Chapitre 23

Les uns s'enhardissent, d'autres tombent

Quand le Maître de Potions eut fini le récit, Lily resta pendant quelques instants médusée avant de soudainement s'écrouler en larmes dans les bras de son « petit ami ».

- Oh Severus, dire que nous avons été séparés pendant tout ce temps à cause d'un malentendu, oh je n'arrive pas à y croire. Et en plus, on a tous les deux un beau garçon. Oh par Merlin, le nombre de choses que j'ai manquées alors que j'étais dans le coma, je n'arrive pas à y croire…

Sur un signe de son père, Jonnatan se leva et prenant Draco par la main, ils quittèrent la Chambre des Secrets pour laisser Severus et Lily un peu seuls.

Une fois sortis des toilettes de Mimi Geignarde, Jonnatan et Draco marchèrent dans le silence jusqu'à leur chambre. Une fois devant la porte, Jonnatan se tourna vers le blond et avec un sourire trèèèèès pervers lui dit,

- Dis mon chéri, ça te dirait que j'aille aux cuisines chercher du champagne et de la crème chantilly pour fêter dignement nos fiançailles ?

Une lueur mi-perverse mi-sadique passa dans les yeux de Draco alors qu'un sourire faisant trois fois le tour de son visage apparaissait sur ses traits androgynes.

- Je te donne trois minutes pour aller aux cuisines et revenir, dit-il d'une vois sensuelle en s'appuyant contre le brun.

Le sang de Jonnatan ne fit qu'un tour avant qu'il ne se mette à courir comme un dégénéré dans les couloirs du château.

Tout à sa course et à ses pensées, il ne remarqua pas l'ombre cachée derrière une statue et donc par conséquent se ramassa un Expelliarmus qui lui fit faire un vol plané de 30 mètres à travers tout le couloir. Furieux de s'être fait aussi bêtement avoir, Jonnatan se remit vite sur ses pieds et se retourna vers son agresseur alors que ce dernier s'avançait les deux baguettes (la sienne et celle de Jonnatan) tendues vers lui.

- Ah Jonnatan, ça fait si longtemps que je rêve de t'avoir en mon pouvoir. Tu ne peux pas savoir le plaisir que ça me fait, dit son attaquante – apparemment une fille – alors qu'elle était toujours dans l'ombre.

Jonnatan fronça les sourcils. Il connaissait cette voix, c'est sûr, mais il n'arrivait pas à mettre un nom dessus. Il était même sûr qu'il côtoyait cette personne presque tous les jours.

Cependant la voix continuait à parler.

- Aaaaah, depuis le temps que j'en rêve. Enfin je crois que j'ai assez parlé, maintenant je vais te faire l'honneur de t'amener sur un plateau au Seigneur des Ténèbres. Je suis sûr qu'il sera fier de moi, il fera peut-être de moi son bras droit qui sait, qui sait ? N'empêche que ce serait le plus beau jour de ma vie s'il faisait de moi son bras droit…

Elle continua de parler comme ça pendant un bon moment, mais Jonnatan avait décroché depuis longtemps. Il avait finalement compris à qui appartenait la voix et ce qu'il découvrait lui déchirait le cœur. Il ne voulait tout simplement pas y croire. C'était impossible…

- Bon c'est pas tout ça, il faut que je t'emmène.

Une main se leva dans l'ombre et juste avant qu'elle ne lance le sort, Jonnatan murmura,

- Pourquoi, Ginny ? Pourquoi ?

Et le noir l'envahit. Dans le choc de sa découverte, il n'avait même pas pensé à utiliser la Magie sans Baguette pour se défendre.

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Quand Dumbeldore se réveilla, il se rendit compte qu'il se trouvait à l'infirmerie. Il se demanda vaguement pourquoi avant que tout ne lui revienne à l'esprit. Aussitôt il se leva, s'habilla en vitesse et sortit de l'infirmerie avant que Pompom ait pu dire quelque chose. Malgré cela, elle se hâta de prévenir Remus puisque c'était lui qui avait trouvé le directeur gisant sans connaissance dans son bureau.

Dumbeldore marchait d'un bon pas quand il s'arrêta brusquement. Quelque chose clochait. Pourquoi est-ce que le soleil se levait seulement maintenant ? Il se souvenait que quand il s'était effondré la matinée était déjà un peu avancée.

- Non ce n'est pas possible, je n'ai pas pu dormir pendant une journée entière, murmura-t-il pour lui-même.

