Chapitre 16
Les uns révèlent d'autres hésitent
- Lily n'est pas morte.
Suite à cette déclaration, Severus et Jonnatan se mirent à regarder Dumbeldore comme s'il s'était transformé en Trelawney elle-même alors que le roi du Silence s'installait à l'infirmière et que ses sujets se mettaient à construire la ville du Silence partout alentour. L'un des plus gros silences qui travaillait à construire son toit et qui justement se trouvait près du Maître de Potions, faillit en avoir une crise cardiaque quand tout à coup, Snape Senior s'exclama,
- Albus, vous savez que vous m'inquiétez ? Je pense que vous devriez demander à Pompom de vous soigner…
Le dirlo eut un sourire triste.
- Je sais Severus que tu n'oses pas croire à ce que je viens de te dire et d'une certaine manière… tu as raison.
Jonnatan intervint à son tour et dans sa voix perçaient toutes sortes d'émotions allant de l'espoir à la tristesse la plus grande.
- Comment ça ? Vous voulez dire que ce que vous venez de dire était une plaisanterie? Si c'est le cas, alors c'était très cruel de votre part, professeur.
- Non ce n'était pas une plaisanterie. Le fait est que même si Lily n'est pas morte c'est un peu tout comme, dit Dumbledore.
Le voix de Snape, glaciale et légèrement angoissée, s'éleva.
- Par Salazar et tous ses sous-fifres, Albus, arrêtez de tourner autour du pot et dites-nous ce qui est arrivé à Lily !
Un long silence pesant et balourd s'installa entre eux, au bout duquel Dumbeldore finit par dire,
- Lily n'est pas morte, mais ça fait quinze ans qu'elle est dans un coma magique.
Si Voldy était tout à coup apparu devant eux déguisé en actrice de porno en leur criant « J'aime la vie, je vous aime tous et je déteste la Magie Noire et les préjugés », ils n'auraient pas été plus consternés. Jonnatan était carrément resté bouche bée. Puis il dit très intelligemment,
- Hein ?
Son père n'était pas mieux que cela. En se tournant vers lui pour lui demander des explications, il rencontra un visage pâle d'où ressortaient des yeux vides d'expression. Aussitôt il se précipita vers son père et s'assit à côté de lui.
- Papa ?
Aucune réaction.
- Papa, réponds-moi !
Aucune réaction.
- Papa, reprends-toi !
Aucune réaction.
- Papa, Trelawney m'a avoué qu'elle était amoureuse de toi !
Aucune réac…
- QUOI ?
Voyant le visage hilare de son fils, Snape se rendit compte qu'il s'était encore fait avoir et se renfrognant, lui jeta,
- Je te jure Jonnatan qu'un de ces jours, hein, ma vengeance sera terrible !
Mais Jonnatan fit un soupir théâtral et dit d'un faux air dramatique,
- Tu sais p'pa, à force de le répéter au moins un million de fois, je vais finir par te croire et tu vas finir par me faire un tout petit peu peur.
- Grmpf !
Tout à coup,
- Hum hum.
Les deux Snape se tournèrent effrayés s'attendant à voir Ombrage apparaître comme par magie devant eux, mais ils soupirent en se rendant compte que ce n'était que Dumby. Ce dernier reprit la parole.
- Alors vous me pardonnez de vous l'avoir caché ?
Snape, père et fils se regardèrent puis se tournèrent vers le dirlo et lui jetant un regard furieux, ils crièrent en même temps,
- NON !
- CERTAINEMENT PAS !
Bubus déglutit, mais hocha la tête. Puis une lueur rusée apparut dans ses yeux et les regardant d'un air calculateur, il dit,
- Et si je vous emmenais voir Lily, vous me pardonneriez ?
Ce fut Snape Senior qui répondit d'une voix polaire.
- Non, parce que nous emmener voir Lily fais partie de vos obligations envers nous et n'est pas un élément de chantage. Et de plus, le fait même que vous tentiez de nous faire du chantage aggrave encore plus votre cas.
Le directeur prit un air renfrogné tandis que Jonnatan refrénant son hilarité demanda d'un air aussi glacial que son père (tel père, tel fils, après tout).
- Mais si ma mère n'est pas morte, où l'avez-vous gardée pendant toutes ces années ? Parce que franchement, je ne vois aucun endroit où elle aurait pu être à l'abri de Voldemort et de ses Mangem…
Mais son père l'interrompit en disant dans un souffle,
- Poudlard…
- Poudlard quoi ? demanda Jonnatan avec incompréhension.
