Chapitre 14
En amour comme à la guerre
En entendant les paroles de Dumbeldore, Jonnatan resta figé pendant quelques instants. Il se reprit rapidement et haussa les épaules.
- De toute façon cette famille ne m'a jamais aimé et je le lui ai bien rendu, alors je suis désolé, mais ça ne me fait ni chaud ni froid qu'ils soient morts. Je vais peut-être passer pour un sans-cœur, mais c'est comme ça, je ne suis pas assez hypocrite pour me mettre à pleurer sur leur soi-disant perte.
Severus, ne sachant comme réagir mais voulant tout de même montrer son soutien, s'approcha de son fils et mit sa main sur son épaule. Jonnatan lui jeta un regard reconnaissant et regarda à nouveau Dumbledore. Ce dernier hocha la tête en signe de compréhension.
- Si tu savais comme je m'en veux Jonnatan de t'avoir placé dans cette maison, mais tu le sais aussi bien que moi que c'était nécessaire. Maintenant, fait curieux, malgré leur mort, la protection créée par ta mère agit encore sur toi. Par conséquent, tu pourras aller vivre au Manoir Snape à partir de maintenant si Severus est d'accord bien sûr.
Jonnatan se tourna avec des étoiles dans les yeux vers son père.
- Je peux vraiment venir passer les vacances chez toi, papa ?
Pour toute réponse Snape hocha la tête avec une certaine tendresse dans les yeux. Tendresse qui disparut en un clignement d'yeux et le Maître de Potions reprit vite son masque d'impassibilité.
- Cool ! cria Jonnatan avec un sourire qui allait d'une oreille à une autre.
- Oui, mais tu as intérêt à être sage, sinon je t'interdirai de voir tes amis pendant les vacances, fit Snape Senior d'un air neutre.
En entendant ça, Jonnatan fit une tronche jusque par terre. Snape ne put empêcher un sourire moqueur étirer es lèvres. Son fils le regarda d'un air soupçonneux.
- Toi, papa, tu mijotes quelque chose et je veux savoir quoi tout de suite, dit-il d'un air impérieux.
Le Maître de Potions eut un sourire rusé.
- T'ai-je déjà dit cher fils, que le Manoir Snape se trouve à tout au plus quelques kilomètres du Manoir Malfoy dans le Wiltshire ?
La mâchoire de Jonnatan se décrocha et alla se fracasser par terre.
- Tu veux dire que j'aurai l'occasion de voir Draco tous les jours ? C'est la meilleure nouvelle que j'ai entendue depuis une éternité !
Severus envoya un regard suppliant à Albus, mais ce dernier trop plongé dans ses pensées ne le remarqua pas.
En effet, en les voyant tous le deux, Dumbeldore eut un sentiment de culpabilité, non il n'avait pas le droit de continuer à leur cacher ça, il allait le leur dire, mais pas maintenant… bientôt… très bientôt. De plus avec la disparition des Dursley… Oui, il le leur dirait bientôt. Tout ce qu'il espérait c'est qu'ils lui pardonneraient de le leur avoir caché.
Extérieurement, le directeur leur sourit en leur souhaitant bonsoir et sortit tranquillement de la salle.
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Deux personnes étaient réunies dans une des salles les plus éloignées du Manoir Malfoy, se trouvant trois niveaux sous terre. Elles parlaient tellement bas que même un espion n'aurait pu les entendre, si déjà l'espion en question avait pu arriver jusque là.
- Lucius promets-moi que tu seras prudent, je t'en prie, disait la voix suppliante de Narcissa Malfoy.
- Je te le promets, ma chérie. Evidemment pendant les vacances de Pâques cela sera assez délicat lorsque j'inviterai le jeune Snape ici vu que le Seigneur des Ténèbres veut que je le lui envoie à la première occasion. Quand je pense que mon fils s'est entiché de lui, dit Lucius Malfoy avec une certaine moue de dégoût, et dire qu'il sort en plus avec lui. Un Snape ou pas, il reste ce satané Survivant. Il pourrait être tué par le Seigneur n'importe quoi, et laisser notre fils avec le cœur brisé.
