NOTE : Bon chapitre, amusez-vous bien. Petite évolution dans ce chapitre. A vous de me dire ce que vous en pensez ) ! Chapitre 11 : LUNDI !
Chapitre 10
Depuis deux jours, j'ai le sentiment d'être coupable. Pourquoi ? Pour avoir réagi de cette manière avec lui. Et ça se ressent sur mon travail, je suis moins productive, je prends plus de recul vis-à-vis de mon métier, j'étais juste parvenue à donner rendez-vous à Gwen pour son entretien d'embauche de demain, et par-dessus tout, j'avais oublié de rendre le collier qu'Harry avait acheté. Il fallait bien que je règle ce dernier détail : le lui rapporter. J'avais espéré qu'il réside dans son cabinet de travail. J'étais sur le point de me parvenir à son étage hier, mais par manque d'assurance, je me suis résignée et je suis repartie immédiatement chez moi. Aujourd'hui, il était bien dans son bureau, d'après les bruits de couloir. Cette fois, j'étais résolue à le faire. J'atteins son étage, juste avant de quitter Oscorp, enlaçant contre moi mon sac, de peur que l'on me le dérobe à tout moment. Depuis la journée d'hier, j'étais dans cet état-là, chaque fois que je trimballai mon sac, j'espérais secrètement le croiser dans l'ascenseur. Je me retrouve sillonnant ce grand couloir. Je finis par mettre la main sur les deux gorilles qui continuent sans relâche de surveiller Harry. Comme s'il pouvait se volatiliser en moins de deux secondes. Je balbutie, il est clairement difficile de comprendre que je désire voir mon chef, mais l'un d'eux réussit à capter l'importance de mon message et frappe à la porte. J'entends : « - Une jeune femme désirerait vous voir, Monsieur. » Je n'ai pas de retour de sa part. Il envoie son assistante à sa place. Elle ne semble pas très enchantée de ma venue.
- Qu'est-ce que vous lui voulez ? Grogne-t-elle à bas débit pour que cela reste entre nous, et m'éloigne des deux hommes baraqués.
- Je dois rendre un objet qui appartient à Monsieur Osborn, répliquai-je, mal à l'aise.
- Donnez-le-moi !
- Je dois le lui remettre en personne.
- Il m'a clairement dit qu'il ne voulait voir personne, pas même VOUS ! Je ne sais pas ce que vous lui avez fait, et je ne veux pas le savoir, mais votre patron l'a très mal pris.
- Je suis désolée. Sincèrement.
- Je vous demande d'arrêter de le rendre malheureux, il est déjà assez mal comme ça depuis la mort de son père. En plus, il a d'autres soucis plus importants que vous à régler.
- Je l'ai compris.
- Alors, cessez de l'embêter. Vous ne voulez pas qu'il vous vire pour harcèlement ?
- Pardon ?
- Vous avez très bien entendu.
- Je ne le harcèle pas. Vous ne savez strictement rien de nous.
- Nous arrivons enfin au sujet. J'en sais beaucoup plus sur vous que vous ne le pensez. Mais si vous continuez comme ça, vous perdrez votre place dans l'entreprise. Ce n'est pas parce que votre père a été proche de celui de Monsieur Osborn que vous devez tout vous permettre à Oscorp. Si vous saisissez ce que je veux dire.
- De quoi vous mêlez-vous ? Et vous êtes qui pour parler de mon père ? Je vous le répète, vous ne savez rien à propos de nous. Ou pas assez en tout cas.
- Donnez-moi ce que vous vouliez lui donner et nous n'en parlons plus !
Je suis outrée, par le comportement de cette dernière, j'ai envie de persister, seulement je vois bien qu'elle ne me laissera pas passer et fera intervenir les deux hommes qui sont un peu plus loin, je n'ai pas l'intention non plus de me faire remarquer de cette manière. J'ouvre et sors délicatement de mon sac le collier. Felicia l'identifie de suite. Son visage devient encore plus sévère et me l'arrache des mains, faisant attention de ne pas le casser.
- Tant que je serais ici, vous ne l'approcherez plus ! Est-ce bien clair ?
Je hausse les épaules et lui tourne les talons, énervée de ne pas pouvoir passer ce barrage humain. Je prends la direction de mon appartement. C'est là que je me mords les doigts de ne pas avoir eu assez de courage pour remettre à sa place cette petite pimbêche qui se croit tout permis, juste parce qu'elle est l'assistante officieuse des Osborn. Felicia retourne auprès de son patron, puis lui transmet le bijou. Il comprit instantanément que j'étais la personne qui souhaitait lui parler.
