Vocaloidlove: Hello~

Un nouveau chapitre de notre collab ''Fukusō tōsaku sha'' J'ai adoré écrire ce chapitre mouah! (en fait j'ai adoré écrire les autres aussi mais bon, j'ai rien d'autre à dire alors voilà! xD)

Plume-De-Yume : Putain, avec nos commentaires écrits on a atteint les 5000 mots sur ce chapitre ! C'est l'un des plus longs et je ne pense pas que ça s'arrêtera là ! Bonne lecture en tout cas ! ~

Chapitre 3 :

Les idées embrouillées, Rin ouvre une porte. Elle y voit Len qui est assis sur son lit, et qui regarde le plafond d'un air absent. Elle referme la porte et va ouvrir la suivante.

Dans cette pièce, il fait noir. Pour éclairer cet endroit, il n'y a que quelques bougies dont la flamme vacillante projette des ombres sur les quelques meubles présents dans la pièce. Il y a des chaises, qui sont recouvertes d'une fine pellicule de poussière, et des couronnes de fleurs au pied d'une estrade en bois verni.

Sur cette estrade, il y avait quelque chose de flouté, noirâtre. Elle s'en approche, intrigué. Elle sent quelque chose qui crisse sous ses pieds nus mais elle n'en tient pas compte. Elle se plante devant un miroir qu'elle n'avait pas vu, jusque-là.

Son reflet lui montre que ses cheveux sont coiffés convenablement, et qu'un nœud noir trône au sommet de son crâne. Ses barrettes révèlent ses prunelles bleutés, qui semblent triste. Pourtant, elle ne se sent pas si triste que ça... Elle baisse la tête et observe sa tenue. Elle porte une robe noire, qui lui tombe un peu en dessous des genoux. Dans ses mains, elle portait une fine couronne de fleurs composés de roses noirs et rouges, ainsi que quelques roses jaunes. Elle cligne des yeux et se rend compte que derrière ses cheveux, il y a un voile noire. Elle sourit doucement. Son reflet fond en larmes.

Elle arque un sourcil et recule du miroir, se remettant à marcher sur le chemin qui mène à l'estrade. Il y a un léger souffle de vent, qui rend cette ambiance encore plus sinistre. En arrière fond, si Rin tendait l'oreille, elle aurait pu entendre une mélodie triste et lente, ainsi que des sanglots étouffés. Mais elle ne fait pas attention, absorbé par la chose qui se trouve sur l'estrade.

Elle grimpe les quelques marches installées pour avoir un accès plus simple. Elle se penche, et comprend enfin ce qui se trouve sur cette estrade, et pourquoi tout cette ambiance est si triste. Sur l'estrade, un cercueil.

Elle se penche plus pour apercevoir le défunt et se retient de pousser un cri d'effroi. Dans le cercueil...

Rin se réveilla en sursaut, le front couvert d'une pellicule de sueur froide. La pièce est plongée dans la pénombre, elle est dans son lit. Elle sent les larmes lui monter aux yeux et les essuient d'un geste rageur.

Encore ce rêve.

Aujourd'hui, Rin se sent fatiguée. Son cauchemar l'a mise de mauvaise humeur. Elle soupire en versant dans un bol le reste d'un paquet de céréales. Elle ouvre le frigo. Plus de lait. Elle referme le frigo, claquant la porte. Len a dû le finir hier. Tant pis, il va falloir en acheter. Coup d'œil par la fenêtre. Encore cette pluie. Elle se dépêche de se changer et troque sa chemise de nuit avec un gros pull noir et un jean moulant. Elle se vêtit d'un imper et saisit le parapluie que lui a prêté Taito la veille.

Ses ballerines claquent sur le sol mouillé et glissant. Elle soupire et crois apercevoir au loin la silhouette de Len. Les effets des pilules n'ont pas dû s'être estompés mais Rin se sent assez bien pour marcher.

Elle rentre dans la première superette et achète un pack de lait. Le temps de rentrer, Len aura déjà mangé toutes les céréales, alors elle en achète d'autre, avec des copeaux d'oranges, ses préférées.

Quand elle arrive dans leur appartement, les céréales n'ont pas bougés d'un pouce. Len ne s'est pas réveillé ? Quand elle rentre dans la chambre de son frère, le lit est vide. Il serait déjà sorti ? Peut-être qu'il est dans la salle de bain…

- Len ? Tu es là ? Demande-t-elle en posant son sac de course sur le sol.

