Disclamer : Personnages propriété exclusive de Masashi Kishimoto.
Rating/Pairing/Genre/Résumé : cf. Chapitres précédents
Note : Voici donc un nouveau chapitre de Sakura's Dad, qui, de mes deux fictions en cours, est de loin la plus attendue. Un grand remerciement à vous qui continuez à me suivre, et en particulier aux nombreux lecteurs qui m'ont relancés durant ces quelques semaines. Ah, et la nouvelle présentation du site déchire.
Les dialogues en gras, c'est que pour embêter.
Guide de lecture : Gras : Note et dialogues. Je sais que vous n'êtes pas idiots mais j'aime bien l'effet.
Italique : Flash-back, et flash-back uniquement. Y compris en plein milieu d'un chapitre.
Playlist : Layla – Eric Clapton
Jenny – The Click Five
Savin' Me –Nickelback
Your love is my drug – Ke$ha
Monster - Skillet
Bonne lecture
« Tu es sur que tu veux y aller ? »
La seule réponse de Deidara fut un sourire tendu ajouté à un petit rire ironique qui laissa échapper une bouffée opaline dans l'air froid de décembre. Il était évident qu'il ne voulait pas y aller. Quoique. Il avait repassé son jean et mis son t-shirt à clou, celui-là même qu'il ne mettait que pour les grandes occasions, et avait même fait l'effort de se coiffer. Peut-être qu'au fond, il avait un peu envie d'y aller. Après tout, Itachi avait été clair : s'il ne voulait pas, ils n'y allaient pas. Mais le blond n'avait jamais mis les pieds dans une soirée à proprement parler, aussi avait-il -peut-être- envie de découvrir cette pratique adolescente qui lui était totalement inconnue, quand bien même il ne s'en portait pas plus mal. Itachi s'emmitoufla un peu plus dans sa parka et n'insista pas. De toutes les manières, ils étaient déjà dans la rue, tout près de l'arrivée. Rebrousser chemin maintenant serait idiot.
C'était dans la belle demeure d'Hinata, la ravissante petite amie d'Itachi, qu'aurait lieu la petite fête. Deidara et son ami ténébreux seraient là en touristes complets. Omis Hinata, ils ne connaissaient personne, enfin, presque. Mais la Hyûuga tenait à faire cette soirée, et tenait surtout à ce que sa moitié y soit. Raison pour laquelle elle avait presque supplié Deidara de venir, même s'ils n'étaient pas très proches. Si le blond venait, le brun n'aurait plus aucun argument pour sécher la soirée. Les parents de la jeune fille n'étaient pas là –week-end en Angleterre, apparemment-, aussi s'était-elle permis d'organiser l'anniversaire d'une amie, dans SA maison.
Normal, quoi.
Deidara continuait à s'interroger sur le principe de « prêter » sa maison quand ils arrivèrent devant l'immense grillage du domaine, dont l'unique vue suffisait à retirer toute envie ou idée de cambriolage, ou autre effraction. Itachi et Deidara furent accueillis dans le domaine par des cris féminins loufoques :
« C'est Itachi !
Wouhouuh, Itachiiii ! »
Deidara éclata franchement de rire et se plia en deux, peinant à se retenir, ce qui ne tarda pas à attirer l'attention sur lui tandis qu'Itachi se mordait la lèvre, tentant de conserver sa dignité. Peine perdue. "C'est qui avec lui ? - Y a quelqu'un avec lui !" Disaient les filles postées à la fenêtre du salon, en train de guetter l'arrivée du petit ami de leur hôte. En effet, le grillage était entouré d'un monceau incroyable de plantes et de végétaux, raison pour laquelle il était difficile de savoir qui se tenait à l'extérieur. Hinata vint leur ouvrir et s'excusa humblement :
- Il faut pardonner Karin, elle est déjà défoncée.
