Chapitre 04 :

Chiaki1932888 (Encore changé de pseudo, et oui! xD) : Donc désolé pour le léger retard, on a eu quelques problèmes pour poster plutôt... (Ce chapitre est écrit depuis plus de deux mois! ... Gomen, Gomen! En tout cas, j'espère qu'il va vous plaire et que vous aurez une bonne lecture!

(De la part de) Plume-de-Yume: Je suis désolée pour le retard. J'espère que vous allez apprécier le chapitre, normalement, on devrait poster un peu plus souvent, voilà! :3

Il n'y avait pas de bruit, mis à part les bruits incessants d'un clavier d'ordinateur dans une pièce adjacente. La pièce était étroite, avec juste un banc de métal et un bidet blanc cassé et crasseux. Len était avachi, ses cheveux ébouriffés, ses yeux embrumés. Rinto tournait en rond, le visage crispé, poings enfoncés aux possible dans les poches de son jean. Il allait se faire arracher la tête. Sans mauvais jeu de mot, malheureusement.

- Putain de merde, de merde ! Quelle idée de prendre la bagnole, putain !

Il grogne dans sa barbe. Il veut une cigarette. La, maintenant, tout de suite. Il tuerait pour une cigarette. Pas de jeu mot, là aussi.

- Poney.

Len lève ses yeux vers Rinto, et sourit d'un air béat. Il a l'air heureux. Il a l'air de se foutre d'être au commissariat. Bien sûr ! Ce n'est pas lui qui risque de se faire retirer son permis, pour conduite en état d'ivresse.

- Boucle-la, toi.

- T'es pas sympa, Rinto! Bougonna-Len.

Rinto soupira en guise de réponse. Il fallait qu'il réfléchisse. Et vite. Qu'allait-il dire à Rui, sa copine? Et si c'était Len qui demandait de l'aide à sa sœur? Après tout, elle était majeure alors que Rui venait d'avoir quinze ans... Il se retourna vers Len, toujours en train de chercher un poney.

- Len!

- Mmh...

- Oh! Len! Tu peux demander à appeler ta sœur? Il faut qu'on sorte d'ici!

- Nan. Pas tant que je n'ai pas retrouvé mon poney! Répondit Len en claquant sa langue contre son palais.

- Len. Ton Poney, il est dehors. Donc il faut qu'on sorte d'ici.

- Il est vraiment dehors? Demanda-Len.

Rinto hocha la tête, l'autre le fixant d'une paire d'yeux brillants.

Len grogne un peu, et s'étire longuement. Il s'approche des barreaux en acier, et essaye de passer sa tête au niveau des barres.

-Monsieuuuuuuuuuur ! Monsieuuuuuuuuuuur !

Il crie d'une voix aigüe, en essayant d'ameuter le plus de gens possible, surement. Il essaye de secouer les barreaux et couine.

- Ouuuuuah!

Un policier grassouillet arrive en clopinant, et fronce ses sourcils épais en entendant les cris aigus de Len.

-Que voulez-vous, encore ?

- Appeler ma sœur. Elle va venir nous chercher.

- Vous avez cinq minutes. Pas plus.

L'officier décroche un combiné et laisse Len composer le numéro.

- Ça sonne.

Ils patientent tous cinq minutes. Len trépigne, Rinto stresse, il espère au fond de lui-même que sa ''sœur'' répondra. Len grogne, et donne le combiné à Rinto.

- Elle est pas encore rentré. Elle doit être chez Miku.

L'officier tilt un peu mais ne dit rien. Rinto pousse un soupir exaspéré et compose le numéro de Rui.

- Je suis un homme mort.

La sonnerie. Rinto croisé les doigts pour qu'on lui réponde. Même si en même temps, il a peur de la réaction de Rui. Au bout de quelques minutes, la voix énervée de Rui retentit :

- Rinto! Salaud! Où t'étais hier soir? Réponds!

- Je suis désolé poupée... Tout va bien ne t'inquiète pas...