Pas de réponse. Elle décide de rentrer dans la salle de bain, pour vérifier si tout va bien. Mais à la place de la pièce carrelés qu'elle connaissait, une salle toute noire où flotte une odeur d'encens. Comme dans son rêve. Elle est habillée en noir.

D'un coup brusque, elle referme la porte. Qu'est-ce que lui a vendu Taito ? L'effet n'est pas le même que d'habitude… Les hallucinations ont l'air si… Réelles… Rin se décide finalement à manger ses céréales, peut-être qu'après, elle se sentira mieux. Elle verse le lait et observe les copeaux se noyer dans le liquide.

- Salut, Rin, ça va ?

Len est sorti de sa chambre. Pourtant, la porte n'a pas émis son crissement habituel. Il n'a pas l'air bien réveillé.

- Mmh…

Le temps qu'elle se retourne, il n'est plus là. Elle décide de se remettre à la contemplation des céréales.

Elle regarde les céréales sans y toucher, et finit par les repousser. Finalement, elle n'a pas si faim que ça. Elle se lève, et sa chaise racle le sol ce qui la fait grimacer. Elle commence à avoir mal à la tête, elle n'aime pas ça.

- Len ce n'est vraiment pas drôle !

Elle croise les bras et regarde autour d'elle. Soudain, on l'attrapa par les hanches en criant : Bouh ! Elle sursaute et se retourne brusquement, en criant de peur.

- L-le...?

Mais il n'y avait personne.

Len s'étire longuement en regardant les autres clients du petit bar dans lequel il se trouve. Assis sur un tabouret en cuir rouge et noir, accoudé au bar et sirotant tranquillement un Coca, Len réfléchit. A ce qu'il ferait si des tas de choses ne s'étaient pas produites. Si toute sa vie ne se résumait pas à une seule chose.

Il passe la main dans ses cheveux blonds, et tire légèrement sur le col de sa chemise noire. Elle est trop serrée, ce n'est pas agréable. Mais il ne se décide pas à déboutonner l'une des attaches, par pure flemme où par envie de se sentir prisonnier peut-être ? De toute manière il ne sait pas et il s'en fiche.

Cette nuit, il a encore fait ce rêve. Cet horrible rêve dans lequel sa sœur se suicide à cause de lui. Mais cette fois-ci, il a été encore plus réel, plus frappant. Les petits détails qui lui avaient échappés la première fois, étaient apparus, comme des grosses choses vraiment importantes maintenant. Comme les photos dans l'entrée de l'appartement, où Rin et lui sont bébés et se tiennent collés l'un à l'autre. Il ne retrouve plus cette photo. Et ça lui brise le cœur de savoir qu'il n'a plus aucune photo de sa sœur, pour se consoler maintenant.

Il se lève, paye sa boisson et sort en récupérant sa veste en cuir derrière lui. L'air est frais et lui mord les joues, il s'en fiche pas mal, et ne veut pas mettre sa veste. Il se fiche de tomber malade, à vrai dire ça pourrait même peut-être l'arranger. Il passe la main sur son visage avec un soupir énervé et las. Il ne trouve pas de petit boulot, il ne comprend pas trop pourquoi. A-t-il une tête qui fait peur ? Des manières étranges ? Un regard vide et un peu terrifiant ? Il ne sait pas trop, mais s'il ne trouve pas un travail rapidement, il sera expulsé de l'appartement. Et il n'aura nulle part où aller pour protéger sa sœur.

Quand il arrive à l'appartement, Rin n'est toujours pas là. A vrai dire, il ne se croise que très rarement et sur un temps très bref. Rin court toujours à gauche ou à droite, toujours occupée. Elle n'est pratiquement jamais dans l'immeuble. Il pose sa veste sur le canapé, se fichant de ce que Rin lui dira en voyant qu'il ne l'a pas rangée correctement.

Il se décide à rentrer dans sa chambre histoire de ranger un peu tout le bazar. Sa chambre, on aurait dit qu'elle avait été ravagée par un ouragan. Des vêtements étalés sur le sol, le lit défait, une lampe tombée récemment dont l'ampoule ne s'allumera certainement plus.

