Chapitre 10

Entre pères et beaux-pères

Severus était dans un état pitoyable. Il était loin le Maître de Potions glacial et sans cœur qui terrorisait ses élèves. Il était assis à même le sol dans un des coins reculés de son salon, les jambes repliées contre lui et se balançant d'avant en arrière.

Soudain la tapisserie de Salazar le prévint que le professeur Dumbledore se trouvait à l'entrée de ses quartiers et voulait entrer. Il ne se donna même pas la peine de dire quelque chose voulant qu'on le laisse seul. Mais Dumbledore ne voulait pas en démordre et Salazar revint en lui disant qu'il insistait. Exaspéré Severus fit un mouvement de baguette et la porte s'ouvrit sur le directeur.

Quand Jonnatan, caché sous sa cape d'invisibilité, entra à la suite du Directeur, il fut choqué en voyant l'état de son père. Il l'avait toujours pris pour un roc auquel rien n'atteignait et qu'aucune insulte ne pouvait le toucher. Eh bien, il s'était lourdement trompé, parce que sous ses yeux, il avait la preuve vivante que son père pouvait être humain comme lui ou n'importe qui d'autre.

- Severus, mon ami, dans quel état êtes-vous ? Allez, levez-vous et venez vous asseoir sur le canapé, dit Bubus.

Comme une marionnette désarticulée, le Maître de Potions se leva et vint s'asseoir à côté du directeur.

Jonnatan se déplaça doucement et alla s'asseoir par terre à côté de la cheminée de manière à ce qu'il voie le visage de son père et soit au chaud, parce que les cachots, l'air de rien, il y fait froid.

- Qu'est-ce qu'il y a, mon garçon ? demanda le dirlo.

Severus secoua la tête.

- Je n'ai jamais été aussi humilié de ma vie et tout ça par un gamin… mon gamin.

- Alors c'est pour un instant d'humiliation que vous vous mettez dans cet état ? Voyons, Severus, ce n'est pas la première fois que Jonnatan vous fasse une blague ! fit Dumby incrédule.

- Non ! Vous ne comprenez pas, je n'ai jamais touché et n'ai jamais été touché par quelqu'un depuis la dernière fois que j'ai vu Lily. Je ne supporte pas le contact des autres, je voulais que la femme que j'ai aimé et que j'aime encore ait été la dernière qui m'aie touché et là… là !

Severus enfouit son visage entre ses mains.

Jonnatan se sentait mal et de plus en plus nauséeux. Plus il réfléchissait, plus il se rendait compte qu'il avait agi comme un gamin stupide et arrogant ne réfléchissant pas aux conséquences de ses actes. Quand il leva à nouveau la tête, il vit le directeur le fixer directement malgré la Cape d'Invisibilité, et lui faire un clin d'œil avant de se lever et de dire à Severus,

- Attendez-moi une seconde, mon fils. Je vais vous chercher quelque chose.

Et il sortit des cahots laissant un Jonnatan complètement pétrifié. Ce dernier savait ce qu'il avait à faire et après avoir respiré un grand coup, il enleva la Cape et se planta devant son père.

Severus leva les yeux et eut un sursaut en voyant qui se tenait devant lui, mais Jonnatan sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit, commença à parler très rapidement.

- Je sais que vous vous sentez mal en ce moment et que je suis la dernière personne que vous voudriez voir en face de vous. Je sais aussi que vous me haïssez et que vous ne me pardonnerez jamais pour ce que j'ai fait… en fait non vous ne me pardonnerez jamais le fait-même d'exister, mais je voulais simplement m'excuser. Je suis vraiment allé trop loin cette fois. Je sais que ça ne sert à rien et que ça ne pourra jamais réparer le mal que j'ai fait… mais je voulais vraiment m'excuser.

Jonnatan ferma un instant les yeux puis sachant qu'il devrait le dire de toute façon un jour, il se dit qu'il valait mieux tout déballer maintenant et puis s'en aller.

- Je… Quand j'ai appris que j'étais votre fils, la toute première émotion que j'ai ressentie a été de la joie. Oui de la joie parce que moi qui n'avais jamais eu de parents, j'apprenais que j'avais un père qui était bel et bien vivant. Mais la déception a vite fait de ternir cette joie quand je me suis souvenu que vous me détestiez, me haïssiez même. Je ne pouvais tout simplement pas le supporter, imaginez : avoir un père tout près de vous, mais sans pouvoir lui faire des confidences, sans pouvoir lui parler sauf pour se jeter des insultes à la face. Ça m'a fait très mal alors j'ai décidé de me venger : pour toutes ces années d'humiliations, de haine, et puis pour avoir aussi abandonné ma mère (elle me l'avait écrit dans la lettre que j'ai reçu de sa part cet été). Petit à petit j'ai transformé ma déception en colère et j'en suis arrivé à un tel point où tous les coups étaient permis, sans plus réfléchir à ce que je faisais. Maintenant je comprends que je n'ai été qu'un crétin arrogant et imbu de lui-même comme vous n'avez pas cessé de le répéter si souvent quand j'étais Harry Potter… Et je suis sincèrement désolé pour tout. Voilà, c-c'est tout ce que je voulais dire, je… je suis vraiment désolé… Et si vous, vous vous sentez mal, moi, je me dégoûte.

