Chapitre 17
Les confidences continuent
- Dites professeur, y en a encore pour longtemps parce que ça fait quand même une demi-heure qu'on marche dans ce couloir. J'ai l'impression d'être de retour dans la chambre des Secrets, dit Jonnatan d'une voix excédée.
- Mais ce n'est pas une impression mon cher Jonnatan, tu es dans la Chambre des Secrets, dit le dirlo un peu beaucoup timbré.
- QUOI ? hurla le plus jeune alors que son père se bouchait les oreilles en grimaçant.
C'est que les voix résonnaient dans ce long couloir.
- Pour tout te dire Jonnatan, j'ai déménagé Lily dans la Chambre des Secrets à la fin de ta deuxième année. Je trouvais que c'était une cachette plus qu'idéale une fois que tu l'avais découverte.
- Maismaismaismaismaism… et le Basilic ? Et puis c'est morbide là-bas ! De plus il y fait humide, les canalisations sont pétées du coup y a des fuites d'eau partout sans parler des bestioles qui doivent y vivre. Comment avez-vous pu loger ma mère là dedans ? continua à hurler Snape Junior.
Pour lui, déjà qu'il en voulait énormément à Dumbeldore pour lui avoir caché le fait que sa mère était vivante, c'était le comble d'apprendre que ce vieux sénile avait osé mettre sa mère dans cet endroit de malheur. C'est vrai quoi ? Qui voudrait rester dans un endroit avec pour seule compagnie un Basilic mort ?
- Mais non, Jonnatan, tu penses bien que je ne l'aurais jamais installée là-bas dans ces conditions-là. A vrai dire j'ai… disons réaménagé la salle où tu t'es battu et bouché tous les tunnels qui servaient pour le déplacement du Basilic. Je doute d'ailleurs que tu reconnaisses l'endroit où tu t'y es un jour battu.
Jonnatan ne répondit rien mais renifla dédaigneusement, l'air de dire « Je préfère le vérifier par moi-même. »
- Mais si vous avez bouché tous les tunnels, recommença Jonnatan ne voulant pas lâcher le morceau, alors c'est quoi ce couloir ressemblant énormément à un tunnel dans lequel nous marchons ?
- Eh bien l'année où tu as vaincu le Basilic, j'ai passé toutes les vacances d'été à fouiller la Chambre des Secrets de fond en comble. Et j'ai découvert ce passage secret qui reliait directement le Chambre au bureau directorial. Salazar pensait vraiment avoir tout prévu pour prendre le contrôle de l'école sur les trois autres directeurs, et y imposer ses opinions sur les Nés-des-Moldus.
- Aaaaaaaah on en apprend tous les jours, dit sarcastiquement Jonnatan.
- C'est tout de même bizarre que Serpentard n'ait pas également protégé ce passage par le Fourchelangue, comme il l'avait fait pour les toilettes des filles, intervint Severus pour la première fois depuis qu'ils s'étaient engagés dans le couloir.
- En effet, c'est bien curieux, lui répondit Albus. Moult explications peuvent résider dans ce fait. A mon humble avis, je pencherais pour celle qui dirait qu'il n'a sans doute pas eu le temps de tout achever avant que n'éclate sa dispute avec Gryffondor et qu'il ne quitte définitivement le château.
Après cela, il s'arrêta de parler, car ils venaient d'arriver devant une porte tellement noire qu'on la confondrait presqu'avec le mur s'il n'y avait pas eu la poignée argentée.
- Bien, reculez maintenant.
Les Snape obéirent et Albus leva les mains et replia ses manches.
- Aperis (1)
Jonnatan qui s'attendait à un gros boucan pour quand la porte s'ouvrirait entendit juste un léger « Clic » puis plus rien.
Dumbeldore tourna la poignée et entra sans un regard pour le père et le fils qui le suivirent. Ils n'allaient quand même pas rester dans le couloir à attendre comme des glands, non ?
