Chapitre 18

La famille d'un supposé orphelin

- Ahhhhh espèce de pauv' plouc, j'attends un ENFANT, finit par hurler Draco sans se rendre compte qu'ils étaient le centre d'attention de TOUTE la Grande Salle.

Jonnatan le regarda pendant un instant avec des yeux ronds, puis dit d'une voix faible sans grande conviction,

- Mais les hommes ne tombent pas enceint.

Avant de s'évanouir et de s'écrouler aux pieds de Draco toujours sous les yeux médusés de la Grande Salle. Tout le monde était comme figé, et si à l'instant Voldemort était entré dans la Grande Salle en criant,

- Coucou tout le monde, je vous fait une visite surprise pour l'anniversaire de mon garçon caché !

… personne n'aurait été plus surpris.

On aurait pu entendre une mouche voler.

- Dzzzzzzzzzzzzzz…

Puis deux secondes plus tard, tout le monde se mit à parler en même temps remplissant la salle d'un brouhaha monstrueux. Draco et Hermione réagirent en même temps et s'agenouillèrent devant Jonnatan. Draco sortit sa baguette et lança,

- Enervatum.

Aussitôt, son petit ami ouvrit les yeux et regarda Draco. Tout à coup soudainement, il lui sourit et dit,

- Eh Dray, tu sais que je viens de faire un rêve merveilleux ? On était dans la Grande Salle et puis toi, tu m'as crié que t'étais enceint et moi je me suis évanoui de joie et de surprise. Et puis, t'étais tellement adorable quand tu me l'as crié, j'aurais pu te manger sur place.

Puis semblant s'apercevoir qu'il se trouvait justement en plein milieu de la Grande Salle et que tout le monde écoutait ce qu'il disait, il se figea et tourna des yeux exorbités vers le blond. Ce dernier le regarda avec un sourire étincelant.

- Alors comme ça, tu es content pour le bébé ?

Jonnatan mit quelques secondes à se reprendre puis prit Draco dans ses bras en disant,

- Non je ne suis pas content.

Draco se figea et tout le monde retint son souffle. Jonnatan eut un large sourire et regardant le jeune Malfoy droit dans les yeux, il lui dit tendrement,

- Non… je suis plus que content, j'ai l'impression de planer, j'ai l'impression d'être au paradis. Je me dis que je rêve et que je vais me réveiller bientôt de ce rêve merveilleux. A part mon père et toi, c'est la meilleure chose qui me soit jamais arrivée.

Et il l'embrassa pour lui prouver ses dires. Quand ils se détachèrent, des étoiles brillaient dans les yeux de Draco. Tout le monde était gêné, ils se sentaient de trop, et ils avaient l'impression d'être des intrus en écoutant ce qu'ils se disaient. Alors Hermione décida de briser cette gêne qui s'était installée.

- Eh ben dis donc, j'aurais jamais espéré voir ça de toute ma vie, dit-elle d'un ton moqueur.

Les deux tourtereaux se tournèrent vers elle.

- Voir quoi ? demanda Jonnatan en fronçant les sourcils.

- Eh bien, des Serpentards romantiques voyons, dit-elle joyeusement.

L'effet fut immédiat, toute la salle éclata de rire et Draco et Jonnatan en profitèrent pour s'éclipser discrètement… enfin essayèrent. Ils s'enfuirent le rouge aux joues et sous les sifflements des élèves.

Ils coururent comme des fous dans les couloirs tout en riant comme des gosses. Ils arrivèrent essoufflés devant le lac et Jonnatan se laissa tomber par terre en écartant ses bras. Draco lui s'assit royalement sur le ventre de Jonnatan comme s'il était une chaise.

- Hé ! Ne te gêne surtout pas, s'exclama le brun avec toutefois une lueur amusée dans les yeux.

Draco le regarda d'un air espiègle et dit,

- Mais, chéri, maintenant que je suis enceint, tu dois t'occuper de moi.