Un petit silence passa entre les deux. Jonnatan espérait que son père dise au moins quelque chose, mais ce dernier restait désespérément silencieux. Alors, l'adolescent baissa la tête pour cacher les larmes qui menaçaient de couler de ses yeux et marcha lentement vers la porte. Juste avant de sortir, il se tourna lentement vers Snape encore assis sur le canapé toujours en état de choc par ce qu'il venait d'entendre, et son cœur se serra. Il venait de perdre son seul parent au monde. Le brun se permit encore quelques secondes pour bien regarder son père alors qu'en même temps, il sentait que les larmes débordaient de ses yeux.

- Au revoir… papa.

Il ne put empêcher sa voix de se briser sur le dernier mot, mais il sortit en fermant tout doucement la porte derrière lui.

Quand Severus entendit le dernier mot de Jonnatan, quelque chose sembla également se briser en lui. C'était la première fois que son fils l'appelait papa, et un grand sentiment de bonheur mêlé à de la tristesse s'empara de lui : bonheur parce que, oui, son fils le reconnaissait en tant que père – ENFIN ! – et tristesse pour ce qu'il venait d'entendre. Pour la première fois depuis qu'il avait appris sa paternité, il ressentit enfin la fibre parentale. Il la ressentit au plus profond de lui-même. Il était père. Il était le père de quelqu'un. Il était le père de Jonnatan. Et Jonnatan était son fils. Son FILS ! Et même si ce dernier s'était comporté aussi mal, comme tout parent qui se respecte, Severus ne pouvait pas lui en vouloir… non, il refusait de lui en vouloir ! Parce que Jonnatan était le dernier cadeau que Lily lui avait laissé avant de mourir. Il était le fruit de leur amour. Malgré toutes ses erreurs passées, malgré tous les malentendus, il lui restait encore Jonnatan.

Mais reprenant vite ses esprits, il se leva brusquement et sortant des cachots, il commença à courir.

Au bout de 10 minutes de course, Snape commençait à désespérer de trouver son fils quand soudain au travers d'une des fenêtres du château, il le vit assis au bord du lac, la tête entre les genoux et avec les épaules qui tressautaient.

Il courut jusqu'à la Grande Porte et sortit rapidement dans le parc pour piquer un sprint jusqu'au lac. Essoufflé, il s'arrêta à quelques mètres du jeune garçon qui tout à son chagrin ne l'avait pas entendu, puis s'approcha doucement et s'assit silencieusement à côté de Jonnatan. Ce dernier sembla se rendre compte de la présence de quelqu'un puisqu'il releva la tête pour voir l'identité de la personne. Il sembla presque surpris en voyant son père, mais ne dit rien se contentant juste de le regarder avec des yeux désespérés dans l'attente que Severus parle. Ce dernier eut le cœur qui se serra en voyant les joues baignées de larmes de son fils.

- Hum… j'avoue que j'ai été très surpris par ce que tu m'as dit. Enfin, je comprends très bien pour les années d'humiliation oui, c'est par le reste que j'ai été surpris. Tu sais j'ai une explication pour cette haine… et aussi pour Lily. Je suppose que j'ai ma part de responsabilité aussi dans le fiasco actuel. J'aurais dû essayer de te dire la vérité par tous les moyens, mais au lieu de ça, j'ai laissé ma fierté prendre le dessus, et je veux bien accepter que ça soit de ma faute si la situation s'est envenimée à ce point.

Snape Senior se rendit compte de la tension de son fils. Il poussa un long soupir, et porta son regard vers le loin. Faisant une pause, il sortit sa baguette et leur lança à tous les deux un sort de réchauffement. C'est que l'air de rien, on était fin décembre et il faisait froid. Pendant tout le processus, Jonnatan l'avait regardé faire avec des yeux presque fascinés. Ayant fini sa tâche, et entre autres ayant rassemblé ses esprits, Severus recommença à parler.

- Comme tu dois le savoir, ta mère et moi, on s'aimait comme des fous. On est sortis ensemble pendant notre septième année. Durant cette année, à aucun moment je ne suis retourné chez moi, parce que je savais que, mon père étant un sang-pur, il n'accepterait jamais que je sorte avec une fille née de parents Moldus. Mon père n'a jamais été un tendre, c'était un homme brutal, violent et irascible. Dès que j'ai eu 5 ans il a commencé à me battre, alors je ne te dis pas le sort qu'il me réservait après avoir appris que je sortais avec Lily. Malgré tout cela, je suis resté à Poudlard et j'ai continué à la fréquenter. Un mois avant les ASPIC, j'ai envoyé une lettre à mon père dans laquelle je lui disais que je renonçais à ma famille et à mon héritage et que je ne voulais plus avoir aucun lien avec lui. Je n'ai rien dit à ta mère, je ne voulais pas qu'elle se sente coupable parce que c'était pour elle que j'avais fait tout ça. Mais moi, je savais que pour elle, j'aurais renoncé à ma vie s'il le fallait. Après ça je n'ai plus eu aucune nouvelle de mon père pendant deux mois, mais quelques jours avant la fin officielle de Poudlard, il m'a envoyé un hibou me disant qu'il voulait faire la paix avec moi et qu'il m'attendrait à Pré-au-Lard le même jour. Moi, avec le cerveau de cornichon que j'avais à l'époque, je n'ai même pas réfléchi et j'y suis allé. Mon père m'y attendait avec quelques autres Mangemorts. Ils m'ont capturé et emmené de force devant le Seigneur des Ténèbres où j'ai tout de suite reçu la marque. Ensuite on m'a enfermé dans une cellule où tous les jours mon père est venu me torturer soi-disant pour mon bien. Au bout d'un mois je n'étais rien de plus qu'une loque, mais par je ne sais quel miracle, mon père a décidé d'arrêter la torture et m'a rendu ma liberté… en tant que Mangemort. Moi j'étais décidé à m'enfuir pour retrouver Lily. Mais c'est là que j'ai lu dans la Gazette son mariage avec James Potter et qu'elle était enceinte de lui.

