Chapitre 23 : Un invité importun

La nuit fut courte pour Olympe. Courte et agitée. Cette journée du 10 août l'avait épuisée, mais elle avait vu trop de sang et de morts pour parvenir à fermer l'œil. En une journée, les discours et la mobilisation de Danton avaient suffi à réduire la monarchie à néant. La jeune femme était apeurée, elle craignait de nouvelles émeutes aussi violentes que la première. Aussi ne parvint-elle pas à fermer l'œil, et lorsqu'elle le pouvait, les cauchemars envahissaient son esprit. Avant d'aller dormir, la veille au soir, elle avait raconté sa journée à son père et à son Petit Chat, ainsi que la demande de protection de Louis XVI à l'Assemblée, l'attaque, les massacres, et ce Suisse blessé qui l'avait attrapée par la cheville pour solliciter son aide. André du Puget et Charlotte étaient effarés. Jamais ils n'auraient imaginé que la haine débordante des Parisiens irait aussi loin, et pourtant... Parfois, de gros sanglots étouffaient la voix d'Olympe, qui s'éraillait. La journée l'avait traumatisée, elle ne cessait de trembler comme une feuille, il lui faudrait du temps pour oublier ces horreurs. Elle annonça également avoir perdu de vue Danton et Desmoulins, fondus dans la foule et très certainement repartis vers le Manèges. Mais également Solène et Peyrolles. Le sort de sa 'belle-sœur' la touchait et la concernait, celui de son ennemi l'intéressait moins, mais elle ne pouvait s'empêcher d'y songer. N'avait-il pas été des siens, de son camp, durant plusieurs années ? Et au fond, ne l'était-il toujours pas ? Bien que la foule hurlante ait crié à la déchéance du Roi, Olympe leur conservait toute sa sympathie, au plus grand désespoir de Charlotte. Levée de bonne heure le 11 août, elle reprit ses soins auprès de Nicolas, aidée de son père et de son amie. Petit Ronan apportait de sa bonne humeur enfantine, sans doute ressentait-il le stress et les craintes de sa maman, qui le regardait douloureusement. Il fut décidé que le rescapé du massacre resterait au Sans-Culotte jusqu'à ce qu'il aille mieux. Plus question pour lui de paraître dans les rues vêtu d'un quelconque uniforme. Dès maintenant, il serait un citoyen comme les autres, le citoyen Lebreuil - le terme de 'monsieur' étant proscrit. Libre à lui, par la suite, de se trouver un emploi ou de rester au café, et de faire oublier d'où il venait. Les temps étaient difficiles pour les sympathisants royalistes, et même pour tous. La loi du suspect régnait en maîtresse, un visage trop monarchiste, une allure bien aristocrate, un cabriolet au lieu d'une simple voiture, et l'on devenait un comploteur visant à réduire la Révolution à néant et à restaurer le tyran sur son trône. Alors la solidarité était de mise. Dans la matinée, Olympe sortit pour voir Lucile et Gabrielle, prendre de leurs nouvelles ainsi que de celles de ses amis. Sa curiosité la poussait également à tenter de savoir ce qui s'était passé depuis qu'elle avait fui les Tuileries avec Nicolas. Dans les rues, elle voyait partout des affiches placardées aux murs. On y annonçait la déchéance de Louis XVI, les Parisiens étaient appelés à marteler tout symbole de royauté dans la capitale : on ne voulait plus de fleurs de lys, ni du mot 'roi ' écrit quelque part. Une femme cria même que la statue d'Henri IV, située Place Dauphine, venait d'être déboulonnée et détruite. L'anarchie régnait dans Paris, en fait, personne ne s'était calmé. Lorsque la jeune femme arriva rue du Théâtre-Français, elle trouva Lucile et Gabrielle tendues, mais visiblement plus à l'aise que la veille. Heureuses de la voir en vie - Danton et Desmoulins ayant eux aussi perdu sa trace, ils ignoraient son sort - elles l'accueillirent dans de grandes effusions de joie.