Puis l'étincelle se fit dans sa tête.
- Tu veux dire que ma mère pendant tout ce temps était à Poudlard ?
Puis se tournant vers Dumbledore, il allait dire quelque chose, mais à nouveau son père l'interrompit et dit d'une voix furieuse à Dumby qui se ratatina sur place.
- Albus, vous n'allez pas me dire quand même que pendant toutes ses années elle était à Poudlard et que vous ne m'avez rien dit, n'est-ce pas ?
Le concerné rentra la tête dans ses épaules. Il fallait dire qu'il pouvait être effrayant le Snape quand il se fâchait… alors deux Snape qui vous regardaient comme s'ils allaient vous réduire en bouillie dans les secondes à venir, c'était pire.
- Mais enfin Severus, tu es un homme censé, tu dois bien comprendre mes raisons ! Comme je te l'ai dit, il était important pour que tu ne le saches pas…
- Et moi ? Moi, je n'étais ni Mangemort, ni espion, j'était juste un orphelin programmé à tuer dès sa naissance et qui ne demandait qu'à savoir ses parents vivants, pourquoi vous ne m'avez rien dit à MOI ? intervint Jonnatan d'une voix impitoyable.
- Jonnatan, rien ne devait te détourner de tes études et puis tes amis…
- Vous vous enfoncez professeur, le coupa à nouveau Jonnatan toujours avec le même ton, mes amis n'ont rien à voir avec ma famille et s'il l'avait fallu, j'aurais pu tout tenir secret. Alors, par Merlin et tout le toutim des sorciers puissants, pourquoi ne M'AVEZ-VOUS RIEN DIT ?
A la fin de sa tirade, Jonnatan avait perdu le peu de patience qui lui restait et s'était mis à hurler déchainé. Il tremblait de tout son corps quand il se sentit doucement tiré vers l'arrière et se retrouva dans l'étreinte protectrice de son père.
Tout en fusillant un Dumby plus que gêné du regard, le Maître de Potions était doucement en train de bercer son fils pendant que celui-ci sanglotait sans retenue contre son épaule. Au bout de plusieurs minutes, Jonnatan finit par se calmer et se redressa brusquement. Les joues striées de larmes, il regarda fermement son directeur, toute trace d'émotion disparue de son visage, mis à part ses yeux rouges.
- Jonnatan, je me refusais de te perturber avec ça. Je voyais bien que ta vie n'était déjà pas facile et…, commença Dumbledore.
- Quand ? demanda encore une fois Jonnatan, imperturbable.
Même son père était impressionné du calme glacial qui l'habitait, alors Dumby c'était pire parce qu'il venait de se rendre compte que si on l'appelait le Survivant, c'était pas pour les nouilles.
Severus et Dumbledore pouvaient voir la magie crépiter autour du garçon.
- Heu quand quoi ?
Des étincelles de magie s'intensifièrent au bout des doigts du plus jeune, mais ce dernier répondit très calmement.
- Quand pourrons-nous, mon père et moi, la revoir ?
Dumbeldore déglutit légèrement.
- Dès que Severus sera rétabli, finit par lâcher Dumby.
Jonnatan hocha la tête puis se tournant vers son père, il dit,
- Je vais marcher près du lac, je reviendrai te rendre visite dans deux heures quand je me serai un peu plus calmé.
Et il sortit sans un regard pour Bubus qui avait les épaules voûtées sous le poids de la culpabilité.
- J'espère que vous êtes fier de vous Albus, dit Severus d'un ton neutre en regardant avec désolation son fils sortir, tête et épaules basses.
A cet instant, il ne restait plus rien du garçon fier qui l'avait fait tourner en bourrique, non, juste un garçon qui vient d'apprendre qu'on lui a caché presque toute sa vie l'existence de ses parents, lui qui se croyait être orphelin.
Le Maître de Potions, ne supportant pas cette vue, voulut se relever et aller le rejoindre mais une douleur lancinante dans la poitrine l'en empêcha et il maudit pour la cent millionième fois Voldemort sans qui rien de tout cela ne serait arrivé.
- Je sais Severus que tu m'en veux énormément, mais comme je te l'ai dit je n'avais pas le choix. Si je te l'avais dit, non seulement j'aurais mis la vie de Lily en danger mais en prime la tienne également.