Jonnatan ne pouvait détacher son regard de son père, il comprenait tout maintenant. Mais Snape continuait.

- Je me suis senti trahi, moi qui croyais qu'elle m'aimait, je m'étais bien trompé et c'était comme si j'avais reçu le baiser du Détraqueur, je suis devenu une marionnette sans vie. J'exécutais les ordres qu'on me donnait sans me poser de questions, on me disait de préparer une potion d'étouffement, je le faisais. J'étais là, je faisais ce qu'on me disait de faire, mais intérieurement j'étais comme mort. Au bout de quelques mois j'ai fini par me ressaisir et me suis rendu compte de toute l'horreur que j'avais faite, les vies des dizaines d'innocents qui avaient été prises, je me suis senti sale. Lily n'aurait jamais approuvé cela et même si elle était mariée à quelqu'un d'autre, je ne pouvais tout simplement me laisser aller. J'aimais trop Lily pour la prendre comme excuse pour tous les crimes que j'avais commis en tant que Mangemort. Le jour-même de cette prise de conscience je suis allé voir Dumbledore et je lui ai demandé son aide. Le vieux fou m'a accueilli à bras ouverts, il avait besoin d'un espion et moi je venais de mon plein gré chez lui. Pour lui c'était Noël avant l'heure. Et puis, il y a eu cette nuit… cette horrible nuit d'Halloween, tout le monde faisait la fête, le Seigneur des Ténèbres avait disparu et c'était un soulagement pour tous. Ce soir là, je suis entré dans un bar et j'ai bu jusqu'au coma éthylique duquel je ne me suis réveillé que plusieurs jours plus tard. Si ma séparation avec Lily m'avait dévastée, à cause de sa mort, je ne vivais plus, j'existais tout au plus. J'ai fini par petit à petit devenir cet homme cynique, arrogant et méchant. Toi, je me suis forcé à te détester et ça n'a pas été difficile parce que tu représentais tout ce que j'aurais pu avoir, tout le bonheur que j'aurais eu, si je n'avais pas été aussi stupide pour aller à ce rendez-vous avec mon père.

Un long silence passa, au cours duquel ni l'un ni l'autre ne dirent quelque chose. Puis Jonnatan murmura,

- Elle n'a jamais cessé de t'aimer, elle a pensé que tu l'avais quittée de ton plein gré pour devenir Mangemort. Elle aussi était dévastée parce qu'en plus à ce moment-là elle apprenait qu'elle était enceinte. Elle a épousé mon… beau-père, mais c'était juste un mariage blanc, ils s'aimaient c'est vrai, mais comme frère et sœur.

- Comment sais-tu tout cela ? demanda Snape Senior surpris.

- Le jour de mes 16 ans, j'ai reçu une lettre du notaire des Potter que ma mère lui avait laissé. Green, le notaire, m'a écrit que c'était juste quelques semaines avant leur mort que ma mère et mon beau-père sont venus lui donner cette lettre. Ils savaient qu'ils allaient mourir, ils savaient que Pettigrew était le traitre, mais c'était trop tard, il était déjà leur Gardien du Secret.

- Je ne savais pas pour cette histoire de Gardien, je vais tuer ce Pettigrew, dire qu'il est toujours en train de faire le lèche-botte près du Seigneur des Ténèbres. Déjà que je ne l'aimais pas à la base, mais là, il a intérêt à se retenir à sa petite culotte s'il est seul avec moi dans une pièce.

Et Severus Snape craqua les doigts avec l'expression d'un chien féroce particulièrement affamé. Cette image était tellement comique que Jonnatan ne put s'empêcher d'éclater de rire. Son père le regarda bizarrement puis eut un sourire amusé en se rendant compte de ce qu'il venait de dire et faire.

Un petit silence confortable s'installa entre eux. Enfin, Jonnatan était quand même tourmenté par toutes les pensées qui lui traversaient le cerveau. Il voulait parler à son père, mais en même temps il avait peur. Et s'il le rejetait ? Le brun savait qu'il ne le supporterait pas. Mais il ne pouvait pas non plus rester sur un non-dit. C'est à cause de leur non-communication qu'ils en étaient arrivés là.

- Dis… papa…

Severus tourna brusquement la tête vers lui, comme s'il avait encore du mal à croire qu'il l'appelle ainsi. Mais le junior, loin de se rendre compte de l'état d'esprit de son père, reprit.

- Papa… est-ce que tu crois q-que… tu… arriverais à me pardonner un jour ? demanda-t-il d'une toute petite voix fragile.