- Calme-toi Lucius, tu sais très bien que l'amour ne se contrôle pas. Bien maintenant, qu'as-tu prévu de dire au sujet de ma soi-disant mort ?
- Que pendant que je m'étais absenté, un homme a réussi à contourner les protections du Manoir et pénétrer dans la maison par effraction, te prenant par surprise. Tu as essayé de te défendre, mais avant que tu aies pu prendre ta baguette, il t'a lancé l'Avada Kedavra te tuant sur le coup. Ça, ce sera la version officielle pour l'extérieur. Au Seigneur des Ténèbres, je lui dirai que je t'ai surprise avec ton amant, et ne voulant pas perdre la face, je vous ai tous les deux tués, et ai ensuite maquillé le crime pour que ça colle à la version officielle.
Narcissa resta silencieuse pendant quelques instants puis dit d'un air dubitatif,
- N'est-ce pas un peu tiré par les cheveux ?
- Non, non. Très chère, je puis t'assurer que plus le mensonge est gros, plus ils l'avalent facilement.
Narcissa sourit de l'air suffisant de son mari et lui donna un léger bécot. Mais Lucius la prit dans ses bras et approfondit leur baiser. Il savait qu'il se voyaient pour la dernière fois avant un moment. Même s'ils allaient continuer à communiquer ensemble, se voir physiquement allait être exclu à partir de là.
Quand ils se séparèrent, il lui chuchota,
- Je ferai tout pour que ça se finisse vite et qu'on puisse à nouveau se marier. Je ne te le dis pas souvent, mais mon cœur t'appartient.
Narcissa en eut les larmes aux yeux. Ainsi son mari avait donc un cœur, c'était la toute première fois en presque 20 ans de mariage qu'il lui avouait enfin ses sentiments. Elle se serra contre lui et posa sa tête sur son épaule.
Au bout de quelques instants elle demanda d'un ton anxieux,
- Et au sujet de Draco ? Si le Seigneur des Ténèbres s'en prend à lui ?
- Ne t'inquiète pas, je suis sûr qu'il est en sécurité entouré comme il est, sourit Lucius.
- Que veux-tu dire ? lui demanda sa femme.
- Voyons, par où commencer ? Le cher et tendre de notre fils se trouve être Jonnatan Snape, qui est le Survivant, qui est le chouchou de Dumbledore, qui lui fera n'importe quoi pour son petit protégé. En plus par dessus tout ça, il y a encore Severus qui est son parrain avant d'être Mangemort et qui le protégera envers et contre tout. Tu vois, il est très bien protégé !
- Oui j'avoue que ça me rassure, mais tu ne m'as toujours pas dit où est-ce que je devrais me cacher, dit Cissa.
- Je ne peux pas et ne veux pas te le dire, il n'y a que moi qui le sait et moins de personnes le savent, au mieux c'est. Tu seras protégée par le Fidelitas et je serai ton Gardien. C'est le seul secret que le Seigneur des Ténèbres n'arrivera jamais à m'arracher.
- Tu n'as pas peur que pendant vos… ébats, il lise dans tes pensées ?
Une légère couleur rosée apparut pendant un instant sur les pommettes de l'homme, et il baissa les yeux de honte.
- Non, j'ai demandé à quelqu'un de confiance de m'apprendre la Legilimencie et je la maîtrise parfaitement maintenant. Cesse de t'inquiéter et, bien que cela m'écorche la bouche de devoir dire ça, mais je prie Merlin pour que le Survivant tue une fois pour toutes le Seigneur des Ténèbres et nous libère tous de sa tyrannie.
- Oh mon chéri, je suis fière de toi, tu as enfin accepté le Survivant. Oh j'ai hâte que notre petit Draco se marie avec lui et nous fasse des enfants.
Lucius eut vraiment une mine écœurée.
- Pardon ? Des enfants ? Mais je suis trop jeune pour devenir grand-père ! s'horrifia-t-il.
