Titre: Nous n'oublierons jamais

Auteur: Aelim

Disclaiming: L'univers et les personnages sont à JKR

Personnages principaux: Différents à chaque chapitre... Edgar Bones, membre de l'Ordre

Ratting: K+

Genre : Friendship/Drama

Note: Recueil de OS sur différents personnages de L'Ordre du phénix, de l'AD et autres ayant subi la guerre et Voldemort. En 4 grandes parties, la partie 1 se situe dans les années 70-80 avant la chute de Voldemort. J'avoue que j'aurais bien aimé publier ces OS séparément mais certains personnages (comme Edgar Bones) étant trop secondaires dans les livres je n'aurais pas pu les classer... Tsoin tsoin!


Partie 1 – Les sacrifiés

Chapitre 3 – Edgar Bones:

La rue était vide et silencieuse. Le soir tombait à peine sur les maisons de cette petite ville d'Écosse. Par les fenêtres illuminées on apercevait de nombreuses familles en train de dîner ou regardant les informations.

Au numéro un, Mark quinze ans claquait la porte du salon au nez de ses parents en hurlant que personne ne le comprenait.
Au numéro deux, Alice cinq ans pleurait pour avoir encore un peu de dessert.
Au numéro trois, Lauren et Lina sept et neuf ans se disputaient pour la télécommande.
Au numéro quatre, Paul vingt ans parlait de sa fiancée à ses parents en coupant le rôti.
Au numéro cinq, Edward contemplait le ventre de sa femme dans lequel, il en était persuadé flottait un futur champion, Nick moins trois mois.
Au numéro six, Sandra et Peter trois et huit ans, chacun assis sur un fauteuil regardaient un dessin animé en riant joyeusement.
Au numéro sept, Karen soufflait les bougies de son dixième anniversaire, ses parents chantaient.
Au numéro huit, Christopher et Elizabeth se plongeaient dans de vieux albums de famille en se remémorant leurs souvenirs.
Au numéro neuf Kelly, Betty et Mary, onze, treize et seize ans dévoraient de nombreuses ailes de poulet sous le regard outré de leur mère maigre comme un clou.
Au numéro dix, Jared six mois se laissait doucement bercer par sa grand-mère.

Mais tout cela n'intéressait pas l'homme qui marchait d'un pas vif dans Brokehill street.
Il n'écoutait pas les rires, les pleurs, les cris et les chants.
Il ne regardait pas les sourires, les larmes, les grimaces et les baisers.
Son visage était couvert d'un masque.
Et il marchait vers le numéro onze.

Edgar ferma la porte de son bureau et poussa un soupir. Ses cheveux tombaient devant ses yeux et il les repoussa d'un revers de main. Ils descendaient désormais jusqu'à sa mâchoire. En les laissant pousser ainsi il allait bientôt avoir la même coupe que sa sœur. Il sourit à cette idée et les rangea derrière ses oreilles.
Il continuait à travailler malgré tout, malgré la guerre. Il n'aurait pas pu laisser sa famille dans le besoin et se consacrer uniquement à l'Ordre. Sa femme avait accouché depuis deux mois. Elle parlait déjà de retourner au combat
Il ne voulait pas. Il disait que sa fille avait besoin d'elle, elle était si petite. Ses deux autres enfants aussi.
La vérité c'était que lui avait besoin de la savoir à la maison.
A l'abri.
Il voulait se battre pour construire un monde meilleur où élever sa famille.
Et surtout qu'elle reste en sécurité.

Il avait besoin de marcher pour rentrer et cela était dangereux, pour plus de sécurité il aurait du transplaner directement chez lui. Mais les barrières anti-transplanage qu'il avait installé l'en empêchaient. Il fallait protéger sa famille avant tout.

Il quitta donc le bâtiment, tenant fermement sa baguette dans sa main gauche. Il comptait bien rentrer entier.

Dans la ruelle le vent soufflait doucement, l'été était presque là. L'odeur des poubelles ayant macéré toute la journée au soleil lui fit faire la grimace. Ses semelles claquaient contre les pavés, la douce clameur de la ville arrivait à ses oreilles. Il était tard, et en cette fin de semaine les jeunes moldus s'installaient sur les terrasses pour profiter de la douceur printanière. Edgar se fondit dans la foule et se laissa porter vers des rues moins fréquentées.