Quand Severus et Jonnatan entrèrent dans la pièce tous les deux retinrent un cri de stupeur. Le décor n'avait plus rien de froid et d'inexpressif. La Grande Chambre était comme métamorphosée : les murs étaient recouverts des lourds rideaux de velours sombre et Dumbeldore avait transformé la statue de Salazar en cascade. L'eau s'écoulait de sa bouche, là où habitait feux Monsieur le Basilic, paix à son âme, et se jetait dans un petit bassin aux pieds de la statue. Et ainsi que le leur avait dit Dumbledore, tous les tunnels qui donnaient sur la Grande Chambre avaient des grilles de fer sur lesquels parfois s'apercevait une couleur irisée, signe du sortilège Repousse-tout. Rien ni personne ne pouvait s'approcher de ces grilles. De plus, connaissant Dumbledore, d'autres sorts moins connus et plus compliqués devaient y être aussi, par mesure de sécurité.
Au milieu de la Chambre qui n'avait plus rien de Secret se trouvait une petite estrade sur laquelle était posé un grand lit deux places entouré de légers rideaux blancs et transparents.
Comme hypnotisé, Jonnatan s'avança vers le lit. Il monta les marches de l'estrade et souleva doucement les rideaux, fermant les yeux au dernier moment. Il ne savait pas à quoi s'attendre, et il avait peur. Il était mort de trouille, à vrai dire. Et son cœur qui battait la chamade n'arrangeait pas les choses. Il fit un pas, puis deux toujours les yeux fermés, jusqu'à sentir les bords du lit contre ses genoux.
Enfin il osa ouvrir les yeux et porter un regard vers la silhouette qui était allongée dans le lit.
C'était une grande femme - 1m75 - rousse évidemment et d'une très grande beauté. Elle avait la peau très blanche presque diaphane. En regardant de plus près, Jonnatan put apercevoir quelques tâches de rousseur qui parsemaient son petit nez en bouton. Elles lui donnaient un petit air espiègle et n'enlevaient en rien à sa beauté.
Elle reposait tranquillement et paisiblement au milieu de ce grand lit, on aurait presque dit qu'elle dormait…
Les larmes jaillirent soudain dans les yeux du brun qui venait de réaliser à cet instant que cette femme était sa mère, celle qui pendant toute sa vie il avait crue morte. Toute sa vie, il n'avait eu aucune présence maternelle et il avait fini par se faire à l'idée qu'il n'aurait jamais de mère et maintenant… c'était encore pire. Il avait une mère qui n'était pas morte, mais qui n'était pas vivante non plus. Il pouvait la toucher, la voir, mais elle restait inerte : c'était presqu'une torture. Au moins quand il pensait qu'elle était morte, il avait tourné la page en s'étant fait à l'idée qu'il ne la verrait jamais et là…
Il sentit plus que ne vit son père soulever à son tour doucement les rideaux et s'avancer. A travers ses larmes il le vit s'approcher lentement presque révérencieusement du lit puis, soudainement le Maître de Potions tomba à genoux et prit la main de Lily dans la sienne sur laquelle il posa son front.
Si Jonnatan avait encore eu un quelconque doute sur l'amour que portait son père à sa mère, il n'en avait plus aucun en le voyant à cet instant. Au mois, quelque chose de bien parmi tout cet embrouillamini !
Ses épaules s'affaissèrent et il s'apprêtait à s'en aller quand son père leva la tête vers lui et lui tendit la main. A cet instant, Jonnatan eut l'impression qu'il n'était plus qu'un enfant de 5 ans qui s'était fait mal et qui allait chercher du réconfort auprès de ses parents. Il s'avança doucement et prit la main de son père presque avec hésitation. Ce dernier lui sourit légèrement et plaça la main de Lily entre leurs deux mains enlacées.
Jonnatan se permit de lui faire un petit sourire tremblotant. Avec ce simple geste son père venait de balayer tous ses doutes. D'accord Lily était dans le coma, mais au moins elle était vivante et qui sait, peut-être qu'un jour elle se réveillerait et ils formeraient à nouveau une famille unie. Jonnatan se fit le vœu à ce moment-là qu'il ferait tout pour battre Voldemort ne serait-ce que pour être sûr qu'aucun de ses proches ne serait plus jamais menacé par ce monstre inhumain.
Fort de cette résolution, il tourna un regard déterminé vers son père qui le regardait avec un peu d'inquiétude.
En voyant les yeux de Jonnatan et son air résolu, il fit un simple hochement de tête l'air de dire « Je t'aiderai autant que je le pourrai. »
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Draco était comme un lion en cage. Jonnatan devait revenir d'une minute à l'autre et il ne savait toujours pas comment lui dire ça.
Il se planta devant le miroir, s'observant et essaya plusieurs façons de le dire.