- Rinto... Je me suis faite un sang d'encre! Tu peux pas sa...

- Ils m'ont collés en taule. La coupa-t-il.

- Quoi? Qui ça ils?

- Les flics. Je roulais trop vite. Répondit Rinto en jetant un coup d'œil à Len.

Ce dernier le fixait, tout en se tripotant les ongles. A coup sûr, il pensait que la voiture n'était autre que son Poney.

- Rui... Tu peux venir nous chercher?

- Nous qui ça nous?

Rinto crispe les doigts autour du téléphone. Pitié, faîtes qu'elle ne s'énerve pas trop !

- Qui ça nous, Rinto ? Réponds ! Tout de suite !

- Un ami et moi, poupée. Juste un ami. Je voudrai juste qu'on le ramène. Tu peux venir, alors, ma puce ?

Il ferme les yeux. Il n'entend rien de l'autre côté, juste la respiration hachée de Rui.

- Crevard.

- Rui, s'il te plait !

- Va crever chez ta grand-mère, sale con !

Rui hurle à présent. Il sait parfaitement qu'elle n'aime pas quand il traine avec des gens qu'il ne connait pas le soir, mais il le fait quand même.

- Ecoute, Rui. C'est la dernière fois, je te promets que je ne le ferai plus ! Laisse-moi juste le ramener.

- Tu vas regretter, pauvre imbécile. Crois-moi, tu vas regretter.

Il sait parfaitement qu'il regrettera.

-Merci, poupée. T'es une super meuf, sérieusement. A tout de suite.

Il raccroche et tend le combiné à l'officier. Len lui offre un très grand sourire.

- On rentre en poney ?

- Oh, tais-toi...


Le ton soudainement froid, le regard prêt à l'écorcher vif. Visiblement, Rui n'aime pas trop Len. Elle le sonde de son regard noir, puis assassine Rinto du regard qui détourne les yeux en sifflotant.

- Oui, c'est... Len. Un ami. Il est encore ivre...

- Je le croyais naturel.

Cassante, froide, et sèche. Colérique aussi. Voici tous les adjectifs (et même plus encore) qui aurait pu décrire la voix de Rui.

- Moi aussi.

Rinto doit essayer de la calmer, à tout prix.

- J'ai payé la caution. On rentre, bandes de PD.

Len ouvre la bouche pour protester, Rinto le fait taire d'un regard. Mieux vaut qu'il se taise, cet imbécile.

- Len, on rentre. Je te préférai un téléphone pour que tu puisses appeler ta sœur en rentrant. D'accord ?

- Non, pas d'accord ! Je VEUX un poney. Sinon, j'rentre pas.

Rui lève les yeux aux ciels d'un air exaspéré. Ce mec est encore plus con que Rinto ! Et Dieu seul sait si c'est possible !

- Mais oui, l'ivrogne. Bien sûr.

Rui marchait devant, Rinto derrière elle et Len trainant des pieds. L'attitude désintéressée de Rui était louche. Il redoutait sa réaction, sachant que son appart allait être sans-dessus dessous le soir même. L'appartement de Rinto se trouvait à un quart d'heure du commissariat, comme il y passait le plus clair de son temps, c'était plus pratique pour lui, comme pour sa petite amie du moment, c'est à dire Rui.

Rinto agrippe Len par le bras et le force à avancer plus vite. Le blondinet pousse un grognement animal et se dégage.

- Rui, tu comptes faire la gueule encore longtemps ?

Pas de réponse. En ce moment, Rinto maudit Len et sa foutue bouille de gosse battu. Il a envie de le frapper. D'un côté, c'est aussi sa faute. Qu'importe !

- Rui, poupée... Excuse-moi, sérieux. Il avait voulu se suicider, alors je l'ai aidé ! Et après, on a bu un coup, parce qu'il m'a proposé... 'Fin j'crois. Bref ! Je te jure que je t'aime, j'suis pas gay tu le sais très bien ! Toi aussi, je t'ai sauvé, non ?

Les ruelles étaient malodorantes, les égouts débordaient.