« Olympe ! Nous étions folles d'inquiétude, personne ne savait où tu étais, on a craint le pire ! lança Lucile.

- Je vais bien, ou presque. Tous ces morts, tout ce sang... C'était abominable, l'odeur de la poudre et la chaleur ont failli me rendre folle. Lorsque les bataillons marseillais et bretons sont entrés dans les Tuileries je n'ai pas pu reculer, la foule m'a attirée vers l'intérieur. Je ne dois mon salut qu'au renfoncement d'une fenêtre de laquelle je voyais tout, mais où je ne risquais rien. J'ai été le témoin d'un horrible massacre ! Rien que d'y penser... »

La jeune femme pâlit, retenant une nausée. Elle s'installa en face de Lucile qui lui offrit un verre d'eau de vie tandis que Gabrielle tira une chaise pour s'y asseoir.

« Figures-toi que ce matin Camille est arrivé en courant chez nous. Georges vient d'être nommé ministre de la Justice avec une écrasante majorité ! Il n'en revenait pas ! Du coup, il est parti pour le Manège. Ses talents d'orateurs vont encore être mis à contribution ! »

Olympe la regardait, amusée. Gabrielle avait les yeux qui pétillaient d'admiration pour son époux. Elle en parlait comme d'un demi-dieu, il était son héros. Sans doute enjolivait-elle quelque peu la situation, mais ce débordement d'enthousiasme était une bouffée d'air frais dans l'esprit d'Olympe.

« Il doit être fier d'accéder à une telle position, après tous ses échecs aux élections !

- Fier, oui, mais également préoccupé. Il sait que pour maintenir les actions d'hier, il ne faut rien lâcher, rien abandonner. Mais il connaît aussi le pouvoir d'une foule en colère. Il peut guider tout un peuple haineux, mais pas forcément le maîtriser. Cet éclat de violence durant la journée du 10 n'était qu'un exemple parmi tant d'autres. Charge à lui, maintenant, de rétablir le calme dans la capitale. »

Gabrielle avait raison. La tâche serait rude, même pour un orateur comme Danton. S'il se plantait devant chaque Parisien armé, sa carrure seule suffirait à les arrêter individuellement. Mais un discours à l'Assemblée qui passait par le bouche à oreille avait tôt fait d'être modifié et réinterprété. C'était là le plus grand des dangers. Olympe était intriguée, elle voulait en apprendre davantage. Embrassant ses amies, elle partit vers le Manège, prête à patienter jusqu'à ce que Danton ou Desmoulins en sortent.

...

Les députés s'agitaient dans le Manège. Plusieurs questions restaient sans réponses, les craintes continuaient, les problèmes insolubles s'alignaient. Tandis qu'Olympe arrivait devant les Tuileries, observant l'amoncèlement de cadavres dans le Carrousel et les citoyens prêts à les brûler, le débat allait bon train. Ce matin-là, il était question du sort de la famille royale. Les libérer était impensable, l'exil pourrait être une solution mais le risque de représailles était trop important. Alors vint l'idée de la prison. Rien de comparable aux Tuileries où un semblant de liberté restait au monarque et à sa famille. Là, il fallait une prison de laquelle ils ne sortiraient pas, où ils seraient sous haute surveillance. On opta pour le donjon du Temple situé dans l'enclos du même nom, sorte de village dans la ville, et qui se suffisait à lui-même, avec son microcosme et ses commerçants. Ancienne propriété de l'ordre des Templiers, ces moines-chevaliers décimés et éparpillés selon la volonté de Philippe le Bel, l'enclos du Temple avait depuis évolué. Ses murailles crénelées avaient laissé leur place à des hôtels particuliers et des petites maisons, et, outre le donjon, l'église et le petit palais déjà présents, un nouvel édifice fut construit en 1667 pour le prieur de Vendôme, descendant d'Henri IV par voie bâtarde. Le lieu était parfait, ne restait qu'à y envoyer 'Louis Capet' et sa famille. Lorsque la question fut réglée, Danton quitta l'Assemblée où il retrouva Olympe, patiemment assise sur un banc.