- Pourrais-je vous dire quelque chose monsieur ?
- Faites-le, Felicia.
- J'ai l'impression que vous vous égarez. Vous ne gérez plus la relation que vous entretenez avec elle par rapport à votre projet principal. Vous oubliez que vous avez besoin d'elle pour obtenir son sang.
Elle avait raison, il le savait depuis un moment qu'il ne contrôlait plus son projet. Il devait se reprendre en main, de peur de tout foirer. Il savait déjà qu'il devait aussi se mettre en relation avec Peter, pour avoir Spider-Man, mais il était en train de se détacher de plus en plus de moi, et ça l'attristait davantage. Felicia ne faisait que confirmer ses sombres pensées.
- De jour en jour, je constate que vous êtes de plus en plus faible.
- Tu es bien la seule à le remarquer.
Ce n'était peut-être pas volontaire, mais le fait qu'Harry la tutoie pour la première fois depuis qu'ils se connaissent l'attendrit profondément.
- Il faut vous reprendre, sinon, votre maladie l'emportera.
- Si tout était plus simple, j'aurais déjà gagné !
- Il suffit de laisser vos sentiments de côté. Rien de plus facile.
- Je ne vois pas de quoi vous parlez. Et cela n'a rien de simple.
- Oh, bien sûr que si ! Et je ne suis pas dupe. Plus les semaines passent, plus je vous vois vous agripper à elle. La mission n'est plus votre seul but. Sinon, vous l'auriez légué à cet homme, l'autre fois, au gala de charité.
Cette conversation irritait de plus en plus Harry, il n'avait pas envie de se justifier vis-à-vis de nous, même si Felicia avait toujours dit ce qu'elle pensait à son sujet. Parfois, il ne devait pas la laisser faire. Il sait très bien qu'elle ne me porte pas dans son cœur depuis le début. Il avait besoin de se retrouver seul avec lui-même. Elle le mettait devant le fait accompli.
- Laissez-moi, Felicia.
- Monsieur…
D'un geste de la main, elle évacue le bureau, laissant Harry libre de penser comme il le souhaite, elle avait ce qu'elle pouvait. Parfois, elle était navrée d'être au courant des projets prochains
Dans la soirée, j'étais partie rendre visite à Peter, lui rappelant que sa petite amie comptait sur lui pour son rendez-vous de samedi. Il n'était pas chez lui, Sally aussi n'avait pas de ses nouvelles. J'avais une idée de la localisation où peut-être il s'était réfugié. Son laboratoire secret. Je m'étais souvenue du trajet que nous avions fait avant. J'avais une bonne mémoire pour ce genre de choses. Même la tête dans le ciel. Et de le revoir, me permettraient de me changer les idées.
Je n'avais pas de lampe-torche, à part mon appareil téléphonique. J'utilise son flash en guise de lumière, et même si elle n'éclairait pas parfaitement l'endroit, c'était suffisant. Plus je me rapprochais de l'endroit, plus j'appelais Peter. Cet endroit me fichait toujours la frousse, et chaque fois que les passages se resserraient, mon angoisse reprenait le dessus. Je me sentais une nouvelle fois étouffer, et les larmes monter. Je flippais et je n'avançais plus. Toute seule, je perds plus facilement mes moyens. Ma préférence du moment : rester là en plein milieu de débris m'insultant d'être qu'une pauvre abrutie à s'aventurer dans des positions pareilles. Plusieurs fois, j'appelle Peter, il ne répond pas. Je continue à l'appeler de plus en plus en plus fort. Je suis vraiment en train de paniquer, je sens des choses grouiller sur moi, surement des araignées, des cafards, voir même des rats. Je préfère éteindre mon téléphone pour ne pas les attirer d'avantages.
Je suis en crise, lorsque j'entends des pas venir jusqu'à moi et m'appeler à mon tour. Il me propose de rallumer mon appareil téléphonique, pour que je puisse me faire localiser plus facilement. De mon côté, j'arrive à voir maintenant la lumière de sa lampe torche. Je me sens soulagée, mais je suis toujours prise de tremblotement. Ma psychose ne désirait pas s'arrêter et voulait montrer qui était le chef. Sa main arrive enfin à ma hauteur, et je vois son visage derrière.
- Qu'est-ce que tu fais là, Lizzle ?
- Je…
J'avais des difficultés à parler, c'était comme si en un instant j'avais presque oublié la façon de construire une phrase complète. Remarquant mon état, il était forcé de m'aider, il ne pouvait pas me laisser là.
- Il faut que je te sorte de là, mais tout seul je n'y arriverais pas. OK ?