Il avait l'impression d'être redevenu un petit garçon. Il attendit quelques instant, mais comme Severus ne disait rien, il continua de moins en moins sur de lui.

- Je sais que j'ai déconné ! Je le sais ! Et je m'en veux terriblement ! dit-il avec force en se redressant si brusquement que Severus, ne s'y attendant pas eut un mouvement de recul.

Jonnatan pensant que son père le rejetait, de désespoir, s'accrocha au bras de Severus, s'agenouillant à côté de ce dernier qui était toujours assis et à nouveau était tellement surpris par l'attitude du plus jeune, qu'il ne put faire un geste.

- S'il te plaît, papa, donne-moi une autre chance. S'il te plaît, pardonne-moi ! Ne m'abandonne pas, ne me laisse pas tout seul. S'il te plaît, papa, s'il te plaît, s'il te plaît…

Dans son désespoir, Jonnatan venait de poser son front contre l'épaule de son père, s'accrochant de toutes ses forces à son bras, et répétait inlassablement « s'il te plaît ».

Ne sachant comment répondre et trop surpris par l'éclat de son fils, Severus posa doucement sa main libre sur la tête du plus jeune et lui caressa doucement les cheveux en un geste apaisant. Il sentait Jonnatan trembler de tout son corps. Mais, le brun loin de se laisser aller, leva un visage inondé de larmes vers son père. Le cœur de ce dernier se serra face au désespoir de son fils qui avait si peur de le perdre.

- S-s'il te plaît, papa, hoqueta-t-il, ne me déteste pas ! Pardonne-moi ! Ne me laisse pas. S'il te plaît…

Severus gentiment essuya de sa main les larmes sur la joue de son fils, et murmura doucement,

- Comment pourrait-il en être autrement ?

Le plus jeune mis un temps à réaliser le sens de ces paroles, mais une fois que la compréhension l'envahit, il sentit comme si on venait de lui soulever un énorme poids du cœur. Sa tête tourna et il s'affaissa contre le torse de Severus, s'évanouissant sous le poids des émotions intenses qui l'avaient tourmenté jusqu'à présent.

Le Maître de Potions sera très fort l'adolescent dans ses bras et s'autorisa une petite larme, sachant que personne ne le verrait. Il avait l'impression qu'une partie de son cœur venait de se reconstituer, ce cœur qu'il avait cru brisé à jamais à la mort de Lily.

Il ne sut combien de temps ils restèrent ainsi, mais Jonnatan finit par se réveiller et mit un temps à reprendre ses esprits. Lorsqu'enfin ce fut le cas, il resta encore dix bonnes minutes dans les bras de son père profitant de cette sensation qu'il n'avait jamais connue, se croyant toute sa vie orphelin. Puis il se dégagea doucement et fixa les yeux insondables de son père d'un regard incertain.

- Tu me pardonnes vraiment ?

Sans qu'il ne change d'expression, les yeux de Severus s'adoucirent.

- Oui, Jonnatan, je te pardonne.

- Et tu veux bien me laisser une seconde chance ?

- Oui.

- Et tu veux bien qu'on recommence à zéro ?

- Oui.

- Et tu veux bien qu'on apprenne à se connaître ?

- Oui.

- … Me considères-tu comme ton fils ?

Jonnatan avait peur de la réponse, mais contre toute attente, son père répondit,

- Oui, mon fils.

A nouveau l'émotion le submergea, mais Jonnatan se maîtrisa. Il n'était quand même pas une fille, non plus. Déjà qu'il venait de se transformer en Madeleine dans les bras de son père, il n'allait pas non plus recommencer une deuxième fois. Alors, pour le cacher, il s'accrocha à son humour.

- Ne réponds pas aussi docilement à toutes mes questions sinon je vais croire que tu n'es pas Severus Snape, mais un Mangemort déguisé.

- Mais je suis un Mangemort déguisé, Jonnatan.

Il y eut comme un blanc…

- Attends, je rêve ou tu viens de faire de l'humour, là ? s'écria Jonnatan.

Severus prit un air digne.

- Je ne vois point de quoi vous voulez parler, Monsieur Snape.

Mais Jonnatan éclatait déjà de rire, et le Maître de Potions se permit un micro-sourire amusé.

Ils finirent par se lever et rentrèrent lentement au château. Juste avant de se séparer, un timide sourire fleurit sur leurs lèvres et Snape Senior dit d'un air hésitant,

- Si tu veux, hum, tu peux venir chez moi après les cours, heu je te montrerai des photos de Lily et moi lorsque nous étions ensemble.

Un grand sourire apparut sur le visage de Jonnatan.

- Oui je veux bien… Bon, il faut que j'aille en cours, la vieille McGo va me tuer si je suis en retard.

Severus leva les yeux au ciel en entendant comment il parlait d'un professeur, mais se contenta juste de dire un mot, avec un petit sourire au coin des lèvres.

- Incorrigible.

Jonnatan éclata à nouveau de rire et s'éloigna. Pour la première fois depuis qu'il avait appris que Snape était son père, le brun se sentait léger… vivant.

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Jonnatan arriva essoufflé au cours de Métamorphose. Malheureusement pour lui, il était en retard. Il essaya de s'asseoir discrètement mais la McGo le remarqua.

- Mr Snape puis-je savoir pourquoi êtes-vous en retard à mon cours ?