Il était encore debout en plein milieu du couloir quand quelqu'un l'appela. Le barbu se retourna pour voir Severus courir vers lui avec sur le visage une expression angoissée. Le directeur était tellement surpris de voir une quelconque émotion transparaître sur le visage du Maître de Potions qu'il se rendit à peine compte de la personne qui courait à côté de lui.

- Albus, c'est une catastrophe !

Le vieux directeur soupira se demandant ce qui pourrait être pire que l'enlèvement de sa femme.

- Que se passe-t-il Severus ?

- Le Seigneur des Ténèbres a enlevé Jonnatan. On s'était trompés, il ne voulait pas enlever Draco, mais seulement mon fils.

On aurait dit que Dumbeldore venait de recevoir un seau d'eau glacée sur la figure.

- Oh non, alors Voldemort a choisi de frapper sur tous les plans, murmura-t-il.

Severus fronça les sourcils mais continua,

- Et ce n'est pas tout, dit-il en tendant la Gazette au vieux directeur.

Ce dernier la prit et ne put s'empêcher de sourire légèrement. Le Maître de Potions se demanda ce qui pouvait faire sourire Dumbeldore dans le fait que sa femme avait été enlevée.

- Pourquoi souriez-vous Albus ? demanda le brun.

- Oh j'ai juste pensé au fait que Voldemort avait toujours aimé faire les choses en grand. Il enlève ma femme et non seulement il me prévient par une lettre qu'il l'a fait, mais il faut aussi que le jour suivant l'information soit dans la Gazette. Ah c'est du Jedusor tout craché, il a un ego tellement grand…

- Mais enfin, Albus ! Je ne vous comprends pas ! Jonnatan et votre femme sont enlevés et tout ce que vous trouvez à dire c'est, c'est du Jedusor tout craché ? finit par s'exclamer Lily qui en avait plus qu'assez du comportement passif de Dumbledore.

Ce dernier surpris se tourna vers celle qui avait parlé.

- Ah Lily, je vois que tu es réveillée, je suis content que tu sois de retour parmi nous. Et pour répondre à ta question, que veux-tu que je fasse ? Je ne sais même pas où est le quartier général de Jedusor !

Severus n'en put plus et se mit à crier sur le vieux se moquant bien pour une fois de perdre son self-control en public. La vie de son fils était en jeu, après tout.

- MAIS ENFIN ALBUS ! SECOUEZ-VOUS UN PEU BON SANG. VOUS SAVEZ, JE PENSE QUE C'EST PAS A CAUSE DE GRINDELWALD QUE VOTRE FEMME VOUS A QUITTE MAIS A CAUSE DE CETTE ATTITUDE. VOUS ÊTES INCAPABLE DE PRENDRE UNE DECISION ! JE VOUS AI TOUJOURS RESPECTE, VOUS PRENANT POUR UN GRAND HOMME ET LA QUAND NOUS SOMMES EN CRISE, VOUS VOUS DEFILEZ ? VOUS ÊTES MÊME INCAPABLE DE VOUS BATTRE POUR LA FEMME QUE VOUS AIMEZ. NON, VOUS PREFEREZ VOUS TAPIR DANS UN COIN ET SOUFFRIR AU LIEU DE VOUS BATTRE ET LA RECUPERER. MAIS PAR SERPENTARD, SECOUEZ-VOUS UN PEU ALBUS. PROUVEZ-MOI QUE J'AI EU RAISON DE CROIRE EN VOUS DEPUIS LE DEBUT !

Dumbeldore était comme tétanisé, d'ailleurs Lily aussi. Ce n'était pas tous les jours qu'on voyait Severus péter un câble. Ce dernier d'ailleurs rougit légèrement se rendant compte qu'il venait de hurler sur le directeur de Poudlard et en public en plus.

Lily sourit légèrement et s'approcha de lui. Severus la regarda légèrement gêné, mais à sa grande surprise, elle lui fit baisser la tête et l'embrassa langoureusement avant de souffler à son oreille,

- Tu sais que tu es excitant quand tu t'emportes ?

La rougeur sur les joues du Maître de Potions s'accentua alors qu'il répondait à la rousse,

- Lily, je sais que tu as toujours aimé être provoquante devant les autres, mais je ne crois pas que ce soit le moment. Surtout que Jonnatan est en danger de mort.

