Disclamer : Tous droits réservés à Masashi Kishimoto, qui soit dit en passant, commence à faire n'importe quoi avec son manga. On devrait tous se cotiser pour envoyer un tueur à gage au Japon. Parce que faire mourir Neji, c'était pire que tout.

Rating/Pairing/Genre/Résumé : cf. Chapitres précédents

Note : Je suis sûr que s'il y en a qui ne s'attendaient pas à me voir revenir aussi vite, c'est vous. J'ai tort ? Bah tant pis, j'aurais essayé de faire de l'humour. Me revoici après un court délai (comparé aux autres chapitres, c'est un délai court, non ? Vous me détestez toujours ? Aïe), pour un nouveau chapitre qui, je l'espère, fait avancer l'histoire.

Note 2 : Ah oui... hm... Je ne me souviens plus avec exactitude de ce que j'avais prévu pour les parents d'Hidan et Deidara. Alors j'ai fait avec des bribes de souvenirs mais dans l'ensemble je me souviens vraiment plus… J'espère que ce chapitre ne sentira pas trop le raccommodage.


« Tu vas jouer aux jeux vidéo avec le père de son ex-copine… A part ça, tout va bien. »

Deidara n'avait de cesse de se répéter ces paroles alors qu'il montait les escaliers qui le guidaient jusque chez Sasori. En fait, il avait commencé à se répéter tout ça dès qu'il avait quitté son propre appartement, sans oser dire à Hidan où il allait, pourquoi, avec qui, et encore moins à quelle heure il risquait de rentrer. C'était un coup à avoir trop de problèmes, et il n'avait pas envie de risquer une dispute avec son frère juste avant de venir. Il était déjà bien trop tendu.

Son cœur battait la chamade et ses mains tremblantes étaient moites. Alors qu'il traversait le couloir, il se demandait si ses pieds pourraient le porter jusqu'à la porte d'entrée. Il se voyait déjà, évanoui, dans le coma, voire mort, étendu au milieu du palier à cause d'une rupture d'anévrisme. D'ailleurs, il lui semblait sentir une légère pression au niveau de la tempe. Et la vitesse et la force avec laquelle battait son cœur, ce n'était pas commun, tout ça. Il allait certainement mourir, il allait certainement… Arriver devant la porte en parfaite santé. Deidara hocha la tête sur le côté. C'était quelque chose qui entrait également dans le champ des possibles après tout.

Restait maintenant à oser sonner. Mais puisque ses jambes avaient prouvées qu'elles pouvaient le soutenir jusqu'à la porte, son bras n'avait plus aucune raison de lui faire faux bond. Alors il sonna.

Il n'avait pas prévu qu'il y aurait un délai entre le moment où il sonnerait et celui où la porte s'ouvrirait. Et qu'il allait devoir prendre son mal en patiente, déjà dans tous ses états. Plus le temps passait, plus il sentait que sa conscience était absorbée dans un trou noir et que tous ses sens se dissipaient dans l'air en petites particules. Pendant une dizaine de secondes, il en vint même à souhaiter que la porte ne s'ouvre pas, qu'il n'y ait personne, pour qu'il puisse rentrer chez lui en déposant sur le paillasson cette pression qu'il s'infligeait depuis son réveil. Et la porte s'ouvrit. Il fut bien entendu soulagé, mais son corps se comprima soudainement.

Avant qu'il ne réalise que quelque chose ne tournait pas rond.

Deidara avait dressé toute une liste de scénarios possible depuis qu'il s'était réveillé. Il s'était imaginé un Sasori absent, dérangé dans son travail, en train de regarder la télé, éveillé en pleine sieste, voire même complètement nu sous un peignoir rouge, mais ça, il ne s'y était pas préparé.

Le père de Sakura avait l'air terriblement mal en point. Les yeux plissés, il se reposa sur le seuil de la porte, regardant Deidara comme s'il ne le reconnaissait pas. Ses yeux étaient cernés, sa peau était pâle, ses cheveux complètement ébouriffés, il y avait même des restes de bave au coin des lèvres et à voir ses yeux, l'étudiant devina que l'écrivain n'avait même pas prit la peine de se laver le visage depuis qu'il était réveillé. Si jamais il avait dormi, d'ailleurs.