- Albus, je ne suis pas un idiot, j'ai parfaitement compris vos raisons à mon égard. Je parlais de Jonnatan, pourquoi ne lui avez-vous rien dit à lui ! s'écria Snape Senior exaspéré.
Un long silence passa, puis l'homme à la longue barbe finit par dire,
- Il faut croire que je ne suis qu'un vieil homme sénile qui a commis de nombreuses erreurs dans sa vie.
- Cela ne suffit pas comme excuse, rétorqua Snape durement.
Ne sachant que répondre, le directeur sortit de l'infirmerie laissant derrière lui un Snape aux sentiments partagés entre la fureur et la compréhension.
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A peine venait-il de fermer la porte de l'infirmerie que Jonnatan se mit à courir comme un dératé sans faire attention aux élèves qui le regardaient passer avec des yeux ronds.
Il ne se rendait pas compte des larmes qui coulaient sur ses joues, il ne se rendait pas compte des chuchotements qui éclataient sur son passage, il ne se rendit même pas compte qu'il passa à côté d'un certain groupe d'élèves qui se composait de Serpentards et de Gryffondors, il se rendit pas compte de l'appel d'un certain blond qui se trouvait dans le groupe… non il ne se rendait compte de rien à l'exception du fait qu'il devait continuer à courir sinon toutes ses pensées le rattraperaient et il ne voulait penser à rien. Non, rien du tout.
Dehors il s'était mis à pleuvoir très fort et la pluie tapait violemment contre les carreaux des fenêtres du château. Malgré cela, Jonnatan, toujours en courant, sortit dans le parc et continua à courir sans faire attention à où il allait.
Il ne sentait pas la pluie qui s'insinuait dans ses vêtements, il ne se rendait pas compte que tout son corps tremblait de froid et d'émotions trop à vif.
Sans même le réaliser, il s'engouffra dans la Forêt Interdite. Ce ne fut que quand il trébucha sur une racine et tomba, qu'il ne pensa même pas à se relever et resta prostré dans la boue au pied d'un arbre.
Il ne se rendit pas compte, non plus, que trois paires d'yeux l'avaient suivi depuis qu'il était passé à côté d'eux et qui maintenant qu'ils l'avaient rattrapé, l'observaient silencieusement. Tandis que deux des trois retournaient lentement au château, le dernier s'avança doucement vers Jonnatan et le prit tendrement dans ses bras.
Au départ, le brun eut un sursaut mais reconnaissant l'odeur de Draco, il se laissa aller et continua à pleurer tandis que le blond le berçait doucement.
De longues minutes plus tard, peut-être des heures, ils ne savaient pas combien de temps ils étaient restés ainsi, Jonnatan finit par se calmer, mais resta prostré dans les bras de Draco. Finalement, dans un chuchotement quasi inaudible, il se mit à parler.
- Je hais Dumbledore.
Draco ne lui demanda pas pourquoi, il savait que son amour ne le dirait que quand il le voudrait. Au lieu de ça, pour amuser un peu Jonnatan, il dit,
- Oui t'as raison, c'est qu'un vieux bouc.
Le blond sentit un rire nerveux s'échapper de la bouche de Jonnatan et eut un sourire tendre qui lui donnait un air un peu niais. Snape Junior qui s'était redressé entre-temps le vit et ne se gêna pas de le lui dire.
Aussitôt, Draco prit un air outré.
- Les Malfoys n'ont jamais l'air niais ! Ils peuvent avoir l'air rêveur, ce qui leur donne un air très sexy mais ils ne sont jamais niais !
Deux secondes plus tard, Jonnatan s'effondra à nouveau dans la boue et se mit à rire cette fois, comme s'il n'allait jamais pouvoir s'arrêter. Le blond prit un air renfrogné et se mit à bouder. En voyant cela, au lieu de continuer à rire plus fort, Jonnatan se redressa à nouveau et tout boueux, se pencha pour prendre Draco dans ses bras. Ce dernier essaya de se débattre mais dut finalement capituler, le brun étant beaucoup plus fort que lui.
Jonnatan alors lui souffla doucement à l'oreille,
- Merci, Draco. Tu ne peux pas savoir à quel point je remercie Merlin de t'avoir à mes côtés. Je ne sais pas ce que je serais devenu sans toi…
Le blond était très touché et il le fit savoir à Jonnatan… à sa manière.
