...Hello ! C'est moi. Comme vous pouvez le constater, je n'étais ni morte ni disparue. "Dans ce cas t'as foutu quoi pendant cinq mois ?" allez vous me demander. Et bien, j'ai fait connaissance avec le charmant examen du Baccalauréat, et ce dernier m'a accaparé pas mal de temps je dois dire ! Il n'empêche que je suis sincèrement désolée de vous avoir fait un truc pareil, surtout vu la fin du chapitre précédent. Pardon, pardon, pardon !

Bon, pour ceux qui auront le courage de reprendre après ce "petit" arrêt, sachez que ce chapitre est encore une fois basé sur l'action. De plus le dénouement n'a jamais été aussi proche, alors bonne lecture ! ;)

Réponse aux reviews :

En premier lieu, merci beaucoup à tout ceux qui prennent la peine de commenter chaque chapitre. C'est très gentil de votre part, surtout vu ce que je vous fait subir ! (Mais rassurez vous, vous n'en avez plus pour longtemps à me supporter, c'est l'avant dernier chapitre.)

Yukihana17 : C'est pas drôle si le méchant ne fait pas peur ! Pour la porte, je me suis bien amusée à écrire ce passage ! Quant à Sakura... elle n'est pas au bout de ses peines ! Sinon j'espère qu'en effet tu pourras profiter de ce chapitre, bien qu'il arrive avec beaucoooooup de retard !

3j4 : Merci à toi c'est gentil !

Satana : En effet, ça faisait un bail ! J'espère que tu trouvera le temps de passer sur ce chapitre aussi, parce que depuis le temps que tu fais les efforts de me suivre, ça serait bête que tu loupe la fin ! ^_^ Sinon :
-C'est bien fait pour eux en même temps ! Je trouvais que ces derniers chapitres faisaient la part belle aux brutes et autres machos alors j'ai voulu équilibrer un peu ! xD Quant à Seishiro, tu as raison, il a eut de la chance que Kamui ne voit pas ça !
-Pour Fuma, je ne peux rien te dire ! (Je ne vais quand même pas te spoiler la fin ! ;)
-Incitative peut être, mais ça marcherai surement mieux si je postais plus vite...

Encore un grand merci à vous !


Kamui grimaça et se contorsionna pour rendre sa position plus confortable. Le moins qu'on puisse dire c'est que le mur dans son dos était loin d'être confortable et qu'il commençait à trouver le temps long. Les bruits de combats à l'étage supérieur lui parvenaient de façon étouffée mais ce n'était pas suffisant pour le tenir au courant de l'avancement du combat. Il lui sembla entendre une explosion au loin et pria pour qu'elle n'ait pas atteint ses amis.

Il regrettait de ne pas pouvoir être avec son frère car de là où il était la seule chose qu'il pouvait faire était de prier pour qu'il ne lui arrive rien. Si seulement il ne s'était pas pris cette balle ! Maintenant il était inutile et vulnérable.

Il soupira et laissa sa tête aller en arrière contre le mur. La perte de sang liée à sa blessure avait fait diminuer ses forces. Il était fatigué, il voulait dormir. Ses yeux se fermèrent lentement et ses pensées devinrent confuses.

« Tu es en danger ! »

Il fut tiré violemment de sa léthargie par cette pensée. Une menace s'approchait. Il se remit droit brusquement, tout ses sens aux aguets. Il faisait pleinement confiance à son instinct, alors s'il se sentait en danger, c'est qu'il devait probablement l'être. Il ne lui fallut que quelques secondes supplémentaires pour entendre les bruits de pas. Ceux-là ne venaient pas de l'étage supérieur, mais du couloir devant lui.

Jurant entre ses dents, l'adolescent se maudit d'avoir laissé ses amis le placer pile en face de la porte. Tout à leur précipitation, personne n'avait eu la présence d'esprit de se dire qu'il ferait une cible parfaite pour quiconque ouvrirait la porte. Gémissant de douleur il parvint tant bien que mal à ramper jusqu'au mur opposé. Placé à côté de la porte, il était plus ou moins caché et aurait le temps de faire feu en cas de besoin.

Le cœur battant la chamade, il écouta les pas se rapprocher inexorablement. Plus ils étaient proches, plus il avait la sensation que quelque chose clochait. Le bruit n'était pas régulier, comme si la personne boitait. Peut être qu'il s'agissait d'un blessé venu chercher refuge loin de la bataille.

Enfin, l'inconnu arriva à hauteur de la porte et Kamui retint sa respiration. L'autre ne ralentit même pas et poursuivi son chemin. Le True Blood soupira de soulagement et laissa retomber son arme. Il fit cependant bien attention à ne plus s'endormir.

XxX

-Bon on ne va pas y passer la journée ! S'impatienta le chef du groupe. Rendez-vous, ou mourrez, le choix est simple, non ?

Les Papillons Pourpres se tournèrent vers leur chef et l'interrogèrent du regard. Yuko ne savait plus quoi faire. Dans un cas comme dans l'autre, tout le monde risquait de mourir. Néanmoins il y avait peut être une option qui permettrait à plus de monde de survivre. C'est celle là qu'il fallait qu'elle choisisse, sauf qu'elle n'avait pas la moindre idée de laquelle il s'agissait.

-Vous ne voulez pas vous décider ? Je vais vous aider, déclara le type. Je compte jusqu'à 10 et si vous n'avez pas fait de choix, je tue quelqu'un.

Avec un sourire narquois, il leva son arme et la pointa sur la tête de Fye. Immédiatement Kurogane tira son sabre et fit un pas en avant. Seishiro lui attrapa le bras.

-Lâche moi ! Je vais l'buter ! Gronda t-il en se dégageant.

Aussitôt, les hommes de Fei-wan dégainèrent leurs armes et avancèrent à leur tour. La tension monta d'un cran.

-Ben vas y mon grand, qu'est-ce que t'attends ? Le provoqua le chef. Tue moi !

Les poings du ninja se contractèrent.

-Non, tu te dégonfles ? Tu es sûr ?

Tous le fusillaient du regard mais personne ne bougea. S'ils attaquaient les premiers, ils avaient toutes les chances d'être descendu dans la seconde.

-Je commence à compter alors ! 1... 2... 3... 4...

A nouveau, ils se tournèrent vers Yuko, mais cette fois il y avait un certain empressement dans leur regard. Il n'y avait plus de temps à perdre en tergiversation, il fallait faire un choix, maintenant.

-5...

La dirigeante secoua la tête. Il fallait qu'elle réfléchisse, qu'elle calcule leurs chances de survies selon sa réponse.

-6...

Si ils attaquaient par surprise, ils parviendrait probablement à tuer trois ou quatre personnes. Seulement, il n'y avait nulle part pour se mettre à couvert et leurs ennemis les encerclaient. Chances de survie : quasi nulles.

-7...

D'un autre côté, s'ils se rendaient, ils devraient poser leurs armes, et alors, leurs adversaires auraient tout le loisir de les exécuter un par un. Ou bien, ils en garderaient certains en vie histoire de leur soutirer des informations.

-8...

Ou peut être qu'ils voulaient les tuer devant leurs alliés pour leur faire comprendre qu'ils avaient perdu.

-9...

-Yuko ! S'écria Kurogane en la secouant. Il faut lui répondre !

Valait-il mieux qu'ils meurent en se défendant, ou qu'ils soient torturés puis abattu ? La réponse s'imposait d'elle même.

-Et 10. Tant pis, blondinet va mourir !

Le ninja tira Fye en arrière et se plaça devant lui sans lui laisser le temps de protester. L'homme haussa les épaules, il se fichait pas mal de qui il tuait.

-Stop ! S'exclama Yuko en avançant. On a fait un choix.

-C'est pas trop tôt !

-Nous allons nous...

La dirigeante fut coupée en pleine phrase par une violente explosion à l'étage du supérieur. La salle entière trembla et bon nombre de gens manquèrent de perdre l'équilibre.

-Qu'est-ce que c'était ? Demanda Ryu-ô.

-C'est rien, un crétin de vos ami a du déclencher le piège de l'éta...