Derrière lui, l'appartement était envahi par la fumée de cigarette, et cette odeur âcre prit violemment le flavescent à la gorge. Celui-ci se retint autant qu'il le pouvait de se boucher le nez ou même d'écraser la paume de sa main sur son visage. Sasori se frotta les yeux, interloqué.

« C'est aujourd'hui que tu devais venir, grogna-t-il de sa voix enrouée.

- Euh… Oui ! Oui ! S'exclama presque Deidara qui sur le coup, se demanda lui-même s'il ne s'était pas trompé. Vous avez tué votre grille-pain ou quoi ?

- Entre, se contenta de répondre l'écrivain, peu d'humeur à rire, en lui ouvrant la porte pour s'éclipser dans le couloir en jurant. »

Talonnant le roux, Deidara referma la porte derrière lui, à son grand dam : ses derniers espoirs d'air frais étaient restés derrière la porte d'entrée.

« Quelqu'un est mort, finit-il par demander. »

Sasori ne lui répondit pas de suite. Il prit d'abord une cigarette dans son paquet –Deidara remarqua qu'il n'en restait plus que trois, dans ce paquet, si bien qu'il se demanda immédiatement si l'auburn avait fumé toutes les disparues dans la même journée. L'odeur était insoutenable, ses poumons se comprimèrent et son estomac fit trois tours sur lui-même.

« Mon mariage, grogna alors Sasori en allumant un de ses bâtons de tabac avec une allumette. »

Et il rajoute du souffre en plus, s'insurgea Deidara en écarquillant les yeux. Au début, il ne releva pas, préférant demander s'il pouvait ouvrir les fenêtres. Son cerveau allait finir par s'asphyxier s'il restait ainsi, il en était certain. Non pas qu'il ne supportait pas la cigarette, bien au contraire, et il arrivait parfois que lui ou Hidan fument autre chose que du tabac. Mais la moindre des choses, c'était tout de même d'ouvrir la fenêtre. Bien sûr, fumer en voulant garder l'air sain, quelque part, ça avait quelque chose d'hypocrite : les poumons prenaient tout quand même. Mais au moins, tout s'envolait rapidement. Laisser stagner cette odeur dans une pièce tout en recrachant davantage de fumée, il y avait là de quoi le dégoûter pour de bon. Et puis, sincèrement, combien de cigarettes avait fumées Sasori pour que la fumée soit si dense ? C'était pire que chez un vendeur d'encens ou une boutique hippie !

« Si tu veux, se contenta de répondre l'auburn se laissant retomber sur le canapé. »

Il n'en fallut pas plus pour que Deidara se rue sur toutes les fenêtres du rez-de-chaussée pour les ouvrir aussi violemment que s'il voulait s'échapper de l'appartement. Après avoir pris une grande bouffée d'air de l'extérieur, il retourna dans le salon où Sasori était toujours noyé dans les brumes du tabac. Le blond ne pouvait plus qu'attendre que le courant d'air fasse son effet. Désemparé, d'une certaine manière, par l'état du père de famille qui lui avait fait totalement oublier son anxiété, il se laissa tomber sur le canapé, à côté de lui.

« Vous voulez en parler ? »

Encore une fois, Sasori prit son temps pour lui répondre. Il tira une longue bouffée sur sa cigarette, laissant la fumée s'évacuer d'elle-même par son nez et par sa bouche, avant d'articuler sèchement :

« C'est l'anniversaire de mon divorce. »

Les sourcils de Deidara tressautèrent, mais il ne réussit qu'à grimacer, ne sachant pas du tout quoi répondre. Les deux seules idées sur sa liste étaient « Merde », ce qui était vulgaire, et « Condoléances », ce qui était terriblement mal placée. Une autre idée, pas plus brillante mais certainement plus appropriée, ne tarda pas à lui venir.

« Je suis désolé. »

C'était certainement ce qu'on devait lui servir à chaque fois, mais c'était le mieux qu'il pouvait faire. Sasori, en guise de réponse, haussa les épaules. Deidara le regarda longuement de profil, ne sachant quoi dire, ni même s'il devait simplement ouvrir la bouche. Mais en voyant le cendrier chargé de mégots, il se dit qu'il pouvait au moins essayer. Ne serait-ce que pour éviter que ce cimetière déplorable accueille d'autres cadavres.