Jonnatan haussa un sourcil.

- Depuis quand est-ce que tu as besoin qu'on s'occupe de toi, Monsieur l'Indépendant, demanda-t-il sarcastiquement.

- Depuis que j'attends un enfant et que tu es le père, lui répondit Draco avec un sourire angélique.

Mais le visage de Jonnatan s'assombrit comme sous l'effet d'une soudaine réalisation et il jura. Le blond le regarda d'un air étonné et Jonnatan lui expliqua.

- Je… il faut absolument que tu te caches Draco !

- Pourquoi ? demanda le blond d'un air surpris.

- Tu rigoles, j'espère ? Est-ce que tu sais ce qu'aime Voldemort encore plus que de me voir mort ?... Me voir souffrir !

- Et tu penses qu'il s'en prendra à notre enfant ?

Jonnatan qui s'était levé, s'agenouilla devant Draco.

- Pas seulement à l'enfant, mais à toi aussi, vous êtes en danger tous les deux. Il sait que je t'aime et que si je te perdais je ne m'en remettrais jamais. Alors maintenant s'il y a le bébé en plus…

Draco souffla d'exaspération.

- Argh, est-ce que Tu-Sais-Qui ne peut pas se contenter de vouloir te tuer ? Noooooooon il faut absolument qu'il en veuille au monde entier, c'est désespérant à la fin !

Un mince sourire fleurit sur les lèvres du brun.

- Draco promets-moi que tu seras prudent, je t'en supplie. Je ne supporterais pas s'il t'enlevait à moi, supplia-t-il en prenant les mains du blond.

Ce dernier le regarda et dit,

- Très bien, je ferai tout ce que tu veux.

Jonnatan hocha la tête et se leva aidant Draco à en faire de même.

- Très bien, alors on va voir Dumbeldore tout de suite. Surtout que je suis quasi sûr que demain, ta grossesse sera affichée sur la première page de la Gazette du Sorcier, tu n'as vraiment pas été discret tout à l'heure en me l'hurlant en plein milieu de la Grande Salle. J'aurais vraiment préféré garder ce genre d'information secrète…

Draco haussa les épaules.

- Excuse-moi si à chaque fois que j'essayais de te parler tu t'enfuyais comme un voleur.

- Hé, je ne m'enfuyais pas. C'est pas de ma faute si Dumbeldore m'a fait une certaine révélation qui m'a chamboulé et en plus je dois continuer à m'entrainer avec mon père tous les soirs le tout avec un certain mage noir à mes trousses qui veut à tout prix avoir ma peau.

- Mouais, argh ! Pourquoi a-t-il fallu que parmi tous les garçons dans le monde, je sois tombé amoureux du Survivant. Est-ce que tu peux me dire pourquoi? demanda Draco d'une voix faussement désespérée.

- C'est ce qui fait mon charme, chéri, dit Jonnatan moqueusement.

- Ouais la modestie aussi apparemment.

Jonnatan se contenta d'éclater de rire et ils rentrèrent tous les deux en direction du bureau directorial.

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En entendant Draco hurler à Jonnatan qu'il attendait un enfant, comme tout le monde Severus Snape s'était figé. Il avait vu son fils s'évanouir puis entendu la petite conversation qui s'en était suivie. Le Maître de Potions avait l'impression qu'il était sorti de son corps et qu'il observait toute la scène comme une personne étrangère au monde humain.

Il avait l'impression que tout se déroulait comme au ralenti. Quand Jonnatan et Draco s'enfuirent de la salle, il sentit les professeurs assis à ses côtés s'agiter et se mettre à parler les uns avec les autres. Il sentit Minerva se pencher vers lui pour lui poser une question qu'il n'entendit pas. Il sentit cette dernière l'appeler puis le secouer doucement comme pour le réveiller. Lentement il tourna la tête vers elle et se rendit compte que tout le monde le regardait. Alors il réussit à dire ce qui se répétait inlassablement dans son cerveau depuis qu'il avait entendu la nouvelle.

