Disclamer : Tous droits réservés à Masashi Kishimoto, qui soit dit en passant, commence à faire n'importe quoi avec son manga. On devrait tous se cotiser pour envoyer un tueur à gage au Japon. Parce que faire mourir Neji, c'était pire que tout.

Rating/Pairing/Genre/Résumé : cf. Chapitres précédents

Note : Surpris de me revoir, surtout après la note assassine sur mon profil ? Bon, si vous faites pas semblant d'être surpris, faites semblant d'être heureux. Ça fait combien de temps… Deux ans ? Trois ? Je ne sais même plus. Et je ne sais pas si un jour le rythme de publication redeviendra régulier. Mais bon, je me suis dit que puisque je me donnais à fond sur d'autres fandoms je pouvais faire l'effort de revenir vers vous. Je passe donc le message de honte où je vous promets de faire des efforts parce qu'au fond, je ne sais plus quoi faire.

Merci à vous qui continuez à me suivre, et bonne lecture.

Playlist : Serenade – Anna Tsuchiya

Stacy's Mom – Foutain of Waynes

The Name of Life – Spirited Away


Il faisait plutôt chaud. C'était une fort belle journée pour un mois de janvier. En décembre, à Noël, il n'y avait même pas eu de neige. Et maintenant que les cours avaient plus ou moins repris, on avait envie d'être toujours en vacances. Pourtant, les journées recommençaient à s'allonger et le soleil acceptait de rester parmi la population quelques minutes de plus chaque jour. C'était presque inespéré après des mois qui avaient semblé être plongés dans les ténèbres. Et le soleil, cette année, n'était pas le seul à avoir clamé à voix haute son retour de plus en plus important dans la vie de Deidara.
Et c'était certainement la raison pour laquelle il tremblait autant malgré la relative bonne température de ce début d'après-midi. Déjà, quelques jours auparavant, quand, en pleine révision –auquel il accordait une négligence toute particulière-, il avait reçu ce message, il avait cru que son cœur s'envolait dans les cieux, ou alors que le grand monsieur là-haut lui faisait une mauvaise plaisanterie. Rien de tout cela. Et puis finalement, une conversation s'était engagée, pour déboucher sur un accord. « Après les partiels ».
Les partiels étaient maintenant terminés, Deidara était un étudiant libre pour toute une semaine. Et contrairement à la plupart de ses camarades qui s'étaient soumis à une pression incroyable rien que pour ces quelques épreuves, relativement faciles pour des secondes années, ce n'était pas la fac qui l'avait mit dans un état second. Mais bien ce qui l'attendait au bout du chemin.
Et puis, il était anxieux. Les jeunes comme lui perdaient facilement leurs repères sans utiliser leurs téléphones. Quand deux amis se donnaient rendez-vous, ils s'envoyaient sans cesse de leur nouvelles comme s'ils n'étaient plus surs de se voir. « Je suis dans le bus », « J'arrive », « Attend, j'ai raté mon train » étaient autant de petites indications rassurantes qui assuraient que la personne de l'autre côté de l'écran était encore en vie et ne couperait pas au rendez-vous. Là, il n'en était rien. Comme du temps de leurs parents, un lieu et une heure. Et tant pis s'il n'y était pas.
En arrivant à un café, « Le Beau Sourire », aux environs de quatorze heures, Deidara était dans un état second. En ouvrant la porte, il avait l'impression de ne plus savoir ce qu'il faisait là. Il ne se souvenait plus de son propre nom, de son âge, de sa condition, ni même du chemin qu'il avait fait pour en arriver là. La tête de plus en plus embrumée, il tituba jusqu'au bar, commanda un soda quelconque, pour finalement aller prendre place dans un coin où il savait qu'il ne serait pas tenté de regarder à chaque seconde par la fenêtre. Quand son soda arriva, Deidara était certain de s'évanouir dans la minute. Il n'en pouvait plus. Dans sa sacoche noire l'attendait un livre, mais il était certain d'être totalement incapable d'enchaîner ne serait-ce que deux lignes. Alors, même si, à la base, son but était tout autre, il avait fini par poser ses yeux devant la porte, et attendre en tremblant tout en trempant de temps en temps ses lèvres dans son verre.