La seconde explosion, juste au dessus d'eux fit s'écrouler un morceau du plafond. La panique commença à s'emparer des gens et beaucoup commencèrent à hurler et à courir.

« AAArgh c'est quoi ça ?! -Le... le plafond nous tombe dessus ! -On était sous les pièges ! Pourquoi on était sous les pièges ? Il ne devait pas y avoir de pièges là ! -J'y vois plus rien ! -Courez ! Courez, vite ! »

Manifestement les sbires de Fei-wan ne s'attendaient pas plus qu'eux à cette explosion. Le groupe de Yuko en profita pour tenter maladroitement de se rassembler dans un coin de la pièce.

Soudain, sans raison apparente, quelqu'un fit feu. Trois coups de feu retentirent et firent taire la cacophonie. Et puis, quelqu'un tira, suivie par ses voisins, et finalement par une grande partie des personnes présente. Après une minutes plusieurs cris s'élevèrent, demandant d'arrêter, et les coups de feu cessèrent aussi brutalement qu'ils avaient commencés.

-Bande de débiles, qu'est-ce que vous foutez ? Vous essayez de vous entre-tuer, c'est ça ?!

-Je... on... J'ai cru voir..

-La ferme !

Aplatis par terre pour ne pas se prendre de balle, les Papillons Pourpres relevèrent prudemment la tête. Le plafond avait emporté la lampe avec lui dans sa chute, et il faisait donc très sombre. Les lumières du couloir permettraient à peine de distinguer les contours des objets.

-Tout le monde va bien ? Demanda Amaterasu en toussant à cause la poussière.

Elle reçu plusieurs réponses affirmatives mais un râle de douleur lui parvint également. Plissant les yeux pour mieux voir elle finit par repérer quelqu'un allongé par terre. Elle s'agenouilla à ses côté.

-Ça va ? Vous êtes blessé ?

-... tout va bien. Un peu sonné, c'est tout, lui répondit la voix de Seishiro.

-Vraiment ?

-Oui. Je... vais bien.

En y regardant mieux elle distingua quelques amas de roches autour d'eux. Seule une partie du plafond s'était écroulée il n'y avait donc que quelques gros blocs et des gravats qui étaient tombés. Assez cependant pour semer la panique et blesser quelques personnes.

-On ne devrait pas rester là ! C'est notre chance de s'enfuir. Vite, partons d'ici ! Cria Kusanagi.

-Excellente idée ! Acquiesça Amaterasu. Allez venez, je vais vous aider à vous relever.

La jeune femme tendit la main mais le borgne ne fit pas mine de vouloir la prendre. Elle allait lui intimer de se dépêcher lorsqu'elle compris quel était son problème.

-Votre bras... souffla t-elle.

-Bon, pour être honnête... je vais pas si bien que ça ! Reconnu t-il avec une grimace de douleur.

Elle le devinait à peine, mais le bras du Black Brothers semblait être pris sous un morceau du plafond.

-Votre bras...

-En mille morceau, j'en ai bien peur. Et totalement bloqué sous ce rocher.

-C'est pas vrai ! S'écria t-elle avec colère.

Il ne répondit pas. Elle craint qu'il ne soit mort, mais se rendit ensuite compte qu'elle entendait toujours sa respiration. Un peu plus loin, le reste du groupe leur intima de se dépêcher. Elle leur répondit d'y aller, qu'ils allaient les rejoindre, mais ils refusèrent de partir sans eux. Elle comprit alors qu'il allait falloir déplacer rapidement le chef des Black Brothers.

-Seishiro ? L'appela t-elle.

-Oh non... non... Gémit-il. Dites moi que ce n'est pas ce que je crois !

-Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qui se passe ?

-Là, sur ma droite...

Amaterasu tourna la tête et pu constater que quelqu'un gisait sur le sol. Toujours accroupie, elle s'avança lentement vers la silhouette. Arrivée à sa hauteur elle appela puis secoua la personne sans succès. Vu sa position dans la salle, il ne pouvait qu'être l'un des membres de leur groupe.

-S'il te plaît, qui que tu sois, réponds !

Avec appréhension, elle porta sa main jusqu'à la jugulaire de l'autre et prit son pouls. Elle fut incapable d'en trouver un.

-Amaterasu, il est mort ! S'exclama le borgne tandis qu'elle continuait à chercher.

Obligée de se rendre à l'évidence, la jeune femme réalisa soudain qu'elle ne savait même pas de qui il s'agissait. Délicatement, elle tourna la tête du mort de façon à ce que son visage soit dans la lumière.

-Qui est-ce ? Demanda Seishiro.

-C'est... Ryu-ô. Je... je crois qu'il s'est prit une balle.

Une intense colère envahit la brune. Ce n'était pas juste. Ryu-ô n'était qu'un gamin.

-Amaterasu, qu'est-ce qui se passe à la fin ?! Cria Yuko. Seishiro, et Ryu-ô sont avec toi ? On a plus le temps, il faut partir !

-Je...

-Non ! L'interrompit le Black Brothers. Dites leur qu'on est ensemble et qu'on va bien.

-Mais...

-Faites ce que je vous dis ! Lui ordonna t-il.

Sans trop savoir pourquoi, elle lui obéit et menti à ses amis.

-Je suis désolé mais si vous leur aviez dit la vérité ils auraient voulu rester. Maintenant vous devez les rejoindre. Entraînez les dehors, et ensuite quand ils ne pourront plus rebrousser chemin, vous leur expliquerez la situation.

Amaterasu se releva et rejoint le borgne. Elle venait de perdre un homme, il était hors de question d'en abandonner un autre.

-Je ne pars pas sans vous.

-Je vous en prie, il le faut. Le rocher sur mon bras est trop gros, vous ne pourrez pas le déplacer assez vite ! Les sbires de Fei-wan vont bien finir par trouver de la lumière, et à ce moment là, il vous tueront. C'est votre seule chance de traverser et d'atteindre notre objectif.

-Non. Je refuse. C'est hors de question.

Il poussa un gémissement dépité.

-Tu es blessée, c'est ça ?! Demanda la dirigeante, dont la voix se faisais plus pressante. Où êtes vous, on viens vous chercher !

Autour d'eux, les gens se relevaient. Leurs ennemis les cherchaient à l'aveuglette et certains commençaient à réclamer des lampes torches.

-Tout va bien, partez, on arrive ! Répondit t-elle.

-Alors dépêchez vous, on vous attend de l'autre côté !

Elle entendit vaguement des protestations mais la personne parlait trop bas pour qu'elle saisisse ses paroles.

-Maintenant allez vous en, vous aussi ! Lui ordonna Seishiro.

-Si je vous laisse, ils vous tueront.

-Je ferais semblant d'être mort.

-Ils vérifieront !

-Alors je vais mourir, oui. Je vais mourir et je refuse que vous mouriez tous avec moi. Vous êtes chef de guerre Amaterasu, vous savez mieux que personne, qu'il faut parfois des sacrifices pour mener une mission à bien. Je suis l'un des ces sacrifices.

La jeune femme sentit sa détermination faiblir. Il avait raison, elle le savait bien. Cependant, comme pouvait elle se résoudre à abandonner un homme à une mort certaine ?

-Votre frère, et Subaru, ils ne me pardonneront jamais !

-Dites leur que c'était mon choix, qu'il n'y avait pas d'autre moyen.

La mort dans l'âme, Amaterasu se releva.

-Je vous jure que ça ne servira pas à rien. On va le tuer une bonne fois pour toute cet enfoiré de Fei-wan.

-Merci..

Les voix de leurs ennemis se rapprochèrent. Il y eut une courte salve de coup de feu et des bruits de course. Comprenant qu'il ne lui restait presque plus de temps, la brune tourna les talons et commença à s'éloigner.

-Une dernière chose... la rappela t-il.

-Oui ?

-Dites leur que je les aime !

-Bien entendu.

-Maintenant partez !

Priant pour ne rencontrer aucun obstacle, elle commença à courir droit devant elle. Elle bouscula plusieurs personnes et finit par rencontrer un mur. Tâtonnant sur les côtés pour trouver la porte, elle tomba sur un ennemi. Avec une pensée pour Ryu-ô elle lui tira dessus et poursuivi sa route. La porte était gardée, mais elle se débarrassa de ses adversaires grâce à l'effet de surprise. Enfin elle déboucha dans le couloir.

