Chapitre 22

Devoirs conjugaux

Dumbeldore mit quelques secondes à assimiler ce qu'il venait d'entendre, tellement ça lui paraissait surnaturel. Pensée étonnante dans le monde magique.

Il finit par se reprendre à grande peine, mais seulement pour bégayer ou plutôt croasser,

- Que-Quoi ?

- Oui vous avez très bien entendu. Apparemment le Seigneur des Ténèbres a un espion à Poudlard et c'est celui-ci qui doit enlever les deux jeunes garçons ce soir.

- Maismaismaismaismais… MAIS ENFIN COMMENT EST-CE POSSIBLE ? J'aurais été prêt à confier ma vie à chacune des personnes présentes à Poudlard !

- Eh bien vous devriez revoir vos critères de confiance, dit la silhouette sarcastiquement et avec un brin d'insolence à mesure qu'elle reprenait son souffle.

Le barbu piqua un fard et répliqua dignement,

- Mon jugement ne m'a jamais fait défaut alors je ne vous autorise pas à m'insulter quelles que soient les circonstances.

Mais la personne eut un rire bref et moqueur sous son capuchon.

- Bien de toute façon nous ne sommes pas là pour parler de vos états d'âme. Je vous conseille de prévenir vivement les concernés, ainsi que Severus Snape. Sur ce je vous laisse, bon petit déjeuner même si je doute que vous ayez à cœur de le finir maintenant.

Et sur un dernier reniflement moqueur, la personne ouvrit la porte et disparut, laissant un Dumbeldore plus qu'égratigné dans son super-mega-giga-ego. Mais ce dernier ne tarda pas à reprendre plus ou moins ses esprits et se précipita vers la cheminée par laquelle il appela le Maître de Potions. Malheureusement ce dernier n'était pas dans son bureau et Dumby en déduit qu'il devait encore être en train de prendre son petit-déjeuner dans la Grande Salle.

Alors sans plus tarder, il laissa – à grand mal – son propre petit-déjeuner et descendit dans la Grande Salle en utilisant plusieurs passages secrets pour ne pas croiser d'élèves. Même s'il adorait les enfants, il avait toujours du mal à les supporter de si bon matin et surtout quand quelque chose de grave était en train de se préparer. Et puis à chaque fois qu'il voyait un enfant, il ne pouvait s'empêcher de penser à sa femme et aux enfants qu'ils auraient pu avoir, s'il n'avait pas été juste un imbécile obnubilé par Grindelwald. Eh oui, on pouvait dire qu'il avait raté sa vie à cause d'une erreur de jeunesse. Dumbeldore savait que sa femme ne lui pardonnerait jamais. Il lui avait juré d'être toujours là pour elle et qu'est-ce qu'il avait fait à peine le mariage célébré ? Il l'avait abandonnée pour se lancer aux trousses d'un mage noir. Dumbeldore secoua la tête comme pour chasser ses souvenirs et c'est sur ces pensées qu'il entra dans la Grande Salle par la petite porte qui se trouvait juste derrière la table des professeurs.

Le directeur remarqua tout de suite Snape en train de manger un toast sans rien dessus et de boire une tasse de café extra-corsée, extra-noire, le tout plongé dans ses pensées. Le barbu s'approcha de lui et lui toucha l'épaule. L'homme en noir sursauta et se retourna pour voir qui l'avait interrompu. En remarquant l'air grave de Dumbeldore, il se leva tout de suite, et ils sortirent tous les deux de la Grande Salle.

Toujours en silence, ils marchèrent jusqu'aux cachots. A peine la porte fermée, Dumbeldore dit de but en blanc,

- Voldemort a l'intention de faire enlever Jonnatan et Draco ce soir. Apparemment il a un espion à Poudlard.

Snape Senior mit quelques secondes à réagir à ce qu'il venait d'entendre, le temps que l'information qui lui paraissait tellement irréelle, arrive à son cerveau.

- Mais je croyais qu'il avait décidé de l'enlever pendant les vacances d'été ! finit-il par s'écrier. Et maintenant, il veut enlever Draco en même temps ?

- Oui, mais apparemment il a changé ses projets, il en a marre d'attendre. Il veut devenir le maître du monde tout de suite.

- Mais c'est insensé ! continua à s'exclamer le Maître de Potions.