« Mais je croyais que c'était vous qui aviez décidé de quitter votre femme… A cause de… vos préférences ? »

Le visage de Sasori se tordit d'un maigre sourire amer. Deidara se mordit la lèvre inférieure, se mettant soudain à craindre sa réaction.

« C'est vrai, concéda cependant l'auburn, sans savoir qu'il arrachait au blond un soupir de soulagement. »

Sur ces mots, il se pencha en avant et écrasa le reste de sa cigarette au milieu des restes de ses comparses. Deidara haussa un sourcil, de plus en plus incrédule, et interrogea son vis-à-vis du regard. Celui-ci passa sa main dans ses cheveux en soufflant, puis laissa retomber le dos de sa main sur son front pour cacher ses yeux de la lumière, et peut-être aussi de la honte qui le submergeait.

« Mais ce jour-là, elle a décidé de m'avouer que je n'étais pas le père de Sakura. »

Le cœur de Deidara fit un bond dans sa poitrine et ses yeux s'écarquillèrent, comme si une chope de plomb venait d'atterrir sur sa nuque et s'enfonçait progressivement dans sa gorge en passant par les os et la peau. A côté de lui, Sasori fut secoué d'un rire désenchanté. Bien sûr, il s'en doutait depuis longtemps : il était stérile, il avait fini par l'apprendre. La conclusion était tombée d'elle-même. Mais l'entendre de la bouche de la personne qu'il avait, malgré tout, aimé, et de tout son être, c'était certainement le pire des supplices.

Oui. Voilà ce que c'était. Un supplice. Une punition. C'était certainement ce qu'avait décidé de lui infliger le ciel pour s'être détourné de son mariage au profit des hommes. Ce qui avait toujours été un péché. Il aimait les hommes, et même si, durant toutes ces années, il avait voulu se persuader que ce n'était pas de sa faute, le fait de se retrouvé ainsi, puni, lui montrait qu'il avait certainement sa part de responsabilité là-dedans.

Chaque année, c'était la même chose. Les mêmes pensées, emmêlées et confuses, se jetaient dans son cerveau et s'entortillaient les unes avec les autres, mais il n'y avait jamais que ses cigarettes qu'il réussissait à écraser.

« Peut-être que si j'avais été lié avec elle par le sang, j'aurais été un meilleur père. »

Ça, c'était certainement la pire des pensées qui pouvait l'assaillir. Quand il revoyait l'enfance chaotique que lui et sa mère avaient offerte à Sakura, et qu'il voyait l'adolescente et la jeune femme qu'elle avait fini par devenir, il se sentait toujours tant coupable qu'il aurait préféré traîner une croix de bois plutôt que se laisser ainsi, complètement torturé.

« Alors là, n'importe quoi. »

La voix de Deidara le fit sortir de sa léthargie et, haussant un sourcil, il tourna la tête vers le blond. Ce dernier arborait cette fois un regard dur, comme si un poignard s'était enfoncé dans son ego, ou que son point le plus sensible avait été trituré avec un plaisir malsain.

« Ça fait pas tout, le sang, grogna-t-il. »

Sur ces mots, il croisa les bras et préféra détourner le regard, lâchant un soupir agacé. Le deuxième sourcil de Sasori se haussa. Il allait lui demander, à son tour, si le blond voulait en parler, mais manifestement, Deidara avait décidé de le faire sans être sollicité.

« Nos parents étaient jamais à la maison et passaient leur temps à nous amener des nourrices, raconta-t-il plus durement qu'il ne l'aurait cru. Même pour les fêtes, c'était difficile de les avoir. Quand on arrivait à l'école et que les autres nous demandaient « vos parents vous ont acheté quoi à Noël » ou « Vous êtes parti en vacances avec vos parents », avec Hidan, on se regardait toujours d'un air gêné. Et dès qu'il a eu dix-huit ans, ils nous ont balancé dans un appart et laissés pour morts. Pourtant, ils étaient nos parents biologiques, aucun doute là-dessus. On est nés de l'amour, mais on a terminé avec un somme d'argent et un « Maintenant, vous pouvez vous débrouiller seul. On vous adore, mais on n'est pas fait pour être parents. » Alors non, ça fait pas tout le sang. Loin de là. »

