Vocaloidlove: Hello! Donc voilà le premier chapitre de notre collab... Donc merci pour vos reviews/Favs/Follows, ça nous fait vraiment plaisirs ;)

Plume-De-Yume : Le premier chapitre est sortie ! En espérant qu'il vous plus plaise ! Bonne lecture et merci pour vos reviews et tout le reste ! ^^

Chapitre 01 :

Il fait encore nuit, la chambre est éclairée par la lumière de la lune. Une lumière faible mais assez pour distinguer plusieurs formes. Un bureau mal rangé où trainent plusieurs feuilles et cahiers ouverts. La couverture du lit est tombée sur le côté. C'est une nuit chaude, une nuit d'été.

Dans le lit, il y a quelqu'un. Cette personne est éveillée, elle fixe le plafond, immobile. Ses cheveux blonds sont noués en deux couettes assez courtes et sa frange est maintenu sur les côtés par des barrettes rouges. Du maquillage posé la veille demeure : du gloss, du mascara et du fond de teint. L'individu porte un débardeur blanc laissant ses bras fins nus. Elle porte un short en jean délavé et de collants noirs.

- Mmh… Grommelle-t-elle. Il faut que j'aille prendre une douche.

Doucement, elle s'étire légèrement puis se lève en se frottant l'œil. Elle connait cette pièce par cœur et n'a pas besoin d'allumer la lumière pour pouvoir gagner le couloir. Elle entre dans ce qui semble être une salle de bain.

Quelques minutes plus tard, elle ressort de la pièce. Chemise, Jean et veste noire. Plus de barrettes ni de couettes mais une queue de cheval faite à la va-vite. Aucune trace de maquillage apparente. Pourtant, c'est la même personne que celle qui est entrée à l'instant.

Len Kagamine, dix-huit ans. C'est lui.

Il se dirige vers la fenêtre. Son appartement est petit et rudimentaire mais il est pourvu d'un balcon où Len se grille quelques cigarettes de temps à autre.

Il fixe le paysage urbain. Une belle vue étant donné qu'il habite au troisième étage. Il entend alors un petit rire guilleret et regarde vers le bas. Gumi. Qu'est-ce qu'elle fait là ? Ça fait quatre ans qu'il a coupé les ponts avec elle.

Aussitôt après, la sonnette retentit. Len soupire. Où a-t-elle eu son adresse ? Il ouvre avant de s'installer dans le canapé. Quelques minutes plus tard, Gumi le rejoint.

- Bonjour Len, ça faisait longtemps, hein ?

- B'jour.

Gumi n'a pas vraiment changé de style depuis cette époque. Toujours aussi colorée et sûre d'elle. Elle se rapproche légèrement de lui.

- Je venais juste prendre de tes nouvelles… ça va ?

- Mmff. Répondit Len, pas très convaincu.

Elle l'observe longuement. Il fixe la moquette rouge. Rouge sang. Ce n'est pas lui qui l'a choisi mais l'ancien propriétaire et faute de moyen, il n'a pas pu la changer. Le silence en devient pesant. Gumi détourne le regard avant de s'assoir à côté de lui.

- Ecoute Len… Je pense qu'il faudrait qu'on se parle de nouveau… Tu ne réponds plus à mes messages que ce soit par mail ou par texto. Est-ce que… Est-ce que je t'ai fait quelque chose ?

Len osa enfin la regarder. Quelque chose ? Bien sûr qu'elle lui avait fait quelque chose ! Elle l'avait tué ! Tout était de sa faute à elle.

- Ce que tu as fait...

Ce qu'elle a fait était tout simplement impardonnable ! Comment peut-elle encore sourire si normalement, si joyeusement alors qu'elle est morte ? Pourquoi ne s'en veut-elle pas ? La voir ainsi en chair et en os devant lui, voir cette femme - Car il fallait dire que Gumi était devenue une femme, une très belle femme, oui. - lui ravivait des tas de souvenirs, plus désagréables les uns que les autres.

- Oui, je veux savoir. Tu sais que je t'aime, je t'aime de toute mon âme, Len ! J-je ... Je t'aime Len.

