Note : Dernier chapitre avant le petit bonus de fin. Je ne sais pas si c'est un bonus de fin officiel ou si j'en ferais une suite à la sortie du 3 si jamais j'aime bien le 3ème. Enfin, appelons ça un épilogue. Enfin vous en jugerez vous-même. En attendant, voici le dernier chapitre. J'ai adoré faire ce chapitre. Un de mes préférés sûrement. Je répondrais à vos reviews à la fin du bonus que je publierais la semaine prochaine si tout vas bien.
Petite anecdote : Le passage de Peter dans la salle de bain est presque vrai. C'était tiré d'un moment de ma vie ou mon père a divorcé peu de temps après avec ma mère et je l'ai trouvé dans cet état-là. Bon bien sur, le discours est faux. Et purement inventé. Mais tout ce qu'il se passe avant c'est du vécu )
Rappel : Évidemment, l'univers et les personnages de Spider-Man ne m'appartiennent pas. Seul Lizzle Hubble a été créée par moi. (Et est certainement le personnage que j'apprécie le plus dans ceux que j'ai inventé)
Bref, n'hésitez pas à commenter ce dernier chapitre =D Bisous
Chapitre 17 :
Début de soirée, l'infirmière m'explique qu'il est l'heure pour elle de s'en aller et qu'une autre interne la remplacera ce soir pour vérifier que j'aille bien. Elle me rappelle également que c'est le dernier moment pour moi de prévenir quelqu'un si je le souhaite. À 21 heures, plus personne ne pourra me rendre visite. Je ne réponds rien et me contente d'ignorer son discours. J'étais préoccupé à regarder vers la fenêtre, je pouvais voir la lune éclairer ma chambre. Le ciel était clair, je pouvais apercevoir les étoiles qui brillaient. Elle quitte la chambre dans un claquement de porte.
Je me disais que les étoiles dans le ciel étaient peut-être mes parents et Gwen et qu'ils me surveillaient de là-haut, j'étais tellement peinée du sort que la vie leur a offert, personne ne le méritait. Ça n'était pas leur heure. Et je commençais à croire à n'importe quoi. J'espérais même un signe de leur part pour me dire que tout va bien et que je suis seulement en train de faire un mauvais rêve et qu'à mon réveil, tout redeviendra normal et c'est là que je pourrais serrer très forts, Gwen, Peter et Harry dans mes bras pour pouvoir leur dire que je les aime. On s'en rend-compte que lorsque nous les perdons définitivement. La vie est injuste.
Une ombre volant dans les airs entre deux toits me fit réagir. J'arrache rapidement ma perfusion qui était plantée dans ma peau, quitte le lit inconfortable ouvrit la porte à grande volée avant de courir dans les couloirs blancs de l'hôpital. Je n'ai jamais autant sprinté de ma vie. C'est à peine si j'ai entendu la voix de la réceptionniste qui m'interdisait d'aller plus loin. Par chance, je n'étais qu'au rez-de-chaussée. Je l'ai reconnu aussitôt. Il n'y a qu'une personne qui puisse se promener entre deux maisons à plusieurs mètres du sol. Vous devez me trouver ridicule, mais je n'ai jamais été aussi heureuse de ma vie de le revoir. J'étais déjà en train de perdre mon optimiste face à sa venue. Imaginez alors ma surprise.
Il était en train de passer tranquillement les portes coulissantes, quand j'arrive à sa hauteur, suivit de près par la réceptionniste. Je n'étais pas non plus au point de m'échapper de cet endroit et ça n'était pas une prison que je sache. L'infirmière ordonnait déjà aux gardes de m'empêcher d'aller plus loin. Il ouvre grand ses bras musclés dans lesquels je m'y blottis volontiers.
C'est à ce moment-là que l'infirmière et les vigiles comprennent que des retrouvailles se faisaient sous leurs yeux. Je serrais fortement le jeune homme, je l'étouffais presque, à mon tour. Tout ce stresse et cette panique que je retenais depuis que je suis arrivée ici, finit par lâcher et je fondis en larmes dans ces bras réconfortants. Ne voyant pas de danger immédiat, les vigiles reprirent leur place tout en reprenant leurs airs sérieux. J'étais scotchée. Le meilleur dans toute cette histoire ? C'est qu'il répondait sans broncher à ma tendresse sans limites tout en l'approfondissant et me laissant faire quand j'installai mes jambes autour de sa hanche. Je voulais moi-même l'emprisonner, de peur qu'il ne disparaisse aussitôt lui aussi. Après de tels rebondissements, y a de quoi virer paranoïa – zut, je commence à ressembler à mon père —.
