Chapitre 6

Au nom de l'amour

BOUM!

Tous les élèves sursautèrent et Snape se retourna d'un bond pour voir son fils affalé dans sa chaise en train de regarder avec jubilation son chaudron ou plutôt les restes de son chaudron fumant.

- Mr Snape ! Expliquez ceci immédiatement !

Jonnatan leva les yeux vers lui et lui répondit avec une voix extrêmement innocente, lui présentant un visage parfaitement angélique.

- Oups, désolé, père, j'ai fait exploser mon chaudron en y mettant un pétard, j'espère que vous ne m'en voulez pas, n'est-ce pas ?

Snape ferma un instant les yeux. C'était trop, ç'en était trop, il n'en pouvait plus, c'était déjà la 5e potion que son fils sabotait pour le faire enrager.

- Mr Snape, sortez de ma classe, fit le professeur un grinçant des dents alors que ses yeux avaient pris des éclats démentiels.

Jonnatan haussa un sourcil et ouvrit la bouche pour parler mais Snape le coupa en hurlant,

- DEHORS !

Jonnatan haussa les épaules, se leva et s'approcha nonchalamment de son géniteur.

- Mon papounet adoré est fâché ? Ooooh, peut-être que si je te faisais un gros poutou et un câlin, tu me pardonnerais ? dit-il en battant exagérément des cils.

Toute la classe était au bord de l'explosion… de rire. Rien que le fait d'imaginer Snape se faire prendre dans le bras pour un câlin avec en bonus un gros bisou bien baveux… Ç'en était trop. Ils étaient presque hystériques, ne demandant que de s'écrouler par terre et se marrer comme des hyènes. On pouvait déjà voir des larmes de rire perler aux yeux de certains élèves. Mais cela n'est pas vraiment important, car ce genre de spectacle était déjà devenu la norme depuis la rentrée, il y a deux semaines. Revenons à nos deux Snape préférés.

- Mr Snape, je ne vous ai jamais autorisé à me tutoyer et vous pouvez rester en classe, mais que je ne vous entende plus jusqu'à la fin du cours, est-ce bien clair ?

Le Maître de Potions se retourna pour retourner au devant de la classe, mais s'arrêta dans son mouvement. Il tourna la tête vers le brun avec ce qui était clairement un sourire à faire frissonner un mort sur les lèvres.

- Oh, eh pour ne pas oublier, détention Mr Snape. Pendant une semaine, tous les soirs vous irez à la bibliothèque. Je suis sûr que Mme Pince saura vous faire dépoussiérer et réorganiser la bibliothèque livre par livre et à sa convenance. Puisque vous aimez tant créer le désordre, voyons comment vous vous en sortez avec l'ordre, susurra-t-il.

Jonnatan prit un air de Sainte-Nitouche effarouchée. On aurait presque cru voir une auréole au-dessus de sa tête.

- Comment ? Vous oseriez me traiter d'enfant turbulent ? Humpf ! C'est une atteinte à ma fierté, cher Monsieur !

Severus Snape bouillait, il en avait marre ! Mais pourquoi au nom de tous les dieux existants en inexistants… enfin surtout inexistants, est-ce qu'il avait un fils, et surtout CE fils ? On était à peine le 16 septembre et il avait déjà été à deux doigts de s'arracher les cheveux… à 20 reprises. Mais notre potioniste adoré eut un sourire dédaigneux et donna le coup final à Jonnatan.

- A ce que je vois Mr Snape, rien n'a changé. Que vous soyez Mr Potter ou Mr Snape, c'est du pareil au même. Vous n'êtes et vous ne restez qu'un morveux qui a soif d'attention. Je vous que votre égocentrisme ne s'est pas arrangé.

Toute la classe retint son souffle, et ils se retournèrent pour voir la réaction de Jonnatan. Il est vrai que ce dernier n'avait fait qu'accumuler les pitreries, mais ce que venait de dire Snape était vraiment trop injuste et méchant. Jonnatan, quant à lui, eut vraiment envie de pleurer, mais il se restreint. Enfin, enfin !, son père venait de lui révéler son vrai visage. Dès le début, Jonnatan avait tout fait pour le pousser à bout de manière à ce qu'il explose et lui révèle le fond de sa pensée. Malheureusement, ce n'était pas un amour inconditionnel parental qu'il venait de trouver, non, c'était plutôt la confirmation d'une haine et d'un mépris complets. Le brun pensait que ça lui aurait été égal, mais non, ça faisait mal, très mal. Il soupira intérieurement et amassant tout son courage, réussit à former un sourire narquois et des yeux pétillants sur son visage. Mais il ne put ouvrir la bouche.