« Olympe ! Comment vas-tu ? Que t'est-t-il arrivé hier, je t'ai perdue dès que l'on est entrés dans les Tuileries ! Et que fais-tu là ?

- Je vais bien, rassures-toi. Pour ce qui est de te raconter, tu demanderas à Gabrielle, elle sait déjà tout ! Sinon, je t'attendais.

- Pour ?

- Déjà, te féliciter ! Ministre de la Justice, une sacrée promotion !

- Oh, ne m'en parle pas ! J'arrive au pouvoir au moment où tout me tombe dessus... Et quoi d'autre ?

- Que va devenir Louis XVI ? Que va-t-il se passer dans les prochains jours ? Sommes-nous tous en sécurité ?

- Ouh la, tu vas trop vite pour moi, ralentis ! D'abord, le citoyen Capet est déchu, lui et sa famille seront emprisonnés sous bonne surveillance dans le donjon du Temple. Ensuite, je ne peux rien t'affirmer. Tout change d'heure en heure. Nous sommes suspendus à chaque parole, chaque mouvement sur le front du Rhin... Mon meilleur conseil : reste chez toi. Garde ton café ouvert jusque vingt heures, tu y apprendras tout ce que tu veux savoir, puis barricadez-vous. Les Parisiens sont toujours en colère, tout peut éclater, surtout avec Marat qui continue de leur chauffer les sangs ! Ça m'étonnerait que l'on s'en prenne au Sans-Culotte, mais dans le doute...

- Je te remercie, mon ami, tu es irremplaçable ! Salue Camille de ma part ! »

Olympe appliqua une bise sur la joue du monument des Cordeliers puis repartit chez elle le cœur lourd. Sa souveraine et ses petits Princes enfermés comme de vulgaires criminels, Louis XVI désigné comme le 'citoyen Capet', le monde devenait fou. Désormais, elle était persuadée qu'elle ne reverrait plus Marie-Antoinette. Cette seule pensée lui fit monter les larmes aux yeux. Le vague à l'âme, elle errait dans les rues, faisant machinalement le chemin, comme une habitude. Au coin d'un bâtiment, une main vint se plaquer sur sa bouche, une autre lui saisit le bras et l'entraîna vers un renfoncement de porte dans une ruelle sombre, avant même qu'elle ait pu réagir.

« Mademoiselle du Puget, vous tombez à pic ! »

Face à elle se tenait Lazare de Peyrolles. Lui qui prenait tant soin de son apparence, toujours propre et vêtu dignement, avait délaissé son éternel uniforme bleu d'officier de l'armée du Roi, puis de la Garde Nationale. Le visage sale, décoiffé, en simple chemise et pantalon, il fixait de ses yeux noirs une Olympe tremblante. Que lui voulait-il ? Quel sort allait-il lui réserver ? Peyrolles tenait la jeune femme plaquée dos contre un mur, il se colla à elle pour murmurer à son oreille, de sorte que personne ne puisse entendre.

« Je suis traqué comme une bête depuis deux jours. J'ai réussi à semer ces pouilleux enragés qui réclament ma tête, mais je ne tiendrai pas longtemps. N'oubliez pas d'où vous venez, vous devez m'aider ! »

Les yeux exorbités, Olympe le regardait fixement. Était-il sérieux ? Il tuait tous ceux qui s'opposaient à lui, l'avait menacée un an plus tôt en pleine rue, et il osait lui demander ce service ? Peyrolles lui libéra la bouche pour qu'elle puisse lui répondre, non sans d'abord lui avoir fait jurer de ne pas crier. Un hochement agité de la tête lui assura qu'elle resterait calme, il lâcha prise.

« Vous plaisantez, j'espère ? Pourquoi je vous aiderais ?

- Parce que nous sommes du même monde, vous et moi. Parce que vous ne pouvez pas abandonner quelqu'un qui a besoin d'aide. Et parce que vous l'avez déjà fait pour quelqu'un d'autre... !

- Mais non c'est f...