- Oui, moi aussi j'ai été très étonné quand mon espion me l'a dit, mais c'est comme ça. En attendant nous ne pouvons rien faire d'autre que ne pas quitter Jonnatan et Draco une seconde des yeux.

- Pour ça aucun problème, dit Severus.

- Comment ça ?

- En ce qui concerne Draco, on n'a qu'à lui dire de rentrer dans leurs appartements et de ne pas sortir sans être accompagné. Pour ce qui est de mon fils, eh bien comme vous le savez je lui donne des cours privés du lundi au samedi, et aujourd'hui on va faire de la magie ancienne, d'ailleurs je suis étonné de voir la rapidité avec laquelle mon fils progresse.

- Mais voyons Severus, c'est le digne fils de son père. Avez-vous oublié que vous avez appris à maîtriser la Legilimencie et l'Occlumencie en un mois, ce qui est un vrai record, car il faut normalement…

- … deux ans pour les apprendre, je sais Albus, vous n'avez pas arrêté de me le dire depuis que je suis devenu espion pour votre compte.

Dumbeldore eut un sourire tendre, il se souvenait encore du jour où il y a quelques mois à peine, il avait avoué à Severus qu'il le considérait comme son fils. Le Maître des Potions remarqua ce sourire tendre et dit sarcastiquement,

- A en voir votre mine, je suppose que vous devez penser à un truc dégoulinant de niaiserie, Albus.

- Mais vous avez tout à fait raison, mon fils.

En entendant ça, Severus ne put empêcher malgré sa grande maîtrise de soi, un air ému de passer dans ses yeux. Lui que son père avait toujours considéré juste comme un futur partisan de Voldemort, il découvrait ce vieil homme qui l'aimait et qui le considérait comme de son propre sang.

Mais Severus Snape étant ce qu'il est ne tarda pas à se reprendre et dit d'une voix légèrement enrouée,

- Bien je vais trouver Jonnatan et Draco et les prévenir du danger qu'ils courent.

Dumbeldore hocha la tête et sortit de la pièce.

Resté seul, Snape profita encore un peu du sentiment de plénitude que venait de lui procurer Dumbeldore, puis se dépêcha de sortir à son tour pour se mettre à la recherche de son fils.

/\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\

Jonnatan quant à lui, venait de rejoindre Draco devant les portes de la Grande Salle.

- Hey bébé, dit-il en enlaçant le blond par derrière.

Ce dernier se retourna et l'embrassa tendrement. La joie qu'il éprouvait de revoir son petit ami – même si ça ne faisait qu'une demi-heure qu'ils ne s'étaient pas vus – était légèrement ternie par cette attente visiblement sans espoir que Jonnatan le lui demande. Le brun, quant à lui, maintenant qu'il savait pourquoi Draco était ainsi, voyait mieux l'angoisse dans ses yeux et aussi la peur d'être rejeté.

Il lui sourit et dit,

- Viens bébé, je t'emmène voir ma mère.

Draco sembla surpris. Visiblement il n'avait pas cru Jonnatan quand il lui avait promis de la lui présenter. Sans dire un mot, il laissa Jonnatan lui prendre la main et le suivit.

Arrivés dans les toilettes de Mimi Geignarde, incrédule, Draco se tourna vers Jonnatan.

- Tu te moques de moi ? Tu ne vas pas me dire, que ta mère se trouve ici ?!

Le brun sourit et répliqua,

-Mais non idiot, c'est par ici qu'on accède à la Chambre des Secrets.

Mais Draco répliqua sarcastiquement,

- Ah oui et tu espères que je vais gober ça ?

Jonnatan haussa les épaules et ne dit qu'un mot,

- Regarde.

Et sous les yeux éberlués de Draco, il s'approcha du robinet et siffla « ouvre-toi » en Fourchelangue. Comme d'habitude, tous les robinets se mirent à bouger pour finalement laisser l'ouverture du tunnel en toboggan.

- Alors convaincu ?

Mais sans lui répondre, Draco dit,

- Tu n'espères quand même pas que je vais sauter ?

- Ben pourquoi ?

- Jonnatan tu as pensé au bébé ? Une mauvaise chute et je le perds ! Tu comprends mieux ?

En entendant ça, Jonnatan était devenu très pâle. Mais il secoua la tête et dit,

- Bon j'avoue que j'y avais pas pensé, mais ne t'inquiètes pas, j'ai une solution. Je saute d'abord et puis quand toi tu sauteras, moi je serai déjà en bas pour te rattraper, d'accord ?