-Amaterasu te voilà ! S'exclama Kurogane avec soulagement.

-Oui, maintenant filons d'ici.

-Un instant, les retint Subaru, où est Seishiro ?

-Oui, et Ryu-ô ?

La jeune femme serra les poings. Ils allaient définitivement la détester après ça. Mais Seishiro avait raison, c'était nécessaire, s'ils ne voulaient pas que tout ça ait été inutile.

-Ils faut s'en aller ! Ils arrivent !

En effet, la porte s'ouvrit à la volée sur une dizaine d'hommes. Le groupe prit la fuite en tirant à l'aveuglette derrière eux. Étonnamment, au bout d'une cinquantaine de mètres, leurs poursuivants s'arrêtèrent et revinrent sur leurs pas. C'était plus que louche, mais personne ne prit la peine de s'en préoccuper, car tous voulaient savoir ce qui était arrivé aux absents.

-Où. Est. Seishiro ? Répéta Subaru, incapable de retenir ses mains de trembler.

-Je suis sincèrement, vraiment désolée...

-Comment ça ? Pourquoi ? Pourquoi vous êtes désolée ?! Où est il ?!

-Subaru... L'appela Fye, en lui posant une main sur l'épaule.

L'adolescent commença à pleurer et à gémir. Il frappa le mur en criant puis fit mine de se jeter sur Amaterasu. Fye le ceintura pour l'en empêcher.

-Comment vous avez pu faire ça ?! Hurla t-il. Pourquoi vous l'avez abandonné ? Pourquoi vous ne nous avez pas appelé ?!

-C'était trop tard. Son bras était pris sous une pierre. On aurait pas pu le dégager, tenta t-elle d'expliquer.

Cette explication était loin d'être suffisante, elle s'en rendait bien compte, mais quel autre choix aurait-elle pu faire ? Prévenir le groupe et tous les faire tuer ? C'était peut être cruel de penser comme ça, seulement il n'y avait rien d'autre à faire. Elle avait agit pour le bien être du plus grand nombre, même si ça exigeait de laisser quelqu'un derrière. Seishiro avait raison, elle était chef de guerre, elle agirait toujours de façon à ce qu'ils gagnent la bataille. Néanmoins, elle s'en voulait réellement de l'avoir abandonné à son sort. Ce poids resterait probablement sur sa conscience pour le restant de ces jours. Et vu le regard furieux de Subaru, lui non plus ne lui pardonnerait jamais.

-Qu'est-ce que vous en savez ?! Demanda t-il. Vous avez essayé au moins ?!

-C'est lui qui m'a demandé de partir, il voulait que...

-Je m'en fiche ! Je m'en fiche ! Il n'aurait pas du rester là bas ! Il faut aller le chercher.

Le True Blood fit mine de vouloir partir, mais Fye le serra plus fort contre lui. Il se débattit de toute ses forces et finit même par frapper son ami pour qu'il le lâche. Celui-ci resta stoïque face à ses coups, continuant de le garder dans ses bras.

-Subaru, c'est fini. On ne peut plus rien faire pour lui. Si tu y retourne tu mourras, et ce qu'il a fait n'aura servit à rien.

Le garçon cessa de résister. Il recommença à pleurer.

-Et Ryu-ô ? Murmura Yuko à l'intention de sa conseillère.

Elle secoua la tête négativement.

-Il s'est pris une balle. Probablement mort sur le coup.

-Ces salauds vont nous le payer !

Le groupe resta là en silence encore plusieurs minutes. Tous étaient plongés dans leurs pensées. La colère était de loin l'émotion qu'ils ressentaient principalement. Jusqu'à présent, ils étaient parvenus à garder tout le monde en vie. Là en moins d'une minutes, deux de leurs amis étaient morts. Plus que jamais ils étaient motivés pour remplir leur objectif, ne serait-ce que pour venger les disparus.

Fye glissa sa main dans celle de son amant. Il savait que le ninja était plutôt proche de Ryu-ô. Il passait des heures à l'entraîner tout les matins depuis que Shaolan était parti. C'était un peu comme son élève, son protégé.

Kurogane répondit à son geste et serra sa main dans la sienne. Il y mit toute sa colère et sa tristesse. Le Magicien put sentir qu'il bouillait de rage. Le brun avait envie de hurler à plein poumon et il se contenait à grand peine. Il fallait qu'il se contienne, qu'il maîtrise sa colère, sinon il risquait de faire quelque chose qu'il regretterait par la suite. Ryu-ô était un gentil gamin, et il allait faire en sorte que cette ordure de Fei-wan comprenne qu'il n'aurait jamais du s'en prendre à ceux auquel il tenait.

-Ça fait trop longtemps, déclara soudain Kusanagi.

-Trop longtemps ?

-Oui, trop longtemps que personne ne nous a tiré dessus. Ils savent parfaitement où on est, et pourtant ils ont arrêtés de nous poursuivre. C'est pas normal !

-Il a raison, renchérit Amaterasu, peut être que ce couloir est piégé aussi, c'est pour ça qu'ils ne nous suivent pas !

À ces mots, tout le monde chercha autour de lui une trace pouvant indiquer la présence d'un quelconque piège. Les murs et le sol étaient fait dans le même béton terne et lisse et malgré leurs recherches, ils ne virent rien.

-Il faut reconnaître que c'est louche, mais on ne pas plus faire demi-tour, leur rappela Yuko. Il va falloir avancer, c'est la seule chose qu'on puisse encore faire !

-Mais... et s'il y a vraiment des pièges ?

-Les pièges ont forcément un déclencheur, fit remarquer Fye. Ça peut être un bouton, un capteur, un levier... Dans tout les cas le piège sera inoffensif tant qu'on ne l'activera pas.

-Donc, on va continuer et vous aller tous regarder où vous mettez les pieds ! Conclut Yuko.

Comme ils n'avaient de toute façon pas d'autre choix, ils obéirent. Tant pis s'ils mourraient, il était hors de question de faire demi-tour. Pas alors que le reste du clan se battait et mourrait pour qu'ils puisse continuer. S'ils repartaient sans avoir tué Fei-wan, alors tout ces sacrifices auraient été vains. Il fallait mettre fin à ce bain de sang, et ils étaient la dernière chance d'y arriver. S'ils perdaient aujourd'hui, tout le Quartier Est tomberait sous la coupe de leur ennemi, et à ce moment là plus personne ne pourrait plus rien faire contre lui.

XxX

Lorsqu'il revint à lui, Fuma cru qu'il allait à nouveau tourner de l'œil tant la douleur qu'il ressentait était intense. Sa respiration sifflante et difficile lui indiquait qu'il avait probablement quelques côtes de cassées. Il gémit et voulu bouger, mais cela lui fit si mal qu'il oublia cette idée. Lorsqu'il voulu ouvrir les yeux, la lumière l'aveugla et il les referma aussitôt. Le Black Brothers décida finalement d'attendre encore un peu avant d'essayer de faire quoi que ce soit.

-Qu'est-ce qu'on fait ? Demanda quelqu'un à côté de lui.

-Comment ça qu'est-ce qu'on fait ?

-On ne peut pas rester ici à attendre bien sagement que nos ennemis viennent nous cueillir !

-Ouai, il a raison ! Renchérit un autre. Moi j'ai aucune envie de me prendre une autre attaque dans la gueule ! Faisons demi-tour !

Il y eut un court silence au terme duquel un type lâcha :

-Moi j'dis pas que c'est une mauvaise idée, mais... vous croyez qu'il peut se déplacer ?

Fuma se demanda un moment de qui ils parlaient, avant de comprendre qu'il s'agissait de lui. C'était d'ailleurs une question très pertinente, et lui même n'en avait pas la réponse. Ses jambes ne lui paraissaient pas spécialement endommagées, mais ses membres étaient si lourd qu'il n'était pas certain de pouvoir les déplacer. Décidant d'y aller doucement il commença par remuer les orteils. Comme ça ne le faisait pas souffrir, il bougea le pied puis la cheville. Quand il passa à la jambe gauche, qui avait été emprisonnée par les gravats, les premiers mouvement le firent grogner de douleur, mais après un petit moment elle devint supportable. S'ils n'allaient pas trop vite, il serait donc probablement capable de se déplacer.