Je donne sa parole d'honneur que je ferais de mon mieux, puis il tâche de me redonner cœur au ventre, en bavardant d'abord avec moi pour me détendre.
- Donne-moi ta main, maintenant.
J'allais la lui donner, lorsque quelque chose vient me chatouiller de nouveau la cheville. Je dégage la chose, mais je ne sens rien, c'est comme si je brassais de l'air avec ma main.
- Ce n'est rien. Reconcentre-toi, Lizzle. Écoute ma voix !
Tout le long je lui obéis, je mets du temps, avant de me dominer. Je me secoue et mon corps bouge à nouveau. Pourquoi le chemin ne pouvait-il pas être plus simplifié ? Même s'il devait être caché. Une fois que nous sortons de cet endroit affreux, il me dresse sur mes jambes. J'allais dire merci, au moment où je craque misérablement sur le sol. Il me retient pour que je ne puisse dinguer. Je me réveille, quelques secondes plus tard, j'étais stabilisée sur un fauteuil, Peter, en face de moi, me faisant de l'air avec du papier. J'avais le visage ruisselant de sueur et cocottait la fragilité.
- Ça va mieux ?
- Oui, merci. Que sait-il passé ?
- Tu as fait un malaise, à la suite des efforts que tu as donnés pour combattre ta claustrophobie. Tu as été très héroïque de venir jusqu'à moi.
- Il le fallait.
- Comment savais-tu que je serais ici ?
- Ta tatie Sally m'a dit qu'elle ne te voyait que le soir et personne ne savait où tu étais, je me suis dit que c'était le seul endroit où tu pouvais être.
- Qu'est-ce qu'il y a de si important ?
- Tu n'as pas reçu les appels ou messages de Gwen ? Tu ne penses pas que tu devrais la tenir au courant de ta santé ?
Il soupire et abaisse le regard. Il s'est très mal comporté envers elle depuis que son combat c'est mal terminé avec cet homme. Il en est conscient.
- Je vais le faire, d'un instant à l'autre.
- Tu serais dans l'obligation de le faire demain. Parce que j'ai rendez-vous avec elle pour son entretien pour Oxford.
- C'est demain ? Déjà ?
- Oui, elle a besoin de toi pour que tu l'appuies pour ce projet.
- Mais qu'est-ce que je vais faire si elle part ? J'ai pensé à ça toute la semaine, en plus du fait que je ne trouve pas de remède pour réparer ça.
Il me pointe du doigt un objet mécanique totalement détruit par la puissance de l'homme qui lance des décharges électriques.
- Je ne connais rien en électronique, je n'ai jamais été très douée dans cette matière à l'école, tu devrais te renseigner auprès de Gwen. Elle pourrait t'aider, et ça lui ferait plaisir de voir que tu essaies un peu de la mettre dans ton univers.
- Je l'ai déjà beaucoup trop intégré dedans. Tout comme toi.
- Pour moi, c'est différent, je suis concernée depuis le début. Nos pères se sont servis de moi pour devenir ce que tu es maintenant. Tu as quand même une part de moi dans ton corps. Ça peut paraitre étrange, la façon dont je te le dis, mais c'est un peu ça.
- C'est vrai, c'est inhabituel, dit comme ça.
- Et tu veux que je te dise un secret ? Qui restera entre nous ?
- Je t'écoute. J'aime les secrets.
- Si j'ai réussi à obtenir un poste chez Oscorp, c'est bien à l'aide de mon père. Sais-tu pourquoi ?
- Non !
- J'étais chargée de surveiller tout ce qu'il se passait dans cette entreprise. Lui sous-titrer des informations que je pourrais avoir qui pourrait l'intéresser. Seulement, je n'ai pas eu le temps depuis que je suis arrivée ici. Pour être honnête, depuis que je vous ai retrouvé, j'avais juste envie de laisser tomber cette mission. Bien sûr, mon père ne m'en voudra pas de ne rien lui avoir dit, il fallait que je retrouve mes marques. Pour le reste, je n'étais pas au courant. Nous avons tous nos secrets !
Peter était content de voir l'honnêteté, que je lui portais actuellement. Il ne pouvait pas récuser mes dires.
- Ha oui ! Et tu prévois le dire à ton père que leur projet marche ?
- Non, parce qu'ils essaient depuis des années de fuir ces gens qui leur veulent du mal. Si un jour ils les attrapent, je ne veux pas qu'ils sachent qui tu es. Même sous la torture, bien que je fasse entièrement confiance à mes parents sur ça.
- Donc, tu ne le savais pas pour moi ? Ou...
