Hello tout le monde ! Vous l'avez sans doute remarqué mais je n'ai pas pu publié mardi dernier, faute de temps. Donc vous aurez ce chapitre 7 samedi ! Excusez-moi, je veillerai à ne plus être trop en retard. Merci de votre fidélité encore une fois !
Delph: Ah, en effet, on dirait bien que tu n'aimes pas Célia x) Moi je l'aime bien, dans la mesure où elle est sympa et plutôt authentique (pas comme toutes les autres poupées de l'anime qui essaient de se caser avec tous les mecs qu'elles croisent...) Célia aime juste son frère, je trouve ça touchant :) Quant à Nathan... J'espère pour moi qu'il survivra *gloups* Je sais à quel point les arcs-en-ciel peuvent être cruels et meurtriers. Et oui, Percy, c'est le coach Kudo. Mais je pense que je vais mettre les choses au clair pour tous les persos, histoire que vous ne vous perdiez pas, ni toi, ni les autres (et moi non plus x) Merci encore pour la review, comme à chaque fois. D'ailleurs je comprends bien que tu ne laisses pas de review à chaque fois (il n'y a pas spécialement grand chose à dire x) Bisous sucrés et nuages roses, à bientôt ! :3
Jude Sharp : Kido Yuuto, élève au pensionnat, orphelin (son père était militaire), chef des Gardiens dix ans plus tard
Caleb Stonewall : Fudo Akio, élève forcé au pensionnat, orphelin, chef des Titans dix ans plus tard
Dean : OC, chef des Gardiens à l'époque où Jude est au pensionnat, informateur "neutre" dix ans plus tard
Commandant Ellis : OC commandante et instructrice à la base militaire de Boston, Général Ellis dix ans plus tard
Célia : Haruna Otonashi, soeur de Jude Sharp
Percy (ou Percival) Travis : Kudo, on sait encore peu de choses sur lui
David Samford : Sakuma Jiro, jeune recrue des Gardiens, lieutenant des Gardiens dix ans plus tard
Dix ans plus tôt, au pensionnat militaire de Boston, on impose à Jude un nouveau camarade de chambre. Ils doivent apprendre à vivre ensemble et à se supporter, y parviendront-il ? Et d'ailleurs, que fait-il là, ce rebel ? La tension monte au sein de l'armée, Jude le sent; ils touchent du doigt la vérité. Une sombre histoire poursuit le nouvel élève du pensionnat, il semble savoir des choses dangereuses. Qu'est-ce que c'est ?
THE LAST OF US : BELIEVE IN
Chapitre VII: Ceux qui nous aiment
10 ans plus tôt...
«CALEEEB !»
Ce type était insupportable. A un point qu'on pouvait difficilement atteindre. Jude s'élança dans le couloir du dortoir à la suite du brun. Il était pourtant calme de nature, il ne comprenait pas comment cet imbécile parvenait à le mettre hors de ses gonds. Les deux garçons passaient leur temps à se courir après, si bien qu'en un mois, déjà plus personne ne s'en étonnait. Le brun se tourna vers lui et se moqua ouvertement, s'attirant encore une fois les foudres de son compagnon de chambre.
«Et bah, déjà essoufflé ?» lança-t-il avec son air de petit diable.
«Si je t'attrape espèce de...»
Le châtain n'arrivait jamais à finir ses insultes. Mais alors que le fauteur de trouble arrivait au niveau des bureaux, Jude se sentit nerveux. Il était 9h00, le couvre-feu était mis en place, et les élèves n'avaient plus le droit de quitter leur dortoir. Si jamais quelqu'un les prenaient dans l'aile sud, ils auraient de gros ennuis. Il reporta son attention sur le brun, qui- BAM !
«Aie ! Pourquoi tu t'arrête sans prévenir ?» gronda le garçon aux dreadlocks, à terre.
Le brun ria avec arrogance en secouant devant le nez de Jude le papier qu'il lui avait volé. Jude souffla d'exaspération et arracha le papier des mains.
