Chapitre 24
Retour de karma
- Lorsque tu mourras.
Voldemort resta un moment silencieux, surpris par tant de confiance en soi, mais soudainement, il éclata d'un rire sardonique qui fit frissonner même les plus endurcis des Mangemorts. Mais bien sûr, ça ne fit ni chaud ni froid à notre brun préféré qui continua à sourire tranquillement. Bon d'accord, il grimaça quand même légèrement, mais juste parce que le son du rire de Voldemort lui faisait mal aux tympans.
- Attends, arrête-moi si j'ai mal compris. Toi, un morveux, tu oses espérer que tu pourrais me vaincre ? demanda le Lord Noir d'une voix incrédule.
Snape Junior sourit légèrement et répondit,
- Je n'ose pas espérer, je sais que je vais te battre.
- Tant de suffisance me sidère de la part d'un morveux.
- Tant de haine me sidère de la part d'un morveux qui a mal grandi et qui n'a pas su supporter les épreuves de la vie.
- Tu ne sais rien de moi, Snape.
- Au contraire, j'en sais beaucoup plus que tu ne le penses. Passer tant de temps dans ta tête a été comme lire le journal intime d'une adolescente en mal d'amour.
- Je serais curieux de savoir ce que tu sais et qui te l'a raconté. Il est impossible que tu aies pu avoir accès à mes souvenirs.
- Bien sûr, je dois avouer que je n'ai pas TOUT appris en te fouillant le cerveau. Mais… Qui d'autre à part Dumbeldore aurait pu me raconter ton enfance?...
Voldemort pâlit légèrement.
- … et en ce qui concerne ce qu'il m'a raconté… veux-tu réellement que je le dise tout haut devant tes Mangemorts ? Ton petit cœur tout noir pourrait-il le supporter ?
Voldemort se trouvait devant le pied du mûr et Jonnatan le savait. Si Voldemort répondait non, les Mangemorts comprendraient que leur Maître avait quelque chose de honteux à cacher, et en déduiraient que ça avait un rapport avec la pureté de sang. Dans l'autre cas, s'il répondait oui, Voldemort verrait toute sa vie étalée, devant ses Mangemorts et dans ce cas aussi, ils entendraient que son père n'était qu'un misérable Moldu. En clair, dans les deux cas, il était mal barré. Il était conscient que même si ce morveux de Snape n'avait pas arrêté de répéter qu'il était un Sang-Mêlé, aucun de ses Mangemorts n'avait cru ses paroles. Mais là…
Cependant, il n'était pas le descendant de Serpentard en personne pour rien, et n'allait pas se faire avoir par un petit morveux. Il décida donc de ruser.
- Huuuum, de toute façon, je suis sûr que tu ne dois pas connaître la moitié de ce que j'ai vraiment vécu, alors ne viens pas me raconter des sornettes.
Jonnatan leva un sourcil, puis sans que Voldemort ne s'en rende compte, prononça un sortilège informulé. Aussitôt, le Seigneur des Ténèbres se retrouva à poil devant tout le monde.
Il y eut un brusque silence, puis un énorme éclat de rire traversa la salle. Même les plus trouillards qui avaient toujours peur de se ramasser un Doloris, ne pouvaient s'empêcher de se fendre la poire.
Evidemment Voldemort n'était pas, mais alors là pas du tout, content. En un geste brusque de la main, ses vêtements réapparurent sur lui, mais le mal était fait, et personne ne pouvait s'arrêter de rire, parce qu'il ne faut quand même pas exagérer, Voldemort n'était pas ce qu'on pouvait appeler, un canon de la beauté, loin de là même.
Hurlant de rage, le Seigneur-plus-si-respecté-que-ça des Ténèbres, leva la baguette et lança un puissant sort d'écartèlement sur Jonnatan. Mais ce dernier s'attendait à quelque chose de ce genre, et donc, au dernier moment, il fit juste un pas de côté de manière à éviter le rayon mauve qui caractérisait le sort.
Après ça, la fureur de Voldemort se décupla, il ne cherchait même plus à être sarcastique, tout ce qu'il voulait, c'était tuer d'une mort atroce et douloureuse le morveux en face de lui. Ce morveux qui avait osé l'humilier devant la quasi entièreté de ses Mangemorts.
Voldemort enchainait les sorts les uns après les autres, sans pour autant toucher sa cible. Jonnatan quant à lui, s'amusait comme un petit fou, il allait dans tous les sens, ce qui énervait encore plus son adversaire car il n'arrivait pas à l'atteindre. Mais en même temps qu'il courait dans tous les sens, le jeune Snape essayait de trouver un moyen d'atteindre le Lord Noir. Il n'essayait même pas de trouver un moyen de s'enfuir, il avait accepté son destin, et avait décidé que ce serait aujourd'hui ou jamais qu'il tuerait une bonne fois pour toutes le meurtrier de tant de gens innocents.