Après un ton qui lui avait semblé immensément long, il avait fini par arriver. Enfin. Vêtu d'un élégant trench-coat noir, d'un pantalon à pince noir et de chaussures parfaites cirées, avec comme unique touche de couleur un foulard rouge. La boisson de Deidara lui sembla plus fade que jamais. Quand l'homme passa les portes vitrées du café, il se sentit tout chose. Au début, il aurait bien voulu le railler on se serait cru de retour en des temps reculés, où l'on portait monocle et montre à gousset, chapeau melon ou haut de forme selon les préférences. Mais aussi au temps où l'élégance était maîtresse du monde. Les yeux bruns sondèrent rapidement le café du regard et il afficha une expression neutre en repérant Deidara qui était pétrifié, incapable de lui faire un simple signe de la main tant celles-ci tremblaient, à l'instar de tout son corps.

Tout en déboutonnant sa veste, Sasori traversa le café à grandes enjambées et vint s'asseoir en face de lui, posant son trench sur le dossier de sa chaise, dévoilant ainsi une chemise blanche très simple rehaussé par un veston noir à dos rouge. Huit sur dix sur l'échelle du prévisible, se serait dit Deidara s'il ne trouvait pas que cette tenue lui allait diablement bien. Il en lui manquait plus que des gants et une longue cigarette blanche pour ressembler à un jeune dandy le cœur du blond bondissait dans sa poitrine aussi vite qu'il était possible. Cela lui fit presque mal, et cela devint encore pire quand, après s'être assis, Sasori plongea ses yeux dans les siens.

« Tu m'as attendu, s'enquit-il simplement en croisant ses mains sur la table.

- Non, mentit Deidara en regardant son verre qui était vide au trois quarts.

- Tant mieux, rétorqua le père de famille sans se préoccuper de savoir si l'étudiant mentait ou non. Personnellement, je déteste qu'on me fasse attendre.

- Aller au restau n'était peut-être pas la meilleure idée du monde alors, dit Deidara en grimaçant. »

Ils partirent tous les deux dans un rire nerveux, mieux contenu chez l'adulte que chez le plus jeune. Le roux, d'un claquement de doigt autoritaire, appela une serveuse à lui. Elle rappliqua aussitôt, un grand sourire aux lèvres, et il lui demanda une boisson ainsi que la carte des vins. Elle hocha la tête et disparut, et l'auburn en profita pour soulever son menu. Deidara, les mains tremblantes, l'imita, totalement intimidé. Il se fit la réflexion qu'il était dans un état tel que si Sasori lui demandait de sauter, il lui demanderait « combien de fois », et s'il lui demandait de chanter, il rétorquerait « quelle chanson ». La suite des évènements s'avéra plus compliquée que prévu. Tous deux se regardaient parfois par intermittence, par-delà des menus, sans que l'autre ne s'en rende compte. Finalement, la serveuse revint, ils passèrent leur commande, et elle leur reprit leurs boucliers de carton plastifiée.

Quand leurs défenses volèrent ainsi en éclat, et qu'ils se retrouvèrent à se regarder comme ça, dans le blanc des yeux, l'évidence s'imposa à elle, terrible et répugnante, comme si le cadavre d'un pigeon était tombé pile entre eux. Ils n'avaient rien à se dire.

Deidara n'avait même pas vingt ans, tandis que Sasori approchait sereinement des trente-cinq ans. Le blond aimait tout ce qui était bruyant, l'auburn aspirait au calme perpétuel. Rien qu'en s'échangeant ces quelques œillades peu discrètes, ils commencèrent à se demander, chacun à leur façon, s'ils n'étaient pas en train de faire une monstrueuse erreur. Le fossé était trop grand. Trop profond. Ils n'avaient aucun intérêt commun, sinon un simple album musical des années quatre-vingt. Deidara voulut, une fois de plus, prendre la fuite une de ses jambes s'était par ailleurs mise à trembler. Il déglutit en regardant la table comme s'il espérait y découvrir le sens de la vie. Ou au moins, la raison de sa présence ici. Sasori, face à lui, n'était pas aussi interrogatif. Il s'ennuyait, tout simplement, et il n'avait plus qu'une envie : rentrer chez lui. Ses craintes étaient confirmées : lui et cet étudiant n'avaient rien à faire ensemble, dans tous les sens du terme. Se disant qu'il pourrait mieux digérer cette désillusion avec une cigarette, il en était à se demander qu'est-ce qui l'avait poussé à écrire ce message, quand le téléphone de Deidara vibra dans sa poche, assez fort pour qu'il l'entente et hausse un de ses sourcils fins.