Voilà qui s'annonce fort bien, soupira intérieurement Deidara. Ils traversèrent le long chemin pavé, admirant la grande fontaine du jardin à l'herbe parfaitement coupée, montèrent la dizaine de marches du perron, avant d'entrer, de retirer leur chaussures et d'aller saluer les invités déjà sur place.
Deidara était plutôt craintif. A par Tenten, ce n'était que des filles qu'il ne connaissait pas, dont il n'avait même jamais entendu parler, et franchement hystériques : Tayuya, la rouquine, Karin, -qui avait du cannabis en bouche et qui était donc déjà défoncée- de la même couleur de cheveux mais plus coiffée et portant des lunettes, la jolie Konan aux cheveux bleus nuit, et Tenten. Itachi présenta ainsi son amie avant que tous les deux ne se replient dans la cuisine pour manger les parts de pizza qu'Hinata leur avait gracieusement laissé, et réchauffé –merci godiche, se retint de dire Deidara-. Tous les deux conversèrent et Itachi demanda au blond de lui faire part de ses premières impressions. A sa grande surprise, la première chose que lui dit le punk était qu'il trouvait Konan vachement mignonne. Cette pensée le soulagea car il commençait à croire que cette amourette avec le père de Sakura était franchement sérieuse. Alors qu'ils finissaient de manger, les autres invités arrivèrent. Et Deidara se défit proprement. Des idiots complets. Ils entraient en riant stupidement et retiraient leurs chaussures sans cesser de faire un boucan monstre. Hidan avait une fois dit à Deidara qu'on pouvait deviner le quotient intellectuel de quelqu'un à son rire. Ce qu'il voyait tendait à lui faire croire que c'était vrai. Itachi rit sous cape en voyant le visage de son ami se défaire de la sorte, ce qui poussa le blond à lui donner un coup dans le dos. C'était précisément à ce moment-là qu'il sentit qu'il s'était mis dans une situation beaucoup plus mauvaise que ce qu'il croyait.
Et cette impression se renforça lorsqu'Hinata leur dit qu'ils allaient festoyer dans la cave.
Le domaine Hyûuga était, du point de vue de Deidara en tout cas, un bunker. Il y avait de quoi faire sa vie rien qu'en restant dans la cave, quand bien même il y faisait humide et poussiéreux. Il y avait un petit salon, une salle de projection, des toilettes, une petite cuisine et un cagibi. Un appartement, quoi ! La multitude s'entassa dans le salon, bourrée de trois canapés, avec quelques chaises de ci de là. Itachi et Deidara se replièrent dans un coin de la pièce, à côté d'une petite porte qui –sans rire- menait à l'extérieur par le biais d'un passage secret. On en revenait à la théorie du bunker.
Bien que certains aient ramenés des boissons et qu'Hinata ait décidé de commander des pizzas, on s'ennuyait ferme. Et Deidara et Itachi n'étaient pas les seuls à le penser. On ne disait presque rien. Alors, le premier joint, roulé par Karin –évidemment-, circula dans la pièce, et Deidara, malgré les réticences d'Itachi qui était « sain de corps et d'esprit », ne se priva pas pour y goûter, voir la fumée grise sortir de sa bouche comme un serpent dansant le faisant franchement rire. L'Uchiha ne sut pas vraiment si c'était parce que le blond en avait envie ou parce que le cannabis l'avait déridé qu'il avait décidé d'aller parler à Konan, tapisse dans un coin, sur une chaise longue, en train de pianoter sur son téléphone dernier cri à écran tactile. Deidara vit qu'elle était en conversation active avec un certain « Yahiko 3 », et utilisa le cœur à la fin du nom pour engager la conversation.
- C'est ton copain ?
Konan leva les yeux vers lui, rit timidement avant de dire :
- Non, pas du tout.
