Chiaki Jikarawa: Bonjour Bonjour... Alors oui, ce n'est plus VocaloidLove vu que j'ai changé de pseudo, mais c'est toujours la même psycopathe ** Je vous souhaite une bonne lecture de ce chapitre où on a encore une fois dépassé les 5000 mots :D

Plume-de-Yume: (oui, c'est toujours Chiaki parce que Notre chère Ime n'est pas là TT_TT mais elle m'a chargé de vous dire: ) Bonne lecture à tous! Et Nous sommes désolées pour le retard qu'on a eu TT_TT

Chapitre 3 :

Il se souvient vaguement d'une fois, où Rin et lui étaient à la mer. Ils riaient tous les deux, bah, ils avaient quoi, à l'époque ? Quatre, cinq ans ? Plus ou moins, qu'importe ! Rin portait ce mignon petit maillot de bain dépareillée (elle n'avait pas trouvé la paire, et elle se fichait pas mal des couleurs.) jaune et rose. Lui, il avait juste un slip de bain Spiderman. Des gosses normaux, des jumeaux normaux, une vie normale. C'est tout ce qu'il voulait, en fait. Que sa putain de vie soit comme celle de tout le monde.

Cette voix, il ne la connait pas. Il sent des mains larges, sur sa taille, il sent un parfum étrange, une eau de Cologne forte, qui l'écœure. Il se débat, il voudrait tomber et se fracasser le crâne en mille morceaux.

- Qu'est-ce vous vouliez faire ?

La voix semble soucieuse.

- Sauter. C'est pourtant évident.

Len crache ses mots, et se débat plus fort. On le tire en arrière et finalement, on le lâche. Il se retourne dans un sursaut, et fixe son sauveur non-désiré.

Un grand homme, d'au moins deux têtes de plus que lui, lui fait face. Ses yeux sont invisibles, cachés par une frange trop longue, ses cheveux sont courts et éparpillés autour d'un visage masculin. Ce mec respirait la virilité. Il avait aussi un piercing à la lèvre inférieur, un anneau tout con. Mais ça faisait super classe, sur lui.

- Pourquoi vous m'avez empêché de sauter ?

- Parce que je pense que vous ne devez pas mourir.

- Ah ouais ?

- Ouais.

L'homme affronte Len de ses yeux invisibles. Il rit intérieurement, en se disant qu'il réagit comme sa sœur et ...

- Putain de merde ! Qu'il s'écrit. J'ai complètement zappé !

- Tiens, t'vois.

Ce crétin le tutoyait, maintenant ? Une bouffée de colère monte en lui.

- J'ai oublié de rentrer le cendrier !

Une pensée toute conne, mais qui a son importance. Rin ne doit pas savoir qu'il a fumé en cachette, et si elle découvre le cendrier posé sur le balcon, elle va littéralement péter un câble.

- On s'est déjà vu.

La voix de l'autre le surprend, d'un coup. Non. Il ne l'a jamais vu, il a cette putain de mémoire photographique. S'il avait rencontré ce mec, il l'aurait de suite reconnu.

- Non.

- Si si. Chez Taito.

Ce nom lui est familier, par contre. Où l'a-t-il entendu ? Ah oui ! Dans son cauchemar, où Rin se suicide. Il se souvient de la scène, où Rin et lui se dispute dans le hall d'entrée, à cause de "Taito".

- Je te dis que Taito n'est rien de plus qu'un ami !

Rin criait cette phrase, son maquillage gothique coulant sur ses joues écarlates, en de longues trainées noirâtres.

- Ouais c'est ça ! Je préférerai que tu me dises que ce mec est ton copain, plutôt que tu me fasses croire ces putains de conneries !

Len hurle à son tour. Il sort d'un rancard avec Gumi. Cette fille est adorable... Mais pas pour lui.

- Putain mais tu piges rien de rien ! Taito est un AMI ! A-M-I !
Elle se stoppe, reprend sa respiration.

- Ce que tu n'as jamais été capable d'avoir !

Cette phrase, c'était la seule qu'il détestait, venant de la bouche de Rin. Il a l'impression que son cœur se brise.

- Tu es mon amie...

Sa voix est plate, brisée.

