Chapitre 5
Je tournais… tournais…. tournais en rond… allait même jusqu'à compter le nombre de tâche que j'avais sur le plafond blanc de ma chambre. Je ne me souvenais pas d'avoir autant réfléchit de toute ma petite vie. J'aurais tellement voulu passer à autre chose, comme on fait le plus clair de notre temps quand on est jeune. Mais une fois adulte, lorsque ça engage le travail et l'amitié, la vie prend un tout autre sens. Je suis pleine de regrets actuellement. Je me demande si j'ai bien fais de connaitre Harry durant mon enfance pour qu'il en arrive à ce point là. Enfin, je ne pouvais pas non plus savoir qu'il se comporterait ainsi ni même que je travaillerais pour lui. Heureusement que Gwen ne m'avait pas posé plus de questions que cela, car je n'avais pas du tout envie de lui répondre.
Et ce baiser ? Qu'est-ce qu'il voulait dire ? Était du chantage pur et dur ? A-t-il vraiment besoin de moi pour l'aider ? Et si je me fais choper par Andrew ? Qu'est-ce que j'y gagne concrètement à part perdre une amitié ? Même si pour le moment elle est au point mort ?
Et si je retournais vivre à Berlin ?
Cette pensée ouverte était grotesque. Je ne pouvais pas fuir éternellement mes problèmes en partant dans un autre pays.
Prend son adresse et file.
Je vous présente la bonne conscience. Je devrais peut-être la suivre. Et adviendra ce qu'il se passera. Comme on dit chez les jeunes de maintenant. Mais je ne peux pas me permettre de perdre se travail, c'est surtout ça. Ce n'est pas Harry qui me paierait mon loyer. Quoique… vous pensez que je pourrais lui demander ? Je plaisante bien sur. Même si je serais capable de le provoquer de cette manière. Ce n'est juste pas le moment de le faire.
Je bondis du lit. Je pense que je n'ai jamais été aussi sûre de toute ma vie. Après plus de 2 heures de réflexions intenses, j'ai pris ma décision en me dirigeant vers la corbeille et en attrapant le morceau de papier. Ce papier qui va diriger ma vie les prochains mois. Je suis si déçue de voir que je ne serais pas cette année, indépendante. Je pensais pouvoir l'être en partant de chez mes parents. Résultat, Harry prend leur place. Même si j'ai vécu de très beaux moments avec mes parents.
Manifestement, quand je passai la porte de mon immeuble, appelant un taxi, j'étais fixée. Avais-je vraiment le choix ? 20 bonnes minutes plus tard, un taxi prend la penne de me répondre. Après 3 essais ratés. Quand les taxis sont parfois pressés de rentrer chez eux ou prennent à la tête du client, tu peux parfois attendre une heure, même si ta rue est fréquentable et réputée.
Je ne sais même plus si j'étais en colère, nerveuse, triste… je suis passée par tant d'émotions à la foi aujourd'hui. C'était même pire que lorsque je les avais retrouvé tous les deux. Je veux juste que ça se termine. Que je puisse continuer ma vie plus facilement.
Le taxi me dépose devant une grande demeure. Mes yeux sont toujours émerveillés par la grandeur des bâtiments. Je n'y avais pas mis les pieds depuis que j'avais huit ans. J'étais restée habillée de la même façon que depuis la fois ou nous nous étions quittés. Je ne voyais pas l'utilité de me changer. Et je n'en avais pas envie. Je sonne. La sonnerie retentit jusqu'à l'extérieur. S'il n'entend pas avec ce bruit, c'est qu'il est sourd. Ou il écoute quelque chose avec un casque.
C'est alors qu'Harry ouvre en personne. Où sont passés les gardes du corps ? Lui non plus ne s'était pas changé. Peut-être qu'il tait rentré il y a peu de temps de son travail. Plus je l'examine, plus je vois qu'il est sans expression. Ça me gêne. Je n'aime pas les personnes qui sont comme ça. On ne sait jamais sur quel pied danser. Je préfère le voir dès le début.
- Tu es quand même venu…
Déclare-t-il, me faisant signe de rentrer. Ce que je fais aussitôt, sentant la fraicheur de la nuit sur ma peau. Il referme la porte derrière moi.