- Je vais être grand-père à 36 ans.

Il sentit vaguement un éclat de rire gigantesque secouer toutes les personnes qui l'avaient entendu avant que le noir l'engloutisse.

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Quand Jonnatan et Draco, ils demandèrent à la gargouille s'ils pouvaient voir le directeur. Au bout de plusieurs secondes, cette dernière tourna sur elle-même pour révéler l'escalier menant au bureau de Dumbledore. Ils toquèrent à la porte, et entendirent la voix du directeur derrière les invitant à entrer.

- Ah Jonnatan, Draco je voulais justement vous voir au sujet de…

- L'enfant, l'interrompit Jonnatan, c'est justement pour ça qu'on est venus.

- Très bien, que… tenta de dire Dumbledore.

Mais, sans tenir compte de son intervention Jonnatan continua.

- Eh bien, je sais que Voldemort cherche à tout prix à me nuire et je sais que d'ici demain toute la Grande-Bretagne saura que Draco attend notre enfant. Je voudrais que vous nous donniez à tous les deux une chambre à part avec deux Aurors pour protéger Draco.

- Mais…

Jonnatan l'interrompit encore une fois.

- Oui je sais que ça peut vous paraître beaucoup, mais je veux qu'il n'arrive rien à Draco. C'est moi que Voldemort veux et je ne veux pas que Draco souffre par ma faute et mon inconscience. Je refuse de les mettre, lui et notre bébé, en danger.

- Mais…

- Non professeur, ce sera ça ou alors je m'enfuis avec Draco et vous ne nous retrouverez jamais. Et bonne chance pour vous débarrasser de Voldy, alors.

- Jonnatan et si tu me laissais en placer une, s'écria Bubus avant que le brun ne continue sur sa lancée.

Snape Junior rougit un peu mais n'ajouta plus rien. Alors Dumby continua.

- Bien, tout d'abord je suis d'accord pour la chambre et à chaque fois que vous sortirez de Poudlard, Draco aura droit à la protection de deux membres de l'Ordre, ensuite ce n'est pas au sujet du bébé que je voulais vous voir tous les deux.

Les deux amoureux semblèrent étonnés et Draco demanda,

- Mais pourquoi alors ?

- Tout simplement pour prévenir Jonnatan que son père se trouve à l'infirmerie.

- PARDON ? Mais pourquoi ? s'écria le Junior.

- Oh…

Une lueur amusée traversa les yeux du dirlo.

- Je crois que le pauvre fait une crise de jeunesse à retardement.

- De jeunesse ? Je ne comprends pas, intervint Draco et Jonnatan hocha la tête pour signifier son accord avec le blond.

- Il semblerait que votre petite démonstration de toute à l'heure l'ait quelque peu… indisposé, fit le barbu ne pouvant cette fois réprimer l'éclat amusé à s'installer dans ses prunelles.

- Vous voulez dire que… OH mon dieu, je n'y avais même pas pensé, s'exclama tout à coup Jonnatan.

- Penser à quoi ? demanda Draco visiblement perdu.

Avec une certaine hilarité le brun lui répondit,

- Eh bien d'après mes calculs mon père ne doit avoir que 36 ans et il va devenir grand-père à cette âge MOUHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA !

Draco ne put s'empêcher de glousser alors que son petit ami était littéralement écroulé de rire dans le fauteuil devant le bureau de Bubus.

- Hihihi… oui oui oui cela est bien amusant. Enfin je voulais te prévenir Jonnatan, que Severus a fait de l'hyperventilation en plein milieu de la Grande Salle et qu'il se trouve à l'infirmerie en ce moment.

En entendant ça le rire de Jonnatan s'intensifia tandis que Draco, ne pouvant résister, rejoignit vite Jonnatan dans son état, les larmes leur coulant des yeux.