- Et si tu ne me rattrapes pas ?

- Tu ne me fais pas confiance ?

- Si si bien sûr mais…

- Mais tu as peur pour le bébé. Je comprends, mais dis-toi que je me tuerais pour ce petit bout qui n'est pas encore né, alors comprends que je ferai tout pour qu'il ne lui arrive aucun mal.

Finalement convaincu, Draco accepta et attendit quelques minutes après que Jonnatan aie sauté, avant de sauter à son tour, chose qu'il regretta tout de suite après l'avoir fait. A mesure qu'il descendait à une vitesse vertigineuse, il voyait à chaque instant la fin de sa vie arriver. Finalement, voyant le bout du tunnel arriver, il ferma les yeux voyant vraiment la fin de sa vie arriver en même temps. Mais au lieu de ça, il tomba sur un truc moelleux et chaud. En ouvrant les yeux, il rencontra le regard inquiet de son petit ami et sourit.

- Plus jamais tu ne me feras refaire ça. J'ai cru ma dernière heure arrivée, dit Draco en se blottissant d'avantage dans les bras de Jonnatan.

Le brun se contenta de donner une petite bise sur la joue du blond, puis se leva avec Draco toujours dans ses bras et commença à marcher.

- Eh ! Je ne suis pas une femmelette, alors repose-moi tout de suite, je sais marcher tout seul, s'écria Draco des éclairs sortant de ses yeux.

Jonnatan se contenta de soupirer. Déposant son amant doucement au sol, il dit,

- Oh Merlin, quand est-ce que tes humeurs d'homme enceint vont s'arrêter ? Des fois tu es tellement contradictoire.

- Et alors, c'est pour ça que tu m'aimes, non ? dit Draco insolemment.

Décidant de lui donner une petite leçon d'humilité, Jonnatan dit,

- Qui a dit que je t'aimais ?

Dans sa tête, Jonnatan commença à compter : cinq, quatre, trois, deux, un… TOP.

- QUOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ? JONNATAN SEVERUS SNAPE, QU'AS-TU OSE DIRE ?

- Juste la vérité, lui dit Jonnatan avant de continuer à marcher avec nonchalance en laissant un Draco bouillant de rage derrière lui.

- JONNATAN SNAPE ! JE T'ORDONNE DE T'ARRÊTER TOUT DE SUITE !

- Pfffff, et puis quoi encore ? Au lieu de jacasser, marche.

- Jaca… mais comment oses-tu me parler ! Je suis outré ! Je ne te parlerai plus jamais de ma vie, voilà !

Snape Junior s'arrêta puis se tourna lentement vers le blond qui avait croisé les bras et lui tournait le dos. En soupirant, le brun s'approcha de ce dernier et sans que rien ne laisse deviner ce qu'il allait faire, il prit Draco dans ses bras et l'embrassa à pleine bouche. Au début se raidissant, Draco finit par capituler et profiter du baiser torride que lui donnait son petit ami.

Finalement à bout de souffle, ils se séparèrent.

- Cet argument suffit pour te convaincre de me reparler, lui dit Jonnatan.

Les yeux de Draco étincelèrent et il secoua la tête.

- Humpf, fit-il toujours boudeur.

Jonnatan sourit.

- Hum, je vois. Un petit baiser ne saurait convaincre Son Altesse. Je vais donc m'employer à vous donner plus.

Faisant semblant de regarder autour de lui, Jonnatan continua comme s'il ne remarquait pas du tout le teint de plus en plus verdâtre de Draco à mesure qu'il parlait.

- Bien sûr nous nous trouvons dans un passage sordide et tout dégoûtant, mais je crois que je pourrais réussir à te faire l'amour contre un de ces murs humides et infestés de vers. Tu penses que ça te convaincra de me reparler ?

- Oh c'est bon, tu as gagné. Maintenant arrête tes gamineries et on va voir ta mère, lança Draco exaspéré d'avoir perdu le jeu.

Jonnatan lui lança un regard triomphant en répliquant,

- Mais bien sûr, moi aussi je t'aime, chéri.

- Raaaaaaa tu m'énerves vraiment quand tu tombes dans ta phase de gamin attardé.