Ce fut comme une libération pour le blond qui n'en pouvait plus. Son estomac était si noué qu'il craignait de ne même pas pouvoir manger. Il glissa une de ses mains tremblantes dans la poche de son pantalon noir et en sortit son portable. Un message d'Hidan. Jamais il n'avait autant aimé son aîné, il en était persuadé.

« J'AI ACHETE THE LAST OF US REMASTERISE, JE VAIS Y JOUER SANS TOI, PAR JASHIN ! »

« Oh c'est pas vrai, s'étrangla Deidara presque malgré lui. »

Il en oublia complètement le fait que son aîné ne savait décidément pas utiliser les minuscules, à tel point qu'une conversation avec lui devenait très rapidement insupportable si on était pas psychologiquement prêt. Non, tout ce qu'il retenait, c'était que son frère s'était acheté le meilleur jeu de l'année cinq cent fois promu et qu'il ne l'attendait pas. Oh, il allait lui éclater la gueule au poing américain celui-là. Il avait fini par en oublier la présence de Sasori en face de lui, ce dernier ayant manqué de peu de sursauter. Il haussa les deux sourcils, intrigué. Se disant qu'il y avait peut-être là sujet à tenir une conversation, même pour trente seconde, il demanda dans un grognement faussement désintéressé ce qui clochait. Deidara fut secoué par le même rire d'abruti congénital qu'il avait eu quand il l'avait surpris avec Sakura, quelques temps plus tôt, si bien que le père ne retint pas une moue amusée.

« Désolé, fit l'étudiant, mais vous ne pourriez pas comprendre. Enfin, je doute que vous vous intéressiez aux jeux vidéos.

- Et qu'est-ce qui te fait dire ça, s'offusqua un Sasori qui détestait qu'on le prenne pour plus vieux qu'il n'était.

- Bah, vous êtes écrivain, répliqua le blond en se grattant la nuque, gêné. Je vous imagine plus lire sur une terrasse parisienne en buvant un café que vous abrutir devant votre télé. »

Et il ne pouvait pas nier que cela niait avec sa tenue et sa nonchalance naturelle. Ses déductions ne manquèrent pas de faire rire Sasori, de manière presque vexante d'ailleurs.

« Détrompe-toi, se défendit l'auburn, j'ai une 360 dans mon placard.

- Vraiment, s'exclama Deidara. »

A la rigueur, si son aîné lui avait dit qu'il avait une Atari, une Saturn ou une Super Nintendo, il aurait eu l'air moins choqué. Mais non, Akasuna no Sasori jouait dans la cour des grands, la Next Gen ! Certes, la One était sorti, mais il n'y avait rien qui justifiait réellement que l'on en fasse l'acquisition pour l'instant. Le blond fronça les sourcils. Sakura lui avait pourtant spécifié que son père était presque incapable de se servir un portable. Il ricana. Le vilain cachotier de papa. Quoique, elle pouvait parler, la rose : utiliser AirMedia, tout un combat, mais jouer à Angry Birds, pas besoin de cours particulier. Comme quoi, c'était génétique.

« Vrai de vrai, ricana Sasori. Quand l'inspiration me fait défaut, je vais tuer quelques monstres, et vingt pages peuvent suivre.

- Vos terrains préférés ? Demanda avidement Deidara. »

Et finalement, une discussion animée s'engagea. La serveuse arriva peu de temps après avec les tagliatelles à la carbonara de l'un et les spaghettis bolognaises de l'autre. Deidara en vint à parler tellement fort que les autres dans le restaurant lui jetaient des regards courroucés, sans pour autant qu'il comprenne pourquoi. Pour lui, le niveau de décibel était tout à fait normal, et tant pis pour eux s'il aimait mimer et jouer ce qu'il racontait. Sasori n'aimait pas beaucoup les manières et les gesticulations du blondinet mais il devait s'avouer que cela le rendait attendrissant, en un sens. Ça rendait aussi son récit plus vivant. Et lui rappelait la monstrueuse différence d'âge qu'il y avait entre eux. Il secoua la tête.

Deidara partit dans une sorte d'éclat de rire quand le rouquin le défia.

« Je vous prends quand vous voulez, dit-il en riant.