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Severus se réveilla en entendant des discrets gloussements. Fronçant les sourcils et se demandant qui avait laissé une dinde entrer dans ses appartements, il se força à ouvrir les yeux.

Tout d'abord sa vision fut floue, mais au fur et à mesure qu'ils s'habituaient à la lumière, il reconnut les murs de l'infirmerie. En tournant les yeux, il faillit sursauter en rencontrant de plein fouet le visage de son fils qui s'était penché sur lui.

- Papa ? Ou-ou tu m'entends ? Tous tes neurones ont-ils déserté ton cerveau ? Non ce serait trop beau pour être vrai, n'est-ce pas ?

Severus grimaça.

- Toujours aussi charmant à ce que je vois, cher fils, essaya-t-il de dire sarcastiquement, mais échoua lamentablement en émettant un grommellement indistinct.

Cette fois, Draco qui se trouvait à quelques pas, n'y tint plus et éclata de rire, les larmes à nouveau coulant sur son visage tellement il riait fort. Jonnatan regarda tendrement pendant un instant Draco puis se tourna à nouveau vers son père.

- Papa, je te conseille d'arrêter de parler le troll sinon je crois que Draco va finir par s'étouffer de rire.

Pour seule réponse son père lui envoya un regard noir et murmura faiblement,

- Fils indigne.

Mais Jonnatan lui fit un sourire moqueur et l'aida à se redresser contre les oreillers. Ensuite il s'assit sur la chaise placée à côté du lit et Draco vint s'asseoir sur ses genoux.

- Alors comme ça tu t'évanouis en apprenant que tu vas devenir grand-papa ? demanda Jonnatan sans cacher son amusement.

- …, fut la seule réponse de Snape.

- Allez, parrain… euh beau-papa, ne fais pas ta tête de cochon, dit moqueusement le blond.

Jonnatan éclata de rire tandis que son père regardait son petit ami comme s'il s'était transformé en Voldemort lui-même.

- Bah quoi, je ne peux pas t'appeler beau-papa, parrain ? demanda Draco d'un air ingénu.

- Pitié, arrêtez le supplice : papa, grand-papa, beau-papa… Et bientôt se sera quoi ? Arrière-grand-papa parce que Jonnatan a eu un fils caché à l'âge de 8 huit ans ?

Deux sourcils interrogatifs se levèrent en même temps, les deux jeunes hommes le regardant comme s'il était devenu fou. Jonnatan se leva précipitamment et dit à Draco,

- Je vais appeler Mme Pomfresh, je crois que mon père est en train de perdre la boule.

- Héééééééééééé, mais je ne te permets pas. Je suis parfaitement en bonne santé. D'ailleurs je pense que je vais aller dans mes cachots et me concocter une bonne petite soupe à base d'yeux de Basilic… ah non, suis-je bête, les yeux de Basilic c'est pour ma préparation d'un poison mortel, non pour ma soupe je vais prendre… hum hum… heu… JE SAIS ! Des queues de salamandre !

Jonnatan et Draco se lancèrent des regards horrifiés et le brun partit rapidement en appelant Mme Pomfresh à tue-tête.

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Il était deux heures du matin et Dumbeldore était assis dans son bureau. Quelques heures plus tôt, il avait conduit Jonnatan et Draco dans une partie non-fréquentée du château où il avait installé leur nouvelle chambre. Les deux tourtereaux avaient semblé contents de leur « lieu de résidence ».

Tout à coup, sa porte s'ouvrit doucement pour laisser entrer une silhouette encapuchonnée. C'était une personne de grande taille et qui marchait très droit, la tête redressée au maximum.

Le dirlo sourit légèrement.

- Je ne vous attendais pas aussi tôt. Du nouveau ?

- Bonjour Albus. Merci, je vais bien, ma journée s'est très bien passée. Et vous ?

Bubus rougit légèrement devant la manière subtile avec laquelle la personne lui avait fait remarquer son manque de politesse.