La rousse prit un air contrit et baissa la tête. Elle dit d'une petite voix,

- Excuse-moi, j'ai encore du mal à me rendre compte de la situation. Des fois j'ai l'impression qu'on a toujours 17 ans et qu'on est encore en dernière année à Poudlard. J'ai du mal à réaliser que maintenant mon enfant a 16 ans, que tu ne m'as jamais trahi et que surtout, je risque de vous perdre tous les deux à cause de cette satanée guerre avant même d'avoir pu passer du temps avec vous deux. Je ne sais plus où j'en suis, je suis tellement perdue, et en plus je suppose que quand Voldemort apprendra que je suis toujours en vie, il voudra me tuer aussi… en clair c'est la joie, ajouta-t-elle avec un air ironique sur le visage.

L'expression du visage de Severus s'adoucit en entendant ça et il prit la rousse dans ses bras.

- Je sais que ça doit être difficile pour toi, pardonne-moi de t'avoir parlé comme ça. Ne t'inquiète pas, je connais Jonnatan, il est pire que sa mère en ce qui concerne l'entêtement. Il s'en sortira.

Lily ne put s'empêcher de pouffer.

- Tu dis qu'il est pire que moi ? Voyons Severus, c'est impossible.

Le brun eut un sourire en coin.

- Ooooooh crois-moi, il l'est. Bon maintenant, il faut voir qui manque au château et comme ça on découvrira qui a enlevé Jonnatan. A première vue, je dirai que c'est un élève de Poudlard, mais il faudrait vérifier.

Pendant ce temps, Dumbeldore s'était plongé dans ses pensées. Mais quand il vit Severus et Lily s'embrasser avec tant d'amour, il décida que lui aussi le ferait. Il essayerait par tous les moyens de reconquérir le cœur de sa femme… s'il n'était pas trop tard. Fier de cette résolution il se tourna vers les deux tourtereaux au moment où Severus disait « … mais il faudrait vérifier ». Dumbeldore comprit tout de suite de quoi il parlait, c'est pourquoi, il prit sa voix autoritaire en s'adressant au jeune couple. Le leader de la lumière était de retour.

- Bien, je vais convoquer tout le château dans la Grande Salle. Lily, toi comme tu viens de te réveiller après un long sommeil, il n'est pas question que tu te battes. C'est pourquoi, tu vas aller dans la chambre de Draco et le consoler vu que je suppose qu'il dot être dans tous ses états.

Severus hocha la tête.

- C'est lui qui nous a prévenus de la disparition de Jonnatan.

Ce fut au tour de Dumbledore de hocher la tête. Puis voyant que Lily allait se mettre à protester, il ajouta,

- Je sais Lily, que c'est ton fils et que tu voudrais aussi aller le sauver, mais ça fait plus de quinze ans que tu es dans le coma et que tu n'as pas utilisé de baguette, tu te ferais avoir en même pas cinq secondes face à un Mangemort.

Severus intervint à son tour et avec une douceur inimaginable chez lui, il dit,

- Chérie je comprends ta déception, mais dis-toi qu'à chaque moment je serais inquiet pour toi si jamais on devait se battre, et que je préfère que tu restes ici. Je te promets que je ramènerai notre fils sain et sauf. Je ne doute pas de tes capacités, mais Albus a raison, tu as été alitée pendant quinze ans.

Lily baissa la tête, vaincue par les arguments de son amour. Elle s'accrocha à lui.

- Promets-moi que tu seras prudent, dit-elle à l'oreille de Severus.

Ce dernier la serra plus fort dans ses bras.

- Je te le promets.

Ils restèrent encore un petit moment ainsi avant que Lily ne se détache doucement et ne s'en aille, se dirigeant vers les appartement de Draco et Jonnatan.

Une fois Lily partie, une expression glaciale prit place sur le visage de Severus alors que celui-ci disait,

- Allons-y Albus.

Et sans plus tarder, les deux hommes se dirigèrent vers la Grande Salle, où le directeur convoqua tout le monde grâce à au sortilège Sonorus.

Une fois la totalité du château (à l'exception de Lily et Draco bien sûr) rassemblée dans la Salle, Dumbeldore prit la parole.

- Chers élèves, aujourd'hui, un drame est arrivé : Jonnatan Snape a été enlevé par un des espions de Voldemort qui se trouvait dans ce château. Nous croyons que c'est un élève, le ou la coupable.

Un grand murmure parcourut la Grande Salle mais Dumbeldore continua.

- En ce moment j'ai besoin de votre aide. Est-ce que vous pourriez me dire si dans une des maisons, un de vos camarades a également disparu ?

Cette fois-ci, un brouhaha envahit la salle alors que tout le monde se regardait pour voir s'il n'y avait personne qui manquait parmi ses amis ou connaissances. Puis un grand cri se leva de la table des Gryffondors.

- MA SŒUR GINNY N'EST PAS LA !