- Oui, tu m'as sauvé. Mais après, tu vois bien où on en est ! Je suis ta copine ! Donc, si tu refais le même truc qu'avec moi avec c'te chose, ça veut dire que t'es homo.

Gros silence. Il n'y avait pas pensé, à ça.

Rui garda le silence jusqu'à l'appartement. Rinto trainait toujours Len qui bégayait des mots innocences.

- Rui! Aller! C'est qu'un pauv' gosse!

- Je m'en fou Rinto. T'avais dit la même chose de moi à ton ancienne copine!

Ça aussi il l'avait oublié. A force de tout le temps se droguer et de boire, il avait dû perdre de ses capacités mentales. La mémoire pour être plus précis.

-Rui! C'est pas pareil! Toi et moi c'est du sérieux!

- Bah non justement, non. Là tu vois, j'ai envie de te frapper et de me barrer! Rinto, tu le laisses là, maintenant. Le laisses pas rentrer à l'appart.

Rinto soupira. Son regard passa de Rui à Len. Ce dernier ne paraissait pas comprendre ce qu'il se passait.

- Non désolé Rui...Je peux pas le laisser là!

- Comme tu veux. Mais ne viens pas te plaindre après.

Rinto lève les yeux aux ciels, et soupire. Les dilemmes, il connait avec Rui. Mais là, il doit choisir entre sa nana et Len. Un choix pas très dur en soit, en fait.

- Rui, Chuis sérieux. C'juste le temps que sa sœur rapplique ! Y'en a pas pour long, quoi !

- Euuuuuh... Rinnie elle va pas...

- Ta gueule toi, sinon tu dors dehors avec ton putain de poney à deux balles !

Len couine un peu et se renfrogne.

- D'accord, Rinto. Je t'ouvre et je sors.

- Rui...

- Ta gueule, Rinto.

Rinto était seul. Enfin pas vraiment seul. Il était avec Len. Rui venait juste de fermer rageusement la porte.

- Elle est partie Où? Chercher mon poney?

- Ta gueule Len. Ta gueule. Len soupira avant de s'étaler sur le canapé défoncé.

- Elle ressemble à Rin... Murmura Len.

C'est vrai que Rui ressemblait beaucoup à Rin. Les mêmes cheveux courts, à l'exception de leurs teintes plus foncées. Ses yeux étaient verts alors que ceux de Rin étaient bleus. Elle était un peu plus petite mais avait un plus gros tour de poitrine.

- Je t'ai dit de te la fermer.

- mais...

- Tais-toi ou je te butte. Le menaça Rinto.

Len grogne un peu, Rinto part rageusement ouvrir le frigo. Pitié, faites qu'il y ait deux ou trois bouteilles d'alcool ! Qu'il puisse se saouler et oublier cet imbécile de gosse qui était en train de détruire son couple !

- Tu fais quoi, dit ?

Un gosse. Un gosse, de quatre ans ! Pire que ses petits cousins. Il ne répond pas et enfonce la tête dans le frigo. Il n'est pas là, non. Il n'a jamais sauvé Len du haut de ce putain d'immeuble, et demain, le suicide d'un adolescent ferait la une à la télé. Il redescend net sur terre, en sentant quelque chose s'enfoncer dans le creux de son cou.

- He ! Tu me réponds, dit ?

- Merde.

- Quoi ?!

- Rui ne reviendra jamais.

Len hausse un sourcil et se recule. Rinto, maintenant déprimé, sort du frigo et regarde Len.

- Pourquoi ?

- Parce que t'es là, putain !

Rinto claqua la porte du frigo. Len ne bougea pas de là où il était.

- Rinto... Je suis fatigué...

- M'emmerde pas le nain.

- Mais...

Rinto le coupa en l'attrapant fermement par le col de chemise, le soulevant d'au moins dix centimètre du sol.

- Qu'est ce que tu ne comprends pas dans: "Ferme-là et demmerde toi."?

- Rinto... Arrête... Tu me fais mal...