- Non. Je ne veux plus rien être pour toi. T'es pas capable d'accepter mes amis. Alors, dans ce cas-là, je préfère être seule, qu'avec toi.

-Taito ? Répète-Len, songeur.

L'autre hoche la tête, l'expression toujours neutre.

- Oui. Même que t'étais déguisé en fille. Complète l'inconnu.

- Ah… Ça … Ça devait être Rin…

L'homme fixe Len d'un air interrogateur. Len comprends qu'il a envie de savoir qui est cette Rin mais n'éprouve pas le besoin de répondre. L'inconnu passe une main dans ses cheveux, relevant légèrement sa frange. Len peut maintenant clairement distinguer une paire d'yeux gris-bleus dans lesquels se reflète la lumière lunaire.

- Rin ? Répète-t-il.

- Ouais. Ma sœur quoi. Ma jumelle.

Silence. L'inconnu l'observe un instant des pieds à la tête. S'arrêtant sur le visage de Len où il croit voir un reste de mascara sur ses cils. Il n'en est pas vraiment sûr à cause de la pénombre mais il n'est pas totalement con, il se doute un peu que Len lui ment.

- Tu lui ressembles beaucoup. Constate-t-il.

- C'est ma jumelle, c'est un peu normal qu'on se ressemble. Répond Len en haussant les épaules.

L'inconnu s'accroupi et sors une cigarette sous le regard intéressé de Len. Il l'allume, la met à sa bouche… Tire dessus de sa main droite et souffle un jet de fumée. Son bras gauche est posé contre sa jambe, la main pendant dans le vide. Ça rappelle à Len la première fois où il avait fumé… Il avait complétement oublié d'ouvrir la fenêtre pour évacuer la fumée et avait eu peur que Rin découvre qu'il n'avait pas tenu sa promesse.

A cette pensée, un sourire se dessine sur ses lèvres. Il reste silencieux, toujours à observer l'autre.

- T'en veux une ? Demande le type en lui tendant le paquet.

- Oui, merci.

Len sort une cigarette que l'autre allume avec un briquet jaune fluo. Nouveau sourire, il se souvient que son premier briquet était jaune à lui aussi. Il s'assoit à côté de l'inconnu, les jambes se balançant dans le vide.

- Juste une petite question. Elle est peut-être indiscrète mais bon… Je te comprendrais si t'as pas vraiment envie de répondre. T'as pas forcément envi… Alors voilà… Pourquoi tu voulais sauter ?

Sa dernière phrase reste en suspens. Len lève la tête vers le ciel. Il fixe les étoiles comme si ces petits points lumineux pouvaient lui donner une réponse.

- Je…

Il hésite. Après tout, ce n'est rien qu'un inconnu. Pourquoi il lui confierait ses problèmes ? Il repense à Rin qui s'est confié à… à ce type. A ce Taito… L'autre le regarde, la tête légèrement penchée sur le côté. Il attend toujours la réponse.

Pourquoi il ne peut tout simplement plus parler ? Pourquoi il ne peut plus rien dire ? Il ne pourrait pas juste dire : « Non, désolé, je ne peux pas répondre. » ? C'est trop dur peut-être ?

Une larme roule le long de sa joue. Il ne veut pas pleurer. D'ailleurs, pourquoi il pleure au juste ? Il va très bien. Il n'a aucun problème, alors pourquoi, pourquoi il reste planté là comme un con ? Il ne comprend plus rien. Son corps ne répond plus.

- Hé ! C'est bon j'ai compris, tu veux pas parler. Ok, je comprends, pas d'embrouille la vie continue.

Len essuie sa joue d'un revers de main.

- Au fait, moi c'est Rinto. Et toi ?

Rinto ? D'un côté ça ressemble un peu à Rin si on enlève le ''to''. Rin To Len. Ça fait Rin et Len.

- Len. Je m'appelle Len.

Tiens, ça aussi ça lui rappelle quelque chose…

- Len ! Len !

La petite Rin criait partout. Elle ne trouvait plus son frère. En même temps, c'est un peu le but du cache-cache. D'habitude, c'était Rin qui se cachait. Len la remarquait toujours dès les premières minutes de jeu, alors de temps en temps, il faisait semblant de ne pas la voir. Cette fois, Rin avait tenu à être le loup. Mais elle n'était pas plus douée que pour trouver une cachette.