Un silence de plomb tomba sur la Grande Salle.

Dumbeldore se tourna vers Severus qui le regarda aussi. Tous les deux avaient compris. Mais ils n'étaient pas les seuls, les élèves commençaient à faire le lien entre la disparition de Jonnatan et la question de Dumbeldore. Même Ron qui était devenu pâle comme la mort, avait compris. Il tourna des yeux suppliants vers Hermione, semblant lui demander de lui dire que ce qu'il croyait n'était pas vrai, que c'était juste une blague. Mais Hermione le regardait d'un air désolé. Alors elle prit dans ses bras et commença à le bercer doucement.

Pendant ce temps Dumbeldore se concertait avec Severus et les autres professeurs.

- Je pense qu'il va falloir prévenir Molly et Arthur.

- Oh les pauvres, le choc qu'ils vont avoir en apprenant que leur fille a tourné du mauvais côté, dit Minerva d'un air triste.

Flitwick hocha la tête en signe d'accord.

- Eux, qui ont passé leur vie à se battre contre le Seigneur des Ténèbres, apprendre que leur fille a… non, c'est trop cruel. Je me demande ce qui a poussé cette petite à faire ça, dit-il de sa petite voix fluette.

- Je ne pense pas que ce soit le moment de se lamenter, intervint Severus, je les connais depuis des années, ils sont forts, ils surmonteront cette épreuve. Pour l'instant ce qui est urgent, c'est de savoir où est-ce que Jonnatan et Romilda ont été emmenés.

Tous se tournèrent vers Dumbeldore, attendant qu'il prenne une décision et qu'il leur dise quoi faire. Ce dernier les regarda tous, ne sachant quoi dire ou faire. Il se sentait de plus en plus mal, se sachant impuissant face à tout ça quand soudain une voix s'éleva dans la Grande Salle.

- Moi je sais comment trouver Jonnatan Snape.

C'était Millicent Bullstrode qui venait de se lever. Elle s'avança dans le grand silence qui s'était installé jusqu'à la table des professeurs. Arrivée là, elle leva le manche de sa robe de sorcière pour montrer la Marque des Ténèbres sur son bras.

Quelqu'un dans la salle lui jeta un gobelet à la figure en criant,

- Espèce de salle Mangemort ! Crève !

Furieuse elle se tourna vers la salle, en leur présentant des yeux froids et ce fut d'une voix tout autant glaciale qu'elle parla,

- Vous croyez vraiment que certains Mangemorts le sont devenus par leur propre volonté ? Savez-vous ce que c'est que d'être traînée par la force par ses propres parents devant le Seigneur des Ténèbres ? Evidemment vous allez me dire qu'on a toujours le choix, et effectivement j'ai eu le choix.

Une expression sardonique passa sur son visage.

- Le choix entre mourir ou devenir Mangemort. Quel choix difficile ! Mais moi, je suis lâche, je VEUX vivre, c'est pour ça que j'ai choisi de le devenir. Il est vrai que parfois je me demande s'il n'aurait pas mieux valu que je choisisse la mort par rapport à toute la honte que j'éprouve chaque jour face à ce que je suis devenue. Alors non, vous n'avez pas le droit de me juger. Comme il doit être facile pour vous de commenter les actions des autres, assis bien au chaud dans vos petites vies. Vous, vous n'avez jamais été confrontés au Seigneur des Ténèbres, on ne vous a jamais obligé à rien. Alors je vous interdis de me juger.

Sur ce, elle se tourna à nouveau vers Dumbledore.

- Je suppose que l'enlèvement du Survivant doit être un grand événement pour le Seigneur des Ténèbres qui voudra sûrement que tous les Mangemorts soient présents. Il ne reste plus qu'à attendre que la marque me brûle, à ce moment-là, vous vous accrocherez à moi, quand je transplanerai et là…

Mais Dumbeldore l'interrompit.

- Un transplanage à plusieurs est extrêmement difficile, je ne pense pas que ce soit une bonne solution.

- Alors je ne vois pas comment on pourrait faire autrement, dit Millicent.

- Ne vous inquiétez pas Miss Bullstrode, je pense que j'ai une idée, répondit chaleureusement le barbu. Même si je suis vieux, j'ai encore quelques tours dans mon sac.

Ensuite il se tourna vers les élèves qui écoutaient silencieusement.

- Pour votre propre sécurité, je vous demanderai à tous de rester dans cette salle sous la surveillance de vos professeurs. Ne vous inquiétez pas, en cas d'urgence, les professeurs activeront le réseau de Cheminette pour vous renvoyer chez vous. Sur ce, je dois vous laisser. Severus, Minerva, Remus et Miss Bullstrode, voulez-vous bien me suivre ?