Et pendant un instant, les yeux de Gumi virèrent au bleu turquoise, ses cheveux devinrent blonds. Mais ce mirage ne dura que le temps d'un battement de cœur, et Len grimaça. Comment avait-il pu confondre sa bien-aimée et ... Elle ?

- Et bien moi je ne t'aime plus.

La vérité, la vraie vérité. Les yeux de Gumi ne s'humidifièrent pas. Elle s'y attendait, à vrai dire. A ce rejet. Mais elle ne comprend plus son amour de collège. Qu'a-t-il bien pu se passer pour qu'il soit aussi ... Différent ?

- Ca n'explique pas tout. Ta s...

- Ne parle pas d'elle ! Hurla Len, en se levant brusquement du petit canapé.

Son visage se déforme sous le coup de la colère, il darde son regard bleuté sur la jeune fille qui se ratatine sur le misérable canapé. La colère de Len est la seule qu'elle craint réellement.

- Si tu veux tout savoir, c'est à cause de TOI ! Tu ne serais pas arrivée dans notre collège, nous n'en serions pas là ! Hurla-t-il, les larmes inondant à présent ses joues. Alors maintenant, Nakajima, j'espère que tu as bien compris que tout est de TA faute et que je ne veux plus JAMAIS te revoir chez nous, compris ?!

Pâle comme un linge, Gumi hoche la tête, et sort en catimini de l'appartement. Sa faute à elle ? Mais qu'avait-elle fait ?

Len passe sa main sur son visage, et renifle pitoyablement. Il essuie ses joues humides de larmes et retourne s'asseoir sur le canapé, en masquant ses yeux à l'aide de son bras. Il renverse la tête en arrière, et soupire bruyamment.

- Pourquoi tu cris comme ça, Len ?

Il sursaute et se tourne vers l'origine de la voix.

Une jeune femme qui devait avoir tout juste la majorité, était assise à côté de lui. Ses cheveux blonds tombaient sur ses épaules, et un petit ruban rouge était attaché sur le côté de son crâne. Quelques mèches de cheveux blonds tombaient sur son visage aux traits légèrement enfantin mais qui affichait une expression mature et soucieuse. Ses grands yeux bleus sont dénués de toutes émotions, ce qui affiche un grand contraste avec son sourire bienveillant qui égaie un tant soit peu son beau visage. Elle était habillée d'une robe courte en dentelle rouge et noire, qui s'étalait légèrement et avec grâce autour d'elle. Un petit boléro noir pailleté venait compléter l'ensemble. Elle portait également des collants en résille, et en guise de chaussure, avait enfilé une paire de talons hauts noirs vernis à reflet rougeâtre. Elle posa sa main sur l'épaule de Len, et pencha légèrement la tête.

- Parce que.

Sa bouche se plissa en une moue contrariée tandis qu'elle fronçait les sourcils.

- Tu ne cris jamais pour rien.

- Rin, je ne suis pas d'humeur.

- Je sais, justement !

- Hh...

Il ébouriffe gentiment la tête de la jeune femme. Mais sa main retombe contre sa cuisse avec un bruit sec. Et il sursaute, cligne des yeux. Il entend une porte qui claque. Il esquisse un soupir navré et se laisse tomber mollement dans le canapé.

La femme est partie.

Elle part toujours. Et à chaque fois, Len est surpris, bien qu'il sache qu'elle partira dès qu'il la voit.

- Pourquoi tu ne restes jamais, Rin ? dit-il à voix haute.

Il tourne la tête et voit son reflet dans le miroir. Mais à la place de lui, il la voit-elle. Qu'une fraction de seconde, mais assez pour distinguer ses traits. C'est dans ces moments-là qu'il décide de faire ce qu'il s'apprête à effectuer.

Il se lève et ouvre la porte de sa chambre. Il saisit dans l'armoire quelques vêtements et s'habille. Il laisse ses cheveux tomber sur ses épaules et place ce ruban qu'il a temps vu autre fois. Dans le reflet du miroir, cette fois ci, il la voit. Longtemps. Il aime la regarder. Elle sourit et paraît si proche.

- Dis, Len, pourquoi tu restes cloitré ici ? Il faudrait peut-être songé à sortir de ce trou !

Elle dit ça si facilement. Elle sourit encore plus. Et Len ne peut qu'accepter sa proposition. Après tout, pourquoi pas ? Personne ne le reconnaîtrait de toute façon.