- Hé salut, Jonnatan, comment tu vas ? Oh à propos, je suis enceint. Sinon comment s'est passée ta journée ? Nan ça va pas comme ça, c'est nul il va me prendre pour un fou échappé d'un asile !
Il changea légèrement de position.
- Bonjour Jonnatan, j'ai quelque chose à te dire. Heu… tu peux t'asseoir parce que je crois que ça va te faire un certain choc, voilà en fait je ne sais pas quand mais apparemment j'ai prit une fois une potion contraceptive périmée et oui je suis tombé enceint, voilà… Nan trop long et je vais m'embrouiller devant lui avec toutes mes explications…
- Pourquoi tu ne le lui dis pas simplement ? demanda une voix de la porte.
Draco fit un bond de quatre kilomètres de haut et se tourna vers
- Blaise ! Ne refais plus jamais ça, tu m'as trop fait peur, s'exclama-t-il.
- Alors comme ça vous avez mis en route un petit monstre ? demanda le noir avec un petit sourire amusé
-Qui te dit que ce sera un monstre ? Non, mon bébé sera l'enfant le plus gentil, bien élevé et distingué que la terre ait jamais porté, dit le blond d'une voix fière en pointant dédaigneusement le nez en l'air.
-Ah c'est sûr que si tu lui fourres tout ça dans le cerveau alors qu'il est même pas né, c'est sûr qu'il le sera, dit moqueusement Blaise.
- Eh mais je ne te permets pas, on en parlera quand toi ou Theo aurez un enfant ! A ce propos, comment ça va entre vous deux ?
- Ne change pas de sujet et pour ton information, entre Theo et moi c'est le paradis, dit Blaise d'un air rêveur.
- Content de l'apprendre chéri, dit Theo qui venait d'entrer.
Il s'avança et prit Blaise dans ses bras en demandant,
- Alors quoi de neuf, les gars ? Vous parliez de quoi ?
- Oh juste de Draco et de son enfant à naître, dit Blaise comme si de rien n'était.
- QUOI ? s'écria le brun en se tournant vers le jeune Malfoy qui sembla légèrement mal à l'aise.
- Bah oui et alors ?
- Rien, dit Theo, seulement on n'est qu'en sixième année, tu n'es pas un peu jeune pour avoir un enfant ? Surtout avec Tu-Sais-Qui qui cherche à trucider Jonnatan par tous les moyens, t'as as peur de te retrouver veuf avant même d'être marié et avec dans les bras un enfant qui ne connaîtra peut-être jamais son père ?
En entendant ça, le blond pâlit, il est vrai qu'il n'avait pas vraiment réfléchi, obnubilé qu'il était par l'idée de comment annoncer sa grossesse à Jonnatan.
- Oh par Salazar, il faut absolument que je le dise Jonnatan à tout prix ! Il saura quoi faire pour protéger notre enfant, il faut absolument que je le dise à Jonnatan !
Les deux Serpentards froncèrent leurs sourcils en voyant le blond devenir de plus ne plus hystérique et se mettre presque à hyperventiler.
- Me dire quoi ? demanda justement le concerné qui venait d'entrer.
Il s'avança vers Draco et l'embrassa longuement. Draco remarqua qu'il avait l'air joyeux, malgré des yeux rouges. Pendant qu'ils s'embrassaient, Blaise et Theo s'étaient éclipsés discrètement pour les laisser seuls.
-Je t'aime, lui souffla le brun et Draco se blottit contre lui en fermant les yeux.
Au bout d'un moment, le blond se détacha et observa l'homme qu'il aimait de tout son cœur.
- Jonnatan, dit-il d'un air résolu, je… je … je suis…
Furieux contre lui-même parce qu'il n'arrivait pas à prononcer ces malheureuses paroles, il commença à faire un va-et-vient dans la chambre avec les bras croisés derrière son dos.
- Draco ? Est-ce que ça va ? demanda Jonnatan de plus en plus inquiet par le comportement de son petit ami.
Ce dernier tourna la tête vers et prenant un souffle, il s'avança et se planta devant le Survivant. Il s'apprêtait à parler quand tout à coup la porte s'ouvrit pour laisser entrer Crabbe et Goyle qui parlaient joyeusement au sujet d'un certain Poufsouffle qu'ils auraient tabassé parce qu'apparemment ce dernier avait osé manger le dernier gâteau sur la table des Poufsouffles. Apparemment les deux gloutons faisaient le tour de toutes les tables de la Grande Salle pour faire la collecte des pâtisseries.