- Je suis désolé, je vais bien merci. J'espère qu'il en est de même pour vous, dit-il tel un homme du monde.

La personne souffla d'un air exaspéré et hocha la tête.

- J'ai vraiment une mauvaise nouvelle cette fois-ci.

En entendant ça, le directeur se redressa.

- Que se passe-t-il ?

- Le Seigneur des Ténèbres a engagé un démon pour tuer Severus. Il veut à tout prix atteindre le jeune Snape et apparemment le Seigneur des Ténèbres fait une fixation sur la famille de ce garçon qu'il veut rendre par n'importe quel moyen orphelin.

- Aïe c'est plus sérieux que je me doutais surtout quand on connaît l'obstination des démons. Enfin pour l'instant tout va bien puisque Poudlard possède des sorts de protection contre les démons mineurs.

- Oh j'ai oublié de vous prévenir que c'est un démon du premier cercle qu'il a engagé. Le Seigneur des Ténèbres veut être sûr que Severus mourra…

Dumby frissonna légèrement.

- Les affaires se corsent, si ça continue comme ça on ne sera en sécurité nulle part. Connaissez-vous l'identité du démon ?

- Je ne suis pas une boule magique ou télépathe. Je n'ai pas accès aux pensées personnelles du Seigneur des Ténèbres, grand bien m'en fasse ! Bien, sur ce, je crois que je vais retourner à mon « repère ».

Et, la silhouette se glissa dehors aussi silencieusement qu'elle était arrivée.

Une fois seul à nouveau, Dumbeldore se leva lentement et marcha vers sa cheminée. Il y lança un peu de poudre de cheminette et y entra. Quelques instants plus tard, il apparut dans la cheminée de l'infirmerie. Il s'avança vers le lit où était couché le Maître de Potions et vit que ce dernier ne dormait pas.

- Re-bonsoir Severus, dit le dirlo.

- Qu'y a-t-il Albus ? demanda d'une voix inquiète Severus en voyant la mine soucieuse du directeur.

- Je viens de recevoir la visite de mon espion et apparemment Voldemort veut à tout prix ta mort, Severus.

- Cela n'a rien d'étonnant. Qu'est-ce qu'il a encore fait ? demanda d'une voix lasse Snape Senior en s'enfonçant dans ses coussins.

- Il a engagé un démon pour te tuer…

Albus vit l'homme pâlir.

- Et connaissant Voldemort ça doit être un venant des 5 premiers cercles, n'est-ce pas ?

- Premier cercle, avoua faiblement le vieil homme.

- Zut, il faut que je plonge dans mes livres pour prendre tous les renseignements sur la manière de se débarrasser d'un démon. Je sens que ça ne va pas être une partie de plaisir…

- Demande de l'aide à Jonnatan, je suis sûr qu'il pourra t'aider.

- Je ne sais pas je verrai, il a déjà beaucoup de pain sur la planche lui-même. Je ne suis pas sure de vouloir en rajouter une couche… Bon je crois que je vais dormir un peu, là. Aux dernières nouvelles, le démon n'est pas encore entré à Poudlard, n'est-ce pas ?

Bubus haussa les épaules puis après avoir souhaité bonne nuit au Maître de Potions, il s'en alla.

A quelques dizaines de mètres de là, une ombre se glissa furtivement en dehors de la forêt interdite.

C'était une jeune fille qui paraissait avoir 12 ans, peut-être un peu plus, avec des cheveux tellement sombres qu'ils se confondaient avec la noirceur de la nuit. Elle n'était pas habillée au sens propre du terme, on avait l'impression que son corps était fait de feu et que ce dernier la couvrait juste là où il fallait.

Son visage paraissait angélique et en la voyant on aurait voulu lui vouer un culte, chose qu'on aurait regretté si on avait vu son sourire sadique. Sourire qui apparut sur son visage alors qu'elle observait le château, en faisant apparaître des étincelles de feu dans ses yeux.