Petit à petit, il sentit une force nouvelle se remplir en lui. Oh oui, il allait se battre au nom de tous les innocents que Voldemort avait tués.
- Apprends à viser, vieux croulant, cria-t-il à Voldemort en riant et en faisant une pirouette pour éviter un sort particulièrement vicieux que venait de lui lancer Voldychou.
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Pendant ce temps, Dumbeldore était en train de parcourir les couloirs lugubres du quartier général de Voldemort à la recherche de sa femme. Il était aux aguets, prêt à se battre au premier bruit suspect.
Il arriva au bout d'un long couloir qui se terminait par un escalier conduisant aux sous-sols. Précautionneusement, il descendit. Il faillit tomber plusieurs fois, tellement il faisait noir. Tout dans la maison était pongé dans la pénombre, seules quelques torches par-ci par-là n'éclairaient que modérément.
Une fois arrivé en bas, il prit le temps d'observer les lieux, surtout pour voir si aucun Mangemort n'était en vue. Il avança lentement, en faisant attention à ne faire aucun bruit. C'est ainsi qu'il passa à côté de plusieurs portes en métal blindées derrière lesquelles, il entendait les gémissements des prisonniers. Mais il ne pouvait pas les libérer maintenant, pas avant que Voldemort ne soit définitivement éradiqué de la planète, et en plus il était sûr que sa femme ne se trouvait pas derrière celles-ci. Voldemort avait besoin d'un Maître de Potions, et il n'allait pas enfermer celui-ci, au lieu de lui faire préparer des potions, justement.
Il arriva devant une nouvelle volée d'escaliers qu'il emprunta à nouveau pour descendre encore plus bas dans les profondeurs de la maison, et se retrouva au niveau le plus bas de cette sorte de donjon. Il avança doucement le long du couloir et arrivé à un détour, il regarda précautionneusement s'il n'y avait pas de garde.
Il venait à peine de remarquer qu'il y avait effectivement un garde, qu'un bruit de pas venant de derrière lui, l'alerta.
Dumbeldore eut à peine le temps de se jeter un sort de Désillusion et de se plaquer contre le mur, qu'un Mangemort passait à un centimètre de lui à toute allure. Le directeur se rapprocha, pour entendre ce qu'il disait au garde.
- … Maître a ordonné que tu emmènes la femme dans la Salle Principale. Il a dit qu'il voulait l'avoir sous les yeux, alors qu'il allait tuer le jeune Snape.
Le garde hocha la tête, et se retourna pour ouvrir la porte. Alors ne réfléchissant plus, et profitant de cette occasion inespérée, Dumbeldore, attaqua les deux gardes leur lançant des Stupefix, avant qu'ils aient pu dire « Mouhahahahaha, les Mangemorts sont les plus méchants et tuent les Sangs-de-Bourbe ».
Tout en se dépêchant de revêtir la tenue de Mangemort d'une de ses victimes, Dumbeldore ouvrit la porte. Enfin, après toutes ces années de séparation, il allait enfin revoir sa chère Romilda. Lorsqu'il ouvrit la porte, il reçut un coup de poing dans la tronche et la première chose qu'il pensa fut,
« Je vois que ma chérie n'a pas perdu la main depuis qu'on s'est séparés ».
Cependant pour ne pas se faire tabasser, il réussit à murmurer,
- Arrête Romilda, c'est moi, Albus… tu sais, ton mari adoré.
Un petit rire amusé vint du cachot.
- Adoré, adoré, c'est vite dit ça, fit une jeune femme d'environ 30 ans en sortant du cachot et en aidant Albus à se relever, et je vois que tu prends toujours cette apparence de vieux sorcier respecté, mais qui donne toujours l'air d'un vieux sénile décrépi.
Albus eut un petit sourire.
- Euh oui, que veux-tu, plus personne ne me respecterait si je prenais ma vraie apparence.
- Moui, c'est vrai que sous ta vraie apparence tu ne ressembles plus à un vrai débris sénile et centenaire, répondit Romilda du tac au tac.
Puis après quelques secondes, elle rajouta.
- De plus je parie que tu fais encore tourner tout le monde en bourrique en te faisant passer pour un maniaque de bonbons au citron.
Dumbeldore piqua un fou rire en disant,
- Oh Romilda, si tu voyais leurs têtes à chaque fois que je leur propose un bonbon ou que je leur vante les délices de toute nourriture faite à base de citron.
La jeune femme leva les yeux au ciel avec un petit sourire en coin amusé. Soudain elle remarqua la tenue de Mangemort qu'avait revêtu son mari et fronça les sourcils. Albus l'ayant remarqué, s'empressa de lui expliquer comment il venait de l'acquérir.