Draco grogna se disant que c'était peine perdue pour ce soir et alla s'enfermer dans la salle de bain en claquant la porte derrière lui. Le tout sous l'œil surpris de son petit ami qui ne l'avait jamais vu se comporter aussi… spontanément.
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- Allez Jonnatan, concentre-toi un peu.
- Mais c'est ce que je fais… du mois j'essaye. C'est pas facile quand on a l'impression que des Lutins de Cornouailles dansent la samba dans la tête…
- Je t'ai dit que le mal de tête était normal pour le début, lui rétorqua son père.
- Ouais, mais en attendant c'est pas toi qui souffres le martyre, bougonna le plus jeune.
- Arrête de te plaindre et ferme les yeux. Cherche en toi-même ta magie et imagine qu'elle est matérielle, d'accord ? Visualise-la bien, n'oublie aucun détail : sa couleur, sa forme, sa densité, tout.
Severus observa le visage de son fils qui avait les yeux fermés en signe de grande concentration. Il sut que ce dernier réussit à faire ce qu'il lui avait demandé quand il vit Jonnatan se détendre et les traits de son visage se décrisper. Il le fit s'allonger dans le canapé et alla corriger des copies, sachant que ça prendrait du temps.
Une heure plus tard, Jonnatan sortit de sa transe et jeta un regard perdu à son environnement. Severus s'avança et s'assit à côté de lui sur le canapé.
- Alors comment tu te sens ? demanda-t-il.
- En paix avec le monde, dit Jonnatan presque étonné lui-même de ressentir tout ça.
Le Maître de Potions eut un petit sourire sincère et dit,
- C'est exactement ce que j'ai ressenti la première fois moi aussi. Tu as bien imprimé ta magie en toi ?
Snape Junior hocha la tête.
- Bien, maintenant lève-toi.
Une fois qu'ils se retrouvèrent tous les deux face à face, Snape Senior continua,
- Maintenant lève ta main et tends-la. Pense à la forme de ta magie et imagine que tu en prends un bout et que tu le modèles de façon à ce que ça prenne la forme de ce que tu veux faire.
Jonnatan lui jeta un regard d'incompréhension et son père dit,
- Bon prenons un exemple : tu vois ce livre posé sur l'étagère là-bas ?
Le brun hocha la tête.
- Bien, maintenant ferme les yeux et fais ce que je te dis de faire. Visualise ta magie intérieure… c'est fait ? demanda-t-il.
Jonnatan hocha la tête à nouveau et son père continua.
- Imagine que tu prends un bout de cette masse compacte que représente ta magie et tu commences à lui donner des formes comme tu en ferais avec de l'argile par exemple. Maintenant fais en sorte que ce bout de magie prenne la forme du livre… c'est fait ?
Encore une fois Jonnatan hocha la tête.
- Alors imagine que ce livre vient vers toi, vas-y maintenant. Attention ne fais aucun geste brusque sinon tu risques de te faire du mal en le recevant de plein fouet.
Lentement le Maître de Potions vit le livre s'élever de l'étagère et flotter doucement vers Jonnatan qui tendit la main au dernier moment pour l'attraper. La sueur coulait de son visage, mais il eut un sourire triomphant en brandissant le bouquin sous le nez de son père l'air de dire « T'as vu, t'as vu, j'ai réussi. » S'il avait été un chiot, il aurait sauté partout en jappant, avec la queue frétillant dans tous les sens. Son père eut un sourire amusé en le voyant.
- C'était bien pour un débutant. Maintenant je veux que tu t'entraînes jusqu'à ce que tu réussisses à attirer les objets beaucoup plus vite ET les yeux ouverts.
Jonnatan hocha la tête, soudain trop épuisé pour parler.
- Ensuite on pourra passer aux sorts plus difficiles. Bien je vois que tu es fatigué, tu peux rentrer au dortoir. Demain, on va faire de l'Occlumencie, j'espère que tu penses bien à fermer ton esprit chaque soir avant de dormir.
Le Junior hocha à nouveau la tête et sur un dernier « Bonsoir » marmonné, il sortit de la salle de classe. Il marcha comme un zombie jusqu'à la salle commune puis monta les escaliers. Il remarqua à peine Draco qui faisait les cent pas et alla tout de suite s'écrouler sur son lit. Il s'endormit sur le coup sans remarquer que le blond de ses rêves l'observait et qu'il jura en le voyant s'endormir.