Autour de nous, personne ne savait qui il était et ce que nous venons de vivre. Ça nous rapprochait un peu plus. Nous avons tous les deux perdu quelqu'un. Son sac m'empêchait de me cramponner correctement. Son costume était probablement à l'intérieur.
— Jamais je ne te laisserais tomber tu entends ?
— Je ne sais pas quoi dire…
— Alors, ne dit rien !
En effet, je crois qu'il n'y avait pas besoin de mots pour lui faire savoir que j'en étais émue. Je me faisais à l'idée de finir la semaine seule à supporter mes problèmes. Il prend ma main et la serre gentiment avant de la refermer avec l'autre.
— Pensais-tu vraiment que je n'allais pas venir ?
— Pour être honnête, oui. Tu avais Gwen. Donc je me disais que tu resterais avec elle jusqu'à la fin de la soirée.
— J'ai suivi les ambulanciers pour m'assurer que tu étais entre de bonnes mains et pour savoir dans quel hôpital ils te mettaient, puis je suis revenu sur les lieux de la bataille, et quand ses parents sont arrivés, je suis revenu.
— Et ça va, tu t'en sors ?
Il s'arrête de parler, avant de faire un signe négatif de la tête et de fondre en larmes à son tour. Chacun d'entre nous y est passé. C'était la première fois de ma vie que je voyais un homme pleurer. De mes exs ou même de mon père, aucun ne l'avait fait. Ça fait quelque chose. Les gens savent te réconforter, mais toi, tu ne sais pas trop, tu te contentes de faire le maximum. La seule idée qui me vient à l'esprit est de lui rendre ces câlins. Je lui frotte le dos, il s'agrippe à mon vêtement. Il met un petit moment avant de contrôler sa tristesse. Il me relâche.
— Désolé…
— De quoi ? C'est normal. Je suis dans le même cas. Et tu as de la chance, il te reste encore ta tante.
— Tu n'as plus personne ici ?
— Non.
— Il te reste de la famille dans un autre pays ?
— En Allemagne et en Écosse, mais, nous n'avons pas plus d'affinités que ça. Je n'ai franchement pas envie d'aller chez eux et de débarquer comme ça. Même s'ils comprendront forcément.
— Je comprends. Tu veux passer quelques jours chez moi ?
— Je ne sais pas. Comme dit, je ne veux pas déranger. Je vais avoir plein de papiers à faire et l'enterrement de mes parents aussi.
— Si tu veux que j'y assiste, n'hésite pas à me le dire.
— Pour l'instant, je ne m'en sens pas capable de réfléchir à ça.
— En tous les cas, si tu veux venir, il n'y a aucun souci. Dès que tu es libérée, tu viens.
— Merci, c'est gentil. Je vais sûrement avoir besoin de ta tante, pour m'aider à remplir la paperasse nécessaire pour leur enterrement.
— D'accord. Tu as eu la visite de la police ce soir ?
— Toute la soirée, ils n'ont pas arrêté. Mais rassure-toi, ils ne savent rien pour toi ni sur ce qu'il s'est produit, je joue l'amnésique. Tu me diras, après une telle décharge dans la gueule, ils sont compréhensifs.
— Ne t'en fais pas, je sais que je peux entièrement te faire confiance.
— Et tu as vu pour Harry ? Ils l'ont arrêté.
— Je préfère ne pas parler de lui.
— Si tu préfères.
Je n'ai pas oublié la soirée qu'il nous a fait vivre. J'ai perdu un ami. Même s'il était sur le point de mourir, je trouvais ça déplacé de terminer sur une telle note. Il y en a de tellement plus jolies. Je ne lui ai jamais dit, mais j'aurais bien aimé sortir en soirée, profiter de ces derniers moments avec lui, même s'il lui restait cinq ans, ou plus, peut-être même entamer une relation. J'ai toujours ce petit pincement au cœur, quand je vois tant de SI non réalisés.
…
Je viens de quitter l'hôpital, deux jours plus tard, il était temps, je perdais patiente. Peter a pris le soin d'aller me chercher quelques affaires chez moi pour que je puisse me changer. Dernières formalités à remplir avant tant d'autres. Quand nous sommes dehors, j'ai le soleil qui réchauffe mon corps froid et crispé par tant de manque d'activité. Chaque fois que je sors d'un endroit clos, je revis. Je déteste être enfermée contre mon gré, et surtout si ce n'est pas chez moi.