- Wow, mon sucre d'amûûûûûr, c'est la première vraie déclaration que tu me fais. Je sens que je vais m'évanouir d'émotion, snif snif !
Jonnatan éclata de rire en disant avec tendresse,
- Idiot.
Ils finirent par rentrer, enlacés à Poudlard.
Aucun des deux ne s'était rendu compte que la pluie s'était arrêtée et qu'un timide soleil pointait le bout de son nez.
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- Ron ! Arrête de tourner en rond comme ça, je suis sûre que Draco a très bien pu le consoler à l'heure qu'il est, s'exclama d'une voix exaspérée Hermione, et en plus j'ai l'impression que tu veux creuser une trachée dans le sol.
- Mais, chérie, tu as vu dans quel état il se trouvait ? Je suis sûr que c'est grave ! Et d'habitude, c'est toujours nous qui sommes là pour le soutenir dans les moments difficiles.
- Je sais, Ron, mais on ne peut rien faire d'autre qu'attendre. Et puis, il a Draco maintenant.
Malgré ses grands airs, Hermione était aussi peu rassurée que Ron, c'est pourquoi au bout d'une dizaine de minutes, elle se leva brusquement en disant,
- Très bien, on va à la Salle Commune des Serpentards.
Ron la suivit avec un sourire triomphant aux lèvres. Sourire qui se fana vite fait quand Hermine ajouta,
- Enlève ce sourire Serpentard de ton visage, ça ne te va pas du tout !
Ce n'est qu'une fois arrivés devant le mur qui donnait l'accès à la salle commune des serpents, qu'ils se rendirent compte qu'ils ne connaissaient pas le mot de passe.
- Zut, Jonnatan a oublié de nous dire celui de cette semaine, dit Hermione.
- Eh bien, il ne nous reste qu'une seule chose à faire, dit Ron d'un air fataliste.
- Quoi donc ? demanda Hermione d'un air sceptique.
- Attendre qu'un gentil petit Serpentard pointe le bout de son nez.
Et il s'assit par terre, appuyant son dos contre le mur.
Heureusement, ils n'eurent pas longtemps à attendre. Seulement une demi-heure plus tard, des pas se firent entendre et un Serpentard de troisième année apparut. Quand il les aperçut, il fronça les sourcils, mais ne dit rien.
- Salut euh dis tu pourrais aller dire à Jonnatan Snape et Draco Malfoy qui se trouvent là-derrière, dit Hermione en pointant le mur, qu'Hermione Granger et Ron Weasley les attendent dehors ?
- Et pourquoi ne le faites-vous pas vous-mêmes, demanda le Serpy d'un air peu amène.
Ron perdit le peu de patience qui le caractérisait et en prenant le garçon par le col, il dit,
- Ecoute, sale petit merdeux, si on avait pu le faire, on n'aurait pas eu besoin de tes services de bigleux, le problème c'est qu'on n'a pas le mot de passe et je doute que tu veuilles nous le passer. Alors tu va gentiment aller les prévenir, sinon je te jure que tu regretteras jusqu'à la fin de ta vie ton absence de vie sexuelle parce que je t'aurais castré ! C'est clair ?
Le gentil petit Serpy déglutit et hocha précipitamment la tête. Avec un petit sourire satisfait, Ron le lâcha.
- Eh ben tu vois qu'on se comprend finalement.
Le garçon détala vers sa Salle Commune sans demander son reste.
- Wow, Ron tu m'épates, dit Hermione avec des étoiles plein les yeux.
Ron prit alors l'air d'un mâle qui veut se faire intéressant aux yeux de sa femelle pour bien la séduire et dit,
- Eh que veux-tu, j'ai de nombreux talents cachés, dit-il d'un ton fier.
- A part celui d'être un âne mal luné ? demanda une voix trainante.
- Draco ! le réprimanda Jonnatan malgré le sourire qui menaçait de poindre sur le bout de ses lèvres.
Furieux, Ron se tourna pour voir Draco et Jonnatan sortir de leur Salle Commune, alors qu'Hermione ne pouvait empêcher un gloussement.
- Combien de fois je t'ai demandé d'arrêter d'insulter Ron ? continuait Jonnatan qui ne semblait pas vraiment fâché, mais plutôt amusé.
- Désolé chéri, mais celle-là était trop tentante, il me tendait quasiment la perche pour que je le casse.