La mère de Draco pouffa et l'embrassa à nouveau. Pour une fois qu'ils communiquaient à cœur ouvert, elle tentait d'en profiter au maximum. Quelques minutes s'écoulèrent, puis Lucius finit par se détacher.
- Il est l'heure d'y aller. Le Seigneur des Ténèbres est en train d'attaquer un village en Irlande, c'est le moment ou jamais de te faire disparaître. Allons-y.
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- Allez relève-toi Jonnatan, il faut que nous continuons. Je dois avouer que par rapport à l'année passée, tu as fait quelques progrès en Occlumencie, mais ce ne serait toujours pas suffisant face au Seigneur des Ténèbres, dit Snape.
Jonnatan grinça des dents à cause de la douleur et répondit,
- Peut-être parce que l'année passée, j'était plus occupé à te haïr qu'autre chose ?
Le maître de potions grimaça.
- Ça, c'est un coup bas… bon j'avoue que je n'étais pas vraiment gentil à cette époque avec toi…
- Gentil ? s'exclama Jonnatan, ce mot est un total euphémisme ! S'il y a un an quelqu'un m'avait dit qu'un jour tu deviendrais gentil avec moi je l'aurais tout de suite envoyé à Sainte-Mangouste et puis lui aurais fait subir un lavage de cerveau au cas où…
- Oui très bien, très bien, j'ai compris, j'ai été un vrai salaud avec toi, c'est bon je l'avoue, content ? dit Snape.
Jonnatan sourit d'un air triomphant.
- Eh ben voilà ! Tu vois, c'était pas aussi dur que ça, non ?
- Grrrrrr, tu me le payeras…
- Mais je n'en doute pas très cher, j'espère juste que votre vengeance sera à la hauteur de mes attentes, parce que franchement tu commences à te faire vieux pour faire des vengeances correctes. Je trouve même que tu te ramollis…, fut le plus jeune avec une moue sur le visage.
La moue se transforma en un sourire angélique à la vue de son père qui fulminait en maugréant.
- Je te promets que tu vas me le payer et très cher. De plus ma vengeance sera lente et douloureuse.
- Heu, papa ? T'es censé faire peur comme ça ? Parce qu'honnêtement…
- Ça suffit, maintenant ! Bon, j'espère que tu as bien profité de ces quelques minutes de répit, parce que maintenant tu vas en baver pour chaque mot insultant et impertinent que tu m'as dit. C'est parti pour deux heures ininterrompues de pratique d'Occlumencie, fit papa Snape d'un air guilleret.
Jonnatan fit une tronche jusque par terre, mais se leva quand même, la baguette tendue.
« Merlin, viens-moi en aide », pria-t-il en pensée.
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Jonnatan entra dans le dortoir en marchant comme un canard boiteux. Les autres levèrent les sourcils en le voyant.
- Vous la fermez et je ne veux entendre aucune moquerie. Je vous raconte pas le nombre de fois où je suis tombé sur les fesses, j'ai trop mal, mamaaaaaaaaan !
Soudain le dortoir fut rempli de cinq voix tonitruantes en train de s'esclaffer alors que Jonnatan grommelait et allait s'enfermer dans la salle de bain en claquant la porte. Il n'en ressortit qu'une bonne demi-heure plus tard.
- Alors comme ça le pauv' piti Survivant se fait maltraiter par son messant papounet ? demanda moqueusement Blaise alors que les autres éclataient à nouveau de rire.
Pour toute réponse Jonnatan lui envoya son coussin à la tête. Ne s'y attendant pas, Blaise se le prit en plein dans la tronche et s'ensuivit une véritable bataille de polochons qui laissa la chambre sens dessus-dessous, des plumes volant un peu partout et les six adolescents échevelés et tout rouges.
Finalement, Jonnatan se leva et commença à s'habiller. Draco haussa les sourcils.
- Et où est-ce que tu comptes aller ? demanda-t-il.
- Rejoindre un amant, répondit Jonnatan le plus sérieusement qu'il put.
La réaction de Draco ne tarda pas : il sauta sur ses pieds et prit Jonnatan par le cou.
