Salut ! Je précise juste que ce chapitre est le deuxième ! J'ai publié le chapitre 1 mardi dernier car j'ai décidé de publier deux fois par semaine pour cette histoire. Elle est très longue !
En espérant que vous apprécierez, place au chapitre !
THE LAST OF US : BELIEVE IN
Chapitre II : Le rebel
10 ans plus tôt...
«AH !»
Jude reprit son souffle et fixa son ami d'un air désabusé. L'autre rigolait, moqueur.
«T'es con ! J'aurai pu te tuer !»
«Ahah, relaxe.» le calma David. «De toutes façons, au corps à corps je te massacre.»
«Pff. C'est pas une raison pour me faire peur comme ça.»
«C'est bon, Jude ! On s'amuse vraiment jamais...»
«Parce que c'est pas drôle.»
«C'est toi qu'est pas drôle.»
Jude se tourna sur le côté dans son lit et regarda l'heure. 4h du matin. Il soupira. Pourquoi fallait-il que cet idiot de David vienne le réveiller à pas d'heure alors qu'il passait ses journées à s'entraîner dur ?
«Tu te rends compte que je suis crevé ?» demanda-t-il en frottant ses yeux ensommeillés.
«Ouais. Moi aussi. Mais la fatigue ça tue pas hein.»
Un coup d'oeil exaspéré de Jude lui fit prendre conscience de la stupidité de sa phrase. Il soupira et s'assit sur le lit en face.
«T'as qu'à te rendormir.» dit-il simplement.
Il y eut un petit silence pendant lequel Jude tenta de fermer les yeux, puis il les rouvrit juste à temps pour voir les chiffres de son réveil passer de 4h25 à 4h26. Il se mit alors sur le dos en soupirant.
«Je peux pas maintenant. Je suis trop réveillé.»
David ne dit rien, trop occupé à regarder autour de lui. Cette chambre lui rappelait tellement de souvenirs...
«Toujours pas de coloc ?»
«Comme tu vois...»
Jude se mit sur le côté pour voir le visage de son ami.
«C'est bizarre de te voir ici.»
«Tu trouves ?»
«Ouais...»
«En tout cas je peux encore venir. Imagine quand t'auras quelqu'un dans la chambre.»
«Pas de problème, si il a quelque chose à dire, je l'assomme.»
«C'est ça.»
A nouveau, le silence. Une minute s'ajouta à l'heure au réveil et Jude soupira.
«C'est bien chez les Lucioles ?»
«Je suis pas chez les Lucioles, Jude.» le reprit David. «Je suis chez les Gardiens. C'est pas pareil.»
«En quoi c'est différent ?»
«Bah... Les Gardiens... C'est un groupe de chasseurs, un clan. Il ne dépend que de lui-même.»
«Je croyais qu'il était affilié aux Lucioles ton clan ? Ça veut pas dire que tu es un peu sous les ordres des Lucioles ?»
«Vois plutôt ça comme une alliance. Et puis, rien ne dit que le boss acceptera encore longtemps les caprices de la chef des Lucioles. Il disait l'autre jour qu'il pensait sérieusement à rompre l'alliance.»
«Je suppose que ce sera pas sans conséquences..»
«Je sais pas. Et en fait, je veux pas savoir. La politique, je laisse ça au chef.»
«A propos... Dean, il va bien ?»
«Il va... Tu sais, il commence à se faire vieux. Il est de plus en plus grincheux !»
Jude et David rigolèrent affectueusement. Le chef des Gardiens avait un caractère bien trempé.
«Tu lui as demandé si je pouvais rejoindre les Gardiens ?»
Le jeune homme aux cheveux clairs releva vers son ami un regard embarrassé.
«Il dit qu'il veut surtout pas te mêler à tout ça... Par respect pour ton père.»
«Me tenir loin de mon future ne me sauvera pas.» grommela le châtain.