Après un dernier coup d'œil vers Poudlard qui se tenait devant elle ans toute sa splendeur, elle s'avança dans le parc en faisant un grand détour pour passer le plus loin possible du lac. L'eau, ça mouille, après tout. Si si, je vous jure que c'est la vérité.

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Deux corps étaient allongés dans un grand lit au milieu des draps froissés. Une des mains du premier caressait langoureusement le ventre du second tandis que ce dernier poussait des soupirs de plaisir.

- Au fait Draco, il va naître dans combien de temps, le bébé ?

Le blond souleva un sourcil interrogateur et demanda,

- Naître ?

- Euh…

Jonnatan sembla un peu indécis et ébranlé.

- Ben quand le bébé vient au monde, il naît non ?

- Chez les femmes oui, mais chez les hommes il en va tout autrement, s'exclama Draco, décidément on ne t'a rien appris chez les Moldus ?

- Ah heu bah je savais pas. Et puis tu sais, chez les Moldus, les hommes ne peuvent pas avoir d'enfant, murmura Jonnatan honteux.

- Ah bon. Ok, ce n'est pas grave, je sais que chez les Moldus les hommes ne procréent pas. Attends je vais t'expliquer. Bon comme tu le sais, les hommes n'ont pas d'utérus où le zygote pourra grandir, alors quand ils tombent enceint, leurs parties génitales se transforment, disons, la magie qui est en nous va fabriquer les organes nécessaires pour que le bébé vienne au monde. Bien sûr à cause de tout ça, la durée de portée n'est pas de 9 mois mais de 10 mois et c'est beaucoup plus épuisant parce que ça prend beaucoup d'énergie pour la fabrication des organes.

Les yeux de Jonnatan menaçaient de sortir de leurs orbites tant il était estomaqué par ce que Draco venait de lui dire.

- Ça veut dire que tu vas perdre ton zizi ? Mais je l'aime bien, moi, je ne veux pas qu'il disparaisse !

Le blond rougit et mit une claque derrière la tête du brun.

- Idiot, bien sûr que non je ne vais pas perdre mon organe. Les transformations que je viens de t'expliquer se font intérieurement, pour préparer l'homme au mieux à la formation du bébé.

- Et après la naissance du bébé ? demanda le brun en se frottant le crâne là où le blond l'avait frappé.

Draco eut un petit sourire.

- Eh bien les organes restent là. Ce qui fait que la deuxième naissance se passe beaucoup plus facilement.

Un gros silence passa quand Draco eut fini ses explications. Il regarda son petit ami qui n'avait toujours pas bougé.

- Hé Jonnatan ?

Aucune réaction.

- Jonnatan ? Tu m'entends ?

Aucune réaction.

- Jonnatan, tu sais que tu m'inquiètes ?

Aucune réaction.

- Mais dis quelque chose enfin ! finit par s'écrier Draco en le secouant comme un prunier.

Jonnatan finit par sursauter comme s'il se réveillait d'un songe et regarda Draco avec des yeux vitreux. Soudain un sourire niais apparut sur son visage.

- Ze vais être père. Draco tu te rends compte ? Ze vais avoir ma propre famille !

Malfoy Junior eut un petit sourire et serra son petit ami dans ses bras. Puis il s'écarta en le regardant avec des yeux pleins d'espoir comme s'il s'attendait à quelque chose de la part de son petit ami. Mais Jonnatan ne s'en rendit pas compte et se pencha pour l'embrasser.

- Ecoute Draco, il faut que je t'avoue quelque chose, mais il faut que tu me promettes que tu ne le répéteras à personne.

Draco qui était légèrement déçu, réussit à le cacher et hocha la tête sans grande conviction.

- Bien, dit le brun.

Puis il prit sa baguette et lança un sort de confidentialité autour d'eux. Même s'ils étaient seuls dans cette chambre que leur avait donnée Dumbledore, il ne voulait prendre aucun risque.