- Très bien sale gosse, pouffa Sasori, si tu crois être réellement capable de me distancer.

- Plutôt deux fois qu'une !

- Tu vas voir, l'écrivain contre l'étudiant c'est la raclée de ta vie que tu vas prendre. »

Il mordit sa fourchette d'un air conquérant, et Deidara secoua la tête, un grand sourires aux lèvres.

« On verra, on verra. »

Leurs doutes s'étaient envolés aussi vivement et bruyamment qu'ils étaient apparus. Maintenant, plus rien ne les arrêtait. Et comment ça va, l'école, le semestre, les cours, et vous, votre livre, ça avance, je pourrais lire, bien sûr que non sale gosse, t'achète, j'ai besoin de manger. Ils finirent par se dire, au fond, que ce gouffre était imaginaire, et qu'ils étaient bien loin d'avoir fini de discuter. Ils riaient. Enfin, surtout Deidara. Sasori se contentant de sourire en coin plus ou moins larges, toujours aussi propres sur lui.

« Au fond, je n'aurais pas eu besoin de foutre ton collier au fond d'un gobelet pour trouver un prétexte pour te revoir, souffla-t-il dans son verre de vin.

- Pardon ? Fit Deidara en relevant la tête de son assiette.

- Rien, s'exclama Sasori. Rien, mange. »

Dans ce sursaut, craignant d'être surpris, il avait posé sa main sur celle de Deidara, comme pour le retenir. De quoi, il n'en savait rien, mais il voulait mettre un frein avant que d'autres questions ne suivent. Cette légèreté, ce qu'il ressentait maintenant, dans ce café baigné de soleil, avecce blond effronté, il voulait que ce sentiment de ne le quitte jamais. Même s'il savait qu'en revenant chez lui, il serait assailli par les ombres et le doute, il savait aussi qu'il ne remercierait jamais assez Hidan, Jashin, ou Dieu, qu'importait, pour avoir envoyé ce message à Deidara. Pour lui avoir prouvé qu'il pouvait y avoir quelques choses. Sa main recula rapidement, trop rapidement, pour Deidara qui, après s'être senti électrisé, savourait finalement ce contact, même s'il était nerveux.

« Qu'est-ce qu'il y a ? Fit-il en regardant la main crémeuse de l'Akasuna s'éloigner de la sienne.

- Rien, répéta Sasori trempant ses lèvres dans son verre de vin. Ce sont… Tes bagues. Pas très agréable. »


Il s'attendait à autre chose qu'à ça, mais étonnamment, Sasori n'eut aucun de mal à admettre, intérieurement, qu'il avait sincèrement souhaité que Deidara fasse ce qu'il avait fait. Il s'était redressé sur sa chaise, avait retiré ses nombreuses bagues qu'il avait fourré au fond de sa sacoche, et avait de nouveau mit sa main sur la table, un sourire idiot aux lèvres.

Deidara regardait ses mains. Ils les avaient dénudés. Il en avait retiré toutes les bagues. Parce que c'était ainsi que Sasori les aimait. Mises à nues, lisses, hâlées. C'était ainsi qu'il l'avait accepté, qu'il avait croisé ses doigts avec les siens. A ce moment-là, une chaleur s'était répandue, d'abord dans le bras de Deidara, avant d'arriver droit vers le cœur. Il ne retint pas un sourire triste et ses yeux s'embuèrent de larmes.

« Deidara, souffla Itachi. On est arrivés. »

Il éclata en sanglots.


Tada ! Je sortirais des lapins du chapeau que je n'ai pas juste pour vous impressionner un petit peu plus. Certes, c'était court et un peu vide à mon sens, mais il fallait bien passer par là. Je me remets lentement dans le bain, même si je ne garantis rien. J'espère sincèrement, avec votre soutien, arriver jusqu'à la fin.

Non, vraiment, je crois que je n'exprimerais jamais assez ma gratitude envers vous. Les lecteurs qui me suivez depuis le début, depuis mon premier fandom, qui sont toujours là, qui attendent, ceux qui sont venus plus tard, ce qui m'ont poussés à continuer. Au fond, je vous dois beaucoup. Et je vous aime. Bordel, je vous aime.

Allez, vous êtes mes lecteurs, vous avez tous les droits. Notamment celui de suggestions pour le prochain chapitre qui, comme vous l'aurez deviné, aura pour centre ce fameux combat de jeux-vidéos !