Des cris le firent soudain sortir de ses pensées. Pendant qu'il n'écoutait pas, la situation semblait s'être envenimée et le ton avait monté entre ses hommes.

-Vous êtes pas sérieux là j'espère ?! Il est hors de question de partir en l'abandonnant ici ! S'écria une voix féminine qu'il identifia comme celle de Yuzuriha.

-Il ne peut pas venir avec nous, il nous ralentirait trop ! Si on le prend, on va tous se faire tuer !

-Mais c'est notre chef ! Il a sauvé la vie de chacun d'entre nous, et toi tu voudrais qu'on le laisse crever sans rien faire ?

-Il va mourir de toute façon.

-Dis pas ça, t'en sait rien !

-Toi non plus.

Le brun n'aimait pas le reconnaître, mais ceux qui voulaient l'abandonner n'avaient pas tord. S'il venait avec eux, il ralentirait tout le monde et il y avait plus de chances qu'ils se fassent tous tuer. Déjà qu'une grande partie de son groupe était morte par sa faute, il était hors de question qu'il provoque également celle des survivants !

Il ouvrit lentement les yeux pour les laisser s'habituer à la lumière. Trop occupés à se disputer, ses hommes ne le remarquèrent pas. Voulant attirer leur attention, le Black Brothers se racla la gorge. L'effet fut immédiat puisque tous se turent.

-Partez ! Leur ordonna t-il.

-Quoi ? Mais chef... voulu protester quelqu'un.

-Ils ont raison, si vous m'emmenez je vais tous vous faire tuer !

Quelques protestations s'élevèrent au milieu des voix de ceux qui voulaient partir. Le groupe finit par se scinder en deux : ceux qui voulaient s'en aller, et ceux qui refusaient de l'abandonner. Voyant qu'il n'y avait pas moyen de les convaincre, ces derniers furent également laissé à leur sort.

-Vous êtes certains de ce que vous faites ? Vous allez probablement mourir si vous restez avec moi. Leur fit remarquer Fuma alors que le reste de ses hommes commençait à s'éloigner.

-Oui. Je ne pourrais plus me regarder dans un miroir si je partais ! Déclara fermement la jeune fille.

Les deux autres qui restaient acquiescèrent également.

Après une petite minutes, les bruits de pas et de voix de ceux qui s'éloignaient disparurent. Les quatre Black Brothers se retrouvèrent seul au milieu du silence et des cadavres et ils commencèrent à comprendre à sentir à quel point leur situation était désespérée. Parmi eux, trois étaient blessés, dont deux gravement. Le rouquin, dont Fuma ne parvenait plus à se rappeler le prénom, avait manifestement l'épaule démise et une grosse bosse sanguinolente sur le côté du crâne. La brune quant à elle avait tout un tas de coupures sur les bras et les mains et un de ses doigts était devenu violet. Seul le grand type ne semblait pas blessé. Ils formaient une belle équipe de bras cassé !

-Bon, on va pas rester là à attendre de se faire descendre quand même ! S'exclama Yuzuriha.

-Et qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ? Soupira le roux. On est tous à moitié estropiés je te signale ! Et puis on est même pas sûr que le chef puisse marcher.

-Je crois que je pourrais, si on me soutient, intervint l'intéressé.

-Et bah c'est pas génial ça ? Aller, Shoguro bouge toi et va l'aider à se lever ! Demanda t-elle au seul valide du groupe.

Ce dernier s'exécuta et vint passer un bras sous les épaules de Fuma pour lui permettre de se mettre debout. Cela ne se fit pas sans mal puisqu'il fallut d'y reprendre à plusieurs fois avant que les jambes du brun acceptent finalement de le soutenir.

-On est bien avancé avec ça... grommela le rouquin.

-Oui, parce que ça veut dire qu'on peut s'en aller ! Rétorqua l'adolescente.

-Et s'en aller où ?! Personne ici n'est en état de reprendre le même chemin qu'à l'allée ! Si on fait ça on va juste crever !m Moi je préfère attendre ici, parce que si jamais on gagne, quelqu'un finira par nous chercher, et là on aura une chance de s'en sortir.

Yuzuriha secoua la tête. Le fusillant du regard elle soupira.

-Ah oui, et ça va durer combien de temps encore à ton avis ? Comment on fait si ça commence à s'éterniser et qu'on se retrouve piégés ici ? Au cas ou tu ne l'aurais pas remarqué, Fuma a besoin de soins, et vite ! On a pas le temps d'attendre une hypothétique victoire de notre camp.

-D'un autre côté, il n'a pas tord, fit remarquer Shoguro. Où veux tu aller ?

-Là-bas ! S'exclama l'adolescente en désignant le trou dans le mur. On a pas la moindre idée d'où ça mène peut être qu'en passant par là, on trouvera une sortie.

-Peut être ? Siffla le roux. C'est tout ce que t'as à nous proposer ? Un peut être ?!

-C'est tout ce qu'on a ! Alors c'est à prendre ou à laisser ! Boss, vous en dites quoi ?

Fuma devait reconnaître que son plan était loin d'être sûr. Ils pouvaient très bien tomber nez à avec des ennemis ou se perdre et ne plus retrouver de sortie, mais il ne voulait pas rester là. La vue des corps sans vie de ses hommes éparpillés autour d'eux lui donnait envie de hurler. Il s'en voulait tellement. Et puis il y avait aussi la douleur. Pour l'instant elle était à la limite du supportable, mais pour combien de temps ? Plus il restait debout, et plus il avait mal. S'il devait se déplacer, c'était maintenant, parce qu'ensuite il doutait d'en être capable.

-Moi je suis pour partir ! Déclara t-il finalement au terme de sa réflexion.

-Dans ce cas, je viens aussi ! Suivis immédiatement Shoguro.

Le rouquin soupira, lança un regard mauvais à la jeune fille, puis se releva,. Il ne pouvait pas rester tout seul dans son état. Maintenant il allait être obligé de les suivre. Arborant un sourire victorieux, Yuzuriha commença à écarter les gravats autour de l'ouverture dans le mur pour rendre le passage plus facile à pratiquer pour Fuma. Leur petite troupe allait se mettre en route lorsqu'ils furent interrompu par des bruits de coups de eu tout prêt d'eux. Paniqués il se jetèrent tous à terre. Les tirs cessèrent, bientôt remplacés par des cris. Quelqu'un était en train d'aboyer des ordres.

« C'est quoi ce bordel ! Trouvez moi le sale fils de chien qui a détruit les lampes et butez le moi ! Le boss nous a interdit de laisser passer qui que soit d'autre ! »

Il leur fallut encore quelques instants pour comprendre que ces bruits ne provenait pas d'à côté d'eux comme ils l'avaient cru, mais de dessous. La charge placée dans le sol leur avait créé un passage vers l'étage inférieur. Les tirs et es voix qu'ils avaient entendues provenaient donc de là.

Rassurés, mais inquiet à l'idée que ceux d'en dessous puissent également les entendre, ils se relevèrent en faisant le moins de bruit possible.

-On ferait mieux de filer, chuchota Yuzuriha.

Cette fois, tous acquiescèrent sans faire d'histoire. Clopin-clopant, leur équipe de fortune pris la route.

XxX

Le groupe de tête des Papillons Pourpres avait bien progressé. Malgré leurs craintes, ils n'avaient pas rencontré le moindre piège, ni le moindre ennemi. C'était tellement facile que ça en devenait louche. Il y avait quelque chose de pas net derrière tout ça, mais ils étaient obligés de continuer à avancer.

-C'est pas normal ! C'est vraiment pas normal ! Répétait Kurogane, qui vivait de plus en plus mal la situation. Je sais pas à quoi ils jouent là, mais je préférerais qu'ils nous attaquent plutôt qu'ils nous ouvrent la voie comme ça ! C'est une putain d'embuscade et nous on fonce droit dedans !

-Tu as sûrement raison, mais on ne peut plus faire demi-tour, lui rappela Amaterasu.