Draco se demandait si Merlin n'était pas contre lui. C'était déjà la troisième fois qu'il essayait de le dire à Jonnatan et à chaque fois il y avait quelque chose qui l'en empêchait. Finalement résigné, le blond se changea et déshabilla Jonnatan. Puis il se glissa dans le lit et finit par s'endormir collé à son brun, bercé par son souffle.
Le lendemain matin quand le réveil sonna, Jonnatan gémit et envoya une décharge électrique par la main sur le pauvre réveil qui explosa. Le bruit de l'explosion fit se réveiller les autres qui regardèrent les restes de ce pauvre réveil qui n'avait rien demandé, se consumer, alors que Jonnatan et Draco retournaient doucement dans les bras de Morphée.
Blaise regarda Theo qui venait de se réveiller à côté de lui et lui chuchota,
- Et si on leur faisait une blague ? Ça fait longtemps qu'on n'en a plus fait, dit le noir avec un sourire machiavélique.
Theo qui le connaissait trop bien maintenant, le regarda avec des yeux aussi ronds que des sous-coupes.
- Non, tu n'oserais pas ? Ils vont de te tuer si tu leur fais un coup pareil !
- Je ne suis pas un Serpentard pour rien ! C'est pas pour rien que je sais courir vite, dit Blaise.
Puis déposant un chaste baiser sur les lèvres de son amant, il sortit doucement du lit et s'approcha à pas de loup de celui d'en face. Il regarda pendant un bref instant ses deux amis endormis, fondant intérieurement de tendresse devant le tableau qu'ils représentaient, puis sans aucune pitié, il leva sa baguette et lança,
- Aguamenti.
Un torrent d'eau glacée s'abattit sur les deux endormis.
- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! hurlèrent les deux concernés en sautant du lit comme s'ils avaient le feu aux trousses.
Jonnatan se jeta immédiatement sur sa baguette et leur lança, à Draco et à lui, un sort de séchage puis de réchauffement. Ensuite tous les deux se tournèrent d'un air menaçant vers le farceur qui reculait en déglutissant légèrement. Alors que Blaise se tournait et commençait à courir, Draco et Jonnatan se jetèrent sur lui et se mirent à le chatouiller avec des expressions sadiques dans les yeux. Entrecoupé par ses rires, Blaise réussit à lancer à Theo qui se marrait dans son lit,
- Theo, en étant mon petit ami, aux dernières nouvelles, t'es censé m'aider pas m'enfoncer en riant comme une hyène.
Mais au contraire, le rire de Theo s'intensifia et ce dernier tomba du lit tellement il se fendait la poire. Au bout de plusieurs minutes de torture intensive, Blaise finit pas s'écrier,
- OK, OK. JE M'EXCUSE, PARDON JE NE LE REFERAI PLUS JAMAIS ! Arrêtez maintenant, par pitié, finit-il pitoyablement.
Immédiatement les guilis guilis cessèrent et Jonnatan tapotant la tête de Blaise comme si c'était un petit chien sage, lui dit,
- Eh bien tu vois que tu peux !
Puis il se dirigea vers son lit et prit ses affaires pour prendre une douche. Se tournant vers le blond qui en faisait de même de son côté, il demanda avec une lueur lubrique dans les yeux,
- Draco, tu prends ta douche avec moi ?
La respiration de Malfoy Junior devint saccadée et il hocha la tête, en rosissant. Le tout sous l'œil moquer de Theo et désespéré de Blaise. Ils allaient encore oublier de mettre un sort de Silence.
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Le Maître de Potions marchait en direction du bureau de Dumbledore. Cela faisait trois jours maintenant qu'il avait revu Lily pour la première fois depuis 15 ans. Cela faisait trois jours maintenant qu'il essayait de résister à la tentation de retourner la voir. Cela faisait trois jours maintenant et… il n'en pouvait plus ! Il fallait qu'il la revoie, c'était vital pour lui sinon il deviendrait fou.
Le trajet jusqu'à la gargouille lui sembla être kilométrique. Il marchait, il marchait mais la gargouille n'était toujours pas là. Snape se dit que ça y était, il était devenu officiellement fou. Finalement, au bout de plusieurs heures de marche (selon Snape) la gargouille pointa ENFIN le bout de son nez. S'il n'y avait pas eu quelques élèves dans le couloir, le Maître de Potions aurait presque couru pour s'en approcher le plus vite possible.
