme une masse.
Fuma n'avait aucune idée de combien de temps il resta inconscient mais lorsqu'il se réveilla il découvrit avec terreur qu'il était sourd. La seule chose qu'il entendait encore était un sifflement lancinant qui lui transperçait le crâne. Sa cage thoracique était écrasée et il avait du mal à respirer. Quand il eut enfin la force d'ouvrir les yeux, il vit qu'il était bloqué sous les décombres. C'était de là d'où venait le poids qu'il sentait sur son torse.
Il tenta de bouger mais la douleur l'immobilisa tout net. Il lui fallu donc rester allongé là et regarder la lumière qu'il apercevait au dessus de lui. Fermant les yeux, il passa en revue les membres de son corps pour savoir où il était blessé. Ses jambes étaient nickels mais il n'arrivait plus à sentir sa main gauche. Puisqu'à part ça, il n'était pas réellement écrasé, il en conclut que par chance, les roches étaient plus tombée autour de lui que sur lui.
Cela ne l'avançait pas à grand chose de savoir ça, mais il était tout de même content de savoir qu'il avait des chances de s'en sortir. Enfin, si quelqu'un venait le chercher jusque là...
Il resta encore de longues minutes sans bouger quand il sentit un changement. Le sifflement de ses oreilles s'était atténué. Après un moment de concentration intense, il parvint même à distinguer le bruit de sa respiration. Fou de joie de savoir que sa surdité n'était pas définitive, il ferma les yeux et essaya de capter d'autres sons. Petit à petit, l'ouïe commença à lui revenir. Ce qu'il entendit en premier ce fut les gémissements de douleur et les râles d'agonie qui résonnaient autour de lui.
Ses hommes étaient en train de mourir eux aussi. Et c'était de sa faute. S'il n'avait pas voulu aller jusqu'au bout du couloir, ils seraient tous encore en vie. Il les avait condamné à mort !
Tout d'un coup, il distingua un bruit d'un autre genre. Sourd et régulier. Il devina qu'il s'agissait de pas. Un groupe de plusieurs personnes approchait d'eux. Il eut quelques instant le fol espoir qu'il s'agisse d'alliés attirés par le bruit de l'explosion, mais comprit rapidement qu'ils étaient plus probablement les auteurs du piège. Sa pensée fut rapidement confirmée par le coup de feu qui résonna au dessus de sa tête. D'autres suivirent et peu à peu les cris de douleur se turent.
-Vos gueules putain ! Vous pouvez pas crever en silence ?! Hurla une voix, excédée.
Ces types étaient venu terminer le travail, achever ceux qui avaient survécu. Il aurait voulu se lever et tous les tuer un par un, mais il en était incapable. Fou de rage il dut supporter en silence le son de ses ennemis tuant ses hommes un par un.
-Bon, j'crois que celui était le dernier !
-Nan attends, y a un là dessous !
-T'as vu le tas de pierres qu'il s'est mangé sur la gueule ? Il est déjà mort depuis longtemps.
-Ouai, t'as pas tord ! Aller tirons nous de là maintenant que le ménage est fait !
Des semelles crissèrent à quelques centimètres de la tête du châtain, et les hommes repartirent. Fuma sentit des larmes se mettre à couler sur son visage, se mêlant au sang coagulé qui s'y trouvait déjà. Il était tout seul. Tout le monde était mort. Il n'aurait jamais pensé que ça se finirait comme ça. Il allait mourir coincé sous ce tas de pierre, sans que personne ne sache qu'il était là. La seule chose qu'il espérait encore c'était que son échec ne fasse pas échouer l'opération.
Il ferma les yeux et décida d'attendre. D'attendre qu'il n'ait plus la force de respirer. Plongé dans le noir avec pour seule compagnie le bruit de sa respiration il était en train de se laisser mourir.
C'est alors que le miracle se produisit. Des pierres se mirent à bouger à quelques mètres de lui. Une ou deux roulèrent au sol, puis tout un tas dégringolèrent avec fracas. Il y eut un grognement de douleur, et un bruit de pas.
-Quelqu'un ici est vivant ? Demanda une voix.
Deux ou trois vagues gémissements lui répondirent.
Une vague de soulagement traversa Fuma. Tout espoir n'était pas encore perdu. Il y en avait d'autres qui avaient échappé à la mort comme lui.
Il commença à y avoir de l'agitation autour de lui et il comprit confusément que plusieurs personnes se relevaient. D'après les nombreux râles de douleur qu'ils poussaient, tous étaient blessés, mais au moins ils étaient en vie.
-Regardez, c'est pas une jambe de Fuma ça ?! S'exclama quelqu'un.
-Si, t'as raison !
-Vous croyez qu'il est en vie ? Chef, vous m'entendez ?! Chef ?!
Les pierres au dessus de sa tête commencèrent à s'écarter. Le trou était de plus en plus grand et il put finalement distinguer un visage penché au dessus de lui.
-Il cligne des yeux ! Il n'est pas mort !
-Vite sortons-le de là !
Petit à petit, le poids sur son torse s'allégea tandis que ses hommes dégageaient les gravats. Moins de dix minutes plus tard, ils le tiraient hors des décombres.
Sa vision était de plus en plus floue, mais Fuma distingua deux ou trois personnes en cercle autour de lui.
-Oh merde, il est dans un sale état ! Remarqua l'un d'entre eux.
-La ferme crétin, il nous entend peut être !
-Ça m'étonnerait vu tout le sang qui a coulé de ses oreilles...
-Mais vas-tu te taire oui ?! Chef vous m'entendez ? Répondez, vous comprenez ce que je dis ?!
Le châtain aurait voulu répondre, mais il avait oublié comment on faisait pour parler. Malgré ses efforts il ne parvint pas à produire le moindre son.
-Ok, alors si vous m'entendez, clignez des yeux deux fois.
Fuma s'exécuta tant bien que mal.
-Dieu merci ! Soupira l'un des types avec soulagement.
Le jeune homme aurait voulu répondre quelque chose mais le brouillard devant ses yeux était de plus en plus épais. Il n'arrivait plus à rester conscient. La douleur irradiait par tout les pores de sa peau et il ne parvenait plus à penser à autre chose. Lentement il sombra dans un monde noir et silencieux, alors que les silhouettes devant lui s'agitaient en l'appelant.
XxX
-Maîtres, une partie des Papillons Pourpres est parvenu jusqu'aux sous-sols, mais nous les avons arrêtés. Vous êtes parfaitement en sécurité ici ! Personne ne peut vous atteindre.
-Parfait. Cette fois Yuko, tu vas peut être finir par comprendre à quel point je suis invincible ! S'exclama l'homme dans un grand éclat de rire.
L'autre se dépêcha de se retirer, laissant son chef rire comme un dément.
Fei-wan était définitivement terrifiant
Oui, je sais ce que vous vous dites ! Elle met deux mois à nous poster la suite, et elle nous laisse en plan comme ça au beau milieu de l'action ?! Quel foutage de gueule !
Je suis on ne peut plus d'accord avec vous, mais depuis le temps vous devriez être habitués à mes fins de chapitres merdique pas vrai ?
M'enfin, si vous tenez quand même à me passer un savon (ou pas hein !) vous pouvez toujours laisser une review ! ;)