Le reste du cours se passa plus ou moins calmement à part une autre explosion de chaudron, cette fois de Neville.

A la fin du cours, quand la cloche magique sonna, le professeur parla à nouveau.

- Mr Snape, restez un instant, j'ai à vous parler, dit-il.

Mais Jonnatan secoua la tête en disant,

- Nope, déso, j'ai un mec chaud comme la braise qui m'attend dans une salle et j'ai prévu de baiser pendant au moins les deux heures qui viennent. Ciao, père. Surtout ne faites pas de crise cardiaque.

Et il sortit de la classe en riant et laissant derrière lui un Snape légèrement verdâtre.

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- Bon sang, je suis trop crevé et en plus le coup de ce soir n'en valait vraiment pas la peine.

Il était deux heures du matin et Jonnatan venait d'entrer dans le dortoir pour s'affaler dans son lit alors que ses compagnons de dortoir se réunissaient autour de lui.

- Alors, à qui t'as tiré ton coup aujourd'hui ? demanda Blaise d'une voix espiègle.

- Hum, je ne sais plus, je suis trop crevé, je crois que c'était un Serdaigle, je ne sais plus, ou peut-être que le Serdaigle c'est hier que je me le suis tapé… ah si je me souviens maintenant, aujourd'hui c'était Justin Flintchmachin, un nom trop compliqué, il est à Poufsouffle… pffff, plus jamais de ma vie je ne me ferai un Pouffsouffle, à peine après avoir joui, qu'il se colle contre moi et qu'il me dit qu'il m'aime, n'importe quoi…

Un silence passa puis tout à coup Jonnatan se redressa sur son lit et fixa Blaise.

- Mais au fait, pourquoi est-ce que tous les soirs depuis que j'ai commencé à coucher avec des gens tu me demandes à chaque fois l'identité de la personne ? demanda-t-il.

Blaise sans paraître le moins du monde gêné lui répondit,

- Eh bien, les gars et moi, on a fait une liste…

- Quel genre de liste, demanda prudemment Jonnatan.

- Eh bien, dans la liste on a réuni tous les noms des filles bi ou hétéro et garçons bi ou gay de la quatrième à la septième année avec lesquels tu es susceptible de coucher. Et à chaque fois, on coche un nom pour voir combien de personnes tu t'es déjà tapé.

Jonnatan commença à regarder Blaise d'un regard super mega-giga menaçant puis tout à coup, il lui sourit et lui demanda de lui apporter la liste pour voir s'il n'avait pas fait d'erreurs. Blaise alla la chercher de sous son oreiller et la tendit à Jonnatan.

Ce dernier jeta un coup d'œil à la liste : il y avait en tout 124 noms écrits dont 29 étaient déjà cochés.

- Ben dis donc, je ne me rendais pas compte que j'étais un rapide moi, on n'est que le 15 septembre et déjà 29 personnes, ah oui je me souviens, celle-là jai couché avec elle en même temps que celui-là, c'était un couple charmant… heu Blaise est-ce que mes conquêtes de l'année passée comptent aussi ? demanda Jonnatan.

- Parce que l'année passée aussi tu as eu des conquêtes ? Je croyais que t'était encore puceau, dit Blaise et tout le monde éclata de rire, enfin tous sauf Draco qui eut un sourire crispé. Toute cette conversation était en train de le rendre malade.

- Hahaha, dit Jonnatan ironiquement, je suis trop mort de rire, ce que tu peux être drôle, Blaise.

Le concerné haussa les épaules et demanda,

- Alors qui est-ce que t'as sauté, l'année passée ?

- Ben Cho Chang, je sais j'ai dit à tous mes amis qu'on n'avait fait que s'embrasser, mais disons que ça a un peu beaucoup dégénéré. Mais après ça, j'ai été un peu refroidi avec elle, elle ne savait même pas tailler correctement un pipe, cette fille, et au moment où elle a joui elle a hurlé dans mon oreille à m'en rendre sourd, j'avais encore mal au tympan au bout de deux semaines.

Blaise, Crabbe, Goyle, Théo et Draco pétèrent de rire, mais Blaise remarqua que Jonnatan semblait cacher quelque chose et dit,

- Il y a eu quelqu'un d'autre n'est-ce pas ?