-Embuscade ou pas, je vais faire la peau à ce salaud de Fei-wan ! Cracha Subaru dont la rage augmentait au fur et à mesure qu'ils avançaient.

Fye jeta un regard inquiet en direction de l'adolescent. Il comprenait sa colère et sa douleur mieux que personne, lui a qui Fei-wan avait pris la chose la plus chère qu'il avait au monde. Cependant, il aurait préféré que le True Blood se calme un peu. La colère pouvait décupler la force physique, mais elle rendait également vulnérable. Une fois qu'on était aveuglé par la rage, qu'on avait plus qu'une seule idée en tête, on ne faisait plus attention à rien d'autre, et c'est dans ces moments là qu'on risquait de se faire tuer. Mais il savait qu'il était inutile d'en faire la remarque à son ami, car il ne l'écouterait pas. Tout ce qu'il pouvait faire se résumait donc à s'inquiéter et espérer qu'il ne ferait rien de stupide une fois devant Fei-wan.

Finalement les craintes du ninja prirent fondement lorsqu'ils arrivèrent enfin au bout du couloir. En tournant à un croisement ils se trouvèrent face à une porte immense qui faisait toute la largeur du mur. En bois épais, elle portait les armoiries en forme de chauve-souris de Fei-wan. Une énorme barre de métal faisait office de verrou et la traversait de part en part. Il était évident qu'ils étaient arrivés à destination, mais ils ne se réjouirent pas pour autant car devant la porte se dressait une dizaine d'ennemis. Tous armés lourdement, ils les regardèrent arriver avec un sourire carnassier.

-Et bien, on a cru que vous vous étiez perdu ! Lâcha l'un d'entre eux, provocateur.

-Fei-wan t-il si peur de nous pour envoyer ses toutous nous accueillir ? Rétorqua Yuko.

Les types se mirent à rire à gorge déployée.

-Désolé, on est pas là pour vous accueillir. Nous on nous a demandé de vous buter. Le boss veut qu'on lui ramène vos têtes, mais il a précisé que c'était pas grave si elles étaient détachées du reste de votre corps ! Jubila t-il tout en dégainant une machette.

-Je vois, répondit seulement la dirigeante.

Très calmement, elle porta une main à sa ceinture et en tira les deux pistolets qui s'y trouvaient. Retirant le cran de sûreté, elle leva un de ses bras à hauteur de la tête de celui qui venait de parler. Ce dernier la regarda avec un amusement visible et s'autorisa un sourire narquois. C'est ce moment que la femme choisit pour tirer. La balle atteint sa cible pile entre les deux yeux, et un silence de mort tomba sur le couloir. Soudain plus du tout amusés, leurs adversaires saisirent leurs armes et les mirent en joue.

Toujours aussi impassible, Yuko reprit la parole.

-Je suis Yuko Ichihara, dirigeante des Papillons Pourpres et je n'accepte pas que l'on me menace, moi ou mes hommes. Alors si vous êtes à nouveau tenté de le faire, je vous conseille d'abord de vous assurer que vous tirez plus rapidement que moi. Je suis venue ici pour tuer un homme bien précis. Si vous voulez essayer de m'en empêcher, allez y, mais sachez que j'éliminerais quiconque se mettra au travers de ma route !

Fye ressentit un mélange d'admiration et de peur à l'égard de sa supérieure. Jamais il ne l'avait vu dans un état pareil, et il ne doutait pas un seul instant qu'elle était bel et bien capable de tuer tout ceux qui voudraient l'empêcher de faire ce qu'elle avait décidé, quand bien même ce serait un membre de son propre gang. Il comprit enfin d'où lui venait cette réputation de chef implacable. Il lui fallait reconnaître qu'à ce moment précis il la trouvait plutôt effrayante, et qu'il était bien content d'être de son côté.

Sans aucune autre forme de préavis, la femme commença à tirer au hasard dans les ennemis devant elle. Très vite ceux-ci ripostèrent et il fallut que les Papillons Pourpres aillent s'abriter derrière le mur.

-Il faut qu'on passe cette porte ! Hurla Amaterasu pour couvrir le bruit des tirs.

-Je veux bien, mais comment ?

-J'en sais rien, faut juste qu'on le fasse d'une façon ou d'une autre !

Planqués par le mur, les quelques uns à qui il restait des balles tiraient à l'aveuglette dans l'espoir d'atteindre leurs ennemis. Mais les chargeurs se vidèrent rapidement.

-Personne n'a de munitions de rab ? Se lamenta Fye en regardant son pistolet maintenant inutile.

-Non, j'ai tout utilisé... soupira Amaterasu.

-Il me reste trois chargeurs, soi un chacun, déclara Yuko en leur lançant les dit chargeurs. Mais il faut les garder car je doute qu'on puisse tuer Fei-wan au corps à corps. On ne peut plus se permettre de gaspiller des munitions, alors ne tirez qu'en cas d'extrême nécessité.

Puisqu'ils ne pouvaient plus tirer, il ne pouvaient plus tenir leurs adversaires éloignés. Ceux-ci n'allaient d'ailleurs probablement plus tarder à leur tomber dessus. Comme ils n'avaient rien d'autre à faire, ils se cramponnèrent à leurs armes en attendant l'attaque imminente. Après une trentaine de seconde, les sbires de Fei-wan se jetèrent en effet sur eux, et un combat à l'arme blanche s'engagea. Kurogane et Kusanagi s'en donnaient à cœur joie. Fye lui n'avait qu'une pauvre dague, et rien que l'idée de l'enfoncer dans quelqu'un lui donnait la nausée. Il le ferait si c'était pour sauver sa vie, ou celle de ses compagnons, mais pas autrement. Il décida donc d'essayer de trouver un moyen d'ouvrir la porte.

Il se faufila à travers les combattants et fut bien heureux de voir que personne ne prêtait attention à lui. En y regardant de plus prêt, la barre qui bloquait la porte ne semblait pas pouvoir être retirée. Par contre, on pouvait apparemment en soulever une partie en tirant sur la poignée qui se trouvait à l'autre extrémité. Si on bougeait le verrou, normalement, il serait ensuite possible d'ouvrir le battant. Toujours le plus discrètement possible, le blond se glissa jusqu'à la poignée et tenta de débloquer le verrou. Malheureusement, il eut beau forcer, il fut incapable de faire bouger la barre d'un centimètre. Pire encore, ce faisant, il attira l'attention de deux types sur lui.

Contents d'avoir trouvé une proie facile, ils se dirigèrent droit sur lui. Le Magicien jura et sortit sa dague. L'un de ses adversaire avait une hache, qu'il tenta de lui planter dans la tête, et l'autre avait un pistolet. N'ayant aucune envie de se faire tirer dessus, Fye décida de s'occuper de ce dernier en premier. L'homme était en train d'ajuster son tir lorsque le blond lui lança sa dague. Celle-ci le toucha au bras, ce qui eut pour effet de le faire lâcher son arme. Le jeune homme évita ensuite tant bien que mal les attaques de celui à la hache, tout en se rapprochant petit à petit du pistolet que l'autre avait laissé tomber. Quand son adversaire compris ce qu'il allait faire, il était déjà trop tard. Fye se jeta par terre, retira le cran du pistolet et tira. Le type qu'il avait atteint de sa dague eut également le droit à une balle car il était en train de se relever. Dégoûté, mais soulagé de s'en être sorti, il récupéra son arme. Se retournant vers la porte, il tenta à nouveau de trouver comment l'ouvrir.

Du côté des autres, le combat était en train de tourner à l'avantage des Papillons Pourpres. Subaru était déchaîné et malgré tout leurs efforts, ses ennemis ne parvenaient pas à le maîtriser. Tournoyant avec une épée dans chaque main, personne ne pouvait l'approcher sans se faire sérieusement toucher. Yuko non plus ne semblait pas avoir retrouvé son calme. Elle avait récupéré une lame dont elle tailladait tout ceux qui tentaient de s'en prendre à elle.

Les ennemis étant de moins en moins virulents et de moins en moins nombreux, Amaterasu remarqua alors que Fye, à l'écart des combats, tentait d'ouvrir la porte. Il semblait user toute sa force pour tirer sur la poignée servant à soulever le verrou, mais sans succès. La sous-dirigeante, décida donc d'aller l'aider. Elle se débarrassa de son adversaire et alla rejoindre le blond.

