Anezaki brossa lentement ses mèches rousses face à la glace. Celles-ci avaient pris de la longueur. A vrai dire elle avait arrêté de les couper après le lycée. Tout comme sa frange qui était devenu une mèche qu'elle coiffait sur le côté. En quatre ans, Mamori Anezaki avait bien sûr changé, comme toute personne devenant adulte. De par son métissage, la jeune fille avait peu de trait asiatique et ceux qu'elle avait hérités de sa mère s'estompaient avec le temps. Son corps ressemblait à un morceau de nuage laiteux, la blancheur de sa peau parfaite faisait jalouser. Un nuage aux formes de femme, lisses, fermes.

Hiruma se brossa les dents sans grande entrain. Face à la glace de la salle de bain, il se perdait dans son propre reflet, ou plutôt dans le morceau de sommeil qui le retenait encore à la réalité. Une arme à la main, calée contre son épaule, l'ex quarterback était quant à lui peu apte au changement physique. En réalité, il était resté plus ou moins le même. La même coupe de cheveux hirsute, les mêmes mèches blondes naturelles d'après lui, et les mêmes yeux vert émeraude qui vous transperçaient l'âme d'effrois. On ne pouvait pas dire qu'il avait vieilli ou paraissait plus mature, en effet les démons sont immortels. Son corps cependant continuait d'être entretenu quotidiennement par des exercices, ses épaules s'étaient développés, paraissant ainsi plus imposant.

Anezaki reposa sa brosse et noua ses cheveux en un chignon qu'elle coinçait avec une broche doré, quelques petites mèches lâchées devant son visage. Elle se leva et pris son sac posé sur son lit. Au passage, elle vérifia une dernière fois sa tenue devant le long miroir collé au mur. Inspectant que son tailleur était impeccable. Une chose pourtant lui manquait, elle se rendit alors dans la salle de bain.

Face à face devant le miroir, ils ressemblaient à deux entités profondément différentes. Profondément attirantes. C'était pour cela qu'ils devaient se rencontrer un jour et croiser leur chemin pour n'en faire qu'un. Il était indéniable que deux opposés ne puissent se repousser mutuellement pour mieux s'attirer. Tout cela ils le comprenaient instinctivement, les yeux de l'un rivés dans ceux de l'autre.