Il décide de commencer par faire une pile de vêtements pour faire de la place et les trier plus tard. Il commence à ranger tout ce qui traîne puis, quand il a fini, vient le tour de trier les vêtements. Il fait une pile de pull, une autre de jean, une troisième de chemise… Et c'est là qu'il tombe sur quelque chose qui n'aurait pas dû être là. Quelque chose qui ne lui appartenait pas : La jupe préférée de Rin. Rose avec des volants. Ce que Rin aimait chez cette jupe c'est lorsqu'elle voletait quand il y avait du vent tout autour d'elle. Len sourit en revoyant Rin tourner en riant. Mais il se rappelle bien vite que cet habit n'est pas à sa place. Qu'est-ce que la jupe de Rin fait parmi ses affaires ?

Il la met de côté, Rin a dû simplement se tromper. Il continue son rangement et trouve une robe orange. Encore appartenant à Rin. Len l'observe longuement. Pourquoi Rin se serait-elle trompée ? Rin est toujours très organisée, elle ne peut pas commettre des erreurs comme celle-ci. A moins qu'elle soit trop occupée pour s'être aperçue de sa bêtise.

Len hausse les épaules et finit de ranger ses affaires. Puis il entend une porte claquer.

- Rin ?

- Len ! C'est moi !

Quand il retourne dans le salon, il n'y a toujours personne.

- Rin ? Tu es là ?

Il n'obtient pas de réponse. Il fronce les sourcils, Rin vient pourtant de lui parler, non ? Ça lui est déjà arriver. Rin lui dit qu'elle est là et il ne la voit pas. Elle doit avoir oublié quelque chose chez son amie, étourdie comme elle est. Rin se penche par la fenêtre pour tenter de la voir.

- Rin ? Appelle-t-il.

Il ne la voit pas. Elle est peut-être encore dans l'immeuble.

Il hausse les épaules, récupère sa veste et file dans les escaliers. Peut-être a-t-elle fait des courses et a posé des sacs dans l'entrée ? Il n'a pas fait très attention, à vrai dire. Il se préoccupe plus de sa sœur, que de lui. Non pas qu'il se fiche de lui, mais sa sœur a une plus grande importance à ses yeux.

- Rin ?

Il l'appelle, de toute sa voix dans les petits escaliers qui lui renvoient l'écho de sa propre voix. Des tas de "Rin" de moins en moins fort résonnent dans ses oreilles, sa vision se trouble un instant pour voir sa sœur avachi dans les escaliers en sang. L'hallucination ne dure qu'un instant mais elle suffit à lui faire monter les larmes aux yeux, avec une drôle d'impression de déjà-vu. Son rêve ? Peut-être. Il n'en sait trop rien, mais est rassuré en voyant que ce n'est qu'une hallucination.

- Len ?

Cette fois-ci, elle est là, devant lui.

Ses cheveux sont attachés en deux petites couettes, et ses barrettes sont oranges aujourd'hui. Elle porte un petit débardeur rose, et un short blanc, avec des ballerines à pois. Son sourire lui réchauffe le cœur, il est heureux de la voir ainsi, pleine de couleur et de joie vivre. Comme avant. Il sourit légèrement, un demi-sourire du bout des lèvres. Mais cela suffit à faire sourire encore plus sa sœur adorée. Ses grands yeux bleus pétillent de joie, elle s'avance vers lui en lui tendant un sac en plastique, remplit de bananes et d'oranges. Leurs fruits préférés.

- Tu as acheté des bananes ?

Il s'étonne. Voilà longtemps qu'il n'en a pas mangé, de bananes ! Il ne se souvient même plus du goût qu'a ce fruit. Il ébouriffe les cheveux de sa sœur en ricanant légèrement et dépose chastement ses lèvres sur son front. Elle est glacée.

Puis plus là. Il est seul, dans la cage d'escalier, avec la porte dont la vitre est brisée qui se balance légèrement. Le sac plastique est dans ses mains mais il est vide. Plus de fruits, dedans. Bah ! Rin a dû partir avec, pour lui faire une mauvaise blague, comme elle les aime tant ! Il retourne dehors, et l'air s'est apparemment réchauffé. Ce qui explique en partie la tenue de Rin. Elle n'a jamais eue froid, où quand elle avait froid, jamais elle ne se plaignait. Il regarde le ciel et soupire. Son souffle se transforme en buée et il sourit légèrement à nouveau. Rin aime jouer à faire semblant de fumer, avec les volutes de fumée qu'elle expire.
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Rin sautille légèrement dans la rue, ses petites couettes flottant légèrement derrière elle. Les écouteurs dans les oreilles, elle écoute à fond une chanson lente et langoureuse, dont elle ne comprend qu'à moitié le sens des paroles. C'est de l'anglais, et elle n'aime pas trop l'anglais, elle n'a fait aucun effort pour essayer de parler cette langue. Elle connait les bases "Hello! How are you? Fine, thank you! Good Bye !" et bien sûr, le très connu "I love you !" Rien de plus. Le reste, elle a oubliée.