«Tu trouves ça drôle ?» grogna-t-il en défroissant la feuille.
C'est la seule photo qu'il avait de son père. Il soupira à nouveau en constatant que l'autre avait dessiné une moustache dessus, et espéra pouvoir l'effacer.
«Sérieusement... Pas étonnant que tu sois ici... Tes parents ont essayé de se débarrasser de toi.» grommela-t-il en se redressant.
Soudain, le visage de méchant garnement de Caleb parut tout à fait sérieux. Bien sûr, le châtain ne savait rien de la situation de son nouveau camarade de chambre, et ne cherchait pas tellement à la connaître. Il ne disait ce genre de chose que quand son seuil d'exaspération était franchi et qu'il se mettait en colère. Sa perspicacité ajoutée à sa hargne touchait souvent la corde sensible.
«Tu ne devrais pas parler de ça, Jude Sharp.»
Caleb avait pris l'habitude de l'appeler ainsi. Jude s'en voulu un peu et baissa les yeux. Et alors qu'il allait reprendre la parole, le brun lui fit signe de se taire. Des bruits de pas. Le châtain leva un regard légèrement paniqué vers Caleb, qui lui fit signe de le suivre. Il ouvrit la porte d'un des bureaux et s'engouffra silencieusement dedans, ignorant son camarade qui lui chuchotait que ce n'était pas une bonne idée. Ce dernier fut pourtant bien obligé de le suivre, des voix se rapprochant dans le couloir sombre. Le nouvel élève ferma la porte précautionneusement et se tourna vers son camarade, qui restait figé, tendu.
«On ne devrait pas être là !» chuchota-t-il, nerveux.
«Tu préférais te faire prendre dans le couloir de l'aile ?»
«Si jamais on se fait prendre dans un bureau, on va se faire virer !»
«Et alors ? Dégager de cette taule, c'est tout ce que je demande.»
«Mais pas moi !»
Jude reprit son souffle. Il suffisait d'une seule conversation pour comprendre que même s'ils étaient sur la même longueur d'onde, ils étaient tous les deux à l'exact opposé l'un de l'autre.
«Je n'ai personne qui veuille de moi à l'extérieur...» murmura-t-il sans vraiment s'en rendre compte.
C'est vrai ça. Il se demandait souvent ce qu'il faisait dans ce pensionnat militaire, sans que jamais personne ne lui ait jamais demandé son avis... Mais il n'avait plus que ça. Même Dean ne voulait pas de lui.
«Tu n'auras qu'à venir avec moi.»
Jude releva la tête et croisa les yeux du brun. Il se demanda pour la première fois si Caleb était sérieux ou s'il se moquait encore de lui. Il était tellement habitué à faire face à son air moqueur qu'il ne savait plus très bien quoi penser. Il était sur le point de rétorquer lorsqu'il entendit clairement les pas dans le couloir se rapprocher et les voix s'arrêter sur le seuil de la porte. Il n'eut pas le temps de penser que son camarade lui agrippa le bras et l'entraîna dans un placard. Il eut à peine finit de fermer le meuble qu'ils entendirent la porte du bureau s'ouvrir et deux personnes entrer. Elles commencèrent à parler et Jude en profita pour chuchoter le plus bas possible:
«Mais t'es malade ?! On va se faire massacrer !»
«Sauf si ils ne nous trouvent pas.»
Jude se retint de soupirer et détourna le regard. Le placard était très étroit, et tenir à deux dedans relevait presque du miracle. Surtout qu'il ne fallait pas bouger de trop pour ne pas faire de bruit. Il essaya de ne pas trop penser à son camarade, à la chaleur humaine de son corps collé au sien. Il se concentra sur ce qui se passait dehors.
«... -trouvable !»
«Je t'assure qu'il tiendra promesse. La situation est totalement sous contrôle.»
C'était la voix d'Ellis, et d'un autre commandant, qui s'occupait parfois des cours de EMFP. De quoi parlaient-ils avec autant de hargne ?