- Moi ? Gamin ? Arrête, je suis un adulte mûr et qui a la tête sur les épaules. Je refuse de croire une seule seconde que je suis un gamin.

- C'est ça, c'est ça, répondit Draco en continuant à marcher, après tout, il n'y a que les ignorants qui sont les plus heureux.

- Hé ! Mais je ne te permets pas… attends une seconde, je sais ce que tu es en train de faire : tu te venges parce que je t'ai obligé à me reparler, c'est ça ? Et après c'est moi le gamin, hein ?

Hilare, Draco tourna la tête vers Jonnatan, tout en continuant à marcher,

- Je me demandais quand tu allais t'en rendre compte, dit-il avec un large sourire allant d'une oreille à l'autre.

- Ha. Ha. Ha., c'est fou ce que tu peux être marrant Draco, quel sens d'humour, à mourir de rire.

- Eh bien, je suis content que tu l'apprécies à ce point-là.

- Ah Draco, tu ne changeras jamais, mais c'est comme ça que je t'aime.

- Oui oui, je le sais, en attendant si tu voulais bien ouvrir la porte. Parce qu'au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, nous sommes arrivés.

- Ah oui, bon « Ouvre-toi ».

- Et comme par magie, la porte s'ouvrit, dit Draco avec ironie.

- Garde tes sarcasmes pour toi, Draco. Si t'aime pas, va te plaindre chez Salazar Serpentard.

Et c'est en continuant à se chamailler que les deux garçons entrèrent dans la Chambre des Secrets. Ils s'arrêtèrent au plein milieu tout en parlant,

- … oui mais je suis sûr que Serpentard n'apprécierait pas trop si je lui disais qu'il avait des goûts merdiques en matière déco, continuait Draco sans faire attention à la mine exaspérée de Jonnatan.

- Mais Draco, de toute façon tu ne pourrais pas le lui dire vu que ça fait des MILLENAIRES qu'il est six pieds sous terre, ce mec !

- Tu sais, les sorts pour faire revenir les fantômes des morts existent, répliqua Draco.

- Oui mais chéri, c'est de la Magie Noire et nous la détestons tous les deux… à moins que tu aies envie de me quitter pour aller te convertir en Voldemort bis ?

- Oh pitié, Jonnatan, ne parle pas de malheur. Je vais en avoir des cauchemars toute la nuit maintenant, gémit Draco.

- Oh pauvre chou, tu vas en mourir. Je me demande ce que t'aurais fait si t'avais été à ma place, contraint de supporter toutes les sautes d'humeur et parties de jambes en l'air de Voldemort.

- ARGH ! Ne m'en parle pas ! Cette fois c'est définitif, je vais avoir des cauchemars toute la nuit et puis après…

Draco était tellement dans son idée de cauchemars et vu qu'il avait fermé les yeux pour en rajouter au côté dramatique de ce qu'il disait, il ne se rendit pas compte que Jonnatan s'était agenouillé devant lui.

- Draco…

- … mais vus que je vais faire des cauchemars tu ne pourras plus…

- Draco…

- … c'est toi qui seras obligé de subir mes humeurs…

- DRACO…

- … mais après tout, c'est de ta faute, alors bien fait pour…

- DRACO !

- QUOI ?

- Tu veux bien arrêter de parler et ouvrir tes yeux ?

Le blond fit ce que Jonnatan venait de lui demander et s'arrêta net en s'écriant,

- Eh mais qu'est-ce que tu fais par terre, tu t'es fait attaquer c'est ça, pendant que j'avais les yeux fermés ? Oh Jonnatan il suffit que je tourne le dos pendant quelques secondes et tu as déjà des ennuis ? Ooh, qu'est-ce que tu ferais sans moi…

- DRACO ! Du calme, je ne me suis pas fait attaquer et d'ailleurs je me demande par qui. Le seul vrai ennemi qui aurait pu m'attaquer, c'est le Basilic et comme je l'ai bousillé il y a quatre ans, y a plus rien à craindre.

- Mais alors qu'est-ce que tu fais à genoux par terre ?

Jonnatan respira un coup et se jeta à l'eau.

- Draco, tu sais je t'aime de tout mon être et je ferais tout pour toi. Depuis qu'on sort ensemble, j'ai passé les meilleurs moments de ma vie, enfin à part le fait que j'ai un père et que je m'entend bien avec lui, enfin ce que je veux dire Draco, c'est que j'ai envie de passer le restant de mes jours et j'espère qu'il en reste beaucoup, à tes côtés. Je sais que tu es mon âme sœur, je le sens au plus profond de mon être. Alors, Draco Lucius Malfoy, veux-tu m'épouser ?