Nous prenons un taxi qui nous dépose chez lui, je me suis laissée tenter par la proposition de Peter. Je n'ai pas spécialement envie de retrouver ce côté solitaire, même si j'ai besoin de réfléchir sur mon avenir. À peine j'ai passé la porte, que sa tante me saute dessus, je suppose qu'il a dû juste lui raconter pour mes parents, puisque je me fais assaillir d'encouragement. Peter me montre l'endroit où je vais dormir. Il va partager sa chambre et me donne gentiment son lit, pendant qu'il dormira sur une chauffeuse jusqu'à ce que je retourne dans mon appartement. Je remercie du fond du cœur sa tante pour l'aide qu'elle me porte. À l'heure qu'il est, je serais probablement rentrée à Berlin. Mais, j'ai ce manque qui ne faiblie pas depuis que cette histoire est finie. Plusieurs personnes ne cessent d'être dans ma tête.
Peter ne me lâche plus vraiment depuis que je suis arrivée, il s'occupe de moi comme si j'étais un membre de sa famille. Il a même été cherché pour moi tous les courriers que j'avais dans ma boite aux lettres pendant que sa tante s'excuse de devoir aller travailler. Dès demain, je m'occuperai de la paperasse. Des factures à payer, l'enterrement à préparer, je n'en avais pas vraiment envie.
Plus tard, dans la soirée, Peter – qui pour le moment mettait en pause sa carrière de super héros – reçoit un coup de fil de la part des parents qui lui annonçaient la mauvaise nouvelle pour Gwen, alors qu'il était déjà au courant, il sait également que l'enterrement est après-demain. Qu'ils comptent sur lui pour venir les soutenir dans cette dure épreuve. Il raccroche et reste silencieux et distant.
…
Comme promis, le lendemain, je commençai à faire les dossiers nécessaires à faire aux nombreux impayés que j'avais complètement oubliés durant cette période pleine de rebondissements. Peter reste dans sa chambre, pendant que sa tante est en train de faire une machine à laver. Lorsque ce fut au tour de mes parents, c'est plus difficile que je ne le pensais. Je devais appeler l'église de notre commune, vérifier qu'à la mairie tout est réglé. Je me perdais facilement dans toute cette procédure. Ma tête ne savait plus où elle en était. Je perdis patiente au remplissage d'une feuille, je ne comprenais plus ce que l'on me demandait. Il fallait des tonnes de papiers que j'avais mis en vrac sur la table de la cuisine.
Je fus prise d'un coup de colère et d'incompréhension face à cette épreuve que la vie m'a infligée injustement et d'un revers de la main, je balance les papiers qui s'éparpillent un peu partout sur le sol, et hurle avant de fondre en larmes. J'avais l'impression que tout ceci n'allait pas se terminer. Je n'avais visiblement pas assez versé de larmes pour en avoir encore. Peut-être que j'allais finir par épuiser mon stock.
Peter et sa tante venaient de dévaler à grande vitesse les marches du premier étage et une main se posa sur mon dos. Ils observent les dégâts que j'avais de causé dans la cuisine. On me caressait le dos et me chuchotait des mots doux pour me calmer. Ça marchait, ma respiration reprenait son rythme. Tante Sally prend un verre d'eau que je ne vide qu'à moitié. Je n'avais pas spécialement soif.
— Tu devrais aller te reposer. Tu reprendras tout ça plus tard, me conseille May.
— Je veux le terminer maintenant.
— Ça fait trois heures que tu es dessus. Fais au moins une pause. Sortez un peu tous les deux.
— Je n'ai pas le coeur à sortir.
— Moi non plus, assure Peter. Mais je ne peux pas rester trop longtemps enfermé. Nous allons devenir fous. Viens. Sortons un peu. Ça nous fera le plus grand bien.
Je me laisse entrainer de force par Peter. Connaissant sa tante, elle aurait tout fait pour que nous sortions. Je monte chercher mon manteau.
— Mes pauvres enfants. Vous êtes trop jeunes pour vivre ce genre d'évènement. Je ne sais pas comment tu fais pour contrôler tes émotions, Peter.