Rin en avait marre de courir partout. Len était trop bien caché, il avait gagné. Comme elle s'était arrêtée, son frère en profita pour lui faire une mauvaise blague. Il lui sauta dessus par derrière, faisant sursauter sa sœur.

- Je m'appelle Len, le grand méchant loup ! Et je vais te manger ! Cria-t-il d'une voix grave.

- Len ! T'es vraiment pas drôle ! Tu sais quoi ? Dans ces cas, on a cas être tous les deux des loups. Et puis on reste amis, d'accord ? C'est énervant de faire toujours des équipes l'un contre l'autre !

Rin était comme ça. Une enfant joyeuse qui aimait inventer ses propres règles si les vraies ne lui plaisaient pas. Mais tout ça aussi, c'était lointain…

Rinto le regarde un instant et le voyant songeur, il n'insiste pas. Ce gosse, enfin pardon, ce jeune homme, était vraiment trop bizarre. Il avait du mascara à moitié enlevé sur les cils, les lèvres étrangement rosés, le teint trop mat pour que ce soit du bronzage. Il hausse les épaules, et regarde un peu au loin. En fait, ils se ressemblent. Sauf que lui, bah, il ne se maquille pas. C'est pas un travelo. Enfin bon, il s'en fout un peu, hein, si ce mec est un travelo. Mine de rien, ça lui va bien, à ce Len.

Len soupire et se lève. Là maintenant, il a envie de sauter, de prendre Rinto au dépourvu et de finalement crever, le corps bousillé. Il aurait bien envie d'une cuite, aussi. Ouais, se bourrer jusqu'à oublier son nom, sa ville, son âge et sa sœur. Ouais, surtout l'oublier, elle. Il sait très bien qu'il va se faire engueuler comme jamais en rentrant, puis Rin sortirait il ne sait pas où, et ne reviendrai que quelques jours après, tout sourire, comme si rien ne s'était passé.

- Tu veux aller boire un verre ?

Cette phrase sort comme ça. Rinto arque un sourcil, et le regarde en biais. Il est debout, et le fixe froidement.

- Pourquoi ? C'est un rancard, j'espère ?

Les joues de Len prennent une teinte rouge écarlate, tandis qu'il ouvre grand la bouche. Rinto ricane et se lève.

- On va dire que oui, alors.

- N-non, c'est pas un rancard ! C-c'est pour te remercier, merde !

Rinto passe son bras autour des hanches de Len en riant.

- Mais oui, mais oui, gamin. Je sais qu'en vrai tu rêves de sortir avec moi.

Len couine, outré, et écarte violemment le bras de Rinto. Là, il a une folle envie de le pousser dans le vide.

- Non, là, je rêve que tu me fiches la paix !

Sa voix monte dans les aiguës quand il est en colère. Rinto trouve ça à la fois adorable, énervant, et diablement sexy.

- Ouais bon, OK. Mais c'est moi qui paye, puisque Môsieur n'a pas de portefeuille.

- Je te rembourserai. Proteste Len, boudeur.

- En nature, au moins ?

Len redevient vite écarlate, les yeux brillants de larmes.

- Sale pervers ! Tu n'es qu'un sale pervers !

- Allons, mon Len-Len, je plaisante !

Len-len. C'est quoi ce surnom débile, qu'on donnerait plutôt à un putain de gosse de quatre ans, plutôt qu'à un beau jeune homme - il se vante un peu, et alors ? - de 19 ans ! Il descend sans attendre ce débile arrogant pervers qui lui sert de compagnon de cuite, qui rit comme pas deux de son nouveau surnom.

- Aller, Len-Len, soit pas fâché ! Viens te blottir dans mes bras, ça te réconfortera !

- Jamais, pauvre con ! Plutôt crever !

- Alors je te sauverai une autre fois !

- Arrête de dire des conneries où je te jure que quand tu seras pas là, je me tire une balle !

Len l'attend quand même, parce qu'il n'a pas trop le choix. Le bar le plus paumé est au moins à dix kilomètres et il n'a aucune envie de se farcir ces dix kilomètres avec ce crétin fini.