Ron rougit furieusement en maudissant certains Serpentards blonds aux yeux gris. Hermione le prenant de pitié, s'approcha de lui et l'embrassa doucement en lui disant à l'oreille,
- Laisse-le dire ce qu'il veut, moi je t'aime comme tu es.
Ron rougit légèrement, mais l'embrassa plus profondément alors que Draco levait les yeux ciel. Jonnatan quant à lui fit apparaître un petit cupidon jouant du violon et fit semblant d'avoir des larmes émues.
- Draco chéri, ne sont-ils pas mignons ?
Il fit semblant de renifler.
- Quand je pense qu'hier encore je donnais le biberon à notre petit Ronnie, bouhouhouhou. Draco, je viens de me rendre compte que notre Ron-Ron chéri a grandi et qu'il va nous quitter, bouhouhouhouhoumouhahaHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHHA…
Ron et Hermione étaient aussi rouges que des tomates alors que Draco tentait tant bien que mal de réprimer le fou rire qui menaçait de le submerger. Jonnatan quant à lui, il était depuis longtemps en train de se rouler par terre, les larmes coulant de ses yeux tellement il riait fort.
- Grrrr, je te jure Jonnatan tu me le payeras. Je vois que mes frères ont eu une mauvaise influence sur toi, dit Ron d'un voix menaçante, mais dont l'effet était complètement gâché par son teint de tomate bien mûre.
Snape Junior qui avait fini par se relever, haussa nonchalamment les épaules.
- Si tu veux tout savoir, les jumeaux ne sont pas seulement mes idoles en matière de bêtises, juste les idoles de la quasi la totalité des élèves.
- Grmpf, fut tout ce que trouva à dire Ron.
- Quel vocabulaire Weas… Ron, tu t'améliores, intervint un certain blondinet avec sa voix trainante.
Ron allait répliquer quand il vit Draco pâlir fortement avant de se précipiter vers le mur, donner précipitamment le mot de passe et entrer en coup de vent. Tout se passa si rapidement que tous les trois en restèrent figés. Plusieurs secondes plus tard, Jonnatan fut le premier à reprendre rapidement ses esprits et partit à la suite du blond.
Restés seuls dans le couloir, Ron et Hermione se regardèrent.
- Je crois qu'on a vu que Jonnatan allait bien, je pense qu'on peux s'en aller, dit Hermione.
Ron hocha la tête et passant son bras à la taille de la jeune femme, ils se dirigèrent vers leur propre salle commune.
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Au moment où Jonnatan entrait dans le dortoir, la porte de la salle de bain s'ouvrit pour laisser place à Draco qui en sortait. Le brun s'avança tout de suite vers lui et entourant son visage de ses mains, il demanda,
- Ça va Draco ? Tu vas bien ?
- O-oui, ça va. Ne t'inquiète pas, je vais bien.
Jonnatan le regarda d'un air sceptique mais finit par dire,
- Bien si tu le dis. Tu viens avec moi à l'infirmerie rendre visite à mon père ? Après tout, il est aussi ton parrain, non ?
Draco eut un faible sourire et hocha la tête. Arrivés devant la porte de l'infirmerie, ils entrèrent et tout de suite se retrouvèrent devant Mme Pomfresh.
- Ah bonjour Messieurs Malfoy et Snape.
Puis se tournant vers ce dernier, elle dit,
- Je vous préviens, votre père est d'humeur grincheuse, enfin non il est d'humeur massacrante depuis que le professeur Dumbledore est parti.
Jonnatan hocha la tête bien qu'il se fut tendu à l'entente du nom de Dumbledore, chose que Draco avait remarquée. Cependant, il ne dit rien et ils s'approchèrent du lit où était couché Severus.
Ce dernier était en train de lire une encyclopédie de 4000 pages sur les potions. En voyant ça Jonnatan grimaça et prit une mine écœurée alors que Draco paraissait intéressé.
- Je suis content, père, que vous alliez mieux au point de reprendre votre adoration pour les potions.
- Jonnatan si tu commences encore à me critiquer au sujet des potions, je me mettrai à faire la même chose au sujet du Quidditch que tu idolâtres tant et je peux t'assurer que je ne suis pas gentil quand je m'y mets.
- Très mature de votre part, père, mais au sujet des insultes je sais très bien, pour avoir été votre cobaye pendant cinq ans, que vous n'y allez pas de main morte. Vous y allez même avec une poigne de fer si je puis me permettre.