Il hésite une fraction de seconde avant de sortir de l'appartement. Mais où aller ? Cette idée ne lui a même pas effleuré l'esprit. Bof, il n'a qu'à flâner dans les rues le temps de trouver une destination.

Il marche tranquillement, regardant partout autour de lui. Il ne sort pas souvent alors il aime bien observer. Puis quelqu'un le bouscule. Len redresse la tête.

- Oh ! Scusez mamzelle !

Cette voix.

- R… Rin ? Qu'estu fou ici ?

Vite, un souvenir.

- To ! Ben ça alors ! Quelle surprise !

- Ça faisait longtemps ! T'as trouvé un autre fournisseur ?

''Décidemment, c'est pas ma journée'' Songe-Len.

- Ah, euh, non, non, en fait j'ai arrêté tout ça !

- Ah vraiment ! C'était pas une raison pour partir sans me laisser de nouvelles !

- Excuses-moi… j'avais des problèmes…

- Je l'sais bien. Tu m'l'avais dit.

Rin s'était confiée à… ce type ?

- Je… je dois y aller.

Len accélère le pas. Rin s'était confiée à ce type et pas à lui ?

Il court presque à présent. Le vent lui fouette le visage, c'est désagréable mais moins que de savoir qu'elle préférait se confier à ce toxico dealer de drogue, plutôt qu'à lui, son frère jumeau ! Les larmes tombent d'elle-même, il n'y peut rien, il ne contrôle plus rien.

Il s'arrête pour respirer, même si il préfère que sa respiration se coupe à tout jamais. Les larmes lui brouillent la vue, il les sent qui coulent sur ses joues rougies par l'effort. Il n'aime pas le sport. En face de lui, il y a une boutique de lingerie féminine. Il la regarde avec intérêt même s'il sait qu'à cause de son manque total de poitrine, il ne peut pas porter de sous-vêtements. Mais son reflet changea brusquement.

Avant, ses cheveux étaient détachés sur ses épaules, quelques mèches étaient retenues par des barrettes blanches et un nœud blanc trônait dans ses cheveux. Il portait une jupe rose pâle et une chemise blanche, qui lui donnait un air féminin. C'est tout ce qu'il souhaitait. Mais là, son reflet n'est pas le même. Ses cheveux sont attachés. Il porte un t-shirt noir basique, un jean noir et des tennis blancs. Il se fixe avec insistance, agitant faiblement les lèvres sans qu'aucun son ne parvienne aux oreilles de Len, qui fixe son reflet masculin avec insistance.

- Len... Murmure-t-il d'une petite voix, sentant les larmes lui monter aux yeux.

- Rin... Répond le reflet.


Rin s'assit sur le banc légèrement humide de cette fin de soirée. Sa robe blanche en dentelle volète légèrement, tout comme quelques mèches de ses cheveux soyeux. Ses yeux brillent doucement, tandis que le ciel se colore d'orange et de rose. Ses jambes fines et nues tremblent un petit peu, tout comme ses mains. Len avait été étrange toute la journée depuis que Gumi était passée, et cela lui faisait tellement mal !

Elle lève les yeux vers le ciel, et soupire en effaçant discrètement la larme qui roulait lentement sur sa joue de porcelaine. Son visage perd son éclat lorsque son sourire s'efface, et que les larmes coulent d'elle-même. Elle triture nerveusement ses doigts, elle a peur. De quoi ? Elle ne sait pas trop, mais elle est affreusement effrayée. Elle se lève et marche dans le petit parc. Des enfants jouent prudemment sous la surveillance constante et bienveillante de leurs parents et elle ne peut retenir un sourire attendri.

Elle sort du parc et se dirige vers la supérette du coin. Elle était sensée y passer ce matin, mais malheureusement son réveil n'avait pas sonné et elle n'avait donc pas pu y aller. Cependant avant d'y entrer, elle fouille dans sa petite sacoche qui ne la quittait jamais et ouvre son porte-monnaie en forme d'orange : Il était vide. Elle soupira doucement, et le range. Ce soir, ils mangeraient donc des plats réchauffés...


