NOTE : Chapitre 13 en ligne. Celui-là promet pour la suite ) ! Il est un peu court, mais c'est mieux pour la suite. J'espère pouvoir revenir bientôt avec plus de suite. Ou préférez-vous une suite par semaine ? Dites-le en commentaire. Car plus personne ne commente, mais lise. Bisous à vous !

Chapitre 13

Trois jours que je suis chez moi, je n'ai pas encore eu le temps de sortir, et cette fois, c'est la première fois que je le peux. Avec mon père, nous sommes en train de rentrer des courses. Ma mère a bien suivi toutes les consignes qu'elle connait par cœur et que mon père lui dicte chaque fois qu'il sort sans elle. Je l'ai vu nerveux tout le long du trajet. Je ne comprends pas autant son inquiétude, peut-être que je le devrais.

Nous sommes sur le chemin du retour, ma mère ne nous a pas appelés sur le portable. Je suppose que tout se passe à merveille. Mon père et moi discutons un peu plus que ces derniers jours, mais cela n'empêche pas que je ne préfère pas parler de sujets qui déplaisent alors qu'il vient de se calmer. Je vais tantôt devoir rentrer à New York d'ailleurs. Demain si tout se passe bien.

Nous arrivons dans l'allée qui mène à notre maison, nous l'apercevons quelques mètres plus loin, mais quelque chose cloche et fait réagir mon père. Il a l'œil du tigre et voit tout. J'adorerai parfois être comme lui. Il s'arrête sur le bord de la route.

— Reste là, me prévient-il. Ne bouge sous aucun prétexte ! Et ferme tout derrière toi.

— Qu'est-ce qu'il se passe ? Demandais-je, tracasse.

— Quelque chose ne va pas…

— Quoi, donc ?

— Regarde bien… La porte de la porte du jardin et de la maison est ouverte et une voiture est devant. Un peu plus loin. Un homme est dedans.

— Ça ne veut rien dire.

— Je préfère quand même vérifier !

J'ai parfois la conception qu'il est trop parano. Il sort de la voiture et me laisse toute seule, perplexe. Il se dirige vers la maison pendant que je m'enferme. La voiture verrouillée, je découvre que l'homme qui est resté dans la voiture tourne la tête vers notre maison dès qu'il voit mon père rentrer. Il ne bouge pas et regarde aux alentours. C'est alors que je croise son regard. Et puis ensuite, tout s'enchaine. J'entends un énorme coup de feu sortant de chez moi tandis que mon père court dans le jardin. Un homme de peau blanche le suit de près et lève le bras en pointant une arme vers lui. Affolée, je crispe mes doigts sur les bords du siège et scrute la scène de loin. Des larmes emmanchent à monter jusqu'aux yeux. Je contriste à croire ce qu'il vient de se passer, je me crois dans un cauchemar et j'ai juste envie de me réveiller.

Je ne sais pas quoi faire, je reste nonchalant. Mon père ne se relève pas et ma mère ne met pas le nez dehors non plus. Je ne peux même pas conduire, puisque je n'ai jamais appris à le faire et ça me porte préjudice. Si je m'en sors vivante, ça sera peut-être mon futur projet. Je ne sais pas me battre également, je ne suis pas assez forte pour les battre, je suis réaliste, je ne fais pas la force qu'il faut à l'opposé de ces deux énergumènes, mais mon instinct de survie désire que je reste en vie. Un des hommes qui était dans sa voiture, rejoint son ami et s'abaisse pour inspecter quelque chose. Il se relève et parle à l'homme en me pointant du doigt. Je m'étais trompée, disant un peu plus tôt qu'il ne pouvait rien se passer et que mon père était parano. Je saisis mieux maintenant pourquoi il était si méfiant, il m'avait prévenu, mais je ne pensais pas que tout allait arriver si vite. Cet enchainement m'a vraiment pris au dépourvu.

Les deux hommes se dirigent vers moi. Que feriez-vous si votre vie en dépendait et que vous ne savez pas conduire ? Prendriez-vous le risque de vous tuer avant qu'ils vous prennent, si par malheur votre fuite ne vous aidait pas ? Vous laisseriez-vous prendre ? Personnellement, j'envisage la dernière option. Je suis courageuse, mais j'ai mes limites. C'est la meilleure solution que j'ai trouvée pour ne pas me mettre en danger. Même si actuellement, je le suis. Je sais que vous auriez aimé de l'action, mais je laisse ce rôle-là à Peter.

Je m'extirpe de l'auto, quand les individus ne sont plus très loin. Je les attends près de la porte et ils accélèrent le pas. Les voilà maintenant en face de moi, pointant chacun leur tour leur arme. L'un des deux se propulse sur moi et me plaque contre le mur, comme le font si bien les policiers.