- Et j'en suis sûr que tu te le permettras culotté comme tu es, dit ironiquement le plus vieux.
- Comment ? Vous osez dire ça sur moi, moi qui suis le plus pur et le plus innocent des garçons que la terre ait jamais vu ?
- Hum hum, permets-moi d'en douter s'il te plaît, dit le futur ex-père de Jonnatan Snape sous le regard qui tue de son fils.
Pour couper à cette pseudo-conversation, Draco intervint.
- Au fait parrain, ça tombe bien que qu'on parle de potions parce que justement j'avais envie de te demander pour le Polynectar, s'il fait effet pendant deux ou trois heures ?
Au lieu du Maître de Potions, ce fut Jonnatan qui lui répondit.
- Ni l'un, ni l'autre. La potion ne fait effet qu'une heure malgré ce qu'en disent les bouquins.
- Ah oui désolé Jonnatan j'avais oublié un certain épisode que tu m'avais raconté, dit Draco avec un petit clin d'œil.
Snape Senior fronça les sourcils.
- Jonnatan ?
- Ouiiiiiiiiiii, mon papounet adoré ? demanda le concerné avec des yeux angéliques.
- Es-tu sûr que tu n'aurais rien à me dire ?
- Moi ? Noooooooooon, jamaiiiiis je ne t'auraiiis caché quelque chose, pour qui tu me prends ?
- Pour le digne fils de son père, dit Draco d'un ton moqueur.
- Draco tu m'aides pas là ! T'es censé être mon petit ami donc logiquement tu en censé m'aider et non m'enfoncer encore plus.
Mais le blond se contenta de rire.
- Bon moi j'ai quelque chose à demander à Mme Pomfresh, je vous laisse pendant quelques minutes.
Et il s'éclipsa discrètement. Jonnatan déglutit et se tourna doucement vers son père qui tel un aigle semblait être prêt à plonger sur sa proie.
- Alors Jonnatan, j'attends tes explications. Comment connais-tu la durée du Polynectar ?
- Glups…
- Jonnatan ?
- …
- Jonnatan ?!
- Quoiiiiii ? fit le concerné en papillonnant les yeux.
- Arrête de faire ton gosse immature et dis-moi ce que c'est, cette histoire de Polynectar !
- Tu me promets de ne pas me trucider si je te la raconte ?
Son père fronça encore plus ses sourcils, ce qui les fit se joindre et créa une seule grande ligne de sourcils. Vraiment très beau, à la pointe de la mode, rien à dire.
- Tout dépend de ce que tu as fait.
- Grrrrr Draco tu me le paieras pour m'avoir mis dans cette situation !
- Laisse Draco de côté, veux-tu, et dis-moi tout de suite ce que tu as fait, dit Severus Snape d'une voix sévère qui n'avait rien à envier à son prénom.
- Eh ben en fait…
« Bon sang, Jonnatan, tu es quand même un ancien Gryffondor, donc tu es censé être courageux, non ? Alors tu prends ton courage à deux mains et tu le lui dis », lui dit sa petite voix.
« Tiens tu es revenue de tes vacances à Hawaï? » lui demanda Jonnatan narquoisement.
« Je me ferai un plaisir de tout te raconter de mon voyage, mais pour l'instant ton père attend toujours des explications de ta part » lui fit remarquer la petite voix.
« Ah oui, bon adieu chère petite voix. Si jamais mon père ne me tue pas, je te promets que j'irai voir un Médicomage pour savoir si j'ai vraiment des tendances schizophréniques ou pas. »
« Ha. Ha. Ha. Ce que tu peux être comique, toi dis donc ! » dit ironiquement la petite voix.
Respirant un grand coup et priant Merlin qu'il ne se fasse pas trucider, Jonnatan entama le récit.
- Bon, en deuxième année, vous vous souvenez du Basilic et de l'héritier de Serpentard ?
- Oui, dit précautionneusement Snape.
- Eh bien, Ron, Hermione et moi, soupçonnions Draco d'être l'héritier de Salazar. C'est pourquoi on t'a… heu emprunté quelques ingrédients et fait du Polynectar. Ron et moi, nous nous sommes transformés en Crabbe et Goyle et avons drogué les vrais pour prendre leurs places pendant une heure. Juste le temps pour savoir que Draco n'était pas l'héritier de Serpentard.