Depuis le début du discours de Jonnatan, la mâchoire de Draco s'était petit à petit détachée et, à la fin, finit par se fracasser par terre tandis que les larmes lui venaient aux yeux.

- J'ai cru que tu ne me le demanderais jamais, bien sûr que j'accepte. Oh je t'aime, Jonnatan, cria-t-il en sautant dans les bras du brun.

- Moi aussi je t'aime, lui répondit Jonnatan en l'embrassant.

- Par contre, c'était la demande en mariage la plus mal formulée de l'histoire. T'aurais pu faire un effort, quand même ! fit le blond.

Jonnatan l'embrassa pour le faire taire. Leur baiser allait en s'approfondissant et ils ne se seraient pas arrêtés s'il n'y avait pas eu un petit,

- Hum hum.

A contrecœur, les deux tourtereaux se séparèrent pour se tourner vers l'origine du bruit et s'arrêtèrent en se pétrifiant. Jonnatan crut même avoir une hallucination. Se tournant vers Draco, il demanda,

- Draco dis-moi que je rêve. Que je ne suis pas en train de voir ma propre mère en train de nous regarder et parfaitement réveillée, c'est-à-dire qu'elle ne dort plus c'est-à-dire qu'elle n'est plus dans le coma c'est-à-dire que…

- Ça va je crois que j'ai compris ce que tu voulais dire, et je pense que tu ne rêves pas vu que je suis en train de voir la même chose que toi.

En entendant ces propos, la femme assise dans le lit éclata de rire.

- Oh par Godric, vous devriez voir vos têtes, c'est à mourir de rire. On dirait que vous venez de voir un fantôme pour la première fois de votre vie.

Jonnatan encore incrédule hocha la tête.

- Oui c'est à peu près ça sauf que vous remplacez le mot fantôme par mère en vie et vous y êtes.

Le rire de Lily s'arrêta et elle regarda plus attentivement Jonnatan.

- Alors tu es vraiment mon fils. Oh bon sang, par Merlin ! Même toi il ne t'a pas loupé, Severus, ajouta-t-elle au bout d'un moment.

Jonnatan fronça les sourcils.

- Comment ça ? Que voulez-vous dire ?

- Eh bien, ton père est un vrai perfectionniste. Alors je disais que même toi, il t'avait crée parfait.

Jonnatan et Draco échangèrent un sourire sadique et le blond dit à Lily,

- Je crois que vous n'auriez jamais dû dire ça à Jonnatan. Maintenant, sadique comme il est, il va passer son temps à se moquer de parrain.

Lily eut un sourire en coin et s'apprêtait à répliquer quand la porte s'ouvrit avec fracas, pour laisser entrer justement le Maître de Potions.

- Jonnatan ! Ça fait deux heures que je te cherche dans tout le château ! Il faut que je te parle d'urgence… oh bonjour Draco, toi aussi je te cherchais justement.

- Salut parrain, que voulais-tu nous dire ?

- Hum papa, intervint Jonnatan.

- Quoi ? demanda Severus toujours en train de fixer son fils d'un œil noir.

- Je crois que tu devrais te retourner.

Snape Senior leva un sourcil, mais obtempéra quand même et resta statufié.

- L-Lily ?

Mais la femme rousse fronça les sourcils et dit d'une voix sévère.

- Severus Spartacus Snape ! Combien de fois je t'ai dit de te laver les cheveux au moins trois fois par semaine et non une fois par mois ? Alors j'attends des explications !

Jonnatan et Draco étaient morts de rire tandis que le Maître de Potions avait pris une belle teinte rosée et bégayait,

- Mais non, ma Lily ce n'est pas ce que tu crois, j'ai juste pas eu le temps hier, mais je te promets que j'allais le faire aujourd'hui et puis,

- Menteur ! s'écria Jonnatan entre deux hoquets de rire.

Son père lui lança un regard noir puis se tourna vers la femme qu'il aimait avec un sourire légèrement hypocrite, mais Lily le regarda de manière peu amène.

- Garde ce sourire, pour les autres, Snape, tu sais très bien qu'il ne marche pas avec moi.