- Qu'est-ce que j'entends ? Tu oses me tromper ? Qui est cette pourriture ? Dis-le moi tout de suite que j'aille l'assassiner de ce pas !
- Je ne crois pas que Dumbledore apprécierait de se faire massacrer par un blondinet trop jaloux défendant son territoire… bien que ça lui plairait de savoir qu'il n'est pas encore assez vieux pour faire des jaloux, dit le plus sérieusement du monde Jonnatan.
Draco rougit furieusement et lui tira la langue, un peu honteux de s'être fait avoir. Il ne se pensait pas être aussi jaloux.
- A cette heure de la nuit ? demanda-t-il quand même d'un air incrédule.
- Je sais Draco qu'il est 10h30 du soir et non je n'ai pas perdu la tête, j'ai quelque chose à demander à Dumbeldore et il vaut mieux que mon père ne le sache pas.
Immédiatement, Draco s'accrocha au bras de Jonnatan en papillonnant des yeux.
-Tu me diras après ce que tu es allé demander à notre cher directeur préféré ? demanda-t-il.
Jonnatan fronça les sourcils et dit moqueusement,
- Draco arrête avec ces simagrées. Et je suis désolé mais je ne pourrai pas te le dire parce que ce n'est pas mon secret… bien je vais y aller maintenant, juste le temps de prendre ma Cape d'Invisibilité… et voilà. A plus les gars !
Une fois Jonnatan parti, Blaise demanda,
- A votre avis, il est allé demander quoi au dirlo ?
Draco haussa les épaules.
- Ça doit surement être quelque chose en rapport avec Vous-Savez-Qui, il se montre toujours secret dès qu'on aborde le sujet.
Draco rougit légèrement en se souvenant ce que lui disait Jonnatan à chaque fois qu'il lui posait des questions sur la guerre.
« Je t'aime Draco et je ne veux pas gâcher les moments que je passe avec toi à parler de noirceur et de guerre » et il l'embrassait pour couper court à ses protestations.
Blaise remarqua son rougissement et pour le taquiner, il dit,
- Je suis sûr que quand il est avec toi, Jonnatan a mieux à faire que de parler, n'est-ce pas Dracky d'amour ?
Draco lui tira la langue et pour se venger il lui rétorqua,
- Moi au moins, j'ai un petit ami. Et toi qui es amoureux, tu LUI as dit que tu l'aimais ?
Blaise jeta un rapide coup d'œil à Theo et fit les gros yeux à Draco. Malheureusement Theo intervint à cet instant.
- Blaise ? Notre coureur de pantalons national est amoureux ? Etonnant ! Draco, j'insiste pour savoir qui est le garçon qui a enfin ravi le cœur de notre Don Juan !
Draco répondit alors que Blaise lui jetait un regard noir.
- Je suis désolé Théo, mais je ne peux te le dire. Blaise m'a fait jurer de garder le secret et je ne peux pas trahir ma promesse. Mais tu peux toujours le demander à lui… Oh, et Theo si tu veux lui arracher une quelconque information, Blaise est chatouilleux des côtes, il avouerait n'importe quoi quand on le touche à cet endroit-là, ajouta-t-il innocemment.
- Draco, tu viens de signer ton arrêt de mort, dit Blaise qui avait pâli sous les yeux prédateurs de Theo.
- Mais oui, Blaise, je suis sûr que tu me remercieras plus tard. Sur ce bonne nuit tout le monde, dit Draco et il tira les rideaux du baldaquin de Jonnatan.
- Salut Theo, ça a été une belle journée n'est-ce pas ? dit Blaise précipitamment en reculant au fur et à mesure que Theo avançait en levant les mains et remuant ses doigts.
Blaise eut tout juste le temps de penser de se venger de Draco par le pire des moyens quand il sentit les mains de Theo sur lui. A partir de ce moment-là, il n'arrêta pas de gigoter dans tous les sens en riant de toute son âme. Il n'arrêtait pas de supplier son tortionnaire d'arrêter, mais Theo implacable continuait à le chatouiller partout sur les côtés jusqu'à ce que Blaise crie,
- Ok c'est bon ! Je te le dirai mais par Merlin je t'en prie arrête !