Une fois à l'abri des regards il murmura un Lumos et agita sa baguette dans les airs.
Le bus apparu.
La porte s'ouvrit brusquement et une voix grave s'écria

- Edgar! Tu es en retard ce soir, nous allions bientôt passer par chez toi. Tu as de la chance, Mrs Bardwolf s'arrête juste à Perrington!

- Merci Pleasance, merci. Voilà le billet.

Il tendit un petit bout de papier à la femme qui lui faisait face, elle était blonde, avec un sourire éclatant. Mais, malheureusement pour elle c'était les seules choses qui, dans son physique pouvaient rappeler qu'elle avait été séduisante. C'était la femme du conducteur, le vieil Ernie Danlmur et son visage était aussi vallonné que sa région natale, ce qui n'était pas peu dire.

Edgar salua le conducteur et s'assit au pied d'un des lits en cuivre qui meublaient le bus. Il préférait s'asseoir dans l'allée, pour éviter au maximum d'être ballotté dans tous les sens par la conduite approximative d'Ernie.

Ce fût tout de même en titubant qu'il descendit à la lisière de Perrington avec Eugenia Bardwolf. Celle ci le regarda d'un air mauvais avant de s'éclipser rapidement.
Il devait marcher quelques minutes en descendant ici mais il préférait s'aérer, le Magicobus lui provoquant toujours une sensation nauséeuse.
L'air était plus frais en Écosse. Et cette impression de froid s'amplifia au mur et à mesure qu'il se rapprochait de sa rue, répandant dans ses veines un message de peur.
Le sorcier franchit en courant les derniers mètres qui le séparait du bout de Brokehill street puis se figea.

Elle était là.
Flottant dans les airs.
Répandant sa lumière sur les maisons environnantes.
Elle était là.
Au dessus de sa maison.

La marque.

Son cœur s'était glacé, son cerveau lui hurlant un message de panique.
Un message qu'il ne voulait pas comprendre.
Ce fut presque en rampant sous le poids de sa douleur qu'il atteignit la porte de sa maison et l'ouvrit brutalement. Elle claqua contre le mur avec force. Puis le silence se fit.
Sur le pas de la porte Edgar Bones tomba à genoux, les larmes recouvrant son visage tandis qu'il contemplait les corps sans vie de sa femme et de ses trois enfants.

Il y eu un bruissement de cape et un éclair vert.
Et pendant le centième de seconde où Edgar comprit ce qu'il se passait, il fut heureux.

Il y eu un bruissement de cape et un éclair vert.
Il allait bientôt les rejoindre.

La rue était vide et silencieuse, il faisait nuit depuis longtemps. Les fenêtres s'éteignaient une à une.
Au numéro un, Mark descendait doucement les escalier pour embrasser ses parents.
Au numéro deux, Alice dormait à poings fermés, blottie contre son ours en peluche.
Au numéro trois, Lauren et Lina redemandaient une histoire.
Au numéro quatre, les parents de Paul se félicitaient que leur fils s'engage.
Au numéro cinq, Edward et sa femme regardaient émus l'échographie de leur futur enfant.
Au numéro six, Sandra et Peter se brossaient les dents de concert en se chamaillant.
Au numéro sept, Karen jetait un regard passionné sur sa nouvelle console de jeu, avant de plonger dans le sommeil.
Au numéro huit, Christopher et Elizabeth buvaient une dernière tisane en zappant.
Au numéro neuf, Mary et sa mère embrassaient les deux plus jeunes avant de retourner au salon.
Au numéro dix, Jared pleurait, réclamant sa tétine.

Mais tout cela n'intéressait pas l'homme masqué qui quittait d'un pas vif Brokehill street, laissant derrière lui une famille anéantie.


Dernier OS de cette partie... Sur le personnage profondément méconnu Edgar Bones... Ce qui m'a permit de faire un peu n'importe quoi! Edgar Bones est le frère d'Amelia Bones (présidente du Magenmagot) et l'oncle de Susan Bones de Poufsouffle.

La prochaine époque (avec aussi trois OS) commencera a partir du premier tome jusqu'au retour de Voldemort dans le tome 4.

Amour.

Cœur.

Joie.

Aelim