- Ah tu ne changeras jamais.
Dumby haussa les épaules.
- Il fallait bien que je fasse quelque chose. En ce moment-même, Jonnatan doit être en train de se battre contre Voldemort, je n'allais pas te laisser non-plus entre ses griffes, tu ne crois pas ?
- Jonnatan ? Qui est-ce ?
- Ah oui, j'ai oublié de te dire, c'est le fils de Severus Snape, mon Maître de Potions.
- QUOI ? Severus a un fils ? Mais depuis quand ?
- Bah heu, depuis 16 ans et des poussières, vu que c'est l'âge de Jonnatan.
- Arrête de te moquer de moi, Albus Dumbeldore, sinon je te quitte encore pendant de longues décennies.
Le dirlo déglutit et prit un visage extrêmement angélique. Même les anges en auraient été jaloux avec leurs petits airs de Sainte-Nitouche. En réponse, sa femme soupira pour la énième fois en levant les yeux au ciel.
- Est-ce que tu sais au moins pourquoi est-ce que je t'ai quitté ?
- Bah, heu, je suppose à cause de Grindelwald, non ?
- Grrr, tu supposes, tu supposes, eh bien tu supposes mal !
- Pardon ? Alors ce n'est même pas à cause de Grindelwald que tu m'as quitté ? Alors à cause de quoi ?
Sa femme fit semblant de réfléchir avant de s'écrier,
- Parce que j'en avais marre de ton côté manipulateur, j'en avais marre de te voir faire des plans pour que tout se passe à ta guise !
Albus se contenta de hausser les épaules.
- Tu sais très bien que je suis comme ça, c'est dans ma nature. D'ailleurs si je me souviens bien, c'est pour ça que tu m'aimais avant, non ?
- Pourquoi est-ce que tu parles comme si j'avais arrêté de t'aimer ?
Silence de la part du barbu.
- Pourquoi ce n'est pas le cas ? demanda Dumby les yeux pleins d'espoir.
- Bien sûr que non, idiot, je t'aime toujours, il me fallait juste un peu de recul, c'est tout.
Ce fut au tour de son mari de hausser un sourcil.
- Ah oui, et pour ça il t'a fallu 50 ans ?
- Eh ben OUI, et alors ça te dérange ? Ou alors tu vas me dire là, que tu es en couple avec cette pouffiasse de McGongall, j'ai bien vu à l'époque les regards qu'elle te lançait.
- Attends un instant… ne me dis pas que tu étais jalouse et que c'est pour ÇA que tu es partie ! Je te jure Romilada si tu me dis ça, je sens que je vais piquer une crise.
- Eh ben heu… c'est à 99 pourcent pour ça, hum… tu me pardonnes ?
Dumbeldore inspira et expira profondément avant de dire,
- Bien, je suppose que autant moi je suis manipulateur autant toi tu es changeante, alors je pense qu'on doit s'accepter tels qu'on est. C'est juste dommage qu'on en soit venus à cette conclusion après autant d'années ensemble et autant de temps perdu.
En levant son regard vers sa femme, il rencontra celui stupéfait de cette dernière.
- Quand je pense qu'il y a 50 ans, tu te serais contenté de me dire que si je ne t'acceptais pas tel que tu étais, alors il n'y avait que la solution du divorce.
Un petit sourire triste passa sur le visage du barbu.
- Toutes ces années loin de toi, m'ont ouvert mon esprit un peu étroit. Seul problème, mon esprit s'est un peu trop élargi.
Sa femme allait répliquer quand un hurlement les interrompit. C'est que l'air de rien ils tapaient la papote depuis un moment déjà, et pour dire la vérité, ce n'était vraiment pas l'endroit de régler ses histoires de couple. Les deux époux se regardèrent puis Dumbeldore intervint.
- Tourne-toi, je vais t'attacher les mains, ne t'inquiète pas, je le ferai de manière à ce que tu puisses les détacher tout de suite au moment crucial. Ensuite il faut que je te conduise auprès de Voldemort, je pense qu'on a un peu trop tardé. Ce n'est pas grave je trouverai une excuse sur le moment-même, allez on y va, ajouta-t-il en mettant le masque de Mangemort.
Soudain Romilda eut une idée.
- Attends Albus, pourquoi est-ce que je ne me déguiserais pas non plus en Mangemort ?
- Mais tu n'as même pas de baguette, comment ferais-tu pour te défendre ?
La jeune femme sourit et dit,
- Tu me prends vraiment pour une petite fille sans défense ?
- Je n'en sais rien, à toi de me le dire.
- Eh bien ne t'inquiète pas, je saurai me débrouiller.