«Et il le sait ?» reprit ce dernier.
«Je ne pense pas. Sinon, tu penses bien au souk qu'il aurait foutu. Déjà qu'il est intenable...»
«Et tu es sûr que le chef va venir ? Si ça se trouve cette embrouille n'est rien de plus qu'une arnaque.»
«Sois patient. Ce n'est pas n'importe qui. Je pense qu'il est en train de mettre de l'ordre dans ses affaires...»
«Pour que son exécution ne serve à rien ? Mais qu'attend le général pour nous donner l'autorisation d'aller le buter chez lui ?»
«A l'heure d'aujourd'hui, nos forces armées ne sont rien comparées aux siennes. En l'ayant lui, on affaiblira tous ses partisans.»
«Et s'il avait prévu quelque chose ?»
«C'est une occasion que l'armée doit saisir. Nous serons en mesure de réparer les dégâts... Voir de les empêcher.»
Il y eut un silence dubitatif de l'homme et un soupir du commandant Ellis. Jude retint son souffle. Une exécution ? Mais de quoi parlaient-ils ?
«Il faut rejoindre le général dans son bureau. Je prends le dossier et on y va.» déclara soudain la femme.
Les garçons l'entendirent fouiller sur son bureau.
«Où il est ?..» marmonnait-elle. «Je l'ai quand même pas mis dans mon placard..?»
Jude se crispa sévèrement, son coeur battant à tout rompre dans sa poitrine. Il espéra brièvement que Caleb ne l'entende pas. Ce dernier posa doucement sa main sur la sienne et lui fit signe de respirer moins fort. Les pas d'Ellis se rapprochaient...
«Ah,je savais bien que je l'avais mis là !»
Elle venait d'ouvrir le placard à côté. Jude fit de son mieux pour expirer silencieusement et tenta de calmer le tremblement qui avait pris ses jambes.
«Allons-y.» lança le commandant Ellis en se dirigeant vers la sortie.
Puis ce fut le silence complet. Jude ferma doucement les yeux en soupirant et entendit la voix amusée du brun souffler à son oreille. Quand s'était-il approché ?! Quoi que, dans un si petit espace, pas besoin de s'approcher pour être collés.
«Merci qui ?»
Jude grogna et ouvrit la porte coulissante du placard pour sortir. Enfin de l'air. Il entendit l'autre sortir aussi et lança:
«Il faut rentrer.»
«... Je vais rester un peu.»
Le châtain se tourna vers son camarade en cachant son agacement. Quelle bêtise allait-il encore faire ? Il finit par hausser les épaules et se dirigea vers la porte. Après tout, si il voulait se faire massacrer par Ellis, c'était sa vie. Lui avait déjà eu assez de problèmes pour aujourd'hui. Il fit taire la petite voix dans sa tête qui lui soufflait que cette aventure avait été plutôt excitante au fond et ouvrit la porte du bureau. Il lança un dernier regard au brun, qui semblait perdu dans ses pensées. Il finit par soupirer et sortit, fermant la porte derrière lui.
«Bien dormi ?»
Jude renifla avec mépris. Bien sûr que non, il avait mal dormi ! Il était retourné se coucher seul la nuit dernière, laissant Caleb dans le bureau du commandant Ellis. Il n'avait pas réussi à trouver le sommeil. Pas qu'il s'inquiétait pour lui, ça jamais... Il avait juste un peu peur qu'il se fasse prendre. Vus tous les problèmes que le brun avait posé aux soldats depuis son arrivé, beaucoup d'entre eux seraient près à n'importe quel prétexte pour l'empêcher définitivement de nuire. Et cette fois, ce n'était pas une petite farce ou un manque de respect à un instructeur... Le voyou avait fouillé dans le bureau d'un gradé de l'armée. Et même si Jude devait admettre que son compagnon de chambre était à la limite de l'insupportable, il ne voulait pas non plus voir sa tête sur un piquet.
