Chapitre 28 : Lueur d'espoir

Olympe avait espéré un apaisement chez Danton, notamment grâce à son mariage avec Louise. Mais ce ne fut que de courte durée. L'attrait de la vie conjugale nuisait profondément à la réputation du Cordelier. On le voyait moins dans la salle verte du Comité de Salut Public, ses oratoires à la Convention se faisaient rares. Petit à petit, les députés soulignaient son manque de vivacité, ses absences. Plusieurs fois, la jeune femme lui avait conseillé de se montrer plus souvent en public. Les bras de Louise étaient certes réconfortants, mais les Montagnards ne lui garderaient pas sa place au chaud pendant bien longtemps. Et Robespierre n'allait certainement pas manquer une aussi belle occasion de monter en grade. Ce qu'Olympe redoutait finit par arriver. Faisant vibrer la porte du Sans-Culotte, suivi comme toujours par Camille, Georges s'installa à la table centrale du café.

« Ils m'ont évincé du Comité de Salut Public ! Tu entends ça, Olympe ? Evincé ! Vite, donne-nous du vin, j'ai besoin de penser à autre chose.

- Tout de suite, répondit la jeune femme en sortant une bouteille. Qui sont ces 'ils' dont tu parles ?

- Robespierre, pardi ! Qui veux-tu d'autre ?

- Et ses amis Couthon et Saint-Just, ajouta Camille en vidant son verre. Maximilien s'est entiché de ce gringalet de vingt-quatre ans aussi malingre que lui.

- Je redoute le pire ! lança Olympe. Avec eux à la tête du Comité de Salut Public, le rythme de la guillotine va s'accélérer ! Fouquier-Tinville n'aura plus le temps de respirer ! »

Elle n'osa pas ajouter 'et j'aurai plus de travail', mais le cœur y était. Bien que ne luttant pas particulièrement contre ses amis, Olympe se doutait qu'ils n'apprécieraient pas spécialement qu'elle devienne une aide de Batz et qu'elle cache chez elle les persécutés du Tribunal Révolutionnaire. La jeune femme finit de servir la table voisine, puis s'installa avec eux.

« Robespierre me provoque. Maintenant, ce sera lui ou moi, je le sens, renchérit Danton.

- Méfie-toi de lui, il est capable du pire, conseilla Olympe.

- S'il croit m'abattre, il se trompe. Je ne lâcherai pas la Convention. Dès demain, je remonte à la Tribune ! Ils vont m'entendre ! Tant pis pour le Comité, si je m'y accroche, on va encore m'accuser de vouloir en devenir le chef suprême et de prendre tout le pouvoir pour moi.

- Notre cher Danton a de l'énergie à revendre ! ajouta Camille. Moi aussi, je commence à me poser des questions sur Maximilien. Il n'était pas comme ça avant...

- Parce qu'il cachait son jeu ! s'exaspéra Olympe.

- Nous ne sommes pas assez virulents à son goût, renchérit Georges. Il lui faut toujours plus de sang, toujours plus d'ennemis à abattre ! Je vais lui en trouver des ennemis, moi ! Et des vrais ! Les profiteurs, les accapareurs, ceux qui gagnent de l'argent en agiotant et sur le dos de la Nation. Qu'ils payent ! Nous avons besoin de fonds pour la guerre ! J'ai déjà mon discours de demain en tête ! Viens Camille, on file chez moi. J'ai un oratoire à préparer ! Salut, Olympe ! »

Terminant son verre de vin, Georges avala un morceau de pain et se leva de table. Les deux compères sortirent du Sans-Culotte plus déterminés que jamais. La jeune femme les salua puis repartit à son comptoir avant d'être appelée par Charlotte.

« Que se passe-t-il ?

- C'est ton père, viens vite ! »

Olympe délaissa torchons et serviettes pour courir retrouver André. Ce qu'elle avait pris pour une mauvaise fièvre s'avérait plus sérieux. L'ancien Lieutenant de la Bastille respirait à peine, son teint était blafard. Entre deux quintes de toux, il réclamait sa fille et son petit-fils. La jeune femme arriva précipitamment dans la chambre à peine éclairée d'une bougie.