Elle regarde avec délice de délicieuses oranges dans une vitrine de supérette, et en a l'eau bouche. Mais elle secoue la tête, elle en a acheté tout à l'heure et elle doit les garder pour les repas ! En espérant que Len tienne suffisamment pour ne pas manger toutes les bananes avant ce soir. Et elle continue sa marche énergique, en souriant à tout le monde. La musique change, c'est du rock à présent. Le genre de musique qu'on écoute quand tout va mal, et qu'on préfère se noyer dans la colère que d'affronter les problèmes. Elle sourit encore plus. C'est sa chanson favorite, juste après celle-ci, aussi décide-t-elle de l'écouter sans attendre. La voix grave du chanteur s'élève dans ses oreilles et lui arrache un frisson. "If Today Was Your Last Day", elle aime cette chanson pour sa vérité. Que ferait-elle si aujourd'hui était son dernier ? Et que demain était trop tard ? Dirait-elle "au revoir" à la journée de la veille aussi facilement ? Elle n'en savait trop rien. Mais cette chanson lui changeait les idées. Et c'était le principal.

Elle fredonne l'air en même temps que le chanteur, et la chanson se termine finalement. Elle éteint son mp3, enlève ses écouteurs et regarde le ciel bleu, avec quelque nuages blancs qui dessinent des formes dans le ciel qui la font sourire. Elle passa sa main sur sa petite couette gauche, tortillant une mèche autour de son doigt. La journée est belle.

Len est allongé sur le canapé, un verre de vodka à la main. Il avait promis à Rin, un jour, de ne jamais boire. Mais cette promesse là aussi, il ne l'a pas tenue. Comme bien d'autre, d'ailleurs. Il s'en fiche un peu. Peut-être que le plus important pour lui est de rendre Rin heureuse mais, il y a des fois où il en a marre. Il a le droit, non ? Il est humain après tout.

Len se demande où est sa sœur. Il aimerait bien savoir si c'est elle qui a mis ses affaires dans les siennes. Il soupire et pose sur la table base son verre vide. Il observe longuement le plafond où les lumières dansent devant ses yeux.

- Len ! C'est quoi ce verre vide ?

Il se retourne légèrement pour voir sa sœur. Elle a l'air en colère.

- Rien Rin, Rien. Répond-il en contemplant de nouveau le plafond.

- C'est de l'alcool ! Ne me prends pas pour une idiote !

C'est la première fois que Len voit sa sœur comme ça.

- Et moi ? Tu me prends pour un enfant ? J'ai dix-huit ans, non ? Je suis majeur !

- Oui, mais tu m'avais promis Len ! Réplique-t-elle en baissant les yeux.

Elle tremble et serre les poings pour tenter de rester calme.

- Je me fait du soucis pour toi.

''Ouvre cette porte Rin ! Je me fais du soucis pour toi ! ''

Un mal de tête assaillit soudainement Len.

- Len, répond-moi franchement. Tu veux mourir toi aussi ? Si c'est ça, continu comme ça.

Len soupire. Elle a raison. IL doit s'arrêter tant qu'il en est encore temps.

- Len… Je suis désolée.

- Hein ?

Il redresse la tête, elle n'est plus là. Désolée ? Mais pourquoi ? C'est lui qui a fait quelque chose qu'il ne fallait pas.

- Rin ! Appelle-t-il.

Il se rappelle ce qu'elle vient de dire.

''Tu veux mourir toi aussi ?'' Pourquoi ces deux derniers mots ? Ils n'ont perdu aucun proche depuis des années !

Rin est assise sur une des innombrables balançoires du parc. Elle regrette d'avoir été aussi dure avec son frère. Un petit verre ne tue personne. Elle se balançe lentement, ses pieds raclant le sol. A cette heure-ci, personne ne passe dans les rues. Elle sourit. '' If Today Was Your Last Day?''