Itachi haussa un sourcil. Non, mais à voir la tête qu'elle faisait, elle aimerait bien qu'il le soit. Deidara n'eut pas l'air de l'entendre de la même oreille. Après avoir mangé, Konan et Deidara partagèrent une bière, tandis que Karin roulait une autre « cigarette ». Et au fur et à mesure de la soirée, sous les yeux de Tenten et Itachi qui discutaient entre eux, tout alla en empirant. Personne n'avait réellement envie de se saouler ce soir. L'alcool déliait seulement les langues. Ils s'échangèrent quelques blagues que tout le monde avait déjà entendu, et même Deidara participa à la conversation, en en déclamant une d'une part alors que tout l'auditoire la connaissait, mais aussi pour rire à celle de Tayuya. Il ajouta trois secondes après :
- Je rigole juste pour te faire plaisir en fait.
Et la multitude explosa de rire. Au fur et à mesure, Deidara prit de la vodka, de la manzana –il termina les deux bouteilles à lui tout seul-, pour s'achever sur de la bière.
Ce fut quand il dit à Karin à voix haute de se « dépêcher de rouler » car il avait la diarrhée et envie de se soulager qu'Hinata comprit que le blond était définitivement bourré. Karin avait commencé à relever depuis longtemps les signes avant-coureurs : le blond ne se tenait pas droit, débitait des paroles incohérentes et se collait à Konan sur sa chaise longue-, mais pour elle aussi, ç'avait été le déclic. Konan haussa les sourcils, se leva et somma au blond de s'en aller, ce à quoi il répondit :
- Ça va, je peux encore me retenir !
Mais la bleue n'était plus en confiance, aussi se tint-elle le plus loin possible de lui, dans la mesure du possible sur une chaise commune. Hinata remonta donc et s'en alla prévenir Itachi, qui était fatigué et se préparait déjà à dormir. Le brun bondit et s'en alla trouver son ami en bas, mais au moment où il arrivait, Deidara débitait déjà des insanités. Plus précisément, il regardait Tenten, et lui disait ouvertement :
- J'ai fait une tentative de suicide ! Dans ma baignoire ! C'était trop marrant !
Et il explosait de rire sur ces mots. Itachi remarqua vite que son meilleur ami surjouait un peu. En effet il n'était pas bourré au point de faire un coma éthylique mais assez pour que l'effet de la boisson se ressente et excuse les idioties qu'il balançait sans peine à la multitude. Tenten était en état de choc profond face à la révélation.
Itachi traversa la pièce, s'excusa, et prit son ami par le bras. Hinata vint l'aider qu'il sortit de la cave :
- Les bourrées, dans la chambre de mes parents.
Il ne lui demanda pas pourquoi, malgré le fait que les Hyûuga aient au moins deux chambres d'amis. Aussi commencèrent-ils à soutenir le blond jusqu'à l'étage, qui ne marchait plus droit du tout. Quand ils le lâchèrent pour qu'Hinata ouvre la porte de la chambre, il s'écroula lamentablement, malgré ses efforts pour tenir debout. Itachi s'approcha de son ami, et quand il l'aida à se relever, Deidara dit, la voix oscillante et chevrotante :
- Mais tu sais Itachi, si je fais ça, c'est de ta faute ! Parce que tu m'as abandonné, tu m'as laissé seul alors que je suis fou de toi depuis trois ans ! Et tu le sais !
Hinata ouvrit la porte et aida son compagnon à porter Deidara jusqu'au lit. Puis elle sorti, laissant le soin au brun de déshabiller Deidara pour lui permettre de dormir tranquillement. Le blond, lui, ne s'arrêta pas là :
- Vous m'abandonnez tous ! Tous, autant que vous êtes ! Toi, Hidan, Grand-père ! Et même Sasori !
Il éclata alors en sanglot et se jeta dans les bras d'Itachi.
- Nous y sommes… Dit le brun en secouant la tête, épuisé.