« Père ! Que t'arrive-t-il ?

- Olympe, ma petite fille... C'est la fin...

- Mais non, tu vas guérir ! Je t'en prie, accroche-toi ! Pas toi, père, pas toi... Que vais-je faire si tu m'abandonnes ? »

Les larmes coulaient le long des joues d'Olympe. Elle se pencha au-dessus de son père pour un dernier câlin, comme lorsque, petite, elle avait besoin de réconfort. En son for intérieur, elle le savait perdu, mais elle voulait qu'il lutte malgré tout. Un miracle pouvait arriver... Après Ronan, après Gabrielle, c'était au tour de son père de mourir sous ses yeux. Une nouvelle fois le Destin frappait, la mort venait lui faucher un être qui lui était cher. Elle regrettait amèrement ces deux années passées à fuir la présence d'André, parce qu'il lui rappelait trop Ronan vivant. A présent, elle se mordait les doigts de n'avoir pas profité davantage de son père, de sa proximité. Elle lui devait tout, et même son café. Aujourd'hui, elle perdait l'un des piliers de sa vie. Lorsqu'Olympe ne sentit plus les mouvements de respiration d'André, elle comprit que c'était fini. Pourtant maîtresse d'elle-même, elle ne put empêcher un cri de douleur de s'évacuer. A présent, elle était orpheline. Charlotte, en pleurs, emmenait Petit Ronan qui ne comprenait pas pourquoi 'Pépé André' s'était endormi et pourquoi sa maman sanglotait en criant. Naturellement, il se mit à pleurer aussi. Nicolas restait muet. Il aurait voulu prendre Olympe dans ses bras pour la consoler, mais Lazare l'avait devancé, c'était son rôle, pas celui de l'ancien Suisse qui partit rejoindre Charlotte. La jeune femme se serrait dans les bras de son amant, sans même tenter de contenir ses larmes. Il fallait qu'elle laisse partir sa peine, que son chagrin ressorte. Un nouveau deuil à encaisser, c'était beaucoup trop. Elle avait mis deux ans à se remettre sur les rails après la mort de Ronan, allait-elle encore devoir survivre pendant deux autres années ? Son père ne méritait pas de mourir, il était jeune, il était bon et généreux. Pourquoi la Faucheuse n'avait-elle pas choisi une autre victime ? Peyrolles saisit Olympe par les bras pour la relever et la sortir de la chambre. Rester ainsi à côté de la dépouille de son père n'était pas une bonne idée. Assise sur leur lit, la jeune femme regardait dans le vide, hébétée. Les larmes avaient rougi ses yeux, gonflé ses paupières. Elle se sentait profondément seule, alors que trois personnes étaient encore là, prêtes à tout pour l'aider, et qu'un petit garçon réclamait sa maman.

« Pourquoi lui ? Pourquoi ?

- Il ne faut pas chercher à comprendre, Olympe. C'est ainsi, Dieu l'a voulu, il devait avoir ses raisons.

- Je me moque de ses raisons, je ne voulais pas qu'il meure ! »

Lazare la serra dans ses bras. Il fallait l'apaiser, la calmer. D'autant qu'avant de mourir, André avait difficilement griffonné un message pour sa fille, elle devait le lire. Peyrolles lui tendit le papier et s'assit à côté d'elle. Olympe l'ouvrit et le regarda, perplexe.

« Michonis ? C'est tout ce qu'il avait à me dire ?

- Qu'est-ce que ça signifie ?

- Je n'en sais rien. Un nom, un code, un lieu, peu importe. Mais je m'attendais à tout sauf à ça. »

Olympe aurait voulu jeter le billet au feu, de colère. C'était son dernier message, et au lieu de lui écrire les mots d'un père mourant à sa fille, il lui avait écrit un nom qu'elle ne connaissait pas. Mais c'était un billet d'André, alors elle le garda.