-Soit c'est coincé, soit c'est super lourd, soit j'ai pas de force ! S'exclama t-il à son attention lorsqu'elle arriva à sa hauteur.

La femme saisit également la poignée et commença à tirer. Cette fois-ci la barre de faire se souleva, mais pas assez pour libérer la porte. Ils eurent beau utiliser toutes leurs forces, ils ne parvinrent pas à la faire bouger plus.

-On aurait bien besoin d'un coup de main de ce côté ! Appela le Magicien à l'adresse de ses compagnons qui étaient en train d'en finir avec les derniers ennemis.

-J'arrive ! Répondit Kusanagi.

Ce dernier les rejoignit et pris la place de Fye. Les efforts combinés du Black Brothers et d'Amaterasu permirent finalement de retirer entièrement le verrou.

-Bon c'est super tout ça, mais va falloir faire vite parce que c'est lourd ! Grogna Kusanagi, les traits déformés par l'effort qu'il fournissait.

Fye cria à ses amis de venir et poussa la porte pour l'ouvrir. Les autres arrivèrent rapidement et l'aidèrent. Ils allaient se mettre à entrer quand un nouveau groupe d'ennemis déboula derrière eux.

-Vite, tous à l'intérieur ! Leur ordonna Amaterasu, toujours pendue à la poignée.

Ils s'exécutaient, lorsque Kurogane remarqua que ni Amaterasu, ni Kusanagi ne bougeaient. Il leur fit signe de les rejoindre mais les deux refusèrent de la tête.

-On peut savoir ce que vous foutez ?! Aller, venez !

-Non. Si on vient, vous ne pourrez pas refermer derrière vous. Vous allez vous retrouver encerclé, et je crois que vous aurez bien assez à faire là dedans sans avoir besoin de ça en plus !

-Mais vous n'êtes que deux, vous ne tiendrez pas contre eux ! Protesta t-il avec un geste vers le groupe d'ennemis qui était maintenant presque sur eux.

-On pourra les retenir un peu ! J'espère que ça sera suffisant pour faire ce que vous avez à faire !

-Amaterasu...

-Silence Kurogane ! Le coupa t-elle. Pars et ferme la porte derrière toi, c'est un ordre de ton supérieur !

À l'instant où elle termina sa phrase, leurs ennemis arrivèrent sur eux. Le ninja se précipita à l'intérieur. Soudain plongé dans le noir, il lui fallut quelques secondes pour se réorienter et trouver la porte.

-Ils sont là, fermez la porte ! Hurla t-il à l'intention de ses amis.

Unissant leurs efforts, il réussirent à refermer le battant, bien que leurs adversaires tentent de les en empêcher de l'autre côté. À peine la porte fut elle refermée qu'il entendirent bruit du verrou retombant lourdement à sa place. Très rapidement ce son fut suivi de coups de feu et de cris de douleur.

-Kurogane, l'appela Yuko, tu es le dernier que j'ai vu entrer, est-ce qu'Amaterasu et Kusanagi... ?

-Ils sont restés pour qu'on puisse bloquer la porte, annonça le ninja. Mais ils ne tiendront pas longtemps, et ensuite nos ennemis entreront, alors on doit faire vite !

Fye fronça les sourcils. Il était certain d'avoir vu quelqu'un d'autre entrer après Kurogane. Logiquement, il avait cru qu'il s'agissait d'un membre de leur groupe, mais si ce n'était pas le cas, alors qui était-ce ? Le jeune homme tourna sur lui même et commença a toucher les gens autour de lui pour les identifier. Vu qu'ils n'étaient plus que quatre, ça n'aurait pas du poser de problème. Sauf qu'il ne compta pas trois, mais quatre personnes à côté de lui. L'intrus était de petite taille et portait un pull épais à manche longues. Il se cramponna au poignet de l'invité supplémentaire. Il s'apprêtait à alerter ses amis lorsqu'une main se posa sur sa bouche. Le blond n'eut même pas le temps de se débattre que son agresseur lui glissait à l'oreille :

-Chut, ne leur dis rien !

Reconnaissant immédiatement la voix de son interlocutrice, il se figea. Qu'est-ce que Sakura faisait là ? C'était bien trop dangereux elle comme endroit. D'ailleurs elle n'aurait jamais du réussir à arriver jusque là. Comment diable avait elle réussi ce tour de force ? Il retira la main qui le bâillonnait et se tourna vers l'adolescente.

-Tu es folle ? Pars d'ici tout de suite !

-Sûrement pas après tout ce que j'ai du faire pour arriver jusqu'ici ! Maintenant silence, je ne veux pas qu'on sache que je suis là. Si Fei-wan pense qu'il n'y a que vous quatre, je pourrais me faufiler jusqu'à lui, et l'atteindre.

-C'est hors de question ! Tu risquerais de te faire tuer !

-Je te demande pas ton avis... Lui signala t-elle avant de filer.

Pendant que le Magicien discutait, ses compagnons avaient décidés d'un commun accord, de trouver un moyen d'allumer la lumière, avant d'avancer plus. Si Fei-wan était là, un sacré comité d'accueil devait également être avec lui. Ils ne pouvaient pas prendre le risque de leur foncer dessus dans le noir, et surtout pas à quatre.

-Bordel, ils ne connaissent pas les interrupteurs ici ?! Gronda Kurogane, excédé de ne rien trouver.

-Vous cherchez de la lumière ? Il fallait le dire tout de suite ! S'exclama une voix au loin dans le noir.

Les lampes s'allumèrent, et les Papillons Pourpres comprirent qu'ils étaient vraiment dans de sales draps. Au fond de la pièce trônait bel et bien Fei-wan, assit tranquillement dans un fauteuil. Autour de lui, une trentaine de gros bras les regardaient avec un air patibulaire. Même avec toute la volonté du monde, il ne pouvait pas battre un groupe six fois plus nombreux qu'eux.

En voyant leur cible si proche, Subaru poussa un grognement peu engageant et fit un pas en avant. D'un même geste, Fye et Kurogane le rattrapèrent et le tirèrent en arrière. Vu la situation dans laquelle ils se trouvaient, il valait mieux dans leur intérêt qu'ils évitent de provoquer leurs ennemis.

-Je vous ai sous estimé ! Reconnu Fei-wan. Je ne pensais pas du tout que vous arriveriez jusqu'à moi. Pas vivants en tout cas !

-Nous y voilà enfin, Fei-wan ! S'exclama Yuko. J'attends ce moment depuis si longtemps !

-Ça fait combien de temps ? Douze ans ? Tu es décidément rancunière.

-Comment aurais-je pu te pardonner ce que tu as fait ? Clow était mon fiancé, et ton frère, et toi tu l'as tué !

L'homme haussa les épaules avec indifférence.

-C'est de sa faute ! Il t'avais déjà toi, pourquoi ne pouvait-il pas me laisser le Quartier Est ? Je vous aurais fichu la paix. Si vous m'aviez suppliés correctement, je vous aurais même permis de revenir dans mon gang. Mais non, il a fallut que cet imbécile s'entête ! Pire, il était sur le point de me battre. C'était hors de question ! Clow a toujours été le meilleur de nous deux. Il réussissait toujours tout mieux que moi, et il obtenait à chaque fois ce que je convoitait. Mais cette fois, ça a été différent. Cette fois, je l'ai battu !

Au fur et à mesure qu'il avançait dans son récit, les poings de Yuko se contractaient. Elle le fixait avec une telle haine que ça en devenait effrayant. Pourtant son vis à vis, fut loin de se laisser impressionner. Il délaissa son ancienne amie pour se tourner vers le True Blood.

-Subaru, comme on se retrouve ! Tu semble t'être bien remis de tes blessures. Et ton frère, où est-il ? Je ne le vois pas. Il va bien j'espère !

-Espèce de raclure ! L'insulta l'adolescent en dégainant ses épées.

Kurogane le ceintura pour l'empêcher de se jeter sur lui. L'autre essayait manifestement de provoquer leur colère pour les obliger à attaquer les premiers.