— Je le fais pour elle. Sinon ça ferait longtemps que j'aurais craqué. Merci en tout cas tantine de l'aider. Et j'ai l'habitude, si je peux dire ça ainsi.
— C'est normal. Personne n'a à vivre ça.
En réalité, Peter avait déjà fait appel à sa tristesse ma veille avant de venir me voir. C'était en partie pour ça qu'il avait mis du temps avant de se décider de me rendre visite. Et puis, lui aussi avait déjà perdu beaucoup de personnes. Il a perdu ses parents quand il était petit. Même s'il ne se souvient plus très bien, étant donné qu'il était trop jeune pour comprendre. Mais ça ne l'a pas empêché d'être hanté par son père durant toutes ces années.
Je redescends avec mon manteau sur les épaules et nous sortons. Nous marchons tranquillement dans la rue avant de nous arrêter dans un petit parc où personne n'y était. Il faisait encore jour, nous pouvions apercevoir des petits nuages blancs flotter dans le ciel encore bleu. Le soleil faisait briller les feuilles jaunes et brunes des arbres comme des pièces d'or et de bronze. Un vrai temps d'automne. L'été était passé à une vitesse vertigineuse.
Je n'avais pas les idées plus claires que lorsque j'étais le nez dans mes papiers, cependant, la petite brise fraiche qui frôlait mon visage m'apaisait. Mes yeux regardaient le sol et mes pieds s'amusaient à shooter dans des cailloux chaque fois qu'ils en croisaient un sur leur chemin. Le vent avait séché mes larmes. Nous faisons une pause en nous plaçant devant un petit étant rempli de canards et de cygnes. Je prends quelques cailloux dans ma main tremblante avant d'en lancer un par un sans viser les animaux jusqu'à ce que mon lancer soit plus violent et rapide. Peter m'arrête tout de suite et nos yeux se fixent.
— Je ne comprends pas. Je n'ai pas mérité cette vie.
Malheureusement Peter n'avait aucune réponse à me donner. Il me prend dans ses bras. Je repars dans une pleurnicherie ingérable. Je suis déprimée. Même si je sais que je finirais par m'en sortir, il le faut. Je ne peux pas passer ma vie à pleurer, mes parents n'auraient pas souhaité que je me comporte de cette manière. Je me redresse et essuies mes joues et mes yeux mouillés avec la manche de mon pull.
— Ça va mieux ?
— Je pense. Je l'espère.
— Tu es plus courageux que moi. Tu ne pleures pas.
— Chacun, sa manière de faire son deuil.
— Je lâche tout ce que je n'ai pas pu donner ces derniers jours. Quand j'étais enfermée. Et depuis cet accident.
— Et tu as raison, ne laisses rien en toi. Plus tu attendras, plus ça finira par exploser. Parole de super héros.
— En parlant de super héros, Spider-Man doit manquer à la ville.
— Je ne pense pas.
— J'en suis sûr que si. Gwen n'aurait pas voulu que tu arrêtes une seule seconde. Tu es Spider-Man.
— Il faut que j'y réfléchisse. Je ne suis pas trop d'humeur pour l'instant.
Il est difficile pour nous deux de trouver un terrain d'entente. Chaque sujet peut être signe d'embrouilles, nous sommes des bombes à retardement qui sont prêtes à exploser à tout moment, pourtant, notre amitié est toujours là. Nous rentrons chez tante May, Peter décide de rester avec moi pour m'aider dans ma paperasse. Je ne sais toujours pas dans quelle ville faire l'enterrement.
Avant de retourner chez lui, nous passâmes chez moi récupérer le courrier que je n'avais pas pris depuis deux jours.
…
Nous sommes à l'enterrement de Gwen, toute sa famille est là. Une dizaine de personnes entourent le cercueil noir et lustré. Un prêtre fait son discours. Tout le monde pleure sa mort, pas un n'y échappe. Il n'y a que moi, qui essaie de rester la plus sobre possible. Vous pouvez le prendre comme vous le voulez, je ne manque pas de respect envers sa famille, mais j'estime avoir assez craqué ces derniers jours, je commence à peine à m'en remettre progressivement. Peter était le premier à tourner une page de son journal intime.
Les mots que prononçait le prêtre le rendaient mal à l'aise, je lui pris la main par compassion et pour tenter de le détendre, elle tremblait. Il la serrait fortement sans pour autant m'en briser les os.