...

Trois jours plus tard, alors que le café se vidait de ses fidèles et que le jour tombait, Olympe vit une silhouette se présenter à la porte du Sans-Culotte. C'était Batz, tout de noir vêtu, qui s'invitait à une heure tardive.

« Madame Mazurier, je vais avoir très bientôt besoin de votre aide !

- Que se passe-t-il ? Venez, entrez, ne restez pas devant la porte. »

L'homme, qui semblait approcher de la quarantaine, déposa son chapeau sur une table où Olympe apportait de l'eau de vie et des gâteaux. Elle n'avait pas encore eu l'occasion de faire le deuil de son père, que déjà ses nouveaux devoir l'accaparaient. Mais, d'une certaine façon, c'était positif. Ses occupations auprès de Batz allaient monopoliser son esprit et lui permettre de relever la tête plus rapidement, pour mieux repartir.

« Mon plan pour libérer la Reine et notre petit Roi se concrétise. Votre ami est là ?

- Oui, ne bougez pas, je vais le chercher. »

Olympe disparut à peine quelques instants. Elle revint avec Lazare qui semblait ravi à l'idée de retrouver un peu d'action. Le jeune homme salua le nouvel arrivant et s'installa en face de lui.

« Parfait. J'ai appris qu'à la Convention, on voulait transférer prochainement Marie-Antoinette à la Conciergerie.

- Pour quelles raisons ? s'étonna Olympe.

- De bien mauvaises, j'en ai peur. La Conciergerie est accolée au Palais de Justice, c'est l'antichambre de la mort, le dernier séjour avant la guillotine. S'ils veulent l'y mettre, c'est parce qu'ils projettent de l'assassiner. Alors je veux les devancer. Dans trois jours, mes camarades et moi-même allons nous infiltrer dans le Temple, grâce à la complicité d'un garde. Je ne vais pas tout vous raconter en détail, mais pour vous résumer le plan, nous allons cacher Louis XVII dans un panier de linge. La Reine sera grimée en lingère et partira avec son 'aide', Madame Royale, durant la nuit. Deux jours plus tard, elle sera en route pour Coblence où l'attend son beau-frère, le Comte de Provence.

- Mais où allez-vous cacher la Reine pendant ces deux jours ?

- C'est là que vous intervenez, ma chère. Votre cave est-elle toujours libre ?

- Pour la Reine, elle le sera toujours ! »

Olympe souriait comme une enfant, sa peine avait fait place à une grande joie. Ses craintes de ne jamais revoir Marie-Antoinette venaient de s'envoler en une fraction de seconde. Danton avait raison, elle était vraiment trop pessimiste, parfois ! A l'idée d'accueillir sa souveraine chez elle, de la cacher et de la protéger la rendit soudainement heureuse. Mais c'était risqué, il ne fallait nullement que ses clients se doutent que, sous leurs pieds, étaient enfermés la Reine déchue et ses deux enfants.

« Et moi, dans tout ça ? interrogea Lazare dont la curiosité grandissait à mesure que Batz parlait.

- Vous, je vous confisque jusqu'à ce que le plan ait abouti. J'ai besoin que tout le monde soit proche de moi et prêt à agir. Madame, je vous enlève votre bien aimé, mais je vous le rendrai en bon état, c'est promis ! »

C'était au tour de Peyrolles de bouillonner d'impatience. Le moment du complot était là, la crainte d'être découvert, l'excitation de l'aventure, tout était source de motivation pour le jeune homme. Seule Olympe vit son enthousiasme douché à l'idée d'être privée de son amant durant une semaine.

« Est-ce vraiment nécessaire d'emmener Lazare autant de temps ? Pourquoi ne pourrait-il pas revenir ici le soir ?

- Parce qu'il nous faut de la concentration, et un maximum de discrétion.