Rinto lâcha Len qui retomba mollement sur le sol. Len se releva lentement, frottant son cou. - Je peux dormir sur le canapé?

- Fais comme chez toi.

Len rejoignit le canapé et s'allongea dessus. Rinto vérifia une dernière fois s'il ne restait pas de bière. Joie immense en saisissant la dernière bière. Il la but d'une traite, ne savourant même pas le goût. Il jeta la bouteille dans la poubelle et se tourna vers Len. Celui-ci dormait profondément. Rinto ne put s'empêcher de le trouver mignon. Il avait envie de prendre cette petite chose fragile entre ses bras.

- Tu prends toute la place Len-Len! Tu veux pas partager?

Rinto s'approcha du canapé et souleva légèrement Len pour s'assoir. Les yeux rivés sur "ce gosse" endormi, il le souleva de façon à ce que Len soi presque assis sur ses genoux. Lentement, bien sûr, pour ne pas le réveiller. Puis il le serra fort contre lui. "Mais qu'est-ce que je fou? Et si Rui revenait maintenant? Non, elle a dit qu'elle reviendrait demain...

Il pense que de toute manière, même si il avait appelé Rin, elle ne serait pas venue le chercher. Elle aurait piqué une crise comme Rui, et lui aurait hurlé dessus de se débrouiller. En fait, elle aurait réagi un peu comme Rinto tout à l'heure, quand il l'avait agrippé par le col de sa chemise. Il soupire et se blottit un peu plus contre le canapé. Il doit dormir.

Quand il a ouvert les yeux, la première chose qu'il a vu, ce sont des cheveux blonds qui lui chatouillaient le nez. Il lève les yeux et tombe nez à nez avec un Rinto profondément endormi, qui le serrait dans ses bras. Il en est un peu surpris, parce qu'il pensait que Rinto le détestait et... Minute. Il est dans les bras de Rinto ?!

Len repoussa avec fermeté Rinto qui se réveilla en sursautant.

-Hé! Ça va pas bien de réveiller les gens comme Ça!

- Quoi? Tu dormais? Sal pervers!

- Hé! Un peu de respect hein. Tu pourrais au moins me remercier.

- Te remercier pourquoi?

- Me remercier de ne pas t'avoir laissé dans la rue. Là c'est pour le coup que tu serais tombé dans les bras d'un pervers. Len se leva du canapé, foudroyant Rinto du regard.

- Et qu'est ce qui me dit que tu n'as pas abusé de moi durant mon sommeil? Je me sens pas vraiment en sécurité avec un mec qui a été arrêté pour, je cite: ''viol de petites filles."

Rinto explosa de rire, sous le regard impatient de Len.

- Je t'arrête tout de suite, Len-len. Je suis parfaitement hétéro, donc t'imagines pas des scénarios farfelus. Ensuite, pour le "viol de petites filles" Elles avaient toutes plus de dix ans et elles étaient consentantes.

- Je te crois pas.

- Fais comme tu veux.

Rinto se leva à son tour et se rapprocha de Len, un sourire amusé aux lèvres.

- Mais à mon avis, Si je t'avais fait quoi que ce soit, tu te sentirais bizarre à cet endroit...

Rinto posa sa main sur le pantalon de Len, ce qui lui fit pousser un couinement. Len repoussa fermement Rinto, visiblement énervé.

- Lâche-moi! Sal con!

- Calmos Len-len.

Len savait qu'il avait raison. Même si Rinto était louche, il ne mentait pas. Il ne lui avait rien fait. Rinto se rapprocha du frigo et fouilla à l'intérieur.

- Putain de merde! Il y a plus de lait!

Rinto jeta un coup d'œil à Len.

- Tu veux pas aller en chercher, steuplait?

-Tu te fous de ma gueule? Je suis pas ton larbin!

- Ok, j'y vais. Mais je te laisse t'expliquer avec Rui à son retour.

- Ok, ok. C'est bon j'y vais. Laisse-moi juste le temps de prendre une douche.