«Au moins aussi bien que toi.» répondit froidement le châtain en enlevant son t-shirt de nuit.
«Ah... Je t'ai réveillé en rentrant, c'est ça ?»
L'imbécile, il en parlait comme si... Comme si c'était parfaitement naturel. Jude l'avait entendu rentrer aux alentours de 3h du matin, étrangement silencieux. Il n'avait pas fait signe à son camarade pour ne pas lui montrer qu'il ne dormait pas, et s'était contenté de l'écouter. Caleb avait enlevé son pantalon militaire et l'avait posé sur son lit avant de se glisser silencieusement dans les couvertures. Il avait fait attention à ne faire aucun bruit, et Jude avait finalement juste entendu un soupir et dans la chambre sombre un petit chuchotement qui disait "bonne nuit".
«Tu boudes pour ça Jude Sharp ?»
Caleb avait laissé son chuchotement tendre de la veille de côté pour son habituel ton goguenard. Jude l'ignora simplement en enfilant un t-shirt noir et son pantalon d'entraînement. Il se demandait même comment il avait pu se préoccuper de la survie d'un type comme lui. Egoïste, arrogant. Il entreprit de s'attacher les cheveux, d'un geste un peu trop rageur. Il sentait le regard du brun sur lui, trop insistant, et ça avait vraiment de quoi l'agacer.
«Hey.»
Il l'ignora encore.
«Tu t'es inquiété pour moi ?»
«Pourquoi je me serai inquiété ? C'est pas comme si...»
Il s'interrompit, sachant que son faux air décontracté avait été décrédibilisé à l'instant même où il avait croisé son regard. Caleb ne se moquait pas. Il était même carrément sérieux. Il finit de mettre son t-shirt et se tourna vers le châtain en passant sa main dans sa nuque d'un air gêné.
«Excuse-moi si je t'ai causé du souci... Je connais pas grands choses des bonnes manières mais je sais au moins ça. Il faut pas inquiéter les gens qui nous aiment.»
«Je t'ai dit que tu m'avais pas inquiété.» soupira le châtain, évitant le regard de son interlocuteur.
«Est-ce que tu me considères comme quelqu'un que tu aimes ?»
«Non.»
«Quelle mauvaise foi... On dirait moi.»
Le ton amusé du brun le fit soupirer. C'est vrai, il se mentait à lui même. Il appréciait bien plus Caleb que ce qu'il essayait de croire ou de faire croire. Et en même temps, c'était différent que son amitié avec David. C'était plus spontané. Y avait-il vraiment des façons différentes d'être ami avec quelqu'un ? Il se laissa tomber sur son lit et passa sa main sur son visage exaspéré.
«Je... J'veux pas que tu te fasses tuer. C'est tout.» marmonna-t-il.
«Et c'est en m'ignorant que tu me montres ça ?»
Comme Jude ne répondait pas, le brun mit ses mains dans ses poches.
«Moi je t'aime bien. Tu dois être le seul dans cette prison que j'apprécie. Il m'arrive même de penser qu'on est amis.»
«Et tu crois vraiment qu'on l'est ?»
«Ouais.»
Le châtain secoua la tête et se redressa. Son regard croisa celui de Caleb. Avoir une discussion sérieuse avec lui, c'était super bizarre. Il vit quelque chose briller dans ses yeux et soupira en le reconnaissant.
«Qu'est ce que tu veux ?» lâcha-t-il exaspéré.
«Un service. Il faut que tu m'apprenne à tirer.»
L'air interrogatif du châtain l'obligea à se justifier:
«Tu es le meilleur de la classe... Et le seul que je supporte. Même les profs je les calcule pas. J'ai besoin que tu m'apprennes.»
Et comme Jude était toujours réticent, il ajouta avec un sourire plutôt sincère:
«J'te le revaudrai.»
«Tu écoutes ce que je dis ?»
«Mais oui, je te jure !»
«Alors tu m'expliques ce que c'est que ça ?»