Dumbeldore la regarda longuement comme pour re-re-re-regraver le visage de la jeune femme dans sa tête. D'ailleurs cette dernière s'en rendit compte et un sourire sadique apparut.
- Chéri, je t'aurais volontiers embrassé là, mais… pas question tant que tu auras cette apparence et surtout cette barbe, ajouta-t-elle avec un air écœuré.
Albus soupira longuement et se contenta de dire,
- Allez viens, on y va. On reparlera de tout ça après la bataille… si tout se termine bien.
Quand ils entrèrent dans la Salle Principale, la première chose qu'ils virent ce furent Voldemort et Jonnatan lancés en plein dans un combat alors que tout les monde autour d'eux les regardait. Enfin, bataille, c'était vite dit. C'était plus un jeu de chat et de souris qu'autre chose, avec Voldemort courant derrière un Jonnatan sautant dans tous les sens.
Jonnatan quant à lui, avait l'impression d'être secoué du plus profond de lui-même. Voldemort enchainait les attaques de plus en plus vite, et lui avait de plus en plus de mal à les éviter. Alors de là à les lui rendre, il ne fallait pas rêver non plus.
Soudain les jambes de Jonnatan cédèrent sous lui et il tomba à genoux. Apparemment les Doloris qu'il avait reçus un peu plus tôt de la part du Seigneur des Ténèbres ne lui avaient pas vraiment fait du bien. Voldemort évidemment éclata de rire et ne put s'empêcher d'envoyer quelques sarcasmes.
- Epuisé ? Déjà ? Oh le pauvre chéri ! Vite va courir pleurer dans les jupes de ta maman… oh mais que dis-je ? Tu n'as plus de maman, fit le Seigneur des Ténèbres avec un sourire cruel.
De là où il était Severus serra les poings, en s'empêchant d'envoyer un sort sur ce connard, alors qu'un sourire fleurissait sur les lèvres de Jonnatan. Comme si de rien n'était, il sortit sa baguette de sa poche (alors que Voldemort était convaincu que c'était toujours lui qui l'avait) et fit apparaître un matelas sur le sol. Ensuite, il se jeta dessus un puissant Protego maximus et il s'allongea en faisant semblant d'être seul et se mit à ronfler avec exagération. Son père ne put s'empêcher de pouffer, il reconnaissait bien là son Jonnatan. Une seconde plus tard, ce dernier redressa la tête et lança à l'attention de Voldy,
- Tu m'excuses Tom, mais c'est l'heure de ma sieste. J'ai besoin de reposer mon petit corps fatigué. J'ai l'impression qu'à force d'être trop en ta présence, tes ondes de vieil homme sénile ont fini par m'atteindre.
Voldemort, lui, de rage lança un puissant Doloris sur Jonnatan toujours faussement endormi. Ce dernier ne broncha pas sous le sort, à nouveau à l'étonnement général, mais fit semblant de se réveiller comme si le sort n'avait en fait été qu'un seau d'eau glacée.
- Arrête, ça chatouille !
Et il se rendormit à nouveau, bien qu'on puisse voir un petit sourire sur ses lèvres. Severus voyait de là où il était que malgré son apparente décontraction, tout le corps de Jonnatan était tendu et sur le qui-vive.
Voldemort poussa un grognement féroce et envoya un sort d'arrachage de peau sur Jonnatan. Ce dernier bondit aussitôt, tout sommeil oublié, et para le sort. En regardant son ennemi de toujours, il fit,
- Tu vois, Tom, ta compagnie est tellement insipide que je ne peux pas m'empêcher de m'endormir.
Pour toute réponse, Voldemort pointa sa baguette entre les deux yeux de Jonnatan.
- Alors Snape, tu es enfin prêt à mourir ? Je vois que tu as déjà préparé ton lit de mort, dit-il trouvant enfin une réplique depuis le temps que Jonnatan avait conjuré le matelas.
Le brun se contenta de sourire.
- Tu sais Tom, j'ai toujours adoré ton sens d'humour morbide.
Du coin où ils étaient, Romilda se pencha vers son mari.
- Dis Albus, il n'est pas un peu suicidaire, le fils de Snape ?
Le directeur de Poudlard allait répliquer, mais, la discussion entre Voldy et Jonnatan continuait.
- Tu sais, sale petit morveux, j'ai toujours détesté la chance impossible que tu avais à chaque fois pour m'échapper.
- Ah mais non mon cher Tom, ce n'était pas QUE de la chance. Allez comme je suis dans un de mes bons jours je vais te donner la recette de cuisine… euh non pardon, la recette de ma chance comme tu le dis. Alors tout le monde à sa casserole ! Bien, vous êtes prêts ? Alors, vous prenez une pincée de chance, deux cuillérées à soupe de témérité, un verre d'inconscience, trois gros bols de courage et… ah oui une once de mémoire… bah oui pour se souvenir au bon moment des sorts à lancer. Ça peut éventuellement aider à survivre.