Jonnatan devint tout de suite plus rouge qu'une pivoine et nia fortement.

- Mais non, mais pas du tout, je ne vois pas de quoi tu parles.

- C'est ça, c'est ça et moi je suis la reine d'Angleterre, dit Théo sarcastiquement.

Jonnatan le regarda fixement.

- Tu sais, c'est possible que tu sois la reine d'Angleterre, un peu de Polynectar et on n'y verrait que du feu.

- …

On aurait dit que Théo venait d'avaler un bout de fromage périmé. Puis soudain, son visage devint rouge de fureur.

- COMMENT OSES-TU ? ESPÈCE DE PERVERS, UNE VIEILLE DAME, BEURK HORRIBLE, JE VAIS FAIRE DES CAUCHEMARS TOUTE LA NUIT, hurla Théo en prenant une mine dégoûtée.

Mais Blaise qui n'allait pas lâcher le morceau si facilement intervint.

- Bien essayé Jonnatan, mais tu vas me dire tout de suite qui est ton autre conquête sinon…

- Sinon quoi ? Tu vas me lancer un Avada Kedavra ? demanda Jonnatan d'un ton narquois. Tu sais pour ton info, tu ne seras pas le premier et ah oui, aussi, j'y ai déjà survécu, finit-il avec un sourire éclatant de blancheur à vous en faire mal aux yeux.

Mais Blaise n'était pas le dernier des blaireaux et surtout, il n'était pas un Serpentard pour rien. Il eut un sourire sadique et dit d'une voix dégoulinante de sucre,

- Tu sais, il y a d'autres moyens de torture à part les Impardonnables comme par exemple…

Il leva doucement la baguette et lança,

- Rictusempra.

Et Jonnatan commença à rire comme un malade. Il se tortillait dans tous les sens comme si une dizaine de mains le chatouillaient dans tout le corps. Draco était fasciné par ce qu'il voyait. De temps en temps, il apercevait un bout de peau par-ci par-là, quand le T-shirt de Jonnatan se relevait. Il n'en pouvait plus, il avait de plus en plus chaud et son souffle s'accélérait. Blaise du coin de l'œil observait les réactions de son ami : il avait deviné que ce dernier était amoureux du Survivant l'année passée. C'est pour cela qu'il fut très content de voir qu'un Jonnatan se tortillant dans son lit et en riant comme un malade ne laissait pas Draco indifférent.

Quand il finit par arrêter le sortilège, Jonnatan retomba épuisé en transpirant et la respiration accélérée. Une fois qu'il eut repris son souffle, il dit,

- Zabini, je te jure que tu vas me le payer et je peux te dire que ma vengeance sera terrible, mouahahahaha !

Il avait essayé de prendre une voix menaçante, mais tout l'effet fut gâché quand un reste de rire lui traversa la gorge à ce moment là. Blaise sourit.

- C'est ça c'est ça, le jour où toi tu arriveras à te venger de moi, les Scroutts à Pétard se marieront avec les licornes et auront des enfants trolls.

- Où est-ce que tu vas chercher des expressions aussi bizarres, demanda Théo.

Blaise haussa les épaules et pointa sa baguette sur Jonnatan.

- Alors maintenant tu craches le morceau et plus vite que ça. Tu vas me dire tout de suite quelle est l'autre personne avec qui tu as couché.

Jonnatan ferma les yeux et pâlit.

- En fait, il a été mon initiateur, c'est avec lui que j'ai perdu ma virginité, commença-t-il.

- Il ? C'est donc un garçon ?

Jonnatan leva un sourcil (décidément c'était devenu un tic chez lui).

- Évidemment que IL, si je dis IL c'est que c'est IL. Si ça avait été une fille, j'aurais dit ELLE. Va apprendre ta grammaire !

- C'est bon, c'est bon, j'ai rien dit, moi, s'exclama Blaise en levant ses mains en signe apaisant.

Jonnatan finit par se calmer un peu et continua,

- Ça a été fantastique, mais faut dire qu'il était plus âgé que moi et il m'a appris un tas de choses, il a été en quelque sorte mon initiateur.

A mesure qu'il parlait, Draco devenait de plus en plus jaloux, il avait des envies de meurtre contre cette fameuse personne qui avait fait atteindre les étoiles à son Jonnatan. Lui, jaloux ? Même pas, juste qu'il avait décrété que Jonnatan était à lui et à personne d'autre, bien sûr, il avait toujours très mal en voyant Jonnatan au bras d'une nouvelle personne chaque jour alors que lui se mourrait d'amour pour lui, mais bon la vie était ainsi et il ne pouvait rien y changer. Il allait juste essayer de faire comprendre à Jonnatan qu'il tenait à lui.