- Bien maintenant qu'on ne risque pas d'être entendus par des oreilles indiscrètes, on va pouvoir parler librement.

- Qu'est-ce qui peut être si important ?

- Il faut que tu me promettes de ne jamais le dire à personne même sous la torture. C'est très important, Draco.

- Mais je viens de le promettre, s'écria le blond exaspéré.

- Je sais, mais promets-le moi je t'en prie Draco, dis-le.

- D'accord, finit par dire d'une voix exaspérée le blond, je te le promets, mais je ne vois pas qu'est-ce qui peut être aussi important pour que tu en fasses tout un pl…

- Le fait est que ma mère est encore en vie ? l'interrompit Jonnatan dans un souffle.

Un ange en train de danser la samba passa entre les deux alors que Draco fixait son petit ami avec des yeux aussi ronds que des soucoupes.

Finalement, au bout de plusieurs minutes, il finit par se ressaisir… pour balbutier d'une voix tremblotante,

- Tu as dit quoi ? J'ai dû mal entendre…

Le brun eut un sourire un peu triste et secoua la tête.

- Non, tu as très bien entendu ce que j'ai dit.

- Mais… mais… c'est impossible, finit par s'écrier Draco.

- Si c'est tout à fait possible. La preuve, c'est qu'avec mon père, on a été la voir.

Cette fois Jonnatan ne cacha plus son amusement.

- Maismaismaismaismaismais… enfin comment est-ce possible ?

- Ah, ça, mon amour, c'est une longue histoire que je vais me faire un plaisir de te raconter. Alors, il était une fois deux méchants qui étaient en même temps ennemis. Le premier ne cachait pas sa méchanceté au monde sorcier et se faisait appeler Lord Voldemort. Le second, beaucoup plus rusé, se faisait passer pour un gentil mais le moment venu vous plantait un poignard dans le dos sans aucune pitié. Celui-là se nommait Albus Dumbledore. Un jour, par une froide nuit d'Halloween, Lord Voldemort est entré dans la maison des trois petits cochons et les a pris par surprise. Il a tué le plus grand des cochons et s'est mis à courir derrière le cochon moyen qui essayait de s'enfuir tout en protégeant le plus petit des cochons. Mais le grand méchant loup incarné par Lord Voldemort l'a rattrapé et lui a envoyé le sort de la mort. Mais il ne s'est pas rendu compte, tout préoccupé qu'il était par le dernier des cochons, que le cochon moyen avait créé une sorte de bulle protectrice qui avait aspiré son sort et plongé dans une sorte de coma magique le cochon moyen. Quand le grand méchant loup lança le sort de la mort sur le petit cochon qui le regardait d'un air effrayé, la bulle qui entourait le cochon moyen est venue l'entourer et a renvoyé le sort au grand méchant loup qui a été à moitié anéanti sur le coup. Le grand méchant loup réussit à s'enfuir malgré son état lamentable. A ce moment-là, la méchante sorcière déguisée en gentille grand-mère, incarnée par Albus Dumbeldore, est apparue et a constaté les dégâts. Elle a prit le cochon moyen et est partie avec elle. Ensuite elle a envoyé Petit Jean prendre le dernier des cochons et lui a ordonné de le donner à la belle-mère de Cendrillon et à ses deux méchantes filles. Voilà toute la vraie histoire. Parce que la méchante sorcière, va cacher pendant plus de 15 ans au petit cochon que le cochon moyen est en vie et ce n'est que quand le petit cochon va apprendre l'existence de son vrai père, le vrai grand cochon, qu'il va le lui avouer.

Draco regardait son petit ami les yeux exorbités, hésitant entre la panique et le fou rire. Panique ? Bah oui, il se demandait sérieusement si le père de son enfant n'avait pas sérieusement perdu une case (la dernière de sa tête) ?

Mais comme Jonnatan le regardait avec de l'amusement dans les yeux, il finit par éclater de rire et se jeta sur le brun en lui disant,

- Tu sais que pendant quelques secondes tu m'as vraiment inquiété ?