Une fois sortis de la Grande Salle, Dumbeldore se tourna vers McGonagall.

- Minerva, allez prévenir tous les membres de l'Ordre. Je les veux tous d'ici un quart d'heure dans mon bureau.

La vieille femme hocha la tête et tourna les talons.

- Severus, Remus et Miss Bullstrode, vous me suivez jusqu'à mon bureau.

Ils marchèrent pendant quelques minutes en silence. Millicent n'arrêtait pas de jeter des coups d'œil fréquents à ses deux directeurs (de maison Serpentard et d'école). Elle se demandait ce qu'ils allaient faire d'elle, maintenant qu'elle avait avoué qu'elle était un Mangemort. Ils finirent par arriver devant la gargouille et une fois dans le bureau, Dumbeldore se tourna vers elle et lui dit,

- Miss Bulstrode, acceptez-vous de me donner un de vos vêtements que vous portez ?

La concernée fut étonnée de la requête du directeur, mais ne dit rien, se contentant d'enlever le bandeau qui se trouvait dans ses cheveux et de le lui tendre. Le vieil homme le prit et tapota dessus avec sa baguette en marmonnant quelque chose. Aussitôt un double du bandeau apparut et Dumbeldore le prit. Ensuite il rendit l'original à Millicent en lui disant,

- Comme vous pouvez le constater, j'ai fait une réplique de votre bandeau, mais ce n'est pas une simple réplique. Disons que c'est une sorte de « frère jumeau » de votre bandeau actuel. A partir du moment où vous serez éloignée, il suffira que je lance le sort de rapprochement pour que ce bandeau disparaisse et rejoigne l'original. Ainsi nous n'aurons pas besoin de nous accrocher à vous lors de votre transplanage.

Millicent hocha la tête en signe de compréhension.

- Que dois-je faire maintenant ? demanda-t-elle.

- Je pense qu'il vaut mieux que vous restiez ici jusqu'à ce que Voldemort vous appelle.

La jeune fille avait frissonné à l'entente du nom de Voldemort, mais hocha la tête et alla s'asseoir dans un coin. A ce moment-là, la porte du bureau s'ouvrit pour laisser passer tous les membre de l'Ordre du Poulet Grillé… pardon du Phénix avec bien sûr la famille Weasley presqu'au complet, à l'exception de Ron et de Ginny évidemment.

Dumbeldore leur adressa un visage grave. Severus et Remus étaient toujours debout à côté de lui, graves et silencieux.

- Bien, je vois que vous êtes tous là. Je suppose que Minerva vous a prévenu de la situation, dit le directeur en tournant les yeux vers Arthur et Molly.

Cette dernière avait les yeux rouges et Arthur semblait un peu abattu, mais tous les deux hochèrent la tête, montrant par là, que fille ou pas, ils se battraient jusqu'au bout. Dumbeldore leur lança un regard reconnaissant, puis se tourna à nouveaux vers les autres et leur expliqua ce qu'ils allaient faire.

A la fin tous les membres de l'Ordre étaient sur le qui-vive, attendant un signe de la part de Millicent. Signe qui ne tarda pas à venir, alors que cette dernière grimaça soudain en se tenant le bras. Elle lança un regard à Dumbeldore, qui lui fit signe qu'elle pouvait transplaner de son bureau-même (Dumbeldore avait levé la barrière anti-transplanage dans son bureau). Elle n'attendit pas une seconde de plus et disparut dans un « Crack ».

- Bien, nous allons attendre 2 minutes avant de nous lancer à notre tour, dit Dumbeldore aux membres de l'Ordre qui hochèrent la tête.

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Jonnatan se réveilla en sursaut en sentant tous ses membres brûler littéralement de douleur. Il ouvrit les yeux pour voir Voldemort la baguette pointée vers lui en train de lui appliquer un Doloris. Le brun comprit pourquoi il avait mal partout. Franchement, il avait connu de meilleurs réveils. Jonnatan se demanda comment il arrivait encore à penser avec humour dans un moment pareil. Puis il haussa les épaules intérieurement, décidant que c'était le meilleur moyen de passer le temps : faire tourner Voldemort en bourrique. Il devait absolument trouver le moyen de sortir de ce pétrin, et pour ça, il lui fallait du temps.

