La dernière image qu'elle avait de lui, cette froide nuit de printemps, il était parti sans se retourner. C'était en quelque sorte prévisible venant d'un être aussi solitaire et sans attache. Elle ne voulait pas que leurs adieux se transforment en scène de film larmoyante ni que leur relation devienne le stéréotype de l'ange et du démon. Mais seulement voilà, il n'avait prévenu personne de son départ, personne mise à part elle. Un simple message laissé sur la table du local avant qu'il ne soit fermé pour de bon, vidé de toutes traces de leur passage. Elle se souvenait lui faire face dans cette sombre rue déserte. Ni l'un ni l'autre n'avait prononcé un mot, toute parole obsolète et inutile. Il l'avait regardée une dernière fois sans sourire ni émotion. Chacun sa fierté dira-t-on. Anezaki aurait aimé l'appeler mais elle ne pouvait pas. Quelque chose retenait sa voix de s'exprimer, elle et ses larmes. Est-ce qu'on pouvait parler de sentiments à ce moment-là ? Pour être franc, tout était embrouillé dans son esprit, est ce qu'on pouvait parler de sentiment après avoir vécu des moments de tensions intenses durant le tournoi ? Il était cependant indéniable qu'elle ressentait quelque chose. Mais la situation s'était imposée trop soudainement. Elle l'observait simplement partir, s'en aller dans un monde inconnu pour elle, que lui seul en connaissait le lieu. Il emportait ses secrets et ses armes, ne laissant aucune ombre derrière lui.
Hiruma avait effacé toute trace de sa personne dans le monde d'Anezaki.