Perdu dans ses pensées, Draco sursauta quand à côté de lui, Blaise s'écria d'une voix impatiente,

- Bon t'arrêtes de traîner en longueur et t'accouches tout de suite le nom de ce mec, ok ?

- C'est bon ok, voilà, c'était Dobby.

Un gros blanc pendant quelques secondes puis,

- DOBBY ? TU TE FOUS DE MOI, POTTER ? MON ANCIEN ELFE DE MAISON…

Draco s'interrompit en voyant Jonnatan mort de rire dans son lit, zut il s'était encore fait avoir. Jonnatan riait tellement qu'il en était tout rouge. Draco y vit l'occasion rêvée pour commencer son plan de drague.

Sans plus hésiter, il se jeta sur Jonnatan et ils roulèrent tous les deux dans le lit. Draco essayant de l'étrangler, Jonnatan essayant de se protéger et de rendre la pareille à Draco. Finalement le brun parvint à avoir le dessus et bloqua Draco sous lui. Le temps sembla s'arrêter. Ils restèrent là à se regarder les yeux dans les yeux sans se rendre compte de la voix de Blaise qui faisait sortir tout le monde pour les laisser seuls.

Lentement, Jonnatan baissa la tête et embrassa Draco. Ce dernier avait les lèvres sucrées et tellement douces que Jonnatan ne put y résister : il approfondit le baiser en gémissant. Sa langue fouillait sans vergogne la bouche de Draco. Tout en l'embrassant, il commença à se frotter contre lui. Draco gémit, il n'en pouvait plus, il avait carrément envie d'arracher les vêtements de Jonnatan quand ce dernier souffla,

- J'ai envie de toi, bébé.

Ces mots lui firent l'effet d'une douche froide et il prit réellement conscience de leur position. Lui était sur le dos sur le lit, avec les jambes largement écartées, avec Jonnatan couché de tout son long sur lui. Brusquement, Draco le repoussa.

- Non.

Jonnatan le regarda sans comprendre.

- Non, je ne peux pas.

- Pourquoi tu ne peux pas, tu en as envie, non ? Tout autant que moi, alors pourquoi te refuser ce plaisir, demanda Jonnatan d'une voix charmeuse et il avança sa main avec laquelle il caressa la joue de Draco.

Ce dernier se retint de gémir, mais ferma les yeux pour profiter de la caresse. Quand il se rendit compte qu'avec l'autre main, Jonnatan essayait d'ouvrir sa braguette, il se releva et sauta du lit. Il se dirigea rapidement vers le sien et s'apprêtait à fermer les rideaux.

- Jonnatan ne m'oblige pas, ok ? Je ne veux pas coucher avec toi.

Snape Junior se leva et s'avança tel un félin vers Draco.

- Mais si, tu veux coucher avec moi, toi et moi le savons très bien, dit-il en mettant sa main sur la bosse du pantalon de Draco.

Ce dernier recula et secoua la tête.

- Tu ne comprends pas, je ne veux pas. Même si j'en ai envie, je ne veux pas, dit-il d'une voix désespéré.

Jonnatan eut encore une fois le souffle coupé en regardant les lèvres rougies par les baisers qu'ils venaient d'échanger, les cheveux en bataille, les yeux suppliants et pleins de larmes, son apparence presqu'efféminée et tellement fragile que Jonnatan avait envie de le serrer contre lui pour ne plus jamais le laisser partir.

Mais en entendant les dernières paroles de Draco, il abandonna le mode prédateur/séducteur et demanda doucement en remettant une mèche de cheveux blonds derrière l'oreille de Draco.

- Pourquoi est-ce que tu ne veux pas ? Parce que je suis le fils de Snape ?

Draco eut un sourire dérisoire et secoua la tête.

- Non, ça n'a rien avoir, juste que je n'ai pas envie d'être une baise d'un soir et je n'ai pas envie de devenir une conquête de plus dans ton tableau de chasse, ok ?