Mais Theo sans arrêter pour autant lui répondit,
- Nan, dis-le-moi et puis j'arrêterai.
- Tu me connais trop pour mon propre bien, dit Blaise qui pleurait presque maintenant sous les chatouilles, ok ok… c'est de TOI dont je suis amoureux !
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Une fois arrivé devant la gargouille, Jonnatan prononça le mot de passe presqu'en chuchotant et en se demandant ce qui se passait dans la tête de Dumbledore pour choisir de tels mots de passe.
- Fudge est un imbécile.
Il monta les escaliers en colimaçon et toqua à la porte. En entrant, il trouva Dumbeldore assis derrière son bureau en train de déguster un énorme morceau de gâteau au… question à une noise, quel est le fruit avec lequel est fait le gâteau de Dumbledore ? Le CITRON, évidemment !
En voyant Jonnatan, Dumby accepta de mauvais cœur de délaisser son pêché mignon pour accorder son attention à l'adolescent qui à cet instant était en train de se demander par quel miracle, Dumby n'était pas encore devenu diabétique… Ah, s'il connaissait le secret que cachait Dumbledore à tout le monde…
- Oui ? Que puis-je faire pour toi, Jonnatan ? demanda le barbu.
- Hum, en fait j'ai une faveur à vous demander, professeur…
- Laquelle ?
- Heu… je… c'est au sujet de mon père que je viens, commença le jeune Snape.
- Qu'est-ce qui se passe ? Severus ne se sent pas bien ? Y a-t-il un problème ?
- Non non non, c'est pas ça, il ne sait même pas que je suis ici maintenant. En fait, comme vous avez dû le remarquer, ces derniers temps je m'entends de mieux en mieux avec mon père et je voulais vous demander s'il y avait moyen pour qu'il arrête d'être espion. Vous comprenez, il est le seul parent encore en vie qui me reste, moi qui n'ai jamais eu de parents et… je ne veux pas perdre une personne de plus par la faute de Voldemort.
Dumbeldore resta silencieux pendant un instant semblant réfléchir. Puis il parla.
- Il faut que tu saches Jonnatan que ton père a accepté de son plein gré d'être espion quand je le lui ai demandé. Pour dire la vérité, il y a 16 ans, c'est lui-même qui est venu vers moi, alors qu'il était Mangemort, pour se proposer d'espionner pour mon compte. C'est pourquoi je pense que tu devrais le demander à lui directement, je ne peux pas te dire à sa place, tu comprends ?
Jonnatan hocha la tête. Soudainement, Dumby se leva et courut jusqu'à la cheminée, et avant même que Jonnatan ait pu dire quoi que ce soit, son père apparut dans le bureau du directeur.
- Comment avez-vous osé ? Je vous avais dit que je ne voulais pas qu'il le sache, s'exclama Jonnatan d'une voix dure en s'adressant à Bubus, furieux d'avoir été ainsi trahi.
- Que je sache quoi ? demanda Snape en plissant les yeux.
Jonnatan se mit à bégayer.
- Oh rien… rien du tout !
Mais Dumby en ange vengeur prit la parole.
- Je crois Severus que ton fils a quelque chose à te dire et à te demander. Je vous laisse seuls, Dobby m'a dit qu'il a trouvé une nouvelle recette de gâteau au citron. Il m'a bien certifié que c'était délicieux. Je vous souhaite le bonsoir messieurs.
Et Dumby disparut dans un tournoiement de flammes vertes dans la cheminée. La classe !
Restés seuls, les deux Snape se regardèrent dans les yeux, mais Jonnatan détourna les siens en premier et marcha un peu pour fuir le malaise qui s'était installé. Puis se tournant brusquement vers son père, le brun dit précipitamment,
- Bon ben, c'était sympa de te voir, mais je dois y aller. Bonne nuit, papa, on se voit demain en cours.
Et il courut vers la porte qui lui claqua au nez. Se tournant vers son père, il vit se dernier ranger tranquillement sa baguette après avoir verrouillé la porte.