Fort de cette pensée, il lança malgré la douleur un regard insolent à Voldemort qui sous la surprise arrêta le sort. Cependant le Lord Noir ne se laissa pas démonter et commença son petit speech ou plus communément appelé le monologue du méchant (qui entre nous permets toujours au héros de s'en sortir avec un plan tiré par les cheveux) comme quoi il avait enfin le Survivant entre ses mains.

- Alors, la Belle au Bois Dormant se réveille ? Effectivement j'ai toujours pensé que rien ne valait un bon petit Doloris pour se réveiller.

- Pourquoi, vous l'avez déjà utilisé sur vous-même ? fit Jonnatan avec moquerie.

- Non, mais je pense qu'exceptionnel comme je suis, aucune règle ne s'applique à moi, lui répondit Voldy.

Jonnatan se releva doucement (se rendant compte au passage qu'il se trouvait au centre d'une vaste pièce remplie de Mangemorts) et planta son regard sombre dans celui rouge-sang de Voldemort. Puis soudainement il éclata de rire, d'un rire dur sans joie chargé d'ironie.

- Puis-je savoir ce qui te fait rire à ce point-là, sale petit morveux ? siffla Voldemort.

Jonnatan arrêta son rire aussi sec. Il se tourna vers les Mangemorts et s'adressa à eux en pointant Voldemort du pouce.

-Il se prétend Sang-Pur, mais il sait qui est La Belle Au Bois Dormant, pas vrai Jedusor, ajouta-t-il en se retournant vers le Lord Noir, si je me souviens bien, la Belle au Bois Dormant est un conte Moldu, non ?!

De rage, le Lord Noir lui jeta un Doloris particulièrement puissant. Sous l'effet du sort, le brun tomba à genoux au sol, mais contre toute attente il ne broncha pas. Il ferma les yeux et se conditionna, il s'imagina qu'il aimait cette douleur qui traversait tout son corps, qu'elle lui faisait du bien. Alors petit à petit, celle-ci se transforma en une sorte de bien-être. Bien sûr, la douleur était toujours présente dans toutes les fibres de son être, il la sentait, mais c'est comme s'il venait de l'intégrer à son organisme. Elle n'était plus insupportable. Il ouvrit les yeux et vit de l'étonnement dans les yeux du Seigneur des Ténèbres. Il sentit aussi la stupeur passer dans les rangs des Mangemorts.

Un sourire sardonique apparut sur son visage.

- Et de trois. Maintenant, je suis capable de parer les Trois Impardonnables. J'ai survécu à l'Avada, je sais résister à l'Imperius, et maintenant, je viens de parer le Doloris. Alors, Tom, elle te plaît ma nouvelle invention ?

- Je suis impressionné que tu aies trouvé un moyen d'annuler le Doloris, mais je suis sûr que tu auras un peu plus de mal avec toute la gamme de sorts de torture que te réserve la petite Weasley.

Jonnatan ne perdit pas le sourire, mais intérieurement il était horriblement triste que Ginny ait mal tourné à ce point-là. Il vit comme dans un rêve, un des Mangemorts se détacher du premier rang et s'avancer vers le centre de la pièce où il se trouvait. Lentement, elle enleva son masque pour laisser voir son visage. Un visage froid, chargé de haine.

Les deux jeunes s'observèrent longuement puis un rictus apparut sur le visage de la jeune fille.

- Alors Jonnatan ? Content de me voir ?

Un petit silence.

- Tu sais quoi ? Finalement, non je ne suis pas content de te voir.

Un autre rictus de la part de la jeune fille.

- Dommage, moi qui étais si contente à l'idée de te revoir, fit-elle d'un air faussement désespéré, moi qui étais si contente à l'idée de te torturer, j'aurais espéré que tu me rendes la pareille.

- Quoi ? Que je te torture ?

Un rire bref s'échappa des lèvres de la rouquine.

- Je vois que tu n'as pas perdu ton sens d'humour…

- Tu me dégoûtes : comment as-tu pu nous trahir tous, surtout tes parents, ta famille ?

- Tu ne sais rien de ma vie. Et je n'ai pas trahi ma famille ou qui que ce soit. J'ai juste fait le choix de vous quitter, j'en avais marre d'être toujours la petite dernière, toujours prise pour une gamine alors que je n'ai qu'UN an de moins que toi.

- Donc si je comprends bien, la seule raison pour laquelle tu as rejoint Face de Serpent ici présent…

Cri de rage de Voldemort et murmures dans les rangs de Mangemorts. Mais Jonnatan sans tenir compte de « l'interruption », continua.