Severus ne put s'empêcher de pouffer, mais heureusement ce geste passa inaperçu, car plusieurs Mangemorts avaient fait de même. Furieux (pour changer), Voldemort lança un sort sur Jonnatan (pour changer aussi). Ce dernier roula sur le matelas juste à temps pour éviter le sort.
- Oh, en fait, Tom, j'ai oublié de te dire quelque chose sur ta mort prochaine.
Le Seigneur des Ténèbres haussa un sourcil sarcastique.
- MA mort prochaine ? Tu sembles vraiment être dans l'illusion que c'est toi qui vas vaincre.
Le brun secoua la tête.
- Bien sûr, Tom, j'ai bien dit la TIENNE. En fait je vais te faire l'honneur de te dire ce que tu deviendras après ta mort.
Puis tournant la tête vers le sol Jonnatan cria,
- Hé, LUCE, TU PEUX RAMENER TES FESSES, UN INSTANT ?
Voldemort ne put s'empêcher de demander
- Lucius ?
Jonnatan le regarda comme s'il venait de débarquer de la Lune.
- Qu'est-ce que vient faire Malfoy là-dedans ? Moi je parle de Lucifer.
- Quoi ? s'écria le Voldychou.
Mais avant que Jonnatan ait pu répondre, notre cher Lucifer apparut dans un grand tournoiement de flammes. Au premier coup d'œil sur l'assemblée, Jonnatan et Voldemort, il comprit la situation. Faisant un clin d'œil à notre brun préféré il lui demanda,
- Alors comme ça en plus de me livrer son âme, tu vas me faire le cadeau de me montrer comment tu vas le tuer ? Ouuu j'adore les spectacles ! Tu as intérêt à ce que ce soit intéressant.
- Eh oui, mon cher Luce, tu me connais, j'ai pas pu m'empêcher de te faire plaisir. Mais je voudrais que tu me dises quand même une chose, fit Jonnatan.
- Laquelle ?
- Eh bien comment tu as fait pour rendre stérile Malfoy Senior ? Notre cher Tom ci-présent était vraiment curieux pour le savoir.
A ces mots, un sourire de sadisme à l'état pur apparut sur les lèvres de Lucifer.
- Eh bien, en fait je n'ai pas rendu ce cher Lucius stérile, j'ai juste coupé les parties génitales de Voldemort et j'ai lancé un charme d'illusion très-puissant pour qu'il ne se rende compte de rien. Après tout, je suis Lucifer et ce n'est pas ce déchet qui se prétend Mage Noir qui va pouvoir me battre dans le domaine des Ténèbres. Je vous en prie !
En entendant ça, Voldy ne put s'empêcher de laisser échapper de sa bouche un « QUOI ? » étranglé. Mais Jonnatan continua à parler avec Lucifer sans tenir compte de l'interruption.
- Alors Luce, où veux-tu t'installer pour observer ce qui sera la mort la plus humiliante du plus raciste des Mages Noirs ?
- Ne t'inquiète pas pour moi, je trouverai bien quelque chose. Retourne donc plutôt à tes occupations, mon cher Jonnatan.
Se tournant vers Voldemort, Jonnatan consentit enfin à se lever de son matelas. Il fit face au Lord Noir et sous les yeux étonnés de tous, il baissa sa baguette et s'approcha de ce dernier.
- Dis-moi Tom, sais-tu toi-même ce qui serait le plus humiliant pour toi ?
Puis après quelques secondes de silence, il continua.
- Non, bien sûr que tu ne sais pas, tu te crois tellement invincible. Mais je vais te donner un indice, ce n'est pas avec un Avada que je vais te tuer, parce qu'un Avada te détruirait ton âme et comme tu as dû l'entendre, j'ai promis cette dernière à ce cher Lucifer. Et puis ce serait un trop grand honneur que de te tuer avec le même sort avec lequel tu as assassiné tant d'innocents. Alors tu te demandes avec quel autre moyen je pourrais te tuer, si bien sûr j'y arrive, puisque tu es tellement invincible…
- Je vois que tu as bien compris la leçon, fit ironiquement Voldemort même si on voyait qu'il était sur ses gardes.
Pendant toute la scène depuis le moment où le morveux s'était réveillé, Voldemort avait compris qu'il n'avait plus rien à voir avec le Harry Potter qu'il avait connu les années précédentes. Non, ce morveux était imprévisible, et par conséquent, dangereux.