Len est dans la cuisine, il boit un coup. De l'eau cette fois. Il ne veut pas revoir Rin dans cet état une seconde fois, il ne veut pas lui faire de mal.

Il regarde l'horloge murale. Vingt-deux heures. Il est tard. Rin doit être vraiment énervée pour ne pas rentrer. Len est inquiet pour elle. Il prend sa veste, se recoiffe légèrement et sort rapidement. Tiens, il a oublié quelque chose à l'intérieur…

Vingt-trois heures. Rin sort de l'appartement. Len est sorti la chercher. Il doit être au parc. Quand elle y arrive, pour la seconde fois de la journée, elle n'y voit personne. Peut-être qu'il est caché et qu'il veut lui faire une mauvaise blague.

- Len ?

Il ne répond pas. Sur la balançoire, elle remarque une silhouette. Elle entend des pleurs. Elle se rapproche.

- Len ?

Ce n'est pas Len mais une fillette de quatorze ans en pleurs. Elle a des cheveux blonds comme ceux de Rin et les mêmes yeux bleus qu'elle.

- Hé, ça va ? Tu t'es perdue ?

L'adolescente secoue négativement la tête.

- J'attends mon frère.

- Oh… Tu veux que j'attendes avec toi ?

Elle hoche la tête. Rin s'assoit sur l'autre balançoire et fixe le ciel étoilé.

- Comment-tu t'appelles ? Demande-t-elle à l'adolescente.

- Je m'appelle Rin. Mon frère, lui, c'est Len. Mais toi aussi, hein ? Toi aussi tu t'appelles Len. Pas la peine de la cacher.

Rin ouvre de grands yeux. Elle secoue la tête en fermant les yeux et quand elle les rouvre, la petite est partie.

Len passe la main sur son visage, d'un geste las et déprimé. Il se trouve dans un petit parc pour enfant. Il y a des veilles balançoires qui grincent quand un coup de vent souffle, un tourniquet rouillé, et même une cage à poule dont la peinture rouge s'écaille au fil du temps. Il se souvient que plus petit, Rin et lui venaient souvent jouer ici, rien que tous les deux. L'un des deux entrait dans la cage à poule, et faisait mine d'être emprisonné. Ensuite, celui qui était le héros devait se battre contre des créatures extraordinaires, tels que des dragons où des morts-vivants pour sauver le prisonnier. Longtemps, ils avaient joués à ce jeu.

Il est minuit, à présent. Le vent ne souffle plus, mis à part quelque petites rafales de temps à autre qui viennent glacer le sang de Len. Sa maigre veste de cuir ne le protège de la morsure du froid, mais il ne s'en rend pas bien compte, en fait. Il lève les yeux vers le ciel étoilé et aperçoit l'espace d'une demi-seconde le visage souriant de sa sœur. Il essaye de sourire, mais il ne réussit qu'à effectuer une maigre grimace enfantine.

Puis soudainement, il y a un petit garçon sur le tourniquet. Enfin petit garçon, c'est un bien petit mot. Il doit avoir maximum 14 ans, où encore moins car son visage juvénile et enfantin ne sont certainement pas fait pour le vieillir. Ses cheveux blonds sont attachés en une petite queue de cheval, comme celle de Len. Il a des grands yeux bleus qui semblent dénués de toute émotion, il fixe une étoile plus brillante dans les cieux. Il porte une chemise rouge et un jean noir, qui est déchiré. Ses joues sont creuses, ses yeux cernés de bleu, il n'a pas du dormir depuis un bon moment. Len a presque pitié pour cet enfant.

Il s'en approche, mais l'adolescent le devance. En moins de temps qu'il le faut pour le dire, l'étrange apparition - car ce jeune garçon n'était pas là, lorsqu'il est arrivé... - se retrouve devant Len, l'observant de ses grands yeux. Il ne dit rien, ses lèvres forment une mince ligne pâle sur sa peau d'une blancheur cadavérique. Il tend la main et finalement se ravise. Ils se contemplent en silence, l'enfant semble connaître Len mais Len ne reconnait pas cet enfant.

- Qu'est-ce que tu fais ici ?

- J'attends.

- Tu attends quoi ?

- Un signe.