Len s'accoude à la rambarde du balcon, et sort de sa poche un paquet de cigarette. Il s'empare d'un briquet après avoir glissé la barre de nicotine entre ses lèvres, et l'allume. Il aspire doucement, et la fumée emplit alors ses poumons, pour son plus grand bonheur. Il expire la fumée et la regarde se diluer dans l'air.

Il entend une porte qui claque, des bruits de vêtements contre la peau et inconsciemment il sourit. Son esprit s'emballe, il inspire encore la saleté de nicotine l'expire et ainsi de suite. Il cligne des yeux. Rin est assise sur la rambarde et le regarde fumer avec une expression de reproche sur le visage.

- Nous nous étions promis de ne jamais fumer, Len !

- Excuse-moi Rin !

Quelques images défilent devant les yeux de Len. Rin, la chambre remplie de fumée. Il ferme les yeux et secouent la tête pour essayer d'oublier. Rin n'a jamais fumé, la preuve, elle vient de le dire.

Et puis Len entend un bruit derrière lui. Il se retourne, rien. Quand il dirige son regard vers là où était Rin, elle n'est plus là. Elle est tombée ? Il jette un coup d'œil en bas. Rien. Elle a dû aller dans la salle de bain.

Mais non, Len se souvient l'avoir vu dans sa chambre en train de…se suicide ? Mais non, ce n'était qu'un rêve, pas vrai ? Cette scène n'a jamais eu lieu !

- Rin !

Pas de réponse.

- Riiiin !

Toujours rien. Elle a dut sortir chez une amie. La connaissant, elle ne reviendra pas avant le petit matin. Len sourit. Pourquoi il en voulait à Gumi déjà ? Elle n'avait rien fait, non ? Puisque Rin était là, Gumi n'y était pour rien.

- Len !

Il se retourne. D'où venait cette voix ? Elle était pourtant proche.

- Len !

Encore cette voix ? Il a beau tourner lui-même, il ne voit rien. Non, absolument rien. Rin doit être chez Miku. Tiens... Miku, ça doit faire longtemps qu'il ne l'a pas vu. Combien ? Quatre ans ? Plus ? Moins ? Il passe la main dans ses cheveux et écrase son mégot de cigarette dans le cendrier en porcelaine.

Ensuite, il va s'affaler dans son canapé, et allume la petite télé. Les grésillements dû à la mauvaise réception lui vrillent les tympans mais il fixe sans vraiment voir cet homme en train de présenter les infos du jour. Les lèvres bougent en silence.

Elle est allongée, ses lèvres bougent silencieusement, articulant quelques mots qu'il ne comprend pas. Il frissonne, se frotte les yeux, et secoue la tête. Non, Rin est chez son amie, tout ça n'est qu'une rêve. Il doit être malade, oui, c'est ça. De plus, sa gorge est sèche et lui fait mal lorsqu'il dégluti. C'est ça. Il doit avoir une grosse angine.

Péniblement, parce qu'il est exténué, il se lève et traîne les pieds jusqu'à la cuisine en grognant. Il farfouille dans les placards, mais ceux-ci sont vides. Enfin, il reste bien un paquet de gâteaux secs mais il n'en a pas envie ce soir. Pas envie de s'empiffrer. Il va donc fouiller ailleurs, dans l'armoire à pharmacie. Mais elle est vide, il n'y a pas de médicaments contre la douleur dedans. Il grogne. Puis se souvient ! Mais oui ! La nuit dernière, il avait eu très mal à la tête, donc il s'était levé et avait pris les médicaments dans sa chambre.

Toujours aussi lentement, il se leva et alla fouiller dans sa misérable table de chevet. Une photo de Rin y est posée, où elle sourit avec entrain, une glace chocolat orange à la main. Il se souvient des rayons du soleil qui éclairent son visage et il esquisse un sourire du bout des lèvres. Il s'empare d'une plaque de médicaments, en sort une dizaine parce qu'il a oublié les dosages exacts pour ce genre de médicaments et les gobent rapidement, sans eau.

Il se jette sur son lit et le sommier grince sinistrement. Il ferme les yeux, et des couleurs dansent devant ses yeux. C'est beau, c'est reposant. Son corps se détend, son esprit s'embrume. Qui est-il ? Où est-il ? Il croit s'être trompé dans les dosages. Mais il n'en est pas sûr, parce qu'il est tellement bien ainsi... Il voudrait dormir...