C'était terrible pour Peter, qui avait assisté à sa mort, et le prenait comme un échec personnel. Ça dépassait son côté homme-araignée. Il était totalement effondré à son tour et avait du mal à passer ce cap, bien qu'il se retienne lui aussi de ne pas pleurer devant la famille de sa petite amie.
Après que la famille Stacy soit passée par la case cimetière, un recueillement était fait chez eux. Nous y avons assisté jusqu'à la fin. Heureusement pour moi, que l'enterrement de mes parents ne durera pas aussi longtemps que le leur ! Peter eut les condoléances des parents de Gwen ainsi que du reste de la fratrie, il était touché par tant d'amour que les autres lui portaient, il ne s'y attendait pas.
J'étais en train de discuter avec madame Stacy, lorsque je me rendis-compte que Peter avait disparu. Je m'excusai auprès de la mère Stacy et parti à sa recherche. Au bout d'un certain moment, je le trouvai finalement assis sur le lit de sa petite amie. Il observait mon arrivée, et avait dû entendre mes pas dans le couloir. Je m'assis près de lui, il ne refuse pas ma présence. Je place une main derrière sa nuque et la tira vers mes genoux. Je ne sais pas pourquoi, ce geste affectif venait de me traverser l'esprit. Ça n'avait pas l'air de le déranger. Je lui caresse les cheveux alors qu'il en faisait de même avec ma cuisse. Parfois, ça lui arrivait d'être un peu plus brutal dans son geste, mais je le laissais faire. Sous les coups de 18 heures alors qu'il se calme petit à petit et ne pouvant plus supporter cette ambiance trop pesante nous décidons de rentrer.
…
La soirée se passe dans un calme que même tante May ne l'eût jamais entendu. Peter qui était toujours d'humeur enjouée et prêt à déconner n'avait pas faim du tout, nous étions en train de manger toutes les deux. Sa tante avait voulu me faire plaisir, en organisant une soirée crêpe. Elle savait que toutes les filles adoraient ce genre de repas. Elle avait vu juste, puisque chaque fois que ma mère en faisait, j'en avalais par quatre. 2 salées et 2 sucrées, comme ça, pas de jalousie dans mon estomac. May était étonnée de me voir engloutir autant de crêpe, elle s'amusait en m'observant manger.
— Toi au moins tu ne perds pas le nord…
— Je n'ai presque rien mangé de la semaine.
— Je suis contente de voir que tu reprends du poil de la bête. Pour ce qui est de Peter…
— Je pense que Peter a retenu depuis bien trop longtemps ses émotions. Tout le monde finit par y passer, même si nous ne le dévoilons pas réellement. Et chacun à sa manière de la montrer.
— Tu as raison. Comment c'est passé l'enterrement de Gwen ?
— Long, mais très appréciable pour tous. Des collègues proches de Gwen, famille, amis étaient tous réunis autour d'elle.
— J'espère qu'elle était ravie de tous les voir !
— Je suppose. Tu en reveux une autre ?
— Sans vous vexer, cela suffira.
— Pour tes parents, c'est après-demain c'est ça ?
— Tout à fait ! J'espère avoir choisi une bonne date.
— J'ai une petite surprise pour toi. J'ai pu me libérer, je vais pouvoir vous accompagner tous les deux.
— Tous les deux ?
— Peter et toi…
— En réalité, je pensais y aller seule. Mais si vous voulez venir, je n'y vois aucune objection. Au contraire.
— Ça me ferait très plaisir. Et puis, ce n'est pas un moment facile à vivre. On est tout de même mieux à plusieurs.
— J'en suis persuadée.
Je me lève de table et débarrasse mon assiette avant de la laver ainsi que les couverts utilisés. Je finis par faire une bise sur la joue et un énorme câlin à May, pour la remercier encore une fois de son accueil et pour tout ce qu'elle fait pour moi. Il se fait tard et la journée nous a bien épuisés émotionnellement parlant.
J'entre dans la chambre de l'homme-araignée et le trouve en train de dormir. Il ne semblait pas du tout se reposer, son sommeil était plutôt agité, je le voyais gigoter dans tous les sens. Parfois il se posait, et d'autres moments il bougeait pendant que je me changeais. Je me faufile sur la chauffeuse. Depuis que je suis ici, Peter dormait dessus et m'avait bien prêté son lit. Je ne voulais pas le réveiller. Je compte plusieurs fois mes doigts de pieds jusqu'à ce que je m'endorme.