- Je n'étais vraiment pas au courant, coupais-je illico avant qu'il ne continue sa phrase. Je savais juste qu'ils étaient sur un projet sur lequel ils risquaient leur vie. Rien de plus, rien de moins. J'ai tout découvert en même temps que toi, lorsque tu m'as montré la vidéo de ton père, alors c'est là que j'aie compris. Je ne savais pas, à quel point, toi et moi étions liés, que notre amitié d'enfance, avait servi la science.
- Je ne m'attendais pas à ce que tu me dévoiles ce secret.
- Est-ce que ça va changer la nouvelle confiance que tu me portes actuellement ?
- Je ne pense pas, on a tous nos secrets, et tu auras au moins été honnête.
- J'espère que cela ne changera rien entre nous.
- Tu peux me faire confiance !
Tout lui paraissait plus cohérent. Il pose le papier et son objet puis me prend les mains avant de me fixer.
- Je suis heureux que l'on se soit retrouvé, mais tu sais bien que ça ne sera plus comme avant ?
- Bien sûr, j'en suis parfaitement consciente.
- Tout ce que je souhaite, maintenant, c'est que personne ne découvre le lien que nous avons en commun.
- Je suis d'accord, sinon, Dieu sait ce qu'il se passera. Maintenant que je suis soulagée de te le dire, revenons au sujet principal. Que vas-tu faire pour Gwen ?
- Je vais venir, même si je suis mort de trouille. C'est si compliqué entre nous.
- Elle attend tellement de choses de toi.
- C'est ce qu'il me gêne, même si je l'aime !
- Alors, dis-lui, elle n'attend que ça.
- Je vais essayer, mais c'est difficile.
Il sourit timidement, puis me lâche les mains, et finit par me montrer la photo de notre trio d'enfance.
- Tu sais, je n'ai jamais oublié le fait que tu avais des vues sur moi, à l'époque.
- À l'époque, oui. Plus maintenant.
- Je l'imagine, oui. Et en un mois, tu n'as toujours pas eu de princes charmants. Comment ça se fait ?
- J'essaie de ne pas y songer.
- Tu dis être pas mal prise à cause d'Harry et moi. Que veux-tu dire par là ?
- Que vous m'en faites voir de toutes les couleurs, je n'ai pas une semaine à moi, ou je ne peux pas être tranquille, sans qu'il y ait une révélation.
- Ha, je vois ce que tu veux dire. Et Harry, il ne t'intéresse toujours pas ? Il a quand même du potentiel ?
- Oui, mais non.
- Tu restes sur moi ?
- C'est à dire ?
- Que même si tu as déjà eu des petits amis, ton penchant reste sur moi ?
- Qu'est-ce que tu vas imaginer, voyons, nous étions jeunes.
- Tu as bien quelqu'un qui te plait actuellement ?
- Non ! Pourquoi cherches-tu spécialement à me caser ?
- Je te dis ça pour te taquiner, répondit-il en ricanant.
- Ce n'est pas hilarant !
Je lui donne une petite tape sur la tête, il simule une fausse douleur en mettant sa main à l'endroit où je l'avais frappé. Ce n'est pas comme si j'avais une force surhumaine. Je me doutais parfaitement qu'il jouait la comédie.
- Espèce de crétin, va !
- Merci pour le compliment.
- Tout le plaisir est pour moi. Sinon, sais-tu où se trouve l'ambassade ?
- Oui, je ne serais pas en retard.
- Je l'espère pour toi, c'est ton unique chance de te rattraper.
- Penses-tu que la ville pourrait se passer de Spider-Man pendant un moment ?
- Que veux-tu dire par là ?
- Quand, j'ai réfléchi à ma situation avec Gwen. J'ai envisagé de m'en aller avec elle en Angleterre ? Qu'en dis-tu ?
- Je ne suis malencontreusement pas la mieux placé pour te donner un avis sur cette question. Je suis là que depuis peu, pas assez pour juger si cette ville peut se passer de lui. Mais si tu dois faire un choix, fais-le. Si tu dois partir, ils le comprendront, et tu laisseras la police faire leur travail.
- Alors je sais déjà ce que je dois faire.
- Tu avais déjà la réponse à ta question. J'en suis certaine. Si tu dois partir avec elle, c'est ton choix. Ton avenir.
- Merci en tout cas de m'écouter.
- De rien, je suis de nature attentive, je suis là pour ça.
- Tu te sens prête alors à ressortir de cet endroit ?
- Aucune idée. Je sais déjà que j'aurais moins peur de le refaire, étant donné que je ne suis plus seule.