La douche lui fait le plus grand bien. Il laisse l'eau couler sur son corps, pour se débarrasser de cette ''crasse'' qui lui colle à la peau. Il veut arrêter de penser au corps de Rinto collé contre le sien, alors il tourne le robinet vers le petit point bleu. L'eau glacée lui arrache une grimace, mais il ne dit rien. Voilà. Il arrête de penser à ce putain de crétin avec qui il vient de passer la nuit.

- Len, grouille-toi !

- Ta gueule, je fais ce que je veux !

Il coupe l'eau, et sort de la douche en claquant la porte vitrée qui tremble un peu sur ses gonds. Il enroule une serviette autour de sa taille et se regarde dans la glace. Il a une mine de déterré, les yeux cernés et les joues creuses. Il soupire et s'essuie les cheveux.

En sortant de la salle d'eau, il entend le raffut que fait Rinto en bas. Il soupire et entre dans une chambre au hasard, en quête de vêtements propres. Il ouvre une armoire au hasard et sourit grandement. Pile ce qu'il lui faut...

Len sortit de l'appartement. Ne sachant pas où était Rinto, il hurla un truc du genre: "Je reviens dans deux minutes!" Len claqua la porte. Rinto en profita pour sortir de sa chambre de laquelle il venait d'extirper un paquet de cigarette. Il en alluma une et la porta à ses lèvres. Il sortit ensuite son portable. Pas de nouveau message. Pas de message de Rui. Rinto soupira et posa son portable. Il s'allongea sur le canapé et s'efforça de fermer les yeux. Il entendit alors quelqu'un frapper à la porte.

- Qui c'est? Hurla-t-il sans bouger.

En guise de réponse il entendit des grattements sur le bois. Rinto grogna et finit par se lever. Il ouvrit la porte et...

- Bonjour Monsieur. Je suis Rin Kagamine, la sœur de Len.

Rinto manqua de s'étouffer. Elle ressemblait à s'y méprendre à Len. Les mêmes yeux bleus, les mêmes cheveux. Blonds. En fait, la seule chose qui les différenciait, c'était leur sexe. Rin portait pratiquement le même genre de vêtements que Rui. Une chemise blanche et un blouson en jean. Un sautoir pendant autour de son coup. Ses manches étaient relevées sur ses avant-bras. Elle s'habillait pareil que Rui. Mais elle ne portait pas les vêtements de la même façon. Rui aurait, par exemple, ouvert la chemise presque de moitié pour se créer un décolleté plongeant.

- Comment t'es arrivée là?

- J'ai vu que Len avait appelé du commissariat. Enfin je l'ai déduit plutôt... Et quand j'y suis allée, un policier m'a gentiment donné ton adresse après m'avoir dit que Len était avec toi. Bon, où il est?

- Parti chercher du lait.

- Oh...

- Tu veux rentrer en l'attendant?

Rin jeta un coup d'œil dans l'appartement en désordre. Ça ne lui donnait pas vraiment envie de rentrer à l'intérieur.

- Non merci. Dites juste à Len que je suis passée.

- Ok.

- Au revoir.

Rinto la vit s'éloigner, presque en courant. ''Pile mon genre" Se vit-il penser.

Ce n'est qu'une vingtaine de minutes plus tard que Len frappe à la porte, comme un malade. Rinto grogne et pose son t-shirt trempé de sueur sur la table basse bancale. Il va jeter un œil par le judas et regarde la tête déformée de Len, qui halète un peu.

- Tu m'ouvres, sale débile ?! Hurle-t-il.

- T'es chou, Len-Len. Attend, je trouve la clef...

Rinto ricane en entendant Len hurler de frustration. Il fait mine de fouiller en chantonnant, et va ouvrir doucement.

- C'est le marchand de lait ? Attendez, je vais vous chercher un pourboire, parce que vous êtes vraiment mignon.

- Idiot !

Len le pousse violemment en serrant le sac plein de bouteilles de lait contre son corps.

- Déjà que je dois jouer à la bonne, va pas non plus me violer !