- Vous croyez vraiment que mes clients trouveront normal de ne plus voir Lazare durant une semaine ? Vous appelez ça de la discrétion, vous ?

- Si l'on vous demande, il est malade. Mais un café, c'est l'endroit idéal pour les commérages. Une parole en l'air est vite arrivée. Vous en saurez bien assez lorsque notre souveraine sera chez vous, et votre ami de même lorsqu'il logera chez l'un de mes camarades qui loue un appartement à Paris.

- Si vous le dites...

- Parfait, puisque tout est réglé, je vous emmène, mon cher ! Madame, n'ayez crainte, tout se passera pour le mieux. Dans trois jours, notre Reine vous devra son salut, vous serez l'héroïne de la contre-révolution ! »

Cette perspective enchantait Olympe, mais elle ne pouvait s'empêcher de regretter déjà Lazare. Un salut à Batz, un baiser langoureux à son amant, et la jeune femme les regarda s'éloigner dans la nuit. De son côté, elle rangea les restes du souper improvisé et partit se coucher. Très bientôt, elle allait revoir sa Reine, et elle ne se sentait plus de joie.

...

Le temps passait avec une lenteur désarmante. Cela faisait deux semaines qu'André du Puget reposait au cimetière Sainte-Catherine, à côté de la mère d'Olympe, et non loin de Gabrielle Danton. Cela faisait également quatre jours que le plan du Baron de Batz avait bêtement échoué. Tout semblait réglé comme un coucou suisse. Rien n'avait été laissé au hasard. Mais, comme pour la tentative d'enlèvement de Louis XVI sur le chemin de l'échafaud, ce nouveau plan avait manqué parce que l'un des comploteurs avait trahi les autres et que tout était éventé. Olympe, qui s'attendait à chaque instant à voir Marie-Antoinette arriver avec ses enfants, fut consternée de ne voir que Lazare, la mine défaite.

« Ça a manqué. Je ne connais pas le nom du traître, mais, si je l'apprends, il va passer un sale quart d'heure !

- Que s'est-il passé ?

- Tout était prêt. Je devais attendre la Reine à la sortie du donjon, en tenue de garde national. On avait calculé les heures de passage des patrouilles et celles des relèves, on ne risquait rien. L'un des amis de Batz est monté, déguisé en garde, avec le panier qui aurait permis d'emmener le petit Roi. Dix minutes plus tard, il est revenu bredouille, en me prévenant que quelqu'un avait trop parlé. Un groupe de gardes est venu perquisitionner la Reine et lui a retiré des livres ainsi que quelques bijoux. L'ami de Batz n'a pas eu d'autre choix que de faire demi-tour. Je suis revenu le plus vite que j'ai pu pour te prévenir. Le Baron est fou de rage, il voit encore un de ses complots échouer si près du but. Je suis écœuré ! »

Olympe n'avait pas caché sa déception. Elle rêvait du moment où la souveraine entrerait chez elle avec ses enfants, où elle la reverrait enfin, où elle deviendrait sa sauveteuse. La cave était toute prête, la jeune femme y avait installé trois lits confortables et quelques meubles d'appoint avec l'aide de Nicolas, mis dans la confidence pour l'occasion. Seule Charlotte ignorait tout, car elle restait indéfectiblement hostile à Marie-Antoinette. La patronne du Sans-Culotte peina à se remettre du décès de son père doublé de l'échec cuisant du Temple. Elle noyait son chagrin en délaissant quelque peu son café pour se consacrer à son fils : Charlotte, Lazare et Nicolas étaient assez grands pour faire tourner convenablement le Sans-Culotte et recevoir les clients. Danton et Desmoulins, qui ignoraient la double vie d'Olympe, présentèrent leurs condoléances à la jeune femme, Georges n'ayant pas oublié le soutien qu'elle lui avait apporté à la mort de sa première épouse. Mais le seul à rendre le sourire à la maîtresse du Sans-Culotte, c'était Petit Ronan. Prolongement de deux vies qu'elle aimait tant, il était l'héritier de son grand amour, le digne petit-fils d'André. Elle le cajolait, jouait beaucoup avec lui. Même Lazare, pourtant très présent, n'était pas à la hauteur du petit garçon, dont la joie de vivre était communicative. Tout passait au-dessus de la tête d'Olympe. Elle en oubliait la Convention, la Terreur et même les profanations des tombes royales de Saint-Denis. Ce qui, en temps normal, l'aurait rendue furieuse - on respecte les morts, quels qu'ils soient ! - l'effleura à peine.