Jude pointa du doigt la position des mains du brun. Celui-ci avisa son maintien et se contenta de répliquer d'une voix énervée:
«C'est ce que tu m'as montré !»
«Tu veux rire ? Si je t'avais montré un truc pareil je n'aurai jamais été le meilleur tireur de précision de la classe.»
Ah, quel bonheur, Jude se délectait. Il avait bien fait d'accepter la demande d'initiation de Caleb. Il pouvait lui donner des ordres et se moquer de lui, et en plus de ça le brun ne répliquait pas. Un vrai délice.
«Qu'est ce que tu m'as montré alors ?» demanda le brun d'un ton agacé.
«Regarde bien. Il y a deux façons de tenir une arme de mêlée: l'enveloppante ou la classique. La classique n'a pas tellement d'intérêt pour le tir de précision puisqu'elle fausse le contrôle du recul de l'arme. L'enveloppante est selon moi la meilleure façon de la tenir.»
Jude s'approcha du brun.
«Tu es gaucher ?»
«Ouais...»
«Ta main gauche tient l'arme: la poignée vient se placer dans la paume droite. C'est l'index qui actionne la détente.»
«Comme ça ?»
«Mais non.»
Le nouveau retint un soupir d'exaspération. S'il n'avait pas besoin de ce cours pour pouvoir tirer correctement, il aurait remis son ami à sa place depuis longtemps. Non mais sérieusement quoi, quand il s'y mettait, Jude était vraiment casse-pied. Sans doute autant que le brun l'était parfois pour lui, mais c'était différent: là, il se vengeait. Pendant un petit instant, il se dit qu'il aurait fait la même chose si les rôles avaient été inversés. Jude posa ses doigts sur les siens pour les placer correctement sur l'arme et se repositionna à côté de lui pour lui montrer comment mettre ses jambes.
«La technique enseignée à l'armée est la position Weaver. Pour la réaliser, ton corps doit être de profil par rapport à la cible. Ton bras gauche doit être presque entièrement tendu en avant... mais ne bloque pas le coude. Ton bras droit est plié. Attention à ne pas "bloquer" ton bras dans une posture trop rigide, ou tu te fatigueras trop vite et tu trembleras.»
Caleb essayait d'imiter la position de son instructeur tout en appliquant ce qu'il disait. Mais comme le châtain était droitier, mimer sa posture n'était pas facile, et il ne parvenait pas à appliquer ses conseils. Jude soupira d'agacement en voyant son partenaire galèrer et se plaça dans son dos.
«Le corps de profil.» répéta-t-il en plaçant ses mains sur les épaules du brun.
D'un mouvement ferme mais pas brusque, il fit tourner Caleb pour qu'il soit bien positionné. Il passa ensuite ses mains sur les siennes pour qu'il tienne correctement le 9mm, entourant ses épaules.
«Ecarte les jambes.» fit-il à son oreille.
Le brun mit ses jambes le long des siennes. C'est vrai, cette position était stable et confortable. Et c'était étrange à dire mais... Les bras de Jude avaient quelque chose de douillet.
«Sur un pistolet, tu as un système de visée ouvert. Ce que tu vois là, c'est l'encoche de mire, et là, le guidon. La ligne du guidon et de l'encoche de mire doit être absolument horizontale.»
Tout en parlant, le châtain inclinait l'arme avec les mains de son camarade et rapprochait sa tête de la sienne pour avoir un semblant de son visuel. Caleb réprima un frisson en sentant son souffle sur sa joue.
«Il faut que tu regardes les organes de visée. Si ta cible est floue, c'est bon signe: il ne faut surtout pas te concentrer sur elle. Ensuite, au lieu de chercher à viser un point parfait de la cible, tu dois te contenter d'effectuer un "tir de zone". Ça t'évitera les effets de l'erreur parallèle.»
Le brun se concentra et fixa le guidon. Le bonhomme en carton lui semblait assez flou pour le coup, et il se demanda si il allait vraiment l'avoir si il tirait comme ça. Il sentit le doigt de son partenaire se glisser doucement au côté de son index, sur la détente.