Rinto éclate de rire et débarrasse Len de ses courses, pour les amener dans la cuisine.

- Pourquoi t'es trempé, sale pervers ?

- Je faisais de la muscu'.

Len éclate de rire, mais se tait brusquement quand Rinto lui désigne les altères sur le sofa.

-Ouais, bon Ok. Rinto sourit.

- Ah oui! Len- len! Rin est passée.

- Ah bon? Elle était énervée?

- Non elle avait l'air tout à fait zen.

- Mais c'est génial! Bon allez! J'y vais!

Len se précipite pour ouvrir la porte mais Rinto lui barre le chemin.

- Qu'est-ce que tu fou? Laisse-moi passer gros débile!

- Pas question. Tu t'es vu? T'es tout maigre! Faut pas sauter le petit déjeuner! C'est pas bien, pas bien du tout, Len-len.

- Mais arrête de m'appeler comme Ça! Et laisse-moi passer! J'en ai marre de ton petit jeu!

- Qui t'as dit que c'était un jeu? Je m'inquiète vraiment pour toi, Len-len! Ricana Rinto.

Len avait du mal à savoir si c'était ironique ou si ce sal con s'inquiétait vraiment pour lui. En tout cas, il était sûr d'être énervé.

- Oh toi Ça va! Inquiète toi plutôt pour ta copine! Elle, elle a besoin de toi!

Rinto tiqua. Juste une fraction de seconde. Mais c'était suffisant pour en profiter. Len poussa Rinto sur le côté et ouvrit la porte avant de courir jusqu'à la sortie de l'immeuble.

- Rin va me tuer! Murmura Len tout en courant.

Len venait d'arriver cher lui, fatigué à force d'avoir tant couru. Il ouvre la porte, précipitamment et se jette dans la chambre de Rin.

- Rin? T'es là?

Rin, assise sur son lit, se retourne d'un coup. Elle a l'air surprise. Elle cache quelque chose dans son dos.

- Qu'est-ce que tu fais dans ma chambre, Len? Sors d'ici tout de suite!

- Rin, Ça va?

Son mascara avait coulé. Chose qui signifiait qu'elle avait pleuré.

- C'est ma faute? Demanda Len en se rapprochant d'elle.

- Non Len. Non. C'est ma faute. C'est de ma faute si tu es triste. C'est de ma faute si tu crois que je suis encore là.

Rinto était allongé sur son lit. Ce gosse avait raison. Il fallait qu'il appelle Rui. Mais à l'instant même ou il allait saisir son téléphone, elle déboula dans la pièce.

Elle avait le visage écarlate, les yeux brillants de fureur et de larmes.

- TOI !

Elle rugit, et pointe un index verni de noir vers le torse de Rinto, qui se recule instinctivement vers le mur.

- Je vais te tuer !

- Rui... Calme-toi, ma puce... C'est pas ce que tu...

- Tu lui as refilé MES fringues !

- Quoi ?!

Rinto arque un sourcil et penche la tête. Comment ça, il a donné les affaires de Rui à Len ? N'importe quoi ! Len avait repris les siennes !

- Mais non, chérie ! La sœur de Len est passée pour le récupérer, mais il était déjà parti !

Rui croise les bras sur sa poitrine en affrontant du regard son petit ami.

- Elle est entrée ?

- Non, elle est repartie tout de suite.

- Tu me le promets?

- T'ai-je déjà menti ?

- Oui, justement.

Len se réveille, allongé dans son lit. Il est encore habillé, et se sent bien. Il se lève et file dans la cuisine. Il regarde les vêtements sur la table de la cuisine.

A qui sont-ils, au fait?

Bof, il s'en fiche après tout. Ça doit juste être Rin qui est partie faire les soldes...

- Len! Tu peux aller acheter du lait?

- Hein? J'en ai acheté ce matin...

- Non. Tu en as acheté pour Rinto.

- Merde! Ce con m'a même pas remboursé!