- Ma voiture est garée là-bas.
Quoi que se retrouver enfermer dans une voiture avec un pervers idiot à proximité n'est pas une très bonne idée non plus...

- Bon, Len-Len, tu te grouilles là ? J'me les caille !

- Tant mieux ! Va faire chauffer ta bagnole de merde, moi, je reste là cinq minutes, j'ai besoin de réfléchir !

Il s'avance dans la rue, bras croisé sur son torse, et s'assoit contre le mur. Il réfléchit. Encore, et encore, pendant cinq minutes, jusqu'à ce que la banale Peugeot déglinguée de Rinto apparaisse dans son champ de vision, une musique hard rock horrible à fond. Il grimace d'avance et s'attend à une superbe migraine dès les premières minutes du trajet.

Len se lève, ouvre la porte et entre. Dans l'habitable de la voiture, ça sent la cendre froide, l'alcool, et ... Le vomi ?! Il réprime un haut-le-cœur, et s'attache.

- Ça pu dans ta caisse.

- QUOI ?! Hurle Rinto.
Il ne l'a pas entendu, la musique était beaucoup trop forte. Il baisse le volume, et tend l'oreille.

- Ta voiture pu.

Rinto éclate de rire, Len ouvre la fenêtre et inspire à fond l'air extérieur. La voiture démarre, et le vent fouette le visage de Len. Mine de rien, ça lui fait du bien, de sentir l'air frais.

- Bon Len, tu veux aller où ? Hurle Rinto pour qu'on puisse l'entendre malgré le volume de la musique.

Len ne réponds pas, il n'a pas envie de répondre. Il préfère sentir l'air frais fouetter son visage.

- Woh, Len-Len ! Je te parle !

Rinto secoue le bras de Len qui se retourne vivement.

- Quoi ?

- Tu veux aller où ?

- N'importe où, Ça me va.

Rinto hoche la tête, réfléchissant à l'endroit où il pourrait bien emmener son ''Len-len''. De son côté, Len pense à ce mec. Ce pervers, mais il pensait à quoi tout à l'heure ? Len repense au contact du bras de Rinto sur ses hanches. Il rougit légèrement à cette pensée qu'il chasse vite de sa tête de peur que l'autre ne le remarque. Et puis merde, ce mec était trop bizarre, pourquoi il parle à Len comme si ils étaient de vieux amis… Et puis d'abord, c'est quoi cette histoire de rencard ? C'est du grand n'importe quoi ! Comme s'il était sérieux. Et s'il l'était d'ailleurs ?

Len tourne la tête vers Rinto. Ce dernier est concentré sur la route. Il sourit en tapant le rythme de la musique avec son index sur le volant. Rinto remarque le regard de Len posé sur lui.

- Hé ! Len-len, je sais que je suis beau mais tu commences à me gêner tu sais !

Len rougis et détourne le regard.

- Je… Je te regardais même pas, d'abord.

- Mais oui, mais oui, à d'autres.

Rinto tourne brusquement dans une autre ruelle, les pneus crissent. Len s'agrippe à son siège.

- Hé ! Mais t'es malade ! Tu vas nous tuer !

- Oh, c'est bon ! Calme-toi ! On est presque arrivés ! Déstresse… Len-len.

Len hausse les yeux aux ciel. Qu'est-ce qu'il est casse-couille ce mec ! Rinto accélère un peu, ce qui fait sursauter Len. Quelques minutes plus tard, ils sont à l'arrêt, garés devant un bars à l'enseigne rose fluo. Len ouvre la portière. Rinto le rejoins.

- Alors ? On rentre ? Demande-t-il.

Len hoche la tête tandis que l'autre l'attrape par la taille pour l'entraîner avec lui.

- Hé ! Lâche-moi ! Grommelle Len en tentant de se dégager.

- Oh, c'est bon, si on peu plus rigoler.

Len fronce les sourcils. Rinto s'assois devant le bars. Len s'assoit à côté de lui.

- Deux Vodka-Malibu s'vous plaît. Commande Rinto.

- Hé ! Depuis quand tu commandes pour moi ?

- C'est pas pour toi.