- Len ! Il suffit maintenant !

Cette voix ... Est tellement lointaine ! Il s'en rappelle mais très vaguement. A qui appartient-t-elle, déjà ?

- Lève-toi, je voudrais manger avec toi !

Il balbutie quelque chose qui ne veut rien dire et entend quelqu'un soupirer. Est-ce encore cette jolie jeune fille aux cheveux blonds ? Il n'en sait rien. La dernière fois, il l'avait vu.

- Dépêche-toi ! Le dîner est servi !

La voix se fait plus dur, plus énervée. Il ouvre péniblement les yeux, et darde son regard embué sur une forme flou penchée au-dessus de lui.

- Je...

- Il n'y a pas de "je" Len ! Debout !

On lui administre une petite claque pas méchante sur la joue et on lui tire sur le bras. Cette forme n'a pas beaucoup de force.

- T-tu ...

- Je suis rentrée plus tôt que prévu, oui ! Mais dépêche-toi, ça va refroidir !

Len soupire et se lève. Sa tête lui tourne violemment dès qu'il se met debout, alors, malgré les protestations de la forme il se rallonge en grognant. La lumière lui agresse les rétines, c'est très douloureux. Alors, il se laisse couler dans le doux sommeil artificiel que ses médicaments lui offre avec tant de gentillesse. Quand il dort, il oublie...


Quand elle se réveille, elle se change rapidement et troc ses anciens vêtements contre une robe blanche et des ballerines de la même couleur.

- Len ! Je sors !

Elle croit entendre un grognement. Elle sourit, puis sort dans la rue fraiche. Il fait peut être un temps glacial et elle n'est pas très couverte, mais elle n'a pas froid. Contrairement à son frère, elle n'est vraiment pas frileuse.

Comme elle a assez d'argent, elle achète de quoi faire les repas et puis se dirige vers un cartier qu'elle connaît bien. Elle n'y va pas souvent car Len la surveille bien mais assez pour connaître par cœur chaque bâtiment qui l'entourent.

Quand elle rentre dans la ''boutique'' qu'elle fréquente pratiquement chaque semaine depuis peu, il y a déjà un client. Taito n'est pas à son poste, déjà occupé. Il va falloir attendre. Cette ''boutique'' comme l'appelle Rin est en réalité un entrepôt où vit un dealer. Il y reçoit ses ''contacts privilégiés'', titre que Rin a acquis depuis qu'ils ont repris contact. Il commence à pleuvoir, Rin n'a pas pris de parapluie. Pas très important, elle courra : le sport fait du bien.

Le client de Taito ressort avec des sachets plein les poches. Il a dans les vingt ans. Ses cheveux blonds et courts rappellent à Rin ceux de Len, peut-être moins soignés et plus en bataille. Ses yeux sont cachés par une frange trop longue. Il regarde Rin quelques secondes en souriant avant de passer devant elle et de sortir sous la pluie.

- Repasse Demain surtout ! Hurle Taito.

- Bonjour To !

- S'lut ma jolie ! Ah je suis bien content de te revoir !

Elle lui sourit. Puis elle achète quelques paquets pour pouvoir tenir la semaine. Comme elle passe de plus en plus souvent, il lui en offre un gratuit. Lorsqu'elle s'apprête à partir, il la retient par le bras.

- Tu veux pas attendre que ça passe ? Lui demande-t-il en jetant un regard vers le ciel gris où les nuages se font de plus en plus nombreux.

- Merci pour la proposition… Mais Len m'attend…

- Pas de soucis. Tu veux un parapluie ?

La galanterie de ce garçon la surprend. Elle lui sourit et secoue la tête négativement avant de se mettre à courir, sans laisser le temps à Taito de la convaincre. Elle arriva à l'appartement assez tôt pour préparer le déjeuner. Elle avait prévu quelque chose de simple : des pâtes et un reste de poulet.

- Len ! Je suis rentrée !

Pas de réponse. A tous les coups, il était parti chez un ami ou alors chercher du travail. A dix-huit ans, il faut bien trouver du travail, non ? Rin soupire, elle aussi elle a dix-huit ans. Par contre, Len refuse qu'elle travaille sous prétexte qu'il est là pour elle.