- Tu sais je n'ai jamais considéré mes conquêtes comme des victimes et je n'ai jamais compté le nombre de personnes avec qui je couche, la liste c'était l'idée de Blaise, moi je n'y suis pour rien. Et toi, tu es un cas à part, jamais je ne te considérerai comme une conquête de plus ou quelque chose du genre. Quoi qu'il arrive, tu es et tu resteras toujours mon ami, dit Jonnatan avec un petit sourire.

- MAIS JE NE VEUX PAS ÊTRE TON AMI, JE T'AIME, CONNARD, JE T'AIME, hurla Draco avant d'ouvrir violemment la porte et de sortir en trombe.

Jonnatan resta là sans bouger ni faire aucun mouvement. Il était tout simplement pétrifié, il était incapable de faire le moindre mouvement. Il était devenu pire qu'un zombie… enfin peut-être pas, mais c'est tout comme. C'est dans cet état là que le trouva Blaise qui voyant Draco partir en courant était venu voir ce qui s'était passé.

Blaise prit Jonnatan par la main et l'aida à s'asseoir. Puis il fit apparaître un verre d'eau qu'il lui fit boire. Puis quand il eut déposé le verre, il dit,

- T'es vraiment un enfoiré, tu sais ça, Snape ?

Jonnatan releva brusquement la tête et le regarda.

- Ne me regardes pas comme ça, tu mérites amplement les pires insultes.

- Et pourquoi, je te prie ?

- Parce que Draco t'aime depuis la deuxième année, espèce de petit con, et t'imagines pas ce qu'il a dû supporter ces deux dernières semaines en te voyant tous les jours au bras d'une nouvelle personne et en t'écoutant raconter tes plans de drague tous les soirs ici. Ça a été un enfer pour lui et là je suppose que tu viens de lui proposer une bonne partie de jambes en l'air. Là, à ce stade je pense que tu devrais t'agenouiller devant lui et lui demander le pardon en le suppliant.

Jonnatan resta là pendant quelques secondes puis d'un mouvement brusque se leva et s'approcha de sa malle d'où il prit un vieux parchemin usé. Il tapota dessus avec sa baguette et marmonna quelque chose que Blaise ne comprit pas. Jonnatan sembla chercher pendant un moment puis ferma le parchemin et sortit en trombe du dortoir.

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Draco courrait sans regarder où il allait, ni sans se préoccuper des regards que les autres élèves posaient sur lui. Les larmes continuaient de glisser sur ses joues sans qu'il ne fasse quelque chose pour les arrêter, il courrait sans savoir où il allait, tout ce qu'il savait c'est qu'il voulait mettre le plus de distance entre Jonnatan et lui. Il avait tellement mal qu'il avait l'impression que même son cœur pleurait.

Et surtout, il n'arrivait pas à croire comment il avait pu perdre son calme et révéler ses sentiments à Jonnatan. Mais enfin quoi, il était Draco Malfoy, le Prince des Serpentards ! Jamais, il ne réagissait comme une Poufsouffle de première année. Alors, qu'est-ce qui lui avait prit dans le dortoir ?

Au bout de plusieurs minutes, il dut s'arrêter à bout de souffle. Il regarda où il se trouvait et comprit que sans s'en rendre compte il était sorti dehors et qu'il se trouvait près du lac. Il s'écroula par terre et commença à sangloter toutes les larmes de son corps. Il n'en pouvait plus, il en avait marre, il ne voulait pas être amoureux, ça faisait trop mal, il était tombé tellement bas à cause de l'amour. S'l y a quelques années ou même quelques jours quelqu'un lui avait dit qu'il pleurerait comme une fille à cause d'un chagrin d'amour, il l'aurait tout de suite envoyée à Ste-Mangouste dans la même section que Lockhart.

Il avait l'impression qu'il avait été assis là pendant une éternité à pleurer toutes les larmes de son corps, quand soudain il sentit deux bras s'enrouler autour de lui et deux secondes plus tard il était pressé contre un torse ferme. Il sentit qu'on le soulevait, il savait que c'était Jonnatan, mais il n'avait plus de force pour bouger, les larmes l'avaient vidé. Il resta donc là à écouter les battements de cœur de son amour pendant que celui-ci marchait. Il le sentit monter un grand nombre d'escaliers puis marcher encore un peu avant de se faire déposer dans un divan. Il ouvrit doucement ses yeux rougis par les larmes pour rencontrer un regard émeraude tellement sombre qu'il aurait pu s'y perdre si le possesseur de ces yeux n'avait pas commencé à parler.