— Qu'est-ce que vous nous voulez ? Et qu'avez-vous fait à mes parents ?

— N'avez-vous rien vu ?

— Je ne suis pas sure.

J'ai vu peu, et beaucoup de choses en si peu de temps pour que j'en sois encore sous l'émotion, je mets du temps à prendre conscience de ce qu'il vient de se produire. Le réveil va être brutal lorsque ça va arriver. Ils me conduisent vers ma maison et me montrent chacun leur tour, le corps de mes parents, étendus, complètement mort, le sang recouvrant une partie du lieu où ils sont. J'avale à grand-peine ma salive. Je suis peut-être trop dans mon monde, même avec tout ce que j'ai vécu. C'est comme si mes parents n'étaient pas morts, mon coeur désirait qu'ils se réveillent. C'est très enrageant. Personne ne peut comprendre ma réaction. Nous allons ensuite dans leur automobile. L'un monte devant, l'autre me menotte au-dessus de la porte arrière et reste avec moi, pour que je ne fugue pas.

Tout le long du trajet, je regarde par la fenêtre, le front collé à la vitre et laissant de la buée sortir de ma bouche se poser dessus, je revois les corps sans consciences de mes parents. Je ferme les yeux, la vision dans ma tête est rude, quand elle finit par arriver. C'est toujours plus facile d'accepter que Peter soit un super héros plutôt que de savoir ses parents morts. Je perds l'emprise de mes émotions et lâche enfin ce que je n'avais pas encore fait depuis le début. Les deux hommes ne s'occupent même pas de moi.

— Elle réalise enfin, ce n'est pas trop tôt, se moque l'homme près de moi.

C'était la phrase de trop. Je me pris d'une rage irraisonnée, et je me mets à taper mon voisin qui venait de répliquer cette phrase avec mes jambes tout en lui braillant dessus. Puis, le trou noir.

— Qu'est-ce qui te prend pour la frapper ?

— Elle est devenue folle.

— Ce n'est pas une raison pour le faire. Il a dit qu'on ne devait pas la toucher !

— Je m'en fiche de ce qu'il dit. Je n'allais pas la laisser continuer. Elle m'a fait super mal.

— D'un côté, il était peut-être temps qu'elle réagisse…

Son collègue est du même avis que lui et nous entrons dans un parking. S'assurant que je ne puisse plus les agresser, l'homme à la peau blanche me porte dans ses bras et m'amène jusque dans une pièce où ils m'enferment.

Quelques minutes plus tard, j'ouvre les yeux et me rends compte que je suis confinée dans une prison où seule une fenêtre me permet de voir ce qu'il se trame. J'avais la vue sur un couloir où quelques hommes en blouse blanche faisaient des allers-retours. J'ai toujours les mains enchainées, alors que je peux marcher librement dans cette pièce privée de couleur ou de meuble. Comment me donneraient-ils à manger si je meurs de faim ? Je lève les yeux vers le plafond et entrevois une trappe qui est différente des autres dalles. Je jette ensuite à nouveau un coup d'œil autour de moi, je n'ai aucun élément qui soit en mesure de me dire où je me trouve. Je n'aime pas être cloîtrée dans des lieux clos comme ça. Je m'assois contre un mur, gardant mes yeux rivés sur la grande vitre, attendant que quelqu'un ne me snobe pas, tout en travaillant sur le contrôle de mes angoisses.

Sur le coup, je regrette de ne pas être intervenu plus tôt, d'avoir pu essayer une possible fuite avec la voiture, de ne pas avoir pris de risque. J'en prends rarement quand il s'agit de mettre ma vie en danger, mais pour les relations humaines, ça, c'est autre chose. Je lâche du regard la vitre et finit par mettre mes bras autour des mes genoux avant de poser ma tête dessus et de pousser un long soupire de tristesse. Ma fureur était passée, j'étais maintenant malheureuse de me trouver dans cette situation. Je n'avais plus qu'à espérer que quelqu'un remarque mon absence à New York. Je me sentirais tellement mal si jamais personne ne le voyait. Ça voudrait forcément dire que je n'existe pas pour eux, même après tout ce qu'il s'est passé dernièrement, bien que je me doute que tout le monde a ses problèmes, je sois remplaçable.