«T'es bien présomptueux... Qui te dit que tu serais accepté ?»
«J'ai la stratégie nécessaire pour faire des Gardiens un clan prospère. Je connais bien les rouages de la politique... Et les plans qui mènent à ce que je veux.»
David l'écouta sans l'interrompre. Jude était vraiment un stratège de dingue. Que ce soit pour les tactiques de combats ou les plans d'invasion, ce qu'il avait vu de ses talents en cours de tactique au pensionnat l'avait persuadé. Ce type avait un don pour obtenir ce qu'il voulait, et c'est vrai qu'en voulant le tenir à l'écart, Dean renonçait à une puissance stratégique extrême. Il espérait que le chef changerait d'avis, car donner une si précieuse ressource aux chiens du gouvernement était un gâchis monumental.
«Ne prends pas la grosse tête, génie.» se moqua gentiment le jeune Gardien.
«C'est la vérité.»
«Ça change pas le fait que Dean ne veut même pas entendre parler de toi dans le contexte des Gardiens.»
L'élève soupira profondément. Pourquoi était-ce toujours les autres qui décidaient pour lui ? Son père avait décidé qu'il serait militaire et Dean, sous prétexte qu'il le protégeait, refusait de le prendre chez les Gardiens.
«Et Joe ? J'ai entendu dire qu'il séchait les cours ici pour rentrer chez les Gardiens.»
«Joe est chez les Gardiens depuis longtemps. Il joue un peu l'agent double. Comme son père est militaire, le clan l'utilise pour récupérer des infos.»
David expira bruyamment.
«Je m'inquiète un peu pour lui. Si il se fait choper par son daron, il va se faire détruire. Un fils de troupier chez les hors-la-loi ? Ce truc va finir par exploser.»
David s'attendait à ce que le châtain renchérisse mais pas un mot. Il baissa les yeux vers Jude et sourit tendrement: il s'était rendormi. Le pauvre, il devait vraiment être épuisé. David s'en voulait un peu de le déranger. Mais c'était le seul horaire qu'il avait de libre pour le voir. Il se leva et quitta discrètement la chambre de son ami. Il était temps de rentrer au camp.
«Pas mal Sharp !»
Jude se redressa et remercia leur professeur de tir, avant de se rendre compte qu'il y avait eu un écho. Il dirigea son regard vers la personne qui avait parlé en même temps que lui: Célia. Le garçon sourit.
«Ah... Désolée, c'est à toi qu'elle parlait je pense.» s'excusa la brune.
«Non... Je pense qu'elle te parlait à toi.» rétorqua le châtain.
Sa soeur sourit et l'instructrice s'approcha d'un pas lourd et félin. Elle était grande, blonde, aux épaules carrées et musclée, et à la poitrine forte. Elle était rugissante, avec un caractère de feu, et passait vraiment son temps à hurler des ordres. Ses compliments étaient particulièrement rares.
«Je vous parlais à tous les deux, bande d'imbéciles heureux.» dit-elle en s'approchant. «Et arrêtez de me regarder comme ça, au boulot !»
Et elle repartit d'une démarche rageuse, ses belles hanches balançant superbement, lui donnant un sex-appeal probablement involontaire. Et à bien y regarder ça constituait son charme...
«Elle a raison, arrête de la regarder.» se moqua Célia en poussant du coude son frère.
«Je la regarde pas.» répondit-il tout sourire.