- Maintenant, Jonnatan, tu viens t'asseoir et tu m'expliques ce qui ne va pas, au point où tu aies cru bon de venir voir le directeur au lieu de me parler directement.
Vaincu, Snape Jr baissa la tête et les épaules voûtées, prit le premier siège qui lui tombait sous la main pour s'affaler dessus. Pendant un moment il regarda partout sauf vers son père, mais se rendant compte que Severus attendait patiemment qu'il prenne la parole, il dit dans un lamentable bégayement,
- Je voulais demander à Dumbeldore pour que tu arrêtes ton rôle d'espion.
Plusieurs longues secondes qui semblèrent une éternité au brun passèrent, au bout desquelles Jonnatan osa lever son regard pour rencontrer celui abasourdi de son père.
- Et pour quelle raison voudrais-tu que j'arrête ?
Jonnatan, mal à l'aise, gigota un peu sur son siège et détourna le regard.
- Parcequejeneveuxpasteperdre.
- Pardon ? Je n'ai rien compris, Jonnatan, tu sais si tu articulais un peu ça m'aiderait beauc…
- PARCE QUE JE NE VEUX PAS TE PERDRE, VOILA, T'ES CONTENT ?
Un silence juché sur un mouton sauta au dessus de la barrière.
Deux silences juchés sur un mouton sautèrent au dessus de la barrière.
Trois silences juchés sur un mouton sautèrent au dessus de la barrière.
Quatre silences juchés sur un mouton saut… s'écrasèrent contre la barrière, ils étaient trop lourds, ce qui permit à Severus de retrouver la voix.
- Mais pourquoi ? Tu m'a clairement spécifié dans le passé que tu ne m'aimais pas, alors je ne te comprends vraiment pas…
- Dans le passé, justement. C'est ce qui fait la différence, parce que dans le présent je… je… je…
-Tu quoi, Jonnatan ? Continue ta phrase.
- … Je t'aime, papa et je ne veux pas te perdre…
Jonnatan baissa la tête n'osant rencontrer les yeux perçants de l'homme assis en face de lui. Il entendit le frôlement d'une robe et comprit que son père s'était levé. Il s'attendait à ce qu'il parte, mais contre tout attente, il sentit deux bras forts, mais hésitants le serrer maladroitement dans une étreinte réconfortante.
- Hum bon, en parfait Serpentard que je suis, je t'avoue Jonnatan que j'ai beaucoup de mal avec tout ce qui est relié de près ou de loin avec les sentiments. Alors je ne vais pas y aller par quatre chemins : tu es mon fils, il y a depuis longtemps que je l'ai accepté, je m'inquiète beaucoup pour toi et enfin j'ai énormément de tendresse pour toi. En clair, je t'aime. Voilà après ça, n'espère plus jamais entendre de ma part des phrases aussi dégoulinantes de sensiblerie.
Jonnatan toujours appuyé contre le torse de son père se détacha légèrement et lui fit un sourire sarcastique.
- Quel romantisme, père ! J'espère que ce n'est pas comme ça que vous avez séduit ma propre mère, la pauvre a dû avoir une attaque !
- Grrrrrr, je te jure que je vais finir par me venger pour toute ton impertinence, et ce jour-là tu ne rigoleras plus autant, je peux te l'assurer.
- Mais oui, mais oui, c'est ce qu'on dit. En fait, tu n'as toujours pas répondu à ma question, au sujet de… tu sais… ton rôle d'espion…
- Je suis désolé Jonnatan, mais il faut que je continue. Les informations que je fournis à Dumbledore sont primordiales dans le combat contre le Seigneur des Ténèbres. Mais je te promets que le jour où je reviendrai ensanglanté de chez lui, ce jour-là tu pourras avoir toute l'autorité pour m'empêcher d'y retourner. Tu as même le droit de m'attacher, s'il le faut.
Jonnatan resta silencieux pendant quelques instant puis hocha la tête.
- Je préfère ça à un non définitif.