- Ne niez pas, je vous ai vue vous enfuir avec un homme blessé après la mise à sac des Tuileries ! Si vous en aidez un, vous pouvez en aider deux ! »

Plus il parlait, plus une vague de rage envahit Olympe. Tentant de se débattre, elle essayait de frapper contre la poitrine de Peyrolles pour qu'il la libère de son emprise, mais il était décidément plus fort qu'elle.

« Vous êtes un monstre, un odieux personnage, je vous hais, je refuse de faire quoi que ce soit pour vous ! »

Un rire sombre et sarcastique éclaira le visage de Lazare. La voir ainsi s'agiter et se débattre était follement amusant.

« Si vous n'étiez pas si convaincante dans votre petit numéro, je jurerais que vous m'insultez pour mieux cacher que vous êtes amoureuse de moi ! »

Olympe se figea, perplexe, comme assommée.

« Vous ne doutez de rien, et surtout pas de vous ! Ma parole, c'est la chose la plus stupide que j'aie jamais entendue ! Mais soit, je vous aiderai... Je vous cacherai chez moi le temps de vous faire oublier, ensuite vous vous débrouillerez tout seul, je ne voudrai plus jamais entendre parler de vous !

- Ah, vous voilà enfin raisonnable ! J'étais persuadé que vous accepteriez.

- Ne criez pas victoire trop tôt ! Et ne me provoquez pas... Votre uniforme vous protégeait, vous vous sentiez au-dessus de tout et de tous. Un rebelle et vous tiriez ! Aujourd'hui vous n'êtes plus rien, et si le cœur m'en dit je n'hésiterai pas à vous dénoncer, alors gardez vos distances ! »

Le regard cruel de Lazare se posa sur Olympe. S'il ne redoutait pas qu'elle mît ses menaces en application, il n'eût sans doute pas hésité à l'embrasser vigoureusement, juste pour la remettre à la place qu'il estimait être la sienne. Jamais aucun homme n'avait osé lui parler ainsi sans avoir fini troué de plusieurs balles de son pistolet. Alors une femme... ! Et elle était décidément bien belle, cette mademoiselle du Puget, surtout lorsqu'elle était en colère... ! Olympe l'entraîna à sa suite jusqu'au Sans-Culotte, resté fermé jusqu'à nouvel ordre. Elle réfléchissait encore au moyen d'annoncer cette décision, qu'elle jugeait comme une faiblesse, à son père et à Charlotte. Et il y avait également Nicolas, avec qui Lazare devrait cohabiter. La jeune femme fut soudain envahie par l'impression d'être dépassée par les évènements, de s'être fait avoir deux fois de suite. Voici que dans un café révolutionnaire, elle allait cacher des royalistes en fuite...

...

André du Puget était assis sur une chaise, le visage caché dans ses mains, effaré. Charlotte bouillonnait de l'intérieur, fixant Lazare avec des yeux furibonds. Nicolas, lui, jouait avec Petit Ronan, mais il ne put s'empêcher de ressentir une pointe de jalousie en voyant Olympe apparaître dans la salle du café avec cet homme qu'elle semblait bien connaître.

« Nous n'avions vraiment pas besoin de ça... ! se lamenta André qui regardait sa fille.

- Et puis, il faut voir qui tu nous ramènes ! renchérit Charlotte.

- Oh, ça va ! Ne m'arrosez pas de reproches comme vous le faites ! Je me sens déjà assez misérable comme ça d'avoir accepté la requête de ce...

- Monstre ! Le mot que tu cherches est 'monstre', Olympe ! acheva Charlotte, cinglante. Vous mériteriez que j'aille tout raconter à Danton ! Ah, il serait content, tiens ! »

Lazare n'était pas peu fier de voir ce que sa présence pouvait provoquer. Il se tenait debout, droit comme un piquet, et patientait. Autant d'attentions portées sur lui en même temps, c'en était presque jouissif.