Le mensonge fit rire la brune. Bien sûr que si, Jude mattait le commandant Ellis, parce que Jude était un garçon et Ellis une bombe à retardement avec des seins. Et que cette bombe était bien malgré elle le fantasme incarné de tous les élèves masculins de la pension. Enfin, une sorte de fantasme-peur: il fallait dire qu'elle était assez intimidante, et manquait cruellement de délicatesse dans ses expressions. Un militaire quoi. Célia se détourna avec un sourire amusé et se remit en place pour viser la cible à 20 mètres. Jude la regarda tirer. Le cours de tir de précision était son cours favoris, sans doute parce qu'il avait du mal avec les combats rapprochés. Ses pensées se tournèrent vers David. Ça faisait presque un mois qu'il avait quitté définitivement le pensionnat militaire, et plus longtemps encore qu'il traînait avec ce clan de chasseurs. Jude, lui, il avait bien réfléchis à ce qu'il voulait faire, mais n'avait pas vraiment trouvé de réponse. Si seulement il pouvait rejoindre les Gardiens ! En plus, Célia pourrait venir avec lui et vivre enfin une vraie vie de fille, une vie où elle ne serait pas obligée d'apprendre à tuer et à tirer. Il mit son casque et ses lunettes de protection et se concentra sur sa propre cible, à 30 mètres. Il posa le doigt sur la détente. Il freina sa respiration pour ne bouger que le moins possible et ferma son oeil gauche. Il positionna ses mains sur la crosse de son 9 mm. Et il tira trois coups.
«Ouais, grand frère !» entendit-il.
Il baissa son arme et fixa sa cible. Deux balles sur trois dans la tête, l'autre dans le décor.
«Tu aurais fait mieux que moi.» fit-il modestement en retirant ses protections.
«Mais non...»
La brune allait rajouter qu'il ne devait pas être si modeste lorsque Ellis siffla avec hargne.
«Le cours est finit bande de pleurnicheurs trouillards ! Hey, Regis-doigts-qui-glissent ! Range-moi tout de suite ton flingue, j'ai dit !»
Regis était un autre élève du pensionnat. Il était connu pour ses gaffes, sa bonne volonté mais son don pour toujours foirer ce qu'il entreprenait. Mettez-lui n'importe quoi dans les mains, vous pouviez être sûrs que ça finirait par exploser au sol. D'où son surnom. Ranger son arme dans son étuis à la fin des cours évitait les accidents, même si les balles étaient à blanc. Et la précaution était doublement de mise avec un phénomène comme Regis. Le commandant Ellis passa dans les rangs de tireurs pour récupérer les pistolets.
«Sharp, ta chambre est vide non ?» demanda-t-elle en ramassant l'arme de Jude.
«Eumh.. Oui.» répondit-il en essayant de ne pas regarder la poitrine imposante que la femme posait sous son nez.
«Bien, tu restes après le cours.»
Le châtain hocha la tête docilement. Que lui voulait-elle ? Est-ce que cette question signifiait qu'il allait avoir un nouveau colocataire ? Il soupira. David et lui aurait du mal à se voir dans la chambre si un idiot se réveillait et lui posait des questions. Sa soeur lui lança un regard interrogatif et il haussa les épaules. Ellis ordonna aux élèves de "ficher le camp" de la cours dès qu'elle eut récupéré les armes. Elle fit signe à Jude de la rejoindre au milieu de la cours.
«Un nouvel élève va arriver.»
«Et vous allez le mettre dans ma chambre c'est ça ?»
«Bravo, Sharp, tu as deviné ça tout seul ?»
Le garçon ne répondit pas.
«Ce nouvel élève ne sera pas intégré dans les classes de 1er année. Il sera directement mis dans la tienne.»
«Est..Est-ce qu'il a un rapport avec moi ?» demanda Jude d'un ton incertain.
«Non, pas du tout. Mais ta chambre est vide, et tu es un excellent élève, autant en théorie qu'en pratique alors...»
«Pourquoi vous essayez de me le coller sur le dos ?»
«Disons qu'il est... Récalcitrant.»
Jude haussa un sourcil. Pitié, il allait vraiment devoir jouer aux babysitters ? Tout ça parce qu'un gamin un peu rebel intégrait le pensionnat. Qu'est-ce qui poussait l'armée à s'encombrer d'un élément à problèmes ? La blonde se rendit compte que le jeune commençait à se poser les bonnes questions et se racla la gorge. Elle n'était pas habituée à se faire analyser par un gamin de 15 ans ou 16 ans. Ni à devoir répondre à des questions si pointues.