Après ça il se leva, et prenant son père par surprise, lui planta un baiser bien baveux sur la joue.
- Bonne nuit, papa ! Tu me promets de venir me border puis me lire une histoire pour m'endormir ? dit-il en riant.
Et il s'enfuit du bureau du dirlo alors que Snape levait les yeux au ciel en murmurant,
- Irrécupérable.
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Le vendredi matin, Draco se réveilla de très mauvaise humeur. Il était tellement excité de faire la surprise de Saint-Valentin à Jonnatan qu'il n'en pouvait plus d'attendre que le dimanche arrive bientôt. Et dire qu'il y avait encore touuuuuuute une journée de cours plus touuuuuuut un samedi à Pré-au-Lard à supporter avant que dimanche n'arrive. « Grrrrr ». Draco était de très mauvais poil, chose que ne manqua d'ailleurs pas de remarquer Jonnatan en se réveillant quelques minutes plus tard à cause des mouvements de Draco.
- Draco, arrête de gigoter, j'ai besoin de dormir.
- Oh c'est bon Jonnatan, arrête de faire cette tête, de toute façon on commence par deux heures de divination alors tu auras tout le temps nécessaire de dormir.
- Et alors, c'est pas une raison, dit Jonnatan en enfonçant sa tête sous l'oreiller, dois-je te rappeler que cette nuit on a fait l'amour non-stop jusqu'à 5 heures du matin et que là il n'est que 6h30 ? Tu te rends compte que je n'ai dormi qu'une heure trente, hein ?
- Oh écoute Mr Je-Râle-Sur-Tout-Et-Sur-Rien Snape, je te signale que moi aussi je suis dans le même cas.
- Oui mais toi, tu te lèverais à 6h du matin même un dimanche, alors n'essayes pas de me comparer à toi, dit Jonnatan d'un air boudeur.
Draco, d'exaspération leva les yeux au ciel et se dit que s'il continuait à parler avec son petit ami, il y a aurait bientôt un meurtre.
Alors pour éviter de tuer Jonnatan (il était trop bon au lit) et aussi de se retrouver à Azkaban pour le reste de son existence, il se dépêcha d'aller s'enfermer dans la salle de bain, laissant le brun retourner dans les bras de Morphée qu'il aimait apparemment plus que Draco… enfin pas tout à fait vu que dès qu'il entendit le son de la douche qui coulait, il se leva d'un bond et se jeta presque sur la porte de la salle de bain. On peut seulement dire que Draco oublia sa mauvaise humeur très vite.
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- Draco, où est-ce que tu m'emmènes ? Et pourquoi est-ce que tu m'as demandé de me mettre sur mon trente-et-un ? demanda Jonnatan alors qu'ils marchaient dans la rue principale de Pré-Au-Lard.
- Tu n'as toujours pas compris, n'est-ce pas ?
- Mais compris quoi ? dit Jonnatan exaspéré.
- Hum, Jonnatan ? Quelle date sommes-nous aujourd'hui ?
- Le 14 février, et alo… et %$#§ !
- Ah je vois que tu as enfin compris, dit Draco sarcastiquement.
- Draco chéri, que veux-tu que je fasse pour me faire pardonner de cette impardonnable erreur ? demanda Jonnatan en joignant les mains en signe de supplication.
Le blond fit mine de réfléchir.
- Hum je verrai ce soir pour ta punition, en attendant on va à un restaurant, j'y ai fait des réservations.
- Ah et quel genre de restaurant ? Parce que te connaissant je ne m'attends pas à un truc de tout repos, du genre guindé où on doit faire attention à tout, dit Jonnatan d'un air suspicieux.
- Ah, tu me connais troooop bien pour mon propre bien, dit moqueusement Draco, mais désolé pour toi, je ne te dirai rien. C'est une surprise.
Jonnatan grommela dans sa barbe.
- Espérons que ce ne soit pas une surprise empoisonnée.
- EH ! Je t'ai entendu ! Alors tu me fais si peu confiance, c'est ça ? s'écria Draco d'un ton faussement mélodramatique.