«Tu dois tirer avec la partie près de la troisième phalange, au niveau de ton empreinte digitale pour être précis. Cette zone de ton doigt est la plus sensible, et t'offrira un meilleure contrôle. Pour tirer, il faut diriger la pression de ton doigt vers l'arrière. D'abord faiblement, puis progressivement plus fort parce que tu butteras sur le cran d'arrêt. Mais attention à ne pas faire d'à-coup, veille a amorcer progressivement. »
En disant cela, Jude s'écarta du brun.
«Le coup qui part va sans doute te surprendre, alors n'oublie pas de rester concentrer et de bouger au minimum, sinon la balle partira dans le décor. Pour commencer, tire une balle dans le torse.»
Caleb obéit et se concentra sur sa cible... Enfin, sur sa ligne de mire, avant de mettre en pratique les instructions de son camarade. D'abord une pression faible, puis plus forte... Le coup partit sans que le brun ne soit trop surpris. La douille vide tinta au sol et le brun entendit son partenaire qui l'applaudissait.
«Pas mal ! Tu l'as eu !» lança-t-il.
Il semblait terriblement fier, presque autant que le brun. Celui-ci allait lui dire de ne pas s'attribuer le mérite puisque c'était lui qui avait tiré mais il fut interrompu.
«Le couvre feu de 9h00 est en vigueur. Les élèves doivent rejoindre leurs dortoirs. Toute transgression du couvre feu sera passible d'une sévère sanction, voir d'exclusion. Le couvre-feu de 9h00 est en vigueur. Les élèves...»
«Déjà ?» fit Caleb, vraiment surpris.
«Allez, range ton arme, il faut y aller.» se contenta de répondre le châtain.
«Je vais m'entraîner encore un peu...»
Il croisa le regard rubis de son camarade et déglutit. C'est vrai, il lui avait promis de ne plus l'inquiéter -même si l'autre s'entêtait à dire qu'il ne se faisait aucun souci. Mais il avait vraiment, vraiment besoin de savoir tirer le plus vite possible. C'était une question de vie ou de mort...
Mais bon sang, ce regard, il devrait être interdit. Caleb se demandait parfois si son partenaire avait une quelconque idée de l'effet que pouvait faire ses yeux. Ça mettait mal à l'aise. Et en plus d'être oppressants, ils exprimaient si bien sa déception à cet instant que le brun fut obligé de soupirer:
«C'est bon, j'arrive.»
Il posa le 9mm dans le casier de Jude -lui n'avait "pas encore" d'arme mais il se doutait que ça n'avait rien à voir avec une histoire de stock. L'armée refusait jusque là de lui apprendre et de lui fournir quoi que ce soit, à part quelques t-shirts et des pantalons d'uniforme. C'est pas seulement parce que son partenaire était le plus doué de sa classe qu'il lui avait demandé de lui apprendre à tirer. C'est parce que c'est le seul qui à avoir un niveau de prof et à ne pas être au courant de sa situation. La voix répéta encore une fois que le couvre feu était en vigueur et Caleb rejoignit son camarade à l'entrée de la salle d'entraînement au tir.
«Ça va ?» entendit-il.
Il regarda Jude et croisa à nouveau ses yeux. Il se sentit obligé de sourire et répondit juste:
«J'étais en train de penser à quelque chose...»
Il nota le haussement de sourcil de son camarade et le devança. Jude n'avait rien besoin de savoir... Et même si il devait se douter qu'il tramait quelque chose, le brun ne lui dirait jamais rien. Il n'avait pas appris les bonnes manières mais il savait deux choses par expérience.
Il faut protéger les gens qu'on aime, et ne pas les inquiéter.
Même si bon, il n'aimait pas Jude tant que ça hein...
Alors ? Héhé, merci d'être arrivé jusque là, la suite mardi prochain, attendez-vous à du grand spectacle !
Bisous les amis :)