«Et d'où est-ce qu'il vient ?» questionna Jude.
«Ça... Ça dépasse votre accréditation, Sharp.»
Ellis avait tenté d'être froide mais le jeune garçon ressemblait trop à son père. Et dieu savait que le général Sharp avait été un homme imposant et charismatique. Son fils avait hérité de son esprit analytique et... De nombre de ses autres qualités.
«Je comprends.» fit Jude avec un sourire en coin qui fit froncer les sourcils de son instructrice.
«Suis-moi alors. Et ne pose plus de questions.»
Le garçon obéit et suivit la jolie blonde dans le bâtiment central. Elle l'emmenait probablement dans le bureau d'un de ses subordonnés à qui elle aurait donné la charge du fauteur de troubles. Ils s'approchèrent en effet d'un bureau -le garçon put voir écrit sur la plaque "lieutenant H. Cortes".
«Lieutenant.» salua-t-elle, entrant sans même frapper.
Le subordonné se leva de derrière son bureau et inclina la tête pour saluer la femme. Jude regarda discrètement dans la pièce. Ses yeux se posèrent bien vite sur une tête encapuchonnée qui dépassait du siège face au bureau. C'était lui alors..?
«Je suppose que vous venez pour le garçon.» dit respectueusement Cortes en s'approchant dudit siège.
«En effet.» répondit brièvement le commandant. «Ce jeune homme est Jude Sharp, c'est le colocataire que j'ai désigné pour lui. Il a accepté de lui faire visiter le pensionnat et de lui expliquer le fonctionnement ici.»
«Je vous le laisse alors.» fit le lieutenant en cachant un sourire moqueur.
Le châtain eut la désagréable impression qu'on se fichait de lui.
Il agrippa la veste du garçon assis, l'obligea à se lever et à se tourner vers le commandant. Jude put enfin voir son visage. L'inconnu avait une peau claire et laiteuse, un peu crasseuse et égratignée à certains endroits. Il avait des joues rosies par le vent de mars et un petit nez qui aurait pu être adorable si le reste de son expression ne semblait pas si haineuse. Ses lèvres étaient plissées d'un air mauvais et ses yeux gris brûlaient de haine. Il avait une grande mèche de cheveux brun qui lui retombait sur le visage. Le commandant lui retira violemment la capuche, révélant son crâne rasé à l'exception de la mèche. Il avait même un tatouage rouge au sommet de sa tête. Pour être rebel, il en avait le look.
«Sharp, voici Caleb Stonewall. Stonewall, voici Jude Sharp. Il sera ton compagnon de chambre et te présentera le pensionnat.»
Le brun ne répondit rien, il ne regarda même pas le commandant, comme s'il ne l'avait pas entendue. Et il regarda à peine Jude. La femme soupira et se tourna vers le bon élève pour lui donner ses instructions:
«Sharp, Stonewall est un cas. Si tu remarques quoi que ce soit de suspect... Préviens tes supérieurs hiérarchiques. Et si jamais il se montre violent, ou qu'il essaie de désobéir au règlement, ne te confronte pas à lui. Contente-toi de le retenir et d'avertir le corps militaire.»
Le châtain hocha la tête. Il n'était ni idiot ni masochiste. Il savait bien quelle devait être la procédure. Le lieutenant poussa le fameux Stonewall, qui soupira et leva les mains en grinçant:
«On pourrait m'enlever ça maintenant, nan ?»
Cortes fouilla dans sa poche pour trouver la clé et déverrouilla les menottes du nouveau. Des menottes ? Jude tenta de ne pas montrer son scepticisme. Il avait la légère impression que l'armée en faisait des tonnes pour un gamin. Qu'avait-il bien pu faire et comment s'était-il retrouvé ici ? Le châtain brûlait d'envie de lui poser ces questions mais ça ressemblait trop à de la curiosité mal placée.