« Ils n'ont pas touché aux cercueils du premier Dauphin et de sa petite sœur, c'est tout ce qui compte. Le reste, je m'en moque, avait-elle répondu à Nicolas, qui la tenait informée de l'actualité. »

Olympe semblait perdue dans ses pensées. Vivre au cœur du Sans-Culotte, où tout lui rappelait André, n'était nullement bénéfique apprendre que sa souveraine avait été transférée le 2 août à la Conciergerie, non plus. Lucile pensa que toute cette peine venait seulement de la mort d'André du Puget. Un jour, venue la consoler, elle lui avait proposé de retourner habiter chez elle, rue du Théâtre-Français, pendant quelques temps.

« Ce sera comme avant, nous serons là avec Camille pour t'aider à repartir du bon pied. Et puis Petit Ronan sera un excellent compagnon de jeux pour Horace ! Ils s'adorent !

- Merci ma Lucile, c'est adorable, répondit Olympe en lui embrassant le front. Mais je ne peux pas. J'ai ma vie rue de la Ferronnerie, j'ai Charlotte, Nicolas, Lazare qui fait tout son possible pour me changer les idées, et mon café. Je ne veux pas t'importuner.

- Si tu m'importunais, je ne te le proposerais pas ! Et ton café, c'est lui qui te ruine le moral. C'est avec ton père que tu l'as ouvert, comment veux-tu guérir ainsi ?

- J'y arriverai. Il le faudra bien. La fuite en avant n'est pas une solution, mais je garde ton offre dans un recoin de ma tête. Si je me sens trop lasse, je viendrai m'installer quelques jours chez toi, c'est promis. »

Lucile Desmoulins serra Olympe dans ses bras. Bien que très amie avec Gabrielle et aimant beaucoup Louise, la jeune femme sentait que sa relation avec l'épouse de Camille était toute particulière. Plus que des amies, elles étaient comme des sœurs. Tout ce temps passé rue du Théâtre-Français avait consolidé cette complicité naissante entre les deux femmes. Elles partageaient de nombreux points communs : têtues, volontaires, joyeuses et passionnées, elles étaient dévouées à leurs fils et éprouvaient un amour sans bornes pour les hommes de leur vie. Lucile était prête à mourir pour Camille, Olympe aurait tout fait pour Ronan, même Lazare ne parviendrait jamais à détrôner le paysan dans le cœur de la jeune femme. Ce grand soutien de Lucile avait ramené Olympe vers un début de rétablissement. Peu à peu, elle retournait servir dans la salle de son café, d'abord quelques heures, puis des journées entières. Elle voulait se tenir prête au cas où Batz viendrait de nouveau la solliciter, pour la Reine comme pour n'importe quel citoyen nécessitant son aide. Elle avait également réorganisé son intérieur. Désormais, Petit Ronan aurait sa propre chambre, et Charlotte aussi. Le fils d'Olympe allait vers ses quatre ans et demi, il devenait grand, ce n'était plus un bébé. Quant au Petit Chat du Palais-Royal, elle aurait bientôt quinze printemps. Elle méritait d'avoir son intimité, sans un enfant qui dormait à côté d'elle. Charlotte récupéra donc la chambre laissée vide par André. Quant à Nicolas, il vit l'ancien lit de Lazare quitter ce qui devenait son espace personnel pour être stocké à la cave. À nouvelle vie, nouveau logis. C'était le premier pas de la guérison, et c'était nécessaire.