Deidara se laissa aller aux larmes. Il pleura une bonne dizaine de minutes. Hinata ramena un seau qu'elle posa à côté du lit de Deidara, tandis qu'Itachi le bordait. Il s'allongea aux côtés de son ami et mit un peu de musique. Dès les premières notes, Deidara rendit tout l'alcool qu'il avait ingurgité. Itachi appela sa compagne au secours et tandis que le blond se vidait les tripes, ils retiraient les draps, qu'ils posèrent dans un coin de la pièce après les avoir parfumés. Ils feraient une machine le lendemain. Après avoir tout vidé dans le seau, Deidara se recoucha, dans les bras d'Itachi, encore. Hinata savait qu'ils avaient des choses à se dire, et qu'elle serait de trop. En fait, ils ne dirent rien. La présence suffisait. Deidara demanda juste, d'une voix faible :
- Il va venir, Sasori, hein ?
- Mais oui, mais oui…
Le blond sourit comme un enfant et s'endormit sur cette certitude, se laissant porter par la musique.
Il s'éveilla seul. Itachi était parti. Sasori n'était pas venu.
Le soleil entrait avec clarté dans la chambre dans les tons du blanc, du gris et du marron –les Hyûuga étaient très modernes-, éclairant chaque grain de poussière qui voletait dans les airs. Allongé, entre deux verres d'eau trônant sur les tables de chevet, il ne s'était jamais senti aussi vide. Il ne ressentait rien de particulier, sinon son vide intérieur. Il ne pensait à rien, n'avait aucun air musical en tête, aucune envie. Il se laissa aller dans les draps blancs. Cette architecture monochrome et moderne, neutre, sans sentiments, conformait encore plus son ressenti. Les couleurs fades le regardaient sans comprendre, les meubles sans émotions étaient imperméable aux restes. Au milieu de cette pièce qui ne ressentait rien, lui-même se sentait déserté par les sentiments.
Malgré les deux larmes qui roulaient sur ses joues.
Le blond se traina jusqu'à la table de chevet, où il prit le grand verre d'eau qu'il engloutit d'une traite, et réitéra l'opération avec son frère jumeau qui se trouvait sur l'autre table. Il ne savait pas qui avait mis ces verres là, mais il l'en remerciait franchement. L'attention lui alla droit au cœur. Il entendit alors des pas dans le couloir, et descendit du lit, s'en allant ouvrir la porte. C'était Tayuya. Elle avait dormi à la cave, et montait voir qui dormait encore. Tout le monde, omis Deidara, apparemment.
Tous les deux se firent un café qu'ils partagèrent en riant, en attendant que chacun s'éveille. Aussitôt levés, et la plupart s'en allèrent sans piper mot, enfin, après avoir pris une tasse de café, cela allait de soi.
En début d'après-midi, Hinata, Itachi se retrouvaient seuls. Deidara prit sa douche, pendant qu'Itachi et Hinata, en bon couple, s'occupaient de la maison –en fait, cela impliquait seulement de mettre les draps dans la machine et de les étendre ensuite-.
L'eau chaude ruisselant sur le corps de Deidara le remit face à sa solitude. Il avait envie de pleurer, mais étrangement, n'y parvenait pas. La soirée d'hier l'avait confronté à ce qu'il tentait d'oublier : Sasori. Sasori, qu'il avait désespérément tenté de rayer de sa mémoire chaque jour depuis qu'il avait laissé son cadenas là-bas. Il ne se sentait plus la force d'aller le récupérer. Il ne se sentait plus la force de revoir ces yeux marrons brillant entouré de grands cils, cette chevelure de soie, ce visage si finement sculpté qu'il lui ferait tourner la tête. Le blond se tint les cheveux et se replia sur lui-même. Son corps était secoué de sanglot, mais aucune larme ne voulait sortir.
- Deidara ! l'appela Itachi. On mange !
Sasori faisait tourner le cadenas autour de son doigt. L'écran était allumé devant lui, et le clavier demandait attention. « Puppet » faisait déjà une cinquantaine de pages, et ce n'était pas mal du tout. Le rouquin avait même une idée de la fin. Mais rien ne lui revenait.