Je pensais mon sommeil profond, comme il l'avait souvent été dans le passé, mais je remarque que non, lorsque je sens des pieds essayer de m'éviter. J'ouvre les yeux et regarde l'horloge lumineuse près du lit de Peter. Il était 3 heures du matin. J'avais tout de même bien entamé ma nuit. Généralement, je déteste être réveillée aussi brutalement. C'est quand même plus agréable quand c'est le soleil qui vous touche le visage.
Je m'inquiète de ne pas le voir revenir, je me lève et pars à l'aventure une seconde fois. Qu'est-ce qu'il est chiant à disparaitre de la sorte sans prévenir ! La salle de bain était allumée et était à côté de sa chambre. Une malheureuse idée eut le temps de me faire paniquer. J'espérais que Peter n'était pas de ce genre-là. C'est quelqu'un de fort. Même si nous avons tous nos faiblesses et nos mauvais moments. Je me dépêche de pousser la porte et je constate qu'il a les mains posées sur le bord du lavabo et si crispées que l'on peut voir ses os ressortir. Sa tête est penchée vers le bas et sa respiration est chaotique. Il était en train de faire ressurgir toutes les émotions qu'il avait retenues jusque-là. Personne ne peut contrôler ce genre de sentiment. Partagé entre la colère, le manque, la perte de confiance en soit, la tristesse. On porte tous un masque dès que nous sortons dehors. Pas besoin d'être un super héros.
Je m'approche à pas de loup vers lui et pose une main sur son dos et le caresse doucement. Seul son short faisait office de pyjama. Toucher son dos nu me faisait frissonner. Qui pouvait bien rester insensible à tant de muscles ?
Il lève la tête et me regarde depuis le miroir. Ses yeux rougis et le visage pâle par la fatigue et l'émotion.
— Je suis totalement nul, bredouilla Peter.
— Tu ne l'es pas, personne ne l'est !
— Je suis tellement énervé contre moi et le monde entier.
— Tu ne devrais pas, tu as fait tout ce que tu pouvais. Essaie de te calmer.
— Comment ? Ça fait des années que je retiens cette colère, contre mon père qui m'a abandonné, qui nous a causé tous ses torts.
— On ne peut pas éternellement en vouloir à nos parents.
— Et toi ? Tu as cessé de leur en vouloir ?
— Je me dis qu'ils ne s'attendaient pas à ce que leur expérience voie le jour. Personne ne pouvait prévoir ce que nous avons vécu.
— Mais toute cette colère m'empêche de dormir, reconnait-il.
— Je ne connais qu'un seul moyen pour parvenir à te détendre.
— Lequel ?
— Viens !
Je prends la main moite de Peter et l'entraine au beau milieu de la chambre après avoir pris soin de fermer la porte.
— Je te l'ai dit, je ne veux pas dormir.
— Chuuuuut…
Puis sous les pulsions et mon manque de lucidité du moment, je m'empresse de l'embrasser. Je ne trouvais que cette solution pour oublier un instant le malheur que nous vivions actuellement. Il me stoppe immédiatement, les yeux grands ouverts.
— Qu'est-ce qu'il te prend ?
Je ne réponds rien, son refus de continuer me faisait comprendre qu'il n'en avait pas envie, surement par respect pour Gwen. Je me détache de lui et me baisse pour aller me coucher, quand une main ferme empoigne mon poignet tout fin et me redresse à grande vitesse. En moins de deux secondes, il m'avait attrapé les bras et m'embrassait sauvagement. Nous, perdus dans la folie qui nous anime depuis des mois ? Probablement. Et nous sommes humains avant tout, nous avons tous nos instants de folie.
Il nous tourne et s'assit sur le lit, je place deux jambes autour de sa taille et il se couche, m'entrainant avec lui.
Dans ces gestes et son envie, je sentais la colère s'évader de son corps. Cette chambre cachait beaucoup de choses. La vie d'un super héros, ce plaisir que nous prenions. Si Dieu nous voyait, nous serions vraisemblablement allés en enfer pour avoir au moins pêché à plusieurs reprises.
À la fin de notre petite surprise improvisée, j'avais ma tête posée sur le torse du jeune homme dont la respiration était beaucoup plus posée. Il dormait. Tandis que je caressais longuement son torse. Mon regard était vide, des larmes sur mes joues coulaient de nouveau. Je réalisais l'importance de cet acte que nous venions de faire.