- Tu vas boire… Deux verres de Vodkas ?

- Bah quoi ?

- T'es un gros malade Rinto.

Il hausse les épaules. Len hésite et finalement commande la même chose pour faire ''bonne figure''. Il ne sait même pas quel goût ça à, une ''Vodka-Malibu''…Les deux restent silencieux en attendant leur commande. On les sert, Len saisit prudemment un verre, observe le liquide. Len soulève le verre et l'approche de ses lèvres.

- Alors comme ça je suis un gros malade ? Et faut pas être un peu timbré pour vouloir se suicider ? Réplique Rinto en portant la boisson aux lèvres.

Len repose brutalement son verre sur la table, sans même boire une gorgée.

- Et ! C'est pas moi le pervers qui drague des mecs de dix-neuf ans.

Rinto explose de rire avant de reprendre une gorgée. Len a le visage rouge. Déjà parce qu'il fait chaud mais aussi parce qu'il est énervé. Il boit la moitié de son verre sans rien dire.

- Alors comme ça t'as dix-neuf ans ?

- Oui pourquoi ? Tu trouves que je l'ai fait pas ?

- Non, c'est pas ça. Laisse tomber.

- Et toi ?

- Moi quoi ?

- Toi, t'as quel âge ?

- Vingt-deux.

Quoi ? Vingt-deux ans ? Il fait plus… Se dit-Len en fixant avec insistance Rinto. Après plusieurs verre, Len a du mal à penser clairement. Rinto à l'air d'aller bien même si au final, il a bu plus que Len.

Len plisse les yeux, sa vue est légèrement trouble. Il croit voir, à la place où se tenait Rinto, sa sœur. Elle s'est maquillée, certainement pour avoir l'air plus vieille. Elle a retiré son nœud inséparable dans les cheveux. Elle porte une mignonne petite robe rouge, moulante et courte. Des chaussures à talons.

- Rin ?

Rinto regarde Len, à qui il parle ? Len regarde de plus près Rinto avant d'entourer ses épaules de ses bras.

- Rin ! Mais t'étais passée où ? Je t'ai cherché… Je t'ai cherché partout.

Rinto n'y comprends rien. Rin ? Mais c'est qui celle-là ? Et puis Len qui le colle, c'est pas qu'il est pervers mais ça le gêne un peu quand même…

- Euh… Len ? Ça va ?

Len cligne des yeux. Il lâche finalement ce qu'il a pris pour sa sœur et pose ses mains sur ses genoux.

- Rin… Rinto ? Excuses moi… je t'ai pris pour Rin…

- Rin ?

- Ouais, t'sais… Ma sœur.

Rinto se souvient maintenant. Len lui en as parlé. Celle qu'il a rencontrée chez Taito.

Rinto se souvient vaguement. Elle avait une jupe blanche, et un chemisier. Non, une petite robe blanche. Oui, et un gros nœud blanc aussi, dans les cheveux. L'air exténué, les yeux cernés, le teint pâle et les joues creuses. Ouais, une gosse défoncée par la drogue et l'alcool, qu'il pense.

- Ta sœur se drogue, donc. Lâche-t-il, en louchant sur son verre.

- Ouais ! Depuis... Euh... Vache, lapin, cochon, 14, 19, 5 ans ! Depuis 5 ans !

Rinto ricane. Bon. Len est bourré. La soirée s'annonce donc très ... Intéressante.

- Je vois. Et toi, t'es suicidaire. Laisse-moi deviner, ta mère c'est une prostituée et ton père un alcoolique ?

- Euuuuuh... Ouais, peut-être, on les a pas revu depuis euh... Nos 15 ans ?

Drôle de famille, chez eux, tiens. Pense Rinto.

- Et ta sœur, elle a quoi comme caractère ?

- Elle est chiante, gamine, gueularde, sans arrêt défoncée, un peu conne, pleurnicheuse, courageuse, souriante, brute.

- Et toi, tu es ?

- Gentil, mignon. Bourré, aussi, là, je crois.

- Tu crois ? Noooooon, t'es pas bourré, je te rassure.

- Ah ?

Rinto se moque de lui. Il a les idées embrouillées, et il se met à compter sur ses doigts le nombre de bleus que Rin lui a fait hier.
- 6, 7,8 ...