- … c'est parce que tu voulais briller aux yeux de tous. Quoique le mot briller ne conviendrait pas trop vu que bientôt, si ce n'est déjà fait, ton âme sera souillée du sang de tes pauvres victimes. En gros, tout ça pour un caprice d'adolescente. Tu verseras le sang de personnes innocentes, parfois d'enfants, qui ne t'ont jamais rien fait et qui auront le malheur de se trouver sur ton chemin.

- C'EST PAS VRAI ! Il est vrai que je veux apparaître comme Ginny Weasley et pas comme la petite dernière des Weasley's, mais ce n'est pas la seule raison.

- Je serais étonné de la connaître, l'autre raison, fit sarcastiquement Jonnatan.

Il savait qu'il était en train de faire fléchir Ginny et ne lui laissait aucune seconde de répit. Il espérait qu'il ferait revenir la jeune fille à la raison, mais ce qu'elle dit par la suite brisa toutes ses illusions.

- C'est toi.

Un ange passa, enfin tituba tellement il était ivre.

Deux anges passèrent, trop dans leur trip, en train de danser un tango terriblement sensuel.

Trois anges passèrent dans un état de coma éthylique, étendus sur des civières.

Quatre anges passèrent en train de danser la macarena et en se hurlant les uns sur les autres.

Cinq anges passèrent et se croyant dans un cabaret, se mirent à danser le French Cancan en levant bien haut leurs jambes.

Six anges pass.. Jonnatan se ressaisit.

- Comment ça moi ? Qu'est-ce que j'ai pu te faire de si terrible pour que tu deviennes ainsi ?

- Tu sais Jonnatan, je t'aimais ! Je t'aimais réellement, même quand tu étais Harry Potter. Mais toi, tu ne m'as jamais remarqué, non la première chose que tu a fait quand tu es devenu Jonnatan Snape, c'est de t'amouracher de ce pauvre idiot de Malfoy ? Tu ne m'as jamais remarquée, moi, en tant que femme. Pour toi je n'étais qu'une petite fille qui rougissait à chaque fois qu'elle te voyait et qui par dessus tout était la sœur de ton meilleur ami. Tu ne m'as jamais vue…

De son coin, Voldemort, assis sur son trône, applaudit légèrement, faisant semblant d'essuyer une fausse larme.

- Que c'est touchant. Ce n'est pas que je m'ennuie Weasley, mais active, assez de bavardages. On n'est pas des conseillers matrimoniaux, ici.

Quant à Jonnatan, l'expression de son visage se durcit et c'est d'une voix à vous glacer le sang, qu'il parla.

- N'essaye pas de faire tomber la faute sur moi Ginny. Si tu m'aimais tellement, tu aurais accepté mon choix. Tu aurais accepté que je sois tombé amoureux de Draco. Tu sais, tu n'es pas la seule fille dans ce monde qui aime quelqu'un et pour qui ce n'est pas réciproque, du moins pas de la manière dont tu aurais voulu. Mais est-ce que pour autant, par désespoir, elles vont s'accrocher au premier Mage Noir de pacotille venu ? Non. Alors n'essaye pas de dire que c'est à cause de moi que tu es devenue comme ça. C'est toi, et toi seule qui as fait le choix de devenir Mangemort.

Un petit silence pendant lequel la rousse sembla réfléchir. Puis elle leva un regard haineux vers Jonnatan.

- Oui, en effet tu as raison. Mais ça n'empêche pas le fait que je vais me faire un plaisir de te torturer ici-même, rien que pour prouver à tous les Mangemorts ci-présents, que le Survivant n'est qu'un gamin de 16 ans incapable de se défendre, et que ce qui s'est passé il y a 16 ans n'était qu'un accident… Tu seras tellement défiguré que la blonde peroxydée que tu appelles amoureux ne voudra même plus te regarder ! Même ton père se détournera de toi.

- Tu essayes de te convaincre toi-même ? demanda Jonnatan en plantant ses yeux dans les siens.

Mais son cerveau n'était plus avec Ginny. Il essayait de se concentrer, pour sentir la magie en lui et se servir de Magie sans Baguette, et trouver par là-même où elle se trouvait. Soudain un petit sourire fleurit sur ses lèvres : évidemment, ça ne pouvait qu'être Voldemort. Il se concentra un peu plus, et visualisa clairement sa baguette qui se trouvait dans la poche droite de la robe du Mage Noir. Par la pensée, il jeta un sort de Désillusion sur sa baguette de manière à ce qu'elle devienne invisible. Puis doucement il murmura presque de manière inaudible « Accio baguette ». Il sentit le bâton de bois arriver vers lui et le saisit discrètement. Un micro-sourire effleura ses lèvres. Finalement les séances interminables de Magie sans Baguette avec son tortionnaire de père avaient porté leurs fruits.