- Est-ce que tu vas bien ? … Non question idiote, bien sûr que tu ne vas pas bien, désolé. Je crois que tous les deux, on a vraiment besoin de parler. Et comme je suis celui qui est en faute, je recommence : Draco, je suis désolé, je suis un imbécile, un connard, un débile, un enfoiré, un salopard, un…

- Un idiot ?

- Oui ça aussi, bref tout ce que tu veux et je suis vraiment désolé de t'avoir fait du mal, c'était complètement inconscient. Jamais je ne pourrais te faire du mal volontairement parce que tu vois ces derniers jours je me suis vraiment attaché à toi. Sans vouloir te donner de trop grands espoirs parce que je ne sais pas si je t'aime. Je n'ai jamais aimé et n'ai jamais été aimé alors je ne sais pas. Peut-être que le fait que mon souffle se bloque dans ma gorge à chaque fois que tu souris ou que j'ai toujours envie de te serrer dans mes bras, qui sait peut-être que c'est l'amour, je ne sais pas. Je suis vraiment désolé pour ces dernières semaines, j'ai vraiment été un salaud et j'ai conscience que notre relation est partie du mauvais pied. Alors… hum, j'ai pensé que peut-être on pourrait recommencer à partir de zéro ? Enfin par zéro, je veux dire que je te demande dans les règles de l'art de sortir avec moi et qu'on n'échange que des baisers sans aller plus loin, tout ça juste pour voir si ça marche entre nous et si je peux tomber amoureux de toi. Je ne te promets pas l'amour fou ou une relation parfaite à l'eau de rose, d'ailleurs, c'est pas du tout mon genre, beurk, mais je veux bien qu'on essaye pour voir si ça peut donner quelque chose.

Quand Jonnatan se tut, un silence pesant plana quelques instants dans la salle jusqu'à ce que Draco dise,

- C'est la déclaration la plus franche que l'on m'ait faite de toute ma vie.

Il eut un faible sourire qui disparut en voyant le regard inquiet de Jonnatan. Il se rendait parfaitement compte que ce dernier lui avait ouvert son cœur, chose qu'il n'avait probablement faite à personne d'autre et il savait qu'en quelques mots il pouvait soit tout gâcher soit avoir une chance de bonheur.

Il leva alors la main et caressa doucement la joue de Jonnatan.

- Je veux bien essayer, mais attends-toi à me voir souvent jaloux parce que des crises de jalousie tu risques d'en avoir beaucoup avec moi avec toutes les personnes qui te courent après.

Jonnatan eut un petit sourire.

- Bah, je suppose que je peux bien supporter ça, puisque je vais devoir supporter un Malfoy maintenant comme petit ami, dit-il avec amusement.

- Hé, je ne te permets pas, dit Draco en lui donnant une légère tape sur la tête.

Ils se sourirent puis Draco vint se blottir dans les bras de Jonnatan qui le serra un peu plus contre lui. Ce fut seulement à ce moment-là que Draco se rendit compte de la pièce dans laquelle ils se trouvaient. Enfin c'était une sorte de salon très accueillant et douillet avec une grande bibliothèque et un divan sur lequel ils étaient tous les deux allongés. Mais le plus merveilleux c'était qu'il y avait une véranda qui s'ouvrait sur la mer et Draco en eut le souffle coupé tellement la vue était belle. Il se dit finalement que Jonnatan sous ses airs Serpentards devait être romantique et il se blottit un peu plus contre lui.

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Au cours des semaines qui suivirent, Draco vivait sur un petit nuage : tout allait bien dans le meilleur des mondes. Du côté de Jonnatan, il était également très heureux avec Draco, mais entre son père et lui ça empirait de jour en jour. Bien sûr, il s'amusait comme un petit fou à encore lui faire des blagues pour le faire sortir de ses gonds, mais il voulait vraiment savoir s'il pourrait jamais l'aimer. Il est vrai que l'incident dans la salle des potions, il y a quelques semaines, lui avait fait très mal, mais pourtant, il ne voulait pas abandonner. Après tout, il avait été privé de ses parents pendant 16 ans, et là, il venait d'apprendre que son père biologique était toujours vivant. Il voulait encore espérer que Severus Snape n'était pas le bâtard sans cœur et cruel qu'il prétendait être.

Perdu dans ses pensées, il avançait dans un couloir sombre par lequel il fallait passer pour atteindre la bibliothèque lorsqu'une main se posa sur son épaule pour l'arrêter. Jonnatan se tourna vers son interlocuteur et reconnut Ethan Kemp, un Poufsouffle de septième année. Derrière lui se trouvaient trois autres garçons qu'il avait souvent vus en sa compagnie.