«Montre-lui la chambre.» lui demanda Ellis.
Jude hocha la tête et sortit du bureau. Il entendit Stonewall marcher derrière lui. Il détestait tellement qu'il y ait des gens derrière lui..! C'était insupportable d'entendre ses pas traînant dans son dos et de sentir ses yeux perçants scruter sa nuque.
«Et... T'as quel âge ?» fit le châtain en ralentissant pour marcher aux côtés du brun.
Pas qu'il en ait envie. Mais il préférait ça à le sentir rôder derrière lui. Stonewall semblait du genre à n'avoir aucun scrupule à étrangler quelqu'un par derrière. Il ne semblait pas fiable.
«15 ans.»
«Ah.»
«Et toi ?»
«Aussi.»
Passionnant tout ça.
«Tu veux vraiment devenir un chien du gouvernement ?»
Tiens, voilà qui sortait de l'ordinaire. Ce n'était pas vraiment le genre de question qu'on pose à quelqu'un qu'on vient de rencontrer.
«Je sais pas ce que je veux... Sans doutes parce qu'on ne m'a jamais demandé mon avis.» répondit Jude sans vraiment savoir pourquoi il en disait autant.
«Je m'en doutais. Ça se voit dans tes yeux.»
Jude haussa les sourcils mais ne lui demanda pas ce qu'il voyait de si parlant dans ses yeux. Il avait déjà plusieurs réponses, et quelque chose lui disait que si Stonewall était si subtil dans ses phrases, c'était parce qu'il le savait capable de capter les sous-entendus et d'achever ses débuts de raisonnements seul. Ce gars n'était pas n'importe qui. On aurait un peu dit son alter ego maléfique.
«Qu'est-ce que tu fais ici ?» dit le guide, curieux.
«Moi non plus, on m'a pas laissé le choix. On m'a balancé comme un steak avarié aux chiens de l'armée en espérant qu'ils meurent tous d'intoxication.»
Le châtain sourit. Il aimait bien cette métaphore.
«Qui t'a balancé ?»
«Et toi ?»
Stonewall dépassa un instant Jude et le regarda dans les yeux. Ce dernier comprit qu'il avait atteint la limite à ne pas franchir, et fut étonné de constater qu'elle se situait sans doute au même endroit que sa limite à lui. Il soutint le regard acier du nouveau en se demandant quoi penser de lui: ce type était intelligent. Mais sans doutes était-il aussi fourbe et vil. Il l'avait dit lui-même. Il était un cadeau empoisonné. De quoi se méfier.
Jude releva un peu la tête avec fierté: avec une intelligence comme la sienne, il était largement capable de profiter du côté cadeau de Stonewall, et de laisser le poison aux autres.
Ils arrivaient dans l'aile des dortoirs et passèrent devant une multitude de chambres pour trouver celle de Jude.
«Sérieux, c'est des chambres ? Je m'attendais à des dortoirs de quinze par pièces.»
«C'est le cas. Les soldats de l'armée dorment dans les dortoirs. Nous on a les chambres, en tant qu'élève.»
«Vous avez la belle vie ici.»
«Pas tant que ça.» répondit froidement le châtain, vexé.
Puis, en se rendant compte que c'est exactement la réaction que Stonewall attendait, il reprit son calme et continua:
«On a des cours de pratique la majeure partie du temps. On apprend le combat à main armée, le corps à corps, le tir, en deux catégories différentes: précision et réactivité, le parcours militaire, les exercices de maintiens de la forme physique -EMFP- et le maniement des armes de poing.»
«Genre... On a des armes à feu ?»
«Elles sont chargées à blanc.»
«J'm'en doute ça, le génie, mais si c'est des vrais flingues, on peut les charger en vraies balles.»