- Putain Len! Tu sais qu'on manque de fric! Va le récupérer! Grouille!

- Rin! C'était juste cinq euros tu sais.

- Même! On. En. A. Besoin! répéta Rin, presqu'en hurlant.

- Ok, ok, j'y vais... 'Fin tu dis Ça mais tu t'achètes des nouvelles fringues! Rin lui jette un regard noir.

- Comment ça, "je m'achète des fringues"? Je me suis rien acheté!

Len jette un regard aux vêtements en boule. Il sait que Rin ne lui ment pas. Elle les aurait soigneusement repliés et rangés dans l'armoire.

- Alors à qui c'est?

- Len, me dis pas que tu t'es encore tapée une nana! C'est à Gumi, c'est Ça? Pff... Elle a dû me piquer des vêtements! Tu es vraiment irresponsable Len. Bah qu'est-ce que tu attends? Va chercher notre fric!

Len hoche vigoureusement la tête. Il sort de l'appartement en vitesse. Ce n'est pas à Gumi, il en est certains.

Rinto ne sais plus quoi faire. Ni quoi dire. Dix minutes qu'ils sont plantés là, comme des cons, sans rien dire.

- Rui, Chuis désolé. J'aurais pas dû...

- Désolé de m'être énervée Rinto, c'est plus fort que moi...

Rinto sourit et se rapproche un peu plus de Rui pour la serrer dans ses bras.

- Je t'aime, poupée, tu l'sais, hein?

- Moi aussi je t'aime.

Ce moment aurait pu durer. Il aurait pu si un certain gosse n'était pas rentré pile à ce moment-là.

- Rinto! Mon fric.

- Len?

- Rinto! Qu'est-ce qu'il fou la? Hurle Rui en le repoussant.

- Tu me dois Cinque euros Rint...

Rui donne une gifle à Len, ce qui le coupe en plein milieu de sa phrase.

- Tu m'as piqué mon copain!

Elle se retourne vers Rinto à qui elle assène la même correction.

- Et toi tu te payes une pute pour assouvir tes désirs d'homo! Vas-y! Donne-lui ton fric! Il l'a bien mérité! Grace à lui je te quitte Rinto.

Rui est en pleure, le visage rouge, elle sort de l'appartement.

- Rinto... Je suis...

- Désolé c'est ça. Tu me donne envie de gerber, Len.

Rinto se rapproche de Len et le plaque contre le mur.

- Je serais toi, je serais plus désolé pour mon propre sort.

La respiration de Len s'accélère. Qu'est-ce que ce malade a l'intention de faire?

Rinto a le visage déformé par la colère, les yeux brillants de haines et de larmes. Sa bouche est tordue en un horrible rictus.

- Rin m'a dit qu'on avait besoin d'argent et que tu devais m...

- Ta gueule ! T'as détruit mon couple, espèce de pauvre con ! Rui est tout ce que j'avais ! Cette gamine, je l'ai sauvé, merde ! Et toi, à cause de ta putain de sœur, tu fais tout foirer !

- C'est que...

- Parle même pas, toi ! Rui, je l'ai trouvé, sur un trottoir, en train de faire le catin pour se trouver de quoi manger ! Elle avait 13 ans ! 13 ANS !

- Je...

Rinto se passe la main sur le visage, tremblant. Il avait réellement aimé Rui. Malgré ses sautes d'humeurs fréquentes, Rui était un ange. Et maintenant, elle allait régresser et redevenir cette jeune fille mal dans sa peau et dépressive qu'elle avait été avant qu'il ne la sauve.

- Je suis désolé, Rinto...

- Ta gueule, putain. Ta gueule ! Sors d'ici ! TOUT DE SUITE !

Len sort de l'appartement, sans un mot. Qu'est-ce qu'il pourrait dire après tout? Il entend Rinto hurler un:

- Putain! En cognant le mur.

On entend une étagère tomber et un voisin hurler:

- C'est pas bientôt finis ce bordel?

Len pleure. Car oui, tout Ça est définitivement sa faute.