La voix de l'adolescent était un peu fluette, mais restait un brin mature. Il ne parlait pas fort, comme si il avait peur que quelqu'un puisse le surprendre. Il garde les yeux rivés sur ceux de Len, l'affrontant en silence.

- Quel signe ?

Contrairement à la voix de l'enfant, Len a la voix qui tremble. Cet enfant le déstabilise à un point inimaginable, il a tellement l'impression de l'avoir vu quelque part ! Mais il n'est pas très sûr, alors il ravale ses doutes.

- Une étoile.

- Pourquoi tu attends le signe d'une étoile ?

- Parce que ma sœur est une étoile.

- Une étoile ?

- Elle est morte.

Et l'enfant disparu.

Len ouvre de grands yeux, surpris par ce que venait de dire l'enfant. La place où il se trouvait est désormais vide. Il fixe les étoiles. Il observe longuement le ciel.

- Rin… Où est-ce que tu es, donc ? Ça t'amuse de te cacher ?

Il soupire et fixe le sol. Il entend un petit rire aigu et redresse le visage.

- Rin ? C'est toi ? Où tu es ?

- Je suis là où j'ai toujours été !

La voix vient d'au-dessus, Rin doit être cachée dans un arbre. Mais quand Len fixe le seul arbre du parc, il n'y a personne.

- Plus haut, idiot !

Et quand Len fixe le ciel, il croit voir un sourire se dessiner parmi les étoiles. Il recule d'un pas, brusquement effrayé.

- R… Rin ?

Il ferme les yeux. Sa tête lui fait affreusement mal. Lorsque la douleur s'estompe, il se trouve dans une église peu éclairée. Des sanglots résonnent de toute part. Len avance lentement. Ses bruits de pas résonnent un à un. Pas un bruit à part les pleurs. Lorsqu'il aperçoit une estrade où sont disposés des centaines de fleurs autour d'un cercueil, une musique douce retentit.

De l'orgue. Len avait toujours détesté l'orgue parce que sa sonorité sonnait fausse, comme si tout s'écroulerait la minute suivante. Il frémit mais continu de marcher vers le cercueil. Il arrive enfin sur l'estrade.

- Ne bouge plus.

La voix vient de son dos. Il se retourne. C'est Rin. Des larmes coulent sur ses joues et elle a l'air sûre d'elle. Elle porte une robe blanche à bretelles et ses pieds sont nus.

- Rin ?

- Ne regarde pas, part vite d'ici ! Je t'en prie !

- Rin ? Mais…

- Je t'en prie ! Je ne veux pas te perdre ! Je t'en prie !

Pourtant Len ne peut s'empêcher de jeter un coup d'œil au cadavre. Lorsqu'il voit le mort, il manque de tomber. Sa tête lui fait de nouveau mal et, horrifié, il se tourne de nouveau vers sa sœur, de nouveau disparu.

Quand il revient à lui, il est de nouveau dans ce stupide parc. Il ne peut pas croire ce qu'il vient de voir. Rin est… Elle est… Il ne peut pas prononcer ce mot. Ça lui fait mal. Trop mal. Rin est une étoile. Et lui, qu'est-ce qu'il est ?

Il a été stupide. Jour après jour, il croyait que c'était à cause de l'alcool qu'il oubliait certains moment de sa vie… Mais en réalité, il ne les vivait pas réellement, ou plutôt, pas comme il le devrait.

- Je suis fou. Murmure-t-il.

Il fixe le ciel et se met à rire. Que faudrait-il faire d'autre ? Rire est le meilleur moyen. Pourtant, il sait bien que rire ne suffira pas. Malgré lui, des larmes roulent sur ses joues.

- Je suis fou ! Dit-il plus fort.

Rin le regarde courir, ce petit chien beige à poil court. Il gambade, il a l'air un peu triste ce petit chien. Puis il disparaît de sa vue, et elle referme la porte vitrée de l'entrée de l'appartement. Elle soupire et n'étant pas décidée à prendre l'ascenseur, elle se dirige vers la cage d'escalier. Elle retire ses petites ballerines qui lui font mal aux pieds - Ses ballerines sont trop petites d'une bonne taille mais l'argent manquant, elle ne pouvait pas s'en payer de neuve. -, et grimpe agilement les marches sales, passant sa main sur les murs blancs caillés, que des jeunes ont tagués.