- Alors Snape, on a arrêté de faire son malin ? demanda Ethan d'une voix mauvaise.

Jonnatan le regarda froidement tout en cherchant dans sa tête un moyen de sortir du pétrin dans lequel il s'était mis.

- Qu'est-ce que tu veux dire par je fais moins le malin ? demanda-t-il d'une voix glaciale.

Pour toute réponse Ethan le gifla.

- Sale tapette, comment est-ce que t'as osé toucher à ma petite amie, hein ? Espèce de connard !

Là, Jonnatan était dans la merde, même pas jusqu'au cou, mais jusqu'aux yeux. Mais dans quel pétrin s'était-il fourré encore ? A mesure que les secondes passaient, il sentait le danger croître de plus en plus.

- Sérieusement, tu devrais revoir ton vocabulaire, parce que tu te répètes, là. Et puis me traiter de tapette parce que je sors avec un garçon ? Vraiment très original, fit le brun sarcastiquement. Écoute si tu me disais de qui tu parles ça m'aiderait peut-être, c'est qui ta copine ?

De rage Ethan le gifla encore une fois avec plus de force puis sortit sa baguette. Jonnatan recula contre le mur en essayant de discrètement prendre sa baguette de sa poche avant de se souvenir qu'il l'avait laissée comme un abruti dans le dortoir.

- Tu te rappelles de Hannah Abott ?

- Moui, et ? Elle devait être dans les premiers avec qui je suis sorti au début de l'année. Si je me souviens bien à cette époque elle était encore célibataire, non ?

- Non, elle ne l'était pas, espèce d'enculé. Elle a baisé avec toi sans rien me dire.

- Eh bien je ne vois pas en quoi est-ce que c'est ma faute puisqu'à moi elle m'a dit qu'elle était célibataire, donc ?

- Donc c'est quand même de ta faute. Oh ne t'inquiète pas, à elle aussi je lui ai réglé son compte, mais tout est quand même de ta faute, si t'avais pas été là, elle ne m'aurait jamais trompé. Et tu vas recevoir ta punition.

Il leva sa baguette.

- Endoloris.

Jonnatan tomba à genoux en serrant les dents. Mais il se dit que si ça durait, il ne pourrait pas tenir longtemps.

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Severus Snape était furieux et il le laissait bien montrer pour que tous ceux qui se trouvaient sur son chemin disparaissent de sa vue. Il venait d'aller chez le Directeur pour lui expliquer la situation et lui dire qu'il n'en pouvait plus, et tout ce qu'avait trouvé à lui dire ce vieux Scroutt c'est,

- Laissez-lui du temps, mon fils, laissez-lui du temps.

« Grrrrrrrr, foutu Albus Dumbledore, foutu Jonnatan Snape, foutu monde, foutue vie, et fais chier Lily, pourquoi est-ce que tu ne me l'as pas dit avant pour notre fils, hein ? Je suis sûr que de là-haut tu dois bien te marrer en voyant le pétrin dans lequel tu m'as mis à cause de ton fils indomptable, j'en peux plus, j'en marre », pensait-il.

Tout en réfléchissant, il avançait dans les couloirs quand il crut entendre un faible gémissement. Le Maître de Potions tendit l'oreille, mais comme aucun bruit ne venait, il se dit qu'il devait avoir rêvé. Au moment où il allait partir, un autre gémissement plus fort que l'autre lui parvint à l'oreille. Snape se tourna prestement et avança vers la source d'où provenaient les gémissements. Quelles ne furent pas sa surprise et puis son horreur en découvrant son propre fils couché dans du sang. On ne pouvait reconnaître aucun endroit intact. Severus se dépêcha de le prendre dans ses bras et courut à l'infirmerie. Son cœur battait à mille à l'heure, et si Jonnatan mourrait, non non non, c'est impossible, il n'y survivrait pas. Non Jonnatan ne devait pas mourir, il devait rester vivant. Des gens avaient besoin de lui, ses amis avaient besoin de lui, Dumbledore avait besoin de lui, mais surtout, lui, son père avait besoin de lui. Severus se rendait compte que malgré tous les coups tordus que lui avait faits Jonnatan, il avait fini par s'attacher au garçon qui était devenu une partie de sa vie. Non il ne devait pas mourir, il n'en avait pas le droit, si quelqu'un devait tuer Jonnatan ce devrait être lui pour se venger de ses blagues stupides. A cette pensée Severus eut un petit rire tout en courant. En sentant les vibrations du torse contre lequel il était appuyé, Jonnatan ouvrit les yeux et le regarda.