Et puis, il finit par arriver devant cette maudite gargouille.
Snape Senior la regarda d'un air peu avenant, chose que la gargouille lui rendit au centuple, puis il siffla le mot de passe,
- Patacitrons.
Oubliant toute sa maitrise de soi, il monta les escaliers en colimaçon quatre à quatre et légèrement essoufflé toqua à la porte du bureau, mais personne ne lui répondit.
- Aaah c'est ma veine, le vieux fou s'est absenté, murmura-t-il rageusement devant tant d'injustice dans ce monde.
De rage, il frappa ses poings contre la porte et à sa grande surprise elle s'ouvrit. Etonné, le Maître de Potions entra précautionneusement.
C'était la première fois qu'il venait dans ce bureau sans la présence du directeur. Ayant momentanément oublié le but de sa visite, il se mit à observer l'espace qui l'entourait. Il ne jeta qu'une attention distraite aux tableaux des différents directeurs qui jonchaient les murs.
Il s'approcha d'une étagère et regarda les photos qu'il y avait dessus. A sa grande surprise, elles étaient toutes en noir et blanc et montraient une belle femme, de taille moyenne qui lançait des sourires resplendissants à la caméra. Une photo attira particulièrement son attention. Elle représentait toujours la même femme dans les bras d'un grand homme qui avait les traits de Dumbeldore. Ils souriaient tous les deux avec un air heureux et de temps en temps s'embrassaient.
- C'était ma femme, dit une voix derrière Snape.
Ce dernier sursauta et se retourna prestement pour se retrouver devant Albus Dumbeldore qui le regardait avec des yeux mi-nostalgiques, mi-débonnaires
- Etait ? demanda le Maître de Potions.
- Oh non elle n'est pas morte si c'est ce que vous pensez, non, elle m'a quitté. En fait nous sommes toujours mariés, mais elle ne veut plus me voir. Elle m'a jeté ces mots à la figure en même temps qu'une grande lampe et la moitié de notre salon avant de s'en aller en claquant la porte.
- Pourquoi ?
Snape se sentait incapable de formuler des phrases alors il se contentait de dire un mot à chaque fois. Dumbeldore lui sourit comme s'il comprenait ce qui se passait dans sa tête.
- Oh disons qu'à l'époque j'étais obnubilé par Grindelwald. Je passais mon temps à fomenter des théories toutes plus ridicules les unes que les autres pour le vaincre. Je passais mes journées à trouver un moyen de l'arrêter. Je ne vivais plus que pour ça, ne voyant plus ce qui m'entourait. A la fin, elle en a eu marre et est partie sans me laisser dire quelque chose pour la persuader de rester.
Un long silence passa puis Severus demanda,
- Vous l'aimiez ?
Un éclair douloureux passa dans les yeux de Dumbledore et il hocha doucement la tête.
- Je l'aime toujours. Toi et moi savons très bien à quel point il est difficile d'oublier l'amour de sa vie une fois qu'on l'a rencontré, Severus.
- Et où est-elle ? Que fait-elle maintenant ? demanda le brun.
- Oh elle a décidé de faire le tour du monde quand elle m'a quitté. Et puis un jour quand elle en a eu marre de voyager, elle s'est installée à Paris. Je crois qu'elle s'est trouvé un compagnon avec qui elle est restée pendant dix ans, mais elle a fini par rompre avec lui. Maintenant elle vit seule et possède un magasin très fourni d'ingrédients de Potions. Son magasin fait pâlir d'envie tous les Maîtres de Potions.
- Et il est où ce magasin ? demanda Severus visiblement intéressé.
- Sur le Passage des Lumières, c'est l'équivalent de notre Chemin de Traverse en France.
Un certain silence tremblotant apparut entre les deux hommes et se mit à danser la mamba sur un air de Techno, ce qui le rendait un peu secoué et mal à l'aise.
- Au fait Severus, pourquoi étiez-vous là ? demanda soudain Bubus.
Le concerné sursauta légèrement comme si on l'avait sorti d'un rêve.
- En fait je voulais voir Lily… si c'est possible.
Barbe-Blanche hocha la tête et se dirigea vers le portrait de Phineas.