- Zut, j'avais oublié, marmonna le Maître de Potions toujours sous les yeux hilares de son fils et de son filleul.

Puis il s'écria,

- Mais enfin Lily, tu viens de te réveiller et tu crois vraiment que c'est le moment de parler de mes cheveux ?

- Oui, parfaitement. Quand on a commencé à sortir ensemble tu m'avais promis de te laver les cheveux tous les deux jours et maintenant je me réveille, je vois ça ?

- Oh c'est bon Lily, ok je les laverai ce soir, promis.

- Tu vois que ce n'était pas si difficile que ça. Maintenant on peut parler d'autre chose. Au fait, Jonnatan et Draco, c'est ça ?

Les deux hochèrent la tête en même temps.

- Félicitations à vous deux !

Draco rougit tandis que Jonnatan semblait mal à l'aise. Il venait de se rendre compte qu'il avait fait sa demande en mariage devant sa mère.

Quant à Severus, il n'y comprenait pas grand chose et donc demanda des éclaircissements. Chose dont Lily décida de se charger… à sa manière.

- Ben tu vois notre petit Jonnatan vient de demander Draco en mariage et tu sais quoi ?

- Quoi ? demanda Snape Senior avec précaution.

- Il a hérité du romantisme de son père, lâcha Lily tandis qu'un silence de plomb s'installait sur la tête des trois garçons.

- P-pardon ? Mon père ? Romantique ? Vous rigolez j'espère ? demanda Jonnatan extrêmement abasourdi tandis que son père rougissait.

- Ah non pas du tout, si vous saviez ce qu'il m'a sorti pendant notre première Saint-Valentin, je ne vous dis pas.

- Et qu'a fait mon cher père ? demanda Jonnatan avec un sourire sadique.

- Lily je te promets les pires tortures si tu leur dis quoi que ce soit, intervint Snape Senior.

Mais la femme rousse continua sans tenir copte de ce qu'il venait de dire… enfin si un peu.

- Oh Severus arrête, tu sais très bien que malgré tes manières, tu es aussi doux qu'un agneau, alors tes menaces, tu te les gardes. Bref pour notre Saint-Valentin, il a attendu qu'il soit dix heures du soir. Puis après ça, il m'a fait sortir discrètement du château et m'a emmenée dans un restaurant… mais pas n'importe lequel : il m'a emmené au Paradis des Amoureux, le restaurant les plus romantique qui existe dans le monde sorcier et qui se trouve en France. Heureusement que nous avions passé tous les deux notre permis de transplanage. Malgré tout ça j'ai passé un excellent moment, cette soirée a été la plus belle de ma vie et en plus Severus était aux petits soins avec moi.

- Lily par pitié arrête, tu ne connais pas ton fils, avec tout ce que tu viens de dire, il va me rendre la vie impossible, la supplia Severus.

- Mais tu le mérites plus que tu ne le crois, après m'avoir abandonné alors que j'étais enceinte, fit froidement Lily.

Une certaine trace de rancœur avait transparu dans la voix de la rousse, mais Jonnatan intervint.

- Hum, je crois que vous vous trompez. Papa, on va vous laisser, je sens que vous avez besoin de certaines explications.

Mais avant qu'il ait fait un pas, Jonnatan s'écroula par terre en hurlant de douleur, sa cicatrice étant devenue rouge écarlate.

- Alors Dolohov, on fait moins le fier maintenant ? disait la voix froide de Voldemort.

- J'implore votre pardon, M-Maître, j'ai agis sans réfléchir.

- Non Dolohov, tu n'aurais jamais dû prendre la fuite. Une fois que tu as vu que le jeune Malfoy ne viendrait pas se promener ce soir-là, tu aurais dû revenir et me prévenir. En t'enfuyant comme un lâche, juste parce que tu avais peur de recevoir un Doloris pour ne pas m'avoir amené Draco Malfoy, tu n'as fait que me confirmer que tu n'était plus un Mangemort fiable, fit Voldemort d'une voix implacable.

- Pardon, pardon Maître ! Laissez-moi une chance et je vous promets que je vous apporterai Malfoy sur un plateau d'argent, supplia Dolohov déjà salement amoché et réduit à l'état de loque.

Mais le Seigneur des Ténèbres eut un sourire froid et cruel.