De son côté, Jonnatan ne l'écoutait plus. Tout en parlant, il s'était rapproché de plus en plus du Lord Noir, et ce dernier, sans doute par fierté, n'avait pas reculé. Le brun lança un sourire moqueur à Voldy. Ce dernier observait attentivement tous ses faits et gestes. Tout en marchant, Jonnatan se concentra à nouveau sur sa Magie sans Baguette, métamorphosant la ceinture de son pantalon en un poignard. Puis par un sortilège de Lévitation, il le fit glisser tel un serpent sous sa robe pour l'amener par le manche au niveau de son poignet droit.
Subitement Voldemort, en ayant marre d'attendre et voyant que le brun n'était pas près d'agir, lança un Doloris que Jonnatan trop concentré sur ses propres faits et gestes ne put éviter. Cela lui fit perdre les moyens et il ne put se concentrer pour parer la douleur du Doloris. De ce fait, il hurla à s'en déchirer les poumons. Cette fois-ci, Voldemort n'arrêta pas le sort, mais le continua pendant plusieurs minutes, mettant le brun à l'agonie, sa voix sa cassant à force d'hurler. Le Seigneur des Ténèbres riait fort en voyait Jonnatan se tordre au sol, et on pouvait voir dans ses yeux la folie du meurtre.
Severus serrait les dents et impuissant regardait son fils se faire torturer. Il voulait bondir de sa place trancher ce salopard membre par membre pour oser lever la baguette sur Jonnatan. La douleur de son fils, il la ressentait jusqu'aux plus petites fibres de son corps. A ce rythme, il n'allait pas tenir longtemps, il devait faire quelque chose. Mais c'est ce moment-là que choisit Voldemort pour lever le sort.
Jonnatan haletait étendu sur le sol. Il sentait tous ses muscles en feu se contracter et se décontracter à cause de l'intense crispation qu'ils venaient de subir. Le plafond au-dessus de lui dansait alors qu'une pulsation résonnait dans ses tympans. Il entendit vaguement son ennemi qui lui parlait.
- On fait moins le malin n'est-ce pas ? disait Voldemort en s'approchant de lui.
Comme pour ajouter à l'humiliation, il mit son pied sur le torse de Jonnatan, en appuyant fort et de ce fait, rendait plus difficile encore la respiration de ce dernier. Le brun savait qu'il ne tiendrait pas le coup si Voldemort continuait, il lui fallait agir vite. Il fit semblant de lever sa main qui tenait encore sa baguette dans un faux geste pour se défendre. Bien sûr, Voldychéri vit le geste et rit moqueusement. Puis il s'accroupit près de Jonnatan et l'attrapa durement par les cheveux.
- Tu pensais vraiment être de poids face à moi ? Moi, le plus grand sorcier de tous les temps ?
Le brun essaya de parler, mais aucun son ne sortit de sa bouche, sa voix s'étant cassée quand il hurlait.
- Comment ? fit moqueusement le Lord Noir en faisant semblent de tendre l'oreille.
Jonnatan se concentra fort et cette fois réussit à murmurer,
- Dumbledore est le plus grand sorcier de tous les temps. Toi, Tom, tu n'es qu'un ver de terre qui ne vaut même pas la peine qu'on le regarde.
On vit les yeux de Jedusor s'exorbiter de rage, et la main qui tenait Jonnatan par les cheveux descendit au niveau de sa gorge. Jonnatan fit encore semblant de lever sa baguette, mais Voldemort la lui arracha et se penchant encore plus sur lui. Le brun vit des points noirs apparaître devant ses yeux. La force avec laquelle Tom l'étranglait et le manque de souffle allaient bientôt avoir raison de lui. C'est pourquoi, usant de ses dernières forces, il sortit le poignard de sa manche, et profitant de leur proximité, planta le poignard en plein dans le cœur de Voldemort.
Ce dernier s'arrêta net comme frappé de stupeur, puis eut un brusque mouvement vers l'arrière, comme pour échapper à la lame aiguisée du couteau. Mais le mal était fait, et de Jonnatan son regard passa au poignard planté dans sa poitrine. Cette chose, ce bout de métal ensanglanté, qui était planté dans son cœur. Il releva à nouveau la tête pour regarder le brun en face de lui qui douloureusement essayait de se redresser. Le choc se lisait partout sur le visage de celui qui une fois fut Tom Jedusor.
Cependant Jonnatan parla. Sa voix était froide, sans aucune émotion, le garçon qui faisait le pitre à l'instant-même avait disparu pour ne laisser place qu'à ce corps humain d'où aucune émotion ne transparaissait.
- Eh oui, Tom, telle sera la fin du plus grand Mage Noir du siècle. Lui qui a toujours haï tout ce qui était en rapport avec les Moldus, mourra à cause d'une blessure causée par un simple objet sans aucune appartenance magique.
Un frisson d'horreur parcourut les rangs des Mangemorts qui étaient toujours sous le choc.