Jonnatan se sentit assez mal à l'aise et se racla la gorge.

- Hum, désolé du retard professeur, mais j'avais des problèmes familiaux à régler, murmura-t-il entre ses dents.

- Pardon ? Je n'ai pas entendu, dit la vieille chouette en faisant semblant de tendre l'oreille.

- … Heu, demandez à mon père, finit-il par dire.

La prof de Métamorphose lui jeta un regard perçant puis se dirigea vers la cheminée où après y avoir jeté de la poudre de cheminette, elle énonça,

- Bureau du professeur Snape.

Quelques instants plus tard, la tête du Maître de Potions apparut, et il avait l'air bien ennuyé de s'être fait déranger.

- Oui qu'y a-t-il Minerva ? Vous savez que vous venez de me déranger en plein cours ?

- Toutes mes excuses, Severus, mais votre fils est arrivé en retard à mon propre cours et a refusé de me donner une raison, marmonnant simplement quelque chose à propos d'un problème familial.

Snape Senior leva les yeux au ciel et Jonnatan se dit que son père devait penser que plus bête que cette prof, il n'existait pas.

- Oui, en effet, mon fils et moi parlions de choses qui ne concernent que nous deux (Severus insista bien sur ces mots) et n'avons pas vu l'heure passer, je suis désolé, c'est de ma faute.

McGo sembla dépitée de ne pas pouvoir enlever de points à Serpentard pour le retard de Jonnatan, mais après avoir remercié Snape et ordonné à Jonnatan de s'asseoir quelque part, elle continua le cours.

Quand Snape Jr s'assit à côté de Draco, ce dernier commença tout de suite à le mitrailler de questions.

- Sérieusement, vous étiez vraiment en train de vous parler sans vous entre-tuer ?

Jonnatan sourit et dit d'une voix taquine,

- Bah comme tu le vois, je suis entier, et c'est parce que je me suis battu jusqu'au bout pour pouvoir revoir tes beaux yeux. Mon père quant à lui, bah je crois qu'il a perdu un bout de tout, un petit bout de jambe, un petit bout de main, de doigt, tu vois le truc quoi…

- Arrête de faire l'andouille… C'est vrai ? Tu trouves que j'ai de beaux yeux ? demanda Draco d'un ton plein d'espoir.

Jonnatan pouffa ce qui lui attira un regard noir de la part de la vieille chouette.

- Tu sais, j'aimerai bien te prouver là tout de suite à quel point tu es beau et… mignon, mais ce serait un peu inconvenant de faire l'amour sur le bureau de la prof quand on a toute la classe qui y assiste.

- … Maintenant je suis tout excité à cause de toi… eh minute j'ai rêvé ou t'as dit que j'étais mignon ? demanda Draco avec un certain avertissement dans les yeux.

Jonnatan fit semblant de réfléchir puis il dit,

- Si si, je suis sûr que je t'ai dit que tu étais mignon.

- Grrrr, combien de fois est-ce que je dois te dire que les Malfoys ne sont pas mignons, Snape ?

- Ooh t'es fâché, ça sent mauvais pour moi quand tu te mets à m'appeler par mon nom, dois-je m'en inquiéter ?

- Tu ferais mieux, oui, si tu continues à dire que je suis mignon, grogna Draco en crachant le dernier mot.

- Ooooooh c'est qu'il est frustré mon piti lapin en sucre aujourd'hui, dit Jonnatan en lui faisant un clin d'œil.

- Jonnatan Snape, vous venez de signer votre arrêt de mort, préparez-vous à mourir.

- Hum je ne crois pas que ce sera très discret de ta part de me lancer un Avada Kedavra en plein milieu du cours de Métamorphose surtout quand toute la classe y compris la prof nous écoutent, dit tranquillement Jonnatan en se balançant sur sa chaise.

- Quoi ? Oh merde, glapit Draco, je suis foutu.

Puis se levant d'un bond, il se tourna vers Jonnatan et lui cria dessus.

- Tu aurais pu me prévenir quand même que tout le monde nous écoutait. Je vais me faire massacrer par mon père.

- Quoi ? Tu veux dire que t'as toujours pas dit à ton père qu'on sort ensemble ?

- Heu non. Tu sais, il serait très content d'avoir pour gendre le Survivant en personne, alors que son Maître, tout ce qu'il cherche à faire, c'est de t'éradiquer de la surface de la terre. Alors oui il serait on ne peut plus ravi de savoir que je sors avec toi, dit ironiquement Draco.

- Mouais c'est vrai, bon ben en tout cas, ton père il va le savoir très bientôt. Tu me connais moi et ma célébrité que j'adore, eh bien grâce à ça, cette conversation sera demain dans la Gazette, et… D'ailleurs ce qui est bizarre c'est qu'ils n'en aient pas parlé plus tôt. Ça fait quand même cinq mois qu'on sort ensemble.

- Oh §#%$ &¶¡£ je suis dans la mouise jusqu'au cou. Oh TOI, tout ça est de ta faute, tu n'aurais pas pu attendre de me parler à la fin du cours ? cria Draco vers Jonnatan avec une mauvaise foi évidente.

- Eh ! Je te signale que c'est toi qui as commencé à me parler dès que je me suis assis à côté de toi.

- Même pas vrai, NA !