- Non, j'ai déjà d'autres projets en route. Par conséquent, je n'ai plus besoin de tes services, Dolohov. Non seulement tu as failli, mais en plus tu as prouvé que tu n'étais plus digne de me servir.

- Non Maître, par pitié, je vous en supplie, non…

- Arrête de te ridiculiser, au moins garde le peu de fierté qui te reste pour mourir dignement, claqua la voix glaciale de Lord Voldemort comme un coup de fouet.

Cependant Dolohov semblait ne pas avoir entendu et continuait à supplier Voldemort de l'épargner. Mais, la main sans pitié se leva et la bouche cruelle prononça les paroles fatidiques.

- Avada Kedavra !

- NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !

Jonnatan se réveilla en sueur et en se débattant dans tous les sens.

- Mais enfin Jonnatan, calme-toi. C'est moi, ton père.

Enfin reconnaissant la voix de celui-ci, Jonnatan se blottit contre lui, alors qu'il sentait la main de Draco lui caresser les cheveux.

Il finit par se calmer petit à petit et se détacha de son père. C'est à ce moment-là qu'il se rendit compte qu'il était couché sur le lit à côté de sa mère qui le regardait avec un regard inquiet. Il lui sourit faiblement, puis se tourna vers son père.

- Dolohov est mort.

Severus hocha la tête. Il comprit tout de suite la raison, puisque son fils lui avait dit que c'était ce dernier qui était chargé d'enlever Draco. Il n'ajouta rien, comprenant que son fils ne voulait pas que Draco sache pourquoi Dolohov était mort.

- MAIS ENFIN QUELQU'UN PEUT-IL M'EXPLIQUER CE QUI SE PASSE ? finit par s'écrier Lily qui n'y comprenait pas grand chose.

Jonnatan, Draco et Severus échangèrent un regard, puis ce dernier soupira et commença.

- Bon, on va commencer par le début, à partir du moment où tu as créé ta bulle de protection. Donc là…

/\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\

Dumbeldore était assis à son bureau en train de rédiger quelques lettres, lorsqu'un vautour vint toquer à sa fenêtre. Le barbu reconnut tout de suite l'oiseau de Voldemort et un mauvais pressentiment l'envahit immédiatement.

Il se leva et alla ouvrir la fenêtre. L'oiseau ne se donna même pas la peine d'entrer, il lui tendit dédaigneusement la patte et sitôt la lettre détachée, il s'envola.

Dumbeldore prit le temps de retourner s'asseoir, puis il respira un grand coup. Il ne savait pas pourquoi, mais il n'avait aucune envie d'ouvrir cette lettre. Il savait ou plutôt il pressentait, que dès qu'il l'ouvrirait, sa vie changerait irrémédiablement. Mais étant un ancien Gryffondor, il se ressaisit et ouvrit courageusement la lettre. C'était écrit en rouge avec ce que Dumbeldore reconnut être du sang.

Mon cher vieil ennemi Dumbeldore,

Tout compte fait, j'aime bien cette formulation, pas toi ? Mon cher vieil ennemi Dumbledore…

Enfin comme tu peux te douter ce n'est pas pour te dire ce que j'aime que je t'envoie cette lettre.

Il se trouve que je n'avais plus de Maître de Potions, vu que Severus m'a quitté, alors j'ai décidé d'en prendre un autre, ou plutôt une autre. Oui, tu vois où je veux en venir, et tu vois cette lettre est écrite avec le sang de ta femme, mais ne t'inquiète pas je ne l'ai pas tuée, j'ai besoin de ses compétences. Mais comme tu peux t'en douter, son tour viendra aussi, ne t'inquiètes pas.

En attendant, je ne sais pas pourquoi, mais je me sens de belle humeur, aujourd'hui. Il n'y a qu'une seule chose que je regrette, c'est de ne pas voir ta tête quand tu liras cette lettre.

Au déplaisir de te revoir,

Le Seigneur des Ténèbres

Lord Voldemort

Les mains de Dumbeldore se mirent à trembler et malgré lui quelques larmes s'écoulèrent de ses yeux. Non, il ne pouvait pas le croire, pas Romilda, pas elle. Comment avait-il osé enlever sa femme chérie ? Non pas ça !

Il cacha ses yeux de sa main et s'appuya lourdement contre son bureau comme si on venait de lui enlever ses dernières forces. A cet instant, il représentait l'image même du désespoir.

TBC