Il sourit puis range son laboratoire, avant de sortir en ma compagnie. Sans conteste, bien que je sois en bonne compagnie, je garde toujours une crainte de ne pas m'en sortir vivante. Même si cela ne sera pas pire que tout à l'heure.
Nous repassons donc dans ce tunnel, qui m'aura fait voir de toutes les couleurs, je garde encore quelques séquelles de mon dernier passage, Peter sent que ma respiration s'accélère, au fur et à mesure que nous passons sous ses décombres. Je m'arrête un petit moment, pour tenter de respirer convenablement et ne pas céder encore une fois à la panique. De dos, il réussit à prendre ma main. Il arrive à m'apaiser, me suggérant d'écouter ma respiration pour qu'elle puisse ralentir, ainsi que sa voix qui se fait à chaque fois plus calme et plus douce pour me réconforter. J'arrive tant bien que mal, sans une énorme crise de panique, à ressortir de cet endroit dont je suis sure que je n'y remettrais pas les pieds avant un moment. J'aime retrouver le soleil et sa chaleur apaisante, il faut toujours que je mette quelques secondes à m'habituer à la lumière du jour. Je me délasse radicalement, pour réoxygéner à fond mes poumons, qui ont bien souffert en si peu de temps. Il passe un bras autour de ma taille et m'enlace contre lui tout en me congratulant des efforts que je venais de faire. Je me sentais bien. Je me régénérais. Je suis sûre que je ne serais jamais une femme de la nuit.
- Où veux-tu aller ?
- J'aimerais rentrer chez moi.
- Tu veux que je te dépose ?
- Pourquoi pas ?
- Au moins, dis-toi que tu n'as pas le vertige, je serais mal si tu l'avais.
- Je n'ai pas hérité de toutes les angoisses de la terre, heureusement !
Il me presse un peu plus contre lui, puis après lui avoir dit la rue, nous nous mettons en route. Je trouve ça toujours impressionnant, de voir la vue qu'il s'offre à moi sous mes pieds, mais je peux comprendre que cela puisse en effrayer plus d'un. Et de sentir ce vent vous fouetter le visage, comme si vous pouviez presque le toucher du doigt.
Nous parvenons à nous poser derrière mon immeuble, de façon à ce que personne ne puisse nous voir, il ôte son masque. Je commençais à m'habituer à le voir tel qu'il est. Cela ne m'impressionnait presque plus.
- Tu sauras retrouver ton chemin ?
- J'en suis sûre, oui.
- Parfait ! Alors à demain ?
- Assurément.
Je lui donne les dernières informations pour demain, puis il me fait une petite bise amicale sur la joue avant de remettre son masque et de s'envoler et de me laisser dans cette petite ruelle sombre, n'ayant qu'une seule sortie. Je me dépêche de rentrer chez moi. Je suis sur le point d'ouvrir la porte d'entrée de l'immeuble, quand quelqu'un m'interpelle, une rue plus loin. Je ne connais pas cette personne. Elle porte une grosse enveloppe marron, scotchée de partout dans une main. Je reste sur la méfiance et referme la porte. Par automatisme, avant de lui parler, je regarde vers le ciel, mais bien sûr, Peter était sûrement déjà très loin.
- Que me voulez-vous ?
- Êtes-vous Lizzle Hubble ?
- Oui, c'est bien moi.
- J'ai un paquet à vous remettre de la part de votre père.
- De mon père ? Pourquoi ?
- Je ne sais pas, j'ai remué ciel et terre pour vous retrouver depuis Berlin.
- Pourquoi vous ferais-je confiance ?
- Cette enveloppe contient des choses très importantes sur votre avenir et celui de vos parents. C'est tout ce que votre père m'a dit.
- Comment le connaissez-vous ?
- Nous avons travaillé ensemble, anciennement nous sommes restés en contact, il m'a légué cette enveloppe, pensant qu'il ne pourra probablement pas vous la remettre plus tard.
- Je ne comprends pas, que voulez-vous dire par là ?
- Il l'a probablement expliqué dans une lettre. Rentrez chez vous. Fermez tout. Personne ne doit savoir que je vous l'ai donné.
- Mais…
- Tenez. C'est vraiment très important.
- Je…
Il me force à la prendre et s'en va aussitôt qu'il est apparu. Curieuse d'en savoir plus, je file rapidement dans mon appartement et m'enferme à triple tour comme il me l'a conseillé. Je regarde cette grosse enveloppe, il n'y avait rien de noté. Il n'y avait pas d'adresse destinataire ni d'expéditeur. Je n'ose espérer, que cela ne soit pas une bombe qui m'exploserait à la figure. Il manquerait plus que ça.