- Tes chiens de gardes ne sont pas là ?
- Si, ils surveillent à l'extérieur. Je leur ai demandé de ne pas me déranger car j'attendais probablement de la visite. Mais ils ne sont pas tout le temps là.
Il avance vers une grande salle qui semble être le salon. Je le suis. Je ne sais pas quoi faire d'autres, de toute façon. Je reste plantée au milieu. La décoration semble ancienne. Toujours aussi marron. Des tableaux de grandes qualités et surement onéreux ornent les murs. Il marche ensuite vers un placard ou l'alcool était rangé. Il se sert un verre de whisky, enfin ce qu'il semble en être, je reconnaitrais facilement la bouteille et la couleur de loin facilement. Mon père en buvait de temps en temps lors des repas. C'est son petit plaisir quotidien. Il n'était pas alcoolique.
- Veux-tu boire quelque chose ?
- Non merci, je ne bois pas.
- Tu sembles nerveuse non ?
- Je veux juste en finir !
A peine a-t-il le temps de tremper ses lèvres dans son verre, qu'il le repose aussitôt à ma phrase sur la table basse près de lui. Il vient vers moi, resserrant notre espace corporelle. Il est seulement à quelques mètres de moi. Je me sens toujours bizarre quand un homme pareil est aussi proche de moi. Je ne sais jamais comment réagir.
- Vient !
Il me prend la main et m'emmène jusque… dans sa chambre. Qu'est-ce que ça veut dire ? Je fais quoi moi ? Comment je réagis ? Il s'impose en collant mon corps contre le sien.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Si tu es là, ta réponse est claire non ?
- Oui, mais ça rime à quoi tout ça ?
- Tu voulais qu'on en finisse… alors finissons-en.
Il m'embrasse. Je tente de me débattre. Il est évidemment bien plus fort que moi. Il me pousse contre le mur et continuer d'imposer sa façon de terminer ce problème. Je n'avais pas demandé à ce que cela se finisse ainsi. Je fais de mon mieux pour le repousser, mais il continue. Je ne pouvais pas me permettre d'aller plus loin. C'est aussi mon patron. Si quelqu'un est au courant, cette fois c'est bel et bien partie pour que je sois à la porte.
Son insistance paie. Je fatigue de me battre au bout de plusieurs minutes contre lui. Après tout, qui pouvait être au courant de ce qu'il se passait actuellement à part lui et moi ? Personne ne nous voyait. Pas même les gardes du corps. Mon silence est d'or. Le sien en vaudrait même des millions. Je sais très bien qu'il ne me laisserait pas partir comme ça.
Le verre sur la table du salon, était encore plein, lorsque je regarde le réveil qui se trouve près de lui. Je suis en train de réalisée que je venais de faire une énorme bêtise. Même si nous nous sommes souvent battus délicatement. Je me rends compte que j'ai conservé quelques traces. Des bleus. J'en ai rarement après une telle nuit. Sauf si la nuit a été plus ou moins brutale. Je n'ai aucun souvenir de comment ça s'est passé. Je m'en souviens très peu à chaque fois que ça se passe. Qu'est-ce qu'il va se passer maintenant ? Est-ce encore un jeu ? Suis-je qu'un coup d'un soir ? Je salue le bon dieu de m'avoir laissé dans cette merde. Je suis partagée entre l'envie de rentrer tout de suite chez moi, pendant qu'il dort encore. Ou de rester, pour rester polie et montrer que je ne fuis pas ce qu'il s'est passé. Je sais juste pour le moment que j'ai envie de me rafraichir l'esprit. Je sors discrètement du lit et part dans la salle de bain avant de faire une halte dans la cuisine. Ce n'était pas très difficile de trouver toutes les pièces où je voulais aller, heureusement, surtout pour une grande maison comme celle-ci, c'est très facile de se perdre. J'avais tout de même pris le temps de mettre quelque chose sur moi histoire de ne pas me balader les fesses à l'air.
Entrant dans la salle de bain, j'ouvre le robinet, ne faisait vraiment pas attention à la décoration de celle-ci. Je passe de l'eau sur mon visage et respire à grands coups avant de le refaire deux fois de suite. Me sentant un peu mieux, je m'essuie le visage avant de descendre vers la cuisine.