Au fur et à mesure de son avancée dans son récit, sa voix s'était enrouée et ses yeux embrumés. Il s'était levé, et avait préféré commencé à faire les cent pas dans la pièce plutôt que de se laisser aller. C'était pour les enfants, ça, se laisser retomber sur le canapé et se rouler en boule quand le chagrin revenait de nulle part avec une force impressionnante. Il n'avait aucune envie de se laisser abattre maintenant, et surtout pas devant Sasori. Ses yeux se posèrent sur le bureau. Là, il remarqua le cadenas, posé à côté d'une tasse rouge représentant un scorpion doré. Il tendit la main vers celui-ci, un drôle de sourire aux lèvres, mais son autre main lui envoya un signal électrique qui lui fit faire volte-face.

Presque dans un sursaut, un élan, un battement de cœur, Sasori avait bondi de son canapé, et posé sa main sur la sienne. Ni l'un ni l'autre ne comprirent pourquoi, aussi vite, dans un seul souffle, ils s'étaient retrouvés aussi proches. De la détresse brûlaient dans leurs yeux brillants, de la colère brillaient dans leurs yeux brûlants, et, comme le reflet l'un de l'autre, les deux facettes d'une même pièce, ils se regardèrent, longuement, dans une sorte de défi désespéré.

« Et le fait que je convoite son ancien petit ami ne fait pas de moi un mauvais père, peut-être ? »

Sasori n'était même pas sûr que cette phrase ait été prononcée par lui tant elle avait été vive et crue, lâchée d'une voix sèche et avide. C'était comme s'ils avaient quittés leurs propres corps et que leurs actions étaient régies par quelque chose de bien plus grands qu'eux-mêmes. Deidara défaillit complètement, et son instinct le plus primaire se chargea de répondre.

Quand leurs lèvres se touchèrent, ils inspirèrent l'un dans l'autre.

L'impatience cumulée, l'attente, la frustration, et le besoin désespéré d'amour rendirent le baiser chaotique, sismique. Deidara atterrit presque brusquement sur le bureau, enfermant le cou de Sasori entre ses deux bras. Son haleine enfumée par la cigarette semblait également dire qu'il ne s'était pas lavé les dents ce matin. Sa salive était pâteuse, et le tabac lui collait à la peau, mais pour rien au monde, il ne voulut le lâcher. Car s'il le faisait, il savait que tout finirait par s'envoler, qu'ils fuiraient loin, à des années lumières l'un de l'autre, tout en continuant de se chercher, que le fil qui venait de les unir se romprait dans la seconde, et qu'alors, il faudrait de nouveau tout recommencer. Il ne pouvait pas. Pas maintenant. Jamais, même. L'écœurement et le désir s'étaient complètement fondus en lui, et il n'avait plus envie de faire la différence entre l'un et l'autre. Et il n'y avait plus qu'une chose qu'il souhaitait maintenant.

Alors que ses mains chaudes se perdaient sous son chandail, Sasori marqua un instant, une seconde, un temps d'arrêt, il pensa à Dieu, au péché, aux Evangiles, à l'église, ses yeux s'ouvrirent. Mais les portes du ciel étaient fermées depuis longtemps. Ses yeux ne rencontrèrent que les iris bleus aux pupilles dilatées, ses oreilles ne purent qu'attraper le souffle chaud et haletant, avant que les lèvres du blond se ruent sur son cou. Un éclair foudroya tout son corps tandis qu'il sentait les doigts froids du flavescent explorer ce qu'il y avait sous sa chemise. Avec avidité, Deidara descendit dans tout le cou, puis parcourut la clavicule. Le gémissement de l'auburn changea son sang en lave en fusion.

La main de Sasori s'abattit sur le cadre qui portait la photo de sa grand-mère. En même temps que le cadre rencontrait le bois dur, le chapelet qui y était accroché glissa, pour retomber au sol, à leurs pieds. Et ils l'ignorèrent complètement.


Bon, je le conçois, ce chapitre était presque aussi court que le précédent. Mais il est publié ! Alors, si vous ne me détestez pas trop, laissez vous aller sur votre clavier qui vous aime autant que moi, afin que je sache ce que vous en avez pensé.

Merci de m'être resté fidèles. Merci à tous, je vous adore, sincèrement.