Taito a été un amour de lui fournir un sachet supplémentaire, elle décide d'en profiter un peu avant le retour de son frère. Juste un peu.

Elle prend un des paquets -ceux avec des tas de pilules colorés. C'est joli, agréable à voir. Et dire que ces petites choses étaient un véritable poison ! Elle s'agenouille par terre, sur le parquet grinçant. Elle ouvre le sachet et en vide le contenu sur le sol, observant avec une drôle de fascination les petites pilules.

Elle ferme les yeux, et en pioche quatre ou cinq au hasard. Elle rouvre les yeux et sourit. Ce sont ses préférés : Les violets et jaunes. Elle ramasse les autres comprimés, elle en a suffisamment pour cette semaine et ça l'arrange. Elle les cache là où elle les a toujours cachés, c'est-à-dire dans la salle de bain. Il y a un carreau qui était tombé un jour, et Rin l'avait découvert. Depuis, elle y cachait ses drogues, et de cette manière Len ne pouvait les voir.

Les pilules toujours en main, elle va dans la cuisine et se sert un verre d'eau. Elle n'aime pas prendre ses drogues sans eau, l'effet est plus long à arriver et dur moins longtemps. Len, qui était du genre obstiné, ne rentrerait pas avant une bonne heure. Et d'ici une heure, si elle ne tardait pas, l'effet serait estompé. Alors, elle pose un à un les cachets sur sa langue et avale un grande gorgée d'eau.

Elle sent les cachets qui coulent dans sa gorge, avec l'eau et soupir de bien-être. Rapidement, elle va s'allonger dans le canapé et ferme les yeux, sentant tout son corps se détendre sous les effets de la drogue. C'est tellement agréable, ce demi-sommeil qui l'enveloppe d'un cocon protecteur, qui lui force à voir des choses extravagantes ...

Elle voit des couleurs qui dansent derrière ses paupières, qui forment un doux ballet. Ses formes s'assemblent entre elle, dessinant des visages qui semblent tourner autour de sa tête. Elle y reconnait Gumi, avec son sourire jovial, Len avec son air renfrogné qu'elle aime tant, Miku avec ses couettes hautes et son grand sourire attendri, et enfin cet homme qu'elle avait croisé en sortant de chez Taito. Que faisait-il dans son esprit ?

C'est alors que tout s'ébranle. Les visages se déforment, se mettent à hurler, dans une cacophonie horribles. Mais seul le visage de l'inconnu qui lui ressemblait légèrement, ne bouge pas, lui souriant d'un air réconfortant. Et c'est ce qui l'affole le plus, que ce parfait inconnu la regarde avec tant de compassion.

- Arrêtez ça !

Elle hurle, de peur, de rage. Elle se sent en colère, affreusement en colère. Elle essaye d'attraper ces visages qui ne cessent pas de lui hurler, de se moquer d'elle, en l'injuriant même. Elle se met à pleurer, inconsciemment.

Et même quand elle entend la porte qui s'ouvre, rien ne se stoppe.

- Len, c'est toi ?

Pourtant quand elle se retourne, la porte est fermée, pas de Len en vue.

- Len ? Je t'en prie ! Reviens ! Ne me laisse pas seule avec… Avec eux !

Elle hurle maintenant.

- LEN !

De plus en plus fort. Et puis les cris deviennent insupportables. Elle se tient la tête entre les deux mains et s'assoit, adossée au mur. Tout tourne autour d'elle et les contours sont flous. Des larmes apparaissent aux coins de ses yeux. Et puis elle ferme les yeux et… Elle s'étale sur le sol.


Il se réveille, il ne se sent pas très bien. Envie de vomir, mal de crâne. Il ne remarque même pas les vêtements inhabituels qu'il porte. Comme il se sent sal, il se change, et ça ne lui fera vraiment pas de mal.

Quand il se rend dans la salle à manger-salon, Rin n'est toujours pas là. Elle ne peut donc ne pas rester deux minutes en place celle-là ! Len soupire. Et en plus elle a oublié de ranger ce petit sachet là par terre. En plus il est vide, allez, poubelle ! Len ne sait pas pourquoi mais il est épuisé, il repart donc dans sa chambre, s'étaler sur son lit.