La cigarette à moitié entamée se consumait seule dans son cendrier rouge, à côté d'une tasse de café, rouge elle aussi. Sasori aimait le rouge. La couleur la plus puissante qui était selon lui. Elle ne perdait jamais sa force, son ton, peu importait la lumière qui l'éclairait, le rouge restait le rouge. Il n'y avait qu'à entendre à quel point il résonnait dans toutes les langues. Red. El rojo. Aka. Rot.
Tout en la prenant, Sasori se creusa le cerveau. Il en fit le tour, traversa ses deux hémisphères, s'en alla même jusqu'au cervelet, mais rien ne lui revenait. Le fichier de son second livre, « Hallelujah », était lui aussi ouvert, mais c'était peine perdue. Il continuait de jouer avec le cadenas. Puis il posa sa tasse sur son bureau, et jeta le cadenas à son côté, avant de se taper ta tête sur le bureau. Il coula un regard à son téléphone. L'éditeur n'allait pas tarder à lui mettre la pression. Il entendait l'oiseau battre des ailes pour venir se heurter à sa fenêtre. C'était sûr et certain.
Sakura ne venait pas ce week-end. Il serait donc seul, encore une fois, à se morfondre dans son apparemment.
L'écrivain se leva, reprit sa cigarette qu'il débarrassa de la cendre en trop, et tout en la fumant, se dirigea vers sa filmothèque. L'Akasuna avait une centaine de films, dont de grands classiques du cinéma. Il se demanda s'il devait continuer à se forcer à pondre des lignes, ou s'il se payait deux heures de bon temps fictif face à un film qu'il avait déjà vu, vu, et revu. Son doigt passa sur l'étagère des Quentin Tarantino, repassa encore, avant que finalement, il ne retourne s'assoir son siège. Il posa son pied sur le bureau et poussa, avant de tourner en rond, comme un enfant qui découvrait les joies du fauteuil à roulettes.
Il s'en retourna finalement au bureau. Il avait eu beau faire une demi-centaine de tour, il en était toujours au même point.
Ses yeux se posèrent de nouveau sur sa tasse, à laquelle le cadenas s'était accroché. Le rouge et le doré s'alliaient étonnamment bien, et cette pensée lui fit marquer une autre pause. Puis il prit le cadenas et le balança par-dessus son épaule.
Il détestait le doré. Il détestait cette couleur clinquante qui accrochait le regard, à en arracher la rétine et qui brulait le cerveau. Même le soleil était doré. C'était écœurant.
Peut-être téléphoner lui ferais du bien. Parler à des gens lui changerait les idées et l'aiderait à repartir de l'avant. Oui. Essayer d'avoir une vie sociale. C'était une excellente idée.
Mais qui appeler ? Orochimaru ? Certainement pas. Ce vieux fou était certainement en train de disséquer un serpent pour tenter d'acquérir la jeunesse éternelle (?). Minato peut-être ? L'entraineur sportif avait bien un peu de temps à lui accorder. Ou alors sa femme Kushina, avec qui Sasori entretenait une bonne relation –amicale, cela allait de soi. Minato deviendrait un éclair jaune et le carboniserais autrement-. Asuma ? Non, il devait être très occupé avec son nouveau-né. Ses lointains cousins les Sabaku No ? Il n'avait que faire des relations familiales. Son choix se porta vers Minato : il n'avait aucune envie de faire le tour de son répertoire. Mais l'appeler…pour quoi lui dire ? Rien, certainement. Il finit par raccrocher sans avoir composé le numéro.
La situation allait de mal en pire. Mais il fallait qu'il fasse quelque chose. Il fallait. Il fallait qu'il oublie qu'il était seul dans son appartement, en train de se morfondre devant son écran. Il fallait qu'il oublie le doré de la chevelure de Deidara, ses yeux bleus cernés de noir, ce petit air arrogant qu'il affichait constamment. Il le fallait.
Il se gratta le front. Il avait tant envie de le revoir que ça en devenait inquiétant. Mais cet idiot ne reviendrait certainement pas. Et s'il ne trouvait pas un moyen de le contacter, cette probabilité allait augmenter. En ce bas monde, il fallait tout faire soi-même.