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Jonnatan courait le long des couloirs de Poudlard le plus vite qu'il pouvait tout en se répétant comme un mantra,
- Merdemerdemerdemerdemerdemerdemerde…
Finalement, il arriva devant le mur et après avoir prononcé le mot de passe, il s'engouffra dans la salle commune.
Il monta en flèche les escaliers et entra en coup de vent. Draco qui était allongé sur le lit avec un air soucieux sur le visage, se leva brusquement et commença à dire,
- Ah Jonnatan je voulais justement te parler…
- Pas maintenant s'il te plaît Draco, je suis trop à la bourre. J'ai un cours privé avec mon père et j'ai déjà une demi-heure de retard, il va ma buter, je suis maaaaaal !
- Mais…
- S'il te plaît Draco, on parlera plus tard, par pitié. Ahh je suis trooop en retard, il va me trucider, mais enfin elle est où cette baguette ?
- Dans ta poche arrière, dit le blond d'une voix neutre.
Quand Jonnatan fut parti, Draco, de dépit, shoota dans la première chose qui tomba sur son chemin c'est-à-dire une malle. Résultat, il se retrouva à sauter à cloche-pied dans toute la chambre, une grimace de douleur sur son visage et en pestant contre les gens incapables de ranger leur malles.
- Alors Draco, tu t'entraînes pour la compétition des gestes les plus débiles ? demanda Blaise qui venait d'entrer.
- Ha. Ha. Ha. Très marrant, Blaise, je suis mort de rire, fit le blond d'un air rageur.
- Bon tu le lui as dis à propos du gosse ?
Draco soupira et secoua la tête.
- Non, j'en ai marre, à chaque fois que j'essaye de le dire, il y a toujours quelque chose qui dérange. J'en ai vraiment marre, si ça continue à ce rythme-là, il n'apprendra que j'attends un bébé que quand ce dernier naîtra et encore je n'en suis pas sûr qu'il s'en rende compte à ce moment-là. Il serait capable de ne rien voir, tiens, c'est du Jonnatan tout craché. C'est désespérant !
Blaise eut un petit rire moqueur et dit en prenant Draco par les épaules,
- Allez courage, petit dragon, je suis sûr que tu y arriveras un jour…
Puis il laissa un petit silence pour mieux faire de l'effet.
- Enfin, il faudrait d'abord savoir quand arrivera ce jour… s'il sera dans un an, deux ans, un siècle, un millénaire ? Je ne sais pas, c'est à toi de voir mon cher Draco.
Le blond roula des yeux et le frappa derrière la tête.
- Aïeuuuuuuuu ça fait maleuuuuuuuuuuuuuuuuu, cria Blaise en se massant l'arrière du crâne.
- Bien fait pour toi, tu n'avais qu'à ne pas me parler comme ça, dit fièrement Malfoy Junior.
- Bon ben la prochaine fois je ne t'aiderai pas, voilà, dit Blaise d'un ton boudeur en lui tirant la langue.
- Justement je ne veux pas de ton aide pourrie.
- Mais heu, s'exclama le noir en faisant les yeux d'un chien-chien battu par son méchant maî-maître.
- Mouais bon, moi je vais me coucher, je sens qu'aujourd'hui encore Jonnatan va rentrer tard et j'ai pas envie de l'attendre juste pour le voir venir s'affaler sur le lit de fatigue.
- Oh pauv'chou, dit Blaise, on dirait un vieux couple marié depuis 50 ans.
- Blaise, je te préviens que si tu continues comme ça, c'est moi qui vais rendre Theo veuf avant même que vous ne soyez mariés.
- Oh maman j'ai peur, ce que tu peux être terrifiant Draco, fit le noir en prenant un faux air terrifié.
Mais Draco ne lui répondit pas et s'enferma dans la salle de bain en claquant la porte derrière lui. Décidément, ça devenait une habitude pour lui de faire ça.
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Il était 23 heures passées et Severus et Jonnatan venaient de terminer leur entraînement d'Occlumencie.
- Alors Jonnatan ça ne va pas ? Tu sembles soucieux aujourd'hui, dit son père.
- Oh je ne sais pas. Ces derniers temps avec tout ce qui m'est tombé dessus, je n'ai presque plus de temps pour passer avec Draco et j'ai peur qu'il se sente délaissé.
- Ah oui je comprends, parle-lui, je suis sûr qu'il comprendra.