- Oh quelle mauvaise foi, Draco. Je vais devoir te punir pour ton mensonge… hum hum, voyons voir… quelque chose de cruel… hum alooooors… JE SAIS !

Jonnatan eut un sourire sadique en regardant Draco qui commençait à se dire que c'était peut-être une pas si bonne idée de se disputer avec son petit ami.

- Grève de sexe à durée indéterminée, dit Snape Jr.

- QUOIIIIIIIII ? NAN MAIS CA VA PAS LA TÊTE ? TU NE PEUX PAS ME FAIRE ÇA QUAND MÊME ? hurla Draco.

- Regarde-moi bien Draco : bien sûr que je vais le faire, dis bonjour à Madame Poignet et ses Cinq Doigts.

- T'es un vrai sadique, tu es méchant, je ne te le pardonnerai jamais si tu oses me faire cette grève de sexe, dit Draco avec des yeux de chien battu.

- Bon sang Draco ! Et tu veux me faire croire qu'avec tes yeux larmoyants tu n'es pas mignon ? Mais t'es à croquer, je sens que je ne vais pas pouvoir te résister longtemps si tu continues comme ça.

Profitant de ce que Jonnatan venait de dire, Draco accentua l'intensité de son regard et fit même trembler sa lèvre inférieure. Il vit le regard de Jonnatan se brouiller et comprit que ce dernier était excité. Mais Snape Jr se détourna vivement et sortit à grands pas de la salle de classe en lançant à la prof,

- Désolé professeur, mais un problème urgent requiert mon attention immédiate.

Tous les regards se tournèrent vers Draco quand la porte se ferma. Ce dernier leva la tête, fier de lui. Hermione oubliant qu'ils étaient en classe lui demanda,

- Je rêve Draco ou tu viens de le chauffer à fond ?

- Nope tu n'as pas rêvé, dit-il d'un air triomphant, je peux t'assurer que dès ce soir, il va remettre sa grève de sexe à plus tard. On ne fait pas de grève de quoi que ce soit à un Malfoy, et puis quoi encore !

Hermione pouffa dans sa main.

- A ta place je ferais attention, Jonnatan peut être très têtu quand il s'y met et en plus il risque de se venger pour ce que tu viens de lui faire.

Draco se contenta de hausser les épaules et à ce moment-là, la sonnerie annonçant la fin du cours retentit.

Les élèves rassemblèrent leurs affaires et en enjambant la vieille prof qui s'était évanouie à un moment donné, sortirent de la classe.

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Le matin suivant quand Jonnatan se réveilla, il se rendit tout de suite compte qu'il y avait quelque chose qui clochait. Déjà d'habitude, il était toujours réveillé par une série de baisers que lui faisait le corps bouillant pressé contre lui et ce matin, il n'y avait ni baiser ni corps chaud : le lit était glacé. Le brun s'enfonça dans les couvertures à la recherche d'un peu de chaleur, mais rien à y faire, cette sensation de froid persistait.

Quand il ouvrit les yeux, il se souvint de la grève de sexe qu'il avait déclarée à Draco. Il se maudit pour sa stupidité. Mais qu'est-ce qui lui avait pris de dire ça ?

En jurant dans sa barbe comme un charretier, Jonnatan sortit du lit et alla dans la salle de bain en remarquant au passage qu'il n'était que 6 heures du matin et en plus un dimanche. Il faillit hurler de rage, eh bien, elle commençait bien la journée.

Après avoir pris une bonne couche brûlante, pendant une heure, il sortit de la salle de bain avec pour seul vêtement sa serviette enroulée lâchement autour de ses hanches.

En avançant vers son lit, il entendit Draco gémir dans son sommeil. Il semblait être en plein rêve érotique. En écoutant un peu, Jonnatan se rendit compte que les principaux personnages étaient Draco et lui et qu'ils étaient en train d'essayer une position assez difficile dans laquelle il y avait un balai, un rideau, un fouet et un mur. Draco avait une de ces imaginations !

Jonnatan sourit puis s'éloigna après avoir déposé un baiser brûlant sur les lèvres de son blond. Ce dernier ne se réveilla pas, mais se tourna dans le lit en poussant un soupir de bien-être. Jonnatan eut un rire silencieux et se dit qu'il devrait absolument vite trouver un moyen d'enlever cette grève de sexe sans perdre sa fierté, trèèèèèèèèès vite.

Il décida d'aller demander conseil à son père, après tout ce dernier était le pire des Serpentards de son temps, non ?

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Lucius Malfoy se leva ce matin-là de bonne humeur. Son Maître avait prévu une petite attaque de rien du tout (prévoyant 500 morts quand même) d'un village Moldu pour l'après-midi et ensuite une grande fête pour fêter le massacre. Il prit sa douche, se brossa les dents et se peignit les cheveux le plus minutieusement possible. Ensuite il choisit soigneusement ses plus beaux vêtements et descendit enfin dans la salle à manger de la taille d'un terrain de Quidditch.

Il s'assit tranquillement et se servit un peu de café avant de déplier son journal. La précieuse tasse de porcelaine tomba à terre et se fracassa en mille morceaux alors qu'il lisait ce qui était écrit en première page. Puis…

- DRACOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO !

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A plusieurs kilomètres du Manoir Malfoy où Lulu était en train de hurler comme un cochon qu'on égorge, en entrant dans la Grande Salle accompagné de Blaise, Théo et Draco, Jonnatan comprit tout de suite que quelque chose n'allait pas. Ça faisait depuis longtemps que toute la salle ne l'avait pas fixé comme ça. Il lança un regard à son père à la table des professeurs. Ce dernier lui rendit un regard désolé et montra discrètement la Gazette. Jonnatan hocha la tête et alla vers la table des Gryffondors où étaient assis Ron et Hermione.

- Coucou, Herm', tu veux bien me prêter ta Gazette, demanda Jonnatan.

Cette dernière lui lança un regard compatissant avant de la lui passer. Jonnatan la prit et sans l'ouvrir alla rejoindre la table des Serpentards.

Une fois assis à côté de Draco, il l'ouvrit finalement… et sa mâchoire tomba par terre et se fracassa contre le sol. En première page il était écrit en grand

LE SIRVIVANT AMOUREUX DE DRACO MALFOY

Hier soir, nous avons reçu une lettre anonyme dans laquelle une personne nous expliquait que cela faisai cinq mois déjà, à savoir depuis le mois de septembre, que le Survivant sortait avec l'héritier de la plus grande fortune d'Angleterre, Draco Malfoy. La personne nous a précisé que leur relation était très sulfureuse et pleine de rebondissements. Il semblerait bien très chers lecteurs que le cœur de notre très cher Jonnatan Snape ait définitivement été capturé par le fils du serviteur de son pire ennemi, à savoir Celui-Dont-Le-Nom-Ne-Doit-Pas-Être-Prononcé…

Jonnatan leva un regard horrifié vers Draco et remarqua que ce dernier, blanc comme un linge était en train de fixer la photo qui accompagnait l'article. Il regarda à son tour et vit que c'était une photo de Draco et lui en train de s'embrasser passionnément contre le mur d'un couloir.

- Jonnatan, là je suis dans la mouise la plus totale. Et tu as intérêt à me protéger avec tes Super Pouvoirs de Survivant.

Snape Junior fronça les sourcils.

- Pourquoi ?

- Pour ça, dit Draco en fixant un grand aigle royal descendant en piqué vers lui et tenant une enveloppe rouge entre ses serres.

Draco était à présent quasi transparent tellement sa pâleur s'était accentuée. Résigné, il ouvrit l'enveloppe avec des doigts tremblants. Tout de suite la voix icebergoise et grondante comme le tonnerre de Lucius Malfoy s'éleva dans le silence de la Grande Salle.

- DRACO LUCIUS ETHAN ILGRIC MALFOY, COMMENT OSES-TU FAIRE CET AFFRONT A TA FAMILLE ? LE SURVIVANT ! LE SURVIVANT ! TU TE RENDS COMPTE DE CE QUE TU AS FAIT ? NON SEULEMENT TU SORS AVEC CE SURVIVANT A LA NOIX MAIS EN PLUS TU OSES TE PAVANER A SON BRAS ET L'EMBRASSER N'IMPORTE OU ? NON MAIS TU TE RENDS COMPTE QU'IL S'AGIT DE HARRY POTTER ? HEIN ? … Quoi, Cissa ? … Tu dis que ce n'est plus Potter ? C'est qui alors ? Aaaaaaaaah c'est un Snape maintenant ? Oh alors tout va bien, je te félicite mon fils. Dis bonjour au jeune Snape de ma part. Au fait j'espère pour toi que c'est lui le dominé dans votre relation, sinon…

La beuglante prit feu sur ces dernières paroles pleines de menaces de torture au cas où l'espérance de Lucius s'avèrerait fausse.

D'un seul coup toute la salle éclata de rire et Draco cacha son visage aussi rouge qu'une tomate bien mûre contre le torse de son petit ami qui essayait, lui, de retenir le fou rire qui l'avait prit en se souvenant d'une certaine vision qu'il avait eue, ayant pour personnages principaux un Voldy dominant et un Lulu dominé.

- Je crois Draco que là tu viens de toucher le top du top, dit Blaise entre deux éclats de rire.

Ce dernier avait les larmes qui lui coulaient des yeux à force de trop rire et il s'accrochait fermement à la table pour le pas tomber de son siège. D'ailleurs, le reste des élèves n'était pas dans un meilleur état.

Draco gémit et se serra plus fort contre Jonnatan. Ce dernier finit par se lever et ils sortirent tous les deux de la Grande Salle sous les rires moqueurs de la totalité des élèves.

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Severus regardait son fils et son filleul depuis la table des professeurs. Lui-même avait été pris d'une très grande envie de rire quand il avait entendu la beuglante de Lucius, mais il s'était retenu par respect pour Draco. Tout ce qu'il espérait c'est qu'ils allaient vite se sortir de ce problème, mais il savait d'avance que lui, Severus, serait appelé ce soir chez Voldoudou Doux Comme Un Agneau pour une séance intensive de torture, ô joie! ô bonheur !

Le Maître de Potions secoua la tête et se demanda quand est-ce que finalement le monde sorcier serait débarrassé de ce fléau qu'était le Lord Noir. Puis à nouveau il se souvint d'une certaine constatation qu'il avait eu il y a plusieurs mois : pour que Voldichou disparaisse, il faudrait d'abord qu'il soit bousillé, et pour être bousillé il fallait que ce soit son FILS qui se batte contre lui.