«On a pas le droit d'avoir d'arme en dehors des cours. Et on est dans une base militaire, tu dois bien te douter que les contrôles sont fréquents.»
«Mouais... Et ?»
«Et en cours théorique, on a les cours de tactiques militaires... D'anglais -la conjugaison, la grammaire, l'orthographe, la lecture- , de sciences physiques et chimiques, et de sciences biologiques. Les deux derniers n'existent que pour dénicher ceux qui ont des prédispositions pour la recherche ou la médecine.»
«Et ceux-là sont envoyés faire des études dans des écoles militaires spécialisées, c'est ça ?»
«Exactement.»
Ils arrivèrent devant la chambre de Jude, qui ouvrit la porte. Le brun entra dedans en regardant autour de lui et avisa rapidement le lit vide avant de fixer l'autre. Celui du châtain était parfaitement fait, ses uniformes et ses vêtements civils étaient rangés dans des boîtes sous son lit. Le nouveau plissa les yeux. Au dessus de la couchette du châtain, il y avait des photos. Une photo portrait d'un homme d'épaules carrées, grand, costaud, au visage dur et sévère. Il semblait se tenir droit, on voyait d'ailleurs clairement son costume militaire et ses galons sur la poitrine. Stonewall n'aurait pas aimé rencontrer cet homme en vrai. Plus haut, il y avait une autres images, et dessus un Jude avec quelques années de moins et une jolie brunette souriante à ses côtés. Le brun passa devant son colocataire et alla s'asseoir sur son lit. Le matelas était encore bien, même si on sentait qu'il avait vécu, et le lit ne grinçait presque pas.
«Il y a des gardes de nuit ?»
Évidemment. Jude attendait cette question, car il le savait, le rebel allait tenter de s'échapper.
«Tu vas pas t'enfuir dès ta première nuit quand même...» soupira-t-il d'exaspération en fermant la porte de la chambre.
Un regard perçant du type lui fit comprendre que si et il leva les yeux au ciel.
«Tu vas m'attirer des ennuis.»
«Qu'est-ce que j'en ai à faire de toi ?»
Hum, rectification: profiter du côté cadeau de Stonewall allait se révéler particulièrement dru, et encore, si tant est qu'il en ait vraiment un.
«Je pensais que t'étais pas con mais je me suis trompé on dirait.» marmonna-t-il.
Stonewall se redressa vers lui, intéressé par la remarque de son vis-à-vis.
«Et qu'est-ce qui te fait dire ça, Jude Sharp ?»
La façon dont il avait prononcé son nom faisait froid dans le dos. Mais le concerné ne se laissa pas intimider, au contraire, il fronça les sourcils d'un air sérieux bien connu.
«C'est ton premier jour ici. Tu devrais attendre une semaine ou deux, que les soldats ne se méfient plus. Tu aurais déjà bien plus de chances de t'en sortir.»
«Ouais, et d'ici là ils auront déjà...»
Le brun se tut juste à temps.
«Quand est-ce qu'on mange ?»
Jude se rendit parfaitement compte du changement de sujet -il fallait dire qu'il était loin d'être subtil- mais n'insista pas. Si cet imbécile sortait cette nuit-là, ce n'était pas sa faute. Il se ferait sans doute renvoyer et Jude récupèrerait avec plaisir sa chambre pour lui tout seul. Malgré ces pensées, le châtain se sentit mal à l'aise: il savait que si Stonewall se faisait attraper à s'enfuir... Il serait descendu avant même d'être renvoyé.
Qu'importe, essaya-t-il de se convaincre. Ce n'était pas ses affaires.
«On va pas tarder. Je te montre le réfectoire, suis-moi.»
J'espère que le chapitre 2 vous aura plu ! Cette fiction se déroulera sur ces deux lignes temporelles, à intervalle de 3 chapitres à chaque fois.
Merci d'avoir lu et n'hésitez pas à donner votre avis :)
A mardi !