La sonnerie retentit. Sasori sursauta.
Son cœur se mit à battre la chamade, et tous ses poils se levèrent. Un frisson brulant traversa l'ensemble de son corps, et il déglutit. C'est lui, pensa-t-il en prenant une grande inspiration. C'est lui. Il se leva et se dirigea vers la porte, qu'il ouvrit en grand sans réfléchir.
- Bonjour, oncle Sasori.
C'était Gaara, casque sur les oreilles, téléphone en main. Formidable. Le visage de Sasori se ferma plus qu'il ne l'était d'habitude.
- Oh bonjour, dit-il. Tu viens récupérer tes livres, je suppose.
L'auburn hocha la tête, aussi Sasori retira le hoquet de la porte pour l'ouvrir complètement et permettre à son neveu d'entrer. Comme le voulait la règle, Gaara retira ses chaussures dans l'entrée. Il retira ensuite sa veste qu'il accrocha sur le portemanteau, et jeta casque et téléphone sur le canapé.
- Ils sont dans la chambre de Sakura, à l'étage.
Gaara hocha la tête et s'exécuta. Sasori le regarda disparaître, mécontent.
Cette empafée aurait tout de même pu faire l'effort de rendre ses livres elle-même, pensa rageusement l'Akasuna. Cette maison n'est pas un moulin.
Le téléphone de l'auburn émit une vibration.
Pourquoi avait-il fallu que Gaara laisse son téléphone sur le canapé ? Pourquoi son téléphone avait-il vibré à ce moment précis. Et surtout, pourquoi Sasori, poussé par une monotonie maladive qui le rendait curieux de chaque chose pouvait égayer son existence, appuya sur le bouton central du téléphone ?
Le nom de Deidara s'afficha.
Sasori fit un bond et recula de trois pas.
- Oncle Sasori, l'appela Gaara à l'étage, je ne les trouve pas !
- Vraiment, répondit le roux en se grattant la tête. Regarde dans la mienne, ou dans la bibliothèque !
Il fallait qu'il agisse vite. L'Akasuna saisit compulsivement le téléphone, et appuya de nouveau sur le bouton. L'écran s'alluma, et l'auburn, peu à l'aise avec la technologie, tenta de l'ouvrir.
Foutus jeunes et leur technologie. Pourtant, il suffisait de faire coulisser son doigt sur l'écran. Vite, une feuille et un stylo. Il arracha une feuille à l'imprimante, mais trouver un stylo fut une autre affaire. Il en trouva un sous la table basse, mais qui ne marchait déjà plus. Au final il écrivit le numéro sur son texte –pourquoi ne l'avait-il pas fait plutôt-, avant de le réduire et retourner à sa place.
Gaara redescendit, ses livres en main.
- Sympa, ces téléphones, dit Sasori en tendant l'appareil, l'air de rien, impassible. Je pense m'en acheter un dans quelques temps.
- Toi ? rit Gaara en reprenant son bien, intrigué. C'est à peine si tu sais te servir d'un ordinateur.
- Ça suffit, répondit Sasori sur le même ton.
Il le mit cordialement à la porte, après lui avoir offert une canette. Puis il tomba par terre, au bord de l'apoplexie, et il posa ses mains sur son visage.
Bon sang ! Il y avait peut-être bien un dieu, un enfer, un ciel, enfin, quelque chose en ce bas monde qui lui avait tendu la main ! Enfin !
En ce bas-monde, il fallait tout faire soi-même. Mais parfois, un coup de main pouvait s'avérer confortable.
Je suis sincèrement désolée. Je ne me sentais pas vraiment inspirée pour la partie "Sasori" du chapitre, et je pense que ça se ressens. J'essaierais de faire mieux la prochaine fois.
Raison pour laquelle, encore une fois, comme à la fin de chaque chapitre, je vous demande des suggestions. Cette fic vous plaira d'autant plus si certaines idées viennent de vous, quand bien même vous aimez être surpris par les auteurs.