-Tiens, tiens, mais qui voilà ? Ne serait-ce pas Kurogane Suwa ? Je me souviens très bien de tes parents tu sais. Des entêtés stupides et inconscients ! Je les avais pourtant prévenu que j'obtenais toujours ce que je désire. Il paraît que c'est pour me tuer que tu es entré dans un gang, c'est vrai ? Si c'est le cas, tu dois vraiment être un idiot. C'est peut être héréditaire, qui sait ?

Il avait à peine finit sa phrase que le ninja lâchait son jeune ami. Tirant son katana de son fourreau il se précipita droit sur son ennemi.

-N'insulte plus jamais, mes parents ! Gronda le brun, hors de lui. Jamais !

Pour seule réponse, Fei-wan éclata de rire. Kurogane continuait de lui foncer dessus jusqu'à ce que son petit ami s'interpose.

-Kuro, je sais que ce que dis cet enflure doit être insupportable à entendre pour toi, mais s'il te plaît, calme toi. Si tu l'attaque, il aura gagné et t'aura fait entrer dans son jeu. Ne le laisse pas te manipuler !

Le brun prit de longues inspirations. Un peu calmé, il recula, mais sans ranger son sabre. Fei-wan jeta alors son dévolu sur le seul qui restait : Fye.

-Et le blondinet raisonnable doit être... Yui ? Fye ? Je ne sais jamais qui est qui ! De toute façon c'est un peu du pareil au même avec les jumeaux ! C'est encore plus vrai dans votre cas, étant donné que votre technique de Magicien au milles ombres consistait à vous faire passer pour une seule personne. C'était pas mal pensé comme tactique, mais par contre tout seul vous ne valiez rien. Surtout celui que j'ai tué -Yui c'est ça ?- je n'ai même pas eu besoin de me battre avant de le descendre. J'ai trouvé ça plutôt pathétique d'ailleurs ! Quoique, le plus drôle dans cette histoire, reste le fait que je n'avais pas remarqué sa présence avant que tu l'appelles ! Au final, je crois qu'on peut dire que c'est toi, qui a tué ton frère !

Fye fut pris d'une forte nausée. Finalement il avait toujours eu raison au sujet de la mort de Yui. Il était responsable. Il avait provoqué sa mort. Tout était sa faute.

-Hé, tu vas pas croire ce tissus de mensonge j'espère ! S'exclama le ninja en posant une main sur son épaule. Il a compris qu'il aurait plus de mal à te mettre en colère, alors il te raconte ce qui l'arrange pour que tu te rendre malade ! N'écoute pas un mot de ce qu'il a dit, d'accord !

-Il a raison ! Renchérit Yuko. Tu es le plus posé, et le moins prompt à la colère d'entre nous, donc il a décidé de s'y prendre autrement avec toi ! Tu ne dois pas laisser ce qu'il a dit t'atteindre.

Le blond serra les poings et se ressaisit. Ils avaient raison, ce n'était pas le moment de flancher. Ils avaient beau être en mauvaise posture, il restait encore Sakura. C'était leur carte maîtresse puisque personne ne savais qu'elle était là. Si elle pouvait arriver assez prêt pour tirer sur Fei-wan, ils seraient sauvés. Dans le cas contraire, il valait mieux ne pas y penser...

-Je viens d'avoir une idée ! S'exclama Fei-wan avec un sourire de mauvais augure. Étant donné que vous êtes déjà condamnés, que diriez vous de pimenter un peu votre mort ?

-Cette fois c'est sûr, ce type a un grain ! Marmonna Kurogane en levant les yeux au ciel.

-Si je vous envoie tout mes hommes d'un coup, le spectacle sera sans intérêt parce que vous perdrez tout de suite. Faisons plutôt du un contre un, qu'en dites vous ? Comme ça vous survivrez plus longtemps, et ça sera bien plus amusant pour moi !

-Il croit qu'on est là pour le divertir ou quoi ? Gronda Subaru.

-Étant donné que vous ne paraissez pas très motivé, je vais vous envoyer quelqu'un qui vous redonnera l'envie de vous battre ! Ricana l'homme en faisant un signe de la main.

Du fond de la pièce, les Papillons Pourpres virent alors surgir Shaolan, une épée à la ceinture. L'adolescent traversa lentement la distance qui le séparait de ses anciens amis. Une fois arrivé à quelques mètres, il croisa les bras et les toisa de son air suffisant et hautain.

-Alors, qui se porte volontaire pour croiser le fer avec ce cher Shaolan ?

-Moi, répondit le ninja d'une voix forte.

Dégainant son sabre il s'avança en direction de son ancien allié. Aussitôt, les autres s'écartèrent pour former un cercle autour d'eux. Personne ne s'opposa au choix de Kurogane, car tous pensaient qu'il était le mieux placé pour affronter le châtain. Surtout qu'après Sakura, il avait l'un des plus affecté par sa trahison. Il considérait Shaolan comme son élève, et veillait sur lui comme un grand frère. Apprendre que tout ça n'avait été que de la comédie l'avait mis hors de lui. Aujourd'hui il tenait une occasion en or de se venger, et il n'allait pas passer à côté !

-Désolé Kurogane, mais le temps où vous étiez le plus fort de nous deux est maintenant révolu ! Lui déclara d'emblée l'adolescent.

-Tu penses sincèrement qu'en à peine quelques mois, tu as pu me surpasser ?

-J'en suis certain !

-Dans ce cas cesse de parler, et attaque moi ! Rétorqua le brun.

Son vis à vis ne se fit pas prier et tenta de le couper en deux. Le ninja para l'attaque et riposta. Ils enchaînaient les attaques violentes, cherchant à mettre rapidement leur ennemi à terre. Kurogane du reconnaître que, comme il s'en était venté, son adversaire avait bel et bien progressé. Ses coups étaient plus violents, plus précis, et plus rapides. À tel point qu'il faillit se laisser avoir plusieurs fois. Mais comme il le pensait, l'adolescent était encore loin d'avoir atteint son niveau.

Se baissant pour éviter un coup destiné à sa tête, il en profita pour assener un violent coup de coude dans l'estomac de Shaolan. Ce dernier se plia en deux sous l'effet de la douleur. Le brun lui faucha les jambes et le fit tomber au sol. D'un coup de pied il lui arracha son épée des mains. Avec un air satisfait, il posa délicatement la lame de son katana sur le cou de son adversaire.

-Je vois que ta réputation est fondée Kurogane, fut obligé de reconnaître Fei-wan. Tu as battu Shaolan à la loyale, alors vas y, tu peux en faire ce que tu veux !

À ces mots, les yeux du châtain s'écarquillèrent de surprise. Il ne s'attendait manifestement pas à ce que son supérieur les autorise à le tuer. Le ninja eut un sourire carnassier et haussa les épaules l'air de dire : « Dommage pour toi mon pote ! ».

-Kuro tu vas pas... Intervint Fye, qui refusait de le voir assassiner l'adolescent sous ses yeux.

Shaolan avait été malhonnête avec eux, et il avait fait du mal à beaucoup de monde, mais de là à le tuer froidement alors qu'il était à terre et désarmé... Surtout que, même si les autres ne le savaient pas, Sakura était dans la pièce, et elle ne devait pas perdre une miette de ce qui était en train de se passer !

-Fais moi confiance, tu veux bien ? Le rassura le brun, dont l'épée n'avait pas bougé d'un centimètre.

Finalement, alors que la tension commençait à devenir palpable, il se décida enfin à agir. Il s'approcha de façon à se trouver juste à côté de la tête de l'adolescent, puis lui donna violent coup de pied dans le crâne. Cela eut pour effet de le mettre KO instantanément. Fei-wan eut l'air mécontent de ce qui venait de se produire.

-Je m'étais trompé sur ton compte apparemment, grogna t-il à l'intention de Kurogane.

-Désolé mon gars, mais j'ai pas pour habitude d'achever un ennemi à terre, surtout s'il est sans défenses ! L'informa l'intéressé.

-Je vois, soupira l'homme. Tout ceci ne m'amuse plus. On dirait que je vais devoir passer à la vitesse supérieure ! Je vous envoie un ennemi chacun.