Snape Senior sentit un début de migraine l'assaillir et sortit en trombe de la Grande Salle sous le regard incrédule des autres professeurs et amusé de Dumbledore.

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- Je n'ai jamais été aussi humilié de ma vie, gémit Draco alors qu'ils entraient dans leur dortoir.

- T'inquiète, je suis sûr que ça va leur passer d'ici quelques jours, dit Jonnatan en s'affalant sur son lit.

Draco sembla hésiter quant à savoir s'il rejoignait Jonnatan sur le lit ou allait s'asseoir sur son propre lit. Mais son petit ami sembla lui résoudre la question en disant,

- Allez, mon lapin, viens dans mes bras pour que je te fasse un groooooooooos câlin.

- Humpf, dit Draco en levant fièrement la tête, mais il alla quand même deux secondes plus tard se blottir contre Jonnatan.

Plusieurs minutes passèrent sans que ni l'un, ni l'autre ne fasse quelque chose pour bouger. Chacun était dans ses réflexions. Au bout de quelques instants, Draco prit la parole.

- Jesuisdésolédet'avoirmentil'autrejourtumepardonnes? murmura Draco.

- Pardon ? Tu sais, si tu parlais à haute et intelligible voix, j'aurais peut-être des chances de te comprendre, dit Jonnatan moqueusement.

- Ha, ha, ha, très drôle, Jonnatan, dit Draco ironiquement.

- Ben quoi ? demanda innocemment Jonnatan.

- …

- Roooo ça va, si l'on ne peut même plus rigoler. Alors, tu voulais me dire quoi, mon cœur ?

- … je disais jesuisdésolédettavoirmentilautrejourtumepardonnes ?

- C'était pas mieux que la première fois Draco, j'ai rien compris.

- Oh tu m'énerves, lave-toi les oreilles, ça te rendra moins sourd peut-être, dit Draco d'un ton irrité.

Mais Jonnatan se contenta de hausser les épaules et dit tranquillement,

- Ecoute, c'est pas de ma faute si tu ne sais pas parler en articulant comme un être humain. Là, je dirais même que tu étais en train de parler le troll.

- Quoi ? J'étais juste en train de te dire que j'étais désolé pour t'avoir menti l'autre jour et te demandais de me pardonner, et toi tu me traites de troll ? Eh bien, merci, sympa, j'apprécie.

- Eh ben voilà ! Tu vois quand tu veux ! Mais bien sûr que je te pardonne, mon choupinet d'amour.

Draco ignorant le surnom ridicule demanda d'un ton plein d'espoir avec des yeux d'un enfant qui vient de voir Noël avant l'heure.

- Alors ça veut dire que tu lèves la grève de sexe ?

- Hum laisse-moi réfléchir…

- Oh arrête Jonnatan, je sais très bien que tu es aussi en manque que moi, alors ?

- Bon d'accord mais seulement parce que tu insistes, dit Jonnatan d'un air condescendant et il se protégea la tête de ses mains pour parer l'attaque de Draco qui ne tarda pas à venir.

- Oh toi tu ne perds rien pour attendre, dit Draco en le frappant où il pouvait.

-Dis Draco, aïe, tu veux bien, aïe, qu'on arrête de se bat-aïe, battre pour faire quelque chose de aïe plus constructif ?

Draco cessa un instant de le frapper comme pour y réfléchir.

- Quel genre de choses ?

- Hum je ne sais pas, faire l'amour par exemple, dit Jonnatan avant de se jeter sur Draco et de le plaquer sur le lit.

Sur ces paroles, Jonnatan embrassa violemment les lèvres de Draco au point où ce dernier émit un gémissement de douleur mêlé de plaisir. Il mordit violemment la lèvre de Jonnatan pour se venger et le baiser augmenta aussi en intensité.

Draco sentit que son petit ami lui arrachait la chemise et deux secondes plus tard une bouche vorace s'attaqua à l'un de ses mamelons en le suçant, le mordillant et le léchant jusqu'à ce qu'il soit aussi dur qu'un petit caillou.

Draco allait ouvrir la braguette de Jonnatan quand tout à coup la porte s'ouvrit en grand fracas sur…

- Papa ?! cria Jonnatan d'un air incrédule en se relevant précipitamment.

Le Maître de Potions semblait pétrifié à la vue qu'il avait sous les yeux.

- Eh oh ? Papa ? Qu'est-ce que tu fais ici ?

- Hein ? Ah oui, je dois te parler de toute urgence, Jonnatan. Tout de suite. Heu… je t'attends dans mon bureau, rejoins-moi quand tu te seras habillé.

Et il sortit brusquement du dortoir sous deux regards éberlués.

TBC

Voilà voilà, un chapitre tout en émotions. Alors qu'avez-vous pensé de la scène de réconciliation ? Et la réaction de Lucius ? Et la grève de sexe qui n'a vraiment pas duré longtemps ? Et puis surtout, que va-t-il se passer maintenant que tout semble s'arranger ? Ho ho ho que de surprises je vous réserve, car on n'est même pas à la moitié de la fic ! La suite dans le prochain chapitre !

N'hésitez pas à m'envoyer vos commentaires et à me dire ce que vous en avez pensé !

Bisous bisous et à bientôt,

NdM