- Eh oui, en plus ça me sert beaucoup puisque je me suis rendu compte après quelques recherches que les armes Moldues ne blessaient que l'enveloppe charnelle sans toucher à l'âme…
Un énorme silence suivit cette déclaration. Lentement, comme pour vérifier les dires du brun, Voldemort porta une main tremblante vers le poignard et d'un coup sec le retira. Et son corps s'affaissa comme une marionnette désarticulée. Son esprit étourdi n'avait pas compris que c'était le poignard qui gardait la plaie fermée.
Et c'est ainsi que Voldemort rendit l'âme, les yeux toujours ouverts dans un mélange d'expressions de surprise, d'effroi et d'horreur.
Jonnatan regarda longuement cet homme qu'il avait tant haï et qui avait fait tant de mal à tant de personnes, lui en premier. Puis sans plus faire attention à la forme avachie sur le sol, Jonnatan détourna la tête et s'adressa à Lucifer qui observait toute la scène attentivement.
- Luce, à toi l'honneur. Bon… amusement.
- Mais merci très cher, fit le roi des Enfers.
Puis d'un claquement de doigts, il disparut emportant avec lui le corps de Voldemort.
Après cela, Jonnatan se tourna vers les Mangemorts toujours figés par cette suite d'évènements, ils n'avaient toujours pas assimilé ce qui venait de se passer. Mais avant qu'aucun d'entre eux ait pu faire un geste, ils se retrouvèrent encerclés par les Membres de l'Ordre qui après la disparition de Lucifer, s'étaient rapidement déployés sur ordre de Severus. Ce dernier d'ailleurs alla rapidement rejoindre son fils qu'il prit doucement dans ses bras. En véritable Maître de Potions, il sortit plusieurs fioles de sa robe qu'il fit ingurgiter à Jonnatan sans que ce dernier rechigne. Lentement, les marques de doigts sur son cou s'estompèrent alors qu'il pouvait à nouveau respirer normalement. Quand Voldemort avait voulu étrangler le brun, il lui avait légèrement endommagé la trachée. Après lui avoir administré les potions, Severus se pencha vers le brun pour le soulever dans ses bras.
- Allez viens, mon fils, c'est fini, on rentre, dit-il.
Jonnatan regarda son père, puis comme si un barrage venait de céder, soudain les larmes envahirent ses yeux.
- Je suis un meurtrier, papa, dit-il en s'écroulant dans l'étreinte réconfortante de son père.
Severus eut l'impression d'avoir devant lui un petit garçon fragile qui avait dû grandir avant l'heure. Il le serra longuement contre lui, le berçant et murmurant des paroles sans queue ni tête, attendant que les larmes se tarissent.
Aucun des deux ne se rendait compte que tout le monde, membres de l'Ordre ou Mangemorts les regardaient. Personne n'osait bouger de peur de briser le moment.
Doucement Dumbeldore s'approcha d'eux, et posa une main sur l'épaule de Severus. Ce dernier le regarda avec de l'interrogation dans les yeux.
- Emmène Jonnatan à Poudlard, nous nous chargerons des Mangemorts qui restent. Et ne t'inquiète pas, je guérirai Jonnatan de ses blessures.
Snape Senior le regarda bizarrement.
- Mais Jonnatan n'est pas blessé, dit-il en resserrant son étreinte sur son fils qui se calmait petit à petit et commençait à suivre la conversation.
Dumbeldore eut un petit sourire triste.
- Je ne parlais pas des blessures apparentes, mais de la blessure de son cœur. Pour l'instant Jonnatan a mal là, et je le comprends très bien, je sais à quel point c'est difficile d'ôter la vie à son âge.
- Mais que voulez-vous dire par vous allez me soigner le cœur ? Personne n'est capable de faire ça, fit Jonnatan ses joues encore mouillées par les larmes.
Mais avant que Dumbeldore puisse dire quoi que ce soit, une voix derrière lui répondit à sa place.
- Si, Albus peut le faire. Je suis Romilda Hendricks-Dumbeldore, la femme d'Albus, enchantée, fit la jeune femme en tendant la main à Severus et à Jonnatan.
Ce dernier la bouche grande ouverte ne put que balbutier,
- Sa… sa femme ? Mais vous ê-êtes s-si j-jeu-jeune et lui si… si…
- Vieux ? fit la jeune femme avec un sourire sadique.
Le jeune hocha la tête timidement, mais Romilda s'était déjà tournée vers son mari et pointant son doigt vers lui, le sermonnait.
- Albus, j'en ai marre de tous ces faux-semblants, alors maintenant, tu vas me faire le plaisir de prendre ta vraie forme et TOUT DE SUITE, SINON je te quitte, mais cette fois-ci pour de bon, COMPRIS ?