Comme il venait de l'annoncer, quatre types sortirent du cercle pour foncer droit sur eux. Naturellement, vu que Fye et Subaru était d'apparence plus frêle, leur ennemis se disputèrent pour s'occuper d'eux plutôt que de Yuko et Kurogane. Les deux qui gagnèrent ne jubilèrent pas longtemps car les jeunes hommes les attaquaient déjà. Le ninja se retrouva aux prises avec un petit nerveux qui ne faisait qu'esquiver ses coups. Celui de Yuko aurait manifestement préféré ne pas tomber sur elle, et il ne l'attaquait que vaguement. L'assaillant de Subaru par contre était au niveau, puisqu'il arrivait à soutenir le rythme effréné des attaques du True Blood. Fye quant à lui, n'avait toujours que pour arme sa dague, ce qui est loin d'être pratique quand celui en face a une épée. Néanmoins, ils tenaient tous bon face à leur adversaire, bien que la fatigue des combats précédents commence à se faire ressentir.

Entre deux attaques, Fye repéra soudain un mouvement dans l'ombre à moins d'une dizaine de mètres de Fei-wan. Sakura y était presque. Encore un petit effort, et tout serait terminé ! L'encourageant mentalement, il se reconcentra sur son ennemi.

-C'est trop long ! Se plaint Fei-wan. Que quatre autres y aille, qu'on en finisse !

Les Papillons Pourpres et le True Blood se retrouvèrent alors à faire face à deux adversaires en même. C'était nettement plus difficile, et petit à petit, ils commencèrent à se laisser déborder. Des traînées sanglantes apparaissaient sur leur vêtements et ils perdaient du terrain. Adossés les uns aux autres, les membres du groupe Yuko sentaient la fin se rapprocher. Ça faisait des heures qu'ils se battaient sans relâche et courrait dans tout le QG. Leurs muscles n'arrivaient plus à suivre. Leurs ennemis eux au contraire était frais et dispo, et ils semblaient avoir très en envie d'en finir rapidement.

-Fei-wan, ton heure a sonné ! Hurla soudainement une voix féminine, pétrifiant tout le monde en plein geste.

Sakura, toujours cachée sous la capuche de son sweat, sortit de la pénombre et se jeta sur l'homme. Elle tira deux fois avant de se faire attraper par les gardes du corps de sa cible. La première balle le manqua et la seconde l'atteint à l'épaule. Tandis qu'ils l'emmenaient jusqu'à Fei-wan, la capuche de la jeune fille tomba, révélant à tous son identité.

-Dites moi que c'est une blague ! Qu'est-ce que Sakura fout ici ?! S'écria Kurogane, horrifié.

-Oh, Sakura, mais qu'as tu fais ? Se lamenta Yuko. Comme je n'avais pas perdu assez de monde aujourd'hui !

-Si on m'avait dis qu'un jour j'assisterai à une scène pareille... Lâcha Subaru, sous le choc.

Fye ,lui, était incapable de produire un son. Elle 'avait blessé, mais pas mortellement. Maintenant il allait la tuer ! Il fallait qu'il empêche ça, par n'importe quel moyen. Du coin de l'œil, il remarqua alors que Shaolan s'était non seulement réveillé, mais qu'en plus lui aussi regardait la scène avec effroi. L'instant d'après l'adolescent avait bondit sur ses pieds et se précipitait vers la rousse.

-Mais qu'est-ce que nous avons là ? S'étonna Fei-wan en voyant le visage de la jeune fille. Sakura Kinomoto, c'est bien ça ? Tu es la petite sœur de cet écervelé de Toya. Il était frustré de ne pas pouvoir prendre part au combat, alors il t'a envoyé à sa place ? C'est pathétique non ?

-La ferme enfoiré, je suis venu de ma propre initiative ! Et tu sais pourquoi ? Parce que je voulais être sûre que tu sois mort à la fin de la journée !

-Tu as de la répartie, petite. Malheureusement, ce n'est pas ça qui te sauvera !

D'un geste, il envoya la jeune fille au sol. Ensuite, il couvrit la salle la salle du regard, pour être bien certain que tout le monde avait les yeux braqué sur lui. Lentement, il sorti un pistolet, alors que Sakura restait par terre, sonnée. Il braqua son arme sur la tête de la rousse, et tira dans un grand éclat de rire. Au même moment, Shaolan se précipita sur lui et le poussa. Sous le coup de la surprise, l'arme lui échappa des mains et la balle alla se ficher dans le mur.

-Shaolan, qu'est-ce qui te prend ? Es-tu devenu fou ? Cette fille n'est rien pour toi ! Rien d'autre qu'une petite idiote que tu as séduit pour le bien de la mission.

-Si vous pensez ça, c'est vous l'idiot ! Répliqua hargneusement l'adolescent. Mes sentiments pour Sakura sont bien réels. Ils l'ont toujours été !

-Ne me dis que tu es tombé amoureux d'elle pour de bon ?

-C'est le cas ! J'aime Sakura, alors si vous voulez lui faire du mal, il va d'abord falloir me passer sur le corps ! Déclara Shaolan en se plaçant entre son supérieur et la jeune fille.

-Ça ne me pose aucun problème.

Avec un regard de mépris, Fei-wan tira sur le châtain. Celui-ci tomba à la renverse sur la rousse.

-Shaolan ! S'exclama t-elle en le rattrapant.

-Sakura... sauve toi... court ! Lui intima t-il avant de retomber, inerte.

-Nooooooooooooon ! Hurla la jeune fille.

En larme, elle serra le corps de l'adolescent contre elle. Fei-wan avança d'un pas vers elle, tandis que ses amis lui criaient de fuir.

-Ne pleure pas, tu vas le rejoindre dans quelques instants ! Ricana l'homme en ramassant son arme.

Toujours le sourire aux lèvres, ils retira le cran de sécurité et pointa le canon sur sa tête.

-Une dernière volonté ?

-Oui. Crève ! Cria t-elle en sortant un pistolet qu'elle tenait caché.

La raison principale pour laquelle elle avait serré le châtain contre elle, au lieu de s'enfuir, était le pistolet qu'il avait calé dans sa ceinture. Elle dirigea l'arme droit sur lui et, sans aucune hésitation, pressa la détente.

-Ça c'est pour Shaolan, salaud !

L'homme s'immobilisa et porta une main à son torse. Un filet de sang s'échappa de sa bouche et coula sur son menton.

-Que... ?

Avant qu'il puisse finir sa phrase, une seconde balle l'atteint en plein ventre.

-Et voilà pour Yui ! Renchérit Fye, qui venait de tirer.

-Pour Clow, pour mes hommes, et pour tout ceux que tu as tué ! Rajouta Yuko en faisant feu à son tour.

Fei-wan tituba encore quelques secondes avant de s'effondrer. Un de ses hommes se précipita pour prendre son pouls, et déclara d'une voix blanche :

-Il est mort.

Au même moment, la porte dans leur dos s'ouvrit à la volée, laissant entrer Shogo et Sorata à la tête de leur groupe.

-Désolé du retard, on a eu du mal à trouver le chemin ! S'excusèrent ils.

Les hommes de Fei-wan échangèrent des regards inquiets. Peu à peu, ils laissèrent tomber leurs armes sur le sol et levèrent les mains. C'était fini. Ils avaient gagné. Incapable de se retenir plus longtemps, Fye se mis à pleurer. Pleurer de joie, que tout ça soit enfin terminé, et de tristesse à cause de tout ceux qui étaient mort aujourd'hui. C'était une victoire certes, mais une victoire au goût amer.

Au milieu des cris de joie et des pleurs, Yuko se laissa glisser au sol. Douze ans, ça faisait douze ans qu'elle attendais ce moment.

-Clow, j'ai réussi. Je t'ai enfin vengé. Tu vas pouvoir reposer en paix, mon amour.


Là, on dira ce qu'on voudra, mais ça sent définitivement la fin.

Rassurez vous, il reste encore un chapitre après ça, alors oui on va savoir ce que sont devenu les autres !

Et non, je ne vais pas mettre cinq mois à écrire le dernier chapitre, étant donné que je suis en vacances.

Je vous dis donc à très bientôt, pour le chapitre final...