- Elle te frappe ?

- Quand je fume.

- Parce que tu fumes ?

- T'es con, tu fumes aussi, va.

- Non. C'pas moi qui fume.

- Miku, elle m'avait dit de jamais fumer. Bah tu vois, j'l'ai fait !

Len se met à rire, tout seul, en se rappelant surement un truc pas drôle.

- Rin, c'est le genre de fille qui essaye toujours de se démerder toute seule, et que, si elle y arrive pas, elle engueule les autres parce que tu l'as pas aidé. Et quand tu veux l'aider, elle te gueule dessus parce qu'elle veut être indépendante.

- Je vois...

- Des fois, elle va avoir une crise de gaminerie et elle va se mettre à dessiner sur les murs, à chantonner et elle va faire des câlins et des bisous à tout le monde. Deux minutes après, elle aura décidé d'être une rebelle et elle enverra chier tout le monde. Rin, en fait, elle est vachement bizarre. Mais c'est parce qu'elle a des troubles du comportement, d'après le psy'.

La vision de Len change à nouveau. Il voit Rin, assise sur le comptoir, un verre de coca à la main, qui le foudroie du regard. Son beau regard bleu ciel...

- Tu m'avais dit que tu ne boirais pas, Len !

- C'est...

- Et c'est qui, lui ? Est-ce que je le connais, comment il s'appelle ? C'est ton petit-copain ? T'es gay maintenant ? Depuis quand ? Et pourquoi t'es pas rentré à l'heure pour le dîner ? J'avais fait une quiche !

Len secoue la tête, se lève. Il tangue sur ses jambes et quand Rinto veut l'aider, il le repousse maladroitement. Il sort en titubant, croulant sous les reproches de sa sœur jumelle. Avant de passer la porte, il dit à Rinto de ne pas venir.

- Ouais, c'est ça, viens pas ! Lui gueule Rin, furibonde.

- Rin, c'est...

- Toi, espèce d'enfoiré ! T'as piqué dans mes réserves, connard ! On s'était mis d'accord tous les deux que chacun avait sa réserve, non ?! Maintenant, j'ai été obligé de retourner chez Taito et de lui fournir une excuse bidon comme quoi j'avais tout arrêté !

Len reste songeur. Ce n'était pas lui qui était avait rencontré par hasard Taito, dans la rue, et qui avait déballé ce mensonge gros comme une maison ? Peut-être pas... Rin lui avait surement raconté ça.

- Tu m'l'as d'jà dit...

Sa langue est pâteuse, il balbutie.

- Et alors ?! Et tu sais ce que j'ai fait, pendant que tu te bourrais la gueule avec un inconnu qui est peut-être en train de droguer ton verre pour te violer après ?! Bah je t'ai cherché partout, enfoiré ! Qu'est-ce que tu fous dans un bar où y'a que des mecs qui s'emballent, à parler de moi, hé ?! A l'autre bout de la ville, en plus ! Et qui va te ramener ? Certainement pas ce mec, j'espère !

- Rinnie...

- M'appelle pas Rinnie ! Qu'est-ce t'as besoin de raconter ma vie aussi ? J'en ai ras le bol que tu dévoiles à tout le monde que je me drogue, que j'ai des troubles du comportement et tout ça ?!

- Len ?

C'est Rinto, qui a passé la tête par l'embrasure de la porte. Len fronce les sourcils, et quand il tourne la tête vers Rin, elle est déjà loin à partir en courant comme une dératée.

- C'est... Bon ! Ma sœur ... A pêté un boulon...

- Len... T'étais tout seul, à causer, mec.

- Hein ? Naaaaaaan ! Rinnie était...
Len désigne un coin d'ombre.

- Là... Elle chuchotait et gueulait en même temps... T'l'as pas ... Entendu, c'tout !

Len sourit béatement et s'accroche au rebord d'une fenêtre à barreaux rouillés.

- Encore ?

Rinto arqua un sourcil. Len a pêté un boulon, il en est certain.

- Encore quoi ? Répond Rinto.

- Encore... Un verre et ... Un autre et ... Encore un ... Et ... On rentre... ?