- Mais c'est ça le problème. Lui aussi essaye de me parler, mais à chaque fois qu'il est sur le point de me dire un truc, y a toujours quelque chose pour nous déranger. C'est énervant à la fin.
- Je ne sais pas quoi te dire pour t'aider. Je suppose que c'est à toi d'essayer de trouver un moment pour retrouver votre intimité de couple.
- Je sais que tu ne peux pas m'aider, juste que je me sens tellement… seul en ce moment. Ces derniers temps, y a tout qui m'est tombé dessus en même temps : les entraînements, ta capture, ta torture, puis ton passage à l'infirmerie, ta presque mort et enfin la résurrection de ma mère. Résultat je me sens dépassé par les événements.
- Je te comprends, j'étais comme toi quand je suis devenu espion il y a 17 ans.
Snape Junior hocha la tête et le plus vieux continua après un petit silence.
- En fait Jonnatan, ça te dirait de passer tes vacances de Pâques avec moi… au manoir Snape ?
Comme son fils se contentait de le regarder avec des ronds, il pensa que ce dernier n'était pas d'accord et allait refuser.
- Oh ne t'inquiète pas, je comprends que tu ne veuilles pas. Oublies ce que je t'ai dit, ajouta-t-il précipitamment.
En entendant les dernières paroles de son père, Jonnatan sembla se réveiller et il cria presque,
-Non non non, c'est pas ça, juste que ta demande m'a beaucoup surpris. Je ne l'aurais jamais espéré. Je serais vraiment ravi de passer mes vacances avec toi, papa !
A la fin de sa tirade qu'il avait dite sans respirer, Snape Junior fit un large sourire à son père. Ce dernier eut un air soulagé sur le visage.
- Bien, je suis très content. Comme ça on pourra apprendre à mieux se connaître et rattraper le temps perdu…
Jonnatan hocha la tête et ils restèrent ainsi assis dans un silence confortable pendant quelques instants. Puis Snape Junior se leva.
- Bien je crois que je vais y aller, tu m'as lessivé aujourd'hui encore. Je tombe de fatigue, dit-il.
- Bonne nuit, fils, dit le Maître de Potions.
Le plus jeune se figea en entendant les mots de son père.
- Pardon ?
- Oui ? demanda le professeur.
- J'ai rêvé, papa, ou tu viens de m'appeler fiston ?
- Hum je crois que tu as rêvé, dit Severus en rougissant légèrement.
- Oh… j'aurais bien aimé que ce rêve soit réalité alors, dit Jonnatan d'un air déçu.
Son père le regarda bizarrement.
- Tout compte fait, je ne crois pas que tu aies rêvé.
Jonnatan eut un large sourire très Serpentard.
- Tant mieux. Bonne nuit… papounet.
Et il s'empressa de sortir avant que Snape Senior ait pu dire quelque chose.
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Le lendemain matin, Jonnatan était déjà en train de manger dans la Grande Salle en compagnie de Ron, Hermione, Theo et Blaise à la table des Serpentards quand Draco arriva.
Il embrassa Jonnatan et s'assit à côté de lui. A peine s'était-il installé que le brun se leva.
- Où vas-tu ? lui demanda le blond.
- Ben en cours, mais mon père m'a demandé de venir plus tôt parce qu'il devait me parler de quelque chose.
Cette fois le blond vit rouge et se leva d'un bond pour se planter devant son petit ami. Puis pointant son doigt sur lui, il commença à parler d'une voix forte sans s'en rendre compte.
- Oh non, cette fois-ci tu ne vas pas t'en tirer aussi facilement, Jonnatan Severus Snape.
Le brun grimaça en entendant son nom complet. Draco devait vraiment être fâché.
- Mais enfin qu'est-ce que tu as Draco ? Tu es très irritable ces derniers temps.
- JUSTEMENT ! C'est de ça que je veux te parler tout le temps ces derniers temps, mais toi, à chaque fois il faut que tu t'en ailles dès que je me prépare à le dire.
- Mais me dire quoi enfin ? demanda Jonnatan d'une voix exaspérée.
- Ahhhhh espèce de pauv' plouc, j'attends un ENFANT ! finit par hurler Draco sans se rendre compte qu'ils étaient le centre d'attention de TOUTE la Grande Salle.
TBC
(1) Aperis : Ouvre-toi (latin).