Jonnatan osa jeter un regard à son père et vit que ce dernier le regardait avec des yeux exorbités alors que Monsieur Silence revenait en grande pompe pour faire une fiesta pour les dix prochaines années aux côtés du Professeur Snape.
- Tu veux dire que tu as…
- YOUPPIIIIE, OH MONSIEUR MALFOY FELICITATIONS, cria d'une voix joyeuse l'infirmière les interrompant.
Soudain un Draco tout rouge sortit de derrière les rideaux et s'avança d'un pas royal vers les Snape qui le regardaient avec des yeux ronds.
- Alors avez-vous fini de vous expliquer ? demanda-t-il d'un ton neutre.
- Draco, pourquoi est-ce que Pomfresh vient d'hurler comme un cochon qu'on égorge ? demanda Jonnatan.
- Je t'expliquerai plus tard, laisse tomber c'est pas important.
- Ah, fut tout ce que dit Jonnatan.
Prenant Draco dans ses bras, il se tourna vers son père. Ce dernier n'avait toujours pas bougé depuis que Jonnatan lui avait raconté l'histoire du Polynectar. Inquiet, le brun s'avança vers son père et le secoua légèrement.
- Papa ?!
Ce dernier sembla se réveiller d'un songe et regarda Jonnatan comme s'il lui avait poussé une deuxième, une troisième, une quatrième et pourquoi pas une cinquième tête.
- Hein ? dit-il très intelligemment.
Le blond et le brun ne purent s'empêcher de pouffer en voyant les sévère Maître de Potions dans cet état.
Finalement reprenant ses esprits, Snape senior lança d'une voix sévère,
- Jonnatan au lieu de ricaner comme un âne, tu ferais mieux de partir de cette infirmerie tout de suite avant que je n'oublie pendant quelques instants que je suis ton père et ne commette un infanticide.
Jonnatan était peut-être courageux mais pas suicidaire et donc par conséquent, il comprit que sa vie ne tenait qu'à un fil, le fil de la patience de son père qui s'effritait de plus en plus rapidement. Donc prenant Draco par la main, ils détalèrent vers la sortie sous le rire démoniaque de Snape Senior qui avait légèrement perdu la boule.
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Il était trois heures et demi du matin et tout Poudlard était silencieux. Malgré la température particulièrement froide de cette fin d'hiver, une douce brise soufflait, faisant paisiblement bouger les feuilles des arbres. Tout était serein, tout le monde dormait. Et l'esprit de chacun était très loin dans des pays imaginaires où rien n'ébranlait leur paix.
Tout le monde dormait ? Apparemment pas, parce qu'une silhouette encapuchonnée se glissa le long des murs des couloirs de Poudlard en direction du bureau de Dumbeldore. Elle s'arrêtait fréquemment pour écouter les bruits ou se retourner pour voir si elle n'était pas suivie malgré l'heure tardive : on n'était jamais trop prudent.
Arrivée devant la gargouille, la personne souffla le mot de passe et monta silencieusement les escaliers.
En ouvrant la porte du bureau de Dumbledore, la silhouette vit que le vieil homme était assis derrière son bureau.
- Bon… matin, je vous attendais justement, dit le barbu.
Sans enlever son capuchon, la personne parla.
- Pourquoi est-ce que ça ne m'étonne pas de vous Albus ?
- Je suppose que vous allez me le dire, répondit le vieux du tac au tac.
Dumby sentit plus que ne vit un léger sourire sarcastique naître sur les lèvres de la personne.
- Bien quelles sont les nouvelles ? ajouta le dirlo.
- Mauvaises ! Le Seigneur des Ténèbres est furieux de la fuite de Snape, il a passé plusieurs heures à torturer des prisonniers. Aucun n'a survécu.
Bubus hocha la tête.
- C'est regrettable. Il compte faire quoi ?
- Ceci est la grande question. Après la fuite de Snape, le Seigneur des Ténèbres s'est fait discret et silencieux. Mais depuis quelques jours, il semblait assez content de lui.
- Avez-vous réussi à trouver la raison de cette allégresse ?
La personne hocha la tête pensivement.
- Oui, j'ai pris un très gros risque, mais j'ai réussi à apprendre les grandes lignes. Le Seigneur des Ténèbres a un nouveau plan…
- Quel est-il ?
- Il compte faire enlever Jonnatan Snape, chuchota la personne.
Le directeur sembla tout de suite sur le qui-vive.
- Quand ? Comment ? Par qui ? demanda-t-il.