- Je fini mon verre et on rentre. Bouge pas, toi.

- Nooon...!

Len se comporte comme un gosse de quatre ans. Il tape des pieds en criant d'une voix aiguë.

- Ok, ok, reprend un verre si tu veux mais pitié arrête de crier comme ça !

Le plus jeune saute maladroitement et se jette au coup de Rinto. Son haleine est chargée d'alcool. Len embrasse la joue de Rinto, prend sa grande main dans la sienne, toute petite, et le tire sans force à l'intérieur.

- Merci, merci ! Merci!

Rinto se dit que finalement, c'est peut-être Len qui a des troubles du comportement. Où les deux. Mais une chose est sûre... Len parlait tout seul, dehors.

Au final, ils picolent encore et encore, jusqu'à que Len tombe de son tabouret, ivre mort. Rinto, à peine éméché; le relève sans mal, et le posa doucement sur son tabouret, comme un objet de grande valeur. Len lève vers lui ses yeux bleus ciels, embués par l'alcool, et sourit d'un air idiot.

- Ma sœur...

- Quoi, ta sœur ?

- Tu ressembles à ma sœur...

Rinto ricane un instant.

- Sauf que je ne suis pas une fille.

- Sûrement... Rin est adorable... Pas méchante pour un sou... Juste susceptible et colérique... Mais pas méchante... Non...

Rinto caressa le nez de Len, avant de se figer et de retirer rapidement sa main.

- Si tu dis que tu as une sœur, je te crois. Mais d'après ce que j'ai vu, tu t'imagines avoir une sœur, Len.

Rinto est étrangement sérieux. Le comportement de ce gosse l'intrigue.

- Je sais ... Je la vois partout...

Rinto hausse un sourcil.

- Rinto… Dodo…

Len s'étale sur le comptoir. Rinto soupire : Il va falloir qu'il s'occupe de ce gosse pour cette fois. Il redresse Len, qui balbutie quelques mots incompréhensible, et l'aide à marcher, bras dessus, bras dessous.

En sortant du bar, Len trébuche et manque de tomber. Enfin, il serait tombé si Rinto ne l'avait pas retenu. Après quelques minutes, Rinto parvient finalement à assoir Len sur le siège passager de leur voiture.

Bon, c'est là que ça se complique. Il a dit qu'il habitait où déjà ? Ah oui c'est vrai, il ne l'a pas dit.

- Hé, Len. Len !
Rinto secoue Len comme un prunier. Le plus jeune entrouvre les yeux avant de débiter un charabia incompréhensible. Rinto parvient à comprendre :

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Dormir… Dormir…

- Hé Len ! Aide-moi deux secondes tu veux. Où tu habites ?

- Hum…J'habite… Euh… C'est un pays tout rose où des barbe à papa courent dans les champs au milieu de bisounours…

Ça va être dur. Rinto soupire. Qu'est-ce qu'il fait ? Il pourrait très bien allonger Len dans le parc où ils se sont rencontrés, après tout, il le connait à peine. Non, on sait jamais ce qui pourrait arriver à cet imbécile quand il est saoul.

- Bon, Len. Tu vas me dire où t'habites, d'accord ? Répète Len d'une voix plus sérieuse.

C'est vrai qu'il commence à en avoir un peu marre. De un, Len l'a ruiné avec tous les cocktails qu'il a pu avalés, et de deux, ce con ne résiste pas à l'alcool.

- Bah… Je te l'ai dit, nan ? Ah mais naaaaaaan ! Je t'ai dit le pays où j'aimerais habiter…

- Ah. Et donc, tu habites où ? Recommence Rinto pour la énième fois.

- J'habite pas loin d'ici, au-dessus de l'appart de la vieille qui ressemble à un lama et qui bave en tricotant… Tu vois où c'est ?

- Euh… Ouais. Bon, une adresse, plus précise, non, t'as pas ça en réserve ?

Len ne réponds pas. Il ferme les yeux.

- Je veux dormiiiiiiiiiiiir ! Geint-il en penchant sa tête en arrière.

- Ok, c'est bon. J'abandonne. Puisque c'est comme ça, on va aller chez moi. Je ne vois pas d'autre solution.