Dans les rangs des Mangemorts, un homme aux cheveux noirs et une forte ressemblance avec Jonnatan, avait suivi tous les mouvements de son fils, et lui non plus ne put empêcher un sourire effleurer ses lèvres. Jonnatan était prêt pour se battre contre Voldemort. Seul obstacle : Ginny. Severus se tourna vers les autres membres de l'Ordre du Phénix, déguisés en Mangemorts. Il leur fit signe d'attendre encore.

Le Maître de Potions se demanda un instant si Dumbeldore avait réussi à trouver sa femme et à la libérer quand au milieu de la salle Jonnatan se leva brusquement.

A nouveau, Ginny eut un sourire cruel sur ses lèvres.

- Tu sais Jonnatan, ce n'est pas la peine de te lever, tu ne vas pas rester debout très longtemps, avec la petite gamme de sorts que je te réserve.

Mais Jonnatan fit semblant de ne pas l'avoir entendue, comme si elle n'existait plus pour lui. Il se tourna vers Voldemort qui suivait toute la scène silencieusement, assis sur son trône.

- Je veux me battre avec toi et toi seul. Je n'ai aucune envie d'affronter une idiote écervelée qui se donne plus d'importance qu'elle n'en a.

Avant que Voldemort ait pu dire quoi que ce soit, Ginny, de rage, venait d'envoyer un sort de torture particulièrement puissant sur Jonnatan. Malheureusement pour elle, ce dernier le contra avec une facilité déconcertante, sur un geste de sa main.

Tout le monde était stupéfait, Voldemort le premier. Et pourtant c'était rare de le surprendre.

- En effet, je vois que Weasley n'est pas de taille à t'affronter.

Ginny semblait sous le choc. Soudain elle se jeta aux pieds du Mage Noir.

- Mais Maître, vous m'aviez promis que je pouvais le torturer, supplia-t-elle.

Mais Voldemort ne lui jeta même pas un regard.

- Retourne dans les rangs.

- Mais Maître… tenta encore la rousse.

- Oh tu m'ennuies, Doloris.

Ginny hurla jusqu'à ce qu'il arrête le sort. Et même après elle continua de gémir doucement, étendue au sol.

- Si tu ne veux pas recevoir d'autres Doloris, retourne dans le rang et fais-toi oublier.

La jeune fille baissa la tête. Elle remit son masque et avec difficulté alla se placer où elle était avant qu'elle n'en sorte.

- Bien à nous deux, Snape, siffla le Seigneur des Ténèbres.

Soudain, un sourire illumina le visage de Jonnatan qui se tenait debout face à Voldemort.

- Au fait, Jedusor, j'espère que tes tentatives pour avoir un bébé avancent.

Voldemort ne répondit rien, méfiant. Il attendit que Jonnatan poursuive, chose que ce dernier s'empressa de faire.

- Bah oui, une fois j'ai fait un rêve ou plutôt un cauchemar qui semblait vraiment réel. Donc je me demandais si tu étais finalement arrivé à mettre ce cher Lucius enceint, dit-il l'air de rien.

- Toi, je suis sûr que tu y es pour quelque chose, si je n'arrive pas à avoir d'enfant, siffla d'un air VRAIMENT menaçant Voldemort.

- Quel sens de déduction ! Je suis impressionné. Pour un vieux bouc, ton cerveau n'est pas trop ramolli. En effet j'y suis pour quelque chose, fit Jonnatan avec un sourire allant d'une oreille à l'autre.

- Je serais étonné de savoir comment tu as réussi ce tour de force, fit Voldemort dans l'espoir de faire parler le brun.

Jonnatan fit semblant d'être estomaqué.

- Par Merlin, Salazar et tous les grands, moi, Jonnatan Snape, ai réussi si pas à impressionner, du moins à attiser la curiosité du célèbre Tom Jedusor, un Sang-Mêlé qui tue d'autres Sang-Mêlés. Je devrais être honoré, mais vraiment, fallait pas, fit le brun sarcastiquement.

Un énorme murmure s'éleva parmi les Mangemorts, mais Jonnatan continuait.

- Et Tom, tu n'arriveras pas à me faire parler, malgré tes tentatives lamentables qui ne sont vraiment pas discrètes. Tu sais très bien qu'on ne révèle jamais ses secrets, surtout quand ils sont aussi importants. Mais ne t'inquiète pas, tu le sauras bien plus tôt que tu ne le penses.

- C'est-à-dire ?

- Lorsque tu mourras.

TBC