- Draco chéri, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, tu te trouves à Serpentard, et je peux t'assurer qu'AUCUN Serpentard n'est digne de confiance, même celui qui partage mon lit… attends, SURTOUT celui qui partage mon lit.
- Sympa, je m'en souviendrai. Mais, Jonnatan chéri, il semblerait que tu aies oublié un détail. Ce n'est pas pour te casser, mais je te rappelle que tu es également à Serpentard.
- Hum, Draco chéri, c'est pas pour te casser, mais c'est pas moi qui t'emmène dans un restaurant avec sur le visage une mine diabolique.
- Hé même pas vrai, moi je cache parfaitement mes émotions… zut, je me suis fait griller.
Jonnatan éclata de rire.
- Bien maintenant, tu vas me dire gentiment quelle genre de surprise m'attend dans ce restaurant.
Draco déglutit et ferma les yeux. Cependant il ne dit rien.
- Draco ? dit Jonnatan d'une voix doucereuse.
Le blond frissonna sous cette voix qui lui promettait une torture lente et douloureuse s'il n'ouvrait pas la bouche maintenant, mais il ne dit rien quand même. Il sentit Jonnatan s'approcher, mais continua à garder les yeux fermés.
Jonnatan savait que Draco finirait par craquer seulement il était intéressé de savoir combien de temps il mettrait avant. Il se pencha doucement vers lui et souffla sur les lèvres du blond et se recula instantanément.
Furieux, Draco ouvrit les yeux et le regarda intensément alors que Jonnatan avait un sourire moqueur sur les lèvres.
- Alors, blondinet, tu vas me dire ce que tu me réserves pour cette chère soirée de Saint-Valentin ? Sans oublier de te dire que tu m'as évité pendant toute la journée comme si j'avais la peste…
- Si je t'ai évité, c'est parce que je savais que malin comme tu l'étais, tu aurais fini par tout deviner. Mais au sujet de ce que je te réserve, je ne te dirai rien, NA !
Et il lui tira la langue de manière très mature.
- Draco, tu sais très bien que je n'aime pas trop les surprises pour la simple raison qu'on ne sait jamais à quoi s'y attendre.
- Oui, mais tu verras, je suis sûr qu'elle te plaira ma surprise.
- Draco ! Ce que tu peux être contradictoire ! s'exclama Jonnatan.
Le blond eut l'air surpris.
- Comment ça ? Qu'est-ce que tu entends par là ?
- Je veux dire que la lueur dans tes yeux dément ce que tu viens de me dire, tu comprends mieux maintenant ?
- Oh je t'en prie Jonnatan, arrête de faire toute une histoire de tout ça, tu verras tu me remercieras plus tard. Maintenant tu te tais jusqu'à ce qu'on arrive parce que je ne te dirai de toute façon rien, alors pourquoi gaspiller ta salive ? dit Draco d'un ton catégorique.
Jonnatan voyant son air déterminé décida de changer de tactique.
- Allez, mon petit dragon d'amoûûûûûûûûûûûûr, dis-le moâââââââââ, s'il teu plaiiiiit…
Draco le regarda comme s'il était devenu fou… ça ne devait pas être très loin de la réalité.
- Jonnatan arrête ta comédie, on est en plein milieu de la rue principale de Pré-au-Lard. Si toi, tu veux te donner en spectacle, libre à toi, mais ne compte pas sur moi pour t'accompagner.
Jonnatan se renfrogna et baissa les épaules.
- Bon d'accord, je te suis. Merlin aidez-moi à supporter quelque soit la surprise qui m'attend dans ce restaurant, dit-il en regardant le ciel comme si Merlin s'était tout à coup transformé en Dieu.
Arrivés au restaurant auquel on accédait par un passage secret d'une maison délabrée, Draco et Jonnatan tendirent leurs vestes à l'hôtesse d'accueil et se firent indiquer leur table.
En ouvrant le menu, les yeux de Jonnatan s'arrondirent comme des sous-coupes tandis qu'il avait un hoquet de surprise, sous le regard diabolique de Draco.
TBC