Je suis ici depuis quelques heures, j'ai mon téléphone sur moi, mais il m'est inutile, pas de réseau, évidemment, ces personnes ont dû construire cet endroit de façon à ce que leurs prisonniers ne soient pas joignables. Je commence à sentir une douleur sur la partie droite de mon visage, passant de l'œil à la joue. Je tâte pour essayer d'examiner le point de départ de cette douleur. Je n'avais pas encore mal, lorsque j'ai posé ma tête sur mes bras. Je ne me souviens pas d'avoir été frappé, juste que j'ai été prise d'une colère incontrôlable face aux gorilles qui venaient de tuer mes parents. L'un d'eux a surement été obligé d'en venir aux mains pour me neutraliser. La blessure est au niveau de l'os, près de la joue. J'ai un mal de chien, mais aucune trace de sang. Je dois probablement avoir un gros bleu. Je décide de me lever et d'aller voir ce qu'il se passe dans le couloir. Je ne vois pas grand-chose, il fait noir, la lumière est éteinte et les seuls éclairages qu'il y a sont ceux des autres cellules.

J'installe mes mains sur la vitre pour essayer d'en découvrir un peu plus malgré l'obscurité, et je me prends une décharge électrique dans le corps. Je recule abruptement en criant.

— Qu'est-ce que sait que ça…, me demandais-je, tout en retrouvant petit à petit mes esprits. Je ne suis pas un animal qu'on met en cage !

— Pour eux si, tu es un animal et tu vas leur servir d'expérience, m'annonce une voix, pas très loin de ma prison.

— Qui êtes-vous ? Et où êtes-vous ?

— Mon nom n'a pas d'importance, et je suis dans la cellule près de la vôtre.

— Quels types d'expériences font-ils ?

— Ils transforment les humains en monstres. Enfin en machine de guerre, et je suis le prochain !

Ce projet me rappelle vaguement quelque chose. il me faut un certain temps avant de tout remettre en place dans ma mémoire, depuis le début que je suis arrivée à New York. Et là, ma réponse vient enfin.

— Nous sommes à Ravencroft ? L'interrogeais-je à haute voix, pour qu'il puisse bien m'entendre.

— Vous avez tout compris. Je vois que vous êtes au courant ! Je l'ai su quand je suis arrivé ici !

J'allais lui répondre, quand la lumière du couloir s'illumine et laisse rapidement place à des cris préférablement que des discussions banales. Celui avec qui je discutais suppliait ceux qui s'occupaient de lui de le libérer, il promettait également de ne rien dire à qui que ce soit une fois dehors. Je suis angoissée, à l'idée de penser que je serais surement la prochaine. Je ne sais pas ce qu'ils peuvent faire de moi, en dehors de récupérer mon sang. S'ils me vident complètement, je serais morte à mon tour. D'un côté, si nous regardons cette vision des choses de plus près, je rejoindrais mes parents. Mais de l'autre côté, je suis beaucoup trop jeune pour mourir, j'ai encore un sacré bout de chemin à faire.

Quelques minutes plus tard, la porte s'ouvre et deux hommes me tiennent fortement avant que je n'aie eu le temps de bouger. Ils ont dû se précipiter sur moi. Je me laisse porter, sillonnant différents couloirs, étages. J'ai plusieurs fois tenté de me défaire de leur emprise, mais je ne faisais que me fatiguer. C'était à mon tour.

J'ai le temps de voir une bassine entourée de barres. Il devait surement il y avoir une personne dedans. Des câbles en sortaient et un homme en blouse blanche et aux cheveux bruns, portant des lunettes qui venait de nous retrouver, les branche à plusieurs machines. Je ne pouvais plus du tout bouger, des lanières me bloquaient. Je pouvais juste tourner la tête pour observer. L'espèce de docteur s'approche de moi en montant quelques marches et me plantent plusieurs aiguilles dans les bras. Je rugis de douleur, car elles ne sont pas si petites que ça. Le sang commence à goutter au fur et à mesure dans ses longs tubes quand elles sont bien incorporées dans ma peau. Je ne suis pas épaisse, alors j'ai la sensation qu'une énorme chose rentre dedans.

Je sens mon corps réagir face à cette agression et faiblir au fil des gouttes qui descendent. Je n'arrive pas serrer mes mains tant la douleur est insoutenable. Je ferme les yeux, faisant de mon mieux pour garder le peu de force qu'il me reste pour survivre.

Cette terrible expérience dure deux bonnes heures, jusqu'à ce que cet étrange docteur arrête tout et me retire les seringues, pour me mettre des pansements aux endroits piqués. Il ne s'occupe plus de moi et se tourne vers son autre expérience. Il avait tout de même pris soin d'ordonner aux autres de me remettre dans ma prison. J'étais trainée jusqu'à celle-ci, n'arrivant plus à marcher. Une fois dans ma prison et de nouveau murée, restant allongée, pour récupérer un maximum de force, mais je sentais toujours cette faiblesse en moi.