- Oh ouiiiii ! Je veux dormir sur le matelas de Rintoooooo !

- Hé ! Arrête de dire des conneries !

Len part d'un fou rire. Rinto démarre brutalement, un peu énervé. C'est vrai, qu'est-ce qu'il a à rougir comme ça pour si peu ? Len est saoul, il dit que des conneries, c'est vrai ça. Il s'en fou de toute façon de ce que peut dire ce gosse.

Il jette un coup d'œil au siège passager. Il dort. Il a une de ces bouilles mignonnes quand il dort. La tête légèrement penchée sur le côté. Rinto chasse ces pensées de sa tête, se reconcentrant sur l'autoroute.

Rinto n'avait pas allumé la radio, cette fois-ci. Il entendait, à côté de lui, la respiration sifflante de Len, les battements de son cœur. Il voyait les lampadaires défilés. Serrant les doigts sur le volant, il prend la sortie sud, et s'engage sur un autre chemin. Son téléphone vibrait régulièrement dans sa poche gauche arrière, et il finit par décrocher. Il met le kit main libre et pose le cellulaire sur le tableau de bord.
- Oui ma puce ?
Il savait avant même d'avoir entendu la voix de son interlocuteur, qu'il s'agissait de sa copine.
- Qu'est-ce que tu fous, Rinto ?! Il est deux heures du matin, je viens...
- Chérie, je serai à la maison d'ici dix minutes. J'ai sauvé un gosse du suicide et il s'est bourré la gueule et m'a ruiné. J'osais pas l'interrompre, il me racontait sa life.

Un soupir énervé lui répondit. Il vit dans le rétroviseur gauche, le gyrophare de la police de nuit.
- Écoute ma puce, y'a les flics. Je raccroche. Bisous !
Le flot d'insultes se coupa précipitamment. Rinto balança le téléphone à l'arrière de la bagnole et accéléra légèrement. La voiture de police se rapprochait dangereusement. Len s'agite sur son siège, et ouvre les yeux, lentement.
- On est... Où ?
- En voiture. Dors.
- Arrête-toi...!
Len s'agite un peu plus, en regardant en arrière.
- Sors tes papiers, merde !
- Écoute Len-Len. J'ai pas le permis, ni la carte grise de la bagnole parce que, primo, légalement, j'ai pas le droit de conduire et secundo, cette bagnole est volée !
Len poussa un cri aigu et essaya d'ouvrir la portière que Rinto avait verrouillée.
- Fait moi descendre ! Je veux descendre !
La voiture les doubla et les força à s'arrêter. Plus d'échappatoires, maintenant. A moins de tuer les flics. Mais non, ça, c'était une très mauvaise idée.
- Content ? On va se faire arrêter maintenant !

La flic vient frapper à la vitre. Rinto grogne, et ouvre a contre cœur. La flic a des cheveux roses et de très beaux yeux bleus mers. Elle braque sa lampe torche sur Rinto, puis sur Len, qui affiche un air terrifié.
- Tiens tiens. Rinto.
- Agent Megurine ! Quelle bonne surprise !
Rinto ricane un peu et prends une pose décontractée.
- La dernière fois que je t'ai vu, ordure, tu morflais en prison pour trafic de stup'. Non ?
- Et oui ! Mais c'est fini maintenant je...
- Drogue et viole des petites filles sans défense? Regarde-moi cette gosse ! Elle est terrifiée. Descend de la voiture et mets les mains sur le capo' sinon je te flingue.
Rinto grogne encore.
- J'l'ai ni droguée, ni violée! Et c'est un mec, madame.
- M'en tape. Montre-moi les papiers du véhicule, maintenant !
Len couina.
- Je suis...Un mec !
L'agent Megurine ne répliqua pas, même pas gênée de s'être trompée.
Rinto fit mine de fouiller dans son portefeuille vide.
- J'ai du oublier que j'avais pas le permis !
Len hallucine. Ce mec est un imbécile fini ! Il plonge la tête entre ses genoux, avec un haut le cœur. Luka héla un grand homme aux cheveux violets. Décidemment, les policiers de cette ville n'était pas communs !
- Kamui, on les embarque.
Len se met à vomir et Rinto soupire. Sa copine allait encore gueuler.