- Oh tiens, père, hum, heureux de vous revoir. Ah oui, oups, je suis désolé de m'être fait tabasser, mais vous comprenez ils étaient trois ou quatre, je ne sais plus, contre moi. Maintenant si vous voulez m'excuser je vais aller prendre une bonne douche puis aller au lit pour enlever mon mal de tête carabiné.

Severus secoua la tête en murmurant,

- Pauvre fou, même dans cet état, il trouve encore des âneries à dire.

- Ehhhh, j'ai entendu et je ne suis pas un pauvre fou, ok ?

Severus secoua la tête.

- Irrécupérable, marmonna-t-il dans sa barbe qu'il venait juste de raser ce matin.

- J'ai encore entendu, souffla Jonnatan à bout de forces et deux secondes après il s'évanouit à cause de la douleur.

Snape vit l'infirmerie avec soulagement. Il s'y engouffra et hurla de toutes ses forces.

- POMPOM ! Venez tout de suite, CAS D'URGENCE !

Mme Pomfresh accourut avec un air paniqué.

- QUOI ? QUOI ? Qu'est-ce qui se passe ?

Puis voyant l'état de Jonnatan, elle courut vers son placard à potions d'où elle prit plusieurs flacons. En passant à côté de Severus, elle lui dit,

- Déposez-le doucement sur ce lit et allez me chercher Mr Malfoy, Severus, s'il vous plaît.

Snape haussa un sourcil en demandant,

- Et pourquoi lui ?

- Ben voyons, Severus, toute l'école sait que depuis quelques semaines votre fils sort avec Mr Malfoy et je suis sûr qu'il apprécierait qu'il soit à son chevet à son réveil.

Alors là Severus était sur le cul. Son fils sortait avec Draco, toute l'école était au courant et lui, son père n'en savait rien du tout ?

- Grrr, fichu gosse, murmura-t-il.

- Qu'avez-vous dit Severus, demanda Pompom.

- Rien rien, je vais le chercher, grommela le très estimé (plus si estimé que ça) Maître de Potions.

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Draco était dans sa salle commune en train de jouer aux échecs avec Blaise, quand il vit son professeur de potions entrer. Tout le monde se tut dans la salle, alors qu'il s'approcha rapidement de Draco.

- Mr Malfoy, veuillez me suivre, je vous prie.

Draco hocha la tête, mais sans bouger d'un poil, il demanda,

- Pourquoi, professeur ?

- A ce que je vois Mr Malfoy mon impertinent de fils a déteint sur vous. J'aurais espéré mieux de votre part.

Draco rosit très légèrement, mais ne dit pas un mot attendant que Snape réponde à sa question. Le Maître de Potions poussa un soupir de lassitude et répondit,

- Voyons, je suppose que vous ne resterez plus aussi stoïque en apprenant que Mr Snape se trouve actuellement à l'infirmerie…

Draco perdit tout de suite ses couleurs et fila hors de la salle commune plus vite qu'une flèche. Il arriva à l'infirmerie en un temps record et y entra en coup de vent.

- Ah Mr Malfoy, j'ai fini de soigner Mr Snape, il se trouve dans le lit du fond, vous pouvez aller le voir, mais ne restez pas trop longtemps. Il a besoin de se reposer. Il dort, alors faites attention à ne pas le réveiller.

Draco hocha la tête puis s'approcha doucement du lit sur lequel était couché Jonnatan. Il retint un cri d'horreur en voyant son visage tuméfié et s'assit doucement sur le lit. Il caressa légèrement ses cheveux.

Jonnatan ouvrit les yeux pendant un instant.

- Ah Draco… content que tu sois là…

Et il se rendormit.

TBC

Et voilà voilà, un long chapitre rien que pour vous, mes chers lecteurs. Je vous laisse sur un petit cliffy hahaha. Mais que va-t-il advenir de Jonnatan ? Et puis, il vient de commencer à sortir avec Draco, mais quand est-ce qu'il tombera amoureux ? Mais surtout, où va sa relation avec son père ? Tellement de questions hahaha, mais la suite, au prochain chapitre ! J'attends vos réactions avec impatience!

Bisous bisous,

NdM