- Je ne sais pas, fut la seule réponse qu'il reçut.
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Plusieurs jours plus tard, nos deux tourtereaux étaient dans leur dortoir.
- Mais enfin Jonnatan arrête de gigoter, tu peux me dire ce qui se passe enfin ? s'écria Draco d'une voix exaspérée.
Mais le brun secoua la tête et continua à courir aux quatre coins du dortoir en foutant le bazar derrière lui.
- Mon père sort aujourd'hui de l'infirmerie, répondit-il rapidement.
- Ah. Et en quoi cela est-il exceptionnel ?
Un silence passa au bout duquel Jonnatan continua à s'activer dans la chambre à la recherche d'un pantalon, sans répondre au blond.
Draco se dit que c'était le moment ou jamais de le lui dire. Il prit son courage à deux mains et essaya de commencer.
- Ecoute Jonnatan, j-j'ai quelque chose à te dire…
- Pas maintenant s'il te plaît Draco, l'interrompit le brun, c'est un jour très important pour moi, je t'expliquerai pourquoi dès que je reviendrai, tu comprends il faut que je sois sûr de ce que je vais voir tout à l'heure, ensuite je te le dirai. Ça ne te dérange pas qu'on se parle plus tard, n'est-ce pas ? ajouta-t-il précipitamment puis après avoir déposé un léger baiser sur les lèvres de Draco, il sortit du dortoir avant que celui-ci ait pu sortir un seul mot.
- Mais…
Resté seul, le blond se jeta sur le lit de Jonnatan et enfouit sa tête dans l'oreiller qui portait l'odeur du brun.
- Aaaaaah, comment je vais pouvoir le lui dire, je ne sais même pas comment il va réagir, dit-il à voix haute.
Mais seul le silence lui répondit.
De son côté, Jonnatan courrait à en perdre haleine vers l'infirmerie.
Il y arriva essoufflé et les joues rougies par la course.
- Ah, tu es enfin là, s'écria son père qui était très agité et rongé par l'anxiété, on n'attendait plus que toi !
Puis se tournant vers Dumbeldore, il dit,
- On peut y aller, maintenant.
Le directeur légèrement amusé par leur impatience presque enfantine, hocha la tête et sortit de l'infirmerie avec les deux Snape sur ses talons.
Au bout de deux minutes, se rendant compte de la direction qu'ils avaient prise, Snape demanda d'une voix dangereusement calme,
- Ne me dites pas, Albus que c'est dans votre bureau ?
- Mais si, mais si. C'est le dernier endroit où quelqu'un aurait pu chercher si quelqu'un avait cherché, bien sûr, dit d'une voix joyeuse Bubus.
- Ouais, c'est fou ce qu'elle était bien cachée au vu et au su de tout le monde, intervint Jonnatan.
- Oh mais même si on avait voulu la trouver personne n'aurait pu, il n'y a que moi qui sais comment, donc la question ne se pose pas, dit Dumby avec le même ton.
Les Snape, père et fils, reniflèrent et n'ouvrirent plus la bouche avant d'être arrivés dans le bureau de Dumby.
- Bien, fut tout ce que dit Barbe-Longue.
Puis il s'approcha du portrait de Phineas Nigellus.
- Phineas, si tu veux bien ouvrir le passage, lui demanda-t-il.
Le visage du bonhomme se transforma et il demanda d'une voix froide de quoi il parlait. Dumby se tourna vers les deux Snape et leur dit,
- J'ai demandé à Phineas de parler comme ça car on ne sait jamais pour le Polynectar ou un charme d'illusion vous savez ce que c'est…
Puis se tournant à nouveau vers Phineas il dit,
- Le mot de passe est : Je considère la famille Snape comme mes enfants.
L'ancêtre des Black hocha la tête et comme pour la Grosse Dame, le portrait pivota et lassa place à… un mur.
Dumby leva la main et fit une arabesque bizarre sur une des briques visibles tout en marmonnant des sons qui étaient en synchronisation parfaite avec les mouvements de sa main. Au bout de deux minutes d'incantations, le mur disparut complètement pour laisser voir un couloir sombre.
Se tournant vers le Maître de Potions et son fils qui le regardaient avec des yeux ronds comme des soucoupes, il eut un sourire amusé et leur dit,
- Si vous voulez bien me suivre.
Et sans attendre leur réponse, il s'engouffra dans le couloir.
TBC