Jonnatan se contenta de le regarder avec de l'hilarité dans les yeux avant de l'embrasser.

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- Mais Pompom, je veux sortireuuuuuuuu, s'il te plaîiiiiiiiiiiiit ?

Cette voix pleurnicharde que vous venez d'entendre, c'était notre sévère-plus-si-sévère-que-ça professeur de potions qui comme vous l'avez compris suppliait l'infirmière de Poudlard de le laisser sortir. D'ailleurs la réponse cinglante ne tarda pas à claquer comme un coup de fouet par la si charmante voix de l'infirmière.

- Non Severus, votre hyperventilation a eu quelques conséquences assez graves. C'est pourquoi il faut que je vous garde à l'œil. A votre âge, on ne se rétablit plus si facilement, vous savez….

Snape Senior lui jeta un regard noir-de-la-mort-qui-tue pour sa référence à son âge et puis la regarda suspicieusement.

- Quel genre de conséquence ?

- L'un des effets, entre autres, serait que vous pourriez devenir impuissant…

L'homme la regarda d'un air incrédule puis il cria d'une voix tonitruante,

- QUOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ?

Son cri fut tellement fort, que même les Centaures ou encore Aragog et toute sa clique purent l'entendre du fin fond de la Forêt Interdite.

- ARGH SEVERUS ! Arrêtez de hurler, vous m'arrachez les tympans.

- MAIS JE ME FICHE DE VOS TYMPANS ! COMMENT ÇA JE SUIS IMPUISSANT ? QUELLE EST LA SIGNIFICATION DE CECI ?

- Bon au moins j'espère que maintenant vous accepterez de rester à l'infirmerie, dit Pompom en grimaçant à cause d'un début de migraine.

- Bonjour Mme Pomfresh, dit Jonnatan d'une voix chantante.

Il venait d'entrer dans l'infirmerie, et avait aussi entendu la charmante voix de son père. D'ailleurs, remarquant ce dernier, le visage tout rouge et les yeux lançant des Avada Kedavra sur la pauvre infirmière, il dit,

- Il me semblait bien avoir entendu la voix de mon père depuis l'autre bout du couloir.

Avec un soupir il lui demanda,

- Qu'est-ce qui se passe encore, père ?

- CE QUI SE PASSE ? IL SE PASSE QU'ELLE M'A DIT QUE JE VAIS ÊTRE IMPUISSANT ! beugla le Maître de Potions les narines frémissantes, comme en taureau enragé.

Son fils le regarda avec des yeux ronds tandis que Mme Pomfresh répliquait d'une voix agacée,

- J'ai dit PEUT-ÊTRE, ce n'est pas sûr. Il se pourrait que cela soit l'un des effets secondaires…

- C'EST LA MÊME CHOSE ! hurla Sevy.

- Mais PAPA, intervint soudain Jonnatan avant que ça ne se termine par un meurtre, arrête et regarde le côté avantageux de la situation.

Son père le regarda en grimaçant.

- Je ne vois pas ce qui pourrait être avantageux quand on impuissant ! dit-il d'une voix outrée.

- Eh bien, tu vas confirmer au moins la rumeur qui circule sur toi dans tout Poudlard.

- Je te demande pardon ? fit Snape Senior.

- Bah tu ne le savais pas, demanda innocemment son fils, tout le monde dit que tu es impuissant et aigri jusqu'à la moelle.

Cette fois Severus n'y tint plus et oubliant qu'il se trouvait en simple boxer, il sauta du lit et se mit à courir derrière son fils qui s'enfuit de l'infirmerie, en rigolant comme un bossu.

Aucun des deux ne remarqua une certaine démone, cachée dans un coin sombre en train de se tordre de rire. Décidément, elle commençait à adorer cette famille. Ils étaient aussi fêlés qu'elle. Et c'était peu dire.

TBC