« Bon, maintenant ça suffit ! Cette aide est provisoire, et j'insiste bien là-dessus ! Vous, Peyrolles, vous vivrez dans la cave située juste sous le plancher. Dans la journée du moins. Personne ne connaît son existence, elle sera la meilleure des cachettes. Le soir vous partagerez la chambre de monsieur Lebreuil. Quand votre visage aura disparu des mémoires parisiennes, vous quitterez ma maison sur le champ ! Ai-je été claire ?

- On ne peut plus claire, Olympe... dit-il en lui baisant la main tandis que Charlotte simulait une nausée.

- Madame Mazurier ! repartit-elle en arrachant sa main de celle du Comte. Nous ne sommes ni amis, ni proches. Compris !

- Mazurier ? Vous voulez rire ?

- J'en ai l'air ? Pourquoi cette question ?

- Pour rien. Simple curiosité. Il me semblait avoir déjà entendu ce nom quelque part...

- C'était le nom de l'homme que j'aimais. Satisfait ? Je l'ai sauvé des griffes du Comte d'Artois et de Ramard lorsqu'ils l'ont incarcéré à la Bastille, et...

- Ah, mais oui, je me souviens maintenant ! Par votre faute, d'ailleurs, si je ne me trompe pas ? Cet imbécile de Ramard m'a raconté lorsqu'au Palais-Roy... »

Lazare n'eut pas le temps de finir sa phrase, une gifle sonore venait de lui clouer le bec, lui laissant au passage la trace bien visible des cinq doigts d'Olympe.

« Un mot de plus et vous retournez à votre partie de cache-cache avec les Parisiens en colère ! Vous n'êtes que toléré ici, alors faites-vous oublier ! »

Pour un peu, Charlotte l'aurait applaudie, mais sa colère était encore trop vive. Lazare porta la main à sa joue encore rouge de la claque qu'il venait de prendre. Ainsi, songea-t-il, Olympe était tombée amoureuse de ce paysan rebelle qu'il avait gardé en prison, et dont il avait tué le père quelque quatre ans plus tôt... Il se garda bien d'en évoquer le souvenir, car si la jeune femme en apprenait l'existence, elle n'hésiterait pas à le mettre dehors pour le livrer aux Parisiens enragés. Lorsqu'André monta à l'étage pour préparer le lit du nouvel arrivant, le Petit Chat attrapa le bras d'Olympe pour l'attirer dans un coin. Nicolas feignait de ne rien entendre, Lazare tendait l'oreille en marmonnant entre ses dents qu'une ancienne gouvernante des Enfants de France devenue tenancière de café et ayant un fils d'un révolutionnaire était un pur scandale.

« Olympe, tu n'es pas sérieuse, tu ne vas pas le garder ici pour de vrai ! C'est un monstre, il tire sur tout ce qui bouge ! Et tu as oublié lorsqu'il t'a menacée ?

- Je n'ai rien oublié, Charlotte.

- Alors chasse-le !

- Je ne peux pas... Je n'oublie pas qui j'étais, qui était de mon côté... Je suis tiraillée entre mon passé, ce que je suis au plus profond de moi, et entre mes nouveaux amis, ceux qui m'ont soutenue... Ne me rends pas les choses plus difficiles...

- Et Petit Ronan, tu y as pensé ?

- Je ne vois pas le rapport ! Allez, arrêtons la conversation ici. Peyrolles restera dans sa cave et à la fin de l'année, il quittera le café.

- Très bien... »

Boudeuse, Charlotte rejoignit Nicolas et Petit Ronan qui s'amusait avec une toupie en bois et quelques pions qu'il bougeait sur un damier. Olympe invita Lazare à la suivre pour lui montrer les lieux, sa future chambre, et enfin cette cave où il serait enfermé lors des horaires d'ouverture du Sans-Culotte. En quittant la salle, l'ancien officier observa le petit garçon qui jouait sans se soucier de ceux qui l'entouraient. Le visage même de l'enfant lui rappela les fantômes de Ronan et de Jacques Mazurier, qu'il avait tué sans scrupules. Petit Ronan était là pour lui remémorer ses crimes, le début de l'expiation de ses péchés.