- Rinnie va me tuer... J'ai pas récupérer le fric...

Len ferme les yeux. Il se souvient... Il allait sauter quand Rinto l'a sauvé. Ce serait plus simple si cette fois, il sautait vraiment. Il ne sait plus vraiment pourquoi il voulait faire Ça mais... Il devait avoir une bonne raison... Il décide de rejoindre l'endroit de la dernière fois.

Rinto renverse la dernière table, il prend sa tête entre ses deux mains, désespérés.

- Putain de putain de bordel de merde! Il sort son portable et compose le numéro de Rui.

- Bonjour, vous êtes bien sur la messagerie de Rui Kagene. Je ne suis pas disponible pour le moment... Veuillez laisser un message après les bip sonore.

Biiiiip.

- Putain! Bordel! Fais chier! Et merde! Rui déso! Len est pas une pute, tu te goures! Rappelles moi Poupée!

Un silence.

- Je t'aime!

Rui était seule, les larmes coulaient sur ses joues mais elle souriait. Elle venait d'entendre le message de Rinto.

- Moi aussi je t'aime... Murmure-t-elle pour elle-même.

Rinto n'a toujours pas eu de nouvelles de Rui. Il balance le portable sur un mur. La coque se détache et la batterie se brise en deux.

- Fuck!

Il enfile une veste. Il allait oublier Len. De toute façon, il ne pensait qu'à Rui ou qu'à lui. Impossible de penser aux deux en même temps...

- Il va encore faire une connerie... Je le sens... Je le vois venir Len-len. Faut que je l'arrête ou il va replonger...

L'air frais lui mord les joues, le vend lui gifle le visage. Il court, là où ses jambes le guideront. Il contrôle ? On va dire ça. Il s'arrête contre un mur, en haletant. Il distingue, dans le reflet de la vitre d'un boucher déjà ouvert, la silhouette un peu flou de Rin. Il se cache, rampe sur le sol humide et désagréable, et se remet à courir. Il grimpe à toute vitesse les escaliers de secours, et se jette littéralement sur le toit, s'éraflant par ailleurs la moitié droite du visage. Il y est. Sa délivrance. Enfin.

Rinto passe devant la boucher, et regarde à l'intérieur. Il n'y a personne dans la boutique. Il soupire et bifurque dans une rue, mains enfoncés dans les poches. Mais bordel, où est ce foutu gosse ? Il doit absolument le retrouver. En grimpant les escaliers de secours, il se dit qu'il est con. Vraiment très con. Arrivé en haut de l'immeuble, il grogne. Oui, Len est sur le toit. Mais sur le toit de l'immeuble d'en face !

- LEN !

Len n'entend pas. Il s'apprête à sauter.

- LEN! ARRETE TES CONNERIES!

Crie plus fort Rinto, au point qu'il en ait mal à la gorge. Cette fois, Len parait l'entendre. Il se retourne et parait chercher autour de lui. Quand il voit Rinto, un léger sourire apparaît sur son visage. Len parait dire quelque chose comme: «Viens me chercher ou bien je saute." Rinto serre les poings. Le temps qu'il descende de l'immeuble, Len aura déjà sauté. Il fixe désespérément le trottoir d'en face.

- Allez Rinto! Ne perds pas de temps! Se dit-il.

Il redescend de l'échelle. Sautant pour éviter les barreaux et gagner du temps. Sauf que quand il arrive sur le trottoir, il s'aperçoit qu'il y a beaucoup de circulation.

- Putain de merde!

Il traverse malgré les voitures, déclenchant un Flo de protestations. Mais il s'en fou. Il monte sur le toit de l'immeuble d'en face du plus vite qu'il peut. Quand il aperçoit enfin Len, ce dernier s'apprête à sauter. Les yeux fermés, un sourire aux lèvres. -LEN! Rinto court vers lui mais c'est trop tard. Len avait déjà sauté.

- Putain... Qu'est-ce qu'il a encore fait ce con.

Il ne peut pas s'empêcher de laisser couler une larme.