Cette fois, c'est un verre d'eau bien frais que je me sers et le boit lentement pour en profiter au maximum. Je suis toujours dans l'incompréhension la plus total. Ça s'est fait à une telle vitesse. Si je pouvais moi-même expliquer ce qu'il m'est passé par la tête à ce moment-là. Je suis célibataire, d'accord, mais ça n'est pas mon genre de m'emballer de cette manière. Je me suis appuyée sur la table, pendant que je sirote mon verre. Cette maison est calme. Trop calme. D'ordinaire, je serais probablement rentrée chez moi. Mais là… À mon avis, c'est quand même la meilleure dès solutions possibles. Est-ce que je laisse un mot ? Et qu'est-ce que je dirais dessus ? Vous voulez que je vous dise quelque chose d'honnête ? Je ne saurais même pas quoi dire. Peut-être qu'il ne m'en voudra pas que je sois partie.
Je remonte dans la chambre sur la pointe des pieds, vérifiant toujours qu'il dormait. C'était le cas. Je me prépare tranquillement quand je l'entends se tourner dans son lit. Je suis presque sure de ne pas avoir fait de bruit. Je venais à peine d'enfiler une jambe dans mon pantalon que sa voix raisonne jusqu'à mon oreille.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je… Je m'apprête à rentrer chez moi !
- Pourquoi ?
- Ce n'est pas ce que tu veux ?
- Je n'ai jamais dis ça.
- Il est 2 heures du matin ! Es-tu sure que tu veux rentrer maintenant ?
- Aucune idée. Ça dépend de toi.
Je m'étais assise, n'ayant plus d'équilibre sur une jambe. Je le regardais.
- Toi, est-ce que tu veux rester ? Si tu n'en as pas envie, je ne te forcerai pas.
- Donc ça te serait égal de me voir partir ?
- Pas vraiment la force de réfléchir à ça.
- Alors je pense qu'il est mieux que je rentre. De toute façon, ce qu'on a fait n'est pas vraiment important. On était juste des adultes consentants et célibataires.
Bien sûr, que peut-il me répondre à ça ? Je continue de me préparer et en est presque à enfiler un manteau. Il n'a pas l'air motivé pour bouger. Je m'en doutais un peu. J'ai l'habitude de ce genre de soirée ou au final, il ne se passera rien de plus après que de l'amitié ou de la totale ignorance. Ça fait toujours mal sur le coup, parce que tu donnes beaucoup, et même si tu n'attends rien de plus, tu regrettes. Enfin ça dépend des personnes avec qui je le fais. Parfois je m'en fiche et passe mon chemin, parfois non, comme là. Étant donné que nous sommes amis de longue date. Alors ça change tout. Ça peut casser, comme continue normalement ou plus si affinités, comme on dit. Le voir réagir sans forcément me supplier de rester, j'en conclus alors qu'il n'y aura rien de plus après. À moins d'un miracle. Je vais devoir tracer ma route. Je le regarde une dernière fois, après avoir mit mon manteau et file en bas. Évidemment, il faut que j'attende que mon taxi arrive. J'ai du mettre dix minutes avant de pouvoir en avoir par téléphone. Je sors de la maison des Osborn et monte dans le taxi une fois qu'il est bien là.
Ce que je n'avais pas fais attention, c'est qu'Harry avait prit la peine de se lever, qu'une fois que j'étais descendu. Il m'avait observé jusqu'à ce que je parte définitivement de sa propriété. Il referme le rideau en soupirant et retourne se coucher, marmonnant contre lui-même.
Pourquoi n'ais-je pas insisté ? Bien sûr que je voulais qu'elle reste. Maintenant, il faut juste que je réfléchisse à la suite de notre relation avec elle. Doit-elle être sérieuse ? Ou plutôt secondaire ? En revanche, je n'ai pas oublié tout ce qu'il s'est passé cette nuit. Comment le pourrais-je ?
On nous dit de vivre l'instant présent, mais on peut y arriver qu'avec un grand recul sur sa vie. Quand on est jeune comme nous, on ne peut pas se permettre de vivre que sur le moment. Nous sommes obligés de voir dans l'avenir, car ça a toujours des conséquences. Surtout si nous ne faisons pas les bons choix.
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