Le barbu ne put que déglutir et sous les yeux médusés de tout le monde se mit à changer. Tout d'abord sa barbe rétrécit jusqu'à disparaître totalement, ensuite il se mit à grandir alors que sa carrure s'élargissait. Ses cheveux prirent la teinte d'un blond d'or pur et atteignaient ses épaules. Son visage se transforma également, la vieille peau ridée laissant place au visage d'un homme dans sa trentaine avancée. Ses doigts s'allongèrent légèrement, de même que ses ongles prirent une couleur hésitant entre le rouge et l'orange. Et pour finir, les vêtements qu'il portait disparurent, de nouveaux d'un tout autre style se formant à même sa peau alors que deux ailes d'un bleu océan apparaissaient derrière lui.
Tout le monde semblait impressionné sauf sa femme qui se contenta d'éclater de rire puis de se jeter dans ses bras pour lui rouler la pelle du siècle, le tout sous les yeux choqués de l'assemblée et du Ministre. En effet, avant de partir pour le QG de Voldemort, Dumbeldore avait envoyé McGonagall prévenir les Aurors et le Ministre.
Fudge s'avança lentement, semblant prêt à s'enfuir au moindre signe inquiétant, et dit d'une voix qui croassait,
- Dumbledore ? C'est vous ?
La créature tourna vers lui ses yeux d'un bleu tellement pâle qu'ils en paraissaient blancs et parla d'une belle voix profonde qui fit frissonner tout le monde.
- En effet c'est moi, mais si ça vous gêne de m'appeler par mon ancien nom, vous pouvez toujours m'appeler…
- … l'Homme-Phénix, le coupa sa femme qui trépignait comme une petite fille un matin de Noël.
Un énorme murmure parcourut toute la salle, alors que Fudge s'exclamait,
- Mais l'Homme-Phénix n'est qu'une créature de légende uniquement créée pour endormir les enfants le soir. Il n'existe pas !
- Ah Fudge, vous êtes toujours aussi aveugle. Même quand on vous met les faits sous le nez, vous n'y croyez pas parce que ça ne vous arrange pas. Comme l'année où il y a eu le Coupe de Feu…
Le Ministre déglutit, mais n'ajouta plus rien. Il se tourna vers Romilda lui demandant,
- Puis-je savoir qui vous êtes, Madame ?
- Je m'appelle Romilda Hendricks-Dumbeldore, je suis la femme d'Albus.
- Mais… mais l'Homme-Phénix est immortel, tandis que vous vous êtes une… une…
- Humaine ? Oui, effectivement vous avez tout à fait raison.
A ce moment-là, Albus se pencha vers sa femme et l'embrassa. Puis ce fut d'une voix moqueuse qu'il dit au Ministre,
- Je vois Fudge, que vous avez mal écouté votre mère, étant petit, quand elle vous racontait mon histoire pour vous endormir.
- Si vous aviez bien écouté, vilain garçon, continua sa femme, vous sauriez que si l'Homme-Phénix s'éprend d'une humaine et l'épouse, cette dernière devient également immortelle, pour lui tenir compagnie dans l'éternité.
Gros silence, pendant que tout le monde assimilait ses paroles.
- A votre avis quel âge j'ai ? lui demanda-t-elle.
Fudge bafouilla quelque chose du genre qu'il ne se permettrait jamais de donner l'âge à une dame et des sornettes pareilles. Romilda éclata de rire et répondit abruptement,
- J'ai 694 ans. Et maintenant, je prierais tout le monde de quitter cette salle et de faire son travail, dit-elle en s'adressant aux Aurors, même si l'Homme-Phénix est une légende ou autres sornettes, ça ne veut pas dire que c'est aussi une attraction. Compris ?
Elle avait prit une voix tellement menaçante que personne n'osa contester ses ordres. Cependant Dumbeldore reprit la parole.
- Attendez une seconde, avant que les Aurors n'emmènent tous les Mangemorts, je demanderai à mes deux espions de s'avancer.
Lucius Malfoy, fut le premier à sortir du rang, très beau dans sa belle robe en soie bleue et les cheveux impeccablement coiffés. En effet il s'était empressé de se débarrasser de son hideuse robe de Mangemort dès que Voldemort avait été tué.
La seconde personne, elle se trouvait dans un des coins sombres, où elle se cachait. C'était la silhouette encapuchonnée.
Quand les deux personnes arrivèrent à l'endroit où se tenaient Severus, Jonnatan, Albus, Romilda et Fudge, notre Homme-Phénix dit à la silhouette encapuchonnée,
- Je crois que maintenant vous pouvez vous dévoiler.
La personne leva lentement les bras et abaissa son capuchon. Sous les yeux des cinq personnes se tenait…
TBC