Elle s'arrête devant une fenêtre brisée, et sent l'air frais de la nuit lui piquer les joues, soulevant ses cheveux blonds aux passages. L'air sent mauvais, par ici, la faute aux bouches d'égout qui évacuent mal les eaux usagées. Elle voit deux trois dealers qui bavardent, des sans-abris qui se pelotonnent les uns contre les autres pour échapper au froid, des jeunes éméchés qui se tiennent bras dessus bras dessous en chantant à tue-tête d'une voix enrayée par l'alcool. Elle sourit malgré elle. C'est là qu'elle devrait être, et pourtant elle se tient en spectatrice secrète. Les choses ont bien changées.
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Len court. Peu lui importe où il va, il court, à en perdre haleine. Ses cheveux lui fouettent le visage, les larmes lui montent aux yeux et coulent une énième fois sur ses joues. Il a compris, tout ce qu'il se passe, tout depuis le début, tout ce qui a pu se produire. Il a compris. Et il a tellement mal, qu'il a envie de hurler. Ses hurlements ne sortent pas. Et c'est bien dommage.

Là, il entrevoit sa destination, là où il doit se rendre. Il se fiche un peu d'avoir laissé la porte de l'appartement ouverte, Rin a dû la refermer. C'est ce que, à ce moment-là, il a tout oublié en fait. Plus près, il se rapproche encore plus de là où il doit aller. L'euphorie le gagne, mais il manque de s'écrouler en trébuchant sur le trottoir. Quelques mètres, il chute à terre, parce que ses lacets étaient défaits. Il grogne de douleur, parce que ses genoux sont ouverts maintenant, et saignent abondamment.

Mais il se relève quand même et se remet à courir, faisant abstraction de la douleur aiguë dans ses jambes.

- Plus ... Vite ! Il halète violemment, la respiration saccadée en essayant tant bien que mal d'accélérer.

Il y est. Maintenant c'est fini, il y est. Ses cheveux se balancent au vent, il a les mains nouées derrière la nuque et regarde le ciel étoilée. Peut-être que cet enfant avait raison.

- Je suis fou... Fou... Fou...

Il marmonne, d'une voix inaudible. Les larmes reviennent, et dévalent ses joues rougies par le froid. Il s'avance, doucement, prudemment. Plus que quelques mètres et il y sera. Il pourra enfin y aller, c'était tellement tentant depuis le début ! Il n'aura plus de soucis, comme ça. Plus aucun souci d'argent, et Rin sera heureuse. Oui, c'est ça le plus important... Le bonheur de Rin.

Le vent ne le fait plus frissonner, il en sourit presque. Mais une grimace un peu démente. Ses yeux sont devenus vide, un peu comme ceux du petit adolescent a qui il avait parlé quelque heure plus tôt. Où des minutes ? Il n'a plus trop la notion du temps, il l'a oublié.

Il regarde le vide qui s'étend à ses pieds, et se penche un peu. Il ferme les yeux, tentant de s'imaginer en train de voler sur un petit nuage, au côté de Rin. Elle lui crie quelque chose qu'il ne comprend pas, mais il pense que c'est une invitation. Fait le, fait le, c'est surement ça qu'elle lui dit, alors vu qu'il l'aime à un tel point que s'en est malsain, il veut lui faire plaisir et accéder à sa requête. Un peu plus, qu'il se penche, et il se sent presque décoller du sol.

- Non ! Stop!


Et voilà! Donc ici on va répondre à vos reviews qui nous font très très très plaisir^^

L: Ouais! Merci! (Je savais que tu posterais une review mouah! ahahah!)/ Ouais bah moi j'étais pas au courant ! :D Mais c'pas grave parce que ça fait toujours plaisir de voir des gens qui aiment ce qu'on fait ^^ Donc voilà, merci et j'espère que tu as aimée ce chapitre ! ^^

TwincestRevolution: Merci pour toutes tes reviews! Oui cette fanfiction aura pas mal de chapitre je pense... (je pense juste^^)/ A ce niveau là, je pense aussi qu'il y aura pas mal de chapitre, on a arrêtées de réfléchir à partir de je ne sais plus trop lequel, et ce n'était pas encore la toute fin !(D'ailleurs, on est même pas sur de la fin O.O)

Kagami-LenXRin: Quoi dire d'autre... Tu veux une compote?/Ouip', si Tai n'en veut pas, je la veux moi ! Hm. Bah merci, c'est vraiment très gentil de ta part :')